Fin de la guerre froide et défenestration de Mobutu Sese Seko du Zaïre

Fin de la guerre froide et défenestration de Mobutu Sese Seko du Zaïre

Pendant la guerre froide issue de l'ordre bipolaire de Yalta, Mobutu Sese Seko du Zaïre fut l'homme des Américains et de l'OTAN. 

Ce dirigeant-gendarme était le gardien attitré des intérêts occidentaux en Afrique centrale.

Sa principale mission fut de contrecarrer la percée des forces du Pacte de Varsovie dans cette partie du monde considérée comme le grenier des matières premières du monde libre.

Lorsque la guerre froide arriva à terme, le tyran zaïrois perdit toute utilité géopolitique et géostratégique. 

Ses parrains et tuteurs internationaux lui préférèrent de nouveaux leaders sous-régionaux dont le leitmotiv était en fait l'ordre combiné au développement de la collectivité publique et au progrès social des populations.
Mobutu Sese Seko du Zaïre et George Herbert Walker Bush des États-Unis

‘‘La guerre ne répugne à aucune ruse’’. Proverbe chinois

Par Joël Asher Lévy-Cohen

En septembre 1996, le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre subit une ablation du cancer de la prostate en Suisse. Pendant qu’il récupère difficilement de cette opération chirurgicale, laquelle a finalement raison de sa santé devenue fatalement fragile, éclate soudainement, contre toute attente, la guerre d’agression physique à la souveraineté internationale de la République démocratique du Congo. Celle-ci poursuit également l’objectif primordial de démembrer le territoire national de ce pays majestueux et richissime au cœur du Continent africain.

La reine d’Angleterre Élisabeth II reçoit Mobutu Sese Seko du Zaïre en visite officielle à Londres.

En réalité, ce conflit armé des plus meurtrier est artificiellement provoqué par l’oligarchie financière anglo-saxonne. Celle-ci gravite autour des parquets boursiers de Londres (Royaume-Uni), New-York (États-Unis), Toronto et Vancouver (Canada). Et, à travers cette conflagration armée qui redistribue toutes les cartes politiques et diplomatiques dans la région des Grands Lacs africains et en Afrique centrale, ces puissants intérêts visent rien de moins que la mainmise sur le pactole minier congolais.

En 1997, le Rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Kaguta Museveni ont joué un rôle décisif dans la chute du régime monarchique du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre au nom de puissants intérêts économiques et financiers américains et anglo-britanniques.

En vue d’arriver à leurs fins mesquines, ces forces financières essentiellement originaires du Commonwealth britannique, ainsi que des États-Unis d’Amérique, instrumentalisent le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda. Ces trois pays, certes, limitrophes de la République démocratique du Congo ont, cependant, dans le cadre de ce conflit armé, d’autres prétentions géopolitiques et même géostratégiques à faire valoir. Parmi celles-ci le pillage d’énormes ressources et le dépeçage de l’immense territoire de cet État d’Afrique centrale.

Mzee Laurent-Désiré Kabila passe en revue les troupes de la révolution victorieuses de la défunte armée mobutiste.

Toutefois, ces trois pays limitrophes attribuent leur intervention armée indubitablement intéressée à la faiblesse du pouvoir politique incarné par le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre. De leur point de vue, cette mollesse de l’autorité politique et gouvernementale zaïroise profite très largement à leurs rébellions en vue de déstabiliser leurs territoires respectifs. Ainsi, pour remédier à cette situation jugée inconcevable et intolérable à leurs yeux, ils cherchent plutôt à conquérir militairement le pouvoir politique à Kinshasa dans l’optique d’y placer un homme lige, d’y imposer un sous-fifre. Une sorte de – [béni oui-oui] – qui obéirait, sans broncher, aisément au doigt et à l’œil à leur volonté de piller de fond en comble ce voisin mastodonte devenu au fil des ans un colosse aux pieds d’argile et aux griffes en papier.

Depuis septembre 1996, l’Est de la République démocratique du Congo est réellement la proie des flammes violentes allumées par des forces armées rebelles soutenues par des pays limitrophes.

Ce qui est clair, cette guerre qui occasionne pendant sept mois la traversée d’un territoire aussi vaste que les pays membres de l’Union européenne (UE), transforme littéralement cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands lacs africains en un vaste lieu de rendez-vous des armées africaines dont l’obsession sécuritaire est d’en découdre définitivement avec leurs rébellions respectives. C’est entre autres le cas particulier et singulier du Rwanda qui atomise les résidus de la défunte junte militaire proche du défunt Juvénal Habyarimana. Et aussi de l’Angola qui écrase sans états d’âme les maquisards pourtant aguerris de l’UNITA dirigée par Jonas Savimbi. Ce groupe de rebelles angolais appuyés par de puissants intérêts portugais et des banquiers helvétiques est venu à la rescousse des forces armées zaïroises (FAZ) plus enclines à détrousser les civils qu’à combattre les forces d’agression.

En 2001, Joseph Kabila Kabange est devenu président de la République démocratique du Congo à la faveur de l’assassinat brutal et programmé du rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila. Ce mercenaire local fut instrumentalisé par de puissants intérêts anglo-saxons en vue de défaire le pouvoir monarchique de Mobutu Sese Seko du Zaïre. L’avènement de Joseph Kabila Kabange fut bruyamment salué par l’Occident qui le considérait comme un homme providentiel pour le Congo-Kinshasa. Privé de toute aide extérieure pour financer ses programmes politiques et gouvernementaux, asphyxié économiquement, ce jeune chef de guerre ouvrit très largement ses bras à la République populaire de Chine et à la Corée du Nord au grand désarroi de ses soutiens extérieurs. C’est de cette manière qu’il tomba en disgrâce vis-à-vis de ses appuis étrangers.

Ce qui est clair, derrière les prétentions fallacieuses de cette guerre artificielle téléguidée par la fine fleur de la Communauté internationale pour piller la République démocratique du Congo, s’amorce progressivement une véritable politique de nettoyage des populations autochtones. Celle-ci s’accomplit au profit exclusif des populations allogènes originaires des pays limitrophes et des États nilotiques de la corne de l’Afrique dans le but d’achever la phase ultime de démembrement dudit territoire. Force est de souligner que ce conflit armé dont les effets nocifs se font encore sentir de nos jours, a en réalité généré une quantité industrielle de victimes malheureusement sacrifiées sur l’autel de la haute finance.

Journaliste indépendant

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