Urgence en République démocratique du Congo
Sept raisons majeures de restaurer l’ordre politique, démocratique et constitutionnel
« L’époque actuelle de l’Humanité se caractérise par la lutte des peuples pour leur totale libération du colonialisme, de l’impérialisme et de toutes les formes de la domination et de l’oppression qui font obstacle à la grandeur, à la dignité de l’homme, à la paix et au progrès. » Amilcar Cabral, Soldat de la liberté et chef de la résistance anticolonialiste – [antiportugaise] – de Guinée-Bissau
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
1960 constitue, à n’en pas douter, une très grande étape pour la liberté de l’Afrique contemporaine, une phase cruciale dans la libération de ce continent. Cette décennie marque, en réalité, un très grand tournant historique dans l’évolution politique de cette sphère du monde. En effet, ce vaste continent totalement écrasé et méprisé par l’Occident chrétien, d’ailleurs, obnubilé et aveuglé par l’exploitation de ses ressources tant naturelles et minérales que précieuses et stratégiques bascule irréversiblement dans la phase cruciale de décolonisation.
Estampillée du sceau de l’idéalisme panafricaniste, cette ère d’euphorie et d’utopie fait réellement rêver toute une génération d’individus galvanisés par bon nombre de leaders aux allures somme toute prophétiques, à la posture messianique. Dans leur ensemble, les Africains, autant intellectuels que profanes, entrevoient, plutôt, avec un optimisme béat l’avenir de leur espace géographique et vital. Au cours de cette période d’effervescence sans doute qualifiée par une kyrielle d’experts d’ère des indépendances nationales, d’ailleurs très souvent arrachées au prix de multiples concessions hasardeuses, tous les espoirs, même les plus loufoques, nourris aussi bien par des Nations en lutte que des Peuples en liberté, sont naturellement permis.

D’ailleurs, la plupart de ces attentes sont tournées essentiellement vers la très jeune République démocratique du Congo (RDC) dont la figure de proue légendaire ou le leader emblématique est, effectivement, le syndicaliste Patrice Emery Lumumba. En effet, dans la stratégie idéologique, mûrement réfléchie et conçue, fixée et promue par le grand théoricien du panafricanisme, le Ghanéen Kwame Nkrumah, ce pays sis au cœur de l’Afrique doit nécessairement, en vue d’arracher la liberté totale, – c’est-à-dire : l’indépendance de ce continent mythique –, mettre toutes ses potentialités minérales et naturelles faisant rêver les dieux de l’Olympe, à la stricte disposition de divers Peuples en lutte. Ce qui leur permet de s’émanciper définitivement du joug colonial et du système ségrégationniste d’Apartheid, d’une part. Et, d’autre part, cet ancien territoire colonial belge doit vouer l’ensemble de ses ressources matérielles au service des Nations déjà émancipées en vue de se développer et, par conséquent, générer un véritable essor économique et social, booster un progrès technologique digne de ce nom.

Depuis cette journée fatale pour l’Afrique tout entière, plus particulièrement et plus singulièrement pour la République démocratique du Congo, cette Nation en devenir vit perpétuellement le désenchantement. En effet, cette Collectivité publique souffre continuellement d’une pathologie récurrente. Il s’agit d’un cancer institutionnel qui n’est pas sans générer de profondes lésions constitutionnelles, sans provoquer des convulsions politiques, et dont le véritable traitement de choc, en l’occurrence la chimiothérapie appropriée, est inéluctablement la ‘‘restauration ferme et réelle de l’ordre politique, démocratique et constitutionnel’’.
Il sied de relever que cet espace national pâtit sempiternellement de l’ascension de différents régimes maffieux, autant ‘‘démocraticides’’que ‘‘liberticides’’. Ceux-ci sont artificiellement fabriqués par de puissants intérêts politiques et gouvernementaux extérieurs d’extraction occidentale pour le strict compte de l’oligarchie économique et financière. Ces pouvoirs, par définition autocratiques, sont totalement guidés par un instinct malveillant de destruction brutale des ressources humaines, de spoliation éhontée – [d’exploitation meurtrière] – des richesses matérielles et stratégiques sans la moindre compensation ou la moindre rétribution de la population réduite à sa plus simple expression.
Réellement coupés de leurs ressortissants, – c’est-à-dire : ‘‘le Peuple souverain’’ –, ces dirigeants fantoches, d’ailleurs, cooptés par l’étranger s’imposent régulièrement, contre la volonté nationale, par la force physique. En d’autres termes, ils règnent au moyen de la violence armée. Par conséquent, ce mode d’accession à la magistrature suprême leur permet de confisquer indéfiniment l’avenir politique de la Nation voire infiniment le pouvoir d’État.

Ainsi en est-il du condottiere Joseph-Désiré Mobutu qui subvertit, le 14 septembre 1960, à titre exclusif de ‘‘gendarme’’ de l’Occident, l’ordre politique, démocratique et constitutionnel issu directement de la fameuse Loi fondamentale du 19 mai 1960. Au cours de ce putsch militaire qu’il qualifie lui-même sans ambages de ‘‘coup de force’’, il renvoie sine die le cabinet Patrice Emery Lumumba, d’ailleurs en porte-à-faux avec le chef de l’État (Joseph Kasa-Vubu), y compris une bonne partie de la classe politique (le gouvernement éphémère de Joseph Iléo Songo Amba) et les institutions politiques provinciales (le Katanga et le Sud-Kasaï).

En octobre 1965, le général-major Joseph-Désiré Mobutu reçoit du chef de l’État, une promotion de taille. Il est nommé lieutenant-général de l’armée nationale congolaise (ANC). Ce qui le place automatiquement à la tête de toutes les autorités militaires de la défense nationale. Toutefois, ce grade militaire ne deviendra effectif qu’à compter du mois de janvier 1966[ii]…
Fort de cette promotion sans pour autant gagner une seule bataille ou guerre contre la rébellion armée nationaliste et les milices lumumbistes, ce dirigeant-gendarme profite de sa position ‘‘indue’’ de chef d’état-major général de l’armée nationale congolaise (ANC) pour se hisser à la tête du Haut commandement militaire (HCM). Cette structure à la solde de l’ancienne puissance coloniale et de la suprématie militaire américaine est, en vérité, une association de bandits armés, une compagnie de gangsters formés au sein de la Force publique (armée coloniale). Au sommet de ce pouvoir militaire inféodé à l’hégémonisme occidental, Joseph-Désiré Mobutu renverse sans élégance, le 24 novembre 1965, l’ordre politique, démocratique et constitutionnel incarné par la paire Joseph Kasa-Vubu (président de la République) et Évariste Kimba (Premier ministre)[iii].

Dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, les Congolais ont, naturellement, soif de liberté et de démocratie. Ils ont, surtout, faim de dignité et de justice. À cet égard, ils réclament à cor et à cri le développement économique et le progrès social pour garantir solidement leur avenir déjà hypothéqué. À ce titre, ceux-ci exigent rien de moins que la fin rapide du régime prédateur et macabre incarné politiquement et idéologiquement par le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre.

Pour ce faire, les Congolais placent, bien entendu, tous leurs espoirs en la personne unique d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba. À cette époque d’ébullition politique et de revendication des droits humains fondamentaux et des libertés démocratiques, cette personnalité politique s’impose littéralement comme le seul et unique leader charismatique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Elle s’impose indubitablement comme l’unique chef de file de la lutte antidictatoriale. Bref le chef de file incontesté de l’Opposition à la fois politique et démocratique.
Face à ce choix on ne peut plus dérangeant, la fameuse Communauté économique et financière internationale qui tire, certes, depuis l’aube de la décolonisation, toutes les ficelles de la crise politique congolaise, y décèle un grave danger. Elle y perçoit, à vrai dire, un réel piège pour la survivance aussi bien de son influence idéologique que de son espace hégémonique. Par conséquent, des intérêts belges, américains et français n’hésitent point à aider cet aïeul des chefs mercenaires africains – à savoir le dictateur zaïrois – à [étrangler] violemment toute expression démocratique. Ces puissances, de surcroît négrophobes et anti-africaines, l’aident bien sûr à neutraliser par les armes, à étouffer tous azimuts l’élan de changement politique nettement exprimé par la très grande majorité de la population, à écraser la lutte démocratique largement appuyée par la multitude.
D’ailleurs, le symbole même de cette ‘‘asphyxie brutale’’ de la démocratie et de la liberté est le bâillonnement de la véritable ‘‘Conférence nationale souveraine’’ (CNS) de 1992. C’est la neutralisation musclée du gouvernement d’union nationale et de salut public dirigé par le vaillant Combattant de la liberté et Premier ministre Étienne Tshisekedi wa Mulumba[iv] désigné en 1991 par la classe politique[v] et élu en 1992 par le Peuple et ses Représentants[vi]. En réalité, l’on assiste à la propulsion ou l’émergence des forces anti-développement économique et anti-progrès social très spécialement dirigées contre la volonté inébranlable du Peuple écrasé sous le couvert de la fameuse ‘‘troisième voie’’.

Aussi en est-il du chef soudard postlumumbiste et postnationaliste Laurent-Désiré Kabila. Force est de mentionner que la principale (pré)occupation révolutionnaire de ce vieux maquisard postmarxiste et postmaoïste se réduit normalement au trafic de matières premières précieuses (or) et d’espèces animales. À vrai dire, celle-ci se résume inexorablement à la gestion des bars et maisons de tolérance dans la région des Grands Lacs africains (Tanzanie).
Sorti pratiquement de nulle part[vii], ce vieux briscard des luttes de libération n’hésite pas à verrouiller, sous le prétexte fallacieux de réhabiliter l’indépendance nationale bâillonnée par son prédécesseur de sinistre mémoire[viii], la légalité démocratique. Il y a lieu de noter que celle-ci est, en réalité, l’expression souveraine du Peuple. C’est la raison pour laquelle elle est politiquement décrétée par le Plénum de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992.

Il en est, enfin, du jeune mercenaire tutsi rwando-tanzanien, le général-major Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, autrement désigné Joseph Kabila Kabange. Ce seigneur de guerre espiègle et taciturne, à la fois cadre supérieur de la rébellion politico-militaire kabiliste (AFDL) et transfuge de l’Armée patriotique rwandaise (APR), est violemment imposé au sommet du pouvoir politique d’État par le concours des troupes armées étrangères. En l’occurrence les forces angolaises et zimbabwéennes. Bien entendu avec la bienveillante collusion de l’Afrique du Sud postségrégationniste ainsi que la très sainte bénédiction de l’ancienne puissance coloniale, la Belgique et, surtout, l’aval indiscutable des États-Unis d’Amérique.
Il importe de relever que les trois régimes d’exception incarnés par Mobutu, Kabila et Kanambe sont, en réalité, des agents de l’étranger, des pouvoirs cooptés de et par l’étranger. Ces trois systèmes siamois, résolument fantoches, dérivent directement d’un pronunciamiento. C’est-à-dire : ‘‘un coup d’État militaire’’. Ce processus d’accession à la magistrature suprême par les armes, naturellement orchestré par bon nombre de puissances étatiques, politiques et financières qui les soutiennent techniquement voire logistiquement, a forcément et logiquement pour effet d’accaparer le pouvoir politique de l’État. Il a indéniablement pour effet de le confisquer au détriment du Peuple souverain. Aussi a-t-il pour effet d’étrangler définitivement l’indépendance nationale.
Ainsi, afin de régner ad vitam aeternam sur le pays tout entier et embrigader toutes ses institutions nationales, ces trois ‘‘mercenaires’’ à la tête d’un système politique archi-autoritaire et archi-répressif soumettent violemment la population congolaise à leur appétit sanguinaire, à leurs phantasmes répressifs. D’où la dictature. C’est-à-dire : ‘‘le fait de nier catégoriquement la volonté d’une multitude. Le fait de sacrifier tous azimuts les intérêts légitimes de la majorité populaire, de fouler aux pieds la liberté et la justice, d’écraser la dignité d’une collectivité publique au profit de la schizophrénie autoritaire d’un homme ou du délire paranoïaque d’un régime’’.
Comme tous ces instruments serviles des puissances étatiques et gouvernementales extérieures participent activement[ix]au marasme qui annihile la Nation tout entière, l’urgence s’impose inévitablement au Peuple congolais d’éradiquer complètement et sans tarder cette bactérie politique qu’est sans doute la tyrannie néocolonialiste[x] ou néo-impérialiste[xi]. En effet, il est d’une nécessité impérieuse d’éliminer tous ces virus idéologiques dont les germes dévastateurs gangrènent inévitablement l’esprit de la communauté nationale et dont l’extrême contagion empoisonne, à n’en point douter, profondément l’État à titre de Collectivité publique et de Communauté nationale[xii]. Y compris l’ensemble de ses institutions administratives[xiii]ou ses services publics[xiv].
Une telle opération évidemment initiée et strictement encadrée par le Mouvement démocratique permet indubitablement de ‘‘racheter’’ l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo. Celle-ci permet, par conséquent, de consolider l’unité de son cadre territorial et de l’affranchir coûte que coûte de sectes politiques, de réseaux maffieux et de groupuscules terroristes. Un tel acte permet, surtout, de matérialiser la politique de développement économique de la Collectivité publique et de progrès social du Citoyen, de créer un nouvel être congolais totalement voué au service de sa collectivité nationale ou de sa communauté de base et, surtout, de son cher Continent.
‘‘Civiliser le Pouvoir’’ et ‘‘Humaniser l’Autorité’’
Depuis le jeudi 30 juin 1960, date d’accession de la République démocratique du Congo au concert des Nations ‘‘souveraines’’ et ‘‘indépendantes’’, le Peuple congolais pourtant voué à la liberté, selon les affirmations du Premier ministre nationaliste et panafricaniste Patrice Emery Lumumba, continue malheureusement de se battre mains nues contre ses propres autorités politiques et gouvernementales. Il continue à être maltraité, opprimé par ses propres dirigeants dont la légitimité politique et même la légalité constitutionnelle sont constamment remises en cause. En effet, le pouvoir de cet État au cœur du Continent africain qui a, paradoxalement, conservé l’ensemble de ses attributs coloniaux[xv] et de ses caractéristiques léopoldiennes, se distingue manifestement par sa férocité bestiale.
D’ailleurs, ce statut conféré par des puissances étatiques et financières extérieures permet au régime en place de porter aisément atteinte aux libertés publiques et aux droits humains fondamentaux. Il lui permet, en fait, de violer systématiquement et automatiquement les droits les plus élémentaires de la population sans pour autant que son pouvoir politique et administratif soit littéralement limité, circonscrit, par un contre-pouvoir de l’État. En d’autres termes, la violence du régime de Kinshasa s’exerce, impitoyablement, sans pour autant que son pouvoir politique soit assujetti à une volonté suprême limitant voire sanctionnant ses actes réellement contraires au bon sens et au droit (justice et équité).

Par conséquent, le rôle dévolu à la démocratie est de dompter inexorablement la bestialité répressive de l’État ainsi que l’arbitraire de tous ses serviteurs patentés. Cela passe nécessairement par l’assujettissement des autorités politiques à la loi suprême régentant la communauté nationale, laquelle est par essence l’expression de la volonté générale. Il passe forcément par le respect, tout à fait, scrupuleux des droits fondamentaux de la personne humaine sans lesquels la Collectivité publique ressemble à s’y méprendre à la jungle. Ce qui suppose, certes, un environnement dans lequel la notion angulaire de société[xvi] est complètement biffée, effacée, par voie de conséquence inexistante. Pour remédier à cette anomalie, il faudrait promouvoir la création d’organisations de défense de l’être humain et d’institutions de justice et la constitution de réseaux de solidarité nationale et de fraternité harmonieuse.
En d’autres termes, la mission assignée à la démocratie nationale consiste à libérer complètement le Peuple congolais de la servitude et de la tyrannie. Cette opération délicate consiste, donc, à civiliser le pouvoir d’État, à moraliser son comportement en tant qu’institution. Elle consiste à humaniser, certes, l’autorité publique. C’est-à-dire : ‘‘conformer strictement sa volonté personnelle à la loi de la nature, laquelle est, essentiellement, fondée sur les notions de justice et d’équité’’.
Cette pratique doit se réaliser pour que l’espèce humaine recouvre entièrement la liberté et la dignité. Celles-ci sont en vérité quelques-uns de ses attributs inhérents et originels. Par conséquent, cette action ôte politiquement et idéologiquement à la Collectivité publique tout caractère méphistophélique (diabolique), toute spécificité machiavélique.
‘‘Affranchir la Communauté nationale’’
Le 14 septembre 1960, le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu, fraîchement nommé commandant en chef de l’Armée nationale congolaise (ANC) par le chef de l’État en lieu et place du général Victor Lundula, subvertit l’ordre politico-constitutionnel issu de la fameuse Loi fondamentale du 19 mai 1960. Par cet acte ignominieux, ce chef mercenaire exclusivement à la solde du capitalisme monopolistique international restaure l’entreprise coloniale belge que cherche, pourtant, à défaire définitivement le Premier ministre nationaliste et panafricaniste Patrice Emery Lumumba[xvii].

Le 24 novembre 1965, cet ancien comptable de la Force publique (armée coloniale), à la tête du Haut commandement militaire (HCM) de l’Armée nationale congolaise (ANC), composée d’officiers incultes, achève d’arrimer la République démocratique du Congo (RDC) au camp occidental. Ce dirigeant militaire bâillonne définitivement l’indépendance nationale de ce pays africain au profit, plus particulièrement et plus singulièrement, de l’Organisation du Traité de l’Alliance Atlantique Nord (OTAN) dont le fer de lance attitré sont sans conteste les États-Unis d’Amérique (USA). Ainsi, cet État géant et richissime situé au centre de l’Afrique est automatiquement placé sous tutelle étrangère. Celui-ci est transformé en simple ‘‘protectorat’’ sans réelle indépendance diplomatique voire souveraineté politique.

D’ailleurs, l’État postcolonial dirigé d’une main de fer par le Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre est, pratiquement, l’expression des phantasmes de ses maîtres-penseurs foncièrement opposés à l’émancipation du Peuple congolais. Contrôlé par une bourgeoisie compradore ou une élite parasitaire vivant aux crochets de l’État, celui-ci se caractérise effectivement par le désinvestissement socioéconomique et la corruption. Aussi se caractérise-t-il par la prédation industrielle, la contrebande, le racket, la pratique meurtrière de la flibuste, la spoliation des ressources étatiques, le détournement des capitaux nationaux via les circuits bancaires internationaux en vue d’alimenter l’économie occidentale. Aussi se caractérise-t-il indubitablement, indéniablement, par les brutalités militaires et exactions policières, le bâillonnement systématique de la démocratie et l’extinction des libertés républicaines[xviii].
Le 17 mai 1997, le système idéologique et répressif mobutiste est renvoyé au Musée de l’histoire mondiale par le guérillero ‘‘postlumumbiste’’ et ‘‘postnationaliste’’ Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila. Cette sortie sans doute peu honorable aux allures de défenestration se déroule après 32 ans de règne monarchique et absolu. Incapable de s’adapter au changement politique exigé par la population et au nouveau paysage démocratique peaufiné par la Conférence nationale souveraine (CNS), ce régime aux abois est réellement alimenté sur le plan politique et institutionnel par une pléiade d’intellectuels organiques (Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba, Pr Félix Vundwawe te Pemako)[xix].
Ce pouvoir oppresseur – démantelé – est nourri par une flopée de kleptomanes aguerris (Joseph-Léon Kengo wa Dondo, Pierrot Pay wa Syagassighe, Jean Seti Yale, Alexis Thambwe Mwamba)[xx]. Il est alimenté par une cohorte de polémarques marchands et affairistes (les généraux Philémon Baramoto Kpama Kata, Étienne Nzimbi Ngbale, Norbert Likulia Bolongo Lingbanginé, Donatien Mahele Lioko Bokungu, Eluki Monga Aundu)[xxi] et par une pléthore de bipèdes aux mœurs lascives (Justin-Marie Bomboko Lokumba, Édouard Mokolo wa Pompo, dit ‘‘Engambe Edo’’).

Toutefois, le nouveau régime révolutionnaire, prétendument libérateur du peuple et supposément nationaliste, n’a véritablement, à l’image de son prédécesseur, aucune perspective sérieuse de progrès social et de développement économique. Ce dernier est totalement gangrené par la corruption. Il est encadré par la mafia internationale. Son objectif principal est, en vérité, de piller toutes les ressources matérielles de la Nation. Comme le déclare, d’ailleurs, fort péremptoirement le défunt tombeur de feu le Maréchal-pillard Mobutu Sese Seko du Zaïre en date du 21 janvier 1999 : « l’AFDL était, en réalité, un conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes dont l’objectif était de piller toutes les richesses du pays ».
Ce même système politico-maffieux est, également, perpétué par le régime de facto du général-major Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, alias Joseph Kabila Kabange. Il convient de relever que ce non moins supposé fils de feu le président autodésigné Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila est, violemment, porté à la tête de la RDC par les forces armées angolaises et zimbabwéennes. Celles-ci tirent, véritablement, parti du conflit militaire dans l’Est du pays, et ce au même titre que les trois autres États agresseurs et limitrophes[xxii].
Animé effectivement par un club fermé de pirates et de mercenaires trafiquants[xxiii] à la fois de matières premières et ressources précieuses et stratégiques[xxiv], le pouvoir politique kanambiste agit en réalité de concert avec de nombreux piranhas et requins de la communauté internationale. Tous ces flibustiers de l’ère moderne poursuivent, inévitablement, la saignée léopoldienne du territoire national. Comme en témoigne, d’ailleurs, le trafic des diamants dans la zone gouvernementale.
Tous ces réseaux maffieux qui sont, déjà, dans la mire de l’Organisation des Nations unies (ONU) dénonçant le pillage sauvage des ressources nationales de la RDC, sont aussi extrêmement présents et actifs dans les secteurs contrôlés administrativement voire même occupés militairement par la rébellion antikabiliste. Dans ces portions territoriales, ces flibustiers contemporains se livrent illégalement au commerce du coltan (colombium-tantale) très utile à la fabrication des téléphones portables et microprocesseurs informatiques. Aussi se livrent-ils impunément à la contrebande de l’or, du diamant, du café, du bois, etc. Y compris la contrebande des chimpanzés et des rhinocéros. Et même au blanchiment d’argent sale provenant du financement d’activités terroristes et du narcotrafic.
Face à la délitescence de l’État, à la décrépitude de toutes ses institutions politiques et publiques, la démocratie nationale dispose, en réalité, d’une portée libératrice. En fait, son rôle primordial consiste à libérer la Nation de mercenaires locaux chargés de rétrocéder les forces du travail et les richesses du pays au capital monopolistique international. Devant le démantèlement de l’indépendance nationale, l’émiettement de la souveraineté étatique, sa mission fondamentale consiste à transformer l’État en un environnement vital, paisible et sécuritaire, autant libre de l’intérieur (justice, dignité et solidarité) que fort de l’extérieur (souveraineté).

En effet, la démocratie est, indéniablement, pour le Peuple congolais l’occasion de choisir sans contrainte ses propres dirigeants, ses représentants légitimes. Au lieu d’être des ‘‘laquais’’ ou ‘‘cerbères’’ au service exclusif des puissances extérieures (Bruxelles, Londres, Paris et Washington) chargées d’assurer leur hégémonie autant politique et militaire qu’économique et culturelle dans le monde, celle-ci a pour effet de les métamorphoser complètement en « valets » de la population, en ‘‘serviteurs’’ attitrés des Citoyens, patentés de la Communauté nationale.
Cela veut dire que la classe politique ou l’élite dirigeante doit être, essentiellement, composée d’Opérateurs nationaux. Ceux-ci doivent être constamment à l’écoute de leurs Concitoyens. Ils doivent réellement incarner leurs aspirations et exécuter leur volonté suprême. De ce fait, ces acteurs politiques cessent définitivement d’être ces esclaves qui portent à bras la destinée dominatrice des autres peuples et satisfont servilement les phantasmes meurtriers des autres Nations de la planète Terre. Cela est d’autant plus vrai que ‘‘la République démocratique du Congo n’est pas vraiment congénitalement le portefaix des intérêts étrangers’’.
Par le temps qui court à vive allure, la démocratie a aussi pour mission primordiale d’émanciper toute la collectivité nationale de multiples réseaux maffieux aussi bien internationaux que locaux. Paralysant complètement le fonctionnement politique et administratif du pays, ceux-ci compromettent son développement harmonieux et pacifique. En effet, extrêmement présents dans maintes zones de conflits mondiaux, ces groupes souffleurs de braises ardentes servent, à n’en point douter, de paravent ou de couverture aux multiples activités illicites des puissances gouvernementales et étatiques de la Communauté internationale.
Dans le cas d’espèce, ces intérêts qui propagent manifestement la mort comme une traînée de poudre, prennent complètement en otage la population congolaise en finançant la guerre civile dans la sous-région des Grands Lacs africains. Aujourd’hui, cet espace géographique est sans doute devenu, du fait de son instabilité chronique, non seulement le ventre mou du Continent mais encore et surtout ‘‘La Mecque du blanchiment d’argent sale’’. Force est de mentionner que cette fameuse « Guerre de Libération » menée victorieusement par le chef soudard Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila en 1996-97 aux dépens des forces armées mobutistes dans le but de renverser la démocratie naissante au Congo-Kinshasa a été entièrement financée, et ce à hauteur de 200 millions de dollars US, par divers intérêts judéo-anglo-saxons, les pègres libanaise et colombienne ainsi que d’autres mafias de sous-traitance[xxv].
Tout ceci explique, à n’en pas douter, les énormes pressions et vives tensions vécues au plus haut sommet du pouvoir de l’État congolais. Ainsi, dans l’optique de survivre politiquement et idéologiquement, le chef mercenaire Mzee Laurent-Désiré Kabila, autopromu soldat du peuple, organise, à son tour, maints réseaux de contrebande d’État. Mise en application, cette stratégie de survie lui permet de trafiquer, à l’image d’un contrebandier, illégalement les matières précieuses (le diamant) et stratégiques (l’uranium).
Il importe de souligner que ce trafic de plutonium enrichi à partir de Kinshasa est pratiquement à la base de vives tensions internationales que connut la planète au début du IIIe millénaire. Il convient de se remémorer la brouille diplomatique entre l’Irak de Saddam Hussein et les USA sous l’administration républicaine de George W. Bush. Y compris les frictions permanentes entre la Corée du Nord de Kim Jong-il et les USA sous la présidence du même Bush, entre l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad et l’administration démocrate de Barack Hussein Obama. Il y a lieu de relever que ces pratiques éhontées et décriées par la Communauté internationale sont également poursuivies par le gouvernement de facto de la RDC politiquement dirigée par le général-major Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, alias ‘‘Joseph Kabila Kabange’’, d’ailleurs indexé par des puissances extérieures, naguère ses propres parrains et tuteurs.
Réaffirmer la spécificité ‘‘républicaine’’ du Congo
Comme sa dénomination l’indique très clairement et très nettement, la République démocratique du Congo (RDC) est, d’abord et avant tout, un État ‘‘républicain’’. Elle n’est pas, à vrai dire, une monarchie. Encore moins un protectorat. Cet État est effectivement indépendant et souverain depuis le jeudi 30 juin 1960. À ce titre, la succession au sommet du pouvoir d’État doit, normalement, se dérouler selon les règles de l’art prévues par la Loi fondamentale du pays (la Constitution)[xxvi].
Pour ce faire, le rôle spécialement imprimé à la démocratie nationale est de changer cette sombre vocation internationale du Congo-Kinshasa. Cette démarche implique bien entendu l’acte de débarrasser coûte que coûte le pays de cette étiquette servile. Cette perspective implique de lui ôter, impérativement, ce label de pourvoyeur de matières premières au profit unique et exclusif de l’Occident chrétien, faisant ipso facto de ce territoire à la fois majestueux et richissime un vaste dépotoir d’esclaves plutôt qu’une Collectivité publique libre et indépendante. Une telle posture permet, à coup sûr, à cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains de maîtriser parfaitement son destin politique. Sa mission consiste inexorablement à coopter un régime fort de l’intérieur et totalement libre de l’extérieur, un pouvoir responsable et digne, capable d’articuler ses politiques publiques et, surtout, de mieux défendre les intérêts vitaux de la Nation.

Ainsi, le général-major Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, dit Joseph Kabila Kabange, qui est en fait le majordome des puissances extérieures, de surcroît un étranger originaire du Rwanda ayant longuement vécu en Tanzanie, doit rapidement céder le tablier. Au terme des pourparlers politiques intercongolais pratiquement entamés sur des chapeaux de roue en 2016 et, de nos jours, à l’issue de plus en plus incertaine, ce soudard doit, coûte que coûte, céder la magistrature suprême au profit exclusif de véritables forces nationales et populaires dont l’UDPS est l’ancrage, le pivot, la parfaite incarnation voire la juste expression. Il doit définitivement céder le pouvoir politique aux vraies forces de progrès social et de développement économique dont le fameux Rassemblement dirigé par le ‘‘Ranger’s’’ Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi est, naturellement, le pilier politique, le socle idéologique, la garantie morale et la caution populaire.
Dans le cas contraire, s’il persiste à demeurer au pouvoir dans l’optique de paralyser tous azimuts la Nation, Joseph Kabila Kabange devra en subir les conséquences qui s’imposent. Et, son gouvernement d’imposteurs et de mercenaires devra en porter la très lourde responsabilité politique pour s’être opposé obstinément à la volonté suprême populaire. À ce propos, il convient d’admettre que le poste de présidence de la république lui octroyé en 2001 sur un plateau d’argent par les armées angolaise et zimbabwéenne constitue en soi une imposture et une vraie insulte à la démocratie.
Le sont autant ces deux victoires électorales aux présidentielles de 2006 et de 2011 acquises au plus grand mépris du Peuple congolais qui est, d’ailleurs, par définition le seul et unique ‘‘Souverain primaire’’. Celles-ci doivent être inexorablement regardées comme des putschs politiques et constitutionnels. Ces gains sont, en réalité, des coups d’État électoraux manifestement orchestrés par les États-Unis d’Amérique (USA) et manigancés par l’Union européenne (UE) aux dépens du Peuple congolais.
‘‘Promouvoir la sécurité régionale’’

« Autrefois, les États-Unis ont été mes alliés. Souvenez-vous de l’épisode angolais. Je me réserve le droit de publier dans les prochains jours mes mémoires. Alors, le monde saura enfin des vérités insoupçonnées jusqu’ici ! » Maréchal Mobutu Sese Seko, président du Zaïre (1965-1997), Lettre de démission adressée à Jacques Chirac, chef de l’État français, Kinshasa, le 11 mai 1997.
Sise au cœur de l’Afrique, la République démocratique du Congo (RDC) ne doit plus être utilisée à titre de ‘‘poste avancé’’ par des membres phares de la Communauté internationale pour déstabiliser plus particulièrement ses voisins immédiats. Elle ne doit plus être utilisée pour déstabiliser plus généralement le continent africain dans le dessein d’assouvir leurs appétits mesquins et, surtout, leur volonté de domination hégémonique du globe terrestre. Comme cela fut pratiquement, réellement, le cas sous le pouvoir néocolonialiste du Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre.
En effet, dans le strict cadre de la guerre froide, cet État africain fut utilisé par les forces de l’OTAN en tant que poste avancé de la lutte contre le communisme mondial. D’où les précieux services rendus par ce ‘‘dirigeant gendarme de la liberté’’ aux États-Unis d’Amérique et aussi à l’Afrique du Sud ségrégationniste afin de réduire en charpie l’indépendance de l’Angola ou du Mozambique limitrophe. Cette mission d’agression physique et de déstabilisation politique dévolue à Kinshasa est fort logiquement liée au statut de protectorat du pays et de valet de la classe politique au profit exclusif de l’Occident chrétien.
D’ailleurs, sous les régimes fantoches du mercenaire-président Mzee Laurent-Désiré Kabila et du général-major Joseph Kabila Kabange, la RDC aurait dû, normalement, être utilisée dans le cadre stratégique de la lutte antiterroriste. Ce pays au cœur de grands enjeux planétaires aurait dû, en principe, être utilisé dans la ferme intention de ‘‘contrecarrer’’ la Libye du colonel Mouammar el-Kadhafi et le Soudan du général Omar Hassan-el-Bachir. Il importe de mentionner que ces deux pays sont, en réalité, considérés par l’Occident comme le vecteur du terrorisme armé pour le premier et le prolongement idéologique du fondamentalisme et de l’islamisme armé (le jihad ou la guerre sainte) pour le second.
Toutefois, cette perspective d’endiguement semble pour l’instant fort éloignée bien que la République démocratique du Congo fasse éminemment partie avec l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie, l’Érythrée, la République Centrafricaine et sans oublier le Tchad de l’immense ceinture anti-islamiste. Force est d’admettre que l’objectif primordial de cette stratégie militaire est en réalité d’encercler tous azimuts le régime militaro-fondamentaliste de Khartoum, d’une part et d’autre part, de juguler l’expansion de la très bouillonnante et très incontrôlable Somalie qui pollue incessamment l’atmosphère sous-régionale.
Ceci explique l’engouement des capitales occidentales, plus particulièrement et plus singulièrement l’empressement de Washington, [afin] de mettre un terme définitif au brasier conflictuel dans l’Est de la République démocratique du Congo qu’elles ont pourtant contribué à alimenter, à enflammer dans la mesure où bien des réseaux ladenistes d’Al Qaeda sévissent déjà dans la région des Grands Lacs africains. À cet égard, il importe de se rappeler les attentats meurtriers commis par ces succursales terroristes à Nairobi et Dar es-Salaam en 1998 ! Et depuis en Somalie et au Kenya. Toutes ces cellules activistes sont également hyper-entreprenantes dans la Corne de l’Afrique depuis la chute du régime personnalisé politiquement et idéologiquement par le général-despote Siyad Barre à Mogadiscio. À cet effet, il sied de se remémorer la déroute oh ! Combien déconcertante des militaires américains (GI’S) en Somalie par la soldatesque – pourtant – simplement vêtue de pagne africain et de costume traditionnel yéménite et placée aux ordres stricts du chef de guerre Mohamed Farah Aïdid en 1993 !
Par conséquent, le rôle fondamental de la démocratie nationale au Congo-Kinshasa, outre l’élection libre des dirigeants politiques qui défendent d’abord et avant tout les intérêts sacrosaints du peuple, est de promouvoir tous azimuts la paix, l’harmonie entre les Nations, la bonne entente, la fraternité et la sécurité frontalière, eu égard à sa vocation africaine telle que définie idéologiquement par le héros national Patrice Emery Lumumba. En effet, ce Premier ministre nationaliste et panafricaniste dont le lâche assassinat fut, d’ailleurs, ‘‘programmé’’ méthodiquement par l’establishment international, voyait surtout dans l’indépendance nationale du Congo l’affirmation d’un État pleinement non-aligné, neutre et solidaire de tous pays africains dans le cadre d’un développement économique intégré.

D’ailleurs, le 21 juillet 1960, exposant très magistralement la ligne directrice de son gouvernement devant le Parlement de la Nation à Léopoldville (Kinshasa), ce leader maintes fois pressé par le président du Sénat Joseph Iléo Songo Amba écrit : « Le Congo pratiquera la politique de neutralité la plus absolue. Il ne s’intégrera à aucun bloc. Il déploiera tous ses efforts en vue de contribuer au rétablissement de la paix dans le monde, seule condition pour permettre l’amélioration des conditions d’existence des peuples déshérités (…). Le Congo est prêt à passer des accords ou des conventions avec n’importe quel pays du monde pour autant que ceux-ci n’entraînent pas l’aliénation de la souveraineté nationale ».
Renforcer l’Union africaine
L’Organisation de l’Unité africaine (OUA) a, certes, vu le jour en 1963 pour conduire l’Afrique à la libération nationale de tous ses peuples soumis au diktat de la brutale colonisation européenne et de tous ses territoires évidemment placés sous le joug du régime ségrégationniste d’Apartheid (Pretoria, Salisbury et Windhoek). En 1990, ce mandat qui est aussi le rêve des pères fondateurs (Dr Kwame Nkrumah du Ghana, Gamal Abdel Nasser d’Égypte, Habib Bourguiba de Tunisie, le Négus éthiopien Ras Tafari Makonnen ou Empereur Hailé Sélassié 1er d’Éthiopie, Ahmed Sékou Touré de Guinée-Conakry, Ahmed Ben Bella d’Algérie, etc.) est totalement rempli grâce à la volonté inflexible des dirigeants continentaux dont, principalement et particulièrement, le colonel libyen Mouammar el-Kadhafi et le vétéran tanzanien « Mwalimu » Julius Nyerere. En effet, tous les pays d’Afrique sont, aujourd’hui, indépendants. Ceux-ci participent quasiment, et ce au même titre que tous les autres États de la planète Terre, aux activités de toutes les instances internationales.

Toutefois, cette réalité d’indépendance nationale sera totalement ‘‘certaine’’ lorsque l’Afrique élirait réellement ses dirigeants politiques et étatiques sans l’intervention sournoise des capitales étrangères. Ce continent sera totalement souverain lorsque son élite ne serait plus instrumentalisée par bien des puissances extérieures pour servir, à n’en point douter, leurs intérêts géopolitiques et géostratégiques. Il en serait ainsi lorsque les dignitaires africains incarneront certes les aspirations profondes de leurs Concitoyens.
Ce faisant, le Congo-Kinshasa doit promouvoir rapidement, au sein même de l’Union africaine (UA), l’idéologie des droits humains fondamentaux en tant que source de justice (harmonie et solidarité) et pierre angulaire des relations intra-africaines. En outre, cet État doit inlassablement prôner la culture ou la tradition démocratique (le panafricanisme démocratique) en tant que source originelle du droit et de la liberté (indépendance) pour les différents Peuples du continent. Aussi doit-il promouvoir la paix (sécurité) en tant que base fondamentale et, surtout, condition sine qua non du développement économique (prospérité industrielle) et du progrès (essor social).
‘‘Promouvoir le développement’’
La démocratie doit permettre à la République démocratique du Congo de créer un environnement pacifique, fluide et perméable à la circulation rapide et, donc, libre des idées, des biens et des personnes. En effet, cette mobilité à l’échelle du territoire national doit forcément et logiquement contribuer à renforcer les liens de tout type entre les différents pans de la collectivité publique qui s’ignorent totalement pour se découvrir. Par conséquent, elle doit contribuer à abattre impérativement les bornes mentales de l’ethnicisme, les frontières psychologiques du tribalisme et du clanisme. Force est de noter que le sentiment d’appartenance régionale est très souvent érigé en ‘‘mode de gestion’’ des affaires politiques, administratives et gouvernementales de l’État par les différents systèmes répressifs se succédant certes à Kinshasa. Cette pratique est naturellement vraie de la ‘‘Kleptocratie’’ mobutiste, de la ‘‘Voyoucratie’’ kabiliste et de la ‘‘Médiocratie’’ joséphiste ou [Idiocratie] kanambiste[xxvii].
Pour ce faire, l’autorité politique se doit de mettre un accent particulier et singulier sur l’éducation civique de la population. Cela implique nécessairement d’assigner à l’Institution scolaire cette mission première de former les Citoyens. Aussi implique-t-il d’organiser des campagnes d’alphabétisation politico-idéologique pour mousser largement l’unité nationale et la concorde politique. D’autant que la plus grave plaie dont souffre concrètement la République démocratique du Congo, laquelle freine résolument son émergence, donc son épanouissement certain, est sans nul doute le tribalisme primaire, héritage incontestable et incontesté de la colonisation belge !
À ce niveau, tous les moyens doivent être réquisitionnés au profit de la Collectivité publique. L’État doit, normalement, faire appel aux Médias qui ont un rôle majeur à jouer dans la consolidation de la démocratie politique. Car, informer le Citoyen, c’est d’abord et avant tout former un excellent patriote. C’est l’aider à être un individu responsable dans la société en général et dans sa communauté immédiate en particulier.

En d’autres termes, la classe journalistico-médiatique se doit de forger la Conscience nationale du Congolais par le biais de la culture démocratique pour le responsabiliser dans ses tâches quotidiennes et ses obligations nationales. Elle doit l’éduquer afin de défendre sa Nation contre les requins de la haute finance et protéger sa Collectivité publique contre la horde de mercenaires locaux. Aussi doit-elle vraiment l’éduquer à préserver son environnement immédiat, principalement l’habitat qui est son milieu naturel d’évolution, et à sauvegarder la famille, qui est son foyer d’épanouissement et d’intégration dans la société[xxviii].
Par ailleurs, la démocratie doit inciter les autorités politiques, gouvernementales et administratives à promouvoir la Solidarité sociale comme prolongement de l’esprit patriotique. Cet esprit d’entraide et de fraternité doit littéralement pousser le sujet congolais à bâtir des entreprises. Cela doit le conduire à créer avec le concours de l’État des emplois rémunérateurs pour ses compatriotes, à leur accorder une juste rétribution.
C’est de cette manière que la Communauté publique se constitue visiblement des richesses matérielles. C’est de cette façon qu’elle jouit pertinemment des ressources humaines lui permettant de s’imposer aisément dans le concert des Nations. Tout ceci ne pourrait pas du tout être garanti si la famille qui est certes le foyer logique de l’épanouissement humain, la base primordiale de son équilibre psychique et mental, n’est pas totalement rétablie dans ses droits les plus élémentaires.
‘‘Inventer un nouveau citoyen’’
S’agissant évidemment de la République démocratique du Congo (RDC), combattre en réalité la dictature brutale, une tyrannie violente, fût-elle mobutiste, kabiliste ou kanambiste, c’est, d’abord et avant tout, mettre un terme définitif à un système des plus arbitraire, un régime des plus répressif. C’est, en fait, démanteler un appareil de contrainte sécuritaire dont la volonté primordiale consiste, à n’en point douter, à provoquer un génocide anthroponymique. C’est-à-dire : ‘‘tuer l’identité d’un peuple, générer le meurtre psychique ou provoquer la mort mentale d’un groupe social’’.
Combattre le despotisme destructeur signifie, surtout, mettre un terme définitif à un pouvoir politique et idéologique qui, par le truchement de l’oppression des libertés républicaines et l’extinction des droits fondamentaux, réduit inexorablement l’être humain au niveau de chose ou d’objet. C’est-à-dire : ‘‘la réduction systématique et automatique de l’humain au niveau d’organisme inanimé’’. Cet anéantissement de l’être ou ce processus de chosification qui tire forcément et logiquement son origine ou son inspiration profonde de l’esclavage meurtrier, repose essentiellement sur le principe de dénégation des droits les plus élémentaires à l’individu.
En effet, pour la dictature sauvage, l’homme qui vit dans la Collectivité publique, jouit en réalité d’un statut dépréciatif d’esclave à qui il faut impérativement gommer toute mémoire vivante ou tout souvenir existentiel dans le but de lui procurer une nouvelle identité. En d’autres termes, pour survivre, le régime dictatorial accapare le mental de l’individu. Il investit de ce fait l’esprit d’un être vivant et le dépossède entièrement de sa personnalité animique (le processus de dépersonnalisation). C’est de cette manière que le tristement célèbre ‘‘Mouvement populaire de la révolution’’ (MPR) confine le Citoyen congolais dans la consommation effrénée de la Musique, de la Boisson et du Sexe (la trilogie BMW)[xxix]. A fortiori, la consommation des dérivatifs pour mieux le tenir complètement éloigné de préoccupations politiques.
Pour ainsi dire, le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko a manifestement fabriqué en République démocratique du Congo un être totalement imbécile, un véritable abruti – (sans conscience et sans intelligence)[xxx] – contrairement à la colonisation belge qui misait naturellement sur un être pratiquement infantile et parfaitement docile. Enfermée plutôt dans des valeurs morales insensées insidieusement véhiculées par le MPR en tant que parti-État, cette vile créature mobutienne, visiblement sans repère historique et sans mémoire culturelle, puisque sortie du néant, est totalement vouée aux plaisirs sensuels de la vie physique. La salacité ou la lubricité fait inévitablement partie de son quotidien épicurien. Elle constitue même sa seule et unique ‘‘raison de vivre’’. À l’image de toute son élite politique totalement aveuglée par son statut d’arriviste et incapable de maîtriser tous ses sens et de concentrer son énergie vitale au-dessus du plexus solaire, ce jouisseur considère le sexe qui, en fait, est sa friandise comme un vrai signe de puissance, d’affirmation et de reconnaissance sociale.

À ce propos, le caractère aphrodisiaque entourant incontestablement la réalité du pouvoir politique conduit logiquement et forcément le piètre régime mobutiste à légitimer la pédophilie, y compris l’éphébophilie, sous le couvert du fameux discours de l’Authenticité. En effet, le MPR qui est en réalité un ‘‘parti de Satanistes’’ a, en plus de légitimer voire légaliser la polygamie (la polygynie), automatiquement abaissé la majorité des jeunes garçons à 14 ans et celle des jeunes filles à 12 ans. Tout ceci dans le seul dessein d’assouvir la bestialité sexuelle de la classe dirigeante, de satisfaire l’immoralité de l’élite politique.
Le Kabilisme, tout comme son affilié politico-idéologique le Kanambisme, poursuit, en réalité, les mêmes objectifs dévastateurs du Peuple asservi, opprimé. À l’image de leur prédécesseur de triste mémoire qui a réussi à inverser les valeurs morales, ces deux pouvoirs rebelles continuent, autant que faire se peut, à abreuver les Citoyens d’une musique dont le tempo et les accords élèvent systématiquement l’individu au rang dévalorisé de la Médiocrité, au niveau déprécié de l’Idiotie. En effet, la seule et unique fonction sociale reconnue à cet art amoral consiste à détruire les neurones des Citoyens, à anesthésier leur imagination. C’est-à-dire : la paralysie de tout effort cérébral, la neutralisation de toute opération mentale. Ce qui permet fort naturellement d’éloigner la population très rapidement de ses préoccupations essentiellement ‘‘politiques’’ et ‘‘économiques’’, ‘‘culturelles’’ et ‘‘sociales’’.

C’est pour cette raison que les ‘‘services’’ de Joseph Kabila Kabange interviennent assidûment, directement auprès de certaines ambassades occidentales accréditées à Kinshasa pour attribuer des visas d’entrée à des artistes-musiciens de la Capitale. Cette intervention non moins bruyante consiste, dit-on, à gagner la confiance d’une jeunesse traumatisée, désemparée, économiquement et socialement sans issue, dont la seule perspective ou l’unique raison de vivre est, bien entendu, la jouissance pour oublier sa condition infrahumaine de ‘‘déshérité’’, de ‘‘laissé pour compte’’. Auraient bénéficié de cette mansuétude, aux dires de certains Congolais dépités voire excédés par l’immoralité kanambiste, des sociétaires et affidés de l’Orchestre Wenge Musica Maison Mère dirigé par la Star Jean Noël Ngiama Makanda, dit Werrason. Ces artistes-musiciens furent, semble-t-il, déjà interpellés pour une odieuse affaire de vol par des autorités policières et judiciaires ! Résultat : ‘‘la relaxe pure et simple pour des délinquants notoires qui servent, en fait, de modèle à la jeunesse’’ !
Devant son irresponsabilité avérée et, surtout, son inconscience manifeste, il n’est pas du tout étonnant de voir que le mercenaire et imposteur Joseph Kabila Kabange est pratiquement incapable de mettre hors cadre des membres du gouvernement sérieusement mis en cause dans le trafic des matières premières au détriment de l’État. Y compris des personnalités politiques et fonctionnaires de l’État directement impliqués dans des meurtres politiques[xxxi]. Y compris surtout des proches parents immédiatement impliqués dans la spoliation éhontée des biens publics et privés pendant que la population victime de leurs exactions et injustices décriées croupit journellement dans la misère la plus sombre et dans la peur absolue (insécurité). « Dis-moi qui tu hantes, je dirais qui tu es », affirme-t-on !
Toutefois, une suspension ne signifie pas exactement une révocation. Elle ne signifie point une démission. En effet, toutes ces personnalités recouvrent à tout moment leurs responsabilités politico-administratives devant l’obstination d’un dirigeant qui refuse d’instituer une enquête indépendante susceptible de noyer ses propres amis ou soutiens et, par ricochet ou par effet boomerang, de l’emporter définitivement.
À cet égard, il importe de relever que des autorités politiques et gouvernementales ou administratives ‘‘suspendues’’ voire écartées par Joseph Kabila Kabange pour leur implication directe dans des cas de meurtre ou dans des actes qualifiés de fraude ou de magouille, virulemment dénoncés par la communauté internationale, ont toujours repris du service. Il en est ainsi de feu Augustin Katumba Mwanke qui a fait partie intégrante de la délégation ‘‘Composante gouvernementale de Kinshasa’’ en tant que belligérant lors de la tenue de négociations politiques ‘‘intercongolaises’’ de Pretoria. Il y a lieu de souligner le retour en force dans le giron du pouvoir criminel du policier John Numbi Tambo Banza pourtant nommément cité dans l’affaire criminelle ‘‘Floribert Chebeya’’ en tant que main qui a éliminé froidement cet activiste des droits humains fondamentaux.

Ce geste témoigne, en réalité, de la considération que le mercenaire Joseph Kabila Kabange porte à la population meurtrie de la RDC. Il témoigne, surtout, du mépris viscéral qu’il voue à la classe politique. Par conséquent, cette attitude irresponsable doit être dénoncée avec vigueur et récusée avec une fermeté sans concession par tout esprit lucide.
Force est de constater que dans le cas spécifique d’Augustin Katumba Mwanke, cette mesure de suspension prise par Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, dit Joseph Kabila Kabange, n’intervient qu’au moment où le président de l’UDPS et de l’ASD Étienne Tshisekedi wa Mulumba reprend son bâton de pèlerin dans l’Est du pays en vue de tâter le pouls de la population locale en prélude au Dialogue intercongolais (DIC) s’ouvrant à Pretoria (capitale de la République Sud-Africaine). D’où la question : Pourquoi cette décision, quoi que confuse et insuffisante par sa nature, n’est-elle inévitablement pas arrêtée au moment du dévoilement médiatique du rapport des Nations unies d’autant plus que la population totalement en furie n’avait cessé de réclamer la mise à l’écart de quelques personnalités politiques et administratives incriminées par les experts accrédités par le Secrétariat général ? Encore une fois, s’agissait-il de la part des autorités politiques et gouvernementales de facto de Kinshasa d’une diversion dont elles ont seules le secret ?
En effet, chaque fois que les Congolais veulent sérieusement entamer l’ouverture des pourparlers politiques, le gouvernement illégitime et illégal dirigé par le général-major Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, et autrement désigné ‘‘Joseph Kabila Kabange’’, tente souventes fois de les distraire en provoquant un événement lui permettant de fédérer l’assentiment populaire autour de son action pourtant criminelle[xxxii]. À cet égard, il convient de se rappeler l’occupation militaire de la localité de Moliro au Kivu, tout juste avant l’ouverture du round de négociations politiques en 2002 à Sun City (Afrique du Sud), par les Forces armées congolaises (FAC). Cet aventurisme militaire et politique s’est, en effet, déroulé au grand mépris des résolutions des Nations unies et des autorités politiques, administratives et militaires de la MONUC sabordée de nos jours en MONUSCO.

Toutefois, dans le cas particulier du super flic John Numbi Tambo Banza, sa réintégration dans le dispositif de commandement de la police s’explique par l’ambiance préélectorale qui sent déjà le soufre. Elle se justifie naturellement par les convulsions consécutives au chaos électoral à venir[xxxiii]. Ces éruptions brutales ne pourraient être causées que par la triche en cas d’organisation de scrutins ou le report sine die des scrutins dans le but de prolonger artificiellement la survie d’un régime fort rongé par la corruption et enfermé dans la logique de l’arbitraire et de l’oppression pathologique.

Ce qui est clair, la prédatocratie kanambiste ou la voyoucratie joséphiste s’appuie substantiellement sur les ‘‘malfrats’’ de toute espèce. Elle s’appuie, d’abord et avant tout, sur une mafia de type familial. Coiffée par la tante maternelle de Joseph Kabila Kabange, Jaynet Kabila Kyungu, pourtant présentée officiellement comme ‘‘sa sœur jumelle’’, celle-ci présente, néanmoins, des ramifications tentaculaires sur le plan extérieur (Belgique, France, Tanzanie, Ouganda, Émirats arabes unis, République Sud-Africaine). Cependant, selon le fameux principe ou la fameuse loi de la division du travail, elle est dirigée de main de maître sur le terrain purement interne ou local par nul autre que le cadet présidentiel Zoé Kabila. Elle s’exprime tout naturellement par des pratiques dignes de flibustier du 18e siècle aux Caraïbes (extorsion de fonds, confiscation des biens, expropriation des biens immobiliers, racket, attaques à main armée, arnaque de tous genres, enlèvements, meurtres extrajudiciaires, etc.).

Aussi cette mafia criminelle dont la violence physique est en réalité le seul et unique moyen expressif, se fonde primordialement sur la cooptation des talents crapuleux. Force est, d’ailleurs, de souligner que ceux-ci sont pratiquement tous couverts de hauts grades militaires mais sans réels hauts faits d’armes (les généraux François Olenga, John Numbi Tambo Banza, Dieudonné Amuli Bahigwa). Ils sont plutôt des exécutants de basse besogne pour le compte exclusif du régime oppresseur incarné par l’imposteur Joseph Kabila Kabange. Ont systématiquement et automatiquement fait le frais de cette ‘‘mafia criminelle’’ qui s’apparente sans conteste à une secte sanguinaire : ‘‘Armand Tungulu’’, ‘‘Floribert Chebeya’’, ‘‘Aimé Kabila’’, etc.

Dans le dessein de radicaliser certes le régime, cette voyoucratie s’arc-boute sur des brigands qui ont jadis fait la pluie et le beau temps sous le régime éteignoir du Maréchal-pillard Mobutu Sese Seko du Zaïre. Cette kleptocratie a, en réalité, pour béquille des prédateurs mobutistes, des gangsters de l’ancien système, fort connus pour avoir mis le pays en coupe réglée. Ces artisans du pouvoir sanguinaire présentent en fait cette particularité et cette singularité d’avoir mené la République démocratique du Congo à un abîme sans fond, à la débâcle généralisée. À titre d’exemple : Léon Lubitch Kengo wa Dondo, très prisé par la Communauté internationale, Alexis Thambwe Mwamba, Alain-André Atundu Liongo, Édouard Mokolo wa Mpombo, Lambert Mende Omalanga, dans le rôle méprisable de la pie attitrée du Kabilisme, du griot patenté du pouvoir évanescent.

Par ailleurs, le Kabilisme, tout comme le Kanambisme, emprunte systématiquement et automatiquement au régime mobutiste aussi bien ses traits autoritaires que ses caractéristiques aphrodisiaques. En effet, le Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre qui maîtrise à la perfection l’art de la séduction, qui est moins un chef de l’État qu’un ‘‘Don Juan’’, un disciple certifié de ‘‘Casanova’’, est surtout connu pour ses nombreuses incartades amoureuses et agressions sexuelles. De son vivant, on lui dénombrait déjà plus d’une cinquantaine de rejetons et une brochette de maîtresses (la culture aphrodisiaque des deuxièmes bureaux). En réalité, ce dernier n’a-t-il pas épousé deux sœurs d’une même famille (Kossia et Bobi Ladawa) ?

Portant également bien sa réputation sulfureuse d’étalon, le guérillero postmarxiste et postmaoïste Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila entretenait au vu et au su de tous une très longue collection de conquêtes féminines avant tout comme après la chute de son prédécesseur donjuanesque. C’est au cours de ses nombreuses pérégrinations révolutionnaires que ce chef rebelle affairiste et, de surcroît, proxénète a rencontré la mère biologique de Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, dit Joseph Kabila Kabange, Marcelline Mukumbuguje. Cette dame est, en fait, la veuve de son bras droit et pote maquisard ‘‘Adrien Christopher Kanambe’’.
D’ailleurs, la saga prête à Laurent-Désiré Kabila une kyrielle de liaisons amoureuses au mythique maquis de Hewa Bora (Kivu) ainsi que dans ses nombreux lieux d’exil. Force est de constater qu’une cohorte de femmes prostituées tanzaniennes avec qui le président autoproclamé de la RDC avait ‘‘entretenu un commerce charnel’’ sans pour autant être convenablement ou normalement rémunérées, est venue spécialement de la ville de Dar es-Salaam réclamer leur dû à Kinshasa lorsque ce dernier a été investi à la tête la République démocratique du Congo. Dans la Capitale, la radio-trottoir qui propage les rumeurs plus vite que les ondes, lui prête aussi quelques relations intimes avec aussi bien des artistes féminins que des comédiennes de théâtre.
Cette renommée sulfureuse propre aux dirigeants congolais rattrape également le tout jeune Joseph Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, alias Joseph Kabila Kabange, qui, semble-t-il, avait un faible pour la Miss franco-tutsie rwandaise Sonya Rolland. Celle-ci avait remporté en France le concours des reines de beauté de l’année 2000. Un certain temps, cet apprenti coureur de jupons a vite lorgné une des filles du président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo-Brazzaville. Bref, sous Mobutu Sese Seko tout comme sous Mzee Kabila et Kanambe, la classe dirigeante poursuit sans trop se remettre en cause sa double carrière de coureur de jupons et de prévaricateur au lieu de s’occuper très sérieusement des affaires publiques de l’État. Elle poursuit cette carrière sulfureuse sans pour autant se concentrer comme un moine sur les difficultés de ses Concitoyens.
Par conséquent, la mission primordiale de la démocratie consiste à réhabiliter tous azimuts la femme congolaise totalement réduite à l’état d’esclave sexuel ou d’objet de plaisir charnel. Pour ce faire, ce système doit lui restituer son statut de personne humaine qui a réellement des droits à faire valoir et un patrimoine moral à protéger. D’autant plus que cet être essentiel à l’émergence de l’Humanité porte évidemment en elle tous les germes du développement économique et du progrès social.

En effet, plus l’être féminin est véritablement évolué, plus la Collectivité publique est épanouie. Donc, il existe pratiquement une corrélation étroite entre l’essor d’une société et l’expansion d’une femme. D’ailleurs, le cas du Japon de l’après-guerre est très éloquent à cet égard. Cette vérité sociologique s’applique également à la Chine communiste. Cet immense pays d’Extrême-Orient est en train de connaître un bond phénoménal à cause de cette prise de conscience nationale et communautaire.
La démocratie doit rendre à l’individu son humanité polluée par la tyrannie brutale. Sa finalité consiste à transformer le Congolais en un être qui pense vraiment et qui dispose d’une mémoire forte. En plus d’effacer en lui tout esprit de passivité et toute culture de zombie l’empêchant hors de tout doute raisonnable de s’épanouir comme toute personne normale, son rôle fondamental est plus que tout autre de l’inciter à être ‘‘vigilant’’ et ‘‘lucide’’, ‘‘perspicace’’ et ‘‘entreprenant’’, à faire des choix judicieux pour son avenir personnel et le futur national. C’est de l’inciter à grandir mentalement et psychiquement pour mieux s’occuper des affaires publiques.
L’objectif ultime de la démocratie nationale est, surtout, d’inciter la population au travail. D’autant plus que cette dernière assure l’avenir des générations futures par le fruit de son labeur et de son engagement au service de la Collectivité nationale. En effet, un vrai citoyen est celui qui participe très activement à l’épanouissement de sa Communauté publique en tant qu’acteur politique et culturel. Il est normalement celui qui contribue de manière active à l’essor matériel et intellectuel de sa patrie en qualité d’opérateur économique et social.
Le productivisme économique et social
‘‘Un peuple heureux est un peuple qui travaille et produit des richesses pour l’État et la Nation’’

Telle doit être, normalement, la devise de la Nation portée vers l’industrie. Ainsi, le Citoyen ne peut vraiment plus être à l’image de cette médiocrité affichée, d’ailleurs, lamentablement par le peuple zaïrois sous le mobutisme à la fois néocolonialiste et jouissif. Ce dernier ne peut plus être à l’image de cette imbécillité naguère véhiculée par la propagande du MPR pour demeurer éternellement au pouvoir. Il y a lieu de souligner que ce Parti-État mobutiste détermine normalement le bonheur du peuple ou quantifie la fierté de la population nationale par sa ‘‘capacité à chanter et à danser’’ ! En effet, pour le parti unique, ‘‘un peuple heureux est un peuple qui chante et qui danse !’’

Le ressortissant congolais ne peut plus également être à l’image d’oisiveté projetée sous le Kabilisme esclavagiste et le Kanambisme négrier. Le moment est venu pour lui de prendre toutes ses responsabilités. Le moment est venu pour lui de se prendre en charge par le canal du travail et de l’entrepreneuriat au lieu de sombrer dans la léthargie spirituelle sous prétexte qu’un dieu soi-disant sauveur viendrait l’aider à résoudre ses problèmes, à le soustraire à toutes ses difficultés pourtant accablantes. Ce que le peuple de la RDC oublie toujours, est que l’Intelligence Suprême en tant qu’Amour Miséricordieux ne tolère aucunement l’oisiveté de la part de sa créature ou progéniture. En effet, le Très-Haut détourne prestement son regard à la vue des paresseux ou vauriens.
Cette attitude d’apathie collective est, sans aucun doute, le résultat désastreux de la colonisation belge dont l’ambition était, en principe, de former des êtres puérils et dociles[xxxiv], totalement voués à son entreprise d’exploitation brutale et encadrés par un tuteur qui administre leur vie. C’est ainsi que le Congolais est devenu léthargique, apathique, indolent. Ce comportement est également le résultat fatal du Mobutisme amoral dont l’obsession partisane était certes de créer un individu indécis et confus, dépourvu de toute personnalité animique, totalement amnésique et inconscient de ses potentialités humaines. Force est de constater que le Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre à la tête d’un pays immensément riche a passé la plupart de son temps à quémander comme un mendiant écervelé l’assistance occidentale et, surtout, à pleurnicher comme un petit gosse lorsque cette aide lui était carrément refusée.
Telle a été l’attitude ‘‘contradictoire’’ du pseudo-nationaliste et pseudo-lumumbiste Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila qui attribuait incessamment tous ses malheurs et déboires aux puissances politico-financières extérieures. Même le jeune seigneur de guerre tutsi rwando-tanzanien Joseph Kabila Kabange continue sans relâche de suivre cette trajectoire de mendicité sans issue pour le développement économique de la Communauté nationale et le progrès social du Peuple congolais. Néanmoins, dans toutes ces conditions de dépendance suicidaire pour la Nation tout entière, ne faudrait-il pas envisager, avec lucidité et courage, avec volontarisme et détermination, l’exploration d’autres horizons plus prometteurs et plus efficaces ?
La conscience démocratique le permet amplement. Indubitablement ! Pourvu que l’on croie en soi, en toutes ses capacités inhérentes et toutes ses potentialités innées ! Pourvu que l’on écoute très humblement et très attentivement la voix mystique de ce plus proche Compagnon intérieur. C’est-à-dire : Celui qui vous tient en toute circonstance et en tout temps la route illuminée de Sagesse, jalonnée de Vérité et pétrie de Justice pour l’Éternité… vers l’Océan d’Amour et de Miséricorde, de Bonté et de Paix !
Joël Asher Lévy-Cohen
Journaliste indépendant
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Cet article est spécialement dédié à Maman Marthe Kasalu Jibikila Tshisekedi pour tous les sacrifices consentis afin que la République démocratique du Congo soit un véritable État de droit démocratique et un pays totalement libre et scrupuleusement respectueux des droits humains fondamentaux.

[i]Date de la décapitation politique du gouvernement nationaliste et panafricaniste de Patrice Emery Lumumba avec la pression conjuguée aussi bien de la Belgique et de la France que de la Grande-Bretagne et des États-Unis d’Amérique, et surtout la coordination de la CIA et du Département d’État.
[ii] C’est le 6 janvier 1966 qui est la date d’entrée en vigueur de son grade de lieutenant-général au sein des forces armées que le putschiste Joseph-Désiré Mobutu s’autoproclame président de la République démocratique du Congo (RDC).
[iii]Ce système institutionnel dérive de la constitution de Luluabourg (Kananga) du 1er août 1964.
[iv]Cette personnalité incarne réellement la volonté politique de changement démocratique et les aspirations populaires.
[v]Cette équipe composée de technocrates gestionnaires est investie sur la base de l’Accord du Palais de Marbre de septembre 1991.
[vi]Ce cabinet est désigné sur le fondement des actes et résolutions de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992.
[vii]D’aucuns diraient du mythique Maquis de Hewa Bora, d’autres de l’enfer minier de Fizi Baraka.
[viii]Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre.
[ix]Du fait de leur statut de laquais du colonialisme, de leur volonté destructrice de seigneur de guerre et de leur action maffieuse de mercenaire.
[x]Mobutisme.
[xi]Kabilisme, Kanambisme.
[xii]La privatisation du pouvoir politique.
[xiii]Le phénomène de bourreaucratisation des agents publics de l’État.
[xiv]La constitution des pompes à finances ou réseaux de financement de l’autorité politique et gouvernementale.
[xv]Grenier des ressources précieuses et stratégiques au profit exclusif des intérêts occidentaux, protectorat politique.
[xvi]Societas dont la racine étymologique socius en latin signifie ami, compagnon.
[xvii]Déclaration politique du 21 juillet 1960, Archives de l’Assemblée nationale, Kinshasa, 1960.
[xviii]La suspension de la vie politique.
[xix]Ces intellectuels à la solde du régime mobutien ne sont performants que dans un strict cadre dictatorial et verrouillé. Par contre, leur intelligence humaine est à vrai dire improductive dans un environnement politique qui postule de manière irréversible le changement démocratique. D’où leur tendance instinctive au blocage systématique des institutions et au sabotage de toute avancée politique et démocratique au Congo.
[xx]Le gouvernement Kengo wa Dondo qui représente la volonté de la communauté financière internationale, est imposé par la Banque mondiale et le FMI aux dépens du mouvement démocratique d’ailleurs incarné par le juriste Étienne Tshisekedi wa Mulumba.
[xxi]La hiérarchie militaire congolaise était plus préoccupée par le commerce pour s’enrichir que par l’armée en tant que corps de la Nation, institution au cœur de la défense du sanctuaire national et des intérêts vitaux de la collectivité publique.
[xxii]Rwanda, Ouganda, Burundi.
[xxiii]Augustin Katumba Mwanke, Denis Kalume Numbi, Jeannot Mwenze Kongolo, Jean-Charles Okoto Lolakombe, etc.
[xxiv]Ces personnalités politiques et administratives du régime de Kinshasa sont mises en cause par le panel des experts de l’Organisation des Nations unies (ONU) chargés par le Secrétaire général Kofi A. Annan d’évaluer l’étendue réelle du pillage de diverses ressources précieuses et stratégiques du Congo-Kinshasa en proie à une guerre qui a balkanisé son territoire et qui a pratiquement donné lieu à un génocide de plus de 3,5 millions de victimes à ce moment précis de l’histoire.
[xxv]Tchétchène et ukrainienne.
[xxvi]La seule constitution en vigueur aujourd’hui est celle de Liège, adoptée par voie référendaire le 17 décembre 2005 et promulguée le 18 février 2006. Toutefois, avant le texte précité, la République démocratique du Congo (RDC) a connu l’Acte portant dispositions constitutionnelles de la période de Transition, adopté à Kinshasa par la CNS le 4 août 1992. Force est de constater que celui-ci a été complètement déchiré par les forces réactionnaires mobutistes en vue de casser l’élan de changement politique et démocratique. Par contre, le texte fondamental remanié en 1994 dans le cadre de la Transition politique et démocratique a été suspendu par le chef rebelle Laurent-Désiré Kabila lors de la prise de pouvoir à Lubumbashi le 17 mai 1997.
[xxvii] En prévision de l’hypothétique élection présidentielle du 23 décembre 2018, le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary en qualité de dauphin de Joseph Kabila Kabange obéit strictement à cette logique sectaire.
[xxviii] À ce niveau, il faut saluer et, surtout, encourager le travail accompli sur le terrain par le journaliste Eliezer Ntambwe qui anime le blog électronique ‘‘Tokomi Wapi’’ ? – (traduire en français par ‘‘Où en sommes-nous’’ ?) –. Celui-ci s’est effectivement donné pour mission de conscientiser l’ensemble de ses compatriotes sur les grands enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels de la société congolaise. Il fait partie intégrante d’un groupe de jeunes journalistes, de surcroît activistes et blogueurs (Christelle Vuanga, Daniel Safu, Peter Tiany, etc.), qui ont littéralement embrassé la voie du changement. C’est-à-dire : ‘‘la métamorphose de la culture politique et sociale’’. En fait, ceux-ci prônent très ouvertement, sur le plan anthropologique, la transformation socioculturelle de la RDC, pour ce qui concerne l’essence de leur combat quotidien et de leur posture idéologique.
[xxix] B = Beer; M = Music; W = Woman.
[xxx] Se fondant substantiellement sur la politique ou le discours de l’Authenticité qui met en exergue la pratique traditionnelle de l’arbre à palabres propre à la culture ou la civilisation africaine, Mobutu Sese Seko du Zaïre a réussi, par magie, à façonner un Être incapable d’achever un projet qu’il a bel et bien entamé, d’accomplir un travail déjà entrepris. Il a fabriqué un individu qui se complaît littéralement dans des futilités, qui adore rien de moins que les discussions inutiles, stériles, des polémiques oiseuses ne rapportant rien à la Collectivité publique ou à soi-même en termes de bagage intellectuel et matériel autant que moral et spirituel. Il a inventé de toutes pièces un individu qui vénère des dialogues interminables, sans suite et sans fin, qui traite des problèmes sérieux sans savoir les résoudre et, par voie de conséquence, les laisse indéfiniment en suspens.
[xxxi] Évariste Boshab, Emmanuel Ramazani Shadary, le général de police John Numbi, le général François Olenga, le lieutenant-général Didier Etumba, etc.
[xxxii] Le dialogue politique du Camp Tshatshi a été organisé en octobre 2016 dans le dessein de détourner l’attention de la Communauté internationale décidée d’en découdre avec Joseph Kabila Kabange dans l’épineux dossier du double meurtre des experts des Nations unies – la Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp – enquêtant sur l’Affaire ‘‘Kamuina Nsapu’’ au Kasaï central. Ces pourparlers politiques n’ont pas été organisés pour résoudre la crise politique congolaise résultant de l’absence d’organisation des élections nationales par le pouvoir imposteur.
[xxxiii] L’anarchie et le chaos pourraient surgir aux lendemains de la proclamation des résultats de la présidentielle si jamais ceux-ci ne rencontrent pas l’assentiment populaire.
[xxxiv]Il s’agit des individus disposant concrètement de ‘‘gènes de colonisabilité’’.C’est la théorie scientifique émise par le sociologue William Lapierre sur l’apathie du Citoyen ou de la population face au pouvoir dominant.
