L’humanité vivante est-elle vraiment loufoque ?

L’humanité est-elle vraiment loufoque ?

Les cancers ‘‘incurables’’ de l’Homo sapiens

‘‘Les progrès de l’Humanité se mesurent aux concessions que la folie des sages fait à la sagesse des fous.’’ Jean Jaurès

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Les Masai sont un peuple guerrier de la Tanzanie. Ils ont conservé un mode de vie manifestement traditionnel dont les origines se perdent naturellement dans les brumes du passé.

L’humanité ambiante est totalement dominée par une seule espèce humaine. Celle-ci est [qualifiée] d’Homo sapiens pour sa capacité à comprendre et à maîtriser son environnement qui lui est trop souvent hostile, par sa faculté à imaginer, à penser et à inventer des solutions lui permettant de vivre dans le confort, le mieux-être et la sécurité.

L’espèce moderne de l’Homo sapiens.

‘‘Homo sapiens’’ est, en fait, une expression émanant du latin, langue aujourd’hui morte, anciennement pratiquée par les Romains[i].  Pour décrire l’espèce humaine, celle-ci signifie ‘‘Homme sage’’. Ici Sagesse doit être comprise dans le sens étroit de ‘‘Conscience’’, d’‘‘intelligence illuminée par la Conscience’’. Toutefois, cette espèce humaine qui se gargarise d’être éminemment intelligente par rapport aux autres règnes de la Nature, – à savoir le ‘‘minéral’’, le ‘‘végétal’’ et l’‘‘animal’’ –, est-elle vraiment consciente au sens le plus élevé du terme ?

La conquête de la lune par l’Homo sapiens ou la découverte des mondes inconnus et des univers inaccessibles. Mission Apollo 11.

Il est un fait indéniable que la plus grande caractéristique de l’Homo sapiens est la ‘‘curiosité’’. Il s’agit, véritablement, d’un être qui aime découvrir des choses. Pour ce faire, il n’hésite pas à sortir de son espace vital pour découvrir et conquérir des mondes qui lui sont, par définition, lointains et inaccessibles. Pour ainsi dire, il est animé d’un esprit de découverte et, au-delà, de conquête.

L’Homo sapiens invente des technologies et des machines pour répondre à ses besoins de confort, de bien-être et de sécurité, de fabrication et de production.

L’Homo sapiens est également un être qui aime inventer des choses pour améliorer sa condition, par essence, vulnérable. Pour ce faire, celui-ci utilise les ressources de son esprit pour transformer la matière. C’est-à-dire : ‘‘la Nature qui l’environne et lui fournit les moyens de sa subsistance, qui est, sans contredit, constamment l’objet de son observation et de son exploitation outrancière’’.

L’Homo sapiens construit des voies de transport et de communication en vue de faciliter des échanges commerciaux, intercommunautaires et internationaux.

Comme il aime vraiment se déplacer, et surtout aller plus loin dans son aventure, il convient de relever que l’Homo sapiens  est naturellement obsédé par une réalité spatiale. En effet, l’espace l’intrigue en permanence. L’horizon fixé par aussi bien le lever que le coucher du soleil le fascine et l’attire comme un aimant. De ce fait, il doit en percer à tout prix tous les secrets et tous les mystères. Il doit en maîtriser définitivement tous les contours.

L’être humain construit des immeubles pour abriter sa famille des intempéries et, surtout, abriter ses activités et les produits et services qui y en découlent.

Cependant, dans sa marche pour la conquête du monde connu ou inconnu, l’Homo sapiens est habité par un sentiment de destruction inouï. En raison de sa voracité, de sa rapacité, il détruit tout sur son passage dès lors que l’insécurité l’anime ou l’habite. Comme la destruction fait partie de son ADN, il n’hésite pas à détruire son environnement pour les besoins d’exploitation, donc de transformation tous azimuts de la matière. Il n’hésite pas non plus à détruire violemment son prochain pour monopoliser les ressources vitales de son environnement. Ce qui révulse naturellement l’esprit, il peut le faire par simple plaisir et non pas par simple acte de vengeance[ii].

Les armes servent à mener la guerre, à détruire les ennemis, à défendre le territoire et à protéger le business (intérêts privés) qui engendre des richesses dans la collectivité publique.

Pour arriver littéralement à cette fin, l’Homo sapiens invente, bien sûr, des armes[iii]. En réalité, celles-ci lui servent à mettre au pas tout son environnement mais aussi protéger efficacement les débouchés des matières premières exploitables. Vis-à-vis de ses voisins, l’usage des armes létales pour se défendre et protéger tous ses biens l’incite à délimiter l’étendue de son territoire que nul ne peut résolument franchir sans son accord et sous aucun prétexte, au risque bien entendu de déclencher des hostilités violentes.

Dans la préhistoire la plus reculée, l’Homo sapiens a, d’abord, utilisé la pierre taillée (le silex) pour chasser le gibier servant à nourrir la famille et la communauté de petite taille. Il utilisa, ensuite, le bois pour la même fonction alimentaire. Enfin, il découvrit le fer qui lui permit de fabriquer des arcs et des flèches afin de se protéger et de se livrer aux activités de chasse et de pêche.

Dès lors qu’il est manifestement en position de force par rapport à tous ses voisins, l’Homo sapiens n’hésite cependant point à franchir le Rubicon pour imposer sa loi injuste ou sa volonté criminelle[iv]. Celui-ci n’hésite point à les réduire totalement en cendres[v]. Aussi n’hésite-t-il point à ravir l’ensemble de leurs ressources vitales dans l’intention malveillante de renforcer son hégémonie destructrice[vi].

Le cancer du racisme et de la ségrégation raciale.

Toute cette violence mortelle ou destructrice exercée par l’Homo sapiens est dictée par trois principes fondamentaux. À savoir : le ‘‘Racisme’’, le ‘‘Matérialisme’’ et le ‘‘Militantisme’’. Ces trois ‘‘maux’’ qui animent, mentalement, psychiquement, l’espèce humaine, constituent, en réalité, des cancers inévitables, mais pas au point d’être forcément incurables. Ces pathologies suicidaires peuvent inéluctablement conduire à long, moyen et court terme à sa propre perte. Et pourquoi pas à sa totale disparition…

La lutte pour la demande de justice et réparations pour les méfaits de l’esclavage et de la traite négrière qui sont, de nos jours, reconnus comme un crime contre l’humanité.

En effet, le ‘‘Matérialisme’’ est la manie humaine de s’identifier à des choses. C’est-à-dire : des biens matériels. Elle est, réellement, cette fâcheuse tendance à se définir strictement par rapport à la [détention] des richesses matérielles. Dans le monde moderne, le ‘‘Capitalisme’’ – théorie fondée sur la détention du capital – qui conditionne, en vérité, le destin de la planète tout entière, a rapidement poussé l’être humain à se définir par rapport au travail qu’il exerce, aux différents revenus qui découlent fort logiquement de ses multiples activités[vii].

L’argent est le nerf de la guerre. Il détermine la puissance matérielle des Nations et le statut social des personnes privées.

Par conséquent, cette notion de possession de la matière a évidemment provoqué, en raison de la rareté ou de l’absence des ressources matérielles, ‘‘l’esprit de vol et de conquête des biens d’autrui par la manipulation[viii] ou la violence physique[ix]’’. Elle a fini par développer chez l’être humain épris de folie l’esprit de privation ou de captation des richesses matérielles. Ce sentiment d’accaparement des biens, de spoliation violente des ressources physiques, est bel et bien perceptible au niveau des collectivités humaines.

Les interprétations fallacieuses du Christianisme occidental ont très largement participé à l’esclavage et à la traite négrière, et surtout très activement contribué à la colonisation des peuples d’outre-mer et aux pogroms des juifs dans le monde.

Afin de justifier cet esprit de conquête ou de domination, de légitimer cet esprit de vol, cet élan de spoliation des ressources matérielles, de captation certes indue des biens d’autrui, l’être humain invente de toutes pièces le ‘‘Racisme[x]’’. À vrai dire, celui-ci repose [fondamentalement] sur la condescendance morale, l’arrogance intellectuelle et la manipulation mentale. Il s’agit, en réalité, de toutes les théories malsaines qui font inévitablement appel aux bas instincts de l’humanité. Celles-ci trouvent leur justification ou leur légitimation dans la ‘‘Religion’’ ou la ‘‘Science’’.

Les sciences sociales et humaines ont joué un rôle capital dans la diffusion et la promotion des idées racistes aux 18e et 19e siècles

Dans les faits, le Racisme consiste à diaboliser l’autre, à l’inférioriser, à l’humilier. Dans cette logique de dépréciation outrancière, il consiste à détruire son prochain dans le but de prendre possession de toutes ses richesses. Il consiste à l’empêcher de s’épanouir, de vivre décemment comme un être humain[xi]. Il consiste à lui nier catégoriquement sa ‘‘dignité’’, sa ‘‘liberté’’. Bref toute aptitude à la vie. En vérité, ce phénomène destructeur consiste à le dépouiller de toutes ses ressources dans le but d’accroître la domination criminelle de l’agresseur visiblement intouchable, de maintenir ad vitam aeternam son statut hégémonique[xii].

Le Nazisme hitlérien fut, à n’en point douter, une des plus grandes catastrophes humaines. Il a provoqué la déportation, la séquestration, le dépouillement et l’élimination physique des millions de Juifs en Europe. Le mémorial d’Auschwitz, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d’Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand) en Pologne, est l’un des symboles marquants et palpables de cette barbarie épouvantable.

Par ailleurs, pour maintenir coûte que coûte le statu quo dans une collectivité où la violence physique sert visiblement d’effet de répulsion à tout changement, l’être humain se résout à promouvoir le ‘‘Militantisme’’. Ce phénomène peut se définir comme la doctrine ou les enseignements qui maintiennent l’humain complètement prisonnier de ses convictions loufoques ou esclave de ses lubies. Par nature, celles-ci conditionnent mentalement sur le terrain son comportement. Elles dictent ses actes, ses gestes. Bref ses attitudes pathologiques.

Les exactions de l’exploitation capitaliste en République démocratique du Congo. Les conséquences atroces de la culture de l’hévéa d’ailleurs en très forte demande par l’industrie automobile à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Les mutilations infligées par la colonisation belge aux autochtones congolais.

Comme il oriente véritablement sa vision, canalise son mental, ce ‘‘Militantisme’’ se manifeste pratiquement sous forme d’activisme. En fait, il s’exprime sous forme de posture sociale. Il se traduit sous forme de ‘‘faits’’ et ‘‘gestes’’ qui corroborent sur le terrain la cohérence des convictions nourries par l’humain, la totale adhésion aux principes lui enseignés[xiii] par des esprits loufoques.

La plus grande faiblesse des plus vieilles démocraties est la tolérance aveugle des idées extrémistes et des groupes néonazis.

Dans l’optique de réhabiliter l’Homo sapiens dans sa vocation naturelle à vivre sur cette planète terrestre, en totale communion avec ses pairs, en complète harmonie avec son environnement, il y a lieu de l’éduquer. Éduquer signifie ici l’informer des dangers de son comportement destructeur. Dans ce contexte salutaire, cela signifie changer radicalement sa perception criminelle de l’autre, sa conception suicidaire de l’environnement[xiv].

La fraternité et la solidarité au cœur des relations humaines et internationales.

Éduquer signifie, en réalité, l’abandon du matérialisme le plus abject au profit de l’essentialisme ‘‘constructeur’’, ‘‘promoteur’’ de l’harmonie et de la concorde, de la fraternité et de la solidarité, de la justice et de la dignité humaine. Il signifie l’acceptation du prochain – gage majeur de sa survie sur cette planète – comme son propre ‘‘reflet’’, comme le ‘‘miroir parfait de sa liberté, donc de sa vie, de sa plénitude’’. Il signifie en tout et pour tout l’appropriation inconditionnelle de la notion d’Amour universel.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen.centerblog.net

www.joelasherlevycohen.over-blog.com

www.joelasherlevycohen1.wordpress.com


[i] Antiquité.

[ii] Ce qui suppose forcément et logiquement à la base la réaction – [fût-elle disproportionnée] – à une action provocatrice.

[iii] Les armes servent non seulement à le défendre mais également à protéger ses ressources jugées vitales.

[iv] Le Nazisme hitlérien lors de la seconde guerre mondiale.

[v] Le génocide, l’esclavage, la traite négrière.

[vi] L’Apartheid sud-africain, le ségrégationnisme sur le continent des Amériques, en Australie et en Mélanésie, les guerres funestes de l’OTAN dans le monde arabo-musulman (Libye, Syrie, Afghanistan, etc.).

[vii] Dans le matérialisme, l’humain se détermine par rapport à l’avoir et non point par rapport à l’être. De ce fait, il se renie lui-même en tant qu’âme qui le rattache aux autres humains. Il ne dispose plus d’âme qui le rattache aux sources intarissables de l’Amour Miséricordieux et Universel. Ainsi devient-il un objet sans âme, sans esprit, sans conscience et sans miséricorde.

[viii] La ruse, la fourberie, la roublardise.

[ix] Les ‘‘stratégies de guerre’’ menées pour contrecarrer le terrorisme islamiste au Sahel procèdent, en réalité, d’une volonté manifestement délibérée de détourner subtilement, subrepticement, les ressources matérielles appartenant, d’ailleurs, aux peuples africains.

[x] Le sentiment de haine pour justifier l’injustice, tous les dérapages dus ou reliés à l’arbitraire, l’idéologie de la haine pour légitimer les abus criminels et épouvantables faits à l’autre.

[xi] Les pogroms des juifs en Europe obéissent à cette logique de spoliation.

[xii] Le Ku Klux Klan aux USA pour opprimer les Africains-américains, l’institution des polices administratives pour traquer les populations ‘‘arabes’’ et ‘‘noires’’ en Europe.

[xiii] Les attentats ou manifestations racistes. Les activités terroristes obéissent elles aussi à la même logique de destruction massive.

[xiv] Éduquer signifie respecter la Nature physique et la Nature humaine. C’est se départir définitivement de l’égoïsme, se débarrasser tous azimuts de l’esprit de convoitise. Celui-ci provoque inutilement, violemment, frictions et exactions, injustices et ressentiments dans les relations humaines.

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