L’Afrique et la contre-révolution démocratique

L’Afrique et la contre-révolution démocratique

La prise de pouvoir au Niger par le général de brigade Abdourahamane Tiani, dirigeant du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), a été saluée par une liesse populaire.

Le processus d’achèvement de la décolonisation et des indépendances des années soixante

Le grand retour du Panafricanisme ‘‘combattant’’ et ‘‘souverainiste’’

Lente et sévère agonie de la FrançAfrique

‘‘Le feu qui te brûlera, c’est celui auquel tu te chauffes.’’ Proverbe africain

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Après quasiment mille trois cents ans d’esclavage arabo-musulman et quatre cents ans de traite négrière, l’Afrique qui est, par définition, ‘‘le berceau de l’Humanité’’, amorce sans répit au XIXe siècle une autre étape de sa vie continentale. Celle-ci est, d’ailleurs, faite d’occupations ininterrompues, d’exactions et d’injustices inhumaines très lourdement infligées par des Nations étrangères d’Orient comme des Peuples de l’Occident. Qualifiée non sans morgue de ‘‘colonisation[i]’’ par ses concepteurs les plus zélés et ses promoteurs idéologiques visiblement guidés par le matérialisme, cette énième ‘‘étape de sévices corporels et contraintes physiques et morales’’ coïncide très pratiquement avec la naissance du capitalisme[ii]. Force est de mentionner que cette pratique avilissante du point de vue strictement moral et spirituel est essentiellement fondée non pas sur la production des richesses normalement censées irriguer la société mais bel et bien sur l’exploitation de l’homme par l’homme[iii].

L’Afrique est le continent le plus riche de la planète. Depuis la nuit des temps, cette partie vitale du monde est convoitée par des peuples d’Orient et d’Occident en raison de ses immenses ressources minérales et naturelles autant que précieuses et stratégiques.

C’est, donc, naturellement cet esprit de domination farouche et d’écrasement brutal qui dicte au XIXe siècle le régime de conquête ou d’occupation du continent africain par bon nombre d’États européens[iv] en vue de l’extraction sauvage de ses ressources minérales et naturelles. Bref du pillage de ses richesses matérielles et de l’oppression mécanique de ses habitants. De 1885 à 1960, ce système colonial réputé tout à fait injuste et destructeur de l’être humain, de son habitat, de sa culture millénaire et de ses traditions immémoriales, de son environnement et de la nature domine non sans quelques résistances nationalistes, d’ailleurs, sévèrement réprimées, et même émasculées dans le sang[v].

En 1960, vient rapidement la nécessité d’établir un autre type de rapports entre l’Occident irréversiblement animé par la rapacité économique[vi] et l’Afrique qui rêve de sa liberté, de son autonomie, mais qui est loin de maîtriser parfaitement son destin politique en raison de moult contraintes internes liées à la constitution d’États-Nations. C’est naturellement dans ce contexte sociologique [sociopolitique et socioculturelle] que la formule alléchante d’indépendance lui est finalement proposée. Pour l’Europe qui n’abdique aucunement dans sa vision hégémonique, dans sa démarche dominatrice, le terme ‘‘indépendance’’ signifie, à vrai dire, ‘‘remplacement de l’administrateur blanc (autorité coloniale) par l’administrateur noir (relais autochtone)’’.

La puissance militaire de la France, ainsi que son rayonnement politique et diplomatique dans le monde, s’appuie substantiellement sur les ressources matérielles du continent africain.

Cependant, en qualité de pantin dans la majorité des cas choisi voire même imposé par l’ancien maître colon, ce nouveau pouvoir indigène qui s’apparente plutôt à un préfet de discipline, assure la continuité du régime d’asservissement colonial. C’est ce qu’on appelle le ‘‘néocolonialisme’’. Dans cette position, cette nouvelle autorité autochtone accepte sans broncher l’application des injonctions qui lui sont directement données à partir de la métropole coloniale. Le cas échéant, toutes ces directives contraignantes transitent via la représentation diplomatique et consulaire ‘‘établie’’ à l’État d’accueil qu’est réellement le territoire soi-disant décolonisé[vii].

Cette administration autochtone est, en réalité, le masque de l’ancien régime oppresseur et étranger incarné par le maître blanc. Elle est concrètement la façade locale de l’ordre anti-africain. Cette dernière est littéralement le faciès endogène, le paravent du système d’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme. De ce fait, elle a pour rôle immédiat de garantir à la métropole coloniale toutes les sources d’approvisionnement en matières premières tant naturelles et minérales que précieuses et stratégiques. En vérité, celle-ci n’a pas d’autre choix que de garantir coûte que coûte à l’ancien pouvoir colonial dont elle est, par essence, le porte-parole attitré des débouchés économiques en vue d’écouler toute sa production économique et industrielle.

Renversé par le Conseil national pour la sauvegarde la Patrie (CNSP) dirigé par le général de brigade Abdourahamane Tiani, Mohamed Bazoum était devenu l’incarnation du néocolonialisme décrié par ses compatriotes et l’Afrique tout entière. Ce chef de l’État déchu avait accepté le redéploiement sur le territoire nigérien des forces armées françaises préalablement invitées à quitter précipitamment le Mali pour avoir échoué à éradiquer les Djihadistes terroristes.

C’est de cette façon scandaleuse qu’a généralement fonctionné le système colonial en terre africaine. En pratique, ce modus operandi substantiellement fondé sur la notion exclusive de monopole économique, garantit la spoliation des richesses africaines à l’ancien régime colonial dont le pouvoir autochtone est, par excellence, l’instrument patenté. Force est, en effet, de reconnaître que ce système de substitution purement néocolonial refuse très nettement et très clairement la liberté et la dignité aux Peuples négro-africains. Autant que son prédécesseur de triste mémoire, il privilégie ostensiblement le pillage éhonté des ressources matérielles du Continent au travers de nombreux accords d’assistanat public, de développement et de coopération. Par conséquent, il paralyse tout naturellement le développement[viii] et bloque tout progrès[ix].

La région semi-désertique du Sahel est très largement convoitée par des puissances internationales dont la France, pour ses immenses nappes pétrolifères et ressources gazières.

Aussi convient-il d’admettre que cette manière d’agir on ne peut plus cavalière observée dans le chef de l’ancien système colonial s’est manifestement révélée la méthode prisée par la France en vue de garder une mainmise sur ses anciennes possessions coloniales tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale ou équatoriale. Toutefois, en raison de toute une panoplie de contraintes[x] qui le caractérisent, ce modèle de spoliation devient rapidement la cible des critiques acerbes de la part des experts locaux et commentateurs de l’actualité internationale. Il devient, surtout, l’objet de sévères critiques de la part des populations meurtries qui rejettent ce modèle colonial de substitution. En effet, celles-ci refusent un modèle d’administration et de gestion dont l’enjeu primordial consiste à maintenir sans autre forme de procès l’espace négro-africain dans la servitude coloniale, la précarité ou la misère la plus absolue.

En raison du fait qu’il nie catégoriquement l’indépendance des pays africains, favorise le régime de spoliation sous le couvert manifeste d’une ‘‘démocrature[xi]’’ qui ne dit vraiment pas son nom, le néocolonialisme[xii] est rejeté par l’ensemble des Peuples négro-africains. Ceux-ci réclament ouvertement la fin du pillage des ressources nationales par la France sous le prétexte fallacieux de la dette coloniale qu’ils doivent impérativement honorer en compensation de différentes infrastructures[xiii] que cet État européen a matériellement construites avec l’apport des capitaux financiers par lui supposément investis[xiv].

L’or et l’uranium de la région du Sahel constituent, en réalité, le combustible qui alimente la guerre et justifie l’intervention des troupes occidentales (érection des bases américaines et françaises). En plus des hydrocarbures en abondance infinie dans cette zone semi-désertique de l’Afrique, ces deux minerais stratégiques et précieux justifient la présence des groupes terroristes de tout acabit. Ces factions djihadistes servent, en vérité, d’alibi aux prétentions camouflées des puissances extérieures, entre autres occidentales.

À ce propos, la goutte qui a fait déborder le vase, est la lutte antiterrorisme qui s’avère une arnaque au détriment des pays africains. En effet, les terroristes djihadistes qui écument depuis plus d’une dizaine d’années la région aussi tourmentée que mouvementée du Sahel sont, en réalité, une fabrication artificielle de services de renseignement occidentaux dans l’intention de monopoliser les ressources précieuses et stratégiques desdits États[xv]. Sous prétexte de venir en aide à ces pays fragilisés par la menace djihadiste, les gouvernements occidentaux interviennent militairement par le biais des accords de défense et de sécurité censés protéger tant les institutions politiques que l’intégrité physique de leurs territoires poreux[xvi].

En échange de cette protection sécuritaire, les multinationales occidentales investissent rapidement les régions dotées de matières premières ultra-recherchées en vue d’assurer leur suprématie économique et industrielle. Force est de constater que ces zones occupées pour des besoins d’exploitation économique deviennent catégoriquement des territoires qui échappent immédiatement à la souveraineté ‘‘politique’’ et ‘‘administrative’’ des États africains. Celles-ci échappent, bien entendu, à l’autorité ‘‘publique’’ et ‘‘militaire’’ de ces entités locales.

Le Franc CFA (Franc de la communauté financière en Afrique) est une devise africaine imprimée en France et utilisée dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Celle-ci est mise en circulation par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO).
Le Franc CFA (Franc de la coopération financière en Afrique centrale) est une devise africaine imprimée en France et utilisée dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Cette monnaie est émise par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

Autre motif de rejet de la France en Afrique est la devise FCA[xvii] imprimée à Chamalières. En effet, grâce à la sensibilisation massive de la société civile africaine et à l’opposition de nombreux experts du Continent, celle-ci est bel et bien perçue, de nos jours, comme une monnaie qui freine littéralement le développement de l’Afrique. Ceci en raison du fait que le Trésor public français confisque systématiquement et automatiquement le produit tiré de l’exportation des matières premières ou de l’exportation des fabrications africaines[xviii]. En échange de ce racket digne de la piraterie moderne, la France propose, plutôt, des politiques d’assistanat public réputées maintenir ces anciennes colonies soit dans un état de précarité résolument inédite soit dans une situation d’endettement monétaire qui les étrangle ‘‘financièrement’’ et ‘‘économiquement’’. D’où le ras-le-bol des ressortissants africains qui misent dorénavant sur des partenariats gagnants-gagnants et rejettent, par voie de conséquence, la logique de spoliation.

Le Maréchal Idriss Déby Itno est un ancien chef de guerre. Il fut un acteur clé de la Françafrique. Pour le compte de la France, ce dernier avait renversé en 1990 le président en exercice Hissène Habré, lui-même un ancien chef de guerre et tombeur du chef rebelle Goukouni Oueddei soutenu par la Libye du colonel Abū Minyar Muʿammar ʿAbd al-Salām al-Qaḏhdhafî

Il sied de remarquer que ce mécontentement des Négro-africains n’est pas un phénomène récent[xix]. À cet égard, il faut relever les nombreuses récriminations émanant, d’ailleurs, très curieusement des acteurs clés de la fameuse FrançAfrique. À ce propos, en août 2015, Idriss Déby Itno du Tchad a solennellement appelé les pays africains à sortir carrément de la zone Franc CFA. Dans ses critiques acerbes, il mettait en avant le caractère exogène de cette devise. Il soutenait urbi et orbi que ‘‘cette monnaie ne serait pas africaine aussi longtemps qu’elle serait garantie par la France’’.

Par ailleurs, les toutes premières salves critiques à l’endroit du Franc CFA sont venues du Togolais Kako Nubukpo [xx]. Cet universitaire de renom qui critique très durement la mise en commun de cette devise par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), préconise ouvertement ‘‘l’établissement d’une nouvelle monnaie africaine capable de répondre aux véritables besoins des pays utilisateurs, d’assurer leur stabilité financière et monétaire et, surtout, de protéger le pouvoir d’achat économique de leurs populations respectives’’. Il sied de mentionner que cette idée alléchante de fabrication d’une nouvelle devise africaine qui tient réellement compte de particularismes locaux, est très vivement partagée par la nouvelle génération des porte-parole panafricanistes[xxi] dont la figure de proue est, à n’en point douter, le Franco-béninois Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi, alias ‘‘Kemi Seba’’. Ceux-ci sont très farouchement opposés à l’intrusion – même par effraction – de la France coloniale dans les affaires intérieures africaines[xxii].

Les activistes panafricanistes Kemi Seba et Nathalie Yamb sont deux grands pourfendeurs de la présence française en Afrique. Ils sont continuellement accusés par la presse et les autorités françaises d’être des agents des services secrets russes (en terme politiquement correct agents de propagande de Moscou) en raison de leur proximité avec les autorités de Kremlin.

Autre motif de rejet de la France en Afrique est la tolérance des régimes essentiellement ‘‘compradores’’, la promotion des pouvoirs politiques sans conteste ‘‘corrompus’’ dont la préoccupation majeure est indubitablement ‘‘le bidouillage électoral’’ et ‘‘le tripatouillage constitutionnel[xxiii]’’. Ce qui est totalement aux antipodes de la fameuse déclaration de Bamako du 3 novembre 2000 restée pratiquement lettre morte[xxiv]. Celle-ci assimile, sans autre forme de procès, la tricherie aux scrutins à un putsch militaire, à la subversion ou un acte de pure rébellion, à l’écrabouillage de la constitution. Outre le soutien stratégique et logistique aux diverses factions terroristes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, y compris dans l’Est de la République démocratique du Congo pour le compte spécifique de ses entreprises, cet aspect purement politique et diplomatique énerve sans nul doute la très grande majorité des Africains éminemment décidés à défaire le système néocolonial au service exclusif de Paris.

Aussi cette posture française, d’ailleurs faite de duplicité et teintée d’hypocrisie, énerve-t-elle sérieusement la classe politique, plus particulièrement et plus singulièrement les forces de l’opposition. À chaque élection, toutefois tripatouillée par des partis au pouvoir à la solde de Paris, toutes ces entreprises politiques s’estiment roulées dans la farine dans la mesure où les vainqueurs africains, pourtant pour la plupart des violeurs certifiés de la légalité constitutionnelle, sont publiquement reconnus par les autorités administratives et gouvernementales françaises. Pupilles de l’ancienne métropole coloniale, ces derniers sont même officiellement invités à se rendre en France. Intérêts vitaux et stratégiques obligent !

Le président Emmanuel Macron reçoit au Palais de l’Élysée son homologue Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, considéré comme le dernier des Mohicans de la Françafrique.

Ce qui est clair, au sein de l’espace politique et culturel ‘‘francophone’’, la multiplication à l’infini des coups d’État électoraux, constitutionnels et institutionnels dans l’optique de se succéder continuellement au pouvoir a convaincu les hommes en treillis de la nécessité de reprendre sans tarder du service à la tête de la Nation. Elle les a rapidement convaincus de la nécessité d’écarter du pouvoir une classe dirigeante décidément corrompue. Celle-ci a pactisé avec l’extérieur aux dépens de la collectivité étatique. En effet, elle a réussi à transformer littéralement la collectivité publique en marchepied de l’élite ‘‘politique’’ et ‘‘dirigeante’’ en mal d’enrichissement sans cause. Elle a, donc, réussi, par l’entremise des entreprises concessionnaires, à transformer les États africains en comptoir économique et financier pour les puissances étrangères, a fortiori occidentales.

Cet avis ou constat de la prolifération des putschs militaires dans la zone géographique de la CEDEAO[xxv], plus particulièrement et plus singulièrement ‘‘francophone[xxvi]’’, est, d’ailleurs, très largement partagé par le président libérien George Weah. Chose tout de même incontestable, les régimes directement issus de scrutins soi-disant démocratiques – régimes amplement soutenus par la France – n’ont pas contribué à l’amélioration des conditions de vie socioéconomique de leurs populations respectives, d’ailleurs, souventes fois abandonnées à leur triste sort. Tous ces dirigeants ont passé la majeure partie de leur mandat à dévaliser les caisses publiques. Aux manettes de l’État, ils ont, plutôt, appliqué servilement des politiques publiques décidées de l’extérieur par l’extérieur dans le but de démanteler l’économie et de détruire le social des pays africains. En l’occurrence des programmes d’ajustement structurel (PAS) imposés par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Ils n’ont point tenu à satisfaire les aspirations fondamentales des citoyens ou légitimes de la population. Pis, toute cette élite dirigeante a, plutôt, contribué de manière négative à mettre en péril l’unité nationale et l’intégrité du territoire[xxvii].

Le colonel-président Assimi Goïta a invité la France à déguerpir du Mali en raison de son soutien avéré aux forces djihadistes et terroristes et, surtout, pour sa complicité à la partition territoriale de cet État du Sahel.

Il est un fait éminemment établi que ‘‘la démocratie en tant que système politique qui garantit l’expression des libertés fondamentales et la protection des droits humains’’ n’a pas du tout été promue par les puissances occidentales en terre africaine dans le dessein d’émasculer la dictature féroce en tant que force d’oppression et, surtout, vecteur du sous-développement économique et du sous-progrès social et humain. Ce régime politique a, plutôt, été promu afin de servir d’instrument de contrôle et de manipulation des pouvoirs négro-africains. À ce titre, ce fascinant concept politique et idéologique a été imaginé dans le but stratégique de favoriser pleinement et indéfiniment la spoliation des ressources africaines, d’incorporer dans le dispositif de direction continentale des relais du système colonial, des appendices de l’ordre oppresseur international. Certes, il a été imaginé dans le but de légitimer tous azimuts des régimes politiques tout autant serviles à l’Occident colonialiste que forcément antipopulaires ou antinationalistes[xxviii] sur le plan interne.

Le colonel Mamady Doumbouya de la Guinée-Conakry (au milieu) est un ancien légionnaire français. Il complète l’axe anticolonialiste et anti-impérialiste dans le Sahel. Il a pris fait et cause pour le Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), organe de direction militaire qui a déposé le président nigérien Mohamed Bazoum.

Par conséquent, la contre-révolution démocratique menée tambour battant par la grande muette incarnée par des ‘‘hommes en treillis et kaki militaire’’ se veut sur le terrain une réponse musclée à cette dérive démocratique qui est principalement dirigée contre les populations désabusées et États spoliés d’Afrique. Par ses prétentions légitimes, elle vient, en fait, corriger et même démanteler les liens de proximité existant entre ‘‘pouvoir africain’’ et ‘‘régime colonial’’. En effet, les relations adultérines entretenues par les deux entités ou composantes et aussi épinglées par la population et les experts demeurent, à ce jour, totalement préjudiciables aux intérêts vitaux et stratégiques du Continent africain.

Le Burkinabè Ibrahim Traoré et le Malien Assimi Goita, deux figures du panafricanisme combattant et de la contre-révolution démocratique.

Toutefois, la grande question est de savoir si cette contre-révolution démocratique portée, d’ailleurs, par un immense élan populaire et une vague nationaliste sans précédent[xxix], tiendra très longtemps. Quand on sait que les militaires africains, en dehors du capitaine Thomas Isidore Noël Sankara du Burkina Faso et du colonel-guide de la Jamahiriya libyenne Abū Minyar Muʿammar ʿAbd al-Salām al-Qaḏhdhafî,n’ont généralement pas bonne presse en matière de gestion politique et administrative. Cette contre-révolution finira-t-elle un jour par s’essouffler très rapidement ? Rien n’est moins sûr !

En effet, les militaires bénéficient présentement d’une conjoncture favorable. Ils sont en parfaite symbiose avec la population. En vérité, les deux composantes vivent en parfaite osmose. Hier rejetés par la masse, les soldats vibrent à l’unisson avec leurs concitoyennes et concitoyens. C’est, à vrai dire, à proprement parler, la lune de miel car leurs agissements s’inscrivent réellement, tout bonnement, dans la droite ligne de l’affranchissement des États africains de l’ordre colonial qui, de toute évidence, s’avère oppresseur et maffieux. Un ordre étranger qui détruit les espoirs africains.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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Jacques Chirac : « Qu’on rende aux Africains ce qu’on leur a pris » – YouTube


[i] Processus d’exportation forcée vers les différents pays et territoires d’outre-mer de la civilisation occidentale dérivée du christianisme au confluent du judaïsme, de l’hellénisme et du latinisme romain. Processus dicté par la notion biaisée de hiérarchisation des races, d’infériorisation des peuples non leucodermes.

[ii] Idéologie économique essentiellement fondée sur la notion de détention privée des moyens de production de masse, l’accumulation à l’infini du capital physique ou des investissements matériels au nom de la liberté d’entreprendre et la réalisation de la plus-value ou principe du profit économique.

[iii] En d’autres termes, celle-ci est axée sur le piétinement brutal de la dignité humaine sur les plans administratif, social, politique, économique et culturel.

[iv] Parmi les pays européens qui ont, à la faveur du capitalisme naissant, colonisé le continent africain dès la deuxième moitié du 19e siècle, figurent bien sûr l’Allemagne (l’empire Prusse), l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal. Par contre, de grandes communautés helvétiques (Huguenots) et néerlandaises (Boers) fuyant les conflits interconfessionnels (Catholiques vs Protestants) et les persécutions religieuses entre les 16e et 18e siècles en Europe se sont indéfiniment établies en Afrique du Sud avant même l’ère de la colonisation qui a sensiblement duré de 1885 à 1962. Il sied de mentionner que ces entités européennes ont prospéré à la faveur du régime ségrégationniste d’Apartheid démantelé en 1990 par la double volonté politique de Frederick de Klerk du Parti nationaliste et de Nelson Mandela du Congrès national africain (ANC).

[v] La guerre d’indépendance du Cameroun opposant l’armée française et l’union des populations du Cameroun (UPC) entre 1955 et 1971 s’est soldée par le génocide des Bamilékés entre février et mars 1960. Ces massacres de masse sont l’œuvre des troupes armées du Cameroun fraîchement indépendant et sous la direction d’Ahmadou Ahidjo mais dirigées par des officiers français encore aux commandes. Au cours de ces opérations d’extermination des populations qui militent farouchement pour la liberté et la dignité, cinquante-six villages sont complètement rasés et incendiés. Il ne faut point oublier les massacres répétitifs des Algériens par l’armée française dans les années cinquante. Parmi les autres massacres en terre africaine qui exige absolument l’indépendance, la révolte des Mau Mau, d’essence ‘‘Kikuyu’’, au Kenya a donné lieu à plus de trois cents mille morts entre 1952 et 1956. Au cours de cette révolte mémorable, des civils et rebelles sont massacrés par l’empire colonial britannique. Il y a aussi le génocide des peuples herero et nama en Namibie par l’ordre colonial allemand et celui des Congolais par l’entreprise léopoldienne (Belgique) au début du 20e siècle. Enfin, l’on peut citer les massacres des peuples sud-africains par le régime ségrégationniste d’Apartheid.

[vi] Après la seconde guerre mondiale qui a été excessivement meurtrière, l’Europe manque cruellement des bras pour sa reconstruction. Fortement affaiblie une démographie déclinante, elle ne peut vraiment plus fournir aux colonies d’outre-mer un personnel administratif exogène. Elle ne peut que s’appuyer sur des autochtones corrompus dont le rêve premier est de mimer l’homme blanc dans ses moindres faits et gestes afin de préserver ses intérêts primordiaux et légitimes, vitaux et stratégiques.

[vii] Généralement, ces directives ou injonctions sont transmises lors de voyages officiels qualifiés pompeusement de visites de travail dans les deux sens (lorsque le suzerain visite le vassal dans sa tenure ou lorsque le vassal se rend auprès du maître dans son fief).

[viii] En termes d’infrastructures économiques et matérielles qui sont pratiquement inexistantes.

[ix] En termes d’avantages sociaux et culturels qui sont soit inexistants soit démantelés.

[x] Résistances populaires, oppositions idéologiques et campagnes internationales de dénonciation ou de boycott.

[xi] C’est le système politique propre aux républiques bananières. Ces dernières ont naturellement l’apparence formelle d’une démocratie au niveau des structures politiques. Cependant, elles fonctionnent, en réalité, comme une véritable dictature – c’est-à-dire : ‘‘un régime verrouillé politiquement’’ –. En effet, elles sont pratiquement dotées d’un appareil de contrainte répressive au niveau administratif et sécuritaire dont la mission fondamentale est de terroriser l’ensemble de la population. Depuis peu, la ‘‘démocrature’’ en tant que régime hybride s’est littéralement investie dans des pays à tradition démocratique dont les autorités publiques, politiques, administratives et gouvernementales méprisent les parlements nationaux. Quoi que manifestement élues par leurs pairs citoyens, celles-ci sont, en fait, au service exclusif des forces économiques et financières ou des puissances supranationales non désignées par des électeurs dont ils doivent, en principe, défendre les intérêts primordiaux. En raison de cette dépendance étroite, celles-ci agissent aux dépens de la population qui est totalement méprisée en termes de droits politiques, civils ou sociaux. Ce système de ‘‘démocrature antipopulaire’’ est de plus en plus en vogue aux USA et au sein de l’Union européenne [UE] (le rejet de la Constitution européenne en 2005 par la population des États membres n’est nullement respectée). Entre autres en France en ce qui concerne la réforme des retraites, la vaccination de la population et le confinement relatifs à la pandémie du COVID – 19 en 2021 et 2022.

[xii] Dans l’exemple français, ce régime de spoliation des richesses africaines est porté à bout de bras par la FrançAfrique. En réalité, ce terme définit les relations incestueuses entre Paris et les capitales africaines, lesquelles relations ‘‘se manifestent au travers des réseaux souterrains établis pour la survivance des intérêts français par le célèbre Jacques Foccart sous la présidence du général Charles de Gaulle dans les années soixante’’. L’essentiel des orientations et liens politiques et diplomatiques de la FrançAfrique est déterminé par la fameuse ‘‘cellule africaine de l’Élysée’’. Cette institution plus ou moins informelle est placée sous la discrétion du seul président de la République. Cependant, en vue de lui conférer un aspect plus formel et plus légal, et par voie de conséquence plus constitutionnel, il se cristallise autour du ministère français de la coopération et du développement.

[xiii] Il s’agit bel et bien des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, scolaires et académiques, hospitalières, économiques et industrielles, etc.

[xiv] Le régime colonial européen fondé plus largement sur l’exploitation des territoires que le peuplement des terres a été imposé en Afrique par les armes et grâce au travail forcé. Cependant, c’est avec les ressources africaines que l’Europe s’est copieusement enrichie sans pour autant apporter surplace des capitaux frais. Même les infrastructures édifiées sur place les ont été à partir la plus-value économique directement tirée de l’exploitation des ressources africaines, fussent-elles matérielles ou humaines.

[xv] Le démantèlement violent de l’État libyen du colonel Abū Minyar Muʿammar ʿAbd al-Salām al-Qaḏhdhafî à la suite de l’intervention militaire de l’OTAN, d’ailleurs, triplement pilotée par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis a permis aux différents mouvements terroristes se réclamant du djihadisme de s’établir dans cette région semi-désertique très riche en hydrocarbures, or, uranium, etc.

[xvi] Les opérations militaires ‘‘Barkhane’’ et ‘‘Serval’’ au Mali et ‘‘Épervier’’ au Tchad ont permis à la France d’intervenir militairement dans l’immense région du Sahel dans le dessein d’éradiquer les forces terroristes salafistes et djihadistes ou de mettre hors d’état de nuire les factions rebelles opposées aux régimes africains. Celles-ci ont été décriées dans la mesure où elles ont contribué sur le terrain à la partition de fait de ces États qui cherchaient à recouvrer l’intégrité de leurs territoires.

[xvii] Cette monnaie utilisée par 14 pays africains d’extraction francophone a pris naissance le même jour que la mise en place des Institutions de Bretton Woods le 26 décembre 1945. Sa signification originelle est le Franc des colonies françaises d’Afrique (Franc CFA). Elle est ensuite rebaptisée Franc de la communauté française d’Afrique (Franc CFA). De nos jours, cette monnaie porte deux dénominations différentes relativement à sa zone d’utilisation. Celle-ci est dénommée en Afrique occidentale ‘‘Franc de la communauté financière africaine’’ (Franc CFA), d’une part. Et, d’autre part, elle est dénommée ‘‘Franc de la coopération financière en Afrique centrale’’. Il y a lieu de souligner que cette devise est imprimée à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme, en France.

[xviii] Libellées en devise américaine (dollars US), les réserves de change des pays africains qui dérivent directement de l’exportation de leurs biens (ressources naturelles et minérales), y compris des biens manufacturés, sont totalement déposées dans des comptes d’opération logés à la Banque de France et exclusivement gérés par un haut fonctionnaire de ladite Institution publique. Toute cette manne confisquée par la France apparaît directement dans son budget. Ces fonds sont estimés annuellement entre 400 et 500 milliards de dollars US. Il importe de constater que ceux-ci sont utilisés par la France au titre de ‘‘prêts financiers accordés aux divers États africains dans le cadre de la politique d’assistance publique’’. En d’autres termes, la France prête aux Nations africaines leur propre argent en vue de se faire rémunérer grassement en intérêts ayant des taux soit prohibitifs soit usuraires.

[xix] Bien des États africains ont dû précipitamment quitter pour des raisons idéologiques (pérennisation de la domination coloniale française sur les États nouvellement indépendants en cas de turbulences économiques) qu’économiques et financières la zone Franc CFA. Il s’agit de la Guinée-Conakry d’Ahmed Sékou Touré en 1960, du Mali de Modibo Keita aux lendemains de la décolonisation en 1962 (le Mali y est retourné en 1984). On peut également citer le Madagascar et la Mauritanie en 1973, ainsi que les Iles Comores. Cependant, d’autres pays africains non-francophones ont accepté de rejoindre la zone franc CFA pour des raisons de stabilité et d’efficacité économique. Il s’agit, bien entendu, de la Guinée équatoriale (ancienne possession coloniale espagnole) en 1985 et de la Guinée-Bissau (ex-colonie portugaise) en 1997.

[xx] Ancien ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques de la République du Togo sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé entre 2013 et 2015.

[xxi] Le mouvement panafricaniste est véritablement né dans le sillage des sociétés esclavagistes au 19e siècle au sein de la diaspora négro-africaine dont la tête de proue est le Jamaïcain Marcus Garvey. Dans le but d’échapper aux pires conditions de vie et exactions inhumaines imposées à l’homme noir brutalement extrait de son milieu naturel, celui-ci était essentiellement marqué par le sentiment de retour à la Mère-Patrie qu’est, certainement, l’Afrique. D’où le fameux slogan : ‘‘Back to Africa’’. Par contre, le panafricanisme moderne revisité par la jeune génération est en soi un point de ralliement entre Afro-descendants de la diaspora et Africains directement issus de l’immigration dans le dessein de renforcer leur dialogue socioculturel permanent et de briser le cycle de précarité socioéconomique et des injustices dont ils sont principalement victimes dans les sociétés d’accueil au niveau international. Ce nouveau panafricanisme repose sur la double notion de pouvoir culturel et de souveraineté économique. Cette vision idéologique revendicatrice de la place de l’être négro-africain dans le monde universel est pilotée aussi bien par l’anthropologue Jean-Michel Philippe Kalala Omotunde d’heureuse mémoire et le professeur de théologie Jean Fils-Aimé que par l’activiste Kemi Seba. Sur le plan musical, il est plutôt véhiculé par le journaliste Claudy Siar. Parmi les autres opposants acharnés à la FrançAfrique, a fortiori leaders panafricains qui agitent quotidiennement les réseaux sociaux et sont péjorativement voire abusivement catalogués d’influenceurs à la solde de la Russie dirigée par Vladimir Vladimirovitch Putin, il y a le professeur Franklin Nyamsi wa Kamerun et la militante Nathalie Yamb.

[xxii] Pour manifester son rejet total de la domination française en Afrique, le panafricaniste franco-béninois Kemi Seba avait brûlé un billet de Franc CFA émis par la BCEAO au Sénégal. Ce geste lui a valu l’expulsion immédiate du territoire sénégalais par le gouvernement du président Macky Sall (un des piliers majeurs de la FrançAfrique) inféodé à Paris en septembre 2017 au motif de la ‘‘menace grave pour l’ordre public’’.

[xxiii] Au cours d’une entrevue accordée à la chaîne francophone TV5, [entrevue qui donne, d’ailleurs, un éclairage parfait sur les méandres de la FrançAfrique], le président tchadien Idriss Déby Itno accuse nommément la France de lui avoir conseillé et même imposé de tripoter le texte constitutionnel, de triturer les lois électorales en vue de rempiler pour un troisième mandat. https://www.youtube.com/watch?v=MvgqYDiuT4w

[xxiv] La France est, pourtant, parmi les promoteurs et signataires de cette motion, d’ailleurs, consécutive aux multiples critiques africaines et internationales sur le cautionnement autant implicite qu’explicite des tricheries flagrantes par les pouvoirs africains lors des scrutins électoraux.

[xxv] Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

[xxvi] Partout en Afrique, les États francophones se sont spécialisés dans le viol de la constitution et le bidouillage des opérations électorales. L’alternance politique et démocratique est quasiment impossible dans cette partie du continent. On y assiste toujours à des contestations populaires et politiques issues du hold-up électoral. Ce qui n’est véritablement pas le cas chez les États anglophones. Hormis les cas spécifiques de l’Ouganda et du Kenya qui sont pratiquement les mauvais élèves des anciennes colonies britanniques. En effet, dans ces deux pays majeurs de l’Afrique orientale, c’est toujours le même parti qui se succède indéfiniment à lui-même depuis l’ère de la démocratisation politique pour des raisons ethnico-tribales et de confiscation délibérée du pouvoir.

[xxvii] C’est absolument dans cette perspective salutaire qu’il faut naturellement replacer les successives prises de pouvoir par des hommes en armes, béret et kaki au Burkina Faso, au Mali et au Niger. En Guinée-Conakry, c’est plutôt l’enjeu de l’unité nationale et de la toxicité de l’ambiance politique relativement à la prorogation du mandat présidentiel liée au mépris de la constitution et de l’assentiment populaire.

[xxviii] Dans leurs diatribes à saveur politique et idéologique, des activistes panafricains les plus en vue (Nathalie Yamb, Kemi Seba, Franklin Nyamsi wa Kamerun, Egountchi Behanzin, Mohamed Konaré, etc.) classent dans cette catégorie peu reluisante les pays et personnalités dirigeantes ci-après : le Bénin de Patrice Talon, le Rwanda de Paul Kagame, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé, le Sénégal de Macky Sall, la Guinée-Bissau d’Umaro Sissoco Embaló, le Gabon d’Ali Bongo Ondimba (ABO), la Côte-d’Ivoire d’Alassane Dramane Ouattara (ADO), le Cameroun de Paul Barthélemy Biya’a bi Mvondo et la République du Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso.

[xxix] Ce large mouvement qui traverse pratiquement l’ensemble des couches de la population, n’est pas sans rappeler l’hystérie collective ayant marqué la période historique des indépendances.

Le discours du capitaine Ibrahim Traoré à Saint-Pétersbourg

Le discours du capitaine Ibrahim Traoré à Saint-Pétersbourg

Le président burkinabè Ibrahim Traoré reçu par son homologue russe Vladimir Vladimirovitch Putin au sommet Russie – Afrique à Saint-Pétersbourg, l’ancienne capitale de la Russie impériale (tsariste).

Quand le président de la Transition du FASO est le pourfendeur-fossoyeur de la FrançAfrique

S’agit-il du dernier clou planté dans le cercueil du néocolonialisme ?

‘‘L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère.’’ Capitaine Thomas Isidore Noël Sankara, ancien président du FASO

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Les 27 et 28 juillet 2023, s’est tenu à Saint-Pétersbourg, l’ancienne capitale impériale de la Russie, sous la baguette du président Vladimir Vladimirovitch Putin, le sommet Russie-Afrique. Cette conférence qu’ont réellement tenté de saboter par tous les moyens les pays du bloc occidental par des menaces ‘‘perceptibles’’ à l’adresse de divers participants, avait primordialement pour objectif de raffermir la coopération dans tous les domaines entre l’Ours russe et les États africains renforcés pour la circonstance par la présence effective de 49 délégations de haut rang. Toutefois, sur le terrain doublement géopolitique et géostratégique, cette rencontre internationale au niveau le plus élevé avait pour objectif de fixer un cadre favorable à la définition d’un monde résolument multipolaire. Celui-ci a normalement pour effet immédiat de défendre coûte que coûte les intérêts primordiaux des pays fragiles, disposant d’une économie étroite, faisant l’expérience amère du ‘‘racket tyrannique’’ de la part des gangsters internationaux. C’est-à-dire : des ‘‘décideurs’’ de la tristement célèbre communauté internationale.

Avec le capitaine Ibrahim Traoré, le colonel malien Assimi Goïta qui a fait le déplacement de Saint-Pétersbourg, fait partie de la nouvelle génération de dirigeants africains qui boudent sévèrement les intérêts coloniaux et prônent la diversification des partenaires stratégiques en vue de préserver les intérêts vitaux de leurs Nations respectives.

Au cours de cette réunion historique des chefs d’État et de gouvernement, le capitaine Ibrahim Traoré, du haut de ses 35 ans, a pris la parole – [protocole oblige] – en tant que président du Faso, le pays des ‘‘Hommes intègres’’. Au cours de sa brève intervention – d’une durée totale de 7 minutes – dont l’écho continue de résonner sur l’ensemble du continent africain, ce jeune dirigeant a exposé, non sans avoir préalablement remercié l’hôte du sommet[i], les maux rongeurs de l’Afrique contemporaine pourtant indépendante sur papier. Dans un silence de cathédrale, il a égrené un chapelet de reproches sous forme aussi bien de questionnements teintés de ‘‘maïeutique’’ que d’affirmations somme toute crues[ii]. À savoir : l’asservissement des dirigeants africains[iii], l’aliénation politique et diplomatique des États supposément indépendants et souverains[iv], la posture de la mendicité étatique, la souveraineté alimentaire, l’exil mortel de la jeunesse abandonnée à son triste sort, le bâillonnement de la population[v], l’écrasement de la dignité citoyenne, la strangulation de profondes aspirations populaires, l’absence manifeste des politiques de coopération internationale ou des mécanismes d’intégration régionale, le sabotage de l’intégrité physique de différents territoires africains par la pieuvre terroriste et la communauté internationale, la trahison de la solidarité interafricaine au profit exclusif de puissants intérêts exogènes et coloniaux[vi].

Le Sénégalais Macky Sall répond à son homologue burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, au sommet de Saint-Pétersbourg.

Sans s’appuyer sur un support papier ou document, ce discours du capitaine burkinabè qui n’est véritablement pas fait dans la dentelle, a bel et bien suscité un profond malaise[vii]. De manière quasiment inattendue, celui-ci a littéralement fait sortir de leurs gonds les ‘‘porte-parole attitrés de la FrançAfrique[viii]’’. Il convient d’admettre que ces porte-voix officiels du néocolonialisme archi-ravageur sont, d’ailleurs, réputés séquestrer l’avenir du continent africain[ix]. En réalité, ils sont des destructeurs patentés de tous les espoirs de la jeunesse africaine fort manifestement confrontée sur le terrain continental au chômage endémique, à la privation délibérée des structures éducatives et sanitaires[x], à l’exil oh ! Combien meurtrier, in fine à l’extrémisme idéologique ou la radicalisation religieuse vivement encouragée par des forces obscurantistes[xi].

Le nouvel homme fort de Niamey, le général Abdourahamane Tiani

Par ailleurs, pendant le déroulement du sommet à Saint-Pétersbourg, un putsch militaire à Niamey – capitale politique et administrative du Niger –, œuvre du Conseil national de la sauvegarde de la patrie (CNSP)[xii], s’est auto-invité au menu de la conférence. Ce coup de force qui s’inscrit effectivement dans l’esprit d’autodétermination de jeunes et nouveaux dirigeants africains issus de l’univers militaire, est venu pratiquement doucher les espoirs de la vieille garde ‘‘françafricaine’’. Il y a lieu de remarquer qu’en cas avéré de déstabilisation par le truchement d’une révolution armée ou pression populaire, celle-ci est déjà habituée à l’interventionnisme militaire et diplomatique de l’ancienne puissance coloniale française, d’ailleurs, très favorable à bien des régimes honnis par leurs propres ressortissants.

Cette dernière est, faut-il relever, accablée de tous les maux qui rongent malheureusement le continent africain en termes de sous-développement matériel, de sous-progrès humain. Elle est accusée de confiscation de la souveraineté monétaire et économique par le biais de la devise Franc CFA. Aussi lui est-il reproché l’aliénation de l’indépendance politique des États africains par le truchement du maintien des régimes brutaux. En effet, en dépit du discours du sommet de la Baule de 1990 sur l’ouverture politique et la conditionnalité de l’aide franco-occidentale, Paris s’est toujours accommodé de divers pouvoirs africains essentiellement coupés de toute base ‘‘populaire’’. Pragmatisme diplomatique ou Intérêts économiques obligent, les autorités politiques et gouvernementales françaises, quels que soient, d’ailleurs, en vérité leurs bords politiques ou leurs positionnements idéologiques, ont toujours fermé leurs yeux sur les multiples exactions des systèmes politiques en cours dans la zone subsaharienne, et en très nette rupture de toute légitimité ‘‘démocratique[xiii]’’, etc.

La population nigérienne a massivement salué l’avènement du nouveau régime de salut public qui promet paix et sécurité, décrispation politique et concorde nationale.

S’il est majoritairement salué par la population locale et celle des pays environnants par solidarité interafricaine, il n’en reste pas moins que ce coup d’État militaire[xiv] provoque la mobilisation tous azimuts de diverses forces politiques et diplomatiques naturellement proches de Paris[xv]. Il importe de constater que tous ces puissants réseaux d’influence sont, certainement, perçus sur le continent africain comme des entités internationales qui refusent voire même freinent systématiquement toute émancipation de l’Afrique. Ceux-ci sont pratiquement vus comme de gigantesques appareils de contrainte qui étouffent son autonomie décisionnelle en vue de sauvegarder l’hégémonie occidentale ou la domination française en terre africaine. Il s’agit, bien sûr, des États membres de l’Union européenne (UE)[xvi], des pays adhérents de l’Union africaine (UA)[xvii] et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)[xviii]. À la base, toutes ces organisations présentent cette particularité et cette singularité d’être substantiellement composées d’un personnel à la fois politique et administratif non élu par les populations locales ou non désigné par les peuples desdits États.

La photo de famille prise lors de la fin de la conférence de Saint-Pétersbourg. Les plus grands absents sont le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Sénégalais Macky Sall, le Comorien Azali Assoumani (président en exercice de l’Union africaine). Ils n’ont pas voulu figurer sur la même image que les Malien Assimi Goïta et Burkinabè Ibrahim Traoré sous prétexte d’avoir pris le pouvoir politique par les armes et non pas par la volonté populaire

Une chose est sûre et certaine, le discours du capitaine Ibrahim Traoré, désormais qualifié de ‘‘Discours de Saint-Pétersbourg’’ en raison du fait qu’il trace les sillons idéologiques de la Nouvelle Afrique indépendante et souveraine, a révélé l’émergence d’une nouvelle élite dirigeante du Continent. Porté à bout de bras par la nouvelle génération de leaders politiques et militaires qui n’a point connu le mouvement historique de décolonisation ou qui a peu ou prou vécu la guerre froide dans ses moments les plus intenses, il ne fait point de concession, même hasardeuse, aux forces colonialistes et impérialistes. Cette nouvelle classe dirigeante n’est pas prête à sacrifier les intérêts supérieurs de la Nation en contrepartie de maigres avantages matériels ou en échange de la jouissance du pouvoir politique. Elle n’est pas du tout prête à transiger avec les anciennes puissances coloniales, à plus forte raison la France, pour leur garantir à vil prix une très large ouverture du vaste marché africain.

Thomas Sankara du Burkina Faso est le Hugo Chaves de Frias du Vénézuela avant l’heure. Il est le modèle révolutionnaire du capitaine Ibrahim Traoré.

Ce fameux Discours de Saint-Pétersbourg a, au moins, révélé que cette jeune génération de leaders politiques et militaires agit en adéquation avec les principes idéologiques des pères fondateurs de l’Afrique libre, souveraine et indépendante. Elle vibre à l’unisson avec Thomas Isidore Noël Sankara, d’heureuse et pieuse mémoire. Au niveau de la société civile, elle partage pleinement les préoccupations des activistes panafricanistes Kemi Seba du Bénin (et de la France) et Nathalie Yamb du Cameroun (et de la Confédération helvétique).

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Il a profité de cette occasion pour s’excuser préalablement auprès des chefs d’État africains, à plus forte raison aînés en âge et aussi prédécesseurs dans l’ordre d’arrivée au pouvoir, en raison de la violence du contenu de son discours susceptible de les froisser ou indisposer. En effet, son discours était littéralement cru, donc non dosé et non mesuré. Pour utiliser une expression consacrée par les circonstances, ‘‘il n’y est pas allé sur le dos de la cuillère’’.

[ii] Force est cependant de souligner que cette méthodologie discursive n’a point manqué de glacer l’enthousiasme ou de heurter la susceptibilité de quelques pairs du continent.

[iii] Le sens politique du mandat présidentiel d’un dirigeant africain.

[iv] La véritable place des États africains dans le concert des Nations.

[v] Le rôle de la population dans la consolidation de la démarche démocratique.

[vi] Absence de volonté de collaboration interafricaine ou de mutualisation des efforts entre partenaires stratégiques.

[vii] Au motif de faire respecter strictement l’ordre politique et l’idéal démocratique au sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, les dignitaires du Sénégal (Macky Sall), de la République du Congo-Brazzaville (Denis Sassou Nguesso) et de Comores (Azali Assoumani, président en exercice de l’Union africaine [UA]) ont carrément refusé de figurer sur la même photo que leurs pairs (le Malien Assimi Goïta et le Burkinabè Ibrahim Traoré) accusés d’être arrivés au pouvoir par la confiscation de la volonté populaire ou le piétinement du suffrage universel.

[viii] Sur un ton pathétique comme si des piques verbales lui étaient lancées, comme s’il était personnellement visé par le capitaine Ibrahim Traoré, le Sénégalais Macky Sall a répondu immédiatement au speech vitriolique du jeune président de la Transition du FASO. Chose totalement inédite car les Africains n’étalent pratiquement pas leurs divergences ou incompréhensions devant les caméras. Chose inédite que lui reprochent, d’ailleurs, bien des observateurs du landerneau politique africain dans la mesure où un aîné en Afrique fait toujours montre de hauteur morale, d’altitude mentale et de sagesse devant un cadet trop bouillant ou trop turbulent.

[ix] Le Sénégalais Macky Sall a très nettement fait pourrir l’ambiance politique et l’atmosphère nationale en raison de son obsession pathologique à se représenter coûte que coûte pour un troisième mandat présidentiel consécutif et à disqualifier électoralement l’opposant Ousmane Sonko par le biais d’une condamnation judiciaire. Il y a lieu de relever que cette personnalité politique souverainiste est très adulée pour son discours d’émancipation vis-à-vis de Paris par la jeune génération.

[x] Bref au confort matériel de la vie pratique.

[xi] Les jeunes africains des pays majoritairement musulmans sont aisément recrutés par des groupuscules terroristes dans le cadre du Djihad islamique.

[xii] La posture anticoloniale ou la vision antifrançaise de cet organe transitoire, a fortiori une direction de putschistes, est un secret de polichinelle.

[xiii] Allusion est faite aux fraudes électorales. On est concrètement loin de la fameuse ‘‘Déclaration de Bamako’’ du 3 novembre 2000 sur les pratiques de la démocratie, le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Celle-ci assimile les bidouillages électoraux au putsch constitutionnel ou renversement des institutions politiques par l’ordre militaire.

[xiv] L’effet domino de ce pronunciamiento a véritablement pour source ou bougie d’allumage ‘‘Bamako’’, capitale du Mali actuellement dirigé par le colonel fraîchement quadragénaire Assimi Goïta. Cet officier militaire malien vilipendé par la France était présent à Saint-Pétersbourg.

[xv] La France n’interprète jamais la subversion de l’ordre politique et constitutionnel par des hommes en béret et treillis (kaki militaire) dans sa chasse-gardée africaine comme la volonté d’affranchissement des sujets africains des régimes corrompus et néocolonialistes que sont ses protégés. Elle interprète plutôt ce phénomène comme la subversion ou la dévastation armée. Elle l’interprète comme la manifestation déguisée de la Russie, d’ailleurs, fortement décidée par le truchement du mercenariat du groupe ou de la milice Wagner – devenu ‘‘le bras armé de Moscou’’ – à porter atteinte à ses intérêts vitaux et stratégiques dans ce continent.

[xvi] Cette organisation interétatique brandit sempiternellement l’épouvantail de la suppression de toute assistance extérieure.

[xvii] L’Union africaine (UA) qui est, par définition, une organisation de nature continentale, agite très souvent la menace d’exclusion à ses membres en proie à un coup d’État militaire.

[xviii] Par contre, la CEDEAO qui est une organisation de nature régionale, agite à son niveau la menace d’une intervention militaire en vue de déloger violemment les putschistes indélicats à ses yeux pour avoir subverti l’ordre autant politique et démocratique que légal et constitutionnel.

La République démocratique du Congo entre turbulences politiques et violences armées

La République démocratique du Congo entre turbulences politiques et violences armées

La carte politico-administrative de la République démocratique du Congo. Ce pays est divisé administrativement et structurellement en 26 provinces dans le cadre de la décentralisation.

L’enjeu politico-électoral du mercredi 20 décembre 2023

La consolidation de l’indépendance nationale et la fin abrupte du régime de tutelle extérieure

‘‘La liberté est le trésor de la vie’’ Yann Feliz

Par Joël Asher Lévy-Cohen

La République démocratique du Congo est indépendante depuis le jeudi 30 juin 1960. Mais, force est de constater que cet État géant et richissime au cœur du Continent africain a vraiment eu beaucoup de mal à s’accommoder du régime démocratique[i] en raison de l’immixtion étrangère dans les affaires domestiques[ii]. Il y a lieu de remarquer que cette implication sévère de puissants intérêts internationaux dans la vie nationale a eu pour effet la permanence de la tyrannie[iii]. Fondée sur l’arbitraire et le totalitarisme, celle-ci fut officiellement inaugurée par le soudard Joseph-Désiré Mobutu[iv] le 24 novembre 1965 dans l’optique de confisquer tout l’avenir du pays au profit exclusif de l’Occident chrétien.

Le drapeau de la République démocratique du Congo

Ce régime privatif de liberté qui découle évidemment de l’univers militaire postcolonial, a naturellement connu un terme – [non point définitif] – le samedi 17 mai 1997 à la faveur d’une rébellion armée, d’ailleurs, nourrie par la haute finance et le gotha ‘‘industriel’’ et ‘‘minier’’. En effet, celui-ci a été rapidement remplacé et perpétué pendant une vingtaine d’années par un autre régime éteignoir du droit et de l’équité, de la justice et de la dignité humaine que représente, bien sûr, la dynastie révolutionnaire des Kabila Sr et Jr. Cette perpétuation a [malheureusement] eu pour conséquence dramatique ‘‘la fossilisation de l’État postcolonial, la caporalisation des institutions politiques et administratives, la liquidation de la Nation héritée de la période d’indépendance et, surtout, la mise à mort délibérée de l’entreprise démocratique en tant que pouvoir et expression souveraine de la population, la liquéfaction des entreprises publiques, etc.’’.

Il sied de souligner que cette strangulation de la démocratie politique, pourtant réclamée à cor et à cri par l’ensemble des Congolaises et Congolais, s’est opérée par le truchement du processus électoral. En effet, les scrutins triplement tenus en 2006, 2011 et 2018 en vertu du processus intercongolais de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003, lequel a fini par offrir une prépondérance aux forces belligérantes, n’ont jamais eu pour finalité la désignation des Représentants du Peuple en vue de servir ses intérêts primordiaux ou ceux immédiats du sanctuaire national. En fait, ces opérations électorales très nettement travesties par la Communauté occidentale et, surtout, enveloppées de pluralisme partisan avaient stratégiquement pour objectif la fabrication d’une classe politique d’aventuriers et de condottieri. Il importe de relever que tous ces mercenaires sont naturellement voués au service exclusif de puissants intérêts maffieux tout à fait connus pour leur amour sans borne de l’affaissement de l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo.

L’UDPS est un parti dominant sur l’échiquier politique de la République démocratique du Congo. Dirigée et encadrée par le secrétaire général Augustin Kabuya, cette formation politique fondée le 15 février 1982 se met en ordre de bataille pour les prochaines échéances électorales du mercredi 20 décembre 2023.

C’est naturellement dans ce contexte de survie ou de mort pour la Nation que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) accepte de participer aux joutes électorales de 2018. En effet, cette formation menée dans les circonstances par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) accepte de participer à ces scrutins en vue de sauver une collectivité publique en voie de disparition. D’ailleurs, celle-ci est manifestement sacrifiée par une classe politique véreuse et mentalement atrophiée. Elle est démantibulée par une violence armée indicible dont la saine réputation est de saper tous azimuts les fondamentaux d’un État reconnu diplomatiquement par ses pairs internationaux.

C’est pratiquement dans cet esprit de réhabilitation de la République démocratique du Congo que FATSHI prend finalement les rênes du pouvoir le jeudi 24 janvier 2019, et ce au terme d’une élection présidentielle contestée par un conglomérat de mercenaires – au service des Transnationales d’extraction occidentale – et des pupilles de la Communauté internationale. Il importe de mentionner que cet esprit de résurrection tous azimuts de cet État majestueux et richissime de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains constitue, en réalité, la boussole de toute son action politique et dirigeante, et ce dès sa prise de fonction officielle. Pour, ainsi, affermir la concorde politique décisive à la cohésion nationale, cela passe nécessairement par la décrispation et même la coexistence politique au plus haut sommet du pouvoir et de l’État entre forces nationales habituées plutôt à se regarder en chiens de faïence.

Le secrétaire général de l’UDPS Augustin Kabuya a la lourde tâche de mener le parti à la victoire et de conserver le pouvoir pour une mandature de cinq ans.

Cela passe évidemment par la revalorisation de l’Institution judiciaire naguère dévitalisée par le despotisme ou l’autoritarisme, le césarisme ou l’absolutisme. À cet effet, le juge en tant que pouvoir organique et autorité de l’État républicain est décrété ‘‘gardien de la morale publique’’. Redevenu ipso facto un acteur primordial puisque placé au cœur de la société, il est reconnu ‘‘garant des libertés individuelles et collectives’’. Par ailleurs, la population censée [sensée] pleinement jouer le rôle de contrepoids politique dans le cadre d’une démocratie pluraliste, se voit définitivement reconnaître la qualité de souverain primaire. À ce titre, le nouveau pouvoir de FATSHI l’encourage à adopter politiquement un comportement de revendicateur des droits ‘‘démocratiques’’ autant que ‘‘sociaux’’. Il l’encourage même à sanctionner durement ses propres représentants – quoi que légitimes sur papier – siégeant au sein des institutions nationales ou locales sujettes à élection.

Le parlement qui fait office de Nation souveraine et qui représente institutionnellement la population, est plutôt appelé à s’affranchir des intérêts politiques et partisans en vue de mieux protéger la société, de mieux sauvegarder sa liberté et son autonomie, de mieux servir le Peuple tout entier[v]. L’idéologie de la performance et de l’efficacité managériale, d’ailleurs, propre à la sphère privée et l’univers économique devient subitement le langage approprié des institutions gouvernementales et administratives dans strict but de générer des revenus substantiels au profit des collectivités publiques, fussent-elles périphériques ou centrale[vi]. Le phénomène de corruption qui a littéralement paralysé la vie de la Nation depuis des lustres – depuis l’ère glaciaire du Mobutisme ravageur – devient la bête noire des autorités publiques et administratives pour sa nette propension à favoriser le sous-développement[vii].

La restauration de l’État de la République démocratique du Congo, ainsi que de toutes ses entités publiques, est le leitmotiv du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI).

Cet esprit de réhabilitation ou de résurrection de la République démocratique du Congo, d’ailleurs, mis en avant par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) finit, en vérité, par courroucer bon nombre d’intérêts internationaux, à plus forte raison ‘‘occidentaux’’. Il sied de noter que ceux-ci sont accoutumés à transiger avec un personnel politique et administratif local peu regardant des intérêts nationaux. Ces derniers adorent visiblement un Congo à genoux, grabataire, continuellement sous perfusion humanitaire. Ces puissances exogènes qui promeuvent l’infiltration de toutes les institutions nationales par des mercenaires étrangers, ne tolèrent aucunement un Congo debout, dont le discours ambiant est, plutôt, le développement économique de la Collectivité étatique associé au progrès social du Citoyen. Elles ne tolèrent nullement un Congo libre et prospère, digne et juste, dont la doctrine officielle est, à vrai dire, l’industrialisation de son espace vital afin d’en faire une puissance émergente au cœur de l’Afrique moderne et indépendante.

le leadership de FATSHI est fortement apprécié par ses pairs en Afrique. Sur le continent, son discours promouvant les droits fondamentaux de la personne humaine met un accent particulier et singulier sur la paix et les négociations politiques en vue d’épargner les souffrances injustement infligées à la population.

Dans le but de freiner l’élan présidentiel de FATSHI s’appuyant fort substantiellement sur le Nationalisme congolais[viii], d’ailleurs, hérité tout droit des pères de l’indépendance et du lumumbisme historique, ces puissants intérêts exogènes mettent évidemment à contribution des puissances régionales anticongolaises. Le rôle leur imparti est de servir de souffleurs de braise dans le cadre des conflits violents. Ceux-ci réactivent rapidement toutes les forces négatives ou terroristes qui essaiment, d’ailleurs, impunément dans l’Est du territoire national. En réalité, ces dernières ont pour mission d’occuper les zones qui regorgent des ressources autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques. Aussi ont-elles pour mission d’expulser de l’Afrique centrale les intérêts économiques et financiers sino-soviétiques tout en maintenant sur le plan purement interne, fortement – pour ne pas dire violemment – la pression du démembrement territorial[ix].

Parmi les autres objectifs poursuivis par ces puissances exogènes par le canal de leurs sbires, fussent-ils mercenaires locaux et étrangers, forces négatives et terroristes, c’est la perturbation violente du processus électoral qui doit [normalement] culminer par des scrutins légitimes tenus le mercredi 20 décembre 2023[x]. Par cette stratégie mesquine, ces intérêts extérieurs veulent, en vérité, conduire précipitamment le pouvoir en place à des séries interminables de pourparlers avec quelques familles de l’opposition politique et sociale. Force est de constater que celles-ci ‘‘adoubées par la hiérarchie catholique romaine et locale’’ sont strictement placées aux ordres de l’étranger en vue de partager des postes politiques, administratifs et gouvernementaux. En réalité, cette stratégie leur permet de sauvegarder, au nom de leurs commanditaires cyniques et soutiens maffieux, l’architecture ‘‘politique’’ et ‘‘institutionnelle’’ directement issue du processus résolument vicié de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003[xi].

Le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dit FATSHI Béton, a été élu à la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Le mercredi 20 décembre 2023, il remettra en jeu son tablier pour un second mandat de cinq ans. Pour l’instant, il demeure indétrônable vu sa communion avec la population qui apprécie énormément son action politique, administrative et gouvernementale.

Ce qui est clair, l’obsession de FATSHI de ressusciter un État comateux, est à la base de la contre-réaction des membres influents de la Communauté occidentale de replonger la République démocratique du Congo dans la spirale du chaos et de l’anarchie favorisant la spoliation éhontée du pays[xii]. Concrètement, cela signifie que les convulsions actuelles que vit péniblement la République démocratique du Congo, résultent du refus poli mais ferme de ce président de sacrifier l’ensemble de son Peuple, de brader l’État, d’en faire un marchepied scandaleux de puissants intérêts extérieurs[xiii]. Tous ces troubles convulsifs résultent, surtout, de la redéfinition de la place de cet État majestueux et richissime dans le concert des Nations par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo[xiv].

En d’autres termes, toutes ces contractions sévèrement et matériellement vécues par la République démocratique du Congo sont dictées par la crainte injustifiée et illégitime de grandes puissances occidentales de voir balayer lors de prochaines échéances électorales la cohorte de leurs pupilles et mercenaires que la population ne veut pratiquement plus revoir sur l’échiquier politique et national. Donc, ceci revient à dire que ces turbulences politiques et violences armées commanditées de l’extérieur visent à renvoyer aux calendes grecques la tenue de scrutins tant attendus par la population. En effet, celle-ci a vraiment soif de goûter à sa liberté et à son épanouissement. Elle a réellement besoin, vraiment soif de jouir de l’ensemble de ses richesses minières et naturelles visiblement confisquées par des puissances occidentales.

Au Peuple congolais de prendre toutes ses responsabilités.

À l’UDPS de l’y conduire.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] La démocratie exige, certes, la pluralisation partisane et la tolérance politique.

[ii] Il s’agit de l’ingérence décriée de la ‘‘Troïka’’ : Belgique, États-Unis et France.

[iii] Aujourd’hui, l’interventionnisme tyrannique étranger en République démocratique du Congo est directement exercé par des représentants diplomatiques. Entre autres de l’Union européenne (UE) et des Etats-Unis (USA). Y compris la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) par le truchement de la représentante du secrétaire général de l’ONU António Manuel de Oliveira Guterres, alias António Guterres, en l’occurrence Mme Bintou Keita de Guinée-Conakry. Spécifiquement pour cet organisme onusien pourtant chargé de pacifier l’Est de la République démocratique du Congo, la population congolaise l’accuse de connivence avec les forces négatives et terroristes qui portent atteinte à la vie et aux droits des citoyens paisibles. Aussi l’accuse-t-elle de participer activement à la contrebande des matières premières au détriment de la RDC. Elle lui reproche également d’abuser sexuellement des femmes congolaises sans défense.

[iv] Il est devenu, plus tard, Mobutu Sese Seko kuku Ngbendu wa za Banga du Zaïre à la faveur de la doctrine nationale et de la révolution culturelle de l’Authenticité mise en orbite en 1971.

[v] Dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation (USN), un appel de responsabilité politique et civique est directement lancé à tous les députés en vue de faire passer l’intérêt supérieur de la Nation et du Peuple avant toute autre considération politique par le président de la chambre basse Christopher Mboso Nkodia Pwanga. Dans un autre registre, cet appel explicite vise principalement les Représentants de la Nation qui entretiennent des rapports de proximité avec des forces rebelles locales ou étrangères armées au détriment de l’État en vue de bénéficier d’une ristourne en termes de contrebande de matières premières.

[vi] C’est l’obsession du gouvernement des Warriors dirigé par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge.

[vii] Pour endiguer l’absentéisme administratif et le détournement des deniers publics qui font naturellement perdre une fortune colossale à l’Administration publique et à l’État, l’Inspection générale des finances (IGF) est réactivée. Cette institution qui permet à l’État de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence administrative, devient le fer de lance de la moralisation publique des fonctionnaires ou agents publics.

[viii] L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) trouve son ‘‘fondement idéologique et sa légitimité politique’’ dans la lutte historique contre la tyrannie ‘‘meurtrière, négrière et prébendière’’ en tant que cheval de Troie bâillonnant l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo, sacrifiant sauvagement sur l’autel des puissances internationales et des intérêts maffieux autant la souveraineté et la prospérité de la Nation que la liberté et la dignité du Peuple.

[ix] ‘‘Qui contrôle la République démocratique du Congo, contrôle bien entendu le monde entier. Il s’arroge, par conséquent, la puissance de diriger en permanence la planète Terre. Il s’assure un leadership sans limite’’.

[x] L’Ensemble pour la République de l’affairiste Moshe Nissim Soriano D’Anagno, autrement désigné Moïse Katumbi Chapwe (le chouchou de la communauté internationale et de puissants intérêts maffieux), et l’Engagement citoyen pour le développement (ECIDé) de Martin Fayulu Madidi misent sur la violence politique en vue de paralyser l’action politique et gouvernementale de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ces formations partisanes tablent fréquemment sur les affrontements physiques afin d’accéder au pouvoir d’État. Force est d’admettre que leur comportement pourtant antidémocratique n’est jamais reproché ni condamné par la Communauté internationale.

[xi] Ce processus de négociations politiques intercongolaises menées à Pretoria et à Sun City, en Afrique du Sud, est, sans l’ombre d’un doute, officiellement à l’origine de la mise sous tutelle de la République démocratique du Congo.

[xii] C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le lâche assassinat du regretté ministre des Transports Chérubin Okende Senga. En effet, l’objectif poursuivi par cet évènement odieux était la provocation des affrontements interethniques dans le centre de la République démocratique du Congo et le soulèvement de la population en vue de favoriser la partition des régions de l’Est du pays. Les architectes de ce plan tablaient sur le manque de réactivité du gouvernement totalement piégé par l’insécurité à l’Est et la déstabilisation à l’Ouest.

[xiii] Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) se retrouve dans la même situation que l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, alias Titide, le père des pauvres et miséreux s’entassant dans des bidonvilles du pays, dont le pouvoir reposait essentiellement sur des piliers populaires. À la seule différence que les mouvements populaires haïtiens vivant exclusivement de l’aide extérieure ont été délibérément manipulés par des puissances extérieures (Paris et Washington) pour renverser le régime de Port-au-Prince plaidant régulièrement pour le partage des richesses nationales au profit des plus démunis de la société. Alors qu’en République démocratique du Congo, cette perspective de neutralisation des institutions politiques et administratives est fortement éloignée en raison du parfait quadrillage du pays par l’UDPS en tant qu’avocat et justicier, soldat et révolutionnaire de la liberté du Peuple.

[xiv] Les richesses matérielles et humaines de la République démocratique du Congo ont toujours fait, et ce depuis la naissance du capitalisme économique et financier au 19e siècle, le bonheur des seules et uniques puissances occidentales. Depuis son avènement politique, le jeudi 24 janvier 2019, le président FATSHI est résolu à faire bénéficier de toutes ces ressources nationales leurs propriétaires légitimes que sont incontestablement les Congolaises et les Congolais. Une telle perspective ne plaît aucunement aux diverses puissances occidentales dont la pratique est de maintenir coûte que coûte la République démocratique du Congo dans un état de pauvreté chronique, de misère exécrable pour sa population, au pire dans le chaos permanent au travers des régimes pilotés et incarnés par des mercenaires de tout acabit.

Tragédie ukrainienne et Suicide européen

Tragédie ukrainienne et Suicide européen

Dès les premières heures de l’intervention militaire russe sur le territoire ukrainien le 24 février 2022, l’Union européenne (UE) a manifesté son soutien total au peuple ukrainien.

L’empire du ‘‘Néolibéralisme global’’ en pire

‘‘Le capitalisme (le marché) n’a ni conscience ni miséricorde.’’

Octavio Paz Lozano, Prix Nobel de littérature 1990

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

La fin de la guerre froide en 1989 suivie de la chute du communisme soviétique en 1991 a consacré les États-Unis la seule et unique superpuissance planétaire. Cette position privilégiée a permis à cet immense pays dont le messianisme est le liberté, d’imposer un nouvel ordre mondial substantiellement fondé sur la globalisation marchande.

Depuis le 24 février 2022, le monde dans lequel nous vivons, a complètement basculé. En effet, pendant une trentaine d’années, c’est-à-dire depuis la chute historique du mur de Berlin dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 suivie du démantèlement du communisme soviétique en décembre 1991, la planète Terre vivait sous l’empire du dictat unipolaire de Washington. Pour la circonstance, devenus la seule et unique superpuissance, les États-Unis pouvaient, donc, imposer aisément leur volonté au reste du monde sans pour autant rencontrer une quelconque résistance. N’ayant pratiquement plus d’opposition militaire et de contradiction idéologique en face, ceux-ci pouvaient donc imposer un nouvel ordre mondial qui obéissait pratiquement à leur vision fantasmatique.

La guerre en Ukraine oppose les forces de l’OTAN et de l’Union européenne (UE) aux forces russes

Toutefois, la guerre en Ukraine qui implique manifestement l’intervention militaire de la Russie dans le but de stopper les velléités d’extension de l’OTAN au-delà du tristement célèbre rideau de fer, est venue porter un coup d’arrêt brutal à cette démarche unipolaire. En effet, sur le plan purement géopolitique, ce conflit ukrainien en ébullition sur le sol du continent européen, a sonné contre toute attente la révolte des pays progressistes et États du Tiers-Monde complètement adossés au couple sino-russe. Force est de constater que la majorité de ces États de la planète rejettent systématiquement et automatiquement cette vision du monde injustement et brutalement véhiculée par les USA. Celle-ci repose, en effet, sur les atteintes récursives au droit international, pourtant sur papier garant de la paix entre les Nations et de l’harmonie entre les Peuples.

En fait, tous ces pays reprochent sévèrement à Washington de faire littéralement fi des résolutions adoptées par l’Organisation des Nations unies. Ils lui reprochent de piétiner sauvagement la liberté des Peuples et, donc, de faire litière de la démocratie au cœur de la vie des Nations. Aussi lui reprochent-ils d’écrabouiller sans véritablement se soucier la justice et les droits humains fondamentaux. À ce titre, ceux-ci plaident ouvertement en faveur d’un monde multipolaire afin de garantir leur propre sécurité, donc assurer leur propre liberté[i].

La guerre en Ukraine a permis à la Russie de remettre en cause l’ordre mondial unipolaire incarné par les États-Unis.

Ce qui est clair, la guerre en Ukraine a très largement ouvert la voie à une confrontation – pour l’instant à distance – entre les États-Unis et la Russie, deux puissances nucléaires. Ce qui fait naturellement craindre, en cas d’une confrontation somme toute directe voire chaude, l’extinction de la Vie sur cette planète Terre. Sur le plan doublement géopolitique et géostratégique, l’objectif primordial de cet affrontement armé qui ne dit pas son nom, est du point de vue de Washington l’effondrement du régime moscovite dans l’optique de mettre la main sur toutes les ressources stratégiques et vitales de la Russie dirigée par nul autre que l’ex-agent du KGB, Vladimir Vladimirovitch Putin.

Pour Vladimir Vladimirovitch Putin, l’Ukraine devenue l’otage des forces extrémistes, terroristes et nazies soutenues par l’OTAN et l’Union européenne (UE) constitue une sérieuse menace existentielle pour la Russie.

Toutefois, du point de vue de la Russie, d’ailleurs manifestement confrontée à sa survie en raison de son encerclement provoqué par Washington depuis la fin de la guerre froide, l’objectif fondamental de cette conflagration armée est bel et bien ‘‘la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine sanctuarisée par de puissants intérêts antirusses[ii]’’. À vrai dire, il demeure ‘‘la neutralité politique et idéologique de l’Ukraine que l’OTAN cherche coûte que coûte à transformer en poste avancé de l’Occident contre la Russie’’. Il convient de mentionner que cette ancienne république soviétique qui a, certainement, acquis son indépendance politique et administrative de Moscou en 1991, est évidemment parrainée par des États membres de l’Union européenne (UE) et des pays faisant partie intégrante de l’Organisation du Traité de l’Alliance Atlantique Nord (OTAN).

Volodymyr Oleksandrovych Zelenskyy dans la peau de chef de guerre décidé à libérer son pays de griffes de l’ours russe.

Ce qui doit évidemment alerter l’opinion publique internationale, ce conflit militaire entre l’Occident et la Russie, – lequel a pris son essor en 2014 et non point en février 2022 –, a déjà livré l’Ukraine aux mains des Multinationales américaines. À l’instar d’imposants mastodontes tels que ‘‘DuPont de Nemours’’, ‘‘Cargill’’ et ‘‘Mosanto’’[iii], celles-ci ont manifestement accaparé les terres arables et fertiles[iv] de cet immense voisin, et d’ailleurs archi-convoité, de l’ours russe avec la conjuration du célèbre chef de guerre ukrainien Volodymyr Oleksandrovych Zelenskyy. Cette captation, d’ailleurs, digne du Far West s’est opérée contre la volonté expresse des opérateurs agricoles locaux et de la classe paysanne ukrainienne. Ceux-ci avaient, réellement, exprimé dans ce dossier sensiblement chaud et extrêmement vital pour le pays leur fin de non-recevoir.

Les terres agricoles ukrainiennes riches en matières organiques et minéraux sont extrêmement convoitées par des multinationales américaines.

Par ailleurs, il se murmure à haute voix que la reconstruction de l’Ukraine déjà dévastée par l’opération militaire russe a été totalement confiée à la fameuse firme BlackRock. Cette compagnie américaine est plutôt connue pour être une société de gestion d’actifs. Il importe de souligner que son chiffre d’affaires est pratiquement l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) réuni de trois plus grandes économies de l’Union européenne (UE). À savoir : l’Allemagne, la France et l’Italie.

Dans ce dossier, la reconstruction de l’Ukraine a été estimée par la Banque mondiale (BM) à hauteur de 349 milliards de dollars US. Cependant, pour Larry Flink, le président de BlackRock, cette opération pourrait réellement capter voire drainer des investissements financiers de l’ordre de 750 milliards de dollars. Ce chiffre colossal est pratiquement le double imaginé ou projeté par cette institution financière sise à Washington. Force est de relever que cette prévision financière ou cette évaluation monétaire a été annoncée au Forum économique de Davos qui est, par essence, la Cathédrale du Néolibéralisme et la Chapelle du Mercantilisme global en janvier 2023[v].

BlackRock, une société gestionnaire de fonds de pension, s’est positionnée parmi les firmes américaines et européennes chargées de la reconstruction de l’Ukraine.

Ce qui est sûr, ce conflit militaire meurtrier est marqué par le détournement massif de l’aide militaire occidentale directement destinée à l’Ukraine. Il est également marqué sur le théâtre des opérations militaires par l’effondrement de l’armée ukrainienne incapable de supporter le rythme imposé par la machine de guerre russe. Il est surtout marqué, au-delà du nombre certes incalculable d’annonces spectaculaires des médias mainstream, par l’insignifiance des matériels militaires offerts par l’OTAN et par l’Union européenne (UE) à leurs alliés ukrainiens[vi].

Le conflit militaire russo-ukrainien a renforcé la mainmise des États-Unis sur l’Europe continentale, plus particulièrement et plus singulièrement sur leurs alliés de l’OTAN et de l’Union européenne (UE).

Ce qui est certain, ce conflit militaire en Ukraine est en soi, du point de vue stratégique, une aubaine pour les États-Unis. En effet, cette guerre leur permet de mettre à tout prix à genoux l’Europe. À défaut de vraiment détruire la Russie, elle leur permet de placer ce vieux continent sous leur parapluie sécuritaire et, par conséquent, nier son indépendance idéologique ou son autonomie politique. Elle leur permet d’éloigner – à moindres frais pour les Européens mais à coûts exorbitants pour les Ukrainiens[vii] – le spectre d’une réunification tant redoutée de l’Allemagne, moteur de l’Union européenne (UE), et de la Russie. Aussi leur permet-elle de détruire cyniquement l’économie et le social de l’Europe en provoquant artificiellement par la montée vertigineuse du prix de l’énergie, dont principalement le gaz, – et subsidiairement le pétrole –, le transfert des entreprises européennes vers l’Outre-Atlantique où l’énergie se négocie encore à bas prix de nos jours.

Les BRICS dont le discours est le multilatéralisme, sont devenus une alternative à l’ordre unipolaire américain.

Ce qui est sûr et certain, le conflit militaire ukrainien a fait découvrir au reste du monde le véritable visage de l’occident. En tant que sphère d’influence planétaire, celui-ci a perdu toute crédibilité politico-diplomatique et toute légitimité morale en raison de sa duplicité[viii]. Contrairement à la propagande idéologique ambiante, d’ailleurs, distillée par les médias mainstream, l’occident ne fait pratiquement plus rêver. Il suffit simplement de voyager dans les quatre coins de la planète Terre pour s’en rendre naturellement compte. Par voie de conséquence, l’occident est-il encore de nos jours un véritable pôle civilisationnel dont les valeurs fondamentales et les principes directeurs sont, à vrai dire, la justice, la paix, la liberté, la démocratie, la dignité humaine ? Dans ses propres frontières, incarne-t-il encore ses idéaux humanistes ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] Le rejet de la vision unipolaire américaine s’explique par la destruction délibérée de la Syrie et de la Libye pour des raisons géostratégiques (le gaz et le pétrole), par le piétinement du droit international dans les cas spécifiques de la Serbie sauvagement bombardée sans mandat de l’ONU, de l’Irak et de l’Afghanistan dont les territoires nationaux ont été militairement envahis pour des raisons géopolitiques (la recomposition du grand Moyen-Orient, la mainmise sur le pétrole irakien, la mainmise sur les artefacts archéologiques de l’ancien empire babylonien, la captation des quantités d’or détenues par la banque centrale irakienne, le commerce du pavot afghan, les débouchés sur le trafic du lithium dans le désert afghan), etc.

[ii] Ceux-ci sont d’extraction doublement ‘‘otanienne’’ et ‘‘européenne’’.

[iii] https://multinationales.org/fr/actualites/l-agriculture-ukrainienne-livree-aux-multinationales.

[iv] Le tchernoziom ukrainien est une forte épaisseur de terre fertile et noire (de 1 à 6 mètres) contenant des matières organiques et des minéraux tels que le phosphore et la potasse. Ce qui entraîne effectivement que les agriculteurs limitent drastiquement les apports azotés et l’usage des engrais chimiques pour assurer de meilleures récoltes.

[v] https://www.tf1info.fr/international/la-reconstruction-de-l-ukraine-aiguise-deja-l-appetit-des-investisseurs-et-blackrock-larry-fink-a-davos-2245510.html.

[vi] Cette insignifiance est mesurée en termes de quantité tout comme en termes d’efficacité sur le terrain des opérations armées. Par conséquent, au-delà de la rhétorique ressassée à longueur de journée dans les médias, l’OTAN et l’Union européenne (UE) souhaitent-ils vraiment la victoire militaire de l’Ukraine ?

[vii] Pour le président américain Joe Biden, ‘‘le Monde libre et démocratique doit se battre jusqu’à la dernière goutte du sang ukrainien’’. Une telle formule ne peut que présager une guerre intense et longue.

[viii] Soutien militaire massif à des groupes extrémistes, terroristes et nazis en Ukraine, appui politique et diplomatique à un gouvernement de tortionnaires qui tue ses propres concitoyens en raison de leurs origines ethniques, promotion de l’idée d’arrestation du Russe Vladimir Vladimirovitch Putin pour crimes de guerre, crime de génocide et crimes contre l’humanité. Pourtant, bien des dirigeants occidentaux sont comptables de mêmes infractions au regard du droit pénal international (DPI). Ceux-ci circulent très librement dans les capitales des pays démocratiques et donneurs de leçon de morale internationale. À ce niveau, motus bouche cousue. La politique de l’autruche bat malheureusement son plein.

Le grand retour de la tyrannie

Le grand retour de la tyrannie

Le tyran est un être hideux dont la volonté manifeste consiste à semer coûte que coûte la mort mentale et physique autant de l’individu que de la société.

Sécurité menacée et Justice bâillonnée, Paix emprisonnée et Libertés piétinées

‘‘De la peur de tous naît, sous la tyrannie, la lâcheté du plus grand nombre.’’ Vittorio Alfieri, De la tyrannie

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Être dictateur n’est pas en soi une profession. Comme pourrait véritablement l’être celle d’avocat, de pharmacien, de médecin, d’architecte ou de journaliste. C’est, plutôt, une prédisposition mentale. C’est, en réalité, un état d’esprit qui ramène, d’ailleurs, au stade animal l’être humain obnubilé par le phénomène du pouvoir, par la puissance publique en tant qu’exercice du pouvoir au sein d’une société et moyen de domination des individus ou groupe d’individus. En fait, il s’agit là d’un état d’esprit qui réduit systématiquement et automatiquement au niveau de la bête ni plus ni moins féroce un être humain guidé par des pulsions dévastatrices et aveuglé par des phantasmes délirants.

La dictature est une profession de foi.

Être dictateur n’est pas un métier que l’on apprend assidûment dans une école des arts et métiers. Loin de là ! C’est, dans la vraie vie, un exercice psychique qui consiste à revêtir la peau d’une entité hideuse. À y regarder vraiment de très près, celle-ci est amputée de toute conscience salvatrice. C’est, donc, une disposition constitutive de personnalité humaine. Celle-ci se traduit par le déséquilibre mental. C’est en soi une opération psychologique qui consiste à pactiser avec le Mal en vue de détruire la liberté qu’est, par essence, la Vie ou encore la véritable puissance de création qui fait naturellement de l’Humain un acteur de sa propre vie.

La destruction de l’humain et de son environnement est le véritable langage du dictateur.

En effet, la plus grande caractéristique d’un dictateur patenté, donc un tyran aguerri, est évidemment sa très nette propension à saccager tout ce qu’il voit, tout ce qu’il palpe, tout ce qu’il entoure. En fait, le saccage en tant qu’entreprise et comportement constitue pour lui la mère de sûreté. En tant qu’état d’esprit qui se traduit par le délire permanent, la dictature pousse à massacrer la paix et l’harmonie qui constituent, pourtant, le socle sur lequel s’appuie fermement la société. À cet effet, le dictateur recherche coûte que coûte la guerre. Il recherche à tout prix la confrontation physique qui n’est pas du tout censée faire l’économie de la Vie. Et, d’ailleurs, ôter la vie est une ‘‘lubie’’ pour lui.

Or, le propre d’une conflagration armée, donc la confrontation physique visiblement teintée de violence physique et indicible, est d’engendrer de manière permanente le chaos et l’anarchie. C’est de mettre résolument le monde sans dessus dessous. C’est, en réalité, de provoquer littéralement la misère et la pauvreté dans l’environnement social. Celles-ci affectent bien sûr le moral de l’humain. Aussi affectent-elles sa santé physique. Donc, elles le détruisent à petit feu dans la mesure où elles reposent essentiellement sur la privation.

La paix des cimetières est le seul objectif poursuivi par le dictateur.

Dans la violence générée par la dictature, il y a privation de vivre dignement. Privation de vivre dans la sécurité et la justice. Privation de vivre paisiblement et harmonieusement. Privation du plaisir, du bonheur et de la joie. Cela se traduit, certes, par l’augmentation exponentielle de l’anxiété, par la permanence du stress.

De nos jours, la dictature est, à n’en point douter, une passion voire même une vocation. Elle est, à vrai dire, une passion brûlante, dévorante parce que ses adeptes très souvent atteints d’autisme ne visent qu’à imposer leur seule et unique volonté. Très souvent contre vents et marées. Ceux-ci ne cherchent qu’à imposer, au moyen de la contrainte, une vision du monde qui est, par définition, le fruit de leurs phantasmes ou qui est, sans conteste, le produit de leurs intérêts mesquins.

La zombification de la société est la passion du dictateur.

Aussi cette dictature est-elle très concrètement une vocation puisqu’elle n’attire que des individus qui n’ont naturellement aucune considération de la loi. Il s’agit, bien entendu, de la règle qui a toujours gouverné la collectivité publique. Ce phénomène n’attire que des individus qui piétinent sans conscience, ni regret ni repentance la morale et la foi au nom de puissances occultes ou intérêts mesquins. Il n’attire visiblement que des individus qui ont perdu tout contact avec le réel. Des individus qui s’enferment dans une bulle et nient leur propre être ou leur propre existence. Des individus dont le seul et unique salut pour se faire entendre est la force physique.

Le plus bel exemple de cette dictature qui n’est même plus rampante mais expressive, est l’imposition générale de la vaccination au mépris de la volonté individuelle ou collective. C’est aussi la répression aveugle des manifestations pacifiques qui revendiquent pourtant la prise en compte des droits fondamentaux et inaliénables de la multitude. C’est à vrai dire la pression constamment exercée sur des acteurs devenus gardiens de leurs destinées propres et de celle de la société. C’est la pression constamment exercée sur des acteurs de conflits afin de ne pas négocier de bonne foi une paix armée ou issue de pourparlers diplomatiques, qui a indubitablement pour effet de faire taire définitivement les armes et, finalement, mettre un coup d’arrêt au désordre et à la déstabilisation des communautés humaines et vivantes.

Pour le tyran, la société n’est pas une collectivité dans laquelle les Humains interagissent pour le bonheur des uns et des autres, pour leur épanouissement individuel et collectif. C’est plutôt un vaste mirador, une immense prison à ciel ouvert dans laquelle la liberté n’existe point. Celle-ci est simplement comprimée, écrabouillée.

De nos jours, la dictature est manifestement de retour parce qu’elle se manifeste auprès des dirigeants qui ne tiennent pratiquement pas leurs promesses. Elle se manifeste auprès des dirigeants tenus par la volonté de satisfaire coûte que coûte la voracité et la boulimie de leurs soutiens obscurs dont les intérêts s’opposent violemment à ceux de la société. Elle se manifeste bruyamment auprès des dirigeants qui ont complètement perdu le sens d’humanité en tant que faculté de voir dans l’autre son propre miroir, en tant que réflexe ou capacité de vivre en totale harmonie avec son prochain.

La dictature est résolument de retour parce qu’elle s’exprime dans un contexte de crise où la société a visiblement perdu tout repère moral et toute référence spirituelle. S’appuyant substantiellement sur la fameuse notion de fragmentation (division parcellaire des blocs et opposition violente des agrégats sociaux), elle s’exprime aisément dans un contexte où l’égoïsme a nécessairement pris le pas, plutôt le dessus, sur le solidarisme. Elle évolue dans un contexte social où l’individualisme a complètement étouffé le principe de fraternité. Elle s’exprime, sans crainte et sans contradiction, dans un contexte sociétal où la licence d’abêtir l’Humain est réellement devenue la norme. Elle s’exprime dans un contexte environnemental où le permis d’abrutir l’être est gracieusement offert, distribué à quiconque participe à la déstructuration mentale de sa communauté, donc contribue par son égarement et son inconscience à la destruction de l’identité et de la personnalité animique de la collectivité[i].

La propagande idéologique est un instrument de contrôle du mental des Citoyens dans une société totalitaire fondée essentiellement sur l’uniformisation du discours social.

Force est de constater que la dictature s’impose par la falsification délibérée de la vérité. Y compris la dénaturation de la science et le détournement de l’histoire. Pour ce faire, le terme  »complotisme » est inventé. Il est, surtout appliqué, – [dans l’unique but de les disqualifier] -, à celles et ceux qui éclairent leurs congénères délibérément maintenus dans l’ignorance, enfermés dans l’obscurité.

À cet égard, l’épouvantable dictature s’appuyant sur la pensée unique utilise abusivement les médias de masse – médias mainstream – qui ont pour objectif fondamental de fabriquer une opinion publique dont elle a nécessairement besoin pour exister et prospérer. Dans l’optique d’embrigader la multitude, elle verse facilement dans la propagande mensongère et, surtout, haineuse, spécifiquement teintée d’idéologie. Ce qui lui permet naturellement d’imposer une vérité biaisée, tronquée, tordue, cousue de fil blanc que personne ne peut contester dans la sphère sociale sous peine de subir l’opprobre ou l’exclusion[ii].

Le musellement de la vérité entraîne l’extinction de la liberté.

Par conséquent, dans la seule et unique intention de contraindre l’exécrable tyrannie dans sa ferme et inique volonté de tuer complètement l’être humain et de détruire brutalement son foyer d’éclosion, [la société], il faut justement promouvoir les valeurs de solidarité et de fraternité, de justice et de liberté. Bref ‘‘le discours de dignité humaine’’ qui a toujours guidé l’humanité dans les périodes les plus sombres de son histoire. Il faut promouvoir, sans complexe et sans complaisance, la liberté en tant que puissance de création permettant effectivement à l’Humain d’assurer son devenir, toute sa survie sur cette belle planète Terre. Et non pas prôner coûte que coûte la liberté en tant que pouvoir de destruction de son prochain et de son environnement dans le dessein d’assurer l’hégémonie assassine du totalitarisme ou la domination criminelle de la tyrannie.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Dans ce système de démantèlement de l’intelligence et d’affaissement moral et spirituel de la collectivité, la liberté d’expression est garantie par le permis d’abrutir l’humain. Cette licence d’abêtir est accordée à une nouvelle catégorie sociale qualifiée d’influenceurs ou influenceuses qui gagnent matériellement des revenus faramineux.

[ii] La liberté d’expression qui résulte, en réalité, de la pensée unique ou dominante (la bien-pensance véhiculée par l’élite sociale) est, en fait, la liberté d’oppression ou de répression de la contradiction démocratique.

Être de ‘‘Père’’ et de ‘‘Mère’’ au Congo

Être de ‘‘Père’’ et de ‘‘Mère’’ au Congo

La proposition de loi Tshiani qui aura pour conséquence d’éliminer de la course politique et électorale majeure des mercenaires locaux prestant pour des multinationales spécialisées dans le pillage meurtrier des ressources tant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques de la République démocratique du Congo, est généralement qualifiée par la population de loi de  »Père » et de  »Mère ».

Entre ‘‘ségrégation ethnico-raciale’’ et ‘‘nécessité de protection de la Nation’’

Le débat de fond soulevé par la proposition de loi ‘‘Tshiani’’

‘‘Si nationalité, c’est contentement, État, c’est contrainte.

Henri-Frédéric Amiel, écrivain suisse, Fragments d’un journal intime, (27 septembre 1821 – 11 mai 1881).

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Noël Tshiani Muadiamvita est un homme politique congolais. Il se singularise par ses prises de position tranchantes sur le développement économique de la République démocratique du Congo et le progrès social de sa population[i]. Aussi se particularise-t-il par ses réflexions pointues sur la Nation en tant que Collectivité et, surtout, moule identitaire décisif au façonnement de la Citoyenneté au sens politique du terme.

Noël Tshiani Muadiamvita a officiellement déposé sa proposition de loi entre les mains du président de l’Assemblée nationale (AN) de la République démocratique du Congo (RDC), Christophe Mboso N’Kodia Pwanga (au milieu, costume bleu). Comme Tshiani ne dispose point de mandat parlementaire, cette proposition de loi sera pilotée par le député national Cerveau-Pitshou Nsingi Pululu (à gauche de l’image, costume gris cendre).

En effet, force est de souligner que Noël Tshiani Muadiamvita vient de provoquer une véritable onde de marée dans le microcosme national en pilotant une proposition de loi exclusive qui réduirait l’accès à des plus hauts postes politiques, administratifs et gouvernementaux du pays aux seuls Congolais d’origine[ii]. C’est-à-dire : des sujets de ‘‘père’’ et ‘‘mère’’ d’origine congolaise, dont les origines se rattachent spécifiquement aux ethnies et tribus de la République démocratique du Congo. Ce qui a, néanmoins, provoqué, un tollé assourdissant. Un sentiment de répulsion et de dégoût auprès des ressortissants congolais dont l’un des parents est forcément et logiquement d’origine ‘‘étrangère’’.

L’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, dont les origines étrangères sont un secret de polichinelle et sur qui les Transnationales occidentales ont jeté leur dévolu, est l’un des plus grands pourfendeurs de la proposition de loi Tshiani. En effet, cette disposition, si elle est adoptée par le parlement national de la République démocratique du Congo, anéantirait coûte que coûte toutes ses chances d’être porté un jour à la magistrature suprême.

Ce qui est clair, au-delà de la passion et de l’acrimonie générées par cette proposition de loi ‘‘Tshiani’’, il existe sans conteste une série de questions de fond soulevées par ce projet en pleine gestation. En effet, au-delà de la revendication politique qui touche la protection des institutions politiques et étatiques de toute infiltration étrangère et, par ricochet, la défense de l’indépendance nationale, le principal point manifestement soulevé par Noël Tshiani Muadiamvita est implicitement la ‘‘politique d’intégration’’.

Relativement à la formulation de sa proposition de loi sur la nationalité précise des animateurs des plus hauts postes politiques, administratifs et institutionnels du pays, existe-t-il, en vérité, une politique d’intégration des collectivités étrangères digne de nom ? Dans son application pratique, celle-ci est censée fédérer les enfants issus de couples mixtes ou de familles étrangères ayant littéralement opté pour la Citoyenneté congolaise autour de l’idée d’appartenance à la Nation et de loyauté sans faille à l’État congolais. Mais, qu’en est-il réellement ?

Si elle existe certes, sur quoi cette politique intégrative se fonde-t-elle exactement ? Du point de la morale civique, quels en sont véritablement les piliers ? Si elle n’existe point cependant, y a-t-il politiquement ou sociologiquement des raisons objectives ou subjectives qui justifieraient plutôt cette inexistence résolument criante et flagrante ? Si elle n’existe pas du tout, n’est-ce pas là aussi une occasion en or pour la peaufiner dans le dessein d’assurer l’adhésion collective et, par ricochet, la cohésion nationale ?

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de la République démocratique du Congo, le Parlement est le lieu attitré pour la défense des intérêts vitaux de la Nation et le débat démocratique salvateur de l’État. À cet effet, il conçoit tout à fait naturellement que les Députés et Sénateurs, en tant que Représentants légitimes de la Nation et Délégués du Peuple, débattent librement, sereinement, des sujets qui concourent à la protection des citoyens, au renforcement de l’unité politique de la Nation et non point des thèmes qui génèrent malencontreusement la discorde politique et nationale et, surtout, entraînent malheureusement l’exclusion des pans entiers de la collectivité nationale.

Toutes ces questions sont posées dans la mesure où les enfants directement issus de couples mixtes ou de familles étrangères sont quotidiennement accusés de traîtrise à la Nation et même de collaborationnisme avec de puissants intérêts anti-patrie. À ce propos, les exemples abondent sous la période effervescente de la décolonisation[iii]. Tout comme sous l’ère macabre de la tyrannie[iv].

Par ailleurs, la question de la présence effective des personnes d’origine étrangère au sein des institutions politiques et administratives de la République démocratique du Congo a été réglée par le protocole d’Accords de Lusaka des juillet et août 1999 et par le processus de négociations politiques intercongolaises en Afrique du Sud (Pretoria 2002) et Sun City (2003). À cet égard, ce règlement évidemment obtenu dans la douleur consécutive à une violence physique inouïe est-il en soi définitif ? Doit-on nécessairement le rouvrir ou le revisiter à la sauce Tshiani ? Par voie de conséquence, qu’est ce qui pourrait alors justifier de nos jours son remaniement et même son rejet ?

La loi Tshiani [de Père et de Mère] n’est pas en soi une nouveauté politique. En réalité, elle s’inspire de la vision mobutiste du pouvoir. En effet, celui-ci doit être protégé de toute intrusion étrangère lors des opérations électorales qui engagent l’avenir de la Nation.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Noël Tshiani Muadiamvita est, en fait, un universitaire. En qualité d’ancien fonctionnaire international, il a bel et bien œuvré pour la Banque mondiale. Lors de son passage dans cette institution établie à Washington, il a, d’ailleurs, confectionné divers projets de développement pour sortir du coma des pays du Tiers-Monde dont les économies sont, par définition, étroites ou mal-en-point.

[ii] La proposition du Dr Noël Tshiani Muadiamvita vise à exclure systématiquement et automatiquement les Congolaises et Congolais dont l’un des parents présente réellement des origines étrangères à des postes dits de ‘‘souveraineté’’. Force est d’admettre que ceux-ci exigent, à n’en point douter, à leur titulaire une loyauté sans faille envers l’État et la Nation. C’est-à-dire : la présidence de la République, la primature, la présidence du Sénat et de l’Assemblée nationale, la direction l’état-major des forces armées, y compris celle des services de renseignement.

[iii] Les personnes métisses et mulâtresses sont accusées de collusion politique avec le pouvoir colonial (Albert Delvaux, dit Mafuta Kizola, Mario Philippe Cardoso (Losembe Batwanyele) et José Nussbaumer du collège des commissaires généraux, Michel Collin (Nlandu Mphemba), etc.).

[iv] Cette notion de trahison politique à la Nation a été fréquemment évoquée à l’encontre des personnalités métisses ou mulâtresses voire même étrangères. Occupant des postes stratégiques, celles-ci ont loyalement servi sous les présidences absolues de Mobutu Sese Seko du Zaïre (le Portugais Jean Seti Yalé, le Judéo-polonais Léon Lubitch ou Leibovitch, dit Kengo wa Dongo, le Rwandais Barthélémy Bisengemena Rwema), Mzee Laurent-Désiré Kabila (les Tutsis Banyamulenges Bizima Karaha et  Déogratias Bugera) ou Joseph Kabila Kabange (le Tutsi rwandais Azarias Ruberwa Manywa, le Burundais Alexis Thambwe Mwamba etle Hutu rwando-burundais Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi), le Judéo-Italo-gréco-zambien Moshe Nissim Soriano D’Anagno (Moïse Katumbi Chapwe)  etc.

Qui a poignardé dans le dos Me Jean-Henri Céant ?

Haïti

Depuis de nombreuses années, Haïti qui a arraché dans la bravoure son indépendance de la France le 1er janvier 1804, est réellement devenu un non-État et, surtout, une zone de non-droit. En effet, ce minuscule pays de la Caraïbe ne dispose pratiquement plus d’institutions légitimes qui personnalisent autant la puissance publique de l’État que le pouvoir politique de la Nation. Et, depuis le lâche assassinat du président Jovenel Moïse par un commando multinational, Haïti est manifestement dirigé par le Premier ministre de facto Ariel Henry. Situation complètement inédite : ‘‘il n’existe concrètement plus d’organes de l’État dont les animateurs patentés, à plus forte raison Représentants de la Nation ou Délégués du Peuple, sont indubitablement choisis par leurs pairs au travers d’un processus électoral juste et digne, sain et crédible’’. Ce qui a naturellement pour corollaire immédiat un État sans pouvoir et sans adhésion populaire, un Peuple sans droit et sans liberté. Comble de tout : ‘‘un Peuple sans souveraineté et sans voix au chapitre international’’.

Face à l’absence évidente de l’État dont le leitmotiv est la sécurité et de leadership fort au sommet du pouvoir politique et gouvernemental, Haïti s’est complètement métamorphosé en zone de non-droit. En effet, le pays assiste fort impuissant à la vague de kidnappings qui paralysent l’économie et empoisonne la vie sociale. Il s’agit localement d’un véritable cancer qui gangrène chaque coin et recoin de ce petit État de la Caraïbe. Comble de malheur pour son ‘‘vaillant’’ et ‘‘valeureux’’ Peuple acculé dans ses derniers retranchements, ce phénomène préjudiciable à la vie socioculturelle et la santé économique est, d’ailleurs, devenu une source de revenus fort lucratifs pour des bandes armées très souvent encadrées par d’anciens membres des forces de sécurité publique, également entretenues et parrainées par des puissances occultes.

Le poignard dans le dos de Me Jean-Henri Céant

Avant d’accéder à la primature de la République d’Haïti, Me Jean-Henri Céant a exercé les fonctions de Notaire. Il a été très actif dans l’univers de la société civile où il s’est impliqué dans les domaines social et humanitaire au travers de l’organisme sans but lucratif  »Aimer Haïti ».

La félonie est-elle un sport ‘‘politique’’ et un art ‘‘diplomatique’’ ?

‘‘Ce n’est pas l’injustice en soi qui nous blesse, c’est d’en être l’objet.’’ Pierre Nicole, théologien français (1625 -1695)

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Avant de s’investir complètement dans la vie politique haïtienne qui est, par définition, un marigot infesté de crocodiles dotés de crocs redoutables, Me Jean-Henri Céant est un notaire qui a manifestement pignon sur rue à Port-au-Prince. Cette profession sans doute au cœur de la société lui permet d’être en permanence au service de ses Concitoyennes et Concitoyens. En raison de la fréquence élevée des contacts personnels qu’il tisse, elle lui permet sûrement de prendre le pouls de la collectivité haïtienne. Elle lui permet, surtout, de prendre la mesure des problèmes qui se posent crûment au sein de l’environnement national. C’est-à-dire : ‘‘De sérieuses difficultés qui accablent journellement l’immense majorité de ses compatriotes’’.

C’est de cette manière que ce professionnel du droit notarial se forge par le truchement de ses activités quotidiennes une véritable conscience ‘‘humaniste’’. Celle-ci l’incite à mettre l’être haïtien, [par nature son concitoyen, avec qui il partage de toute évidence le même espace géographique], au centre de ses préoccupations légitimes. Elle l’incite à partager les mêmes espérances nationales, les mêmes aspirations humaines.

Cette conscience est, d’abord et avant tout, ‘‘citoyenne’’. En effet, celle-ci pousse Me Jean-Henri Céant à devenir un acteur incontournable de la société civile. Par conséquent, elle le pousse à s’ériger très rapidement en ‘‘défenseur’’ certifié des laissés pour compte de la collectivité haïtienne. Elle est, ensuite, politique. En effet, Me Jean-Henri Céant découvre que la politique, au-delà de ses exigences majeures en tant que service public et national, peut être un levier de changement. Cela est d’autant plus vrai qu’il est question, dans ce domaine unique et si particulier, de répondre avec courage, abnégation et conviction aux préoccupations fondamentales de l’ensemble de ses Concitoyennes et Concitoyens.

À partir de cette conviction au cœur de ses réflexions personnelles, Me Jean-Henri Céant décide de se lancer en politique en vue de servir au sens le plus noble du terme l’ensemble de ses pairs. Ainsi, fort de son ancrage dans la société au travers des réseaux de solidarité et des plates-formes animées par l’intelligentsia haïtienne, il participe au scrutin présidentiel de 2010, de 2015 et 2016. Cette triple opportunité électorale lui permet de se faire un nom dans le landerneau politique national. Aussi lui permet-elle de se façonner une réputation d’homme de consensus ou d’homme de paix. Cette renommée est tout à fait déterminante pour la suite de sa carrière politique au niveau national.

En effet, face à la crise multiforme dont pâtit cruellement Haïti, la Perle des Antilles, et ce depuis des lustres, le destin national n’a pas d’autre choix que de faire rapidement appel aux talents de conciliateur, de pacificateur et d’unificateur de Me Jean-Henri Céant. Pour l’occasion, cette personnalité fort consensuelle est nommée ‘‘Premier ministre’’ du pays par le président en exercice Jovenel Moïse. Avec pour ferme mandat de calmer une grogne populaire sûrement explosive, qui plus est fort nocive pour la cohésion nationale et fort menaçante pour la stabilité politico-institutionnelle.

Il importe de souligner que ce mécontentement populaire qui témoigne, naturellement, de l’inconscience collective[i] et, surtout, de l’amoralité avérée de la classe dirigeante[ii], donc de l’élite politique, est consécutif au phénomène de l’insécurité. Il y a lieu de relever que cette tare sociologique résulte directement de l’absence manifeste de leadership à la fois politique et gouvernemental. Cette pathologie nocive procède de la carence du leadership national tout à fait capable d’affirmer la toute-puissance publique de l’État. Aussi découle-t-elle de la crise politique et démocratique qui affecte sévèrement le paysage politique et l’espace social[iii].

C’est dans ce contexte de quête d’identité à la fois politique et démocratique, surtout, de légitimation du pouvoir politique substantiellement fondé sur l’adhésion populaire et le consensus national qu’est immédiatement propulsé à la primature Me Jean-Henri Céant. Toutefois, c’est sans compter sur les ‘‘tireurs de ficelle’’ du jeu politique et institutionnel haïtien. En effet, ceux-ci directement impliqués dans de sales affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics ne souhaitent aucunement voir complètement élucider le sulfureux dossier Petro-Caribe. Force est de mentionner que celui-ci s’est littéralement transformé du jour au lendemain – [et dès son lancement] – en vraie pompe à phynance de certains dignitaires indélicats et de leurs soutiens véreux. Il a visiblement donné lieu à un système bien huilé d’évasion des capitaux sur le terrain international et d’achat des consciences sur le plan national.

La clarification du dossier Petro-Caribe, une boîte de pandore à ne pas ouvrir pour la mafia locale, a sans doute précipité très rapidement l’éviction du gouvernement présidé par Me Jean-Henri Céant. Sur la photo, le président Jovenel Moïse prend acte de l’investiture du gouvernement Céant par le Parlement national en 2018.

Encerclé de toutes parts par des charognards de tout acabit, qui ont sûrement la décence de transformer Haïti en jungle tropicale et dont les crocs ne laissent pratiquement aucune chance à leurs proies, Me Jean-Henri Céant est contraint à rendre le tablier gouvernemental. Poussé vers la sortie de manière fort peu élégante, il se résout à prendre congé de la classe politique afin de se consacrer pleinement à sa famille et à ses affaires privées. Afin de ne point gêner les parties protagonistes de la crise politique haïtienne, il quitte même l’Ile d’Hispaniola qui l’a, certes, vu naître le 27 septembre 1956. Pour ainsi dire, l’homme n’a véritablement plus prise sur la vie politique et institutionnelle de son pays. Et ce, de quelque manière que ce soit.

Comme toute lueur d’espoir a disparu en vue de rétablir Haïti dans toutes ses attributions régaliennes, il se murmure déjà dans les couloirs des cénacles internationaux l’imminence d’une intervention militaire[iv] dont le leadership pourrait vraisemblablement être incarné par le Canada. Le hic est que les Haïtiennes et Haïtiens, dans leur ensemble, sont devenus très allergiques aux invasions ou occupations armées de leur territoire national. Ils sont pratiquement tous devenus réfractaires à toute présence militaire étrangère sur leur sol chéri.

Pourtant, l’intervention armée étrangère présentement projetée par de puissants États de la Communauté internationale est de nature à restaurer les ressorts d’un État défaillant. À en croire les avocats de cette cause, elle est, surtout, de nature à rétablir les prérogatives d’une entité publique en situation de mort cérébrale[v]. De ce point de vue, au regard de cet objectif, d’ailleurs fort louable, une telle intervention militaire est à saluer. Elle mérite, par voie de conséquence, d’être encouragée par tout ‘‘Esprit lucide’’, appuyée[vi] par toute ‘‘Bonne Conscience’’ puisqu’il y va assurément de la vie (et même de la survie) de tout un pays en détresse, de l’existence de toute une Nation en danger de mort.

C’est effectivement dans ce contexte de planification stratégique d’une invasion militaire extérieure par des puissants membres de la communauté internationale qu’interviennent rapidement de sévères sanctions ciblant différentes personnalités haïtiennes impliquées, à de différents degrés, dans la crise politique nationale. Parmi celles-ci, figure, bien sûr, Me Jean-Henri Céant. Celui-ci est effectivement accusé – [jusqu’à preuve du contraire, on ne sait vraiment pas trop par qui], ‘‘de soutien actif à des bandes armées et de parrainage financier au profit des groupes violents semant la terreur, s’illustrant odieusement par la commission des crimes horriblement graves, la prise d’otages ou la dévastation et propageant la désolation et l’insécurité en Haïti[vii]’’. En l’occurrence des gangs armés vivant très ouvertement d’actes de piraterie ou de terrorisme(CQFD).

Force est de souligner que toutes ces peines qui restreignent forcément et drastiquement les droits et libertés de Me Jean-Henri Céant, ne sont manifestement pas l’œuvre de l’État haïtien, d’une part. Et, d’autre part, celles-ci ne résultent même pas de l’ouverture d’une information judiciaire, d’ailleurs, vivement recommandée par le parquet. À vrai dire, elles ne procèdent nullement de l’établissement d’une enquête judiciaire minutieuse conduite par l’Instruction et ayant finalement donné lieu à la définition des responsabilités pénales ou civiles. Encore moins de la décision d’un tribunal certifié ayant réellement délibéré sur un cas porté à sa sereine connaissance ou d’un procès juste et équitable ayant, surtout, débouché sur le prononcé d’un jugement acquis.

Dans ces conditions, toute la question est de savoir effectivement dans quelle mesure le Canada est amené à prendre de telles sanctions sévères à l’encontre desdites personnalités politiques haïtiennes[viii]. Quelles considérations matérielles ont-elles finalement mené ce pays, d’ailleurs une référence indéniable en matière de droit démocratique, à l’adoption d’une telle posture ? La définition de ces sanctions a-t-elle été conseillée voire encouragée par les différentes autorités politiques, administratives et gouvernementales de facto de Port-au-Prince[ix] ? Dans les circonstances, s’agit-il très simplement d’une initiative isolée du Canada ? Autant de questions préoccupant les principaux concernés et, surtout, visés directement et personnellement par les mesures coercitives du Canada.

Entre-temps, Me Jean-Henri Céant, assisté de son conseil juridique, Me Camille Leblanc, clame urbi et orbi son innocence. Face à l’obscurité qui entoure les sanctions le pénalisant de manière personnelle, il entreprend une série de démarches politiques, administratives voire même diplomatiques pour faire pencher la balance de son côté. Débordant d’énergie en vue de rétablir sa réputation éprouvée d’homme de paix et de compromis[x], celui-ci saisit immédiatement le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies António Guterres pour forcer le Canada à fournir des preuves concrètes et factuelles l’incriminant personnellement. D’ailleurs, dans sa missive directement adressée au Secrétariat Général de l’ONU, il fait nettement et clairement remarquer que ‘‘le Canada s’est substitué à la commission d’enquête prévue par la résolution 2653 du Conseil de sécurité du 21 octobre 2022[xi]’’.

S’estimant tout à fait lésé dans ses droits autant inaliénables qu’inattaquables, Me Jean-Henri Céant a, ensuite, saisi les autorités politiques, administratives et gouvernementales haïtiennes dans le but de contraindre le Canada à exhiber à la face du monde les preuves irréfutables ayant servi à justifier la batterie de sanctions lui infligées. Et, enfin, cette personnalité de l’univers notarial a saisi M. Edwin Florexil qui est en fait le coordonnateur de la commission nationale de démantèlement, désarmement et réinsertion (CNDDR). En effet, cet organisme public est chargé d’établir la liste des trafiquants d’armes létales et de leurs soutiens indéfectibles en Haïti.

À toutes fins utiles et pratiques, il est donc question pour Me Jean-Henri Céant de savoir si son nom normalement éloigné des affaires scandaleuses et sulfureuses a déjà fait partie du registre des individus qui détiennent et commercent illicitement des armes létales en Haïti. Force est de relever que ceux-ci contribuent par leur comportement indélicat à la déstabilisation de l’Ile caribéenne aussi bien par la violence physique que par la violation des droits humains fondamentaux. Dans sa correspondance, il demande très nettement et très clairement à cet organisme national de lui communiquer – et même de publiciser, [peut-on même sous-entendre] – sa base de données dans l’optique d’être définitivement déchargée de toute accusation ou d’écarter toute suspicion – fût-elle légitime – qui pèse injustement et lourdement sur lui.

Face à cette affaire de sanctions qui ciblent hâtivement des personnalités haïtiennes avant même la mise en place du groupe d’experts enquêteurs et du comité de sanctions les visant directement, qui a véritablement intérêt à nuire à l’ex-premier ministre, a fortiori notaire de son État, Me Jean-Henri Céant[xii] ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N22/646/07/PDF/N2264607.pdf?OpenElement

[i] Blasée, la communauté semble résignée au phénomène de la violence.

[ii] Cynique, cette élite sans foi ni loi fait de la violence physique un moyen de pression politique pour se frayer le chemin menant tout droit au partage du gâteau national, d’ailleurs, rapetissé au jour le jour et même quasi inexistant, ainsi que des miettes ‘‘sacralisées’’.

[iii] Ce phénomène sociologique, d’ailleurs, préjudiciable aux intérêts vitaux du sanctuaire national a, certes, élu domicile sur les plans aussi bien politique et économique que social et culturel.

[iv] C’est un cas sui generis. En effet, ce serait la première fois que la communauté internationale envisage d’intervenir dans un pays souverain et indépendant dans le dessein de rétablir coûte que coûte l’ordre public mis à mal par des voyous ou bandits de grand chemin, fussent-ils armés, et non pas par des groupes rebelles armés qui s’attaquent aux frontières internationales ou aux Institutions légalement établies dudit État.

[v] En effet, les interventions militaires étrangères en Haïti ont toujours eu pour effet de mettre à genoux un pays très jaloux de son indépendance chèrement acquise dans la douleur de l’esclavage. Des guerres franco-napoléoniennes des 18e et 19e siècles au régime d’occupation armée imposée par l’Organisation des Nations unies (ONU) de 2004 à 2017, celles-ci ont toujours laissé un goût sensiblement amer dans la tête des Nationaux et même de graves séquelles traumatiques dans l’histoire étatique (violations criardes des droits humains fondamentaux, pillage des biens publics et des ressources nationales, affaissement de l’économie nationale, importation des maladies infectieuses, etc.).

[vi] Dans le cas fort présent et, surtout, dans le contexte d’une situation internationale très volatile en raison de la guerre active en Ukraine, l’intervention militaire en Haïti est ardemment sollicitée par le Premier ministre de facto Ariel Henry.

[vii] Prise d’otages, exigence de rançons monétaires exorbitantes, mentorat idéologique, appui logistique, financement, etc.

[viii] Les sanctions prises à l’encontre d’anciens dignitaires haïtiens (Michel Joseph Martelly, Laurent Salvador Lamothe, Jean-Henri Céant) ont été officiellement annoncées par le gouvernement du Canada à la délégation haïtienne lors du XVIIIe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie tenu à Djerba en Tunisie les 19 et 20 novembre 2022. Elles visent également d’autres personnalités politiques haïtiennes de premier plan – et non des moindres – accusées de détérioration de la situation sécuritaire en Haïti. Il s’agit des sénateurs de la République (Rony Célestin et Hervé Fourcand) et de l’ancien président de la chambre des députés (Gary Bodeau) pour avoir alimenté la violence.

[ix] Me Jean-Henri Céant a toujours refusé d’intégrer le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ariel Henry. Il convient de mentionner que ce dernier réclame ouvertement une intervention militaire pilotée par le Canada en Haïti.

[x] Il est récipiendaire du prix consacrant sa carrière d’homme de paix voué à la cause de la non-violence. Prix attribué en Inde.

[xi] En effet, ce texte juridique, d’ailleurs, opposable à quiconque sur le terrain du droit public international voire interne crée un régime de sanctions et un groupe d’experts chargés d’appliquer lesdites sanctions à l’encontre de personnalités politiques et économiques haïtiennes, manifestement impliquées dans des cas avérés de propagation de la violence armée, de violation criarde des droits humains fondamentaux, de corruption et la commission d’autres crimes graves, etc.

[xii] Ce qui est clair, en l’état actuel d’une situation de crise profonde affectant un pays au bord de l’effondrement inévitable et irréversible, Haïti se doit de retrouver très rapidement sa sérénité. Celle-ci passe inéluctablement par un dialogue interhaïtien organisé à l’intérieur du pays et, à cet effet, suivi par l’ensemble de la population souventes fois ‘‘ignorée’’. Sa durée doit être de 30 jours francs. Tous ces pourparlers politiques auxquels il faut nécessairement adjoindre les forces vives de la Nation, donc la société civile devenue un acteur forcément majeur, doivent être assurément placés sous le haut patronage de la Communauté internationale. Toutes ces négociations politiques interhaïtiennes doivent être encadrées et présidées par l’Église catholique qui est pratiquement au cœur du village et, en même temps, la première force morale et spirituelle du pays.

Qatar 2022 : Quel bilan ?

Qatar 2022

Après 36 ans de disette, le sacre d’Argentine a été le clou du tournoi de Qatar 2022.

Bilan et Perspectives

‘‘Les dirigeants de la FIFA sont des vieux messieurs cramponnés à leurs fauteuils. Ils n’aiment ni le football ni les joueurs. Tout ce qui les intéresse, c’est l’argent.’’ Diego Armando Maradona, alias « El Pibe de Oro » (Le gamin en or).

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Le dimanche 18 décembre 2022, le rideau de la coupe du monde de football est tombé à Lusail au Qatar, minuscule émirat assis sur d’immenses nappes pétrolières et gazières. Afin d’agrémenter l’événement, d’ailleurs, présenté tous les quatre ans, une affiche sans nul doute alléchante est proposée aux ‘‘Amoureux’’ du ballon rond. Pour cette occasion, la France, tenante du titre obtenu en 2018 en Russie, est opposée à l’Argentine menée par nul autre que ‘‘la célèbre Pulga’’ Lionel Messi.

Lionel Messi a été le grand artisan de la réussite argentine en 2022. Lors de célébrations de la victoire aux dépens de la France, Lionel Messi est rejoint aux vestiaires par Gianni Infantino, président de la FIFA.

Si la première mi-temps, largement dominée par les Sud-Américains, a été insipide pour la plupart des amateurs en raison du manque de réactivité des Français, il n’en a pas été ainsi lors de la seconde période. Entre autres lors des quinze dernières minutes. En effet, au moment où l’Argentine se dirigeait vraisemblablement vers une victoire sans appel de deux buts à zéro, la France qui n’avait jusque-là réussi à montrer ses muscles, se réveilla soudainement de sa léthargie. Contre toute attente, elle réussit coup sur coup deux buts marqués par le jeune prodige parisien Kylian M’Bappé pour forcer la prolongation.

Kylian M’Bappé est le joueur qui a le plus impressionné lors de la finale du dimanche 18 décembre 2022 opposant la France, tenante du titre, à l’Argentine. Il a très nettement battu le gardien argentin Damián Emiliano Martinez Romero (portier d’Aston Vila) à quatre reprises dont trois tirs au but. Du jamais vu ! Un record absolu.

Donc, en un clin d’œil, le match de la finale a tout à fait basculé. Les deux stars les plus en vue sur le terrain, Messi et M’Bappé, ont pris les choses en main pour faire vibrer le temple du football. En l’occurrence le Lusail Stadium. Au terme d’une partie forcément serrée et sans vainqueur, les deux sélections nationales sont finalement départagées par les tirs de pénalité largement remportés par l’Argentine. Pour cette occasion, la France a complètement loupé ses deux tirs au but.

Que faut-il certes retenir de ce grand tournoi sportif et planétaire qui a pratiquement duré un mois ?

Le duel des équipementiers sportifs : une guerre rude[i] ?

La coupe du monde de football organisée au Qatar en 2022 restera incontestablement dans les annales comme l’un des tournois sportifs les plus controversés en raison de la corruption ayant entouré son attribution. Ce qui est manifestement plus grave, celle-ci ne s’est pas réalisée sans pression politique et économique. Elle ne s’est surtout pas réalisée sans collusion étroite avec les lobbies de vente d’armements. Ce qui compromet sûrement, et même très largement, l’intégrité du processus.

La finale du dimanche 18 décembre 2022 présentée à Lusail a opposé deux grandes sélections nationales habillées par deux équipementiers sportifs de renommée internationale et qui dominent très largement le marché mondial du sportswear. Il s’agit de l’allemand Adidas et de l’américain Nike. D’ailleurs, il importe de remarquer que depuis la coupe du monde 2002 conjointement organisée par la Corée du Sud et le Japon et largement gagnée par le Brésil de Ronaldinho, Ronaldo, Cafu, Kleberson, Lucio, Edmilson, Roberto Carlos et Rivaldo, aucune équipe sponsorisée par l’équipementier Nike n’a pratiquement remporté de coupe du monde de football. Bien entendu, si l’on tient parfaitement compte de la régularité exemplaire largement affichée par des protégés d’Adidas.

Sur ce chapitre, seule exception ou seule ombre au tableau, la fameuse Italie de 2006. Entraînée par Marcello Lippi, cette équipe talentueuse composée de Marco Materazzi, Fabio Cannavaro, Andrea Pirlo, Gianluca Zambrotta, Luigi Buffone, Alessandro del Piero, Filipo Inzhagi et Francesco Toti fut sponsorisée par Pumas. Et, depuis cette année qui a vu l’Italie triompher, cet équipementier allemand (Pumas), pourtant de très grande renommée, ne s’est plus régulièrement hissé sur le toit du monde, [footballistiquement parlant], au travers d’une sélection nationale, fût-elle ruropéenne ou latino-américaine.

Autre exception de taille qui confirme, naturellement, sans l’ombre d’un doute la régularité des victoires engrangées lors des finales de la coupe du monde par des équipes nationales sponsorisées par Adidas, C’est bel et bien la France de 2018. Dirigée par le sélectionneur Didier Deschamps, cette sélection composée d’Antoine Griezmann, Hugo Lloris, Kylian M’Bappé et Paul Pogba était commanditée par Nike.

Adidas est le plus grand partenaire sportif de la FIFA. C’est bel et bien cet équipementier allemand qui est chargé de concevoir et de fabriquer les ballons servant au tournoi de la coupe du monde.

Donc, depuis pratiquement le tournoi de Johannesburg 2010 (Afrique du Sud), il n’y a que des sélections commanditées par Adidas qui ont réellement remporté la coupe du monde de football[ii]. Et, Qatar 2022 n’échappe point à cette vérité érigée au rang de norme ou principe fondamental, voire de règle communément acceptée ! À vrai dire, s’agit-il d’un simple hasard ? S’agit-il d’une coïncidence tout à fait troublante ? Sans nullement se dérober, la FIFA peut-elle fournir une explication à cet égard[iii] ?

L’équipementier américain Nike est le plus grand rival de l’allemand Adidas dans l’univers footballistique.

Ce qu’il faut absolument souligner, lors de cette coupe du monde de football de 2022, des sélections habillées par l’équipementier allemand Adidas ont, à compter des huitièmes de finale, aisément éliminé des équipes sponsorisées par Nike. À titre d’exemple : ‘‘Argentine vs Croatie’’, ‘‘Argentine vs Pays-Bas’’, etc. Tout comme des équipes visiblement habillées par l’américain Nike se sont facilement éliminées entre elles. À titre d’exemple : ‘‘Pays-Bas vs USA’’, ‘‘Croatie vs Brésil’’, ‘‘Brésil vs Corée du Sud’’, ‘‘France vs Angleterre’’, etc. Par contre, des exemples de sélections commanditées par Nike éliminant celles sponsorisées par Adidas sont quasiment rares. Par exemple : ‘‘Croatie vs Japon’’. Il y a véritablement là matière à réflexion. Pourquoi pas matière à interrogation ?

Une finale manigancée pour Lionel Messi ?

Qatar 2022 est-il incontestablement une compétition sportive à la seule gloire du prodige argentin Lionel Messi ? Ce constat alarmant est manifestement un cri de révolte ou de consternation poussé par le défenseur portugais d’origine brésilienne Képler Laveran Lima Ferreira (surnommé Pepe). Par conséquent, doit-on effectivement accorder un quelconque crédit à une telle déclaration balancée sur la face de l’arbitre Facundo Tello ? Force est de souligner que cet officiel argentin a bel et bien dirigé le match opposant le Portugal de Cristiano Ronaldo – [normalement favori sur le papier et non sur le terrain] – au Maroc de Hakim Ziyech. Résultat : élimination sans appel du Portugal

L’arbitre argentin Facundo Tello pris à partie par les joueurs portugais lors du quart de finale opposant le Portugal au Maroc. Cet officiel a été nommément accusé par le défenseur Pepe d’avoir manigancé l’élimination de la sélection portugaise afin de favoriser royalement Lionel Messi pour l’attribution de la coupe du monde 2022.

Que dire alors de la fameuse finale opposant la France à l’Argentine sur la pelouse du Lusail Stadium? Cette ultime partie du tournoi est-elle vraiment sujette à caution ? Ce qui est sûr et certain, en dépit du fait que sur le papier, l’Argentine menée par Lionel Messi était très largement favorite, l’intégrité de l’arbitrage assuré par le Polonais Szymon Marciniak est totalement remise en question. Et, pour cause, le tir de pénalité gentiment offert aux Sud-Américains à la suite d’une faute discutable d’Ousmane Dembélé sur Ángel Fabián Di María Hernández, plus couramment appelé Ángel Di María et surnommé El Fideo[iv].

À l’issue de la finale qui couronne le Qatar 2022, de nombreux partisans français ont accusé l’arbitre polonais Szymon Marciniak de favoritisme à l’égard de l’Albiceleste.

Les découvertes de la Next Gen[v]

Qatar 2022 est pratiquement à l’image du Mundial 1978 organisé en Argentine. C’est une compétition littéralement marquée par la découverte de nouveaux talents footballistiques jusque-là inconnus du grand public[vi]. Très jeunes et même très précoces, ces derniers ont laissé une bonne impression de leurs prestations. Parmi ceux-ci, l’on peut citer l’Argentin Julián Álvarez de Manchester City (22 ans), le Néerlandais Cody Mathès Gakpo du PSV Eindhoven (23 ans), le Portugais Gonçalo Matias Ramos de Benfica de Lisbonne (21 ans), l’Allemand Jamal Musiala de Bayern Munich (19 ans), l’Américain Christian Mate Pulišić de Chelsea (24 ans), l’Américain Timothy Tarpeh Weah de LOSC Lille (22 ans), l’Anglais Philip Walter Foden de Manchester City (22 ans), etc.

Le Néerlandais Cody Mathès Gakpo de PSV Eindhoven a été l’une des plus grandes révélations du tournoi. Son jeu puissant a rappelé un certain Ruud Gullit qui a également fourbi ses premières armes à Eindhoven.

Ce tournoi 2022 restera dans l’histoire comme une coupe du monde de transition entre la vieille génération, celle des Banquiers et Chefs d’entreprise enfilant aisément un short pour jouer[vii], et la nouvelle génération, celle des pistoleros ou artilheiros[viii]. Cette coupe du monde 2022 a, donc, fait découvrir au reste de la planète de jeunes talents dont l’avenir est plus que prometteur. Aussi a-t-elle fait découvrir nombre de Nations qui pourraient, dans un avenir rapproché, marquer les futures compétitions internationales. Entre autres le Japon dont l’ingéniosité des joueurs, la formidable solidarité de la sélection et, surtout, le faux rythme imposé sur le terrain ont complètement décontenancé les adversaires. Y compris les États-Unis qui ont certes beaucoup progressé depuis le retentissant tournoi de 1994 organisé intra-muros.

La jeune pépite argentine Julian Alvarez a réalisé une coupe du monde de rêve.

Ce pays a très nettement surpris les puristes en pratiquant un jeu plus rapide, plus inspiré et fort séduisant, avec à la baguette magique, le maestro Christian Mate Pulišić du club anglais de Chelsea (24 ans). Ce qui augure, normalement, de très belles perspectives. Ce qui devrait logiquement et forcément susciter respect et considération de la part des adversaires, quels qu’ils soient. Cette belle performance enregistrée par le pays de l’Oncle Sam dans le monde passionné du soccer est à mettre réellement au crédit de l’entraîneur Gregg Matthew Berhalter.

Le technicien néerlandais Louis van Gaal a redonné une âme au jeu de la sélection batave.

Par ailleurs, après avoir loupé le tournoi de 2018 en Russie, les Pays-Bas encadrés par le sélectionneur Louis van Gaal ont évidemment présenté un football alléchant, généreux. Les joueurs ont présenté un jeu dynamique ayant beaucoup de profondeur et d’efficacité. Comme savent, d’ailleurs, le faire parfaitement les Bataves. C’est, à n’en point douter, une sélection d’avenir. Celle-ci est dotée d’une défense de fer[ix]. Il a simplement manqué à ce grand pays de football un véritable chef d’orchestre, un vrai coordonnateur de jeu capable de porter à lui tout seul le match lorsque la partie est serrée et de tirer vers le haut cette équipe ultra-disciplinée et volontariste.

Le Croate Dominik Livakovic a constitué à lui tout seul un véritable mur de Berlin infranchissable pour les attaquants adverses. Il méritait sûrement le ballon d’or pour son immense prestation dans les buts.

Cette coupe du monde 2022 a été sans conteste marquée par la prestance des gardiens de but. Pour une fois, un portier aurait mérité le trophée de meilleur de joueur vu l’absence manifeste d’une super étoile brillant naturellement au firmament et ayant littéralement dominé l’ensemble de la compétition. Parmi les gardiens qui se sont merveilleusement illustrés lors de ce tournoi au point même d’enquiquiner les attaquants de race, il importe de mentionner le Croate Dominik Livakovic de Dinamo de Zagreb et le Marocain Yacine Bounou du FC Séville. Véritables murailles défensives, ces deux gardiens ont fait une très forte impression.

Le portier marocain Yacine Bounou a littéralement permis à son équipe  »Les Lions de l’Atlas » de se hisser aux portes de la finale. Ses réalisations oh ! combien impressionnantes entraînent que le Maroc devient ainsi le premier pays africain, arabe et musulman à atteindre les demi-finales.

Au niveau des entraîneurs et sélectionneurs, l’Afrique rompt de plus en plus les amarres avec la cohorte de mercenaires étrangers pour faire largement la place aux techniciens locaux. Cette stratégie commence à porter fruit. Cela est d’autant plus vrai que les équipes nationales africaines ont, lors de ce fameux Qatar 2022, obtenu des résultats plus ou moins honorables[x]. Toutefois, la plus belle réussite est, certes, l’œuvre du Maroc. Ce pays du Maghreb s’est qualifié en demi-finale avec un enfant du pays. Il s’agit du technicien Hoalid (Walid) Regragui.

L’amélioration de l’arbitrage

Dans le jargon sportif et footballistique, l’arbitre qui officie un match, est littéralement considéré comme le ‘‘douzième’’ joueur sur le terrain[xi]. Par conséquent, la qualité de son arbitrage contribue très largement à la qualité du spectacle offert sur la pelouse. D’où la nécessité d’améliorer davantage son travail en lui fournissant un maximum d’outils. Pour ce faire, il importe d’augmenter substantiellement le nombre de juges sur le terrain.

Qatar 2022 doit être une occasion en or de repenser complètement l’arbitrage qui est de plus en plus décrié par les amateurs du ballon rond et fausse le spectacle.

À cet effet, il convient d’ajouter deux juges de ligne supplémentaires pour épauler les deux juges de ligne déjà existants. De cette manière, il y aura de chaque côté opposé du terrain deux juges latéraux en vue d’évaluer l’intégrité des actions commises lorsque le ballon franchit la moitié du terrain de football, d’un côté comme de l’autre. À ce quintette, il sied également d’adjoindre deux autres officiels chargés cette fois-ci d’apprécier toutes les fautes commises sur la surface de réparation. Ceux-ci pourraient être qualifiés de ‘‘juges de but’’. En effet, la présence de cette kyrielle d’arbitres autant de ligne que de surface de réparation aurait normalement cette faculté voire même cet avantage de suppléer aux carences somme toute flagrantes de la VAR[xii] et de l’officiel du centre.

L’augmentation des juges de ligne et la création des juges de surface de réparation peuvent combler les lacunes de l’arbitre central.

Les phases des groupes et de qualification : un processus totalement intègre ?

À quelques exceptions près, les groupes constitués lors du tirage au sort des sélections nationales pour le Qatar 2022 ressemblent à s’y méprendre à la coupe du monde de Russie 2018. Le plus bel exemple sont les groupes C de 2022 (Brésil, Suisse, Serbie et Cameroun) et E de 2018 (Brésil, Suisse, Serbie et Costa-Rica). En 2018, lors de la phase des groupes, la France a bel et bien rencontré l’Australie et le Danemark (groupe C)[xiii]. Bis repetita en 2022 au Qatar, les trois pays se sont également croisés au tour de qualification dans le groupe D[xiv].

Force est de constater qu’en 2018, le Portugal et l’Uruguay se sont rencontrés en huitième de finale (phase à élimination directe) alors qu’en 2022, les deux Nations se sont croisées en phase de groupe. En 2018, le Maroc faisait partie intégrante du même groupe que le Portugal et l’Espagne (groupe B) alors qu’en 2022, il a croisé sur son chemin menant à la demi-finale (le Portugal en huitième de finale et l’Espagne en quart de finale). Drôle de coïncidence, n’est-ce-pas ?

Argentina tres veces campeon mundial de futbol.

Par conséquent, le hasard fait-il encore partie des agissements de la FIFA[xv] ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] La coupe du monde de football organisée par la FIFA est pratiquement suivie par la moitié des habitants de la planète terrestre. En tant que tournoi sportif, elle permet, dans le cadre de commandites, aux différents équipementiers sportifs de conquérir d’importantes parts de marché dans le monde. De ce fait, assiste-t-on vraiment à une monopolisation du marché footballistique au profit d’Adidas ? Comme le sont, d’ailleurs, la Ligue nationale de Hockey (NHL), les ligues majeures de Baseball (MLB), l’Association nationale de Basket (NBA) et la Ligue nationale de football (NFL). Toutes ces fédérations sportives sont largement dominées par l’équipementier Nike en Amérique du Nord.

[ii] 2010 : Espagne (Adidas) aux dépens de Pays-Bas (Nike), 2014 : Allemagne (Adidas) aux dépens de l’Argentine (Adidas), 2018 : France (Nike) aux dépens de la Croatie (Nike) et troisième place : Belgique (Adidas) aux dépens de l’Angleterre (Nike), 2022 : Argentine (Adidas) aux dépens de la France (Nike). Troisième place 2022 : Croatie (Nike) aux dépens du Maroc (Pumas).

[iii] Il est un fait que la fameuse compagnie allemande Adidas est le plus grand partenaire économique et industriel de la FIFA. Cette position privilégiée lui garantit-elle ipso facto le monopole des équipes victorieuses lors de la coupe du monde de football ?

[iv] Sur les images vidéo, d’ailleurs, reprises en boucle, c’est bel et bien le pied gauche de Di Maria qui, à peine, heurte voire effleure le mollet droit de Dembélé sur la surface de réparation. Mais, l’arbitre bien inspiré accorde très généreusement un pénalty au détriment des Français. Il y a lieu de relever que cette faute commise au cours d’une action forcément litigieuse n’est vraiment pas intentionnelle ni excessive même si elle provoque la chute sans conséquence de l’Argentin sociétaire de la Juventus de Turin. Ce qui fait dire à quelques experts avertis que l’arbitre polonais avait sans doute reçu des consignes strictes pour officier cette rencontre et qu’il les a appliquées dans le sens préconisé par les organisateurs du tournoi.

[v] Prochaine génération ou génération montante.

[vi] C’est au cours de cette coupe du monde que l’Italien Paolo Rossi, âgé de 22 ans et sélectionné par l’entraîneur Enzo Bearzot, s’est révélé au monde entier.

[vii] C’est la génération de Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Neymar da Silva Jr, Luis Suarez, Robert Lewandowski, etc. Dans la construction du jeu, elle allie fort merveilleusement ‘‘Liberté’’, ‘‘Créativité’’, ‘‘Fantaisie’’, ‘‘Haute technicité’’ et ‘‘Puissance’’. Sur le plan strictement économique et financier, celle-ci se caractérise (se distingue) complètement par des coûts exorbitants de transferts et des revenus astronomiques alloués aux joueurs.

[viii] Sa principale force repose substantiellement sur trois piliers : la rapidité dans l’exécution, le flaire du but et l’instinct de tueur de match.

[ix] Sa garde défensive composée de Virgil van Dijk de Liverpool, Nathan Ake de Manchester City, Jurriën Tomber d’Ajax d’Amsterdam, Daley Blind d’Ajax d’Amsterdam, Matthijs de Ligt, et le milieu de terrain Denzel Dumfries de l’Inter de Milan ont affiché un visage tout à fait séduisant.

[x] Le Sénégal coaché par Alliou Cissé, le Ghana par Otto Addo et le Cameroun par Rigobert Song. Tous ces coaches sont d’anciens internationaux qui ont défendu les couleurs de leurs pays d’origine.

[xi] Chaque équipe adverse aligne sur le terrain onze joueurs.

[xii] L’Assistance vidéo à l’arbitrage (VAR : acronyme anglais pour Value at risk)) est le système de vidéosurveillance des actions en cours du jeu ou la police des images du match de football.

[xiii] Groupe C : France, Danemark, Australie et Pérou.

[xiv] Groupe D : France, Danemark, Australie et Tunisie.

[xv] La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est une organisation qui regroupe plus de 200 membres. Elle organise tous les quatre ans la coupe du monde de football qui captive l’attention de la planète tout entière. Ce tournoi sportif présente, en réalité, d’énormes enjeux fondamentaux. Ils ne sont pas que sportifs. Ceux-ci sont aussi économiques et politiques autant que sociaux et culturels. Aussi sont-ils géopolitiques et géostratégiques. Il sied d’admettre que la fameuse coupe du monde de football génère des revenus astronomiques. Cette situation entraîne que la FIFA constitue sans doute, en tant qu’organisation internationale, une véritable puissance financière. À ce titre, sa cotation pourrait, si jamais l’occasion se présentait, être estimée sur les parquets boursiers, et selon les experts, à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars. C’est aussi une organisation rentable en termes financiers en raison de nombreux paris sportifs effectués ou engagés dans le monde entier. Entre autres lors de la période de compétitions internationales.

L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?

L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?

‘Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, Assemblée générale de Nations unies, New-York

‘‘Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l’humanité.’’ Sénèque

Par Joël Asher Lévy-Cohen

‘‘L’humanité a-t-elle vraiment perdu son humanité ?’’ Posez la question de cette manière, est-ce déjà y répondre ?

L’humanité signifie établir des ponts avec son prochain, cultiver les graines de paix et d’harmonie, promouvoir la liberté et la dignité. prôner la justice et l’équité.

En outre, la formulation de cette question suggèrerait que l’humanité eût déjà été, à une certaine époque, même lointaine, totalement humaine et que de nos jours, elle vive à une allure vertigineuse le phénomène de régression au point de perdre à tout jamais son âme. Sans pour autant remonter le cours de l’histoire, relativement à ce qui se passe précisément aujourd’hui[i], peut-on affirmer que l’humanité est résolument consciente de son humanité ? Peut-on affirmer que l’humanité reste bel et bien humaine en dépit de quelques épisodes déshonorables ?

L’humanité se fonde sur le rejet de la haine et de l’ostracisme, sur la promotion du dialogue et de la coopération interplanétaire.

Si l’on part naturellement du principe que l’humanité signifie ‘‘agir avec Amour, Justice et Équité[ii], etc.’’, nourrir des brasiers conflictuels au nom des puissances financières, est-ce faire preuve d’humanité ? Priver arbitrairement son prochain de tous ses droits fondamentaux, est-ce faire preuve d’humanité ? Promouvoir la haine et l’ostracisme, est-ce faire preuve d’humanité ? Répandre le venin de la discorde et de la disharmonie, est-ce faire preuve d’humanité ?

La guerre mène à la destruction. Elle élève l’Humain au rang de prédateur et, surtout, le rabaisse au stade animal.

Prôner la dépopulation mondiale, est-ce faire preuve d’humanité ? Confisquer les ressources mondiales appartenant à des peuples tiers au strict nom de l’égoïsme, de la flibusterie et du mercantilisme, est-ce faire preuve d’humanité ? Affamer et détruire sans états d’âme des Nations entières pour capter leurs richesses et leurs maigres ressources, est-ce faire preuve d’humanité ? Polluer délibérément et même inconsciemment les eaux des océans, des fleuves et des rivières, est-ce faire preuve d’humanité ? Détruire l’écosystème forestier et animalier, est-ce faire preuve d’humanité ? Détruire la planète Terre, la maison commune de tous les êtres humains, est-ce faire preuve d’humanité ?

L’humanité veut dire protéger la planète Terre. C’est conscientiser l’humain à la survie de son espèce.

Voilà le dilemme auquel est sempiternellement confronté l’être humain sur la Terre ! A-t-il encore besoin de se voiler la face pour comprendre que le chemin qu’il a opté, le mène tout droit à sa propre perte…

L‘humanité passe nécessairement par la protection de la planète Terre et de tous ses écosystèmes. C’est de cette manière que l’Humain garantit la survie de son espèce.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] La famine, les conflits armés, la pollution, les pandémies, la destruction des ressources planétaires, la captation des ressources d’autrui, la paupérisation des masses, la destruction de l’espèce humaine, etc.).

[ii] C’est également faire preuve de solidarité et de fraternité, défendre avec conviction et énergie la dignité humaine, défendre au péril de sa vie les idéaux de liberté et de paix, rejeter la violence déployée au nom de l’obscurantisme, semer les graines de tolérance et d’harmonie dans son environnement, la concorde et la convivialité sur la planète Terre.

Qu’avons-nous fait de notre propre couronne ?

Qu’avons-nous fait de notre propre couronne ?

L’être humain est le véritable garant de l’humanité ambiante. Il est le gardien de la terre. Il doit en prendre soin avec lucidité et amour, justice et équité. Pour ce faire, il se doit de rejeter toute vision fondée sur l’égoïsme, la haine, la jalousie et l’envie. Bref la rapacité et la destruction de son prochain. À défaut, il court à sa propre perte. Il programme sa propre destruction et sa propre disparition.

L’Être humain face à ses responsabilités naturelles

 ‘‘La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal.’’ Confucius, philosophe chinois

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

C’est une certitude que personne ne peut vraiment plus nier : ‘‘Nous vivons de nos jours dans un monde littéralement instable, non sécuritaire. Un monde qui se meurt lentement mais sûrement. Nous vivons dans une planète qui se décompose pratiquement au jour le jour’’. Ce constat malheureux n’échappe plus à l’œil nu. Il n’échappe plus à la conscience universelle…

Depuis la nuit des temps, l’humanité est sérieusement confrontée à des guerres de conquête pour accaparer les richesses appartenant à des Nations limitrophes ou des peuples étrangers.

En effet, notre univers terrestre, d’ailleurs, fort connu pour être la plus belle des planètes en raison de sa faculté ou de sa capacité à abriter la vie, a sensiblement perdu la boussole. Celui-ci est, en fait, très nettement et très violemment marqué par des brasiers conflictuels allumés par-ci et par-là et des famines artificiellement provoquées. En réalité, cet environnement terrestre éprouvé est très nettement et très sévèrement rongé par des calamités de toutes sortes. 

L’humanité signifie prendre efficacement soin de la planète Terre pour préserver la santé de ses habitants. Cette vision permet de combattre la pollution qui participe à la destruction violente, rapide et accélérée de l’humain.

Ces catastrophes qui sont, évidemment, dans nombre de cas, l’œuvre incontestable de l’espèce humaine, ont indéniablement une incidence fort fâcheuse sur la santé particulière de l’individu et générale de son environnement physique. Celles-ci se traduisent pratiquement en termes de ‘‘détérioration climatique’’, de ‘‘sécheresse’’, de ‘‘pollution de tous genres[i]’’, de ‘‘destruction irréversible de l’habitat ou de la nature’’. Aussi ces calamités se traduisent-elles visiblement, [ce qui est, d’ailleurs, indiscutablement la conséquence logique et ultime], en termes de ‘‘disparition brutale et, surtout, accélérée des espèces[ii]’’.

L’être humain est totalement confronté à divers types de pollution engendrée par le modernisme industriel et le progrès technique. Ceux-ci impactent négativement son habitat et son environnement par la propagation des épidémies de tous ordres.

La santé générale de l’humanité ne périclite pas que sur le terrain physique. Aussi connaît-elle visiblement une déchéance autant vertigineuse qu’accélérée au double plan de la morale et de la spiritualité. En effet, la Terre, entièrement dominée par bien des esprits loufoques dont l’égarement relève, sans aucun doute, de l’hystérie psychiatrique, est très sérieusement confrontée au double phénomène croisé de l’affaissement spirituel et du dérèglement moral. Cet univers terrestre évidemment habité par des êtres humains est très littéralement marqué par la promotion d’un féminisme stérile et destructeur. Aussi est-il profondément rongé par la confusion sexuelle, la bestialité, l’éclatement du masculinisme conquérant essentiellement fondé sur la violence ‘‘répressive’’, le démantèlement de la phallocratie prédatrice et sanguinaire[iii].

Le féminisme est, par essence, une idéologie qui fait la promotion de la femme. Par ses actions quelquefois spectaculaires, il tente d’extirper cet être affectueux des griffes de la phallocratie fondée sur l’infériorisation de la femme et l’hyperpuissance masculine. Cependant, au lieu de réconcilier ces deux êtres appelés à vivre ensemble dans la paix et la concorde, la solidarité et l’équité, la justice et la parfaite harmonie, ce mouvement revendicateur de l’identité féminine et promoteur du pouvoir des femmes a pratiquement fait de la femme un adversaire acharné de l’homme et de l’homme un ennemi à abattre dans la société.

Il sied de relever que ce monde prétendument nouveau s’appuie inéluctablement sur des antagonismes sociaux pour s’ancrer et s’édifier. Pour, d’ailleurs, survivre et se maintenir contre vents et marrées, il exploite à fond, que d’aucuns diraient ad nauseam, des conflits intercommunautaires[iv]. La logique est, naturellement, celle de ‘‘divide ut imperare’’[v].

Pour perpétuer son hégémonie, ce fameux nouveau monde a réussi à désintégrer complètement l’espèce humaine en lui ingurgitant des valeurs funestes[vi]. Aussi a-t-il réussi à transformer mentalement l’être humain en vrai esclave de ses propres désirs ou phantasmes sociaux[vii]. Bref il a réussi à le transformer tout simplement en bon serviteur patenté ou porte-parole de ses délires loufoques ou destructeurs.

Le dieu hindou Shiva. Il est considéré par les Shivaïtes comme le créateur, le préservateur, le transformateur, le dissimulateur et le révélateur. Partout, dans le monde, on assiste, de nos jours, au déclin des religions traditionnelles débordées par le matérialisme. Ces courants de pensée philosophique, morale et religieuse sont de véritables produits de la conscience humaine dans le but d’apprivoiser coûte que coûte la nature rebelle et animalesque de l’être humain en vue de le faire accéder au stade majeur de l’humanité. Cet état de conscience terrestre est, d’ailleurs, considéré comme une étape essentielle vers la divinité céleste.

Il importe, d’ailleurs, de noter que cet environnement totalement malade imposé à tout prix à l’humain par des forces obscures est littéralement dominé par l’argent. Devenu l’essence de la société et la pierre angulaire de la civilisation en raison du matérialisme qui le sustente, celui-ci s’est finalement substitué à tous points de vue au phénomène divin. Il en porte même les attributs essentiels.

En effet, l’argent est présent et partout comme l’est, en réalité, un dieu. Il est aussi puissant comme lui. Il peut aussi bien punir que récompenser tous ses utilisateurs comme l’est, d’ailleurs, une divinité authentique. Il est manifestement vénéré. Tout le monde se prosterne devant lui. Tout le monde le loue la tête baissée, les genoux fléchis. Il quadrille toute la collectivité avec des banques et guichets automatiques qui sont, en réalité, des temples louangeurs de la finance[viii].

Un guichet automatique bancaire permet à un usager de disposer d’une partie de son argent logé dans une institution bancaire. Il lui permet d’effectuer une série de transactions bancaires et financières dont l’acquittement des factures aux prestataires de services voire le paiement des impôts et taxes aux différents organismes gouvernementaux.

De même qu’au nom de dieu et de la foi religieuse, il est, certes, prêt à sacrifier sa vie personnelle et celle précieuse de son prochain, [qui est, pourtant, son propre miroir ou son propre reflet], de même l’être humain est prêt à asservir les Nations du monde entier et à liquider des peuples de la planète terrestre. Au nom de la haute finance, des forces de l’argent, il est totalement prêt à leur arracher toute dignité et toute liberté. Il est vraiment prêt à leur renier gratuitement toute justice et toute équité. Celui-ci est visiblement prêt à leur méconnaître toute paix et toute sécurité[ix].

Les Talibans engagés de nos jours dans la guerre sainte contre l’Occident chrétien ont été préalablement fabriqués et soutenus par des forces du capital pour contrecarrer le communisme soviétique.

Avec la haute finance aux manettes de la collectivité, l’humanité est évidemment devenue un immense camp de concentration à ciel ouvert. Elle s’est transformée en véritable mouroir. Elle est même devenue un abattoir géant pour la rapide mise à mort de l’espèce humaine[x].

Dans ce monde, la notion élémentaire de droit et de liberté est pratiquement foulée aux pieds. C’est, à vrai dire, la loi du plus fort qui s’applique à tout bout de champ. En d’autres termes, c’est la jungle qui est indubitablement le visage permanent de la planète Terre. C’est la jungle qui est, tout à fait, la réalité macabre et quotidienne des populations asservies et sans défense aucune.

Le parquet boursier new-yorkais, communément appelé Wall Street, du nom de la rue qui l’abrite, est le temple du capitalisme financier mondial.

Dans cet univers, la Nature qui repose en principe sur la loi immuable de l’équilibre a, en effet, perdu tout respect et toute considération. Pour un rien, des vies entières sont sauvagement sacrifiées par des machines de répression sanglante strictement placées par les forces de l’argent à la tête des gouvernements et des États[xi]. Dans ce monde de rapacité, épris de spoliation meurtrière et d’exploitation matérialiste où le dieu s’avère, plutôt, l’argent[xii] et l’économie est sensiblement la religion des mécréants, les êtres humains sont, en réalité, des prisonniers ou esclaves. Ceux-ci sont, plutôt, des machines concrètement destinées à la production outrancière et des robots pleinement voués à la consommation aveugle[xiii].

L’argent s’est imposé comme le Maître du monde. Monnaie de référence internationale, le dollar US est utilisé dans la très grande majorité des transactions commerciales entre les Nations. Cette devise est considérée comme la reine des monnaies.

Dans cet univers de captivité permanente où le matérialisme est indéniablement la religion suprême, – [tandis que l’esclavagisme est incontestablement la pratique mystique et spirituelle] –, l’humanité privée de toute liberté et de toute dignité perd, bien entendu, sa couronne royale qu’est, évidemment, la Terre[xiv]. En effet, l’être humain tire toute sa force de cette planète bleue. Celle-ci lui fournit toutes les ressources vitales, d’ailleurs, indispensables à sa croissance et à son épanouissement. En fait, elle lui procure très gratuitement toutes les ressources alimentaires et nutritives en vue de prolonger son séjour ici-bas. Aussi lui fournit-elle toutes les ressources médicales et pharmaceutiques pour se soigner et disposer d’une puissante énergie qui lui permet d’assurer toute son existence physique[xv].

Pris en otage par des forces sans conteste obscures et malveillantes, cet univers de captivité fragilise davantage l’être humain à telle enseigne qu’il vit dans l’angoisse du futur. Il le martyrise au point que celui-ci vit dans l’insécurité permanente parce qu’il est délibérément privé de paix et de bonheur, de liberté et de dignité, de justice et d’équité. Il le prive de vie parce que son destin se conjugue désormais en termes d’extinction pure et simple d’espèce[xvi]. Cela est d’autant plus vrai que, aux quatre coins de la planète Terre, des peuples à part entière ont complètement disparu ou sont nettement en voie de disparition, lente mais progressive, à cause de l’égoïsme, de l’attachement viscéral à l’argent, de la fixation sur la plus-value économique.

La planète Terre est sérieusement confrontée à la disparition violente, rapide et accélérée des peuples protohistoriques. Ces populations indigènes sont sempiternellement victimes de la politique de dépossession de leurs territoires par des compagnies industrielles animées par la plus-value économique. Force est de souligner que leurs cultures et leurs traditions qui constituent naturellement une immense richesse et une vaste source de connaissances pour l’humanité, remontent à la nuit des temps.

Au nom de cet attachement pathologique aux richesses matérielles, des idéologies prônant systématiquement la dépopulation de la planète Terre fleurissent. Celles-ci font rapidement florès auprès d’une certaine élite ‘‘intellectuelle’’, ‘‘économique’’ et ‘‘financière’’. D’après toutes ces théories qui donnent incontestablement froid dans le dos, la diminution de la démographie mondiale s’impose inéluctablement en raison de la diminution drastique des ressources vitales participant à la survie de l’humanité. À cet effet, l’humanité doit se préparer à perdre une masse immense de ses habitants pour mieux assurer la répartition des richesses[xvii].

L’homme de demain dont le destin sera totalement préprogrammé, dirigé et contrôlé par des machines ou tributaire des ordinateurs agira réellement à l’image d’un appareil androïde.

Au-delà de l’élimination drastique de la population terrestre, il est plutôt question de fabriquer par ingénierie génétique une nouvelle espèce humaine. Celle-ci doit être une sorte d’homo sapiens en version revue et corrigée. À cet égard, le nouvel être humain rêvé ou conçu par génie génétique par ces théoriciens de l’eugénisme devrait être un sujet ‘‘augmenté’’. La communauté scientifique qui se penche sur ce nouveau type humain prévoit normalement accroître ses capacités ‘‘physiques’’ et ‘‘mentales’’. Pour ce faire et, surtout, pour le rendre plus performant dans le sens on ne peut plus productiviste du terme, celui-ci sera, en réalité, ‘‘mi-humain’’ et ‘‘mi-bionique’’.

Si elle a concrètement été à la base de grands bouleversements politiques et sociaux autant que culturels et économiques, il n’en reste pas moins vrai que la révolution, d’ailleurs, amorcée par le fameux siècle des Lumières a complètement marginalisé le rôle de la Providence divine dans l’entreprise humaine. Pour ce faire, celle-ci a naturellement fait de l’être humain le principal ‘‘acteur’’ de son destin. S’appuyant substantiellement sur la science et rejetant catégoriquement les superstitions, elle a fait de ce dernier le principal créateur de sa vie ou le seul auteur de son existence physique.

Il est absolument de la nature de l’être humain de croire à l’existence d’un Être suprême en qui il place sa pleine et entière confiance, qu’il vénère comme son créateur et son protecteur.

Cette interprétation philosophique issue directement du siècle des Lumières a eu pour effet d’écarter le principe fondamental du ‘‘prédéterminisme’’ qui affecte la vie des humains sur la planète Terre. D’après cette théorie qui ‘‘met en exergue l’impuissance de l’homme en tant que créature et la préscience de Dieu en tant que créateur, la vie humaine est totalement conditionnée par la volonté divine qui intervient dans chaque événement’’. En écartant donc ce principe prédéterministe, le siècle des Lumières a pratiquement fait de l’être humain un ‘‘Génie créateur’’, un ‘‘Esprit inventeur’’. Il fait pratiquement de lui un ‘‘Égal de l’Être divin’’ par sa capacité à façonner sa propre vie, à mouler l’existence physique, à se la concevoir selon ses caprices et phantasmes, selon ses vues et espérances.

La théorie darwiniste substantiellement fondée sur l’évolution des espèces, dont celle spécifique de l’homme, a littéralement contribué à l’émergence de l’athéisme. Cette doctrine rejette du revers de la main l’intervention d’un quelconque dieu dans le processus de création. Pour cette interprétation de l’irruption de la nature, c’est le hasard qui, en réalité, est le point de départ de toute chose ou de toute créature, y compris les univers et l’homme.

Partant de là, le siècle des Lumières substitue le prédeterminisme à l’humanisme. Par ce rejet éminemment philosophique et intrinsèquement religieux, il consacre le triomphe de l’Homme. Dans cette nouvelle configuration idéologique, l’homme n’est plus une simple créature de Dieu certes chargé de le maintenir définitivement en état d’esclavage. Il devient, plutôt, sa propre créature. Par conséquent, il devient un être manifestement libre de toute volonté, fût-elle divine. Il appert que le siècle des Lumières consacre effectivement l’humanisme terrien en termes de puissance de l’intelligence permettant à l’humain de repousser continuellement les limites de la connaissance et du savoir par la force de sa curiosité et le goût de l’aventure.

Un humain augmenté sera un être qui réagirait comme un homme, une machine et un ordinateur. Il pourrait combiner les caractéristiques masculines et féminines. Toutefois, quelle sera-t-elle effectivement la part d’animal ou de divin en lui ?

Par ailleurs, en écartant le prédéterminisme qui fait intervenir la Providence divine dans l’action humaine et dans l’existence physique, le fameux siècle des Lumières ouvre très largement la voie à l’athéisme en chantant haut et fort les louanges de l’homme complètement libéré du carcan divin. Cependant, dans la seule et unique perspective de création d’un ‘‘être’’ ou d’invention d’un homme substantiellement ‘‘augmenté’’, la nouvelle espèce humaine à produire industriellement ne confiera plus les clefs de son destin à l’homme. Même Dieu, le très célèbre Créateur de la vie selon les Saintes Écritures, ne bénéficiera évidemment plus d’un tel monopole ou tel privilège.

L’intelligence artificielle sera le fondement de la société de demain. La virtualité deviendra une réalité avec laquelle les humains peuvent flirter, qu’ils peuvent palper.

En effet, l’homme entend, plutôt, confier tout son destin entre les mains de simples machines. Il entend, plutôt, le confier aux ordinateurs. C’est effectivement l’ère de l’intelligence artificielle qui assure le passage de l’humanisme au  »transhumanisme », et par-dessus le marché au  »posthumanisme ». Force est d’admettre que celle-ci est pratiquement censée régler toute la vie humaine comme une horloge.

Les ordinateurs serviront à programmer l’humain de demain. Celui-ci aura la capacité de télécharger au moyen d’une puce électronique son énergie vitale de la même manière qu’il se dope aujourd’hui avec des vitamines ou boissons énergisantes. Toutefois, pourra-t-il vraiment décharger son corps pour réinstaller sa puce électronique dans un autre corps ?

Il est un fait indéniablement établi que dans la civilisation postindustrielle qui met pleinement l’emphase sur l’automatisation ou la robotisation, l’être humain a été définitivement écarté du processus de production au profit exclusif de la machine. Cependant, dans la société posthumaniste sans doute promue par des théoriciens eugénistes, l’informatique et l’électronique en sont réellement la pierre angulaire, le moteur. Cette nouvelle posture entraîne donc logiquement et forcément que les ordinateurs deviennent les nouveaux dieux et nouveaux acteurs ou déterminants de l’existence humaine.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] Sonore, visuelle, chimique, atmosphérique.

[ii] Animale, végétale, humaine.

[iii] Le droit de cuissage, la suprématie masculine, la misogynie et le féminicide se sont, en réalité, révélés les caractéristiques principales de cette phallocratie.

[iv] Dépendamment des régions voire des pays d’une même sous-région, les différends opposent brutalement les principales religions traditionnelles. Ils opposent violemment les différentes races et cultures, les peuples et nations au profit de puissants intérêts égoïstes et malveillants, éloignant ainsi le spectre reluisant de la paix et de l’harmonie universelle, repoussant par conséquent les rayons lumineux de la fraternité et de la solidarité.

[v] Le principe latin de ‘‘diviser’’ pour mieux ‘‘régner’’.

[vi] La promotion du célibat des femmes en âge de procréer, la féminisation tous azimuts des hommes, la peur d’engagement matrimonial des hommes, le refus catégorique du mariage hétérosexuel en tant que modèle de perpétuation de l’espèce humaine et principal facteur de rotation des générations, la promotion agressive de la pédophilie ou de l’éphébophilie, de l’inceste et de la zoophilie à travers les réseaux sociaux ou médias alternatifs, l’hypersexualisation des mœurs sociales, etc.

[vii] La course effrénée au pouvoir pour le pouvoir, à l’enrichissement autant illicite que personnel, l’attachement à la gloire personnelle, l’identification au matérialisme le plus abject.

[viii] Ces temples administrés par des ecclésiastiques d’un tout nouvel ordre religieux sont érigés à chaque coin de rue ou au milieu du village, bien entendu à la gloire immarcescible de l’argent tout-puissant.

[ix] Les guerres artificiellement provoquées en Irak, en Libye, en Syrie ou en Ukraine postsoviétique, le soutien aux tyrannies meurtrières et systèmes verrouillés en Afrique, en Asie et en Amérique centrale et latine, l’appui stratégique et militaire au régime ségrégationniste d’Apartheid en Afrique du Sud.

[x] L’humanité est effectivement érigée en un immense camp de la mort pour l’élimination physique de la race humaine. En effet, les êtres humains meurent journellement par manque de médicaments et de centres de santé et d’hygiène publique, par manque d’aliments nutritifs ou à forte teneur protéique et de conditions de salubrité. Ces derniers périssent par manque de connaissance et de précaution sanitaire et prophylactique.

[xi] Le cas de l’Ukraine postsoviétique est, à ce point, éloquent. Ce pays de l’Europe centrale et orientale que se disputent évidemment des intérêts divergents, est devenu, de nos jours, la propriété privée des compagnies étrangères ou la proie facile des multinationales qui lorgnent son sol et guettent comme un fruit mûr son sous-sol. Son nouveau statut explique en partie les raisons pour lesquelles cette ancienne république soviétique tout à fait transformée en laboratoire et grande industrie de fabrication des agents pathogènes ou infectieux, est embarquée malgré elle dans une entreprise guerrière dont le coût humain est absolument catastrophique pour sa propre population.

[xii] Un simple bout de papier portant une écriture comptable.

[xiii] L’empire de la consommation du futile par des individus faibles d’esprit. Celle-ci est effectivement rendue possible par une industrie complètement axée sur la production des futilités et, surtout, doublement gérée par une élite bourgeoise ‘‘centrale’’ et ‘‘périphérique’’ dont la conscience est manifestement polluée, qui souffre réellement d’atrophie mentale.

[xiv] La couronne est, par définition, une parure de forme circulaire. Portée sur la tête, celle-ci symbolise, en fait, la dignité ou l’insigne de puissance ou d’autorité. Symboliquement, la Terre représente une couronne pour l’être humain. En effet, par la multiplicité de ressources mises à sa pleine et entière disposition, cette planète lui garantit la survivance de son espèce. Elle lui assure prolifération et expansion, développement et progrès, liberté et sécurité. Par ailleurs, la couronne de l’humain, c’est aussi symboliquement sa propre vie ou sa propre existence dont il a le suprême devoir de protéger, de rendre plus prospère et plus juste, plus sécuritaire et plus harmonieuse, plus digne et plus libre, plus robuste et plus pacifique.

[xv] La Terre procure, en réalité, à l’être humain toutes les ressources lui permettant devenir pratiquement un Être immortel. Elle lui assure, donc, la continuité de la vie au sens physique du terme. Elle lui assure, en fait, la perpétuation de son espèce ainsi que la longévité.

[xvi] Bon nombre de peuples autochtones ont complètement disparu de la face de la planète Terre en raison des épidémies mortelles, des guerres impitoyables et de la colonisation ou occupation forcée de leurs terres ou territoires par des puissances exogènes.

[xvii] Si elles posent, en réalité, de très nombreuses questions sur le plan de l’éthique, entre autres la pertinence d’une telle mesure macabre au regard de multiples possibilités qui s’offrent évidemment à l’être humain, toutes ces idéologies somme toute ‘‘dépopulationnistes’’ ne disent jamais clairement qui devrait prendre une telle décision capitale et gravissime et pourquoi. Elles ne disent jamais clairement dans quelles circonstances celle-ci doit être prise et dans quel intérêt. Ces théories macabres ne désignent jamais clairement les Peuples et Nations de la Terre qui doivent faire les frais d’une telle décision. Une fois identifiées toutes ces communautés à qui on refuse catégoriquement le droit de vivre leurs vies, de jouir de leur existence telle qu’elles l’entendent, ces théories sans doute mortifères ne disent jamais la manière brutale ou douce dont celles-ci devraient aller ad patres. Ce qui est tout à fait sûr et certain, l’humanité vivante est bel et bien entrée dans l’ère de pandémies et de vaccins. Ces idéologies mortifères se gardent également de dire comment les ressources matérielles et terrestres doivent être équitablement réparties entre les êtres humains en situation de carence ou de limitation drastique des richesses de la Terre. En effet, lorsqu’elles étaient abondantes ou suffisantes pour nourrir et enrichir l’ensemble des habitants de la planète, celles-ci ont été plutôt intentionnellement confisquées par les États du Nord et de puissants intérêts occidentaux pour se bâtir une hégémonie meurtrière, une domination arbitraire fondée sur la paupérisation des peuples et Nations du Sud.