L’UDPS et le Destin du Congo

UDPS Parti du Peuple
La véritable portée du 15 février 1982
« Get up, Stand up. Stand up for Your Rights » Robert Nesta Marley, dit Bob Marley[i]
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Si le jeudi 30 juin 1960 a, assurément, permis à la République démocratique du Congo d’être pratiquement inscrite en tant qu’État souverain et indépendant sur la mappemonde, la date du 15 février 1982 a naturellement permis à son Peuple d’être inscrit en lettres d’or et de feu sur la carte politique du pays. En effet, depuis le coup d’État militaire du 24 novembre 1965 et, surtout, l’institutionnalisation du Mouvement populaire de la révolution (MPR) en qualité de parti unique en 1971, ainsi que sa transformation en Parti-État en 1974, le Peuple congolais n’existait en vérité plus. Seul existait le président-fondateur du MPR sous le couvert de ce parti atypique et « inique ».
Donc, seul existait vraiment Mobutu Sese Seko du Zaïre. Lui seul avait en réalité la parole. C’est-à-dire : « le pouvoir de critiquer les Institutions et leurs animateurs ». Ce qui impliquait la faculté de les abolir et de les remanier selon ses phantasmes loufoques et son délire narcissique. Donc, le dictateur Mobutu détenait en réalité seul l’imperium. Ce qui signifiait le pouvoir de vie et de mort sur la société, et ce à l’image d’un pater familias, c’est-à-dire un patriarche. En d’autres termes, la personne Mobutu Sese Seko du Zaïre avait doublement qualité de pouvoir et d’Institution politique.
Cependant, la naissance de l’UDPS en date du 15 février 1982 marque, en réalité, la résurrection du Peuple congolais, d’ailleurs, substitué par le Parti-État ou parti unique qu’est sans doute le MPR sur le terrain national. En vérité, la fondation de cette formation marque ipso facto la reconnaissance du Peuple en tant qu’entité politique viable disposant effectivement des « droits fondamentaux » au premier rang desquels la parole. C’est-à-dire : les libertés d’opinion et d’expression. Donc, la création de cette organisation marque la reconnaissance du Peuple en tant que groupe politique et, surtout, entité souveraine qui se réapproprie définitivement son destin national par le libre choix. En d’autres termes, cette date du 15 février 1982 veut dire politiquement et idéologiquement « Souveraineté » et « Liberté » du Peuple.

La naissance de l’UDPS a redéfini la place du citoyen dans le jeu politique et celle de la population dans le destin de la Nation.
Dans le contexte de naissance de l’UDPS, la Souveraineté signifie que le pouvoir politique appartient au Peuple. Ainsi, ce dernier est le seul titulaire du pouvoir dans la société. La liberté est la faculté lui reconnue de désigner sans contrainte physique et morale ses propres dirigeants, sensés incarner toutes ses aspirations légitimes, par le truchement de la compétition électorale. C’est aussi la faculté lui reconnue de choisir sans entrave son parti, sensé le représenter, par le biais de la concurrence politique et idéologique.
Toutefois, que signifie-t-elle exactement la naissance de l’UDPS dans le contexte de tyrannie politique et militaire issue du processus de Pretoria ? Que signifie-t-elle véritablement la fondation de cette organisation politique dans le contexte d’une dictature à la solde de puissances étrangères et d’intérêts maffieux ? Que signifie-t-elle réellement cette création dans le contexte d’un régime liberticide et démocraticide dont la seule et unique volonté est de prostituer la Souveraineté du Peuple et de détruire le fondement ou les fondations de l’Indépendance de la Nation ?

Étienne Tshisekedi wa Mulumba est la figure tutélaire de la résistance politique et pacifique contre la dictature
Face à un despotisme des plus cruel et, surtout, destructeur de l’humain dans ses dimensions morales, spirituelles, matérielles, intellectuelles, psychiques, mentales, face à un pouvoir sanguinaire et macabre réputé réduire à néant l’humanité, l’UDPS incarne, par essence, la résistance politique. À cet égard, résister veut dire en vérité réhabiliter l’Être humain dans ses droits fondamentaux, donc ses droits les plus sacrés. Résister veut dire restaurer la dignité humaine indubitablement niée par le système répressif et arbitrairement emprisonnée par le mal oppresseur.
Dans un contexte tyrannique, résister signifie restaurer tous azimuts la liberté, la démocratie et la justice. La liberté est, par définition, l’Indépendance du Peuple. La démocratie s’avère le pouvoir légitime de la Nation. Quant à elle, la justice est l’assise de la paix et de la sécurité, deux conditions essentielles pour promouvoir et amorcer le développement économique et le progrès social de la Collectivité publique. Tels sont les défis auxquels est confrontée l’UDPS dans sa marche pour la conquête pacifique du pouvoir politique. Tels sont effectivement les paris que cette formation politique doit en principe relever en vue de garantir solidement l’avenir de la République démocratique du Congo.
Face à un État déliquescent ou un pays manqué, la date du 15 février 1982 veut dire le vrai changement. Et le vrai changement signifie l’abandon de la culture de corruption, de concussion et de prévarication. C’est l’éradication de l’immoralité ou de l’amoralité qui gangrène malheureusement la moelle épinière de la Nation (le rejet des antivaleurs). En d’autres termes, c’est l’instauration d’une nouvelle culture politique fondée substantiellement sur la Vérité et la Transparence, donc la Bonne gouvernance politique et administrative. C’est le respect scrupuleux de la parole donnée et de la volonté d’engagement.
C’est l’instauration de la culture des textes pour sauvegarder les intérêts vitaux du sanctuaire national. Par conséquent, la fondation de l’UDPS postule en réalité la modernisation de l’idéologie de l’État et de l’appareil politique. Aussi postule-t-elle la modernisation tous azimuts des pratiques politiques et administratives, ainsi que la moralisation de la sphère publique.

La victoire de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, alias FATSHI, à la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018 permet au Peuple congolais d’entrevoir l’avenir avec optimisme
Face à une Collectivité publique culturellement et économiquement déstructurée, en voie de démembrement et de disparition (balkanisation), la date du 15 février 1982 inspire des réflexes patriotiques pour sauver la Nation. Face à un Peuple en danger, au bord de l’explosion sociale, miné par des crises cycliques et, surtout, plombé par des rivalités politiques fratricides, elle inspire éminemment l’esprit de solidarité. Et la solidarité signifie intrinsèquement l’esprit d’union et de concorde, l’harmonie collective. C’est cet esprit d’unité qui fermente fortement la conscience nationale et forge le patriotisme.
Dans la perspective et l’optique de conquête du pouvoir pour asseoir la liberté et la démocratie, la date du 15 février 1982 est matériellement la démonstration de l’existence physique du Peuple en tant qu’entité politique. C’est, en réalité, la preuve de son refus de mourir gratuitement ou naïvement. C’est la preuve de son refus d’être continuellement écrasé par les forces rétrogrades ou réactionnaires. C’est le refus d’être prisonnier et forçat de la tyrannie néocolonialiste. C’est le refus d’être chiourme du système d’Apartheid économique international et esclave du néolibéralisme négrier parrainé ou promis par l’ancienne puissance coloniale.
C’est la preuve vivante que le Peuple congolais a manifestement conquis le droit à la parole. C’est aussi la preuve vivante qu’il est totalement libre et complètement debout. De ce fait, celui-ci est seul Maître du pouvoir politique en République démocratique du Congo.
À vrai dire, la date du 15 février 1982 signifie pertinemment la conquête de la citoyenneté démocratique par le Peuple totalement asservi par l’ordre dictatorial en tant que sous-produit du colonialisme et phantasme de l’impérialisme. C’est effectivement le jour où l’ensemble des Congolaises et Congolais sont devenus à part entière de véritables Citoyens. Cela implique logiquement que ces derniers disposent dorénavant des droits fondamentaux, qu’ils jouissent réellement des libertés publiques reconnues et enchâssées dans la loi fondamentale. Au regard du combat politique et démocratique, le 15 février 1982 signifie pertinemment la lutte contre les inégalités sous toutes ses formes. Donc, c’est le combat pour la justice sociale.
Par ailleurs, dans la perspective de conquête pacifique du pouvoir politique dans cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains, cette date majeure signifie essentiellement « unité » et « discipline ». En réalité, Unité veut dire Union « étroite » avec le Peuple congolais. Celle-ci n’est évidemment possible que lorsque l’on partage ses véritables aspirations légitimes et fondamentales. Elle veut dire convergence de vues et d’actions dans le cadre du changement politique et du combat démocratique.
La discipline signifie la rigueur dans la conquête du pouvoir. C’est la lucidité qui permet de garder littéralement le cap sur la lutte de libération nationale et de ne pas diverger sur les objectifs à atteindre. En d’autres termes, la discipline se veut le socle de l’unité sur laquelle s’enracine l’harmonie, se fonde la convergence et se fortifie la Conscience.

Jean-Marc Kabund wa Kabund assure à l’UDPS stabilité politique et cohérence idéologique,
adhésion des membres et cohésion des militants, adhésion aux valeurs du combat permanent tracé par les pères fondateurs et pugnacité sur le terrain du débat et de la concurrence.
Par conséquent, il appartient à tous les cadres, militants et sympathisants de l’UDPS de former ensemble un seul et même esprit, un seul et même corps. Ainsi, il leur revient de se souder fermement autour du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et derrière le Parti du Peuple pour former avec lui ce que les Adeptes de la sagesse arcane désignent dans la tradition mystique et dans la connaissance transcendantale un « Égrégore ». C’est-à-dire : incarner un même Esprit, une même Âme ou une même Puissante Énergie. « L’Union fait la force ! », dit-on.
Vive l’UDPS !
Vive le Parti du Peuple !
Heureux anniversaire !
Cet éditorial est dédié plus particulièrement et plus
singulièrement aux nombreux Martyrs de l’indépendance et de la démocratie,
lesquels sont d’ailleurs courageusement tombés sur le champ d’honneur, afin que
leur sacrifice suprême ne soit nullement oublié. Aussi est-il dédié à toutes
les Combattantes et à tous les Combattants de la liberté et de la justice pour
leurs abnégation et sens de la Patrie.
[i] “Lève-toi et manifeste pour tes droits”.