Il était une fois Martin Luther King Jr


Il était une fois Martin Luther King Jr

Martin Luther King Jr

Le ‘‘rêveur’’ dont le ‘‘rêve’’ est toujours d’actualité…

‘‘Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons.’’ Martin Luther King Jr

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Martin Luther King Jr est fort connu pour sa lutte mémorable en faveur de l’intégration systémique des Africains-américains dans les années cinquante et soixante. Au sortir de l’esclavage en vigueur dans le pays de l’Oncle Sam, ceux-ci sont, quotidiennement, victimes de préjugés raciaux. Ils sont, journellement, victimes de toutes de sortes de discriminations qui constituent autant d’obstacle à leur épanouissement personnel en tant qu’individu que de frein à leur participation citoyenne à la vie d’une collectivité publique.

Quand les États-Unis avaient effectivement des airs d’Apartheid sud-africain.

Quoi que pratiquement décriées, toutes ces injustices inhumaines et dégradantes sont, toutefois, encouragées voire promues par les différentes institutions publiques et politiques des États-Unis. Raison pour laquelle ce pasteur couronné prix Nobel de la paix en 1964 s’est véritablement investi pour la déségrégation raciale. Très tôt, ce Berger de l’Éternel s’est, d’ailleurs, résolument engagé en faveur d’une Amérique ‘‘juste’’ et ‘‘digne’’, ‘‘libre’’ et ‘‘fraternelle’’, ‘‘solidaire’’ et ‘‘égalitaire’’.

L’armée américaine patrouille dans les rues des quartiers fréquentés par les Africains-américains

Mais, le 4 avril 1968 à Memphis, dans l’État de Tennessee, un assassin bestial[i] met brutalement fin aux jours de Martin Luther King Jr. Ce meurtrier arrête, donc, sauvagement une vie sans nul doute destinée à essuyer les larmes de ses pairs, à soulager leurs souffrances physiques et morales. Une vie dédiée à la dénonciation des dérives d’une société moribonde, d’une collectivité profondément malade, d’un pays certes enraciné dans l’amour de l’injustice et guidé par les réflexes malveillants de l’ostracisme.

Dexter King, fils de Martin Luther King Jr, a rencontré James Earl Ray, l’assassin du célèbre activiste des droits civiques au cours d’une audience fort riche en émotions. James Earl Ray a affirmé droit dans les yeux à Dexter King au cours de ce tête-à-tête immortalisé par les médias qu’il n’était point l’assassin de son père.

En effet, ce Berger de l’Éternel s’est manifestement investi corps et âme au profit d’une Amérique dont l’équité devrait primordialement être le discours, [dont] la paix, l’harmonie et la dignité [devraient être] les piliers. Dans ce pays de rêve, les caractères physiques dont la couleur de la peau ne peuvent point servir d’étalon pour juger les compétences de tout individu qui fait partie intégrante de la communauté. Force est d’admettre que celui-ci est créé, quels que soient ses traits, quelle que soit son apparence, à l’image bienveillante et parfaite de Dieu.

Martin Luther King Jr lors de la marche pour la défense des droits économiques et sociaux des travailleurs américains.

Au moment où il s’écroule violemment sous les balles de son assaillant hypnotisé par la haine et voilé par les ténèbres, Dr Martin Luther King Jr combat aussi bien les discriminations raciales que la pauvreté et la meurtrière guerre du Vietnam qui fait rage en Asie du Sud-est. En effet, le 4 avril 1968, ce pasteur nobélisé abattu au Lorraine motel s’est personnellement rendu dans le tristement célèbre État de Tennessee – en l’occurrence un État sudiste et post-esclavagiste – pour soutenir sans faille la lutte des travailleurs dont les conditions socioéconomiques ne sont pratiquement pas dignes d’un être humain. Ces ouvriers protestataires sont, en réalité, victimes de politiques économiques et sociales d’une Amérique dont le sens d’humanité est totalement aux antipodes de son discours ‘‘mythologique’’ sur la liberté et ‘‘légendaire’’ sur l’équité et la dignité humaine.

Lors de l’interprétation de l’hymne national américain  »The Star-Spangled Banner » (en français : « La Bannière étoilée ») avant l’entame d’un match, le meneur de jeu de 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick (au centre), proteste genou à terre contre la vague insurmontable de violences policières blanches dont sont victimes les Africains-américains en 2016.
Le dernier discours livré par Martin Luther King jr au Mason Temple à Memphis le 3 avril 1968. Un jour après, c’est-à-dire le 4 avril 1968, il est lâchement assassiné au Lorraine Motel.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] D’après le FBI, la police fédérale chargée de mener des investigations en cas de meurtre, Martin Luther King Jr a été assassiné par James Earl Ray. Mais, celui-ci a toujours nié sa responsabilité dans ce meurtre énigmatique. Pour la famille et les proches de l’illustre disparu, le lâche assassinat du pasteur africain-américain relève plutôt d’un complot dont les ramifications remontent au cœur du pouvoir étatique.

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