La Belgique et la République démocratique du Congo décident finalement de solder la crise de l’indépendance de l’ex-Congo-Belge.

En effet, le gouvernement du Royaume de Belgique retourne symboliquement à la famille de Patrice Emery Lumumba, (« premier » Premier ministre du Congo), exécuté dans des circonstances troubles, le lendemain de l’indépendance acquise le jeudi 30 juin 1960, une dent lui ayant appartenu.

Un geste fortement apprécié dans les deux pays. Cela est d’autant plus vrai qu’il vient sceller une réconciliation voulue par le Roi Philippe et le gouvernement belge, ainsi que le président de la République démocratique du Congo (Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo) et les descendants de la famille de Patrice Emery Lumumba.

Force est en effet de constater que cette pièce dentaire bien conservée par un de ses bourreaux belges constitue une preuve macabre du lâche assassinat dont il fut l’objet le 17 janvier 1961 à Élisabethville, aujourd’hui Lubumbashi.

Par ailleurs, au cours d’une cérémonie empreinte d’émotions et de solennité, la Belgique, par la voix du Premier ministre Alexandre de Croo, a réitéré ses plus sincères excuses à la famille, au peuple et au gouvernement de la RDC.

De son côté, le gouvernement congolais représenté par le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a accepté le principe de tourner cette page douloureuse.
Pour ce faire, ce plus haut dignitaire a souligné la volonté du Congo de replacer les relations belgo-congolaises sous le signe du renouveau et de la paix, du réchauffement des liens économiques et commerciaux fondés sur un partenariat gagnant-gagnant.

Quant à elle, la famille de Patrice Emery Lumumba salue, par la voix de sa fille unique Juliana Lumumba, le retour de cette pièce dentaire ayant appartenu à l’illustre Congolais pour lui offrir une sépulture digne de ce nom et, ainsi, clôturer une période de deuil qui dure depuis 61 ans.