Les Francs-maçons et l’abolition de la peine de mort

Les Francs-maçons et l’abolition de la peine de mort

‘‘Il n’y a plus de liberté dès lors que les lois permettent qu’en certaines circonstances, l’homme cesse d’être une personne pour devenir une chose.’’

Cesare di Beccaria Bonesana

Par Joël Asher Lévy-Cohen

L’histoire de l’Humanité nous apprend beaucoup, et même très souvent, sur les Francs-maçons ‘‘abolitionnistes de l’esclavage’’, d’ailleurs, considéré de nos jours, dans le monde contemporain, comme un crime contre l’humanité. À cet effet, les figures les plus emblématiques de cette noble initiative sont, bien entendu, le Français Victor Schœlcher, et l’Américain Abraham Lincoln. Dans leurs démarches respectives, ces deux grands Humanistes du 19e siècle étaient, certes, guidés et, surtout, motivés par les principes et notions progressistes d’‘‘Égalité’’ et de ‘‘Dignité’’ justement au cœur de la Fraternité et de la Solidarité humaines.

Victor Schœlcher est un député français d’origine alsacienne. Il a joué un rôle prépondérant dans l’abolition de l’esclavage en France en 1848. En tant que sous-secrétaire d’Etat des colonies nommé par le président François Arago et président de la commission d’abolition de l’esclavage, il a nettement inspiré le décret du 27 avril 1848 qui autorise la libération des esclaves.

À leur époque, ces personnages publics étaient manifestement obnubilés par le principe angulaire de ‘‘Liberté’’ au cœur de la ‘‘Vie’’ d’un Être humain. En tant que Frères de Lumière, ils étaient visiblement animés par l’Esprit de ‘‘Justice’’. Certes. Ils étaient, surtout, animés par l’Esprit d’‘‘Équité’’ au cœur de tout engagement social et culturel.

Le Républicain Abraham Lincoln a joué un rôle déterminant dans l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. Ce qui mettait pratiquement fin aux privilèges économiques des États confédérés du Sud vivant exclusivement de l’agriculture : un secteur d’activité économique employant exclusivement une main-d’oeuvre corvéable à merci. La fin de ce système inhumain préfigurait, avec la victoire écrasante des États du Nord sur les Sudistes lors de la guerre de sécession en 1865, le début de la conquête de vastes zones de prairies du Nord-Ouest et d’immenses territoires désertiques de l’Ouest pour l’exploitation des minerais, tel l’or. Ce qui annonçait, en réalité, la phase de l’industrialisation rapide du pays dans laquelle la machine devait jouer un rôle capital dans l’économie marchande.

Cependant, les Francs-maçons ‘‘abolitionnistes de la peine de mort’’ sont peu connus. Ces Humanistes, pourtant défenseurs ardents des droits humains fondamentaux et sensibles avocats des libertés publiques et individuelles, sont moins mis en exergue. Les projecteurs de l’Histoire sont, en effet, peu braqués sur ces grandes figures quand bien mêmes elles aient joué un rôle majeur, fondamental, incommensurable dans la défense de la Vie interprétée comme ‘‘éminemment sacrée’’ et, surtout, dans la sauvegarde de la dignité humaine.

Cesare Bonesana di Beccaria est une des références intellectuelles du siècle des Lumières dont le discours porte sur l’humanisme. C’est-à-dire : la victoire de l’homme sur la Nature au moyen de la science. Cet aristocrate italien est la figure de proue du mouvement abolitionniste de la peine de mort.

Pourtant, ces humbles et nobles Humanistes qui sont, par essence, de véritables Lumières pour leur époque et leurs communautés, existent bel et bien. C’est assurément l’exemple patent de l’Italien Caesar, Marchese di Beccaria Bonesana, Marquis de Gualdrasco et Villareggio au XVIIIe siècle. À cette époque, cette personnalité est vivement inspirée par nul autre que l’Immortel Charles-Louis de Secondat, dit Montesquieu, Baron de La Brède.

Le Genevois Jean-Jacques Rousseau

En réalité, ce noble aristocratique, juriste de surcroît, fut l’un des tout premiers au siècle des Lumières à contester la légitimité de la peine de mort. Il fut l’un des tout premiers à mettre très sérieusement en doute la pertinence d’une telle punition inhumaine dans la société. À l’instar de ses idées profondément abolitionnistes, ses écrits, notamment en criminologie, n’ont pas manqué d’inspirer bon nombre d’acteurs influents de l’époque des Lumières, qui plus est illustres « Francs-maçons ». Parmi ces sommités, il y a lieu de citer les Français Voltaire, Diderot, le Genevois Jean-Jacques Rousseau et l’Américain Thomas Jefferson.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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