La République démocratique du Congo entre turbulences politiques et violences armées

La République démocratique du Congo entre turbulences politiques et violences armées

La carte politico-administrative de la République démocratique du Congo. Ce pays est divisé administrativement et structurellement en 26 provinces dans le cadre de la décentralisation.

L’enjeu politico-électoral du mercredi 20 décembre 2023

La consolidation de l’indépendance nationale et la fin abrupte du régime de tutelle extérieure

‘‘La liberté est le trésor de la vie’’ Yann Feliz

Par Joël Asher Lévy-Cohen

La République démocratique du Congo est indépendante depuis le jeudi 30 juin 1960. Mais, force est de constater que cet État géant et richissime au cœur du Continent africain a vraiment eu beaucoup de mal à s’accommoder du régime démocratique[i] en raison de l’immixtion étrangère dans les affaires domestiques[ii]. Il y a lieu de remarquer que cette implication sévère de puissants intérêts internationaux dans la vie nationale a eu pour effet la permanence de la tyrannie[iii]. Fondée sur l’arbitraire et le totalitarisme, celle-ci fut officiellement inaugurée par le soudard Joseph-Désiré Mobutu[iv] le 24 novembre 1965 dans l’optique de confisquer tout l’avenir du pays au profit exclusif de l’Occident chrétien.

Le drapeau de la République démocratique du Congo

Ce régime privatif de liberté qui découle évidemment de l’univers militaire postcolonial, a naturellement connu un terme – [non point définitif] – le samedi 17 mai 1997 à la faveur d’une rébellion armée, d’ailleurs, nourrie par la haute finance et le gotha ‘‘industriel’’ et ‘‘minier’’. En effet, celui-ci a été rapidement remplacé et perpétué pendant une vingtaine d’années par un autre régime éteignoir du droit et de l’équité, de la justice et de la dignité humaine que représente, bien sûr, la dynastie révolutionnaire des Kabila Sr et Jr. Cette perpétuation a [malheureusement] eu pour conséquence dramatique ‘‘la fossilisation de l’État postcolonial, la caporalisation des institutions politiques et administratives, la liquidation de la Nation héritée de la période d’indépendance et, surtout, la mise à mort délibérée de l’entreprise démocratique en tant que pouvoir et expression souveraine de la population, la liquéfaction des entreprises publiques, etc.’’.

Il sied de souligner que cette strangulation de la démocratie politique, pourtant réclamée à cor et à cri par l’ensemble des Congolaises et Congolais, s’est opérée par le truchement du processus électoral. En effet, les scrutins triplement tenus en 2006, 2011 et 2018 en vertu du processus intercongolais de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003, lequel a fini par offrir une prépondérance aux forces belligérantes, n’ont jamais eu pour finalité la désignation des Représentants du Peuple en vue de servir ses intérêts primordiaux ou ceux immédiats du sanctuaire national. En fait, ces opérations électorales très nettement travesties par la Communauté occidentale et, surtout, enveloppées de pluralisme partisan avaient stratégiquement pour objectif la fabrication d’une classe politique d’aventuriers et de condottieri. Il importe de relever que tous ces mercenaires sont naturellement voués au service exclusif de puissants intérêts maffieux tout à fait connus pour leur amour sans borne de l’affaissement de l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo.

L’UDPS est un parti dominant sur l’échiquier politique de la République démocratique du Congo. Dirigée et encadrée par le secrétaire général Augustin Kabuya, cette formation politique fondée le 15 février 1982 se met en ordre de bataille pour les prochaines échéances électorales du mercredi 20 décembre 2023.

C’est naturellement dans ce contexte de survie ou de mort pour la Nation que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) accepte de participer aux joutes électorales de 2018. En effet, cette formation menée dans les circonstances par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) accepte de participer à ces scrutins en vue de sauver une collectivité publique en voie de disparition. D’ailleurs, celle-ci est manifestement sacrifiée par une classe politique véreuse et mentalement atrophiée. Elle est démantibulée par une violence armée indicible dont la saine réputation est de saper tous azimuts les fondamentaux d’un État reconnu diplomatiquement par ses pairs internationaux.

C’est pratiquement dans cet esprit de réhabilitation de la République démocratique du Congo que FATSHI prend finalement les rênes du pouvoir le jeudi 24 janvier 2019, et ce au terme d’une élection présidentielle contestée par un conglomérat de mercenaires – au service des Transnationales d’extraction occidentale – et des pupilles de la Communauté internationale. Il importe de mentionner que cet esprit de résurrection tous azimuts de cet État majestueux et richissime de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains constitue, en réalité, la boussole de toute son action politique et dirigeante, et ce dès sa prise de fonction officielle. Pour, ainsi, affermir la concorde politique décisive à la cohésion nationale, cela passe nécessairement par la décrispation et même la coexistence politique au plus haut sommet du pouvoir et de l’État entre forces nationales habituées plutôt à se regarder en chiens de faïence.

Le secrétaire général de l’UDPS Augustin Kabuya a la lourde tâche de mener le parti à la victoire et de conserver le pouvoir pour une mandature de cinq ans.

Cela passe évidemment par la revalorisation de l’Institution judiciaire naguère dévitalisée par le despotisme ou l’autoritarisme, le césarisme ou l’absolutisme. À cet effet, le juge en tant que pouvoir organique et autorité de l’État républicain est décrété ‘‘gardien de la morale publique’’. Redevenu ipso facto un acteur primordial puisque placé au cœur de la société, il est reconnu ‘‘garant des libertés individuelles et collectives’’. Par ailleurs, la population censée [sensée] pleinement jouer le rôle de contrepoids politique dans le cadre d’une démocratie pluraliste, se voit définitivement reconnaître la qualité de souverain primaire. À ce titre, le nouveau pouvoir de FATSHI l’encourage à adopter politiquement un comportement de revendicateur des droits ‘‘démocratiques’’ autant que ‘‘sociaux’’. Il l’encourage même à sanctionner durement ses propres représentants – quoi que légitimes sur papier – siégeant au sein des institutions nationales ou locales sujettes à élection.

Le parlement qui fait office de Nation souveraine et qui représente institutionnellement la population, est plutôt appelé à s’affranchir des intérêts politiques et partisans en vue de mieux protéger la société, de mieux sauvegarder sa liberté et son autonomie, de mieux servir le Peuple tout entier[v]. L’idéologie de la performance et de l’efficacité managériale, d’ailleurs, propre à la sphère privée et l’univers économique devient subitement le langage approprié des institutions gouvernementales et administratives dans strict but de générer des revenus substantiels au profit des collectivités publiques, fussent-elles périphériques ou centrale[vi]. Le phénomène de corruption qui a littéralement paralysé la vie de la Nation depuis des lustres – depuis l’ère glaciaire du Mobutisme ravageur – devient la bête noire des autorités publiques et administratives pour sa nette propension à favoriser le sous-développement[vii].

La restauration de l’État de la République démocratique du Congo, ainsi que de toutes ses entités publiques, est le leitmotiv du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI).

Cet esprit de réhabilitation ou de résurrection de la République démocratique du Congo, d’ailleurs, mis en avant par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) finit, en vérité, par courroucer bon nombre d’intérêts internationaux, à plus forte raison ‘‘occidentaux’’. Il sied de noter que ceux-ci sont accoutumés à transiger avec un personnel politique et administratif local peu regardant des intérêts nationaux. Ces derniers adorent visiblement un Congo à genoux, grabataire, continuellement sous perfusion humanitaire. Ces puissances exogènes qui promeuvent l’infiltration de toutes les institutions nationales par des mercenaires étrangers, ne tolèrent aucunement un Congo debout, dont le discours ambiant est, plutôt, le développement économique de la Collectivité étatique associé au progrès social du Citoyen. Elles ne tolèrent nullement un Congo libre et prospère, digne et juste, dont la doctrine officielle est, à vrai dire, l’industrialisation de son espace vital afin d’en faire une puissance émergente au cœur de l’Afrique moderne et indépendante.

le leadership de FATSHI est fortement apprécié par ses pairs en Afrique. Sur le continent, son discours promouvant les droits fondamentaux de la personne humaine met un accent particulier et singulier sur la paix et les négociations politiques en vue d’épargner les souffrances injustement infligées à la population.

Dans le but de freiner l’élan présidentiel de FATSHI s’appuyant fort substantiellement sur le Nationalisme congolais[viii], d’ailleurs, hérité tout droit des pères de l’indépendance et du lumumbisme historique, ces puissants intérêts exogènes mettent évidemment à contribution des puissances régionales anticongolaises. Le rôle leur imparti est de servir de souffleurs de braise dans le cadre des conflits violents. Ceux-ci réactivent rapidement toutes les forces négatives ou terroristes qui essaiment, d’ailleurs, impunément dans l’Est du territoire national. En réalité, ces dernières ont pour mission d’occuper les zones qui regorgent des ressources autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques. Aussi ont-elles pour mission d’expulser de l’Afrique centrale les intérêts économiques et financiers sino-soviétiques tout en maintenant sur le plan purement interne, fortement – pour ne pas dire violemment – la pression du démembrement territorial[ix].

Parmi les autres objectifs poursuivis par ces puissances exogènes par le canal de leurs sbires, fussent-ils mercenaires locaux et étrangers, forces négatives et terroristes, c’est la perturbation violente du processus électoral qui doit [normalement] culminer par des scrutins légitimes tenus le mercredi 20 décembre 2023[x]. Par cette stratégie mesquine, ces intérêts extérieurs veulent, en vérité, conduire précipitamment le pouvoir en place à des séries interminables de pourparlers avec quelques familles de l’opposition politique et sociale. Force est de constater que celles-ci ‘‘adoubées par la hiérarchie catholique romaine et locale’’ sont strictement placées aux ordres de l’étranger en vue de partager des postes politiques, administratifs et gouvernementaux. En réalité, cette stratégie leur permet de sauvegarder, au nom de leurs commanditaires cyniques et soutiens maffieux, l’architecture ‘‘politique’’ et ‘‘institutionnelle’’ directement issue du processus résolument vicié de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003[xi].

Le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dit FATSHI Béton, a été élu à la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Le mercredi 20 décembre 2023, il remettra en jeu son tablier pour un second mandat de cinq ans. Pour l’instant, il demeure indétrônable vu sa communion avec la population qui apprécie énormément son action politique, administrative et gouvernementale.

Ce qui est clair, l’obsession de FATSHI de ressusciter un État comateux, est à la base de la contre-réaction des membres influents de la Communauté occidentale de replonger la République démocratique du Congo dans la spirale du chaos et de l’anarchie favorisant la spoliation éhontée du pays[xii]. Concrètement, cela signifie que les convulsions actuelles que vit péniblement la République démocratique du Congo, résultent du refus poli mais ferme de ce président de sacrifier l’ensemble de son Peuple, de brader l’État, d’en faire un marchepied scandaleux de puissants intérêts extérieurs[xiii]. Tous ces troubles convulsifs résultent, surtout, de la redéfinition de la place de cet État majestueux et richissime dans le concert des Nations par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo[xiv].

En d’autres termes, toutes ces contractions sévèrement et matériellement vécues par la République démocratique du Congo sont dictées par la crainte injustifiée et illégitime de grandes puissances occidentales de voir balayer lors de prochaines échéances électorales la cohorte de leurs pupilles et mercenaires que la population ne veut pratiquement plus revoir sur l’échiquier politique et national. Donc, ceci revient à dire que ces turbulences politiques et violences armées commanditées de l’extérieur visent à renvoyer aux calendes grecques la tenue de scrutins tant attendus par la population. En effet, celle-ci a vraiment soif de goûter à sa liberté et à son épanouissement. Elle a réellement besoin, vraiment soif de jouir de l’ensemble de ses richesses minières et naturelles visiblement confisquées par des puissances occidentales.

Au Peuple congolais de prendre toutes ses responsabilités.

À l’UDPS de l’y conduire.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] La démocratie exige, certes, la pluralisation partisane et la tolérance politique.

[ii] Il s’agit de l’ingérence décriée de la ‘‘Troïka’’ : Belgique, États-Unis et France.

[iii] Aujourd’hui, l’interventionnisme tyrannique étranger en République démocratique du Congo est directement exercé par des représentants diplomatiques. Entre autres de l’Union européenne (UE) et des Etats-Unis (USA). Y compris la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) par le truchement de la représentante du secrétaire général de l’ONU António Manuel de Oliveira Guterres, alias António Guterres, en l’occurrence Mme Bintou Keita de Guinée-Conakry. Spécifiquement pour cet organisme onusien pourtant chargé de pacifier l’Est de la République démocratique du Congo, la population congolaise l’accuse de connivence avec les forces négatives et terroristes qui portent atteinte à la vie et aux droits des citoyens paisibles. Aussi l’accuse-t-elle de participer activement à la contrebande des matières premières au détriment de la RDC. Elle lui reproche également d’abuser sexuellement des femmes congolaises sans défense.

[iv] Il est devenu, plus tard, Mobutu Sese Seko kuku Ngbendu wa za Banga du Zaïre à la faveur de la doctrine nationale et de la révolution culturelle de l’Authenticité mise en orbite en 1971.

[v] Dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation (USN), un appel de responsabilité politique et civique est directement lancé à tous les députés en vue de faire passer l’intérêt supérieur de la Nation et du Peuple avant toute autre considération politique par le président de la chambre basse Christopher Mboso Nkodia Pwanga. Dans un autre registre, cet appel explicite vise principalement les Représentants de la Nation qui entretiennent des rapports de proximité avec des forces rebelles locales ou étrangères armées au détriment de l’État en vue de bénéficier d’une ristourne en termes de contrebande de matières premières.

[vi] C’est l’obsession du gouvernement des Warriors dirigé par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge.

[vii] Pour endiguer l’absentéisme administratif et le détournement des deniers publics qui font naturellement perdre une fortune colossale à l’Administration publique et à l’État, l’Inspection générale des finances (IGF) est réactivée. Cette institution qui permet à l’État de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence administrative, devient le fer de lance de la moralisation publique des fonctionnaires ou agents publics.

[viii] L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) trouve son ‘‘fondement idéologique et sa légitimité politique’’ dans la lutte historique contre la tyrannie ‘‘meurtrière, négrière et prébendière’’ en tant que cheval de Troie bâillonnant l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo, sacrifiant sauvagement sur l’autel des puissances internationales et des intérêts maffieux autant la souveraineté et la prospérité de la Nation que la liberté et la dignité du Peuple.

[ix] ‘‘Qui contrôle la République démocratique du Congo, contrôle bien entendu le monde entier. Il s’arroge, par conséquent, la puissance de diriger en permanence la planète Terre. Il s’assure un leadership sans limite’’.

[x] L’Ensemble pour la République de l’affairiste Moshe Nissim Soriano D’Anagno, autrement désigné Moïse Katumbi Chapwe (le chouchou de la communauté internationale et de puissants intérêts maffieux), et l’Engagement citoyen pour le développement (ECIDé) de Martin Fayulu Madidi misent sur la violence politique en vue de paralyser l’action politique et gouvernementale de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ces formations partisanes tablent fréquemment sur les affrontements physiques afin d’accéder au pouvoir d’État. Force est d’admettre que leur comportement pourtant antidémocratique n’est jamais reproché ni condamné par la Communauté internationale.

[xi] Ce processus de négociations politiques intercongolaises menées à Pretoria et à Sun City, en Afrique du Sud, est, sans l’ombre d’un doute, officiellement à l’origine de la mise sous tutelle de la République démocratique du Congo.

[xii] C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le lâche assassinat du regretté ministre des Transports Chérubin Okende Senga. En effet, l’objectif poursuivi par cet évènement odieux était la provocation des affrontements interethniques dans le centre de la République démocratique du Congo et le soulèvement de la population en vue de favoriser la partition des régions de l’Est du pays. Les architectes de ce plan tablaient sur le manque de réactivité du gouvernement totalement piégé par l’insécurité à l’Est et la déstabilisation à l’Ouest.

[xiii] Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) se retrouve dans la même situation que l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, alias Titide, le père des pauvres et miséreux s’entassant dans des bidonvilles du pays, dont le pouvoir reposait essentiellement sur des piliers populaires. À la seule différence que les mouvements populaires haïtiens vivant exclusivement de l’aide extérieure ont été délibérément manipulés par des puissances extérieures (Paris et Washington) pour renverser le régime de Port-au-Prince plaidant régulièrement pour le partage des richesses nationales au profit des plus démunis de la société. Alors qu’en République démocratique du Congo, cette perspective de neutralisation des institutions politiques et administratives est fortement éloignée en raison du parfait quadrillage du pays par l’UDPS en tant qu’avocat et justicier, soldat et révolutionnaire de la liberté du Peuple.

[xiv] Les richesses matérielles et humaines de la République démocratique du Congo ont toujours fait, et ce depuis la naissance du capitalisme économique et financier au 19e siècle, le bonheur des seules et uniques puissances occidentales. Depuis son avènement politique, le jeudi 24 janvier 2019, le président FATSHI est résolu à faire bénéficier de toutes ces ressources nationales leurs propriétaires légitimes que sont incontestablement les Congolaises et les Congolais. Une telle perspective ne plaît aucunement aux diverses puissances occidentales dont la pratique est de maintenir coûte que coûte la République démocratique du Congo dans un état de pauvreté chronique, de misère exécrable pour sa population, au pire dans le chaos permanent au travers des régimes pilotés et incarnés par des mercenaires de tout acabit.

Tragédie ukrainienne et Suicide européen

Tragédie ukrainienne et Suicide européen

Dès les premières heures de l’intervention militaire russe sur le territoire ukrainien le 24 février 2022, l’Union européenne (UE) a manifesté son soutien total au peuple ukrainien.

L’empire du ‘‘Néolibéralisme global’’ en pire

‘‘Le capitalisme (le marché) n’a ni conscience ni miséricorde.’’

Octavio Paz Lozano, Prix Nobel de littérature 1990

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

La fin de la guerre froide en 1989 suivie de la chute du communisme soviétique en 1991 a consacré les États-Unis la seule et unique superpuissance planétaire. Cette position privilégiée a permis à cet immense pays dont le messianisme est le liberté, d’imposer un nouvel ordre mondial substantiellement fondé sur la globalisation marchande.

Depuis le 24 février 2022, le monde dans lequel nous vivons, a complètement basculé. En effet, pendant une trentaine d’années, c’est-à-dire depuis la chute historique du mur de Berlin dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 suivie du démantèlement du communisme soviétique en décembre 1991, la planète Terre vivait sous l’empire du dictat unipolaire de Washington. Pour la circonstance, devenus la seule et unique superpuissance, les États-Unis pouvaient, donc, imposer aisément leur volonté au reste du monde sans pour autant rencontrer une quelconque résistance. N’ayant pratiquement plus d’opposition militaire et de contradiction idéologique en face, ceux-ci pouvaient donc imposer un nouvel ordre mondial qui obéissait pratiquement à leur vision fantasmatique.

La guerre en Ukraine oppose les forces de l’OTAN et de l’Union européenne (UE) aux forces russes

Toutefois, la guerre en Ukraine qui implique manifestement l’intervention militaire de la Russie dans le but de stopper les velléités d’extension de l’OTAN au-delà du tristement célèbre rideau de fer, est venue porter un coup d’arrêt brutal à cette démarche unipolaire. En effet, sur le plan purement géopolitique, ce conflit ukrainien en ébullition sur le sol du continent européen, a sonné contre toute attente la révolte des pays progressistes et États du Tiers-Monde complètement adossés au couple sino-russe. Force est de constater que la majorité de ces États de la planète rejettent systématiquement et automatiquement cette vision du monde injustement et brutalement véhiculée par les USA. Celle-ci repose, en effet, sur les atteintes récursives au droit international, pourtant sur papier garant de la paix entre les Nations et de l’harmonie entre les Peuples.

En fait, tous ces pays reprochent sévèrement à Washington de faire littéralement fi des résolutions adoptées par l’Organisation des Nations unies. Ils lui reprochent de piétiner sauvagement la liberté des Peuples et, donc, de faire litière de la démocratie au cœur de la vie des Nations. Aussi lui reprochent-ils d’écrabouiller sans véritablement se soucier la justice et les droits humains fondamentaux. À ce titre, ceux-ci plaident ouvertement en faveur d’un monde multipolaire afin de garantir leur propre sécurité, donc assurer leur propre liberté[i].

La guerre en Ukraine a permis à la Russie de remettre en cause l’ordre mondial unipolaire incarné par les États-Unis.

Ce qui est clair, la guerre en Ukraine a très largement ouvert la voie à une confrontation – pour l’instant à distance – entre les États-Unis et la Russie, deux puissances nucléaires. Ce qui fait naturellement craindre, en cas d’une confrontation somme toute directe voire chaude, l’extinction de la Vie sur cette planète Terre. Sur le plan doublement géopolitique et géostratégique, l’objectif primordial de cet affrontement armé qui ne dit pas son nom, est du point de vue de Washington l’effondrement du régime moscovite dans l’optique de mettre la main sur toutes les ressources stratégiques et vitales de la Russie dirigée par nul autre que l’ex-agent du KGB, Vladimir Vladimirovitch Putin.

Pour Vladimir Vladimirovitch Putin, l’Ukraine devenue l’otage des forces extrémistes, terroristes et nazies soutenues par l’OTAN et l’Union européenne (UE) constitue une sérieuse menace existentielle pour la Russie.

Toutefois, du point de vue de la Russie, d’ailleurs manifestement confrontée à sa survie en raison de son encerclement provoqué par Washington depuis la fin de la guerre froide, l’objectif fondamental de cette conflagration armée est bel et bien ‘‘la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine sanctuarisée par de puissants intérêts antirusses[ii]’’. À vrai dire, il demeure ‘‘la neutralité politique et idéologique de l’Ukraine que l’OTAN cherche coûte que coûte à transformer en poste avancé de l’Occident contre la Russie’’. Il convient de mentionner que cette ancienne république soviétique qui a, certainement, acquis son indépendance politique et administrative de Moscou en 1991, est évidemment parrainée par des États membres de l’Union européenne (UE) et des pays faisant partie intégrante de l’Organisation du Traité de l’Alliance Atlantique Nord (OTAN).

Volodymyr Oleksandrovych Zelenskyy dans la peau de chef de guerre décidé à libérer son pays de griffes de l’ours russe.

Ce qui doit évidemment alerter l’opinion publique internationale, ce conflit militaire entre l’Occident et la Russie, – lequel a pris son essor en 2014 et non point en février 2022 –, a déjà livré l’Ukraine aux mains des Multinationales américaines. À l’instar d’imposants mastodontes tels que ‘‘DuPont de Nemours’’, ‘‘Cargill’’ et ‘‘Mosanto’’[iii], celles-ci ont manifestement accaparé les terres arables et fertiles[iv] de cet immense voisin, et d’ailleurs archi-convoité, de l’ours russe avec la conjuration du célèbre chef de guerre ukrainien Volodymyr Oleksandrovych Zelenskyy. Cette captation, d’ailleurs, digne du Far West s’est opérée contre la volonté expresse des opérateurs agricoles locaux et de la classe paysanne ukrainienne. Ceux-ci avaient, réellement, exprimé dans ce dossier sensiblement chaud et extrêmement vital pour le pays leur fin de non-recevoir.

Les terres agricoles ukrainiennes riches en matières organiques et minéraux sont extrêmement convoitées par des multinationales américaines.

Par ailleurs, il se murmure à haute voix que la reconstruction de l’Ukraine déjà dévastée par l’opération militaire russe a été totalement confiée à la fameuse firme BlackRock. Cette compagnie américaine est plutôt connue pour être une société de gestion d’actifs. Il importe de souligner que son chiffre d’affaires est pratiquement l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) réuni de trois plus grandes économies de l’Union européenne (UE). À savoir : l’Allemagne, la France et l’Italie.

Dans ce dossier, la reconstruction de l’Ukraine a été estimée par la Banque mondiale (BM) à hauteur de 349 milliards de dollars US. Cependant, pour Larry Flink, le président de BlackRock, cette opération pourrait réellement capter voire drainer des investissements financiers de l’ordre de 750 milliards de dollars. Ce chiffre colossal est pratiquement le double imaginé ou projeté par cette institution financière sise à Washington. Force est de relever que cette prévision financière ou cette évaluation monétaire a été annoncée au Forum économique de Davos qui est, par essence, la Cathédrale du Néolibéralisme et la Chapelle du Mercantilisme global en janvier 2023[v].

BlackRock, une société gestionnaire de fonds de pension, s’est positionnée parmi les firmes américaines et européennes chargées de la reconstruction de l’Ukraine.

Ce qui est sûr, ce conflit militaire meurtrier est marqué par le détournement massif de l’aide militaire occidentale directement destinée à l’Ukraine. Il est également marqué sur le théâtre des opérations militaires par l’effondrement de l’armée ukrainienne incapable de supporter le rythme imposé par la machine de guerre russe. Il est surtout marqué, au-delà du nombre certes incalculable d’annonces spectaculaires des médias mainstream, par l’insignifiance des matériels militaires offerts par l’OTAN et par l’Union européenne (UE) à leurs alliés ukrainiens[vi].

Le conflit militaire russo-ukrainien a renforcé la mainmise des États-Unis sur l’Europe continentale, plus particulièrement et plus singulièrement sur leurs alliés de l’OTAN et de l’Union européenne (UE).

Ce qui est certain, ce conflit militaire en Ukraine est en soi, du point de vue stratégique, une aubaine pour les États-Unis. En effet, cette guerre leur permet de mettre à tout prix à genoux l’Europe. À défaut de vraiment détruire la Russie, elle leur permet de placer ce vieux continent sous leur parapluie sécuritaire et, par conséquent, nier son indépendance idéologique ou son autonomie politique. Elle leur permet d’éloigner – à moindres frais pour les Européens mais à coûts exorbitants pour les Ukrainiens[vii] – le spectre d’une réunification tant redoutée de l’Allemagne, moteur de l’Union européenne (UE), et de la Russie. Aussi leur permet-elle de détruire cyniquement l’économie et le social de l’Europe en provoquant artificiellement par la montée vertigineuse du prix de l’énergie, dont principalement le gaz, – et subsidiairement le pétrole –, le transfert des entreprises européennes vers l’Outre-Atlantique où l’énergie se négocie encore à bas prix de nos jours.

Les BRICS dont le discours est le multilatéralisme, sont devenus une alternative à l’ordre unipolaire américain.

Ce qui est sûr et certain, le conflit militaire ukrainien a fait découvrir au reste du monde le véritable visage de l’occident. En tant que sphère d’influence planétaire, celui-ci a perdu toute crédibilité politico-diplomatique et toute légitimité morale en raison de sa duplicité[viii]. Contrairement à la propagande idéologique ambiante, d’ailleurs, distillée par les médias mainstream, l’occident ne fait pratiquement plus rêver. Il suffit simplement de voyager dans les quatre coins de la planète Terre pour s’en rendre naturellement compte. Par voie de conséquence, l’occident est-il encore de nos jours un véritable pôle civilisationnel dont les valeurs fondamentales et les principes directeurs sont, à vrai dire, la justice, la paix, la liberté, la démocratie, la dignité humaine ? Dans ses propres frontières, incarne-t-il encore ses idéaux humanistes ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Le rejet de la vision unipolaire américaine s’explique par la destruction délibérée de la Syrie et de la Libye pour des raisons géostratégiques (le gaz et le pétrole), par le piétinement du droit international dans les cas spécifiques de la Serbie sauvagement bombardée sans mandat de l’ONU, de l’Irak et de l’Afghanistan dont les territoires nationaux ont été militairement envahis pour des raisons géopolitiques (la recomposition du grand Moyen-Orient, la mainmise sur le pétrole irakien, la mainmise sur les artefacts archéologiques de l’ancien empire babylonien, la captation des quantités d’or détenues par la banque centrale irakienne, le commerce du pavot afghan, les débouchés sur le trafic du lithium dans le désert afghan), etc.

[ii] Ceux-ci sont d’extraction doublement ‘‘otanienne’’ et ‘‘européenne’’.

[iii] https://multinationales.org/fr/actualites/l-agriculture-ukrainienne-livree-aux-multinationales.

[iv] Le tchernoziom ukrainien est une forte épaisseur de terre fertile et noire (de 1 à 6 mètres) contenant des matières organiques et des minéraux tels que le phosphore et la potasse. Ce qui entraîne effectivement que les agriculteurs limitent drastiquement les apports azotés et l’usage des engrais chimiques pour assurer de meilleures récoltes.

[v] https://www.tf1info.fr/international/la-reconstruction-de-l-ukraine-aiguise-deja-l-appetit-des-investisseurs-et-blackrock-larry-fink-a-davos-2245510.html.

[vi] Cette insignifiance est mesurée en termes de quantité tout comme en termes d’efficacité sur le terrain des opérations armées. Par conséquent, au-delà de la rhétorique ressassée à longueur de journée dans les médias, l’OTAN et l’Union européenne (UE) souhaitent-ils vraiment la victoire militaire de l’Ukraine ?

[vii] Pour le président américain Joe Biden, ‘‘le Monde libre et démocratique doit se battre jusqu’à la dernière goutte du sang ukrainien’’. Une telle formule ne peut que présager une guerre intense et longue.

[viii] Soutien militaire massif à des groupes extrémistes, terroristes et nazis en Ukraine, appui politique et diplomatique à un gouvernement de tortionnaires qui tue ses propres concitoyens en raison de leurs origines ethniques, promotion de l’idée d’arrestation du Russe Vladimir Vladimirovitch Putin pour crimes de guerre, crime de génocide et crimes contre l’humanité. Pourtant, bien des dirigeants occidentaux sont comptables de mêmes infractions au regard du droit pénal international (DPI). Ceux-ci circulent très librement dans les capitales des pays démocratiques et donneurs de leçon de morale internationale. À ce niveau, motus bouche cousue. La politique de l’autruche bat malheureusement son plein.

Le grand retour de la tyrannie

Le grand retour de la tyrannie

Le tyran est un être hideux dont la volonté manifeste consiste à semer coûte que coûte la mort mentale et physique autant de l’individu que de la société.

Sécurité menacée et Justice bâillonnée, Paix emprisonnée et Libertés piétinées

‘‘De la peur de tous naît, sous la tyrannie, la lâcheté du plus grand nombre.’’ Vittorio Alfieri, De la tyrannie

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Être dictateur n’est pas en soi une profession. Comme pourrait véritablement l’être celle d’avocat, de pharmacien, de médecin, d’architecte ou de journaliste. C’est, plutôt, une prédisposition mentale. C’est, en réalité, un état d’esprit qui ramène, d’ailleurs, au stade animal l’être humain obnubilé par le phénomène du pouvoir, par la puissance publique en tant qu’exercice du pouvoir au sein d’une société et moyen de domination des individus ou groupe d’individus. En fait, il s’agit là d’un état d’esprit qui réduit systématiquement et automatiquement au niveau de la bête ni plus ni moins féroce un être humain guidé par des pulsions dévastatrices et aveuglé par des phantasmes délirants.

La dictature est une profession de foi.

Être dictateur n’est pas un métier que l’on apprend assidûment dans une école des arts et métiers. Loin de là ! C’est, dans la vraie vie, un exercice psychique qui consiste à revêtir la peau d’une entité hideuse. À y regarder vraiment de très près, celle-ci est amputée de toute conscience salvatrice. C’est, donc, une disposition constitutive de personnalité humaine. Celle-ci se traduit par le déséquilibre mental. C’est en soi une opération psychologique qui consiste à pactiser avec le Mal en vue de détruire la liberté qu’est, par essence, la Vie ou encore la véritable puissance de création qui fait naturellement de l’Humain un acteur de sa propre vie.

La destruction de l’humain et de son environnement est le véritable langage du dictateur.

En effet, la plus grande caractéristique d’un dictateur patenté, donc un tyran aguerri, est évidemment sa très nette propension à saccager tout ce qu’il voit, tout ce qu’il palpe, tout ce qu’il entoure. En fait, le saccage en tant qu’entreprise et comportement constitue pour lui la mère de sûreté. En tant qu’état d’esprit qui se traduit par le délire permanent, la dictature pousse à massacrer la paix et l’harmonie qui constituent, pourtant, le socle sur lequel s’appuie fermement la société. À cet effet, le dictateur recherche coûte que coûte la guerre. Il recherche à tout prix la confrontation physique qui n’est pas du tout censée faire l’économie de la Vie. Et, d’ailleurs, ôter la vie est une ‘‘lubie’’ pour lui.

Or, le propre d’une conflagration armée, donc la confrontation physique visiblement teintée de violence physique et indicible, est d’engendrer de manière permanente le chaos et l’anarchie. C’est de mettre résolument le monde sans dessus dessous. C’est, en réalité, de provoquer littéralement la misère et la pauvreté dans l’environnement social. Celles-ci affectent bien sûr le moral de l’humain. Aussi affectent-elles sa santé physique. Donc, elles le détruisent à petit feu dans la mesure où elles reposent essentiellement sur la privation.

La paix des cimetières est le seul objectif poursuivi par le dictateur.

Dans la violence générée par la dictature, il y a privation de vivre dignement. Privation de vivre dans la sécurité et la justice. Privation de vivre paisiblement et harmonieusement. Privation du plaisir, du bonheur et de la joie. Cela se traduit, certes, par l’augmentation exponentielle de l’anxiété, par la permanence du stress.

De nos jours, la dictature est, à n’en point douter, une passion voire même une vocation. Elle est, à vrai dire, une passion brûlante, dévorante parce que ses adeptes très souvent atteints d’autisme ne visent qu’à imposer leur seule et unique volonté. Très souvent contre vents et marées. Ceux-ci ne cherchent qu’à imposer, au moyen de la contrainte, une vision du monde qui est, par définition, le fruit de leurs phantasmes ou qui est, sans conteste, le produit de leurs intérêts mesquins.

La zombification de la société est la passion du dictateur.

Aussi cette dictature est-elle très concrètement une vocation puisqu’elle n’attire que des individus qui n’ont naturellement aucune considération de la loi. Il s’agit, bien entendu, de la règle qui a toujours gouverné la collectivité publique. Ce phénomène n’attire que des individus qui piétinent sans conscience, ni regret ni repentance la morale et la foi au nom de puissances occultes ou intérêts mesquins. Il n’attire visiblement que des individus qui ont perdu tout contact avec le réel. Des individus qui s’enferment dans une bulle et nient leur propre être ou leur propre existence. Des individus dont le seul et unique salut pour se faire entendre est la force physique.

Le plus bel exemple de cette dictature qui n’est même plus rampante mais expressive, est l’imposition générale de la vaccination au mépris de la volonté individuelle ou collective. C’est aussi la répression aveugle des manifestations pacifiques qui revendiquent pourtant la prise en compte des droits fondamentaux et inaliénables de la multitude. C’est à vrai dire la pression constamment exercée sur des acteurs devenus gardiens de leurs destinées propres et de celle de la société. C’est la pression constamment exercée sur des acteurs de conflits afin de ne pas négocier de bonne foi une paix armée ou issue de pourparlers diplomatiques, qui a indubitablement pour effet de faire taire définitivement les armes et, finalement, mettre un coup d’arrêt au désordre et à la déstabilisation des communautés humaines et vivantes.

Pour le tyran, la société n’est pas une collectivité dans laquelle les Humains interagissent pour le bonheur des uns et des autres, pour leur épanouissement individuel et collectif. C’est plutôt un vaste mirador, une immense prison à ciel ouvert dans laquelle la liberté n’existe point. Celle-ci est simplement comprimée, écrabouillée.

De nos jours, la dictature est manifestement de retour parce qu’elle se manifeste auprès des dirigeants qui ne tiennent pratiquement pas leurs promesses. Elle se manifeste auprès des dirigeants tenus par la volonté de satisfaire coûte que coûte la voracité et la boulimie de leurs soutiens obscurs dont les intérêts s’opposent violemment à ceux de la société. Elle se manifeste bruyamment auprès des dirigeants qui ont complètement perdu le sens d’humanité en tant que faculté de voir dans l’autre son propre miroir, en tant que réflexe ou capacité de vivre en totale harmonie avec son prochain.

La dictature est résolument de retour parce qu’elle s’exprime dans un contexte de crise où la société a visiblement perdu tout repère moral et toute référence spirituelle. S’appuyant substantiellement sur la fameuse notion de fragmentation (division parcellaire des blocs et opposition violente des agrégats sociaux), elle s’exprime aisément dans un contexte où l’égoïsme a nécessairement pris le pas, plutôt le dessus, sur le solidarisme. Elle évolue dans un contexte social où l’individualisme a complètement étouffé le principe de fraternité. Elle s’exprime, sans crainte et sans contradiction, dans un contexte sociétal où la licence d’abêtir l’Humain est réellement devenue la norme. Elle s’exprime dans un contexte environnemental où le permis d’abrutir l’être est gracieusement offert, distribué à quiconque participe à la déstructuration mentale de sa communauté, donc contribue par son égarement et son inconscience à la destruction de l’identité et de la personnalité animique de la collectivité[i].

La propagande idéologique est un instrument de contrôle du mental des Citoyens dans une société totalitaire fondée essentiellement sur l’uniformisation du discours social.

Force est de constater que la dictature s’impose par la falsification délibérée de la vérité. Y compris la dénaturation de la science et le détournement de l’histoire. Pour ce faire, le terme  »complotisme » est inventé. Il est, surtout appliqué, – [dans l’unique but de les disqualifier] -, à celles et ceux qui éclairent leurs congénères délibérément maintenus dans l’ignorance, enfermés dans l’obscurité.

À cet égard, l’épouvantable dictature s’appuyant sur la pensée unique utilise abusivement les médias de masse – médias mainstream – qui ont pour objectif fondamental de fabriquer une opinion publique dont elle a nécessairement besoin pour exister et prospérer. Dans l’optique d’embrigader la multitude, elle verse facilement dans la propagande mensongère et, surtout, haineuse, spécifiquement teintée d’idéologie. Ce qui lui permet naturellement d’imposer une vérité biaisée, tronquée, tordue, cousue de fil blanc que personne ne peut contester dans la sphère sociale sous peine de subir l’opprobre ou l’exclusion[ii].

Le musellement de la vérité entraîne l’extinction de la liberté.

Par conséquent, dans la seule et unique intention de contraindre l’exécrable tyrannie dans sa ferme et inique volonté de tuer complètement l’être humain et de détruire brutalement son foyer d’éclosion, [la société], il faut justement promouvoir les valeurs de solidarité et de fraternité, de justice et de liberté. Bref ‘‘le discours de dignité humaine’’ qui a toujours guidé l’humanité dans les périodes les plus sombres de son histoire. Il faut promouvoir, sans complexe et sans complaisance, la liberté en tant que puissance de création permettant effectivement à l’Humain d’assurer son devenir, toute sa survie sur cette belle planète Terre. Et non pas prôner coûte que coûte la liberté en tant que pouvoir de destruction de son prochain et de son environnement dans le dessein d’assurer l’hégémonie assassine du totalitarisme ou la domination criminelle de la tyrannie.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Dans ce système de démantèlement de l’intelligence et d’affaissement moral et spirituel de la collectivité, la liberté d’expression est garantie par le permis d’abrutir l’humain. Cette licence d’abêtir est accordée à une nouvelle catégorie sociale qualifiée d’influenceurs ou influenceuses qui gagnent matériellement des revenus faramineux.

[ii] La liberté d’expression qui résulte, en réalité, de la pensée unique ou dominante (la bien-pensance véhiculée par l’élite sociale) est, en fait, la liberté d’oppression ou de répression de la contradiction démocratique.

Être de ‘‘Père’’ et de ‘‘Mère’’ au Congo

Être de ‘‘Père’’ et de ‘‘Mère’’ au Congo

La proposition de loi Tshiani qui aura pour conséquence d’éliminer de la course politique et électorale majeure des mercenaires locaux prestant pour des multinationales spécialisées dans le pillage meurtrier des ressources tant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques de la République démocratique du Congo, est généralement qualifiée par la population de loi de  »Père » et de  »Mère ».

Entre ‘‘ségrégation ethnico-raciale’’ et ‘‘nécessité de protection de la Nation’’

Le débat de fond soulevé par la proposition de loi ‘‘Tshiani’’

‘‘Si nationalité, c’est contentement, État, c’est contrainte.

Henri-Frédéric Amiel, écrivain suisse, Fragments d’un journal intime, (27 septembre 1821 – 11 mai 1881).

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Noël Tshiani Muadiamvita est un homme politique congolais. Il se singularise par ses prises de position tranchantes sur le développement économique de la République démocratique du Congo et le progrès social de sa population[i]. Aussi se particularise-t-il par ses réflexions pointues sur la Nation en tant que Collectivité et, surtout, moule identitaire décisif au façonnement de la Citoyenneté au sens politique du terme.

Noël Tshiani Muadiamvita a officiellement déposé sa proposition de loi entre les mains du président de l’Assemblée nationale (AN) de la République démocratique du Congo (RDC), Christophe Mboso N’Kodia Pwanga (au milieu, costume bleu). Comme Tshiani ne dispose point de mandat parlementaire, cette proposition de loi sera pilotée par le député national Cerveau-Pitshou Nsingi Pululu (à gauche de l’image, costume gris cendre).

En effet, force est de souligner que Noël Tshiani Muadiamvita vient de provoquer une véritable onde de marée dans le microcosme national en pilotant une proposition de loi exclusive qui réduirait l’accès à des plus hauts postes politiques, administratifs et gouvernementaux du pays aux seuls Congolais d’origine[ii]. C’est-à-dire : des sujets de ‘‘père’’ et ‘‘mère’’ d’origine congolaise, dont les origines se rattachent spécifiquement aux ethnies et tribus de la République démocratique du Congo. Ce qui a, néanmoins, provoqué, un tollé assourdissant. Un sentiment de répulsion et de dégoût auprès des ressortissants congolais dont l’un des parents est forcément et logiquement d’origine ‘‘étrangère’’.

L’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, dont les origines étrangères sont un secret de polichinelle et sur qui les Transnationales occidentales ont jeté leur dévolu, est l’un des plus grands pourfendeurs de la proposition de loi Tshiani. En effet, cette disposition, si elle est adoptée par le parlement national de la République démocratique du Congo, anéantirait coûte que coûte toutes ses chances d’être porté un jour à la magistrature suprême.

Ce qui est clair, au-delà de la passion et de l’acrimonie générées par cette proposition de loi ‘‘Tshiani’’, il existe sans conteste une série de questions de fond soulevées par ce projet en pleine gestation. En effet, au-delà de la revendication politique qui touche la protection des institutions politiques et étatiques de toute infiltration étrangère et, par ricochet, la défense de l’indépendance nationale, le principal point manifestement soulevé par Noël Tshiani Muadiamvita est implicitement la ‘‘politique d’intégration’’.

Relativement à la formulation de sa proposition de loi sur la nationalité précise des animateurs des plus hauts postes politiques, administratifs et institutionnels du pays, existe-t-il, en vérité, une politique d’intégration des collectivités étrangères digne de nom ? Dans son application pratique, celle-ci est censée fédérer les enfants issus de couples mixtes ou de familles étrangères ayant littéralement opté pour la Citoyenneté congolaise autour de l’idée d’appartenance à la Nation et de loyauté sans faille à l’État congolais. Mais, qu’en est-il réellement ?

Si elle existe certes, sur quoi cette politique intégrative se fonde-t-elle exactement ? Du point de la morale civique, quels en sont véritablement les piliers ? Si elle n’existe point cependant, y a-t-il politiquement ou sociologiquement des raisons objectives ou subjectives qui justifieraient plutôt cette inexistence résolument criante et flagrante ? Si elle n’existe pas du tout, n’est-ce pas là aussi une occasion en or pour la peaufiner dans le dessein d’assurer l’adhésion collective et, par ricochet, la cohésion nationale ?

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de la République démocratique du Congo, le Parlement est le lieu attitré pour la défense des intérêts vitaux de la Nation et le débat démocratique salvateur de l’État. À cet effet, il conçoit tout à fait naturellement que les Députés et Sénateurs, en tant que Représentants légitimes de la Nation et Délégués du Peuple, débattent librement, sereinement, des sujets qui concourent à la protection des citoyens, au renforcement de l’unité politique de la Nation et non point des thèmes qui génèrent malencontreusement la discorde politique et nationale et, surtout, entraînent malheureusement l’exclusion des pans entiers de la collectivité nationale.

Toutes ces questions sont posées dans la mesure où les enfants directement issus de couples mixtes ou de familles étrangères sont quotidiennement accusés de traîtrise à la Nation et même de collaborationnisme avec de puissants intérêts anti-patrie. À ce propos, les exemples abondent sous la période effervescente de la décolonisation[iii]. Tout comme sous l’ère macabre de la tyrannie[iv].

Par ailleurs, la question de la présence effective des personnes d’origine étrangère au sein des institutions politiques et administratives de la République démocratique du Congo a été réglée par le protocole d’Accords de Lusaka des juillet et août 1999 et par le processus de négociations politiques intercongolaises en Afrique du Sud (Pretoria 2002) et Sun City (2003). À cet égard, ce règlement évidemment obtenu dans la douleur consécutive à une violence physique inouïe est-il en soi définitif ? Doit-on nécessairement le rouvrir ou le revisiter à la sauce Tshiani ? Par voie de conséquence, qu’est ce qui pourrait alors justifier de nos jours son remaniement et même son rejet ?

La loi Tshiani [de Père et de Mère] n’est pas en soi une nouveauté politique. En réalité, elle s’inspire de la vision mobutiste du pouvoir. En effet, celui-ci doit être protégé de toute intrusion étrangère lors des opérations électorales qui engagent l’avenir de la Nation.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Noël Tshiani Muadiamvita est, en fait, un universitaire. En qualité d’ancien fonctionnaire international, il a bel et bien œuvré pour la Banque mondiale. Lors de son passage dans cette institution établie à Washington, il a, d’ailleurs, confectionné divers projets de développement pour sortir du coma des pays du Tiers-Monde dont les économies sont, par définition, étroites ou mal-en-point.

[ii] La proposition du Dr Noël Tshiani Muadiamvita vise à exclure systématiquement et automatiquement les Congolaises et Congolais dont l’un des parents présente réellement des origines étrangères à des postes dits de ‘‘souveraineté’’. Force est d’admettre que ceux-ci exigent, à n’en point douter, à leur titulaire une loyauté sans faille envers l’État et la Nation. C’est-à-dire : la présidence de la République, la primature, la présidence du Sénat et de l’Assemblée nationale, la direction l’état-major des forces armées, y compris celle des services de renseignement.

[iii] Les personnes métisses et mulâtresses sont accusées de collusion politique avec le pouvoir colonial (Albert Delvaux, dit Mafuta Kizola, Mario Philippe Cardoso (Losembe Batwanyele) et José Nussbaumer du collège des commissaires généraux, Michel Collin (Nlandu Mphemba), etc.).

[iv] Cette notion de trahison politique à la Nation a été fréquemment évoquée à l’encontre des personnalités métisses ou mulâtresses voire même étrangères. Occupant des postes stratégiques, celles-ci ont loyalement servi sous les présidences absolues de Mobutu Sese Seko du Zaïre (le Portugais Jean Seti Yalé, le Judéo-polonais Léon Lubitch ou Leibovitch, dit Kengo wa Dongo, le Rwandais Barthélémy Bisengemena Rwema), Mzee Laurent-Désiré Kabila (les Tutsis Banyamulenges Bizima Karaha et  Déogratias Bugera) ou Joseph Kabila Kabange (le Tutsi rwandais Azarias Ruberwa Manywa, le Burundais Alexis Thambwe Mwamba etle Hutu rwando-burundais Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi), le Judéo-Italo-gréco-zambien Moshe Nissim Soriano D’Anagno (Moïse Katumbi Chapwe)  etc.

Qui a poignardé dans le dos Me Jean-Henri Céant ?

Haïti

Depuis de nombreuses années, Haïti qui a arraché dans la bravoure son indépendance de la France le 1er janvier 1804, est réellement devenu un non-État et, surtout, une zone de non-droit. En effet, ce minuscule pays de la Caraïbe ne dispose pratiquement plus d’institutions légitimes qui personnalisent autant la puissance publique de l’État que le pouvoir politique de la Nation. Et, depuis le lâche assassinat du président Jovenel Moïse par un commando multinational, Haïti est manifestement dirigé par le Premier ministre de facto Ariel Henry. Situation complètement inédite : ‘‘il n’existe concrètement plus d’organes de l’État dont les animateurs patentés, à plus forte raison Représentants de la Nation ou Délégués du Peuple, sont indubitablement choisis par leurs pairs au travers d’un processus électoral juste et digne, sain et crédible’’. Ce qui a naturellement pour corollaire immédiat un État sans pouvoir et sans adhésion populaire, un Peuple sans droit et sans liberté. Comble de tout : ‘‘un Peuple sans souveraineté et sans voix au chapitre international’’.

Face à l’absence évidente de l’État dont le leitmotiv est la sécurité et de leadership fort au sommet du pouvoir politique et gouvernemental, Haïti s’est complètement métamorphosé en zone de non-droit. En effet, le pays assiste fort impuissant à la vague de kidnappings qui paralysent l’économie et empoisonne la vie sociale. Il s’agit localement d’un véritable cancer qui gangrène chaque coin et recoin de ce petit État de la Caraïbe. Comble de malheur pour son ‘‘vaillant’’ et ‘‘valeureux’’ Peuple acculé dans ses derniers retranchements, ce phénomène préjudiciable à la vie socioculturelle et la santé économique est, d’ailleurs, devenu une source de revenus fort lucratifs pour des bandes armées très souvent encadrées par d’anciens membres des forces de sécurité publique, également entretenues et parrainées par des puissances occultes.

Le poignard dans le dos de Me Jean-Henri Céant

Avant d’accéder à la primature de la République d’Haïti, Me Jean-Henri Céant a exercé les fonctions de Notaire. Il a été très actif dans l’univers de la société civile où il s’est impliqué dans les domaines social et humanitaire au travers de l’organisme sans but lucratif  »Aimer Haïti ».

La félonie est-elle un sport ‘‘politique’’ et un art ‘‘diplomatique’’ ?

‘‘Ce n’est pas l’injustice en soi qui nous blesse, c’est d’en être l’objet.’’ Pierre Nicole, théologien français (1625 -1695)

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Avant de s’investir complètement dans la vie politique haïtienne qui est, par définition, un marigot infesté de crocodiles dotés de crocs redoutables, Me Jean-Henri Céant est un notaire qui a manifestement pignon sur rue à Port-au-Prince. Cette profession sans doute au cœur de la société lui permet d’être en permanence au service de ses Concitoyennes et Concitoyens. En raison de la fréquence élevée des contacts personnels qu’il tisse, elle lui permet sûrement de prendre le pouls de la collectivité haïtienne. Elle lui permet, surtout, de prendre la mesure des problèmes qui se posent crûment au sein de l’environnement national. C’est-à-dire : ‘‘De sérieuses difficultés qui accablent journellement l’immense majorité de ses compatriotes’’.

C’est de cette manière que ce professionnel du droit notarial se forge par le truchement de ses activités quotidiennes une véritable conscience ‘‘humaniste’’. Celle-ci l’incite à mettre l’être haïtien, [par nature son concitoyen, avec qui il partage de toute évidence le même espace géographique], au centre de ses préoccupations légitimes. Elle l’incite à partager les mêmes espérances nationales, les mêmes aspirations humaines.

Cette conscience est, d’abord et avant tout, ‘‘citoyenne’’. En effet, celle-ci pousse Me Jean-Henri Céant à devenir un acteur incontournable de la société civile. Par conséquent, elle le pousse à s’ériger très rapidement en ‘‘défenseur’’ certifié des laissés pour compte de la collectivité haïtienne. Elle est, ensuite, politique. En effet, Me Jean-Henri Céant découvre que la politique, au-delà de ses exigences majeures en tant que service public et national, peut être un levier de changement. Cela est d’autant plus vrai qu’il est question, dans ce domaine unique et si particulier, de répondre avec courage, abnégation et conviction aux préoccupations fondamentales de l’ensemble de ses Concitoyennes et Concitoyens.

À partir de cette conviction au cœur de ses réflexions personnelles, Me Jean-Henri Céant décide de se lancer en politique en vue de servir au sens le plus noble du terme l’ensemble de ses pairs. Ainsi, fort de son ancrage dans la société au travers des réseaux de solidarité et des plates-formes animées par l’intelligentsia haïtienne, il participe au scrutin présidentiel de 2010, de 2015 et 2016. Cette triple opportunité électorale lui permet de se faire un nom dans le landerneau politique national. Aussi lui permet-elle de se façonner une réputation d’homme de consensus ou d’homme de paix. Cette renommée est tout à fait déterminante pour la suite de sa carrière politique au niveau national.

En effet, face à la crise multiforme dont pâtit cruellement Haïti, la Perle des Antilles, et ce depuis des lustres, le destin national n’a pas d’autre choix que de faire rapidement appel aux talents de conciliateur, de pacificateur et d’unificateur de Me Jean-Henri Céant. Pour l’occasion, cette personnalité fort consensuelle est nommée ‘‘Premier ministre’’ du pays par le président en exercice Jovenel Moïse. Avec pour ferme mandat de calmer une grogne populaire sûrement explosive, qui plus est fort nocive pour la cohésion nationale et fort menaçante pour la stabilité politico-institutionnelle.

Il importe de souligner que ce mécontentement populaire qui témoigne, naturellement, de l’inconscience collective[i] et, surtout, de l’amoralité avérée de la classe dirigeante[ii], donc de l’élite politique, est consécutif au phénomène de l’insécurité. Il y a lieu de relever que cette tare sociologique résulte directement de l’absence manifeste de leadership à la fois politique et gouvernemental. Cette pathologie nocive procède de la carence du leadership national tout à fait capable d’affirmer la toute-puissance publique de l’État. Aussi découle-t-elle de la crise politique et démocratique qui affecte sévèrement le paysage politique et l’espace social[iii].

C’est dans ce contexte de quête d’identité à la fois politique et démocratique, surtout, de légitimation du pouvoir politique substantiellement fondé sur l’adhésion populaire et le consensus national qu’est immédiatement propulsé à la primature Me Jean-Henri Céant. Toutefois, c’est sans compter sur les ‘‘tireurs de ficelle’’ du jeu politique et institutionnel haïtien. En effet, ceux-ci directement impliqués dans de sales affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics ne souhaitent aucunement voir complètement élucider le sulfureux dossier Petro-Caribe. Force est de mentionner que celui-ci s’est littéralement transformé du jour au lendemain – [et dès son lancement] – en vraie pompe à phynance de certains dignitaires indélicats et de leurs soutiens véreux. Il a visiblement donné lieu à un système bien huilé d’évasion des capitaux sur le terrain international et d’achat des consciences sur le plan national.

La clarification du dossier Petro-Caribe, une boîte de pandore à ne pas ouvrir pour la mafia locale, a sans doute précipité très rapidement l’éviction du gouvernement présidé par Me Jean-Henri Céant. Sur la photo, le président Jovenel Moïse prend acte de l’investiture du gouvernement Céant par le Parlement national en 2018.

Encerclé de toutes parts par des charognards de tout acabit, qui ont sûrement la décence de transformer Haïti en jungle tropicale et dont les crocs ne laissent pratiquement aucune chance à leurs proies, Me Jean-Henri Céant est contraint à rendre le tablier gouvernemental. Poussé vers la sortie de manière fort peu élégante, il se résout à prendre congé de la classe politique afin de se consacrer pleinement à sa famille et à ses affaires privées. Afin de ne point gêner les parties protagonistes de la crise politique haïtienne, il quitte même l’Ile d’Hispaniola qui l’a, certes, vu naître le 27 septembre 1956. Pour ainsi dire, l’homme n’a véritablement plus prise sur la vie politique et institutionnelle de son pays. Et ce, de quelque manière que ce soit.

Comme toute lueur d’espoir a disparu en vue de rétablir Haïti dans toutes ses attributions régaliennes, il se murmure déjà dans les couloirs des cénacles internationaux l’imminence d’une intervention militaire[iv] dont le leadership pourrait vraisemblablement être incarné par le Canada. Le hic est que les Haïtiennes et Haïtiens, dans leur ensemble, sont devenus très allergiques aux invasions ou occupations armées de leur territoire national. Ils sont pratiquement tous devenus réfractaires à toute présence militaire étrangère sur leur sol chéri.

Pourtant, l’intervention armée étrangère présentement projetée par de puissants États de la Communauté internationale est de nature à restaurer les ressorts d’un État défaillant. À en croire les avocats de cette cause, elle est, surtout, de nature à rétablir les prérogatives d’une entité publique en situation de mort cérébrale[v]. De ce point de vue, au regard de cet objectif, d’ailleurs fort louable, une telle intervention militaire est à saluer. Elle mérite, par voie de conséquence, d’être encouragée par tout ‘‘Esprit lucide’’, appuyée[vi] par toute ‘‘Bonne Conscience’’ puisqu’il y va assurément de la vie (et même de la survie) de tout un pays en détresse, de l’existence de toute une Nation en danger de mort.

C’est effectivement dans ce contexte de planification stratégique d’une invasion militaire extérieure par des puissants membres de la communauté internationale qu’interviennent rapidement de sévères sanctions ciblant différentes personnalités haïtiennes impliquées, à de différents degrés, dans la crise politique nationale. Parmi celles-ci, figure, bien sûr, Me Jean-Henri Céant. Celui-ci est effectivement accusé – [jusqu’à preuve du contraire, on ne sait vraiment pas trop par qui], ‘‘de soutien actif à des bandes armées et de parrainage financier au profit des groupes violents semant la terreur, s’illustrant odieusement par la commission des crimes horriblement graves, la prise d’otages ou la dévastation et propageant la désolation et l’insécurité en Haïti[vii]’’. En l’occurrence des gangs armés vivant très ouvertement d’actes de piraterie ou de terrorisme(CQFD).

Force est de souligner que toutes ces peines qui restreignent forcément et drastiquement les droits et libertés de Me Jean-Henri Céant, ne sont manifestement pas l’œuvre de l’État haïtien, d’une part. Et, d’autre part, celles-ci ne résultent même pas de l’ouverture d’une information judiciaire, d’ailleurs, vivement recommandée par le parquet. À vrai dire, elles ne procèdent nullement de l’établissement d’une enquête judiciaire minutieuse conduite par l’Instruction et ayant finalement donné lieu à la définition des responsabilités pénales ou civiles. Encore moins de la décision d’un tribunal certifié ayant réellement délibéré sur un cas porté à sa sereine connaissance ou d’un procès juste et équitable ayant, surtout, débouché sur le prononcé d’un jugement acquis.

Dans ces conditions, toute la question est de savoir effectivement dans quelle mesure le Canada est amené à prendre de telles sanctions sévères à l’encontre desdites personnalités politiques haïtiennes[viii]. Quelles considérations matérielles ont-elles finalement mené ce pays, d’ailleurs une référence indéniable en matière de droit démocratique, à l’adoption d’une telle posture ? La définition de ces sanctions a-t-elle été conseillée voire encouragée par les différentes autorités politiques, administratives et gouvernementales de facto de Port-au-Prince[ix] ? Dans les circonstances, s’agit-il très simplement d’une initiative isolée du Canada ? Autant de questions préoccupant les principaux concernés et, surtout, visés directement et personnellement par les mesures coercitives du Canada.

Entre-temps, Me Jean-Henri Céant, assisté de son conseil juridique, Me Camille Leblanc, clame urbi et orbi son innocence. Face à l’obscurité qui entoure les sanctions le pénalisant de manière personnelle, il entreprend une série de démarches politiques, administratives voire même diplomatiques pour faire pencher la balance de son côté. Débordant d’énergie en vue de rétablir sa réputation éprouvée d’homme de paix et de compromis[x], celui-ci saisit immédiatement le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies António Guterres pour forcer le Canada à fournir des preuves concrètes et factuelles l’incriminant personnellement. D’ailleurs, dans sa missive directement adressée au Secrétariat Général de l’ONU, il fait nettement et clairement remarquer que ‘‘le Canada s’est substitué à la commission d’enquête prévue par la résolution 2653 du Conseil de sécurité du 21 octobre 2022[xi]’’.

S’estimant tout à fait lésé dans ses droits autant inaliénables qu’inattaquables, Me Jean-Henri Céant a, ensuite, saisi les autorités politiques, administratives et gouvernementales haïtiennes dans le but de contraindre le Canada à exhiber à la face du monde les preuves irréfutables ayant servi à justifier la batterie de sanctions lui infligées. Et, enfin, cette personnalité de l’univers notarial a saisi M. Edwin Florexil qui est en fait le coordonnateur de la commission nationale de démantèlement, désarmement et réinsertion (CNDDR). En effet, cet organisme public est chargé d’établir la liste des trafiquants d’armes létales et de leurs soutiens indéfectibles en Haïti.

À toutes fins utiles et pratiques, il est donc question pour Me Jean-Henri Céant de savoir si son nom normalement éloigné des affaires scandaleuses et sulfureuses a déjà fait partie du registre des individus qui détiennent et commercent illicitement des armes létales en Haïti. Force est de relever que ceux-ci contribuent par leur comportement indélicat à la déstabilisation de l’Ile caribéenne aussi bien par la violence physique que par la violation des droits humains fondamentaux. Dans sa correspondance, il demande très nettement et très clairement à cet organisme national de lui communiquer – et même de publiciser, [peut-on même sous-entendre] – sa base de données dans l’optique d’être définitivement déchargée de toute accusation ou d’écarter toute suspicion – fût-elle légitime – qui pèse injustement et lourdement sur lui.

Face à cette affaire de sanctions qui ciblent hâtivement des personnalités haïtiennes avant même la mise en place du groupe d’experts enquêteurs et du comité de sanctions les visant directement, qui a véritablement intérêt à nuire à l’ex-premier ministre, a fortiori notaire de son État, Me Jean-Henri Céant[xii] ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N22/646/07/PDF/N2264607.pdf?OpenElement

[i] Blasée, la communauté semble résignée au phénomène de la violence.

[ii] Cynique, cette élite sans foi ni loi fait de la violence physique un moyen de pression politique pour se frayer le chemin menant tout droit au partage du gâteau national, d’ailleurs, rapetissé au jour le jour et même quasi inexistant, ainsi que des miettes ‘‘sacralisées’’.

[iii] Ce phénomène sociologique, d’ailleurs, préjudiciable aux intérêts vitaux du sanctuaire national a, certes, élu domicile sur les plans aussi bien politique et économique que social et culturel.

[iv] C’est un cas sui generis. En effet, ce serait la première fois que la communauté internationale envisage d’intervenir dans un pays souverain et indépendant dans le dessein de rétablir coûte que coûte l’ordre public mis à mal par des voyous ou bandits de grand chemin, fussent-ils armés, et non pas par des groupes rebelles armés qui s’attaquent aux frontières internationales ou aux Institutions légalement établies dudit État.

[v] En effet, les interventions militaires étrangères en Haïti ont toujours eu pour effet de mettre à genoux un pays très jaloux de son indépendance chèrement acquise dans la douleur de l’esclavage. Des guerres franco-napoléoniennes des 18e et 19e siècles au régime d’occupation armée imposée par l’Organisation des Nations unies (ONU) de 2004 à 2017, celles-ci ont toujours laissé un goût sensiblement amer dans la tête des Nationaux et même de graves séquelles traumatiques dans l’histoire étatique (violations criardes des droits humains fondamentaux, pillage des biens publics et des ressources nationales, affaissement de l’économie nationale, importation des maladies infectieuses, etc.).

[vi] Dans le cas fort présent et, surtout, dans le contexte d’une situation internationale très volatile en raison de la guerre active en Ukraine, l’intervention militaire en Haïti est ardemment sollicitée par le Premier ministre de facto Ariel Henry.

[vii] Prise d’otages, exigence de rançons monétaires exorbitantes, mentorat idéologique, appui logistique, financement, etc.

[viii] Les sanctions prises à l’encontre d’anciens dignitaires haïtiens (Michel Joseph Martelly, Laurent Salvador Lamothe, Jean-Henri Céant) ont été officiellement annoncées par le gouvernement du Canada à la délégation haïtienne lors du XVIIIe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie tenu à Djerba en Tunisie les 19 et 20 novembre 2022. Elles visent également d’autres personnalités politiques haïtiennes de premier plan – et non des moindres – accusées de détérioration de la situation sécuritaire en Haïti. Il s’agit des sénateurs de la République (Rony Célestin et Hervé Fourcand) et de l’ancien président de la chambre des députés (Gary Bodeau) pour avoir alimenté la violence.

[ix] Me Jean-Henri Céant a toujours refusé d’intégrer le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ariel Henry. Il convient de mentionner que ce dernier réclame ouvertement une intervention militaire pilotée par le Canada en Haïti.

[x] Il est récipiendaire du prix consacrant sa carrière d’homme de paix voué à la cause de la non-violence. Prix attribué en Inde.

[xi] En effet, ce texte juridique, d’ailleurs, opposable à quiconque sur le terrain du droit public international voire interne crée un régime de sanctions et un groupe d’experts chargés d’appliquer lesdites sanctions à l’encontre de personnalités politiques et économiques haïtiennes, manifestement impliquées dans des cas avérés de propagation de la violence armée, de violation criarde des droits humains fondamentaux, de corruption et la commission d’autres crimes graves, etc.

[xii] Ce qui est clair, en l’état actuel d’une situation de crise profonde affectant un pays au bord de l’effondrement inévitable et irréversible, Haïti se doit de retrouver très rapidement sa sérénité. Celle-ci passe inéluctablement par un dialogue interhaïtien organisé à l’intérieur du pays et, à cet effet, suivi par l’ensemble de la population souventes fois ‘‘ignorée’’. Sa durée doit être de 30 jours francs. Tous ces pourparlers politiques auxquels il faut nécessairement adjoindre les forces vives de la Nation, donc la société civile devenue un acteur forcément majeur, doivent être assurément placés sous le haut patronage de la Communauté internationale. Toutes ces négociations politiques interhaïtiennes doivent être encadrées et présidées par l’Église catholique qui est pratiquement au cœur du village et, en même temps, la première force morale et spirituelle du pays.

Qatar 2022 : Quel bilan ?

Qatar 2022

Après 36 ans de disette, le sacre d’Argentine a été le clou du tournoi de Qatar 2022.

Bilan et Perspectives

‘‘Les dirigeants de la FIFA sont des vieux messieurs cramponnés à leurs fauteuils. Ils n’aiment ni le football ni les joueurs. Tout ce qui les intéresse, c’est l’argent.’’ Diego Armando Maradona, alias « El Pibe de Oro » (Le gamin en or).

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Le dimanche 18 décembre 2022, le rideau de la coupe du monde de football est tombé à Lusail au Qatar, minuscule émirat assis sur d’immenses nappes pétrolières et gazières. Afin d’agrémenter l’événement, d’ailleurs, présenté tous les quatre ans, une affiche sans nul doute alléchante est proposée aux ‘‘Amoureux’’ du ballon rond. Pour cette occasion, la France, tenante du titre obtenu en 2018 en Russie, est opposée à l’Argentine menée par nul autre que ‘‘la célèbre Pulga’’ Lionel Messi.

Lionel Messi a été le grand artisan de la réussite argentine en 2022. Lors de célébrations de la victoire aux dépens de la France, Lionel Messi est rejoint aux vestiaires par Gianni Infantino, président de la FIFA.

Si la première mi-temps, largement dominée par les Sud-Américains, a été insipide pour la plupart des amateurs en raison du manque de réactivité des Français, il n’en a pas été ainsi lors de la seconde période. Entre autres lors des quinze dernières minutes. En effet, au moment où l’Argentine se dirigeait vraisemblablement vers une victoire sans appel de deux buts à zéro, la France qui n’avait jusque-là réussi à montrer ses muscles, se réveilla soudainement de sa léthargie. Contre toute attente, elle réussit coup sur coup deux buts marqués par le jeune prodige parisien Kylian M’Bappé pour forcer la prolongation.

Kylian M’Bappé est le joueur qui a le plus impressionné lors de la finale du dimanche 18 décembre 2022 opposant la France, tenante du titre, à l’Argentine. Il a très nettement battu le gardien argentin Damián Emiliano Martinez Romero (portier d’Aston Vila) à quatre reprises dont trois tirs au but. Du jamais vu ! Un record absolu.

Donc, en un clin d’œil, le match de la finale a tout à fait basculé. Les deux stars les plus en vue sur le terrain, Messi et M’Bappé, ont pris les choses en main pour faire vibrer le temple du football. En l’occurrence le Lusail Stadium. Au terme d’une partie forcément serrée et sans vainqueur, les deux sélections nationales sont finalement départagées par les tirs de pénalité largement remportés par l’Argentine. Pour cette occasion, la France a complètement loupé ses deux tirs au but.

Que faut-il certes retenir de ce grand tournoi sportif et planétaire qui a pratiquement duré un mois ?

Le duel des équipementiers sportifs : une guerre rude[i] ?

La coupe du monde de football organisée au Qatar en 2022 restera incontestablement dans les annales comme l’un des tournois sportifs les plus controversés en raison de la corruption ayant entouré son attribution. Ce qui est manifestement plus grave, celle-ci ne s’est pas réalisée sans pression politique et économique. Elle ne s’est surtout pas réalisée sans collusion étroite avec les lobbies de vente d’armements. Ce qui compromet sûrement, et même très largement, l’intégrité du processus.

La finale du dimanche 18 décembre 2022 présentée à Lusail a opposé deux grandes sélections nationales habillées par deux équipementiers sportifs de renommée internationale et qui dominent très largement le marché mondial du sportswear. Il s’agit de l’allemand Adidas et de l’américain Nike. D’ailleurs, il importe de remarquer que depuis la coupe du monde 2002 conjointement organisée par la Corée du Sud et le Japon et largement gagnée par le Brésil de Ronaldinho, Ronaldo, Cafu, Kleberson, Lucio, Edmilson, Roberto Carlos et Rivaldo, aucune équipe sponsorisée par l’équipementier Nike n’a pratiquement remporté de coupe du monde de football. Bien entendu, si l’on tient parfaitement compte de la régularité exemplaire largement affichée par des protégés d’Adidas.

Sur ce chapitre, seule exception ou seule ombre au tableau, la fameuse Italie de 2006. Entraînée par Marcello Lippi, cette équipe talentueuse composée de Marco Materazzi, Fabio Cannavaro, Andrea Pirlo, Gianluca Zambrotta, Luigi Buffone, Alessandro del Piero, Filipo Inzhagi et Francesco Toti fut sponsorisée par Pumas. Et, depuis cette année qui a vu l’Italie triompher, cet équipementier allemand (Pumas), pourtant de très grande renommée, ne s’est plus régulièrement hissé sur le toit du monde, [footballistiquement parlant], au travers d’une sélection nationale, fût-elle ruropéenne ou latino-américaine.

Autre exception de taille qui confirme, naturellement, sans l’ombre d’un doute la régularité des victoires engrangées lors des finales de la coupe du monde par des équipes nationales sponsorisées par Adidas, C’est bel et bien la France de 2018. Dirigée par le sélectionneur Didier Deschamps, cette sélection composée d’Antoine Griezmann, Hugo Lloris, Kylian M’Bappé et Paul Pogba était commanditée par Nike.

Adidas est le plus grand partenaire sportif de la FIFA. C’est bel et bien cet équipementier allemand qui est chargé de concevoir et de fabriquer les ballons servant au tournoi de la coupe du monde.

Donc, depuis pratiquement le tournoi de Johannesburg 2010 (Afrique du Sud), il n’y a que des sélections commanditées par Adidas qui ont réellement remporté la coupe du monde de football[ii]. Et, Qatar 2022 n’échappe point à cette vérité érigée au rang de norme ou principe fondamental, voire de règle communément acceptée ! À vrai dire, s’agit-il d’un simple hasard ? S’agit-il d’une coïncidence tout à fait troublante ? Sans nullement se dérober, la FIFA peut-elle fournir une explication à cet égard[iii] ?

L’équipementier américain Nike est le plus grand rival de l’allemand Adidas dans l’univers footballistique.

Ce qu’il faut absolument souligner, lors de cette coupe du monde de football de 2022, des sélections habillées par l’équipementier allemand Adidas ont, à compter des huitièmes de finale, aisément éliminé des équipes sponsorisées par Nike. À titre d’exemple : ‘‘Argentine vs Croatie’’, ‘‘Argentine vs Pays-Bas’’, etc. Tout comme des équipes visiblement habillées par l’américain Nike se sont facilement éliminées entre elles. À titre d’exemple : ‘‘Pays-Bas vs USA’’, ‘‘Croatie vs Brésil’’, ‘‘Brésil vs Corée du Sud’’, ‘‘France vs Angleterre’’, etc. Par contre, des exemples de sélections commanditées par Nike éliminant celles sponsorisées par Adidas sont quasiment rares. Par exemple : ‘‘Croatie vs Japon’’. Il y a véritablement là matière à réflexion. Pourquoi pas matière à interrogation ?

Une finale manigancée pour Lionel Messi ?

Qatar 2022 est-il incontestablement une compétition sportive à la seule gloire du prodige argentin Lionel Messi ? Ce constat alarmant est manifestement un cri de révolte ou de consternation poussé par le défenseur portugais d’origine brésilienne Képler Laveran Lima Ferreira (surnommé Pepe). Par conséquent, doit-on effectivement accorder un quelconque crédit à une telle déclaration balancée sur la face de l’arbitre Facundo Tello ? Force est de souligner que cet officiel argentin a bel et bien dirigé le match opposant le Portugal de Cristiano Ronaldo – [normalement favori sur le papier et non sur le terrain] – au Maroc de Hakim Ziyech. Résultat : élimination sans appel du Portugal

L’arbitre argentin Facundo Tello pris à partie par les joueurs portugais lors du quart de finale opposant le Portugal au Maroc. Cet officiel a été nommément accusé par le défenseur Pepe d’avoir manigancé l’élimination de la sélection portugaise afin de favoriser royalement Lionel Messi pour l’attribution de la coupe du monde 2022.

Que dire alors de la fameuse finale opposant la France à l’Argentine sur la pelouse du Lusail Stadium? Cette ultime partie du tournoi est-elle vraiment sujette à caution ? Ce qui est sûr et certain, en dépit du fait que sur le papier, l’Argentine menée par Lionel Messi était très largement favorite, l’intégrité de l’arbitrage assuré par le Polonais Szymon Marciniak est totalement remise en question. Et, pour cause, le tir de pénalité gentiment offert aux Sud-Américains à la suite d’une faute discutable d’Ousmane Dembélé sur Ángel Fabián Di María Hernández, plus couramment appelé Ángel Di María et surnommé El Fideo[iv].

À l’issue de la finale qui couronne le Qatar 2022, de nombreux partisans français ont accusé l’arbitre polonais Szymon Marciniak de favoritisme à l’égard de l’Albiceleste.

Les découvertes de la Next Gen[v]

Qatar 2022 est pratiquement à l’image du Mundial 1978 organisé en Argentine. C’est une compétition littéralement marquée par la découverte de nouveaux talents footballistiques jusque-là inconnus du grand public[vi]. Très jeunes et même très précoces, ces derniers ont laissé une bonne impression de leurs prestations. Parmi ceux-ci, l’on peut citer l’Argentin Julián Álvarez de Manchester City (22 ans), le Néerlandais Cody Mathès Gakpo du PSV Eindhoven (23 ans), le Portugais Gonçalo Matias Ramos de Benfica de Lisbonne (21 ans), l’Allemand Jamal Musiala de Bayern Munich (19 ans), l’Américain Christian Mate Pulišić de Chelsea (24 ans), l’Américain Timothy Tarpeh Weah de LOSC Lille (22 ans), l’Anglais Philip Walter Foden de Manchester City (22 ans), etc.

Le Néerlandais Cody Mathès Gakpo de PSV Eindhoven a été l’une des plus grandes révélations du tournoi. Son jeu puissant a rappelé un certain Ruud Gullit qui a également fourbi ses premières armes à Eindhoven.

Ce tournoi 2022 restera dans l’histoire comme une coupe du monde de transition entre la vieille génération, celle des Banquiers et Chefs d’entreprise enfilant aisément un short pour jouer[vii], et la nouvelle génération, celle des pistoleros ou artilheiros[viii]. Cette coupe du monde 2022 a, donc, fait découvrir au reste de la planète de jeunes talents dont l’avenir est plus que prometteur. Aussi a-t-elle fait découvrir nombre de Nations qui pourraient, dans un avenir rapproché, marquer les futures compétitions internationales. Entre autres le Japon dont l’ingéniosité des joueurs, la formidable solidarité de la sélection et, surtout, le faux rythme imposé sur le terrain ont complètement décontenancé les adversaires. Y compris les États-Unis qui ont certes beaucoup progressé depuis le retentissant tournoi de 1994 organisé intra-muros.

La jeune pépite argentine Julian Alvarez a réalisé une coupe du monde de rêve.

Ce pays a très nettement surpris les puristes en pratiquant un jeu plus rapide, plus inspiré et fort séduisant, avec à la baguette magique, le maestro Christian Mate Pulišić du club anglais de Chelsea (24 ans). Ce qui augure, normalement, de très belles perspectives. Ce qui devrait logiquement et forcément susciter respect et considération de la part des adversaires, quels qu’ils soient. Cette belle performance enregistrée par le pays de l’Oncle Sam dans le monde passionné du soccer est à mettre réellement au crédit de l’entraîneur Gregg Matthew Berhalter.

Le technicien néerlandais Louis van Gaal a redonné une âme au jeu de la sélection batave.

Par ailleurs, après avoir loupé le tournoi de 2018 en Russie, les Pays-Bas encadrés par le sélectionneur Louis van Gaal ont évidemment présenté un football alléchant, généreux. Les joueurs ont présenté un jeu dynamique ayant beaucoup de profondeur et d’efficacité. Comme savent, d’ailleurs, le faire parfaitement les Bataves. C’est, à n’en point douter, une sélection d’avenir. Celle-ci est dotée d’une défense de fer[ix]. Il a simplement manqué à ce grand pays de football un véritable chef d’orchestre, un vrai coordonnateur de jeu capable de porter à lui tout seul le match lorsque la partie est serrée et de tirer vers le haut cette équipe ultra-disciplinée et volontariste.

Le Croate Dominik Livakovic a constitué à lui tout seul un véritable mur de Berlin infranchissable pour les attaquants adverses. Il méritait sûrement le ballon d’or pour son immense prestation dans les buts.

Cette coupe du monde 2022 a été sans conteste marquée par la prestance des gardiens de but. Pour une fois, un portier aurait mérité le trophée de meilleur de joueur vu l’absence manifeste d’une super étoile brillant naturellement au firmament et ayant littéralement dominé l’ensemble de la compétition. Parmi les gardiens qui se sont merveilleusement illustrés lors de ce tournoi au point même d’enquiquiner les attaquants de race, il importe de mentionner le Croate Dominik Livakovic de Dinamo de Zagreb et le Marocain Yacine Bounou du FC Séville. Véritables murailles défensives, ces deux gardiens ont fait une très forte impression.

Le portier marocain Yacine Bounou a littéralement permis à son équipe  »Les Lions de l’Atlas » de se hisser aux portes de la finale. Ses réalisations oh ! combien impressionnantes entraînent que le Maroc devient ainsi le premier pays africain, arabe et musulman à atteindre les demi-finales.

Au niveau des entraîneurs et sélectionneurs, l’Afrique rompt de plus en plus les amarres avec la cohorte de mercenaires étrangers pour faire largement la place aux techniciens locaux. Cette stratégie commence à porter fruit. Cela est d’autant plus vrai que les équipes nationales africaines ont, lors de ce fameux Qatar 2022, obtenu des résultats plus ou moins honorables[x]. Toutefois, la plus belle réussite est, certes, l’œuvre du Maroc. Ce pays du Maghreb s’est qualifié en demi-finale avec un enfant du pays. Il s’agit du technicien Hoalid (Walid) Regragui.

L’amélioration de l’arbitrage

Dans le jargon sportif et footballistique, l’arbitre qui officie un match, est littéralement considéré comme le ‘‘douzième’’ joueur sur le terrain[xi]. Par conséquent, la qualité de son arbitrage contribue très largement à la qualité du spectacle offert sur la pelouse. D’où la nécessité d’améliorer davantage son travail en lui fournissant un maximum d’outils. Pour ce faire, il importe d’augmenter substantiellement le nombre de juges sur le terrain.

Qatar 2022 doit être une occasion en or de repenser complètement l’arbitrage qui est de plus en plus décrié par les amateurs du ballon rond et fausse le spectacle.

À cet effet, il convient d’ajouter deux juges de ligne supplémentaires pour épauler les deux juges de ligne déjà existants. De cette manière, il y aura de chaque côté opposé du terrain deux juges latéraux en vue d’évaluer l’intégrité des actions commises lorsque le ballon franchit la moitié du terrain de football, d’un côté comme de l’autre. À ce quintette, il sied également d’adjoindre deux autres officiels chargés cette fois-ci d’apprécier toutes les fautes commises sur la surface de réparation. Ceux-ci pourraient être qualifiés de ‘‘juges de but’’. En effet, la présence de cette kyrielle d’arbitres autant de ligne que de surface de réparation aurait normalement cette faculté voire même cet avantage de suppléer aux carences somme toute flagrantes de la VAR[xii] et de l’officiel du centre.

L’augmentation des juges de ligne et la création des juges de surface de réparation peuvent combler les lacunes de l’arbitre central.

Les phases des groupes et de qualification : un processus totalement intègre ?

À quelques exceptions près, les groupes constitués lors du tirage au sort des sélections nationales pour le Qatar 2022 ressemblent à s’y méprendre à la coupe du monde de Russie 2018. Le plus bel exemple sont les groupes C de 2022 (Brésil, Suisse, Serbie et Cameroun) et E de 2018 (Brésil, Suisse, Serbie et Costa-Rica). En 2018, lors de la phase des groupes, la France a bel et bien rencontré l’Australie et le Danemark (groupe C)[xiii]. Bis repetita en 2022 au Qatar, les trois pays se sont également croisés au tour de qualification dans le groupe D[xiv].

Force est de constater qu’en 2018, le Portugal et l’Uruguay se sont rencontrés en huitième de finale (phase à élimination directe) alors qu’en 2022, les deux Nations se sont croisées en phase de groupe. En 2018, le Maroc faisait partie intégrante du même groupe que le Portugal et l’Espagne (groupe B) alors qu’en 2022, il a croisé sur son chemin menant à la demi-finale (le Portugal en huitième de finale et l’Espagne en quart de finale). Drôle de coïncidence, n’est-ce-pas ?

Argentina tres veces campeon mundial de futbol.

Par conséquent, le hasard fait-il encore partie des agissements de la FIFA[xv] ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] La coupe du monde de football organisée par la FIFA est pratiquement suivie par la moitié des habitants de la planète terrestre. En tant que tournoi sportif, elle permet, dans le cadre de commandites, aux différents équipementiers sportifs de conquérir d’importantes parts de marché dans le monde. De ce fait, assiste-t-on vraiment à une monopolisation du marché footballistique au profit d’Adidas ? Comme le sont, d’ailleurs, la Ligue nationale de Hockey (NHL), les ligues majeures de Baseball (MLB), l’Association nationale de Basket (NBA) et la Ligue nationale de football (NFL). Toutes ces fédérations sportives sont largement dominées par l’équipementier Nike en Amérique du Nord.

[ii] 2010 : Espagne (Adidas) aux dépens de Pays-Bas (Nike), 2014 : Allemagne (Adidas) aux dépens de l’Argentine (Adidas), 2018 : France (Nike) aux dépens de la Croatie (Nike) et troisième place : Belgique (Adidas) aux dépens de l’Angleterre (Nike), 2022 : Argentine (Adidas) aux dépens de la France (Nike). Troisième place 2022 : Croatie (Nike) aux dépens du Maroc (Pumas).

[iii] Il est un fait que la fameuse compagnie allemande Adidas est le plus grand partenaire économique et industriel de la FIFA. Cette position privilégiée lui garantit-elle ipso facto le monopole des équipes victorieuses lors de la coupe du monde de football ?

[iv] Sur les images vidéo, d’ailleurs, reprises en boucle, c’est bel et bien le pied gauche de Di Maria qui, à peine, heurte voire effleure le mollet droit de Dembélé sur la surface de réparation. Mais, l’arbitre bien inspiré accorde très généreusement un pénalty au détriment des Français. Il y a lieu de relever que cette faute commise au cours d’une action forcément litigieuse n’est vraiment pas intentionnelle ni excessive même si elle provoque la chute sans conséquence de l’Argentin sociétaire de la Juventus de Turin. Ce qui fait dire à quelques experts avertis que l’arbitre polonais avait sans doute reçu des consignes strictes pour officier cette rencontre et qu’il les a appliquées dans le sens préconisé par les organisateurs du tournoi.

[v] Prochaine génération ou génération montante.

[vi] C’est au cours de cette coupe du monde que l’Italien Paolo Rossi, âgé de 22 ans et sélectionné par l’entraîneur Enzo Bearzot, s’est révélé au monde entier.

[vii] C’est la génération de Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Neymar da Silva Jr, Luis Suarez, Robert Lewandowski, etc. Dans la construction du jeu, elle allie fort merveilleusement ‘‘Liberté’’, ‘‘Créativité’’, ‘‘Fantaisie’’, ‘‘Haute technicité’’ et ‘‘Puissance’’. Sur le plan strictement économique et financier, celle-ci se caractérise (se distingue) complètement par des coûts exorbitants de transferts et des revenus astronomiques alloués aux joueurs.

[viii] Sa principale force repose substantiellement sur trois piliers : la rapidité dans l’exécution, le flaire du but et l’instinct de tueur de match.

[ix] Sa garde défensive composée de Virgil van Dijk de Liverpool, Nathan Ake de Manchester City, Jurriën Tomber d’Ajax d’Amsterdam, Daley Blind d’Ajax d’Amsterdam, Matthijs de Ligt, et le milieu de terrain Denzel Dumfries de l’Inter de Milan ont affiché un visage tout à fait séduisant.

[x] Le Sénégal coaché par Alliou Cissé, le Ghana par Otto Addo et le Cameroun par Rigobert Song. Tous ces coaches sont d’anciens internationaux qui ont défendu les couleurs de leurs pays d’origine.

[xi] Chaque équipe adverse aligne sur le terrain onze joueurs.

[xii] L’Assistance vidéo à l’arbitrage (VAR : acronyme anglais pour Value at risk)) est le système de vidéosurveillance des actions en cours du jeu ou la police des images du match de football.

[xiii] Groupe C : France, Danemark, Australie et Pérou.

[xiv] Groupe D : France, Danemark, Australie et Tunisie.

[xv] La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est une organisation qui regroupe plus de 200 membres. Elle organise tous les quatre ans la coupe du monde de football qui captive l’attention de la planète tout entière. Ce tournoi sportif présente, en réalité, d’énormes enjeux fondamentaux. Ils ne sont pas que sportifs. Ceux-ci sont aussi économiques et politiques autant que sociaux et culturels. Aussi sont-ils géopolitiques et géostratégiques. Il sied d’admettre que la fameuse coupe du monde de football génère des revenus astronomiques. Cette situation entraîne que la FIFA constitue sans doute, en tant qu’organisation internationale, une véritable puissance financière. À ce titre, sa cotation pourrait, si jamais l’occasion se présentait, être estimée sur les parquets boursiers, et selon les experts, à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars. C’est aussi une organisation rentable en termes financiers en raison de nombreux paris sportifs effectués ou engagés dans le monde entier. Entre autres lors de la période de compétitions internationales.

L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?

L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?

‘Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, Assemblée générale de Nations unies, New-York

‘‘Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l’humanité.’’ Sénèque

Par Joël Asher Lévy-Cohen

‘‘L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?’’ Posez la question de cette manière, est-ce déjà y répondre ?

L’humanité signifie établir des ponts avec son prochain, cultiver les graines de paix et d’harmonie, promouvoir la liberté et la dignité. prôner la justice et l’équité.

En outre, la formulation de cette question suggèrerait que l’humanité eût déjà été, à une certaine époque, même lointaine, totalement humaine et que de nos jours, elle vive à une allure vertigineuse le phénomène de régression au point de perdre à tout jamais son âme. Sans pour autant remonter le cours de l’histoire, relativement à ce qui se passe précisément aujourd’hui[i], peut-on affirmer que l’humanité est résolument consciente de son humanité ? Peut-on affirmer que l’humanité reste bel et bien humaine en dépit de quelques épisodes déshonorables ?

L’humanité se fonde sur le rejet de la haine et de l’ostracisme, sur la promotion du dialogue et de la coopération interplanétaire.

Si l’on part naturellement du principe que l’humanité signifie ‘‘agir avec Amour, Justice et Équité[ii], etc.’’, nourrir des brasiers conflictuels au nom des puissances financières, est-ce faire preuve d’humanité ? Priver arbitrairement son prochain de tous ses droits fondamentaux, est-ce faire preuve d’humanité ? Promouvoir la haine et l’ostracisme, est-ce faire preuve d’humanité ? Répandre le venin de la discorde et de la disharmonie, est-ce faire preuve d’humanité ?

La guerre mène à la destruction. Elle élève l’Humain au rang de prédateur et, surtout, le rabaisse au stade animal.

Prôner la dépopulation mondiale, est-ce faire preuve d’humanité ? Confisquer les ressources mondiales appartenant à des peuples tiers au strict nom de l’égoïsme, de la flibusterie et du mercantilisme, est-ce faire preuve d’humanité ? Affamer et détruire sans états d’âme des Nations entières pour capter leurs richesses et leurs maigres ressources, est-ce faire preuve d’humanité ? Polluer délibérément et même inconsciemment les eaux des océans, des fleuves et des rivières, est-ce faire preuve d’humanité ? Détruire l’écosystème forestier et animalier, est-ce faire preuve d’humanité ? Détruire la planète Terre, la maison commune de tous les êtres humains, est-ce faire preuve d’humanité ?

L’humanité veut dire protéger la planète Terre. C’est conscientiser l’humain à la survie de son espèce.

Voilà le dilemme auquel est sempiternellement confronté l’être humain sur la Terre ! A-t-il encore besoin de se voiler la face pour comprendre que le chemin qu’il a opté, le mène tout droit à sa propre perte…

L‘humanité passe nécessairement par la protection de la planète Terre et de tous ses écosystèmes. C’est de cette manière que l’Humain garantit la survie de son espèce.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] La famine, les conflits armés, la pollution, les pandémies, la destruction des ressources planétaires, la captation des ressources d’autrui, la paupérisation des masses, la destruction de l’espèce humaine, etc.).

[ii] C’est également faire preuve de solidarité et de fraternité, défendre avec conviction et énergie la dignité humaine, défendre au péril de sa vie les idéaux de liberté et de paix, rejeter la violence déployée au nom de l’obscurantisme, semer les graines de tolérance et d’harmonie dans son environnement, la concorde et la convivialité sur la planète Terre.

Qu’avons-nous fait de notre propre couronne ?

Qu’avons-nous fait de notre propre couronne ?

L’être humain est le véritable garant de l’humanité ambiante. Il est le gardien de la terre. Il doit en prendre soin avec lucidité et amour, justice et équité. Pour ce faire, il se doit de rejeter toute vision fondée sur l’égoïsme, la haine, la jalousie et l’envie. Bref la rapacité et la destruction de son prochain. À défaut, il court à sa propre perte. Il programme sa propre destruction et sa propre disparition.

L’Être humain face à ses responsabilités naturelles

 ‘‘La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal.’’ Confucius, philosophe chinois

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

C’est une certitude que personne ne peut vraiment plus nier : ‘‘Nous vivons de nos jours dans un monde littéralement instable, non sécuritaire. Un monde qui se meurt lentement mais sûrement. Nous vivons dans une planète qui se décompose pratiquement au jour le jour’’. Ce constat malheureux n’échappe plus à l’œil nu. Il n’échappe plus à la conscience universelle…

Depuis la nuit des temps, l’humanité est sérieusement confrontée à des guerres de conquête pour accaparer les richesses appartenant à des Nations limitrophes ou des peuples étrangers.

En effet, notre univers terrestre, d’ailleurs, fort connu pour être la plus belle des planètes en raison de sa faculté ou de sa capacité à abriter la vie, a sensiblement perdu la boussole. Celui-ci est, en fait, très nettement et très violemment marqué par des brasiers conflictuels allumés par-ci et par-là et des famines artificiellement provoquées. En réalité, cet environnement terrestre éprouvé est très nettement et très sévèrement rongé par des calamités de toutes sortes. 

L’humanité signifie prendre efficacement soin de la planète Terre pour préserver la santé de ses habitants. Cette vision permet de combattre la pollution qui participe à la destruction violente, rapide et accélérée de l’humain.

Ces catastrophes qui sont, évidemment, dans nombre de cas, l’œuvre incontestable de l’espèce humaine, ont indéniablement une incidence fort fâcheuse sur la santé particulière de l’individu et générale de son environnement physique. Celles-ci se traduisent pratiquement en termes de ‘‘détérioration climatique’’, de ‘‘sécheresse’’, de ‘‘pollution de tous genres[i]’’, de ‘‘destruction irréversible de l’habitat ou de la nature’’. Aussi ces calamités se traduisent-elles visiblement, [ce qui est, d’ailleurs, indiscutablement la conséquence logique et ultime], en termes de ‘‘disparition brutale et, surtout, accélérée des espèces[ii]’’.

L’être humain est totalement confronté à divers types de pollution engendrée par le modernisme industriel et le progrès technique. Ceux-ci impactent négativement son habitat et son environnement par la propagation des épidémies de tous ordres.

La santé générale de l’humanité ne périclite pas que sur le terrain physique. Aussi connaît-elle visiblement une déchéance autant vertigineuse qu’accélérée au double plan de la morale et de la spiritualité. En effet, la Terre, entièrement dominée par bien des esprits loufoques dont l’égarement relève, sans aucun doute, de l’hystérie psychiatrique, est très sérieusement confrontée au double phénomène croisé de l’affaissement spirituel et du dérèglement moral. Cet univers terrestre évidemment habité par des êtres humains est très littéralement marqué par la promotion d’un féminisme stérile et destructeur. Aussi est-il profondément rongé par la confusion sexuelle, la bestialité, l’éclatement du masculinisme conquérant essentiellement fondé sur la violence ‘‘répressive’’, le démantèlement de la phallocratie prédatrice et sanguinaire[iii].

Le féminisme est, par essence, une idéologie qui fait la promotion de la femme. Par ses actions quelquefois spectaculaires, il tente d’extirper cet être affectueux des griffes de la phallocratie fondée sur l’infériorisation de la femme et l’hyperpuissance masculine. Cependant, au lieu de réconcilier ces deux êtres appelés à vivre ensemble dans la paix et la concorde, la solidarité et l’équité, la justice et la parfaite harmonie, ce mouvement revendicateur de l’identité féminine et promoteur du pouvoir des femmes a pratiquement fait de la femme un adversaire acharné de l’homme et de l’homme un ennemi à abattre dans la société.

Il sied de relever que ce monde prétendument nouveau s’appuie inéluctablement sur des antagonismes sociaux pour s’ancrer et s’édifier. Pour, d’ailleurs, survivre et se maintenir contre vents et marrées, il exploite à fond, que d’aucuns diraient ad nauseam, des conflits intercommunautaires[iv]. La logique est, naturellement, celle de ‘‘divide ut imperare’’[v].

Pour perpétuer son hégémonie, ce fameux nouveau monde a réussi à désintégrer complètement l’espèce humaine en lui ingurgitant des valeurs funestes[vi]. Aussi a-t-il réussi à transformer mentalement l’être humain en vrai esclave de ses propres désirs ou phantasmes sociaux[vii]. Bref il a réussi à le transformer tout simplement en bon serviteur patenté ou porte-parole de ses délires loufoques ou destructeurs.

Le dieu hindou Shiva. Il est considéré par les Shivaïtes comme le créateur, le préservateur, le transformateur, le dissimulateur et le révélateur. Partout, dans le monde, on assiste, de nos jours, au déclin des religions traditionnelles débordées par le matérialisme. Ces courants de pensée philosophique, morale et religieuse sont de véritables produits de la conscience humaine dans le but d’apprivoiser coûte que coûte la nature rebelle et animalesque de l’être humain en vue de le faire accéder au stade majeur de l’humanité. Cet état de conscience terrestre est, d’ailleurs, considéré comme une étape essentielle vers la divinité céleste.

Il importe, d’ailleurs, de noter que cet environnement totalement malade imposé à tout prix à l’humain par des forces obscures est littéralement dominé par l’argent. Devenu l’essence de la société et la pierre angulaire de la civilisation en raison du matérialisme qui le sustente, celui-ci s’est finalement substitué à tous points de vue au phénomène divin. Il en porte même les attributs essentiels.

En effet, l’argent est présent et partout comme l’est, en réalité, un dieu. Il est aussi puissant comme lui. Il peut aussi bien punir que récompenser tous ses utilisateurs comme l’est, d’ailleurs, une divinité authentique. Il est manifestement vénéré. Tout le monde se prosterne devant lui. Tout le monde le loue la tête baissée, les genoux fléchis. Il quadrille toute la collectivité avec des banques et guichets automatiques qui sont, en réalité, des temples louangeurs de la finance[viii].

Un guichet automatique bancaire permet à un usager de disposer d’une partie de son argent logé dans une institution bancaire. Il lui permet d’effectuer une série de transactions bancaires et financières dont l’acquittement des factures aux prestataires de services voire le paiement des impôts et taxes aux différents organismes gouvernementaux.

De même qu’au nom de dieu et de la foi religieuse, il est, certes, prêt à sacrifier sa vie personnelle et celle précieuse de son prochain, [qui est, pourtant, son propre miroir ou son propre reflet], de même l’être humain est prêt à asservir les Nations du monde entier et à liquider des peuples de la planète terrestre. Au nom de la haute finance, des forces de l’argent, il est totalement prêt à leur arracher toute dignité et toute liberté. Il est vraiment prêt à leur renier gratuitement toute justice et toute équité. Celui-ci est visiblement prêt à leur méconnaître toute paix et toute sécurité[ix].

Les Talibans engagés de nos jours dans la guerre sainte contre l’Occident chrétien ont été préalablement fabriqués et soutenus par des forces du capital pour contrecarrer le communisme soviétique.

Avec la haute finance aux manettes de la collectivité, l’humanité est évidemment devenue un immense camp de concentration à ciel ouvert. Elle s’est transformée en véritable mouroir. Elle est même devenue un abattoir géant pour la rapide mise à mort de l’espèce humaine[x].

Dans ce monde, la notion élémentaire de droit et de liberté est pratiquement foulée aux pieds. C’est, à vrai dire, la loi du plus fort qui s’applique à tout bout de champ. En d’autres termes, c’est la jungle qui est indubitablement le visage permanent de la planète Terre. C’est la jungle qui est, tout à fait, la réalité macabre et quotidienne des populations asservies et sans défense aucune.

Le parquet boursier new-yorkais, communément appelé Wall Street, du nom de la rue qui l’abrite, est le temple du capitalisme financier mondial.

Dans cet univers, la Nature qui repose en principe sur la loi immuable de l’équilibre a, en effet, perdu tout respect et toute considération. Pour un rien, des vies entières sont sauvagement sacrifiées par des machines de répression sanglante strictement placées par les forces de l’argent à la tête des gouvernements et des États[xi]. Dans ce monde de rapacité, épris de spoliation meurtrière et d’exploitation matérialiste où le dieu s’avère, plutôt, l’argent[xii] et l’économie est sensiblement la religion des mécréants, les êtres humains sont, en réalité, des prisonniers ou esclaves. Ceux-ci sont, plutôt, des machines concrètement destinées à la production outrancière et des robots pleinement voués à la consommation aveugle[xiii].

L’argent s’est imposé comme le Maître du monde. Monnaie de référence internationale, le dollar US est utilisé dans la très grande majorité des transactions commerciales entre les Nations. Cette devise est considérée comme la reine des monnaies.

Dans cet univers de captivité permanente où le matérialisme est indéniablement la religion suprême, – [tandis que l’esclavagisme est incontestablement la pratique mystique et spirituelle] –, l’humanité privée de toute liberté et de toute dignité perd, bien entendu, sa couronne royale qu’est, évidemment, la Terre[xiv]. En effet, l’être humain tire toute sa force de cette planète bleue. Celle-ci lui fournit toutes les ressources vitales, d’ailleurs, indispensables à sa croissance et à son épanouissement. En fait, elle lui procure très gratuitement toutes les ressources alimentaires et nutritives en vue de prolonger son séjour ici-bas. Aussi lui fournit-elle toutes les ressources médicales et pharmaceutiques pour se soigner et disposer d’une puissante énergie qui lui permet d’assurer toute son existence physique[xv].

Pris en otage par des forces sans conteste obscures et malveillantes, cet univers de captivité fragilise davantage l’être humain à telle enseigne qu’il vit dans l’angoisse du futur. Il le martyrise au point que celui-ci vit dans l’insécurité permanente parce qu’il est délibérément privé de paix et de bonheur, de liberté et de dignité, de justice et d’équité. Il le prive de vie parce que son destin se conjugue désormais en termes d’extinction pure et simple d’espèce[xvi]. Cela est d’autant plus vrai que, aux quatre coins de la planète Terre, des peuples à part entière ont complètement disparu ou sont nettement en voie de disparition, lente mais progressive, à cause de l’égoïsme, de l’attachement viscéral à l’argent, de la fixation sur la plus-value économique.

La planète Terre est sérieusement confrontée à la disparition violente, rapide et accélérée des peuples protohistoriques. Ces populations indigènes sont sempiternellement victimes de la politique de dépossession de leurs territoires par des compagnies industrielles animées par la plus-value économique. Force est de souligner que leurs cultures et leurs traditions qui constituent naturellement une immense richesse et une vaste source de connaissances pour l’humanité, remontent à la nuit des temps.

Au nom de cet attachement pathologique aux richesses matérielles, des idéologies prônant systématiquement la dépopulation de la planète Terre fleurissent. Celles-ci font rapidement florès auprès d’une certaine élite ‘‘intellectuelle’’, ‘‘économique’’ et ‘‘financière’’. D’après toutes ces théories qui donnent incontestablement froid dans le dos, la diminution de la démographie mondiale s’impose inéluctablement en raison de la diminution drastique des ressources vitales participant à la survie de l’humanité. À cet effet, l’humanité doit se préparer à perdre une masse immense de ses habitants pour mieux assurer la répartition des richesses[xvii].

L’homme de demain dont le destin sera totalement préprogrammé, dirigé et contrôlé par des machines ou tributaire des ordinateurs agira réellement à l’image d’un appareil androïde.

Au-delà de l’élimination drastique de la population terrestre, il est plutôt question de fabriquer par ingénierie génétique une nouvelle espèce humaine. Celle-ci doit être une sorte d’homo sapiens en version revue et corrigée. À cet égard, le nouvel être humain rêvé ou conçu par génie génétique par ces théoriciens de l’eugénisme devrait être un sujet ‘‘augmenté’’. La communauté scientifique qui se penche sur ce nouveau type humain prévoit normalement accroître ses capacités ‘‘physiques’’ et ‘‘mentales’’. Pour ce faire et, surtout, pour le rendre plus performant dans le sens on ne peut plus productiviste du terme, celui-ci sera, en réalité, ‘‘mi-humain’’ et ‘‘mi-bionique’’.

Si elle a concrètement été à la base de grands bouleversements politiques et sociaux autant que culturels et économiques, il n’en reste pas moins vrai que la révolution, d’ailleurs, amorcée par le fameux siècle des Lumières a complètement marginalisé le rôle de la Providence divine dans l’entreprise humaine. Pour ce faire, celle-ci a naturellement fait de l’être humain le principal ‘‘acteur’’ de son destin. S’appuyant substantiellement sur la science et rejetant catégoriquement les superstitions, elle a fait de ce dernier le principal créateur de sa vie ou le seul auteur de son existence physique.

Il est absolument de la nature de l’être humain de croire à l’existence d’un Être suprême en qui il place sa pleine et entière confiance, qu’il vénère comme son créateur et son protecteur.

Cette interprétation philosophique issue directement du siècle des Lumières a eu pour effet d’écarter le principe fondamental du ‘‘prédéterminisme’’ qui affecte la vie des humains sur la planète Terre. D’après cette théorie qui ‘‘met en exergue l’impuissance de l’homme en tant que créature et la préscience de Dieu en tant que créateur, la vie humaine est totalement conditionnée par la volonté divine qui intervient dans chaque événement’’. En écartant donc ce principe prédéterministe, le siècle des Lumières a pratiquement fait de l’être humain un ‘‘Génie créateur’’, un ‘‘Esprit inventeur’’. Il fait pratiquement de lui un ‘‘Égal de l’Être divin’’ par sa capacité à façonner sa propre vie, à mouler l’existence physique, à se la concevoir selon ses caprices et phantasmes, selon ses vues et espérances.

La théorie darwiniste substantiellement fondée sur l’évolution des espèces, dont celle spécifique de l’homme, a littéralement contribué à l’émergence de l’athéisme. Cette doctrine rejette du revers de la main l’intervention d’un quelconque dieu dans le processus de création. Pour cette interprétation de l’irruption de la nature, c’est le hasard qui, en réalité, est le point de départ de toute chose ou de toute créature, y compris les univers et l’homme.

Partant de là, le siècle des Lumières substitue le prédeterminisme à l’humanisme. Par ce rejet éminemment philosophique et intrinsèquement religieux, il consacre le triomphe de l’Homme. Dans cette nouvelle configuration idéologique, l’homme n’est plus une simple créature de Dieu certes chargé de le maintenir définitivement en état d’esclavage. Il devient, plutôt, sa propre créature. Par conséquent, il devient un être manifestement libre de toute volonté, fût-elle divine. Il appert que le siècle des Lumières consacre effectivement l’humanisme terrien en termes de puissance de l’intelligence permettant à l’humain de repousser continuellement les limites de la connaissance et du savoir par la force de sa curiosité et le goût de l’aventure.

Un humain augmenté sera un être qui réagirait comme un homme, une machine et un ordinateur. Il pourrait combiner les caractéristiques masculines et féminines. Toutefois, quelle sera-t-elle effectivement la part d’animal ou de divin en lui ?

Par ailleurs, en écartant le prédéterminisme qui fait intervenir la Providence divine dans l’action humaine et dans l’existence physique, le fameux siècle des Lumières ouvre très largement la voie à l’athéisme en chantant haut et fort les louanges de l’homme complètement libéré du carcan divin. Cependant, dans la seule et unique perspective de création d’un ‘‘être’’ ou d’invention d’un homme substantiellement ‘‘augmenté’’, la nouvelle espèce humaine à produire industriellement ne confiera plus les clefs de son destin à l’homme. Même Dieu, le très célèbre Créateur de la vie selon les Saintes Écritures, ne bénéficiera évidemment plus d’un tel monopole ou tel privilège.

L’intelligence artificielle sera le fondement de la société de demain. La virtualité deviendra une réalité avec laquelle les humains peuvent flirter, qu’ils peuvent palper.

En effet, l’homme entend, plutôt, confier tout son destin entre les mains de simples machines. Il entend, plutôt, le confier aux ordinateurs. C’est effectivement l’ère de l’intelligence artificielle qui assure le passage de l’humanisme au  »transhumanisme », et par-dessus le marché au  »posthumanisme ». Force est d’admettre que celle-ci est pratiquement censée régler toute la vie humaine comme une horloge.

Les ordinateurs serviront à programmer l’humain de demain. Celui-ci aura la capacité de télécharger au moyen d’une puce électronique son énergie vitale de la même manière qu’il se dope aujourd’hui avec des vitamines ou boissons énergisantes. Toutefois, pourra-t-il vraiment décharger son corps pour réinstaller sa puce électronique dans un autre corps ?

Il est un fait indéniablement établi que dans la civilisation postindustrielle qui met pleinement l’emphase sur l’automatisation ou la robotisation, l’être humain a été définitivement écarté du processus de production au profit exclusif de la machine. Cependant, dans la société posthumaniste sans doute promue par des théoriciens eugénistes, l’informatique et l’électronique en sont réellement la pierre angulaire, le moteur. Cette nouvelle posture entraîne donc logiquement et forcément que les ordinateurs deviennent les nouveaux dieux et nouveaux acteurs ou déterminants de l’existence humaine.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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www.joelasherlevycohen1.wordpress.com


[i] Sonore, visuelle, chimique, atmosphérique.

[ii] Animale, végétale, humaine.

[iii] Le droit de cuissage, la suprématie masculine, la misogynie et le féminicide se sont, en réalité, révélés les caractéristiques principales de cette phallocratie.

[iv] Dépendamment des régions voire des pays d’une même sous-région, les différends opposent brutalement les principales religions traditionnelles. Ils opposent violemment les différentes races et cultures, les peuples et nations au profit de puissants intérêts égoïstes et malveillants, éloignant ainsi le spectre reluisant de la paix et de l’harmonie universelle, repoussant par conséquent les rayons lumineux de la fraternité et de la solidarité.

[v] Le principe latin de ‘‘diviser’’ pour mieux ‘‘régner’’.

[vi] La promotion du célibat des femmes en âge de procréer, la féminisation tous azimuts des hommes, la peur d’engagement matrimonial des hommes, le refus catégorique du mariage hétérosexuel en tant que modèle de perpétuation de l’espèce humaine et principal facteur de rotation des générations, la promotion agressive de la pédophilie ou de l’éphébophilie, de l’inceste et de la zoophilie à travers les réseaux sociaux ou médias alternatifs, l’hypersexualisation des mœurs sociales, etc.

[vii] La course effrénée au pouvoir pour le pouvoir, à l’enrichissement autant illicite que personnel, l’attachement à la gloire personnelle, l’identification au matérialisme le plus abject.

[viii] Ces temples administrés par des ecclésiastiques d’un tout nouvel ordre religieux sont érigés à chaque coin de rue ou au milieu du village, bien entendu à la gloire immarcescible de l’argent tout-puissant.

[ix] Les guerres artificiellement provoquées en Irak, en Libye, en Syrie ou en Ukraine postsoviétique, le soutien aux tyrannies meurtrières et systèmes verrouillés en Afrique, en Asie et en Amérique centrale et latine, l’appui stratégique et militaire au régime ségrégationniste d’Apartheid en Afrique du Sud.

[x] L’humanité est effectivement érigée en un immense camp de la mort pour l’élimination physique de la race humaine. En effet, les êtres humains meurent journellement par manque de médicaments et de centres de santé et d’hygiène publique, par manque d’aliments nutritifs ou à forte teneur protéique et de conditions de salubrité. Ces derniers périssent par manque de connaissance et de précaution sanitaire et prophylactique.

[xi] Le cas de l’Ukraine postsoviétique est, à ce point, éloquent. Ce pays de l’Europe centrale et orientale que se disputent évidemment des intérêts divergents, est devenu, de nos jours, la propriété privée des compagnies étrangères ou la proie facile des multinationales qui lorgnent son sol et guettent comme un fruit mûr son sous-sol. Son nouveau statut explique en partie les raisons pour lesquelles cette ancienne république soviétique tout à fait transformée en laboratoire et grande industrie de fabrication des agents pathogènes ou infectieux, est embarquée malgré elle dans une entreprise guerrière dont le coût humain est absolument catastrophique pour sa propre population.

[xii] Un simple bout de papier portant une écriture comptable.

[xiii] L’empire de la consommation du futile par des individus faibles d’esprit. Celle-ci est effectivement rendue possible par une industrie complètement axée sur la production des futilités et, surtout, doublement gérée par une élite bourgeoise ‘‘centrale’’ et ‘‘périphérique’’ dont la conscience est manifestement polluée, qui souffre réellement d’atrophie mentale.

[xiv] La couronne est, par définition, une parure de forme circulaire. Portée sur la tête, celle-ci symbolise, en fait, la dignité ou l’insigne de puissance ou d’autorité. Symboliquement, la Terre représente une couronne pour l’être humain. En effet, par la multiplicité de ressources mises à sa pleine et entière disposition, cette planète lui garantit la survivance de son espèce. Elle lui assure prolifération et expansion, développement et progrès, liberté et sécurité. Par ailleurs, la couronne de l’humain, c’est aussi symboliquement sa propre vie ou sa propre existence dont il a le suprême devoir de protéger, de rendre plus prospère et plus juste, plus sécuritaire et plus harmonieuse, plus digne et plus libre, plus robuste et plus pacifique.

[xv] La Terre procure, en réalité, à l’être humain toutes les ressources lui permettant devenir pratiquement un Être immortel. Elle lui assure, donc, la continuité de la vie au sens physique du terme. Elle lui assure, en fait, la perpétuation de son espèce ainsi que la longévité.

[xvi] Bon nombre de peuples autochtones ont complètement disparu de la face de la planète Terre en raison des épidémies mortelles, des guerres impitoyables et de la colonisation ou occupation forcée de leurs terres ou territoires par des puissances exogènes.

[xvii] Si elles posent, en réalité, de très nombreuses questions sur le plan de l’éthique, entre autres la pertinence d’une telle mesure macabre au regard de multiples possibilités qui s’offrent évidemment à l’être humain, toutes ces idéologies somme toute ‘‘dépopulationnistes’’ ne disent jamais clairement qui devrait prendre une telle décision capitale et gravissime et pourquoi. Elles ne disent jamais clairement dans quelles circonstances celle-ci doit être prise et dans quel intérêt. Ces théories macabres ne désignent jamais clairement les Peuples et Nations de la Terre qui doivent faire les frais d’une telle décision. Une fois identifiées toutes ces communautés à qui on refuse catégoriquement le droit de vivre leurs vies, de jouir de leur existence telle qu’elles l’entendent, ces théories sans doute mortifères ne disent jamais la manière brutale ou douce dont celles-ci devraient aller ad patres. Ce qui est tout à fait sûr et certain, l’humanité vivante est bel et bien entrée dans l’ère de pandémies et de vaccins. Ces idéologies mortifères se gardent également de dire comment les ressources matérielles et terrestres doivent être équitablement réparties entre les êtres humains en situation de carence ou de limitation drastique des richesses de la Terre. En effet, lorsqu’elles étaient abondantes ou suffisantes pour nourrir et enrichir l’ensemble des habitants de la planète, celles-ci ont été plutôt intentionnellement confisquées par les États du Nord et de puissants intérêts occidentaux pour se bâtir une hégémonie meurtrière, une domination arbitraire fondée sur la paupérisation des peuples et Nations du Sud.

RCD-Goma : Une révolution armée sans suite ? Histoire d’une escroquerie politique…

RCD-Goma

Me Azarias Ruberwa Manywa, secrétaire général du RCD. Lors d’un point de presse, cette personnalité politique est accompagnée par le lieutenant-général Jean-Pierre Ondekane Inkale, un des ténors militaires de la rébellion antikabiliste de 1998. Le sous-lieutenant Ondekane représentait avec Sylvain Mbuki et Dieudonné Kayembe la figure de proue de la mutinerie mobutiste au sein du RCD.

Une révolution armée sans suite ?

Histoire d’une escroquerie politique…

‘‘On ne ment jamais assez avant les élections, pendant la guerre et après la chasse’’ Georges Clémenceau, Président du Conseil, République Française (1906 – 1909 et 1917 – 1920)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le 2 août 1998, le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila qui a, d’ailleurs, marginalisé bon nombre de ses anciens camarades et, surtout, compagnons d’armes de l’AFDL, est sérieusement en porte-à-faux avec une mutinerie militaire. Au cours de cette révolte armée,. le personnel en béret et kaki désire le renverser violemment. À cet égard, les combats à l’arme lourde font terriblement rage dans la capitale Kinshasa. Ces conflagrations armées, d’ailleurs, d’une virulence inouïe et d’une barbarie indicible opposent, en réalité, les forces armées congolaises (FAC), – demeurées très largement fidèles à Mzee Kabila –, aux mutins, pour la circonstance, soutenus techniquement et logistiquement par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

Le Sud-Africain Nelson Mandela présidant la rencontre entre le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre et le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila sur le bâtiment aéronaval sud-africain Outeniqua en mai 1997. De gauche à droite : Mobutu, Mandela, Kabila.

Afin de mobiliser toute la population à sa cause ‘‘délicate’’, le chef de l’État autoproclamé évoque, sans retenue, un coup d’État visiblement orchestré par trois pays limitrophes de la région des Grands Lacs africains. À savoir : le Rwanda de Pasteur Bizimungu – depuis lors défenestré par nul autre que le généralissime Paul Kagame –, le Burundi du major Pierre Buyoya et l’Ouganda du général Yoweri Kaguta Museveni. En fait, ce fameux putsch militaire est pratiquement manigancé par d’anciens parrains régionaux du guérillero postmarxiste et postmaoïste. En réalité, ce pronunciamiento est ourdi par des ex-alliés et, à plus forte raison, partenaires stratégiques dans le renversement du régime dictatorial du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre. Force est de souligner en effet que les relations politiques et diplomatiques, y compris les liens de bon voisinage, qui unissaient, toutefois, de manière intime le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila à ce cartel étatique, s’étaient rapidement et exécrablement détériorées.

Le général James Kabarebe (au milieu) des forces de défense rwandaises est l’homme de confiance du Rwandais Paul Kagame dans le sensible dossier congolais. Ce chef de guerre diplômé de l’Université Makerere en Ouganda a joué un rôle-clé dans le renversement brutal du régime politique du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre en 1997. À ce titre, il est élevé au poste de chef d’état-major interarmes des Forces armées congolaises (FAC) sous la présidence fort controversée du chef rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila. Conseiller spécial du président Paul Kagame pour les questions de sécurité, il fut de nombreuses années ministre de la défense du Rwanda. Poste qu’il quitta, d’ailleurs, en 2019.

Leurs rapports s’étaient tendus à un point tel que le recours à la violence armée était devenu pratiquement inévitable. Bien entendu, il était devenu irréversible en raison de multiples accusations de spoliation des ressources nationales directement lancées par le régime politique de Laurent-Désiré Kabila contre les États limitrophes et alliés. Ce chef de guerre ne supportait plus de se faire damer le pion par ses propres alliés et parrains dans l’exploitation et la vente des matières premières de la République démocratique du Congo.

Leurs liens étaient devenus tellement conflictuels que le recours à la force physique était inéluctable, pratiquement inévitable en raison de la révocation cavalière, peu élégante, de nombreux contrats d’exploitation d’immenses ressources précieuses et stratégiques par le gouvernement de Kinshasa, et ce au détriment de la fine fleur de la Communauté financière et minière internationale. Toutes ces richesses physiques – [tant naturelles et minérales que stratégiques et précieuses]– étaient, lors de la fameuse épopée révolutionnaire de 1996 – 1997, pourtant inconditionnellement garanties par le célèbre condottiere ‘‘congolais’’ aussi bien aux tuteurs internationaux qu’aux parrains régionaux. Il sied d’admettre que ces trois États limitrophes jouissant, manifestement, de la bénédiction de puissants intérêts économiques et financiers d’extraction anglo-saxonne furent, à titre de parrains et d’alliés régionaux, d’ailleurs, très fortement engagés dans le renversement militaire du Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre.

La prise de la capitale Kinshasa par les troupes rebelles de l’AFDL le 17 mai 1997. Une euphorie de courte durée.

Par contre, les forces armées rebelles, en l’occurrence le RCD-Goma, qui n’ont nullement la cote auprès de la population fortement exaspérée, évoquent, dans le but de justifier leur entreprise belliciste et leur agression militaire, un despotisme qui ne porte guère son nom. Celles-ci évoquent, pour la circonstance, l’assise d’une dictature féroce dont la philosophie est en fait l’intolérance politique. Elles fustigent très virulemment l’installation d’une tyrannie brutale, l’émergence d’un système arbitraire dont le discours idéologique véhicule, en réalité, le sectarisme, la discrimination d’un pan de la population nationale, pourtant, culturellement intégrée. Aussi allèguent-elles l’instauration d’un autre régime autoritaire et d’un autre pouvoir monocratique, lequel pouvoir a littéralement bâillonné, pris en otage, l’ensemble du pays aux lendemains de la chute violente d’un autre tyran de triste mémoire.

C’est dans ce contexte de reniement mutuel entre partenaires qui n’ont véritablement pas su se partager le gâteau du pouvoir politique que le Peuple congolais, naturellement coincé entre deux mâchoires redoutables de la violence armée, certes pris entre les brasiers féroces de deux forces belligérantes, découvre – comme dans un film d’horreur produit par Hollywood – le fameux groupe rebelle dénommé ‘‘Rassemblement congolais pour la démocratie’’ (RCD). Il fait la connaissance de ce mouvement politique et militaire à la suite d’une conférence de presse qui justifie, politiquement, la mutinerie armée contre le pouvoir visiblement décrié du mercenaire Mzee Laurent-Désiré Kabila. Celui-ci fait, en réalité, la connaissance de cette formation doublement politique et militaire dans un véritable contexte de chaos et d’anarchie.

L’objectif primordial de la rébellion militaire du RCD associée aux mutins mobutistes des FAZ était le renversement militaire du régime de Mzee Laurent-Désiré Kabila afin d’asseoir plutôt à Kinshasa un pouvoir politique à la fois faible et docile aux doléances des Transnationales occidentales, plus précisément d’extraction anglo-saxonne.

Cette situation, au demeurant, confuse ne permet nullement à toute la population de prendre immédiatement la véritable mesure de la crise politique et du conflit militaire. C’est-à-dire : ‘‘Une sale guerre d’occupation territoriale’’. Un Conflit armé dont la finalité est évidemment ‘‘le pillage meurtrier des richesses étatiques, le bradage sauvage des ressources nationales autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques, sur fond de balkanisation territoriale’’.

Il convient de relever que cette fameuse rébellion politico-militaire hétéroclite présente cette particularité et cette singularité de réunir les cadres politiques et chefs militaires de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL)[i]. Ce mouvement armé les associe aux résidus de factions militaires et politiques mobutistes qui ne supportent absolument guère le traitement leur réservé par le vrai-faux nouveau régime fort de Kinshasa[ii]. Aussi les associe-t-il directement aux divers débris de milices politiques et armées aussi bien lumumbistes que nationalistes[iii]. En vérité, toutes ces factions estiment avoir été ignoblement ‘‘trahies’’ par le dirigeant rebelle autoproclamé président de la République démocratique du Congo.

Il y a lieu de noter que, outre les Banyamulenges de l’AFDL, les Mobutistes et les acteurs politiques lumumbistes et nationalistes, cette rébellion politico-militaire a recruté parmi les proches compagnons de Mzee Laurent-Désiré Kabila[iv]. Ce mouvement armé proche de Kigali et de Kampala a, également, recruté parmi la crème intellectuelle[v]. Aussi a-t-il réussi à attirer d’anciens fonctionnaires internationaux[vi]. Tout comme il a réussi à attirer sans résistance des membres de l’Opposition légaliste, non armée et non-violente[vii].

Pour avoir refusé de rétrocéder les ressources minérales et naturelles autant que précieuses et stratégiques à la fine fleur de la communauté internationale, le pouvoir anglo-saxon impose une guerre meurtrière à la République démocratique du Congo dirigée politiquement par le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Force est mentionner que le RCD jouit, à cette époque effervescente, des mêmes soutiens logistiques et techniques que la défunte AFDL qui a subverti violemment le tristement célèbre pouvoir politique du Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre et, par ricochet, démantelé le régime politique et institutionnel de la Conférence nationale souveraine (CNS). En effet, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda qui agressent physiquement, une fois de plus, la souveraineté internationale et l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo, lui ont évidemment apporté leurs appuis stratégiques dans le but de renverser militairement le pouvoir contesté de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Aussi bénéficie-t-il largement des mêmes appuis financiers, politiques et diplomatiques que cet ancien mouvement politico-militaire sur le plan purement international. À cet égard, la Belgique – qui est, par essence, l’ancienne puissance coloniale –, la Grande-Bretagne, les États-Unis d’Amérique et, sans oublier, le très discret Canada ont été effectivement les meilleurs alliés de ladite faction rebelle.

Au début de la guerre civile, donc le 2 août 1998, cette rébellion antikabiliste établit le siège de son commandement politique et de son état-major militaire à Goma (Province du Nord-Kivu), qui est une ville interlacustre de l’Est du pays et frontalière du Rwanda. Toutefois, au début du IIIe millénaire, celui-ci est très rapidement transféré à Kisangani (Province Orientale), de surcroît, la troisième ville du pays. Volonté d’émancipation ou volonté de séduction du Peuple congolais ? Ce qui est sûr, ce transfert de siège politique et militaire est rapidement opéré dans le but de gommer toute filiation avec le Rwanda. Il se justifie dans la mesure où le Peuple congolais voit, plutôt, dans cette organisation politico-militaire un cheval de Troie du général-président Paul Kagame, qui plus est un bras armé de ce petit pays voisin dans le but de balkaniser littéralement le majestueux territoire national.

À compter du 2 août 1998, le RCD-Goma, en tant que mouvement politico-armé anti-Kabila, a réellement connu une trajectoire en dents de scie. En vérité, il a connu toute une série de fractures et même de défections politiques dans son cheminement révolutionnaire. Et non des moindres. En effet, cette organisation politique et militaire a bel et bien implosé, éclaté, en maintes factions armées autonomes, d’ailleurs d’importance fortement inégale.

Antipas Mbusa Nyamwisi

Cette rébellion armée a, effectivement, donné naissance au RCD/ML[viii] d’Antipas Mbusa Nyamwisi. Ce groupe est solidement implanté dans le Maniema frontalier de l’Ouganda. Il s’appuie exclusivement sur les ressortissants de l’ethnie nande. Cette faction politique et militaire particulièrement concentrée dans l’Est du pays finit par s’allier, on ne peut plus tard, au MLC[ix] de l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo. Aussi a-t-elle rapidement donné naissance au RCD/N[x] de Roger Lumbala Tshitenga.

le général-major Roger Lumbala Tshitenga

Ce mouvement politico-militaire dont l’affiliation rwandaise l’a énormément desservi, faut-il le rappeler, a en réalité vécu plusieurs départs de ses cadres les plus éminents. Il s’est vite départi des services du Pr Ernest Wamba dia Wamba pour n’avoir pas du tout réussi à séduire la province du Bas-Congo et à conquérir militairement l’Ouest du pays dont la capitale Kinshasa. Force est de souligner que cette région du pays a sérieusement souffert de multiples atrocités de cette rébellion armée au tout début de la guerre civile, d’ailleurs qualifiée par une kyrielle d’observateurs nationaux et d’experts internationaux avertis de guerre d’occupation et de pillage, en 1998.

Toutefois, dans le but d’exercer son emprise militaire sur l’Est du pays, ce mouvement politique et révolutionnaire fit directement appel à l’ancien fonctionnaire international auprès de l’UNESCO, Arthur Z’Ahidi Ngoma. Cette rébellion se départit définitivement de cet acteur de premier plan à la veille du fameux Dialogue intercongolais en République Sud-Africaine (RSA). Cette rupture fut, totalement, consommée lorsque ce personnage proche des intérêts français commença à critiquer très ouvertement la prépondérance ethnique des Nilotiques tutsis dans la branche politique et militaire de ladite rébellion indubitablement proche du Rwanda. Même pour séduire le grand et richissime Katanga et, par voie de conséquence, mettre immédiatement la main sur son pactole minier, cette entreprise révolutionnaire ‘‘anti-Kabila’’ fit, momentanément, appel au fameux Dr Émile Ilunga afin d’occuper la présidence de son plus haut comité politique et militaire.

Le fonctionnaire international près l’UNESCO, Arthur Z’Ahidi Ngoma, a présidé au destin du RCD – Goma. Il fit défection pour rejoindre les rangs du Mouvement de libération du Congo (MLC) dirigé par le postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo farouchement opposé au régime kabiliste.

Le RCD-Goma auquel il est, sans doute, attribué de nombreux crimes imprescriptibles – dont des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et le crime de génocide -, d’ailleurs couverts par de grandes puissances internationales, tels la Belgique, le Canada, les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ONU, est, faut-il le mentionner, signataire du protocole d’Accords de Lusaka des 10, 30 et 31 juillet, 30 et 31 août 1999. Cette organisation politique et militaire a été, en fait, partie prenante de toutes les négociations politiques intercongolaises successivement tenues à Addis-Abeba (Éthiopie) et à Gaborone (Botswana) dans l’optique de préparer et d’organiser les Assises politiques du Dialogue intercongolais (DIC). Cette rébellion armée anti-Kabila a, aussi, participé à toutes les étapes des pourparlers politiques et à toutes les commissions du DIC en Afrique du Sud en 2002 (Sun City) et 2003 (Pretoria).

Le RCD-Goma a également été, faut-il le préciser, partenaire et allié de l’UDPS au sein de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD) dans le seul et unique but de relancer les pourparlers politiques intercongolais devant nécessairement déboucher sur un accord global et inclusif (AGI). En réalité, ces négociations politiques ont été, brusquement, interrompues par la signature de l’accord pirate et sectaire de l’Hôtel des Cascades, susurré par de puissants intérêts belges et américains. En principe, ceux-ci voulaient coûte que coûte tuer dans l’œuf le DIC et, par conséquent, imposer, à la faveur dudit accord controversé et suicidaire, le général-major Joseph Kabila Kabange – [d’ailleurs secondé pour la circonstance par Jean-Pierre Bemba Gombo] – à la tête de la République démocratique du Congo[xi]. De ce fait, ils tenaient à matérialiser leur volonté mesquine de poursuivre incessamment l’entreprise de pillage léopoldien des ressources nationales et richesses étatiques.

Jean-Pierre bemba Gombo du MLC

Donc, cette fameuse entente marginalisait, à vrai dire, le RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il faut mentionner que cet accord clandestin impliquait directement les rebelles armés du Mouvement de libération du Congo (MLC) mené par l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo et la faction belligérante de Kinshasa dirigée par le général-major Joseph Kabila Kabange. Celui-ci avait certes pour effet de balkaniser le majestueux territoire national. Aussi avait-il assurément pour effet de démembrer et de désintégrer complètement la République démocratique du Congo au profit des belligérants. D’autant plus que l’Est d’ailleurs assujetti à un pillage des plus sauvage et meurtrier devait rester sous l’influence permanente du RCD-Goma, l’Ouest complètement endormi et placé sous le joug du pouvoir de Kinshasa et le Nord tenu au respect à coup de bâton et soumis à la merci du MLC.

Il ne fait aucun doute que le pacte de l’hôtel des Cascades a donné lieu à une corruption sans précédent touchant différents acteurs politiques. Aussi cette entente certes décriée fut-elle endossée par un certain nombre d’opérateurs nationaux émanant de la Société civile. Ceux-ci furent en réalité plus préoccupés et plus soucieux de se remplir les poches que de s’occuper consciencieusement de l’avenir politique oh ! Combien hypothéqué de la Nation et du Peuple.

C’est dans ce contexte pathétique qu’intervient rapidement la constitution de l’ASD dont les piliers fondamentaux sont l’UDPS sur le plan politique et le RCD-Goma sur le terrain militaire. Cette plateforme circonstancielle avait effectivement pour objectif primordial la relance des pourparlers politiques intercongolais et, surtout, la démocratisation du pays. Mais, en réalité, le véritable corollaire de cette plateforme stratégique a été indéniablement le maintien de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Donc, son principal crédit fut la matérialisation effective de la réunification de la Nation.

Si elle a réellement réussi à mener à terme la reprise des négociations politiques, d’ailleurs, soldées, par un accord, quoi que tout à fait controversé[xii], l’ASD n’a pas véritablement du tout réussi à concrétiser la démocratisation politique et même la libération nationale de la tyrannie sanguinaire. Alors que cela a été, en vérité, son objectif le plus fondamental. En effet, cette association circonstancielle entre l’UDPS et le RCD-Goma n’a pas survécu aux lendemains de la signature de l’AGI. Cette plateforme a été complètement liquidée dans la mesure où la formation politique chère à Étienne Tshisekedi wa Mulumba n’a pas participé, contrairement à son partenaire et allié stratégique de l’ASD, aux institutions politiques et citoyennes de la Transition couvrant, bien sûr, la période triennale de 2003 à 2006.

À titre de rappel, contrairement au fameux gentleman agreement négocié par toutes les parties protagonistes, accordant à l’UDPS et a fortiori Étienne Tshisekedi wa Mulumba, la vice-présidence chargée de la Commission sociale et culturelle de la Transition politique de 2003 à 2006, ce poste a complètement échappé au leader charismatique de l’Opposition politique et démocratique au profit d’Arthur Z’Ahidi Ngoma. Manigance politique voire même diplomatique oblige, celui-ci est attribué à un ancien belligérant qui a prêté allégeance politique au pouvoir de Kinshasa. Ceci bien entendu grâce à la complicité manifestement indiscutable de la Communauté internationale (Belgique et France) et la duplicité avérée du Médiateur sénégalais Moustapha Niasse qui a [délibérément] soumis la procédure de nomination à cette fonction à la votation[xiii].

Le général-major Joseph Kabila Kabange succède dans des conditions extrêmement confuses à son beau-père Mzee Laurent-Désiré Kabila lâchement assassiné, selon des sources à la fois actives, crédibles et autorisées, par un commando palestinien muni pour la circonstance de passeports libanais.

« Ce tripatouillage de l’ancien Premier ministre sénégalais aux allures de coup de force politique et diplomatique violait, ainsi, l’esprit et la lettre de l’AGI. En effet, ce pacte intercongolais prévoyait, certes, l’adoption et l’application de toutes décisions, ainsi que l’attribution de chaque poste, par voie consensuelle.« 

Par ailleurs, cette vice-présidence a échappé à l’UDPS et à Étienne Tshisekedi wa Mulumba grâce à la collusion indéniable du MLC de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bemba Gombo et du PPRD de Joseph Kabila Kabange. Aussi ce poste a-t-il échappé à cette formation et à son leader grâce à la collusion d’une frange importante de l’Opposition politique et de la Société civile, d’ailleurs, très largement fabriquées par de puissants intérêts extérieurs. C’est cette violation manifeste de l’Accord intercongolais de paix de Pretoria combinée avec la conjuration avérée des bailleurs de fonds internationaux qui incita littéralement l’UDPS, suite aux vives recommandations d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, à ne point participer à toutes les instances politiques et citoyennes de la Transition.

Signataire de l’AGI, le RCD-Goma participe, activement, à la fameuse Transition politique de 2003 à 2006. À ce titre, cette rébellion politico-militaire occupe, en vertu de ladite entente, la vice-présidence de la République chargée de la toute-puissante Commission ‘‘Politique, Défense et Sécurité’’. Elle occupe cette Institution hautement stratégique par l’entremise de Me Azarias Ruberwa Manywa. Aussi obtient-elle dans la foulée le poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Celui-ci est, d’ailleurs, occupé par le médecin Adolphe Onosumba Yembe, qui est de surcroît le président de ce parti politique et militaire. Au niveau gouvernemental, ce mouvement armé qui a, effectivement, du mal à trouver ses vraies marques dans la collectivité, se voit également gratifier de prestigieux ministères de la défense nationale et anciens combattants, ainsi que celui de l’éducation nationale.

Il est un fait établi qu’au cours de la Transition politique de 2003 à 2006, le RCD-Goma ne sait véritablement pas se renouveler. Cette formation ne sait pas du tout s’adapter au contexte socioculturel ambiant en tant que formation politique. Il ne sait même pas se moderniser. Il ne sait pas orienter son discours idéologique malgré sa transformation en parti politique.

Cette organisation militaire directement issue de la rébellion armée anti-Kabila ne sait pas non plus conquérir politiquement les autres espaces régionaux du pays. Elle ne sait pas s’ouvrir très largement aux autres bases ethniques en vue de recruter de meilleurs éléments lui permettant de porter haut son idéal et son discours. Elle se mue, plutôt, en porte-parole de la minorité tutsie. Cette attitude de repli sur soi est, surtout, perceptible lors de la mémorable crise de Minembwe, minuscule territoire disputé violemment par les ressortissants banyamulenges aux populations autochtones du Kivu. Pourtant, lors de sa mise en orbite le 2 août 1998, ce mouvement armé rebelle présentait visiblement un visage plutôt pluriel !

Les tergiversations politiques du RCD-Goma sur la prise militaire de Bukavu (chef-lieu de la province du Sud-Kivu) par un de ses hauts cadres militaires, le colonel Jules Mutebusi, aggravent incontestablement le fossé abyssal avec le reste du pays. Elles accentuent définitivement les suspicions qu’alimente, à profusion, à volonté, la majorité absolue de la population congolaise. Elles légitiment les appréhensions qu’entretient celle-ci sur ses velléités expansionnistes et ses ambitions ‘‘partitionnistes’’.

Le général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit Laurent Nkunda, du CNDP

Toutefois, le divorce politique du RCD-Goma d’avec l’ensemble du Peuple congolais est définitivement consommé lorsque son aile dirigeante banyamulenge prend réellement fait et cause en faveur de toutes revendications aussi bien identitaires que foncières du ‘‘Conseil national pour la défense du peuple (CNDP)’’. À la faveur du processus de paix Amani, ce bras armé finit par fondre dans les structures politiques et gouvernementales. Ce mouvement politico-militaire qui dérive en fait du RCD-Goma, est d’ailleurs dirigé par nul autre de ses anciens cadres que le général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’.

Ce chef de guerre tutsi banyamulenge réputé donner énormément du fil à retordre aux autorités politiques et gouvernementales au Nord-Kivu, est depuis cette période trouble l’objet d’un mandat d’arrêt national émis par le pouvoir de Kinshasa. Officiellement, ce seigneur de guerre est séquestré au Rwanda où il s’est, d’ailleurs, certes réfugié. Mais, officieusement, rapporte-t-on, son ombre longiligne a été vue, et ce à maintes reprises, à la base militaire de Kitona et aussi à Kimpese (une localité située à 150 Km de la capitale Kinshasa). À en croire certaines indiscrétions, celle-ci aurait même été aperçue, vue dans cette riche Province pétrolifère du Bas-Congo. Entre autres pendant les effervescentes périodes préélectorale, électorale et postélectorale (2011), signale-t-on.

Par ailleurs, le RCD-Goma jouant sensiblement la carte de l’ouverture démocratique et le jeu institutionnel de la Transition politique, a bel et bien participé à la présidentielle et surtout aux législatives de 2006. Aussi a-t-il largement, activement, participé aux sénatoriales et aux provinciales. Au cours de ces élections, il a malheureusement mordu la poussière. Il a réalisé ses pires scores politiques.

Me Azarias Ruberwa Manywa qui était manifestement son porte-étendard, qui défendait pourtant toutes ses couleurs au scrutin présidentiel, a réellement fait piètre figure. Cette formation politico-militaire n’a même pas fait élire un seul ressortissant tutsi nilotique, fût-il munyamulenge ou munyamasisi à la chambre des Représentants (chambre basse de l’Assemblée nationale). Toutefois, à la chambre haute (le Sénat), un de ses plus hauts cadres politiques et administratifs, en l’occurrence Me Moïse Nyarugabo Muhizi, a réussi à faire, heureusement, son entrée triomphale pour une mandature de six ans. Depuis lors, cet avocat n’a jamais remis son mandat en jeu…

Par ailleurs, les toutes dernières élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, lesquelles ont réellement fait couler beaucoup d’encre et de salive, voire beaucoup de sang, n’ont pratiquement pas enregistré la présence des candidats du RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il importe de reconnaître que cette organisation fut pourtant, à une certaine époque révolue, la force militaire la mieux équipée et la mieux entraînée du pays mais aussi une force politique redoutable, incontournable. Toute la question est de savoir les raisons profondes de cette réelle et soudaine ‘‘disparition’’ politique. S’agit-il, en réalité, d’une hibernation préméditée ? Est-ce en fait un repli stratégique délibéré ?

Le Mouvement du 23 mars, autrement désigné (M23), est l’héritier légitime de l’AFDL et du RCD – Goma. Il est coiffé par le commandant Sultani Makenga.

Par ailleurs, l’aphonie du RCD-Goma doit-elle être effectivement considérée comme un geste relevant pratiquement du hara-kiri politique ? S’agit-il manifestement d’un acte ou d’une opération s’apparentant plutôt à un solde de tout compte dans la vie nationale ? S’agit-il à vrai dire d’une simple reconversion ou réorientation politique ? À ce propos, est-il question d’une recomposition militaire dudit mouvement révolutionnaire ? S’agit-il par contre d’un vrai sabordage politique délibéré et d’une véritable refonte stratégique en d’autres structures politiques et militaires [tels le CNDP ou le fameux M23] ?

Par conséquent, le RCD-Goma, grand absent ou grand oublié des élections présidentielle et législatives de 2011 ? Quelle mission politique ou militaire s’assigne-t-il dorénavant ? Quel rôle compte-t-il réellement jouer dans les prochains jours, dans les semaines, mois et années à venir au sein de l’espace national ? L’avenir le dira très certainement.

Cependant, une chose est sûre et certaine, le RCD-Goma entame son démantèlement progressif aux lendemains de la signature du processus de paix Amani de 2008 à Goma (province du Nord-Kivu). Force est de constater que celui-ci devait sceller définitivement la paix et la concorde dans cette immense région instable qu’est effectivement devenu le grand Kivu. Il devait, donc, logiquement assurer l’intégrité territoriale…

Toujours est-il que ce mouvement politique et militaire est, de nos jours, définitivement sans âme. Toujours est-il que cette entreprise politique et révolutionnaire qui, au plus fort du conflit armé, s’assigne d’éradiquer l’intolérance en République démocratique du Congo, est à tout point de vue sans substance. Toujours est-il que cette formation qui se fixe de rompre à tout jamais la tyrannie sanguinaire ainsi que l’immobilisme despotique, est apparemment sans vie.

Toujours est-il que cette entreprise issue directement de la mouvance révolutionnaire de l’AFDL, dont le leitmotiv politique et idéologique consiste à émasculer l’autoritarisme d’un État anachronique et irresponsable, est à vrai dire pratiquement une coquille vide. Pour quelles raisons majeures ? Celle-ci renaîtrait-elle finalement de ses cendres ? De quelle manière cette opération se ferait-elle si jamais cette hypothèse se confirmait sur le terrain politique et même national ? Cette organisation politique et militaire [considérée comme le cheval de Troie du Rwanda] a-t-elle encore, concrètement et logiquement parlant, un certain avenir politique et même une certaine assise en République démocratique du Congo ? A-t-elle suffisamment de ressources pour reconquérir un espace national qui lui est définitivement hostile ?

Joseph Kabila Kabange avait, lors d’une visite à Washington, reçu de puissants intérêts de la communauté internationale le mandat d’attribuer un territoire autonome aux ressortissants rwandophones tutsis banyamulenges dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’est de cette mission périlleuse que provient effectivement la fameuse crise de Minembwe. Ce conflit foncier très nettement et très clairement encouragé par le gouvernement Matata Ponyo Mapon avec la création artificielle d’un territoire physique du même nom en 2013 a visiblement pollué l’atmosphère nationale dans cette portion névralgique du pays.

Le 20 décembre 2011, le mercenaire Joseph Kabila Kabange, un ancien de l’AFDL, prête serment devant un parterre d’invités de marque dont le président zimbabwéen Robert Gabriel Mugabe et l’Ambassadeur belge Johan Swinnen. Ce dernier personnage diplomatique est en fait l’artisan de la proclamation de faux résultats électoraux. Il est sans aucun doute la pierre angulaire de la mascarade ayant reporté Kabila au pouvoir en République démocratique du Congo.

Face à la réelle contestation de légitimité politique entre le général-major Joseph Kabila Kabange dont la réélection à la tête du pays est, à n’en pas douter, sujette à caution et le juriste Étienne Tshisekedi wa Mulumba dont la victoire électorale à la présidentielle du lundi 28 novembre 2011 a été certainement volée grâce à la complicité manifeste des États phares de la Communauté occidentale[xiv], qu’aurait-il pu entreprendre à ce niveau le RCD-Goma, d’ailleurs proche du Rwanda limitrophe ? Ce mouvement politico-militaire aurait-il pu réellement se pencher en faveur du changement politique et démocratique d’ailleurs prôné par le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS qui fut, à juste titre, son allié et partenaire au sein de l’ASD ? Aurait-il pu, par contre, se prononcer en faveur du général-major Joseph Kabila Kabange dont les origines plus que tutsies rwandaises voire même tanzaniennes sont, en réalité, un secret de polichinelle ?

Cette question s’impose sans doute dans la mesure où les chansons populaires exhortent sans équivoque, pendant la campagne électorale, le leader de l’UDPS à retourner Joseph Kabila Kabange au Rwanda pour avoir camouflé ses origines ethniques et tribales. Il sied de souligner que cet État limitrophe est, indubitablement, son pays de naissance et aussi celui de ses parents biologiques dont la réalité est complètement tue. D’autres slogans de campagne électorale poussent le chef de ce mouvement en faveur de la démocratie et de la liberté à extrader le jeune tyrannosaure à la Cour pénale internationale (CPI).

Le Rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Kaguta Museveni ont été les grands pourvoyeurs militaires du RCD et autres factions armées rebelles contre le régime de Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK).

Face aux enjeux internationaux et nationaux de la République démocratique du Congo, le RCD-Goma aurait-il réellement été, au fil de toute son évolution politique et militaire dans l’espace national, une escroquerie révolutionnaire ? Ce qui est franchement clair et net, cette opposition armée, une fois aménagée dans la capitale Kinshasa dans le cadre de la Transition politique (2003 – 2006), entame très graduellement son retrait de la vie politique. Au cours de cet interstice où les principales forces belligérantes se taillent, à n’en point douter, la part du lion, cette organisation entame sa disparition progressive des radars politiques et médiatiques.

À partir de cet instant, l’apathie manifestée par ce mouvement révolutionnaire dont la filiation avec l’AFDL ne laissait personne indifférent, donnait, en réalité, l’impression que toute son existence politique voire militaire n’avait plus objectivement de justification à faire valoir. En fait, sur le terrain, celle-ci n’avait plus de raison dès lors que le guérillero postléniniste et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré Kabila ne faisait manifestement plus partie de l’équation nationale. Donc, l’atonie du RCD donnait sans nul doute l’impression que toute son entreprise politique et militaire n’avait évidemment plus lieu d’être dès lors que le mobile principal de sa rébellion armée avait totalement disparu du paysage congolais et du décor politique national. À savoir : ‘‘la présence nettement remarquée et imposante de Laurent-Désiré Kabila au plus haut sommet de la République démocratique du Congo’’.Il faut comprendre par ce raisonnement son remplacement violent, dans des conditions sujettes à caution, par son beau-fils, – [a fortiori tutsi rwando-tanzanien] –, Joseph Kabila Kabange’’[xv].

Hormis quelques présences symboliques de Me Azarias Ruberwa Manywa dans maintes manifestations politiques et civiles, d’ailleurs ciblées, – tel le congrès de l’UDPS à Limete –, le RCD-Goma disparaît définitivement de l’espace national. Il disparaît avant même de matérialiser sa principale raison d’existence qu’est ‘‘la lutte armée contre la dictature et l’intolérance à la fois politique et idéologique’’. En vérité, cette entreprise révolutionnaire disparaît avant même d’atteindre son objectif cardinal, pourtant affiché et réaffirmé dans l’acte fondateur de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD). C’est-à-dire : ‘‘l’édification d’un environnement politique libre et juste, digne et tolérant, solidaire et fraternel ; la constitution d’un espace démocratique essentiellement fondé sur le respect scrupuleux des droits humains fondamentaux et des libertés républicaines’’. D’ailleurs, dans le document constitutif de l’ASD, ce parti politico-militaire s’est résolument engagé à concrétiser cet idéal noble et patriotique en République démocratique du Congo en utilisant tous les moyens, sans exception, jusqu’à la victoire finale.

Me Azarias Ruberwa Manywa du RCD rendant visite à Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS à Kinshasa.

Or, force est d’admettre que les germes d’une société politique complètement piétinée par une tyrannie macabre, totalement écrasée par un despotisme sanguinaire, subsistent toujours en République démocratique du Congo. Ceux-ci subsistent même pendant que ce mouvement politico-militaire est, effectivement, une des composantes essentielles de la Transition politique. Pourtant, les relents de la dictature féroce sont toujours présents au sein de la Nation depuis l’élection présidentielle fort controversée de 2006. Y compris celle sensiblement violente de 2011. Le régionalisme, le népotisme et l’intolérance sont toujours présents au sein de la Collectivité publique totalement bâillonnée, visiblement prise en otage par le général-major Joseph Kabila Kabange et sa meute d’artisans et de courtisans.

À ce portrait peu flatteur du régime Kabila s’ajoutent des massacres de masse, des viols de femmes, l’embrigadement de très jeunes enfants, la transformation littérale du pays en zone de non-droit. De nos jours, rien n’a vraiment changé. C’est absolument du pareil au même ! Alors, à quoi le RCD-Goma pro-Rwanda a-t-il réellement servi ? En d’autres termes, quel a vraiment été son principal objectif ?

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’UDPS se fait mitrailler et bâillonner, sans autre forme de procès, par le pouvoir politique et militaire incarné par le mercenaire Joseph Kabila Kabange dont l’illégalité et l’illégitimité sont, d’ailleurs, en réalité indiscutables, irréfutables, sur le plan démocratique. Dans cette partie déséquilibrée où les violations massives de droits humains fondamentaux et de principes démocratiques et républicains, couvertes par de puissants intérêts extérieurs, sont à n’en point douter monnaie courante, le RCD-Goma soutenu par le Rwanda choisit définitivement de se taire. Donc de ne pas agir. Pourquoi ? Qu’est-ce qui justifie vraiment son manque de réactivité politique dans ces circonstances certes exceptionnelles où l’unité politique de l’État et la cohésion sociale de la communauté nationale sont pratiquement en jeu ? Qu’est-ce qui explique un tant soit peu sa léthargie politique ?

Étienne Tshisekedi wa Mulumba et Mobutu Sese Seko du Zaïre à Roquebrune-Cap-Martin, sur la Côte d’Azur, en France. L’UDPS de Tshisekedi a été un partenaire stratégique du RCD en vue de relancer le dialogue intercongolais totalement au point mort en Afrique du Sud en 2002.

Or en 2006, cette organisation politique et militaire avait adopté le même comportement silencieux lorsque, en guise de contestation des résultats électoraux, les affrontements armés ont très violemment éclaté entre Jean-Pierre Bemba Gombo et Joseph Kabila Kabange. En 2011, cette formation armée directement issue de l’AFDL historique n’hésite pas à afficher clairement la même attitude. Par conséquent, cet abandon manifeste de l’UDPS par le RCD-Goma doit-il être interprété, en vérité, de neutralité politique ? Qui ne dit mot consent, dit-on ! À cet effet, le lourd silence de ce mouvement politique et militaire est-il indéniablement coupable ? Devrait-on l’accuser sans retenue de non-assistance à peuple en danger ? Cela est d’autant plus vrai que, lorsque les agressions physiques ou verbales visaient principalement, ciblaient directement les communautés rwandophones banyamulenge ou banyamasisi, cette formation n’hésitait pas à monter immédiatement au créneau pour les défendre politiquement.

Bizarrement, concernant le conflit meurtrier au Grand Kasaï, lequel oppose violemment les autorités politiques, administratives et gouvernementales à une partie certes importante des Citoyens, le RCD ne se manifeste point. Il importe de mentionner que dans ce conflit, le pouvoir politique incarné par Joseph Kabila Kabange et certains anciens membres de l’AFDL dont est directement issu le RCD-Goma, massacre sa propre population. Pourtant, ces accrochages très violents entre les deux camps auraient normalement dû l’interpeller au point même de le positionner en force médiatrice, en tant que principal défenseur des peuples opprimés, écrasés de la République démocratique du Congo (RDC). Ne serait-ce que pour [dé]montrer sa vision des enjeux nationaux ! Rien de tout cela.

Finalement, pour qui roule-t-il le RCD-Goma pro-Rwanda ? Pour Joseph Kabila Kabange qui est effectivement un sujet tutsi rwandais dont les origines ethniques et tribales ont, d’ailleurs, été dévoilées par cette formation chère au Me Azarias Ruberwa Manywa[xvi] ? Pour le fameux CNDP de Laurent Nkundabatware Mihigo sabordé en Mouvement du 23 mars (M-23) ? Pour l’UDPS ou le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba qui promeut littéralement la paix et la sécurité, la démocratie et la liberté de la Nation, la dignité et la justice, l’Union politique du territoire  national ? Pour le Peuple congolais pratiquement victime d’un pouvoir prédateur et sanguinaire ?

Me Alexis Thambwe Mwamba, un néomobutiste notoire au service de Léon Lobitsch Kengo wa Dongo,a été un farouche opposant au pouvoir de Mzee Laurent-Désiré Kabila lors de la rébellion armée de 1996 à 2003. Curieusement, cet avocat de renom est devenu un bras droit du régime politique de Joseph Kabila Kabange.

Ce qui est vraiment clair, et d’ailleurs très nettement irréfutable, d’anciens cadres politiques et administratifs du RCD-Goma pro-Rwanda entourent voire même supportent, de nos jours, le mercenaire Joseph Kabila Kabange. Il s’agit d’Alexis Thambwe Mwamba, Lambert Mende Omalanga, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.  Ceux-ci l’accompagnent dans sa macabre volonté d’extermination de la population congolaise et dans celle éhontée de dilapidation des biens publics. Hormis Azarias Ruberwa Manywa (membre d’un gouvernement illégitime) et Moïse Nyarugabo Muhizi (membre d’un sénat illégitime et illégal), les personnalités politiques ci-dessus citées ont, néanmoins, cette particularité et cette singularité d’avoir servi fidèlement un autre tyran de sinistre mémoire et à plus forte raison massacreur du même Peuple congolais. Il s’agit du Maréchal-despote ‘‘Mobutu Sese Seko du Zaïre’’.

Ce qui est absolument clair et net, les anciens supplétifs du RCD-Goma pro-Rwanda[xvii], ont réellement donné un coup de main décisif à Joseph Kabila Kabange pour être réélu. Tous ces mercenaires à la solde du Rwanda ont naturellement forcé les électeurs à voter en faveur du chef de l’État sortant lors de l’élection présidentielle de 2011. Il y a lieu de relever que ce scénario similaire de ‘‘prise en otage’’ des votants s’était déjà produit en 2006 au grand Kivu lorsque les différentes forces négatives qui pullulent, essaiment et sèment la violence physique et la terreur aveugle dans cette région martyre – [Maï-Maï, FDLR, CNDP] – ont complètement vicié, pollué, le scrutin présidentiel. En effet, celles-ci se sont improvisées– au vu et au su de tout le monde – superviseur de bureaux de vote dans l’Est du pays.

Cette supervision électorale, d’ailleurs décriée, s’est opérée sans pour autant que toutes ces sectes sanguinaires et terroristes bénéficient réellement du mandat ‘‘légal’’ et ‘‘officiel’’ dûment délivré par le pouvoir électoral organisateur[xviii]? Il n’en demeure pas moins vrai que la seule présence intimidante desdites forces négatives dans les centres de vote a en réalité contraint l’ensemble des électeurs de cette région à procurer sans détour leurs suffrages populaires à Joseph Kabila Kabange et ce aux dépens de l’affairiste Jean-Pierre Bemba Gombo. D’ailleurs, au cours d’une entrevue accordée en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), en septembre 2007, au journaliste indépendant américain Jackson Wilson, Joseph Kabila Kabange a évidemment confirmé toute cette information sur l’utilisation des groupes rebelles dans le processus électoral.

Ainsi, une telle information certes inquiétante a entamé l’appréciation de la crédibilité et de l’intégrité du processus démocratique dans la mesure où la liberté de voter, en tant qu’acte civique et responsable, a été visiblement bafouée. Par ailleurs, en vue de mettre en lumière son implication dans cette mascarade électorale de 2006 et, par voie de conséquence, déterminer sa responsabilité manifeste, ce chef de l’État dont l’élection présidentielle fut entachée de fraudes et d’irrégularités sans doute avérées, à une échelle déjà insoupçonnée à cette époque, n’hésita pas à renchérir, à déclarer du même souffle : ‘‘On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs’’. Ce qui dénota, en réalité, sa volonté malsaine de tricher et de saboter l’expression politique et démocratique du Souverain primaire.

Le général Bosco Ntaganda

Force est de reconnaître que dès 2006, le fameux seigneur de guerre ‘‘Bosco Ntaganda’’, alias Terminator, fut nettement placé sous le coup d’un mandat d’arrêt international[xix]. Celui-ci fut, d’ailleurs, délivré par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[xx]. Ce tribunal pénal international le suspectait d’avoir enrôlé de force des enfants soldats. Cependant, le gouvernement de Kinshasa refusa de le livrer à cette juridiction pénale internationale dans la mesure où ce soudard participait activement, aux côtés des forces onusiennes (MONUSCO), au démantèlement des poches de résistance et des bases arrière servant stratégiquement de zone de repli aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[xxi]. À vrai dire, toute la question est de savoir pourquoi et comment l’ONU tolérait une telle coopération armée, surtout, avec un individu, pourtant, officiellement recherché, traqué, par la justice internationale.

Le Sud-Coréen Ban Ki-moon

Par conséquent, il revient strictement au Secrétaire général de l’ONU de l’époque, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, d’y répondre. Il appartient, surtout, à son Envoyé spécial et, à plus forte raison, Représentant de la Mission d’observation des Nations unies pour la stabilité institutionnelle de la République démocratique du Congo (MONUSCO), l’Ambassadeur honoraire américain Roger Allen Meece, d’éclairer la lanterne de l’opinion publique aussi bien internationale que nationale. Il lui appartient de s’expliquer franchement. Aussi appartient-il plus particulièrement et plus singulièrement au Conseil de sécurité de l’ONU, spécifiquement aux cinq membres permanents, d’apporter sans tarder et, surtout, sans tergiversations des éclaircissements sur cet impair politique, sur cette supercherie diplomatique.

L’ambassadeur honoraire Roger Allen Meece des États-Unis (à droite).

Joël Asher Lévy- Cohen

Journaliste indépendant

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[i]Le secrétaire général de l’AFDL Deogratias Bugera, le ministre des affaires étrangères Bizima Karaha, le chef d’état-major général de l’AFDL James Kabarebe, les avocats Azarias Ruberwa Manywa et Moïse Nyarugabo Muhizi.

[ii]Le Lieutenant Jean-Pierre Ondekane, le commandant Sylvain Mbuki, le commandant Dieudonné Kabengele, le ministre de l’information du Maréchal Mobutu, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, Alexis Thambwe Mwamba, Ashila Pashi Tshibwabwa.

[iii]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba, Lambert Mende Omalanga.

[iv]Le Dr Émile Ilunga.

[v]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba.

[vi]Arthur Z’Ahidi Ngoma.

[vii]Roger Lumbala Tshitenga, Kazadi Nashanla Babandoa.

[viii]Rassemblement congolais pour la démocratie/Mouvement de libération.

[ix]Mouvement de libération du Congo.

[x]Rassemblement congolais pour la démocratie/National.

[xi]Le Dialogue intercongolais prévu par l’Accord de cessez-le-feu Lusaka a été conçu dans le but de renverser politiquement le régime controversé de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Dès l’assassinat de ce chef de l’État autoproclamé de la République démocratique du Congo, la communauté occidentale s’est résolue à saboter coûte que coûte ce volet politique du protocole d’Accords de Lusaka dans la mesure où son pion agissant sournoisement dans le cœur du système, Joseph Kabila Kabange, l’a immédiatement succédé dans des conditions fort nébuleuses, et ce avec la triple complicité africaine (Angola, Zimbabwe et République Sud-Africaine).

[xii]Pour garantir toute son efficacité, la nouvelle entente résultant de la seconde phase des Assises politiques intercongolaises à Pretoria (2002) et à Sun City (2003) se devait forcément et logiquement d’intégrer toutes les forces belligérantes, toutes les organisations de l’Opposition politique et démocratique, ainsi que toutes les forces vives de la Nation et tous les acteurs de la Société civile.

[xiii] C’est à la suite d’un voyage évidemment effectué à Paris que cet ancien Premier ministre sénégalais change sans autre forme de procès les règles du jeu. Ce comportement cavalier incline à penser qu’il l’aurait agi ainsi sur injonction du gouvernement français qui n’a jamais porté dans son cœur l’UDPS de l’opposant Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

[xiv] La Belgique, l’Union européenne (UE) et les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle nocif dans cette joute électorale. Le peuple congolais paye, aujourd’hui, les effets de leur soutien au régime mercenaire de Joseph Kabila Kabange sous forme de violations criardes des droits fondamentaux de la personne humaine et de confiscation brutale de la démocratie.

[xv]Laurent-Désiré Kabila est décédé le 16 janvier 2011 des suites d’assassinat programmé par l’establishment occidental.

[xvi]Le vice-président du RCD-Goma pro-Rwanda, le commandant Jean-Pierre Ondekane, devenu entre-temps général-major des FARDC et ministre de la défense à la faveur de l’AGI, a confirmé dans la foulée du DIC les origines tutsies rwandaises de Joseph Kabila Kabange.

[xvii] Ce sont des soudards qui ont effectivement grossi les rangs du CNDP du général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’. L’on pourrait nommer ‘‘Bosco Ntaganda’’ de Force patriotique de libération du Congo (FPLC).

[xviii]En l’occurrence deux institutions politiques et citoyennes réellement corrompues : la Commission électorale indépendante [CEI] présidée par le très controversé Abbé Apollinaire Malu-Malu Muholongu en 2006 et la fameuse Commission électorale nationale indépendante [CENI] dirigée par le pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda en 2011). 

[xix] Ce chef de guerre tutsi rwandais fut, dans l’entretemps, élevé au rang de général au sein de l’armée nationale congolaise (FARDC), à la faveur du processus politique de paix ‘‘Amani’’,

[xx]Bosco Ntaganda, alias ‘‘Terminator’’, est aujourd’hui sous les verrous. Il est un justiciable de la CPI.

[xxi] Il s’agit de la branche armée de la rébellion hutue rwandaise accusée de génocide de 1994 au Rwanda.

FATSHI : L’architecte d’une nouvelle Nation africaine

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dit ‘‘Rangers’’ ou ‘‘Béton armé’’

25 ans après la disparition du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est en train de façonner un nouvel être congolais. Celui-ci est caractérisé par la maturité politique, le goût de l’entrepreunariat privé, la participation active au destin collectif et l’éthique de responsabilité.

L’architecte d’une nouvelle Nation au cœur de l’Afrique

‘‘L’architecte est celui qui a vocation par son art d’édifier quelque chose de nécessaire et de permanent’’ Paul Claudel, Feuilles de Saint, L’architecte, 1925

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le jeudi 24 janvier 2019, la République démocratique du Congo est complètement sortie de la parenthèse tyrannique. Force est de mentionner que celle-ci a été ouverte par le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre en date du 24 novembre 1965. Cette ère à la fois sombre, austère et lugubre est certes caractérisée par l’étranglement de la vie politique et démocratique[i].

Le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre

En effet, le jeudi 24 janvier 2019, la République démocratique du Congo, d’ailleurs, sise au cœur de l’Afrique ‘‘indépendante’’ depuis le jeudi 30 juin 1960, a en réalité connu pour la première fois de son histoire politique une alternance pacifique et civilisée. Cette passation de pouvoirs que d’aucuns pensaient irréalisable, s’est opérée entre le sortant Joseph Kabila Kabange et le nouveau Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il importe de souligner que ‘‘par son envergure, cet événement historique ouvre, à coup sûr, une nouvelle ère sur le plan aussi bien du discours politique que de la posture idéologique sustentant la pratique politique et le jeu institutionnel’’.

La passation de pouvoirs entre Joseph Kabila Kabange (JKK) et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) le jeudi 24 janvier 2019 au Palais de la Nation à Kinshasa.

En effet, depuis le jeudi 24 janvier 2019, un nouveau slogan est lancé par le nouveau régime qui prend les rênes du pays. Celui-ci résonne fort aux oreilles des Congolaises et Congolais plutôt accoutumés au bâillonnement sévère de leurs droits et libertés. Cette formule de propagande gouvernementale initiée par la nouvelle présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se résume assurément à trois mots percutants : ‘‘État de droit’’.

Plus qu’un slogan politique et mobilisateur des masses, cette devise mise en avant par le chef de l’État nouvellement élu en vue de caractériser sa mandature placée sous le double signe du Changement et de l’Action, se veut plutôt un ‘‘état d’esprit.’’ Celui-ci se doit inéluctablement de guider son pays certes fossilisé par le règne du despotisme le plus barbare. Et il se doit, par voie de conséquence, d’orienter l’ensemble de ses Compatriotes vers de nouvelles ‘‘valeurs fondamentales’’ et de nouveaux ‘‘principes directeurs’’ de la Conscience nationale.

Au-delà de toute considération politique et même de tout discours idéologique, cette formule percutante d’État de droit promue par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est, d’abord et avant tout, une interpellation du Citoyen sur sa véritable place dans la société. Ensuite, cette devise se veut un acte de responsabilisation de l’être congolais dans le système politique national. Enfin, ce slogan s’avère un acte de conscientisation du Sujet congolais dans le processus du développement économique. À vrai dire, c’est en soi un acte de sensibilisation sur sa participation réelle au phénomène de progrès social qui doit normalement fleurir sur l’ensemble du territoire national, germiner aux quatre coins du pays.

Pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’amour de la patrie inculqué au citoyen est un facteur-clé dans le développement économique et le progrès social

Par la formule d’État de droit, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo attire l’attention du Congolais sur le fait indéniable qu’il est, d’abord et avant, tout un être humain. Et, en tant qu’être humain digne de ce nom, il dispose, donc, des droits et des devoirs qui le lie solidement à la société dans laquelle il meut. Le premier de tous ces droits et devoirs est qu’il est incontestablement membre à part entière d’une société qu’il se doit de chérir et de servir loyalement à la mesure de ses moyens ou possibilités. Ce n’est que de cette seule et unique manière qu’il peut assurément prendre soin de son pays. Ce n’est que de cette seule et unique façon qu’il peut protéger son État envers et contre tous en tant que terre léguée par les aïeux aux générations futures.

En d’autres termes, ce chef de l’État imprime en douceur le nationalisme dans la tête et dans le cœur de ses Concitoyennes et Concitoyens. Donc, au travers de cette devise d’État de droit, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo mousse le ‘‘patriotisme’’. Il dope à petite dose homéopathique le patriotisme qui fait pratiquement défaut dans le chef de ses compatriotes. En effet, l’amour de la patrie a été, à vrai dire, une de ces valeurs fondamentales délibérément ‘‘délaissées’’ autant que foncièrement ‘‘piétinées’’ par la tyrannie macabre afin de mieux tenir en laisse, museler et quadriller l’ensemble de la population[ii].

Ce qu’il faut nécessairement comprendre, le patriotisme concourt, par définition, à l’union des esprits, à l’unité qui doit nécessairement prévaloir au sein de la patrie. Or, la tyrannie pour mieux fonctionner s’appuie littéralement sur la fragmentation des esprits au niveau de la conscience nationale. En fait, elle opère de cette manière pour ne pas en principe se heurter violemment à une opposition aussi bien organisée que structurée. Ce régime fonctionne vraiment ainsi pour éviter de se confronter à une résistance, d’ailleurs, capable de faire échec à toute son entreprise de démantèlement du groupe politique qu’est évidemment la Nation et de démolition du Citoyen en tant que sujet des droits et des libertés.

Pour endiguer le phénomène de violence urbaine, le gouvernement de la République démocratique du Congo fait participer les jeunes délinquants dans le cadre du service national (SN) à la lutte en faveur de la souveraineté alimentaire.

En d’autres termes, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo imprime dans la conscience citoyenne la notion de responsabilité. Celle-ci est indispensable à toute émancipation d’une tutelle, à toute émergence d’une collectivité publique et à tout épanouissement du Citoyen. En effet, la responsabilité signifie, bien sûr, ici la conscience d’appartenir à un groupe social déterminé, mais encore et surtout, la conscience d’être un acteur réel au sein de ce même groupe.

Être acteur au sein d’un groupe veut dire participer activement à la définition et à la consolidation du destin collectif. En démocratie politique, cela passe inéluctablement par le choix de ses dirigeants nationaux afin de mieux protéger ses intérêts légitimes en tant que Sujet de l’État et a fortiori Citoyen. Cela passe impérativement par la prise de conscience de sa qualité de souverain primaire qui détermine la quintessence du jeu politique et institutionnel par la définition de ses aspirations fondamentales que sont appelés à mettre en œuvre ses représentants légitimes.

Cependant, en tant qu’éthique qui doit coûte que coûte gouverner la société, qui doit à tout prix éclairer et encadrer le comportement des femmes et hommes qui vivent au sein d’une communauté, la responsabilité dont le chantre est assurément le chef de l’État de la République démocratique du Congo, s’appuie très substantiellement sur trois paramètres essentiels. À savoir : ‘‘D.ieu’’, la ‘‘Nation’’ et le ‘‘Développement’’. Ces trois piliers importants participent donc à sa résurrection.

En effet, pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo décidé à transformer entièrement le logiciel des Congolaises et Congolais hérité tout droit de la dictature prébendiaire et macabre, le Citoyen se doit de s’approprier la notion primordiale de D.ieu. Dans ce contexte fort spécifique, D.ieu signifie ici la capacité mentale du Peuple ou du Citoyen à rechercher, à pratiquer et à prôner autant le Bien que l’Amour dans la Cité. C’est la capacité ‘‘spirituelle’’ et ‘‘morale’’ à transformer sur le double plan socioéconomique et socioculturel la société tout entière pour le bonheur de ses pairs.

Donc, D.ieu symbolise, en vérité, la morale adossée à la spiritualité qui détermine et éclaire quotidiennement le comportement humain. C’est cette notion capitale qui fixe les limites de son action journalière. Celle-ci part évidemment de la considération du bien public au respect inconditionnel de son prochain.

L’inspection générale des finances (IGF) est le fer de lance de la présidence de FATSHI dans la lutte gouvernementale contre la corruption, la dilapidation des deniers publics et la gabegie financière.

Comme elle est, par définition, le rejet absolu du mal, la réalité divine pousse, donc, l’être humain à rejeter catégoriquement dans la vie publique et dans l’environnement communautaire la corruption qui tue la société. En effet, ce phénomène destructeur aiguise l’égoïsme et les appétits kleptomaniaques. En favorisant naturellement le vol ou la dilapidation des deniers publics, il attire à coup sûr comme un aimant toutes les autres pratiques immorales. À savoir : l’absentéisme professionnel, la prostitution, la pratique du bakchich, etc.

En d’autres termes, D.ieu signifie, à vrai dire, la réimpression des valeurs morales et spirituelles aussi bien que matérielles et intellectuelles dans l’âme congolaise. C’est le téléchargement du logiciel mental dans la conscience congolaise en vue de faire de ce sujet a fortiori africain un être tout à fait ‘‘digne’’ et ‘‘responsable’’, ‘‘consciencieux’’ et ‘‘respectable’’, manifestement respectueux de sa communauté, de son environnement sociétal, de ses institutions et de leurs règles.

Cette notion divine fortement imprimée dans la tête et dans le cœur du Congolais le pousse, estime réellement le président de la République démocratique du Congo, à être sage et intelligent dans la vie pratique et quotidienne. Elle le pousse, donc, à être résolument conscient de son rôle fondamental au sein de la Nation et de son éminente place dans le concert des États. À cet égard, être conscient signifie, à vrai dire, le fait d’être ‘‘Vigilant’’, ‘‘Judicieux’’ dans ses choix et ‘‘Perspicace’’ dans son entreprise ou son action.

La vigilance implique le fait de ne vraiment pas être distrait à tous égards. En effet, le Congolais façonné par le despotisme brutal est un sujet totalement distrait. Il est, en réalité, un être incapable de se concentrer sur l’essentiel. Il est très souvent phagocyté par les futilités de la vie physique et mondaine. Il se laisse fort aisément absorbé par des frivolités. Cette attitude entraîne qu’il sacrifie facilement les intérêts primordiaux du sanctuaire national.

En d’autres termes, la vigilance implique le fait de veiller à la sécurité publique. Pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la vigilance signifie le fait de veiller à la sécurité autant des biens que des individus. En réalité, ceux-ci constituent des ‘‘ressources’’ contribuant inéluctablement à la liberté et à la dignité du Citoyen, à la prospérité et à la puissance de la Collectivité publique. La vigilance, c’est la ‘‘prudence’’. C’est le fait de rester constamment éveillé, tel un gardien de nuit ou un agent de sécurité commis à des tâches de surveillance.

Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est animé par le grand souci de protéger la femme congolaise très souvent victime des traditions rétrogrades et, surtout, d’accroître sa participation au progrès de la nation et au développement de la collectivité publique.

Le deuxième paramètre sur lequel s’appuie l’éthique de responsabilité dont doit faire montre le Congolais sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est, bien entendu, la Nation. Pour ce chef de l’État, la République démocratique du Congo représente la ‘‘Famille’’ dans laquelle tous les membres ont indiscutablement le statut de frère et de sœur. Cette fraternité et cette sororité s’inspirent très largement de la chrétienté romaine. En vérité, elles s’inspirent du mouvement évangélique protestant auquel ce dirigeant politique et étatique est sans doute affilié. Ce qui exige, en termes d’attitude comportementale, la solidarité, l’entraide, le refus de l’égoïsme, le rejet de la félonie et de l’ignominie, le vivre-ensemble collectif, le sens de la communauté nationale, la disponibilité permanente vis-à-vis de la collectivité publique, etc.

Aussi cette double notion de fraternité et de sororité s’inspire-t-elle effectivement de la tradition culturelle africaine et congolaise. Force est de relever que celle-ci s’appuie naturellement sur la vertu du dialogue participatif et décisif à la cohésion nationale. Cette démarche vise à sceller manifestement la réconciliation politique et nationale entre les filles et les fils du pays. Elle vise, surtout, à trouver le compromis nécessaire à la paix et la sécurité, à l’harmonie et la concorde politique ou civile[iii].

Et, enfin, le troisième paramètre qui définit et consolide l’éthique de responsabilité magistralement prônée par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est sans conteste le ‘‘Développement’’. À ce niveau, le développement prend la connotation du travail bien exécuté pour l’intérêt de la Nation. C’est-à-dire : un travail générateur de prospérité et de sécurité à tout point de vue. Un travail générateur de richesses et d’emplois au profit des Congolaises et Congolais. Un travail sensé booster le progrès social dans les familles respectives et dans l’ensemble des communautés qui forment la Nation et la Collectivité publique.

Sous l’impulsion du président FATSHI, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge lance les travaux de modernisation de 145 territoires de la République démocratique du Congo (RDC).

C’est, à n’en point douter, dans cette optique que le gouvernement de la République démocratique du Congo a visiblement initié, sous l’impulsion présidentielle de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo,le fameux programme de 145 territoires pour placer cet État au cœur du continent africain dans l’orbite du développement économique et du progrès social. Donc, pour le chef de l’État congolais, avoir véritablement souci du développement de la République démocratique du Congo, c’est faire preuve d’amour patriotique dans la mesure où l’on met un accent particulier et singulier sur la dignité et la liberté, la justice et la sécurité des Congolaises et Congolais. C’est faire preuve de nationalisme dans la mesure où l’on mise strictement sur la puissance et la prospérité de la Nation.

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une telle attitude commandée par la bienveillance fraternelle ou sororale voire un tel réflexe guidé par la solidarité et illuminé par l’Amour universel ne peuvent être inspirés que si l’on est sincèrement animé par l’Esprit divin et céleste. En d’autres termes, l’éthique de responsabilité qui découle de l’Amour divin, est garante de paix et d’harmonie sociale, de stabilité et de sécurité, de justice et d’équité. À vrai dire, celle-ci est, surtout, garante de liberté citoyenne et de dignité nationale parce qu’elle s’appuie substantiellement sur trois paramètres majeurs ou principes fondamentaux. À savoir : D.ieu[iv], la Nation[v] et le Développement[vi].

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Cette période est manifestement marquée par l’extinction des droits humains fondamentaux et des libertés publiques totalement reconnues au Citoyen en tant que sujet d’un État responsable par des textes majeurs. Pis, celle-ci est sensiblement marquée par la complète destruction mentale du Congolais au point de le réduire systématiquement et automatiquement au stade inférieur de l’animal sauvage.

[ii] Sous la triple tyrannie mobutiste, kabiliste et joséphiste, la population n’a vraiment jamais eu droit au cours de civisme national et de morale citoyenne.

[iii] Les assises de Lubumbashi du mois d’avril 2022. Il s’agit d’une réunion sur la paix et la solidarité au Katanga en vue de favoriser la cohabitation intercommunautaire, l’entente fraternelle et le vivre-ensemble collectif entre Katangais et Kasaïens dont les frictions sont délibérément exacerbées par des politiciens haineux et véreux. Cette table ronde sur la ‘‘paix’’ et la ‘‘réconciliation’’ entre ces deux communautés avait très nettement pris la forme d’une conférence interprovinciale entre les forces vives des Provinces des Kasaï et du grand Katanga. À compter du vendredi 22 avril 2022, elle a, surtout, été présidée au plus haut niveau du gouvernement de la République démocratique du Congo par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge originaire du Katanga. En outre, celle-ci a été rehaussée, lors de la clôture des travaux, par la présence magistrale du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’espace Grand Kasaï, le samedi 30 avril 2022.

[iv] La Sagesse qui illumine l’Esprit et la Morale qui encadre le comportement collectif et individuel.

[v] L’extension de la Famille au sens politique du terme.

[vi] Le Travail.