La trahison de Genève : Quand Fayulu voulait tuer Tshisekedi en 2018…

Le choix du candidat unique et commun de l’Opposition congolaise pour la présidentielle de 2018

Entouré de Martin Fayulu Madidi (à gauche de la photo) et Freddy Matungulu (à droite de la photo), le Britannique Alan Doss de la Fondation Kofi A. Annan (au centre) annonce la désignation de Martin Fayulu Madidi (MAFA) en qualité de candidat unique de l’Opposition politique au régime de Joseph Kabila Kabange à l’élection présidentielle de 2018.

Une opération orchestrée par des forces ténébreuses et anti-patrie

De l’art de recruter des mercenaires en cravate pour les Transnationales

Martin Fayulu Madidi, le cheval de Troie de la communauté internationale et des multinationales

‘‘Le peuple doit se libérer de la classe politique.’’ Étienne Tshisekedi wa Mulumba, prophète de la démocratie et avocat du peuple congolais (1932 – 2017)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le 26 janvier 2001, le général-major Joseph Kabila Kabange qui exerce concrètement les fonctions de chef d’état-major des forces armées terrestres en République démocratique du Congo (RDC), est, contre toute attente, élevé à la magistrature suprême. Bien entendu, du fait de la volonté manifeste des puissances occidentales au premier rang desquelles la fameuse troïka[i], cette promotion intervient très rapidement à la suite de l’assassinat programmé du rebelle postnationaliste et postlumumbiste Mzee Laurent-Désiré Kabila. Et, dans le sillage de cette élévation au plus haut sommet du pouvoir et de l’État, cette personnalité politique et militaire, âgée de moins de trente ans, est immédiatement reçue dans une kyrielle de grandes capitales occidentales. Bien sûr, celles-ci lui déballent, non sans intérêt, le tapis rouge.

En effet, Joseph Kabila Kabange est, en réalité, catapulté par de puissants intérêts étrangers à la tête d’un pays immensément riche. En principe, cet État au cœur du continent africain fait la convoitise de grandes puissances internationales. Celles-ci sont vivement attirées par son potentiel aussi bien minier que naturel. Cette convoitise le place systématiquement et automatiquement au cœur de grands enjeux planétaires. Ce statut géostratégique s’explique en raison de sa situation géopolitique[ii] et de sa localisation géographique[iii].

Mgr Fridolin Ambongo Besungu (à gauche) et Abbé Donatien Nsholé de l’Église catholique (au milieu). Face au régime de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) agit à titre de relais des Multinationales et de fondé du pouvoir de puissants intérêts anti-patrie. Au niveau international, cette structure chargée de porter haut et fort la voix de l’Église catholique est le lobbyiste de la coalition LAMUKA dont le leader est, par défaut, Martin Fayulu Madidi.

Ainsi, pour contrôler étroitement ce pays vital pour son destin hégémonique dans le monde, l’Occident mise sur l’établissement des régimes de mercenaires totalement acquis à sa cause. Parmi ces soudards courtisés et immédiatement placés à la tête des tyrannies prébendiaires, il y a des hommes en treillis militaire. À savoir : Mobutu Sese Seko du Zaïre[iv], Mzee Laurent-Désiré Kabila[v] et Joseph Kabila Kabange[vi]. Il importe de constater que Joseph Kabila Kabange constitue, certes, le seul régime imposé par la force des armes et astreint à la compétition politique et démocratique.

Toutefois, en 2016, le second mandat électif de Joseph Kabila Kabange arrive normalement à échéance. Sur le terrain du droit constitutionnel, y compris de la légalité ambiante, cette situation entraîne que celui-ci ne peut vraiment plus se représenter à sa propre succession, en dépit de quelques tentatives infructueuses de contournement de ce dispositif verrouillé de la loi fondamentale. Confrontée à une très forte désapprobation populaire conjuguée à la très ferme pression internationale, cette personnalité étatique se résout finalement à choisir un dauphin politique et électoral en vue de concourir à sa place. En l’occurrence Emmanuel Ramazani Shadary dont la mission primordiale est de protéger tous azimuts, coûte que coûte, Joseph Kabila Kabange, son clan politique et sa famille biologique.

Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa, est le parrain de la coalition LAMUKA.

Par ailleurs, comme le processus électoral en République démocratique du Congo est, plutôt, contrôlé par des puissances étrangères au service exclusif des Multinationales, des intérêts extérieurs décident de fabriquer de toutes pièces une opposition politique fantoche. Pour les besoins de la cause, celle-ci doit être essentiellement composée de mercenaires en cravate. Leur rôle se résume, bien sûr, strictement à la défense du pouvoir économique incarné par les Transnationales. Il se résume simplement à leur garantir le très lucratif et vaste marché minier et naturel de ce pays guetté comme un fruit mûr.

C’est de cette manière que la Fondation Kofi A. Annan, du nom de l’ancien secrétaire général des Nations unies, sert de paravent à la Communauté internationale dans le but d’encadrer étroitement le choix du candidat unique et commun de l’Opposition politique congolaise à la présidentielle de 2018[vii]. Étant entendu que le principal enjeu de cette désignation est, bel et bien, l’exclusion de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). En effet, ce parti politique congolais est fort connu pour sa propension à défendre les droits fondamentaux des Citoyens et les libertés publiques du Peuple par ailleurs reconnu souverain primaire par le texte constitutionnel. Dans son discours politique et idéologique, il ne fait nullement place aux intérêts primordiaux étrangers. D’où la peur intense de la Communauté internationale.

Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu est devenu le premier opposant politique du régime de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI).

Il convient de relever que la Fondation Kofi A. Annan entre en jeu en vue de sélectionner le candidat unique et commun de l’Opposition congolaise lorsque ses leaders les plus en vue décident de se réunir à l’extérieur du pays. En novembre 2018, cet organisme agit à visage découvert lorsque cette rencontre opportune est, plutôt, délocalisée à Genève après avoir été momentanément envisagée entre autres à Bruxelles. Cependant, en septembre 2018, cette réunion politique fut, évidemment, un fiasco à Johannesburg pour avoir été personnellement boycottée par ces mêmes leaders.

Comme l’objectif fondamental de cette réunion fut, réellement, l’exclusion de l’UDPS, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)[viii] fut purement et simplement écarté en dépit de son statut de favori des sondages et de l’opinion nationale[ix]. Il fut écarté au profit de Martin Fayulu Madidi[x], un candidat sans poids politique majeur, désigné après que les règles de jeu pourtant fixées et reconnues par toutes les parties aient été complètement faussées[xi]. En effet, celui qui devait normalement défendre les couleurs de l’opposition, devrait être choisi par voie de consensus et non pas par voie de vote, d’une part. Et, d’autre part, l’heureux élu s’engageait à organiser dans les vingt-quatre mois de son mandat une élection présidentielle qui inclurait pratiquement tous les leaders exclus en vertu de la loi électorale par le pouvoir organisateur des élections[xii]

Martin Fayulu Madidi

Par ailleurs, parmi les autres tâches confiées aux mercenaires de Genève, il y avait, bien sûr, la provocation d’une guerre civile de type interconfessionnel ou interethnique (intertribal). Cela faisait partie des non-dits. Il sied de remarquer que cette option belliciste est, toujours, d’actualité en vue de disloquer la Nation et, par voie de conséquence, susciter l’implosion du territoire national. Ce conflit majeur devrait, plutôt, surgir lors de violences postélectorales délibérément entretenues par des acteurs politiques.

Sur le terrain de la violence armée, cette opération guerrière pilotée par les ténors attitrés de Lamuka, aurait dû, selon ses concepteurs, résolument permettre l’intervention militaire des puissances européennes[xiii]. Entre autres celle conjointe de la Belgique et de la France en vue de reprendre la mainmise sur cet État d’Afrique centrale. Celle-ci devrait être favorisée et même vivement recommandée au niveau de l’ONU par la Belgique occupant, d’ailleurs à ce moment précis du double scrutin présidentiel et législatif, un siège au fameux Conseil de sécurité[xiv].

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Dans la crise congolaise, la troïka est composée de la Belgique, des États-Unis et de la France.

[ii] Cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains est considéré comme le poumon du monde libre. Il est défini comme le grenier des matières premières pour l’Occident dans l’assise de son hégémonie économique et politique mondiale.

[iii] La République démocratique du Congo est, en effet, située au centre du continent. Elle est, réellement, le pont qui fait la jonction de différentes parties vitales de l’Afrique. Par sa position géographique, elle influe directement sur le destin politique de divers pays et ensembles régionaux et sous régionaux.

[iv] Mobutu a organisé des élections dans le cadre d’un système totalement verrouillé par le parti unique ou Parti-État, le Mouvement populaire de la révolution (MPR).

[v] Mzee Laurent-Désiré Kabila n’a jamais participé à aucune élection.

[vi] Joseph Kabila Kabange a participé à des scrutins où les véritables forces de l’opposition ont été visiblement exclues à différents niveaux de la compétition électorale.

[vii] Dirigée par le fonctionnaire onusien, le Britannique Alan Doss, la Fondation Kofi A. Annan, basée en Suisse, a agi au nom de grandes firmes internationales dans le cadre de ce choix décisif. Celles-ci interviennent, principalement, dans les domaines autant financier et bancaire qu’industriel et minier. Pour cette seule opération, elle a pratiquement servi de couverture à la Multinationale Glencore basée à Genève et aux hommes d’affaires (George Soros et Mo Ibrahim). Force est de noter que tous ces empires industriels et financiers ont largement soutenu la plateforme Lamuka lors de l’élection présidentielle de 2018. Depuis le retour de Moïse Katumbi Chapwe en République démocratique du Congo après deux ans d’exil forcé, ces puissants intérêts se sont, toutefois, vite rangés derrière l’ancien gouverneur du Katanga.

[viii] Des sources crédibles et dignes de bonne foi mais non corroborées par des sources officielles soulignent la présence discrète de Léon Kengo wa Dondo (président du sénat) et Moïse Katumbi Chapwe (ancien gouverneur du Katanga) à Bruxelles pour peaufiner voire même coordonner avec de puissants intérêts belges (Louis Michel et Didier Reynders) l’exclusion de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de l’UDPS de la présidentielle de décembre 2018.

[ix] À l’image de ce qui s’est réellement passé en 2006, l’appropriation systématique et automatique des voix de militants et sympathisants de l’UDPS est le principal enjeu. En effet, Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS avait refusé de participer à cette vraie mascarade électorale. Ce qui fait que les partisans de son parti politique avaient, à cette époque effervescente, battu campagne au profit de Jean-Pierre Bemba Gombo, d’ailleurs, opposé pour ladite circonstance à Joseph Kabila Kabange. Donc, pour la Communauté internationale, ce bassin important d’adhérents de l’UDPS doit, plutôt, servir, à défaut de pleine participation de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à renforcer la base électorale de Moïse Katumbi Chapwe lors du scrutin électoral et, au-delà, dans la gestion politique et administrative du pouvoir, et ce au moment opportun.

[x] L’idée du vote au détriment du schéma consensuel rappelle exactement la violation de l’Accord de paix intercongolais de Pretoria, autrement désigné Accord global et inclusif (AGI), du 17 décembre 2002 par le premier ministre sénégalais Moustapha Niasse agissant à titre de facilitateur dans les pourparlers politiques intercongolais en Afrique du Sud. En effet, ce manquement délibérément grave a permis de faire élire frauduleusement Arthur Z’Ahidi Ngoma – un ancien belligérant du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) – pour le compte de l’Opposition politique non armée au sein des institutions politico-militaro-maffieuses de la Transition de 2003 à 2006 (Vice-présidence de la République démocratique du Congo chargée de questions sociales et culturelles).

[xi] Séquestration forcée des candidats, kidnapping, confiscation des mobiles téléphoniques, restrictions des libertés de mouvement et de communication, engagements privatifs de libertés civiles et politiques sous serment.

[xii] Cette disposition viole de manière flagrante la fameuse Constitution de Liège du 18 février 2006, car la durée du mandat du président de la République démocratique du Congo est de cinq ans.

[xiii] Le discours haineux véhiculé par l’Église catholique sous l’autorité cardinalice de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya et de Mgr Fridolin Ambongo Besungu et par le couple politique Martin Fayulu Madidi et Adolphe Muzito Fumutshi.

[xiv] C’est le schéma ivoirien qui devrait être appliqué.

Mélenchon vs Zemmour

Mélenchon vs Zemmour

Sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour ont, au cours d’un débat musclé, proposé deux visions contradictoires et opposées de la France du XXIe siècle.

La France renaîtra-t-elle de ses cendres ?

Terre d’asile, la France a toujours ouvert largement ses portes aux persécutés de l’intolérance et aux opprimés du totalitarisme.

‘‘La France fait partie de la grande famille des Nations humaines. Elle est une Nation mondiale’’ Jean-Pierre Chevènement, Le Figaro, 31 janvier 2015.

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Pour lancer la campagne de la présidentielle de 2022, BFMTV a organisé un débat télévisé de haute facture. Celui-ci opposait chaudement – pour ne pas dire virilement – le candidat de l’Union populaire à l’élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, au journaliste, chroniqueur, animateur, polémiste et essayiste Éric Zemmour[i].

Ce débat, d’ailleurs fort enrichissant et fort intéressant, proposait deux visions contradictoires et opposées du pays dans le monde contemporain. D’un côté, une France entièrement ouverte sur le monde, plus juste, plus fraternelle et plus solidaire à l’égard des communautés étrangères qui y vivent. Tel est le discours prôné par Jean-Luc Mélenchon visiblement sensible aux préoccupations environnementales.

Présidant aux destinées de la  »France insoumise », Jean-Luc Mélenchon est candidat à l’élection présidentielle de 2022 pour défendre les couleurs de l’Union populaire.

De l’autre, une France nostalgique de son passé colonial et assimilationniste, très accrochée à une culture exclusive, très réfractaire au cosmopolitisme, au communautarisme et au multiculturalisme, et très tolérante envers le patronat de droit divin. Tel est en substance le discours du polémiste Éric Zemmour.

Le journaliste Éric Zemmour n’a pas encore déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. Toutefois, bien des Françaises et Français souhaiteraient le voir plonger dans l’arène électorale en vue de défendre son idée de la France souveraine.

Il ne fait aucun doute que, par la pertinence des thématiques soulevées et des réponses apportées, ce débat devrait normalement interpeller la France tout entière, tout son peuple ainsi que ses élites dirigeante et intellectuelle, à l’aube d’un scrutin présidentiel qui s’annonce décisif[ii]. En effet, celui-ci pose évidemment la problématique du ‘‘vivre-ensemble collectif’’. Une question lancinante qui hante quotidiennement une grande Nation ‘‘libre’’ et ‘‘démocratique’’, à juste titre ‘‘promotrice’’ patentée de l’idéologie des droits fondamentaux de la personne humaine.

La France actuelle est l’héritière du Siècle des Lumières et des Révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle qui ont diffusé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

À ce propos, un constat se dégage très clairement et très nettement. Cela fait pratiquement près de 40 ans que le débat houleux sur l’immigration domine intensément l’espace politique français. Celui-ci a été imposé par le ‘‘Front national’’ (FN) de Jean-Marie Le Pen au début des années quatre-vingts[iii].

Ce faisant, ce personnage politique, d’ailleurs, fort controversé a été stratégiquement utilisé par la gauche démocratique dans l’intention manifeste de fracturer les voix de la droite lors d’élections. Machiavélisme et même cynisme politique obligent, ce grand tribun a été propulsé dans le paysage politique français par les ‘‘héritiers présomptifs’’ de Jean-Jaurès et de Léon Blum dans l’unique optique de diminuer très sensiblement lors de scrutins majeurs et nationaux l’influence dominante de la droite conservatrice et libérale[iv]. Ainsi, depuis l’avènement démocratique du régime socialiste de François Mitterrand, le microcosme politique national est tout à fait incapable de s’affranchir une fois pour toutes de thèses ‘‘extrémistes’’ et ‘‘racistes’’[v]. Pour quelles raisons ?

Fille aînée de l’Église catholique et universelle romaine, la France est normalement un pays de tradition judéo-gréco-chrétienne.

Face au courant ‘‘extrémiste’’ et au discours ‘‘raciste’’, aujourd’hui banalisé au niveau journalistico-médiatique et librement véhiculé par des officines publiques ou privées, la Conscience universelle demeure pratiquement atone. Elle joue malheureusement aux abonnés absents. Celle-ci a fini par déserter complètement le pays d’Arthur Rimbaud, la Terre des droits de l’Homme et du triptyque républicain ‘‘Liberté ÉgalitéFraternité’’. Par conséquent, face à l’urgence nationale d’un pays certes confronté aux démons de la ‘‘division’’ et de la ‘‘ségrégation’’, où sont-ils, en vérité, cachés les descendants et légataires universels de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ? Où se cachent-ils, de nos jours, les héritiers de l’Abbé Pierre ?

La Basilique de Paris.

Il est un fait éminemment établi que la France est plutôt connue pour être un pays de penseurs et de philosophes. Ceux-ci ont la saine réputation de se projeter dans le futur pour offrir à leurs pairs un rêve de liberté, un idéal de paix et d’harmonie, de solidarité et de fraternité, de justice et de dignité. Par conséquent, où est-elle passée cette crème intellectuelle dont la noble mission consiste à s’opposer vigoureusement aux discriminations sociales et injustices inhumaines, à combattre de toutes ses forces l’exclusion et l’intolérance ?

Comme les thèses extrémistes du Front national (FN), d’ailleurs, mué en Rassemblement national (RN), contaminent le spectre politique pendant près d’une quarantaine d’années, peut-on affirmer que la France est devenue un pays intellectuellement aride et figé dans le temps ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Ce polémiste hors pair, fort connu pour ses diatribes anti-étrangères, sa stigmatisation des communautés musulmanes (africaines, arabes et maghrébines) de France, a déjà été condamné définitivement par la justice française pour provocation à la haine raciale. Voir et lire, à cet effet, l’Arrêt de la Cour de cassation du mardi 17 septembre 2019 et l’Arrêt de la Cour d’appel de Paris du 3 mai 2018.

[ii] Cette échéance arrive à grands pas et, d’ailleurs, s’annonce à grands coups de klaxon.

[iii] Ce parti peine toujours à conquérir les clefs du Palais de l’Élysée quand bien même il dispose à tous les échelons de la vie politique nationale et européenne des élus désignés par le peuple français.

[iv] Le Front national de Jean-Marie Le Pen qui s’appuyait normalement sur des paysans agriculteurs totalement déçus de politiques européennes et des patrons rejetant vigoureusement les taxations gouvernementales [à titre d’exemple, la taxe professionnelle instaurée sous le régime de Valéry Giscard d’Estaing (VGE)] sur les profits des entreprises, a commencé à émerger dès l’avènement socialiste. Il a commencé à essaimer petit à petit et gangréner progressivement la France à partir des bastions politiques et électoraux totalement désertés par la gauche communiste en raison du fort taux de chômage causé par les friches industrielles.

[v] Dans les années quatre-vingts, le Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen qui se construit une légitimité populaire, devient un parti dominant. C’est la proportionnelle introduite en 1986 par le Parti socialiste (PS) qui lui permet de faire irruption sur le champ politique. C’est, toutefois, au début des années quatre-vingt-dix que le lepénisme contamine toute la classe politique nationale se réclamant idéologiquement de la droite conservatrice et libérale. Y compris la gauche démocratique lorsque le Premier ministre Michel Rocard déclara ouvertement que ‘‘la France ne pouvait recevoir toute la misère du monde’’ et lorsque son successeur Édith Cresson préconisa ‘‘l’utilisation des charters pour expulser les immigrés’’. C’est également à cette époque que la France des droits de l’Homme assiste de plus en plus officiellement à des tractations politiques entre la droite conservatrice et l’extrême-droite pour la cogestion des entités publiques au double niveau municipal et régional.

Only Vaccinated Allowed

Only Vaccinated Allowed

La pandémie à Coronavirus SRAS-Cov-2 ou COVID-19 a bel et bien bouleversé les habitudes des êtres humains. Sur tous les plans, pourrait-on être tenté d’affirmer.

Dans le domaine de l’emploi, cette pathologie a, certes, instauré le télétravail pour les femmes et les hommes qui travaillent dans des entreprises.

Aussi a-t-elle introduit, dans le domaine médical, la consultation en ligne pour les patients, et à distance la prescription des médicaments et même la dispensation des soins pour les malades.

Pour récompenser le civisme des vaccinés, cette pandémie a incité les États et gouvernements à instaurer le passeport vaccinal. Ce qui ne constitue toujours pas une solide garantie de non-contamination.

En effet, en dépit de son adoption et de sa mise en vigueur par des États et gouvernements, il est clairement établi que des personnes vaccinées peuvent transmettre le cas échéant le virus dans leur environnement. Elles peuvent bien tomber gravement malade et, part conséquent, être hospitalisées.

Force est de constater que ce fameux laissez-passer électronique sous forme de QR code normalise la vie des vaccinés à qui on accorde dorénavant tous les droits et tous les privilèges.

Par contre, cette mesure traite en même temps les non-vaccinés en paria.

Par cette simple initiative, cette mesure considérée comme salutaire pour les uns et suicidaire pour les autres introduit de manière tout à fait crue une discrimination sociale qui ne dit pratiquement pas son nom entre les Citoyens.

En fait, en créant pratiquement deux sociétés parallèles substantiellement fondées sur la logique de séparation et de favoritisme, de privilège et de discrimination, cette décision à la fois politique et gouvernementale remet au goût du jour l’Apartheid.

Il y a lieu de rappeler que ce système pourtant décrié il y a de nombreuses années en Afrique australe, est interprété au même titre qu’un crime contre l’humanité.

Cela est d’autant plus vrai que les individus non-vaccinés ne peuvent circuler librement. En outre, ils ne peuvent vivre décemment en bénéficiant d’un emploi stable et rémunérateur.

Ceux-ci peuvent même être forcés à la démission ou révoqués pour ne s’être point conformés à cette mesure.

Donc, l’humanité risque d’assister, sous nos yeux, à la création des ghettos ou réserves sanitaires.

Curieusement, ce sont des États du monde qui ont jadis combattu et dénoncé vigoureusement le système d’Apartheid, régime qui prône la ségrégation entre les citoyens du fait de leurs origines raciales, donc en fonction de la couleur de leur peau, qui ont trouvé un moyen subtil pour légitimer de nos jours un tel système antidémocratique.

Ceux-ci justifient, en réalité, sa remise en orbite en raison de mesures sanitaires pour freiner la propagation de la pandémie à Coronavirus SRAS-Cov-2 ou COVID – 19.

Par contre, d’autres alternatives ne sont-elles pas envisageables pour circonscrire l’expansion du COVID – 19 ?

JALC

Le retour victorieux des Talibans

Le come-back des Talibans

Le Talibanisme signifie idéologiquement la mort définitive des droits humains fondamentaux, l’extinction pure et simple des libertés publiques, la disparition – [et non point l’infériorisation] – tous azimuts de l’être féminin de la société.

La prise militaire de Kaboul par les Barbus religieux suscite d’énormes inquiétudes au sein de la population afghane

À qui profite-t-il sérieusement le crime ?

‘‘La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures’’ Noam Chomsky

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Les Talibans sont, en principe, des étudiants en religion musulmane. Ils sont considérés par leurs pairs comme des chercheurs de la foi islamique. Pour ce faire, ceux-ci fréquentent réellement les Médersas, en arabe ‘‘Madrasa’’. Ce sont, en fait, des écoles d’apprentissage du Coran au Pakistan voisin de l’actuel Afghanistan.

Les Madrasas sont des écoles coraniques où les étudiants apprennent les principes et les valeurs de l’Islam, l’histoire de Mohamed et la vie de ses compagnons paléo-islamiques. Ces structures d’apprentissage servent également à titre de centres de conditionnement psychique, d’endoctrinement mental pour des candidats au Djihad.

Dans ces structures qui ont, véritablement, une fonction religieuse, les Talibans étudient par cœur les préceptes islamiques en vue de s’armer sur les plans spirituel et moral, d’une part. Et, d’autre part, ils maîtrisent tous ces enseignements à caractère purement religieux pour les appliquer rigoureusement dans la vie pratique, donc courante. Ils les apprennent pour les faire respecter de manière stricte dans leur entourage. En effet, l’objectif primordial de l’étude des Talibans dans ces circuits religieux est de garantir la santé robuste de l’ordre moral au sein de la société.

Les Madrasas servent à renforcer des liens de solidarité et de fraternité entre condisciples.

Faisant pratiquement partie des liens de socialisation, ces écoles pullulent, à vrai dire, au Proche-Orient. Tout comme, elles fleurissent dans l’ensemble du Moyen-Orient et une grande partie de l’Asie centrale. De ce fait, elles font intégralement partie du paysage socioculturel de l’Afghanistan. Ce qui est en soi une normalité.

À la fin des années soixante-dix (1978), l’Afghanistan qui est, réellement, synonyme d’instabilité politique, connaît, bien sûr, l’avènement d’un régime politique assujetti au socialisme scientifique sur le terrain doctrinal[i]. De ce fait, dans le cadre de la guerre froide issue directement de l’ordre bipolaire de Yalta, cet État se rapproche, – ce qui est en soi fort logique – idéologiquement de l’union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Fort du soutien stratégique des dirigeants marxistes-léninistes ou marxistes-stalinistes de Moscou, le parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA) qui a, naturellement, pris les rênes à Kaboul, applique, sans ménagement, toute une série de réformes politiques collectivistes.

Sur le plan social, cette entreprise politique, d’ailleurs, favorable au progrès à la fois matériel et mental de la population afghane considérée comme arriérée, engage immédiatement le pays sur la voie étroite des réformes agraires. Sur le plan religieux, celle-ci impose politiquement un athéisme d’État qui nie, évidemment, la place de la religion musulmane au sein de la société. Elle bouleverse, surtout, les mœurs autochtones lorsqu’elle impose systématiquement, et même unilatéralement, le droit des femmes, l’alphabétisation.

Les Talibans constituent, à n’en point douter, un drame pour l’Afghanistan tout entier. Ils sont, à vrai dire, une lourde catastrophe pour les droits des femmes, lesquels sont appelés à disparaître d’un trait de plume en dépit de quelques timides avancées depuis 2001.

À ce propos, il importe d’admettre que cette option socioculturelle énerve les mentalités locales. Elle irrite très violemment le conservatisme local. Cette vue indigène ou interprétation culturelle est profondément enracinée dans des traditions paysannes. Celles-ci sont fortement influencées par un esprit médiéval. Elles sont accrochées à des valeurs et principes moyenâgeux de l’Islam.

Le leader soviétique Leonid Brejnev voit dans la guerre d’Afghanistan la nécessité de circonscrire la percée américaine et celle des forces de l’OTAN en Asie centrale en tant que bastion de l’empire soviétique.

Ainsi cette vision progressiste du parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA) entraîne-t-elle que ce nouveau régime très proche de Moscou ne connaît point de répit. Il est, sans cesse, menacé par une rébellion armée très décidée à renverser militairement le système communiste. Par conséquent, confrontée à cette nouvelle donne susceptible de défaire ses alliances stratégiques sur le plan géopolitique, l’URSS de Léonid Brejnev décide d’intervenir militairement pour protéger le régime satellite de Kaboul.

En effet, le parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA) sert stratégiquement de tampon entre le Pakistan (allié des États-Unis) et la République populaire de Chine, d’une part. Et, d’autre part, cette formation communiste sert de tampon stratégique entre le Pakistan (allié des États-Unis) et l’ex-union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Comme quoi ce parti fantoche sert concrètement de rempart idéologique à la menace absolue de pénétration américaine et de barrière physique aux visées militaires de l’OTAN dans la chasse gardée soviétique et dans les châteaux forts communistes.

Pour le démocrate Jimmy Carter (à droite) et le républicain Ronald Reagan (à gauche), la guerre d’Afghanistan était une opportunité en or pour perforer la muraille communiste en Asie centrale.

Force est de souligner que cette intervention militaire soviétique constitue véritablement, en 1979, un prétexte de taille pour les États-Unis craignant pour son allié pakistanais d’entrer, sans hésiter, dans la danse. C’est également l’occasion espérée pour Washington, d’ailleurs, administré par le parti démocrate (le pasteur méthodiste James Earl – Jimmy – Carter), puis relayé par le parti républicain (Ronald Wilson Reagan), de fournir des quantités d’armes sophistiquées aux combattants ou guerriers saints, généralement plus connus sous le nom martial de ‘‘Moudjahidines[ii]’’. Ces guerriers, à plus forte raison combattants du djihad, sont donc aux premières loges de la lutte violente contre le communisme en Asie centrale, de surcroît en Afghanistan.

L’ancien président afghan Muhammad Najibullah Ahmadzai était membre du parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA). Il était communiste et prosoviétique (prorusse). Il avait tenté d’engager l’Afghanistan sur la voie de la réconciliation nationale.

Une chose est sûre et certaine, les Talibans qui font réellement partie de l’ethnie pachtoune[iii], sont tout droit issus des centres de conditionnement psychique, d’endoctrinement mental, établis au Pakistan. Ils apparaissent dans le paysage politique de l’Afghanistan au début des années quatre-vingt-dix[iv]. Ce qui correspond pratiquement à la deuxième phase de la guerre civile intra-afghane – de 1992 à 1996[v]. Ce conflit militaire a naturellement pour effet d’emporter violemment le régime communiste du commandant Muhammad Najibullah Ahmadzai qui trouve refuge dans les locaux des Nations unies et dont le pouvoir est taillé en pièces le 29 avril 1992[vi].

Venus du Pakistan limitrophe, les Talibans, aidés par les services de renseignement du même pays, deviennent maîtres de l’Afghanistan lors de la prise de Kaboul en 1996. Leur prise de pouvoir soulage énormément Washington dans la mesure où ils sont résolument, profondément ‘‘anticommunistes’’. Au nom du rejet de cette doctrine fondée sur l’athéisme et la lutte des classes, ces étudiants en religion musulmane s’en prennent violemment à la vie physique du président déchu Muhammad Najibullah Ahmadzai et de son frère Shapur Ahmadzai[vii].

L’exécution sommaire de Muhammad Najibullah Ahmadzai et de son frère Shapur Ahmadzai par les Talibans le 27 septembre 1996 à Kaboul. Un acte qui rappelle incessamment la fin tragique du Libyen Mu’ammar al-Gaddafi et de son fils.

Dès leur prise du pouvoir à Kaboul, les Talibans instaurent un vrai régime de terreur. Ils installent un système oppresseur qui dénie automatiquement aux femmes tout droit fondamental. Celui-ci refuse aux filles le droit de fréquenter l’école. Il leur refuse le droit de s’épanouir comme tout être humain digne de ce nom.

Sur le plan de la géopolitique internationale, les Talibans mettent fin au commerce du pavot qui prolifère en Asie centrale. Cette plante intervient souventes fois dans la fabrication de l’opium et de l’héroïne. Ce produit est, d’ailleurs, très recherché par l’industrie pharmaceutique pour la fabrication des anesthésies médicales.

Sous le régime totalitaire des Talibans, l’Afghanistan est, en fait, un sanctuaire pour les terroristes d’Al Qaeda (la Base). C’est, à n’en point douter, un repaire pour le Saoudien Ossama bin Ladin, l’Égyptien Ayman Al Zawahiri. Néanmoins, dès le départ, Al Qaeda al-askariya fondé en 1988 est issu du mouvement Maktab al-khadamat. Il constituait, de ce fait, la résistance islamique contre la présence militaire soviétique dans ce pays lunaire d’Asie centrale.

Le Saoudien Ossama bin Ladin (le banquier d’Al Qaeda), à gauche, et l’Égyptien Ayman Al-Zawahiri (l’éminence grise d’Al Qaeda), à droite, sont deux abonnés de la CIA. Associés aux Talibans et assistés par des services de renseignement saoudiens et pakistanais, ils ont combattu les forces soviétiques en Afghanistan dans le cadre de la guerre froide.

À cause des attentats horribles du 11 septembre 2001 ayant littéralement détruit les tours jumelles de World Trade Center à New-York et frappé le Pentagone à Washington, les Talibans du Mollah Muhammad Omar sont violemment chassés du pouvoir à Kaboul par les États-Unis à la tête d’une coalition antiterroriste pour avoir refusé de livrer l’état-major d’Al Qaeda. Ainsi la chute de leur régime arbitraire ouvrait-elle de nouvelles perspectives au pays tout entier et à tous ses habitants persécutés, broyés, par un régime des plus sanguinaire. En effet, l’Afghanistan était normalement censé s’ouvrir très largement à l’expérience démocratique. Celle-ci s’appuyait fondamentalement sur la notion cardinale des droits humains fondamentaux, la libération de la femme des mœurs rétrogrades, le pluripartisme, la concurrence électorale, etc.

Les tours jumelles visées par les attaques terroristes du 11 septembre 2001. Ces attentats horribles ont été attribués aux activistes d’Al Qaeda.

Ce qui est clairement évident, le processus démocratique vendu par la propagande occidentale est très rapidement tombé à l’eau dans la mesure où ce pays au paysage lunaire a, contre toute attente, sombré dans l’anarchie et le chaos. Il a vite sombré dans le terrorisme armé qui avale ses propres sujets. Cette dynamique, reliée aux coûts exorbitants de l’invasion conflictuelle américaine, a bel et bien forcé sur le terrain des hostilités les États-Unis et les forces alliées de l’OTAN à plier vite bagage, à abandonner leurs missions[viii]. Il y a lieu d’admettre que leur retrait progressif a, certes, fait voler en éclats tout espoir d’un nouvel Afghanistan démocratique reconfiguré dans le cadre d’un Moyen-Orient tout autant renouvelé que remodelé.

Donald John Trump sr (à gauche), Barack Hussain Obama (au centre) et Joseph Robinette (Joe) Biden (à droite) lors de l’assermentation de Donald John Trump sr en tant que 45e président des États-Unis le 20 janvier 2017. Concernant le conflit militaire afghan, le démocrate Joe Biden décrète la fin de la présence américaine en Afghanistan. Des négociations pourtant ouvertes par son prédécesseur Donald Trump avec les Talibans prévoient un transfert pacifique du pouvoir en échange de la fin des attentats terroristes. Ce qui donne naturellement le champ libre aux Talibans de revenir aux affaires publiques.

Pour ne point sortir de ce conflit armé déjà fort dispendieux pour le trésor public, la queue entre les jambes et la mine déconfite, les États-Unis, sous l’impulsion de l’administration démocrate de Joe Biden[ix], se résolvent à négocier face à face avec les Talibans. Washington entame, donc, en tête à tête des pourparlers diplomatiques avec ses pires ennemis qu’il avait, pourtant, juré de ne point fréquenter[x]. Ce changement de ton ou ce virage à 3600 s’explique par le fait que le Moyen-Orient, à plus forte raison l’Afghanistan et l’Irak, s’est assurément transformé en bourbier pour le pays de l’Oncle Sam[xi]. Ce qui le conduit, naturellement, à changer de plan de match, de fusil d’épaule, à résolument opter pour le retrait pur et simple de ses troupes armées du sol afghan et même à fermer pratiquement les yeux sur le retour impromptu des Talibans.

Vladimir Vladimirovitch Poutine ordonne les manœuvres militaires russes conjointement avec l’Ouzbékistan et le Tadjikistan le long des frontières avec l’Afghanistan.

Il sied de relever que le come-back inattendu de ces étudiants en religion n’est pas sans provoquer quelques inquiétudes justifiées dans la sous-région qui risque, certes, dans les jours et les semaines à venir de se transformer littéralement en pétaudière. En effet, anticipant la chute imminente de la capitale Kaboul aux mains rebelles des Talibans, la Russie qui, bien entendu, se pose en rempart de la lutte doublement ‘‘antiterroriste’’ et ‘‘anti-islamiste’’, a très récemment entrepris des manœuvres militaires en associant de manière étroite les ex-républiques socialistes soviétiques d’Ouzbékistan et de Tadjikistan. Il convient de mentionner que ces exercices se sont déroulés au Tadjikistan sur le terrain d’entraînement de Kharb-Maïdon, à seulement 20 km de la frontière afghane[xii].

L’homme fort de Beijing Xi Jinping est le premier dignitaire chinois à visiter officiellement le Tibet et le Xinjiang depuis le secrétaire général du parti communiste chinois (PCC) Hua Guofeng.

Aussi cette nervosité qui ne cesse de gagner de jour en jour l’Asie centrale explique-t-elle très bien la tournée politique du président chinois Xi Jinping[xiii] dans deux provinces rebelles et même quasi frontalières de l’Afghanistan[xiv]. À savoir : le ‘‘Tibet’’ et le ‘‘Xinjiang[xv]’’. D’ailleurs, militairement occupées par la République populaire de Chine, ces deux entités politiques et administratives réclament très ouvertement une forme d’indépendance qualifiée d’autonomie. En effet, celles-ci subissent actuellement une forte immigration ethnique des Hans intentionnellement favorisée par Beijing. Ce qui pourrait à terme mener à la disparition pure et simple de ces peuples autochtones. Aussi subissent-elles une répression aveugle de la part du parti communiste[xvi] décidé à émasculer toute contestation politique, à rompre toute résistance idéologique.

Par conséquent, quel peut-il bien être l’avenir de l’Asie centrale[xvii] enregistrant depuis peu, et comme dans un rêve éveillé, le retour inespéré des Talibans ? Ce come-back des Barbus endoctrinés remet-il certainement en cause le célèbre tracé de la fameuse route de la soie ? Est-ce, à vrai dire, le point de départ d’une très longue déstabilisation violente du continent asiatique qui est, par essence, le plus populeux de la planète terrestre ?

À y regarder absolument de très près, cette déstabilisation violente de l’Asie centrale pourrait-elle, sans aucun doute, s’étendre de la mer Méditerranée qui a, certes, vu naître de grandes civilisations à la mer de Chine qui a, à vrai dire, connu un essor économique et culturel sans précédent ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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Sur cette photo, de gauche à droite : Madeleine Korbel Albright (ancienne ambassadrice des États-Unis au conseil de sécurité de l’ONU de 1992 à 1996 et ancienne secrétaire d’État de l’administration Bill Clinton de 1997 à 2001), Albert (Al) Gore (ancien vice-président des États-Unis sous l’administration de Bill Clinton de 1992 à 2000) et Bill Clinton (ancien président des États-Unis de 1992 à 2000). L’histoire retiendra que les Talibans sont arrivés au pouvoir en Afghanistan sous l’administration démocrate de Bill Clinton en 1996. Ces derniers sont évincés du pouvoir à Kaboul par les républicains (George Walker Herbert Bush jr) en 2001 à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Vingt ans plus tard (2001 – 2021), ils reviennent aux affaires en Afghanistan sous une nouvelle administration démocrate (Joe Biden).

[i] Le parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA) proclame la république démocratique d’Afghanistan.

[ii] Lors de la guerre de libération nationale contre la présence militaire soviétique de 1979 à 1989, il existe plusieurs factions moudjahidines dirigées par nombre de chefs de guerre, tels les commandants Amin Wardak, Djalâlouddine Haqqani, Gulbuddin Hekmatyar. Mais, la faction la plus renommée est celle dirigée par le commandant Ahmed Shah Massoud.

[iii] Ethnie majoritaire en Afghanistan et au Pakistan.

[iv] Les Talibans reçoivent de ce fait l’assistance logistique et technique des services secrets pakistanais ISI.

[v] Ce conflit militaire entre factions rivales pour le contrôle de la capitale politique et administrative Kaboul oppose violemment Talibans, forces gouvernementales (Ahmed Shah Massoud) et moudjahidines (Gulbuddin Hekmatyar).

[vi] Force est de constater que cette guerre civile qui a duré quatre ans finit par emporter sa vie physique le 27 septembre 1996 après que les Nations unies, pourtant chargées de sa protection physique, aient refusé de l’évacuer à l’étranger. Il est torturé et assassiné par les Talibans de Mollah Omar.

[vii] Les frères Ahmadzaï sont normalement placés sous la protection des Nations unies dont les locaux servant de refuge sont inviolables au même titre que les représentations diplomatiques et consulaires.

[viii] Délaisser les Afghans entre les mains de leurs bourreaux talibans doit-il être considéré comme un acte d’abandon d’un peuple, un acte de non-assistance d’un peuple en danger ? Abandonner les filles et les femmes afghanes à leur triste destin doit-il être regardé comme un acte délibéré de non-assistance ?

[ix] Les redoutables Talibans venus du Pakistan ont manifestement accédé au pouvoir à Kaboul pour la première fois sous l’administration démocrate de William Jefferson (Bill) Clinton en 1996. S’agit-il tout simplement de remake (Bis repetita) avec l’administration démocrate de Joe Biden ?

[x] Dans toutes ces négociations à haut risque, les États-Unis veulent en réalité obtenir l’assurance de ne pas être l’objet d’attentats terroristes islamistes.

[xi] Le Moyen-Orient est un véritable bourbier militaire, économique et financier. Trop de victimes (blessures de guerre) et trop de pertes en vies humaines. Trop de frais engagés pour payer ou rembourser les assurances qui couvrent les appelés au drapeau. Des conflits armés budgétivores. De véritables gouffres financiers (tonneaux de danaïdes).

[xii] Quelque 2500 militaires de Russie, du Tadjikistan et d’Ouzbékistan sont censés y participer, a tout à fait déclaré dans un communiqué le district militaire central de l’armée russe.

[xiii] Le dernier plus haut dignitaire chinois à se rendre physiquement dans ces deux régions séditieuses et très hostiles au pouvoir central de Beijing est Hua Guofeng.

[xiv] Force est de constater que ce déplacement impromptu d’une plus haute autorité chinoise dans ces deux régions s’inscrit, comme par hasard, dans la volonté de Beijing de renforcer l’unité nationale ou l’unité politique du territoire.

[xv] Cette province abrite une population majoritairement musulmane (de confession sunnite) et ouïghoure (de souche turco-mongole).

[xvi] L’installation d’un régime concentrationnaire de camp de travail (laogaï). La promotion d’une politique de génocide culturel doublé de génocide physique.

[xvii] Cette région dispose de plusieurs puissances nucléaires réellement confirmées ou potentielles : La République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), la République populaire de Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, Israël, etc.

La fin de l’État de droit et de la démocratie

La fin de l’État de droit et de la démocratie

De nos jours, c’est bel et bien la haute finance qui dirige le monde. Image de Wall Street à New York, la première place boursière du monde.

‘‘La démocratie est un État où le Peuple souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu’il ne peut pas faire lui-même.’’ Maximilien François Marie Isidore de Robespierre (6 mai 1758 Arras – 28 juillet 1794 Paris)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Sur le plan ‘‘juridique’’, un ‘‘État’’ se caractérise par l’existence et la conjonction de trois éléments sociologiques. À savoir : Primo, le ‘‘pouvoir’’ dont la finalité est d’édicter des règles de droit relatives à la stabilité de la société et au bon fonctionnement des institutions publiques et entreprises privées, ainsi qu’à l’interaction entre Citoyens, d’une part et d’autre part, entre Citoyens et institutions qui les administrent. Secundo, le ‘‘territoire’’ en tant qu’environnement géographique et, surtout, cadre d’existence politique et d’évolution d’un groupe social qui se définit, à la fois, comme ‘‘Peuple’’ et ‘‘Nation’’. Tertio, la présence factuelle des ‘‘éléments humains’’ qui reconnaissent à ce pouvoir politique les encadrant, la faculté de les protéger, de participer positivement à leur épanouissement en tant qu’êtres et sujets des droits fondamentaux et libertés publiques. À ce propos, un quatrième élément peut être ajouté. En l’occurrence, la reconnaissance internationale qui participe éminemment de la légitimation des États sur le terrain du droit interétatique.

la cartographie des États de l’Europe

D’un point de vue strictement ‘‘politologique’’, donc ‘‘sociologique’’, un État est, par essence, une entité publique dont la prétention légitime est d’apporter à l’ensemble de ses ressortissants la ‘‘paix’’ et la ‘‘sécurité’’, l’‘‘harmonie’’ et l’‘‘égalité’’, la ‘‘justice’’ et l’‘‘équité’’, de favoriser la ‘‘concorde civile’’ et la ‘‘solidarité’’ de tous les membres du groupe politique et social. Au regard de son fonctionnement ou de son émergence en tant que Collectivité publique, son objectif primordial consiste, réellement, à garantir l’intérêt général. C’est-à-dire : la défense des principes, des valeurs ou objectifs éminemment partagés par l’ensemble de la société, la protection du bien-être commun à tous les individus de la société.

La bannière étoilée symbolise l’unité politique du territoire des États-Unis mais aussi leur hégémonie à la fois économique et militaire.

Toutefois, cette conception de l’État garant de l’intérêt général n’est qu’un leurre. En fait, il s’agit d’un idéal bien alimenté par le discours et la propagande politique du pouvoir qui a, à vrai dire, en charge la gestion des affaires publiques et gouvernementales. En effet, de nos jours, les États du monde incarnent généralement les intérêts privés[i]. Ces puissances le plus souvent économiques et financières parrainent naturellement l’élection des dirigeants politiques et gouvernementaux dans le dessein de s’offrir des monopoles lucratifs, donc de s’adjuger des marchés juteux au sein de la communauté nationale. Ce qui en fait, littéralement, des porte-parole ou des bras armés du pouvoir économique et financier.

Il existe des accointances avérées entre partis de droite conservatrice et industrie pétrolière

À cet effet, ces puissants intérêts économiques et financiers offrent, bien entendu, au détenteur du pouvoir politique de l’État des vitrines médiatiques. Au sein de l’espace national, ils fournissent, en réalité, au titulaire du pouvoir des tribunes de propagande journalistique pour la diffusion de ses messages politiques et communications administratives. Tout comme ils participent de façon substantielle au financement des activités politiques relativement aux dispositions législatives et réglementaires existantes.

Les GAFA entretenaient d’excellentes relations avec l’administration démocrate du président Barack Hussein Obama

Il sied de constater que l’érosion de l’État va littéralement de pair avec la corrosion de la démocratie. Cette usure de l’État s’accompagne effectivement de l’avarie de la démocratie en tant que régime politique garantissant aussi bien la primauté du droit que les libertés publiques. Ce double constat de désagrégation de l’État et de la démocratie s’observe sur le champ politique depuis l’irruption du pouvoir économique et financier en tant qu’acteur majeur de l’espace national et, surtout, en tant que ‘‘maître’’ incontestable, ‘‘tuteur’’ ou ‘‘parrain’’ incontesté du politique.

Qui choisit réellement les élus du peuple ? Le Citoyen jouissant du droit de vote ou le pouvoir économique et financier qui exerce une tutelle sur le politique ?

En effet, la démocratie est, par définition, le jeu politique qui permet de fournir aux institutions de l’État des opérateurs par le biais du scrutin électoral. Or, ces animateurs institutionnels sont préalablement choisis, – ce qui signifie certes en amont –, par le pouvoir économique et financier pour garantir ses intérêts légitimes dans l’espace national. Pour ce faire, les puissances économiques et financières financent leurs campagnes électorales pour devenir titulaire d’une position de pouvoir au sein de la société.

Le vote électoral ne garantit plus dans le cadre d’une démocratie la souveraineté du Peuple

Par conséquent, le Peuple par définition souverain est déjà politiquement piégé dans la mesure où il se doit de choisir, – cette fois-ci en aval –, à titre d’animateurs institutionnels, des représentants ou délégués toutefois désignés en amont par le pouvoir économique et financier. En d’autres termes, le choix du Peuple, pourtant, souverain est donc littéralement biaisé. En effet, celui-ci perd toute sa substance, donc toute sa signification, dès lors que tous ces opérateurs institutionnels[ii] sont, plutôt, portés dans l’exercice de leurs fonctions, à servir loyalement les intérêts fondamentaux du pouvoir économique et financier. Le Peuple souverain est d’autant plus piégé que ses soi-disant représentants ou délégués abandonnent sur la route toutes leurs promesses de campagne électorale. Ils font fi de leurs programmes politiques pourtant présentés, défendus avec conviction devant leurs pairs.

Les Gilets Jaunes face aux représentants de l’ordre et de la loi républicaine en France.

Une fois politiquement investis, tous ces mandataires politiques ne travaillent pratiquement plus à l’amélioration des conditions de vie journalière et citoyenne. Ceux-ci prennent, en revanche, des tas de mesures qui tendent à gommer d’un trait de plume les privilèges sociaux[iii] très concrètement dévolus à la population. Aussi rétrécissent-ils les libertés publiques fondamentales lui pourtant reconnues par le texte constitutionnel au profit exclusif des intérêts du pouvoir économique et financier[iv].

Les médias mainstream sont devenus des porte-voix du pouvoir politique et gouvernemental

Ce qui est clair, la fin abrupte de l’État et de la démocratie se manifeste pratiquement par la mise à mort lente mais progressive des contrepoids institutionnels ou contre-pouvoirs organiques. En effet, dans le cadre purement démocratique, les médias privés évidemment contrôlés par le pouvoir économique et financier sont, visiblement, devenus des robinets qui déversent sans discernement des communiqués de l’État et du pouvoir politique. Au niveau législatif, le parlement national, au lieu d’être réellement une tribune d’expression de la volonté populaire, cette institution au cœur de la démocratie politique est, plutôt, devenue une vraie chambre d’enregistrement de la volonté du pouvoir exécutif, pourtant, visiblement placé sous tutelle du pouvoir économique et financier.

Les forces de l’ordre prêtes à donner l’assaut contre les manifestants qui réclament pacifiquement leurs droits.

La fin abrupte de l’État et de la démocratie s’observe, également, par la militarisation outrancière des forces policières et du maintien de l’ordre[v]. En fait, ce phénomène excessif vise, bien entendu, à écrabouiller tous droits fondamentaux et toutes libertés publiques reconnus au Peuple souverain par les textes primordiaux de la Collectivité publique. À savoir : les libertés de ‘‘manifestation’’, de ‘‘réunion’’, d’‘‘opinion’’ ou d’‘‘expression’’. Cette militarisation excessive s’opère, certes, dans le but de faire littéralement peur aux Citoyennes et Citoyens plus portés à résister pacifiquement[vi], à réclamer leurs droits légitimes. Celle-ci s’opère, en réalité, dans le but de broyer impitoyablement leur Conscience citoyenne, de fouler aux pieds leur dignité humaine[vii].

La militarisation outrancière des forces de sécurité (représentation de la loi et maintien de l’ordre public) constitue une grave menace aux droits fondamentaux et libertés publiques

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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La militarisation excessive des forces de police est une véritable tragédie pour la démocratie. Elle permet aux États démocratiques d’étouffer tous azimuts les droits fondamentaux et les libertés publiques au nom de la sécurité indispensable à la paix publique.

[i] Aux yeux de l’opinion publique, le président Emmanuel Macron issu du monde de la finance, symbolise un pouvoir politique pratiquement devenu le porte-parole des forces occultes qui contrôlent définitivement la finance, l’économie et les filières industrielles.

[ii] En l’occurrence ‘‘gouvernants’’, ‘‘députés’’ et ‘‘sénateurs’’.

[iii] La privatisation des services publics et administratifs, entre autres hospitaliers, réduit drastiquement l’accès universel aux soins de santé. La révision des cotisations en matière de régimes de pension, d’invalidité, d’assurance-maladie et d’assurance-chômage ne tient pas compte de revendications syndicales, donc de la protection des personnes salariées d’entreprises publiques ou privées.

[iv] Décidée par des gouvernements et États, l’obligation vaccinale, y compris l’imposition du passe(port) sanitaire, relative à la propagation rapide du Coronavirus – 19 et de ses différents variants sert, à en croire des spécialistes médicaux, moins à la protection de la santé publique qu’à la satisfaction pécuniaire de l’industrie pharmaceutique.

[v] La police cesse d’être une force de maintien de l’ordre public. Elle devient, par conséquent, une force d’oppression des droits légitimes et libertés fondamentales revendiqués par des couches de population visiblement en porte-à-faux avec l’autorité politique, gouvernementale et administrative.

[vi] Le cas exemplaire de ‘‘Gilets Jaunes’’ en France sous la mandature d’Emmanuel Macron est, à ce propos, vraiment éloquent.

[vii] La répression sauvage des marches de protestation pilotées par le mouvement Black Lives Matters aux États-Unis sous l’administration du Républicain Donald John Trump Sr constituait, en vérité, une atteinte grave à la démocratie en tant que liberté d’expression et d’opinion, de manifestation et de réunion.

Le discours trompe-l’œil de Martin Fayulu Madidi (MAFA) et de l’ÉCIDé sur la vérité des urnes

Les résultats du scrutin présidentiel du dimanche 30 décembre 2018 en RDC

Le discours trompe-l’œil de Martin Fayulu Madidi (MAFA) et de l’ÉCIDé

Martin Fayulu Madidi

De la mythologie politique à la saga électorale

‘‘La sincérité est la perle qui se forme dans la coquille du cœur.’’ Proverbe soufi

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

La République démocratique du Congo est un marigot politique fréquenté par des nains tout à fait mêlés aux géants et mastodontes. Dans cet espace politique amputé de toute morale puisque visiblement assujetti à la mafia, les nains se fabriquent réalistement des légendes de toutes sortes dans l’unique but de se faire passer pour de vrais titans. Cette recette miracle fonctionne à tout bout de champ en raison de l’analphabétisme politique qui gangrène la moelle épinière de la Nation et, surtout, de la marginalisation ethnico-tribale manifestement érigée en culture politique par des officines ténébreuses.

Ce qui est sûr et certain, dans cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains, Martin Fayulu Madidi (MAFA) est un nain politique. Par voie de conséquence, pour ressembler aux titans de la vie politique nationale, il est obligé de s’inventer à tout prix des légendes[i]. Celui-ci est obligé de se fabriquer de toutes pièces bien des mythes politiques en vue de camoufler son véritable statut d’acteur politique de second plan ou de troisième classe. À vrai dire, il se construit de fausses images en vue de dissimuler son rang de politicien roublard ayant un pois chiche dans la tête, manifestement insignifiant, ou d’homme politique sans importance réelle voire même sans intérêt profond sur le plan local.

Martin Fayulu Madidi appose un bulletin dans l’urne lors du double vote législatif et présidentiel du dimanche 30 décembre 2018 dans sa circonscription électorale de Gombe.

Cette stratégie de camouflage qui lui réussit, d’ailleurs, si bien, fait évidemment de Martin Fayulu Madidi (MAFA) un véritable mythomane. Au sens propre tout comme au sens figuré. Force est de constater que cette mythomanie qui ronge, naturellement, toutes ses facultés mentales au point de le faire passer aux yeux de l’opinion pour un dépressif nerveux, pour un détraqué mental en raison de sa propension pathologique à tout contester, à tout rejeter, a manifesté ses premiers symptômes cliniques lorsqu’il a très nettement et très clairement pris cette initiative arrogante de s’autoproclamer ‘‘Soldat émérite du Peuple congolais’’. Au nom de cette logique opportuniste hautement bien pensée et même bien calculée, le soldat MAFA écume toutes les manifestations anti-régime ciblant Joseph Kabila Kabange dès 2015.

Bien entendu, l’idée qui justifie très pratiquement cette stratégie opportuniste, est assurément la reconnaissance politique vis-à-vis de ses pairs, d’ailleurs, totalement ‘‘désillusionnés’’ et ‘‘bâillonnés’’ par un pouvoir, sans doute, aux abois. En effet, le soldat émérite MAFA vise stratégiquement, par ce biais, l’acquisition d’une aura somme toute nationale qui lui fait naturellement défaut en raison de son nanisme. Il vise, par ce truchement, son élévation politique au rang de grand ‘‘combattant’’ et de grand ‘‘résistant’’ à une tyrannie des plus féroce dont ‘‘le langage musclé se résume concrètement aux tueries de masse, aux arrestations arbitraires, au crépitement des armes contre des manifestants pacifiques et non-violents’’. Toute cette attitude est dictée par sa soif inextinguible d’égaler coûte que coûte sur le double terrain politique et national la figure emblématique de la lutte démocratique, à plus forte raison chef de file incontestable et incontesté de l’Opposition politique et démocratique, Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

Martin Fayulu Madidi se pose en défenseur de la constitution de la RDC qu’il pourtant niée, déchirée à Genève (Suisse) en acceptant le principe d’organiser de nouveau l’élection présidentielle dans les deux ans de son mandat présidentiel en vue d’inclure les soi-disant exclus (Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC et Moïse Katumbi Chapwe d’Ensemble pour le changement). Cette initiative est contraire à la Constitution du 18 février 2006.

Pour recevoir, sans contredit, l’onction du père de la démocratie politique et nationale qu’il n’a d’ailleurs pas hésité, une seule seconde, à trahir visiblement lorsqu’il fut littéralement question de ne point siéger aux différentes institutions parlementaires suite à ses injonctions relativement au double scrutin présidentiel et législatif de 2011[ii], MAFA en bon félin se rapproche aisément de la famille Tshisekedi. En bon renard qui sait, indubitablement, flairer de grands coups, ce fameux Soldat émérite du Peuple congolais se lie, très rapidement, d’amitié avec Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) qu’il ne lâche plus d’une semelle[iii]. Cependant, tel un magicien qui sait, certes, endormir son public infantilisé ou hypnotisé pour une cause funeste, il devient même un coutumier de la permanence politique et administrative de l’UDPS. Bref un familier de l’appareil politique de cette formation.

Prenant, réellement et au fil du temps, du volume dans l’espace politique grâce à sa participation active aux nombreuses manifestations de l’UDPS, – Celles-ci sont, bien sûr, réprimées dans le sang –, MAFA pousse son outrecuidance encore plus loin. Il va jusqu’à contester virulemment l’action politique de certains opposants. À cet effet, il devient même un distributeur de cartons rouges pour sanctionner tel ou tel acteur politique. Son partenaire Adolphe Muzito Fumutshi qu’il a, d’ailleurs, accusé publiquement de malversation financière et de dilapidation des deniers publics en sait véritablement quelque chose.

À ce propos, lors des assises politiques de Genval (Belgique) en 2016, MAFA, fort connu pour ses coups de tête et ses sautes d’humeur imprévisibles, refuse carrément d’y participer. Ce tonitruant Soldat émérite du Peuple congolais conditionne même sa modeste participation à cette réunion de l’Opposition à l’expulsion de l’homme d’affaires Adam Bombole Intole du MLC. Il sied de relever que, par le passé, MAFA a déjà trahi cette personnalité politique lors de la désignation du gouverneur de la ville-province, et a fortiori, capitale Kinshasa en 2006 – 2007.

Au cours de cette élection somme toute électrique, ce Soldat émérite du Peuple congolais jette son dévolu sur André Kimbuta Yango, un cacique du PPRD, au service exclusif de Joseph Kabila Kabange. Ce coup bas témoigne déjà, à cette époque, de la vraie nature ou vraie personnalité, donc du véritable ‘‘visage’’ de MAFA. C’est-à-dire : ‘‘un personnage froid, sournois, atrabilaire, profondément tribalo-ethnique, un mercenaire de Joseph Kabila Kabange au sein des forces de l’Opposition’’. Cette attitude empreinte de cynisme machiavélique n’est pas sans rappeler son comportement, tout à fait décrié, à Genève lors de la désignation du candidat unique de l’Opposition pour la fameuse présidentielle du dimanche 30 décembre 2018.

Martin Fayulu Madidi en campagne électorale pour la présidentielle de 2018

En effet, au cours de cette réunion organisée en Suisse avec l’onction des Transnationales du secteur aussi bien minier que financier, MAFA dont la félonie est, à n’en point douter, le plat préféré, trahit sans états d’âme son coreligionnaire Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il fait croire, lors du vote du premier tour, à ce dernier qu’il lui donnera sa voix. Mais, quelle ne fut, bien sûr, la très grande surprise de Tshisekedi de constater que son fameux ‘‘Frère’’ en Christ Martin Fayulu Madidi venait indiscutablement de le rouler dans la farine ! Oui un sacré dribbleur MAFA[iv] !

En effet, Tshisekedi a été purement et simplement éliminé par le tristement célèbre Soldat du Peuple au profit de Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir à qui il a pleinement apporté sa voix qu’il considère comme un précieux sésame[v]. La suite est bel et bien connue de toutes et de tous. Le Britannique Alan Doss[vi] travaillant pour le compte de la Fondation Kofi Annan tire du chapeau Martin Fayulu Madidi à titre de candidat champion de l’Opposition pour faire face au dauphin du régime lors de la présidentielle de 2018 : ‘‘Emmanuel Shadary Ramazani’’.

Vint, alors, la période électorale proprement dite en vue de désigner par la voie étroite des urnes le candidat le plus à même de représenter le Peuple congolais et, surtout, censé porter sur ses épaules le destin politique de toute une Nation en jachères.

Pendant la campagne et même la précampagne, MAFA claironne sur tous les toits du monde qu’il n’entend nullement participer à des joutes électorales qui font, d’ailleurs, intervenir des machines électroniques – ordinateur et imprimante – pour le vote démocratique des Citoyens. À cet effet, il demande expressément aux électeurs d’utiliser en lieu et place des machines à voter des bulletins de vote pour cocher le nom du candidat. Ce qui est, déjà, en soi une infraction à la loi électorale. Ce qui témoigne, à vrai dire, de l’état de santé mentale de ce personnage. Par voie de conséquence, que MAFA explique très sérieusement à l’opinion publique internationale autant que nationale par quelle magie il a véritablement réussi à remporter haut la main une élection aussi cruciale que la présidentielle après avoir totalement démobilisé les électeurs et, surtout, entretenu un mystère et un vrai suspense autour de sa participation fantaisiste !

Lamuka est un club de mercenaires en cravate. Cette plateforme de l’opposition politique congolaise est parrainée par les multinationales occidentales pour garantir le pillage international de la République démocratique du Congo (de gauche à droite : Moïse Katumbi Chapwe d’Ensemble pour le changement (2e), Martin Fayulu Madidi d’ECIDé (3e), Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC (4e), Adolphe Muzito Fumutshi (5e)).

S’agissant de son audience nationale et de son poids politique, Martin Fayulu Madidi (MAFA), auréolé de son choix sujet à caution à Genève, appelle le vendredi 28 décembre 2018, avec la sainte bénédiction de tous les ténors de Lamuka[vii], la fameuse plateforme qui soutient sa candidature électorale, une journée ville morte. Ce qui, assurément, constitue, à deux jours du vote crucial, un véritable test de popularité. Ce qui constitue, visiblement, un véritable baromètre d’audience politique et nationale.

Il importe de souligner que cette initiative fut indéniablement sur le terrain une déconvenue. Une sérieuse désillusion. En effet, celle-ci s’est vite transformée en une claque pour MAFA d’ailleurs très accoutumé au burlesque et à la fanfaronnade. Elle fut un cauchemar pour sa plateforme de mercenaires ‘‘Lamuka’’. Cela est d’autant plus vrai que le mot d’ordre en faveur de la ville morte n’a jamais été suivi à la lettre par toute la population sur toute l’étendue du territoire national. Celle-ci a, néanmoins, vaqué à toutes ses occupations coutumières comme si de rien n’était. En réalité, elle s’est fait un point d’honneur en ignorant catégoriquement le fameux MAFA et toute sa bande de soudards.

Par conséquent, que le fameux Soldat émérite du Peuple congolais explique sereinement à la face du monde comment il a pu remporter une élection présidentielle cruciale alors même qu’il fut incapable de mobiliser l’ensemble de la population et même le pays tout entier pour la journée ville morte, et ce à deux jours du scrutin[viii] ! Qu’il explique comment il a pu vraiment gagner un scrutin sans pour autant bénéficier d’une base électorale fiable et viable[ix] ! Qu’il explique finalement comment il a acquis sa victoire électorale en animant bien sûr des rassemblements politiques tout à fait vides de supporters et de sympathisants[x] !

Martin Fayulu Madidi entame la campagne sur la vérité des urnes.

Au cours d’une entrevue accordée à une presse internationale accréditée à Kinshasa lors de la période d’attente des résultats électoraux, le fameux MAFA s’autoproclame vainqueur à hauteur de 72 % des suffrages exprimés par la population sans jamais vraiment expliquer l’origine de sa comptabilité. Toujours est-il que par un coup de baguette on ne peut plus magique, il revoit de lui-même à la baisse, quelques jours plus tard, ses propres faux résultats. Il les ramène au seuil fixé stratégiquement par l’ensemble de ses soutiens internationaux – notamment ‘‘belges’’ et ‘‘français’’[xi] –. C’est-à-dire : ‘‘62 % des voix’’. Oh ! Mystère que tu nous tiens !

Quand, finalement, les résultats définitifs sont publiés par la CENI, MAFA retrouve ses habits de combattant d’une révolution perdue d’avance. Il décide de porter le contentieux électoral devant la cour constitutionnelle. Devant cette plus haute juridiction, le fameux Soldat émérite du Peuple congolais exige trois choses contradictoirement opposées. Il demande l’annulation complète des élections au motif que des voix de provinces ont été délibérément ignorées au cours de ce scrutin présidentiel. Dans cette même requête, il demande la suspension de tous les résultats électoraux au bénéfice du recomptage manuel des voix. Aussi demande-t-il au juge constitutionnel qu’il soit déclaré par défaut vainqueur d’une élection tripatouillée par le pouvoir.

Cette requête de MAFA devant le plus haut tribunal constitutionnel constitue une quadrature du cercle dans la mesure où celle-ci ne porte pas d’objet précis. En effet, si les élections doivent être annulées, pourquoi réclame-t-il alors la suspension des résultats ? Si les résultats doivent être suspendus, pourquoi exige-t-il la victoire électorale ou l’annulation des élections ? S’il doit être proclamé vainqueur, pourquoi sollicite-t-il l’annulation de l’élection ou la suspension des résultats ?

Toutefois, ce qui est plus grave, au titre du contentieux électoral, MAFA a introduit auprès de la cour constitutionnelle une double requête totalement contradictoire et signée par le même conseil juridique ou avocat. En effet, dans la première requête, ce porte-étendard de Lamuka revendique sa victoire à l’élection présidentielle à hauteur de 62 % des voix exprimées. Dans une seconde requête, bien entendu en complément de la première et introduite dans un délai de vingt-quatre heures, il revendique une victoire à hauteur de 46 % des suffrages exprimés. Finalement, avec quel pourcentage, le fameux Soldat émérite du Peuple congolais a-t-il très exactement remporté le scrutin présidentiel du dimanche 30 décembre 2018 ? Mystère ! Mystère !

Martin Fayulu Madidi dans son rôle favori d’harangueur.

Cela dit, devant le plus haut tribunal constitutionnel, il va de soi que la procédure est totalement rigide. À ce niveau, les preuves exigibles aux fins de révision des résultats sont définies par la loi. Il ne peut s’agir que des ‘‘procès-verbaux’’ dûment signés par le président du bureau de vote et les témoins assermentés, donc manifestement agréés par la CENI en tant que pouvoir organisateur des scrutins. Toutefois, à titre de preuve pour infirmer les résultats de la présidentielle, le conseil juridique de MAFA apporte une kyrielle de valises et de cartons bourrés de coupures de journaux de la presse autant internationale que nationale, lesquels accréditent logiquement sa victoire. En d’autres termes, le candidat malheureux n’a vraiment jamais aligné des témoins certifiés dans les bureaux de vote et, surtout, n’a vraiment jamais disposé de procès-verbaux en bonne et due forme.

Cependant, pour clamer urbi et orbi sa victoire sujette à caution, MAFA reprend in extenso le ‘‘sermon’’ de l’Église catholique coiffée par la CENCO. Selon ce discours qui ne tient point la route, le candidat de Lamuka aurait remporté l’élection présidentielle avec 62 % des voix. Ces résultats qui posent déjà un problème d’éthique, ont été, d’après les pontifes ecclésiastiques, constatés et récoltés par les quarante mille observateurs de la CENCO alignés sur l’ensemble du territoire national. Pour la transmission des résultats, ceux-ci étaient, en réalité, équipés de smartphones de marque ‘‘Turaya’’, bénéficiant d’un dispositif de transmission de données électroniques par voie satellitaire.

Pourtant, dans le dessein de mener à terme ce processus électoral à haut risque, la CENI n’avait officiellement distribué que dix-sept mille licences à titre d’observateur, auxquels il faut bien entendu ajouter six mille autres pour les permanents. Or, si l’on se fie aux affirmations de la seule CENI, la CENCO en a bénéficié en tout et pour tout sept mille. ‘‘Tu ne mentiras point’’, enseigne la Bible… Alors, quelle peut être honnêtement la crédibilité des résultats électoraux récoltés ou fournis sur la base du mensonge ?

D’après la CENCO, MAFA a remporté haut la main la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018. Toutefois, cet organisme catholique n’a jamais apporté la moindre preuve de ses affirmations. Il n’a jamais présenté le moindre procès-verbal pour étayer ses déclarations. Une chose est sûre et certaine, au regard de la loi électorale et sous peine d’être déféré devant la justice, un observateur agréé par le pouvoir organisateur qu’est la CENI ne peut en aucun cas détenir un procès-verbal. Ce document d’une importance capitale est strictement de l’apanage du témoin. Celui-ci est, bien entendu, soit le président du bureau de vote, soit le représentant officiel des partis compétiteurs.

Mgr Fridolin Ambongo Besungu et Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya ont fait de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) un parti politique promoteur de la plateforme LAMUKA. Force est de constater que ce cartel de familles politiques regroupe en son sein des mercenaires congolais au service des multinationales.

En d’autres termes, si la CENCO s’était amusée à exhiber le moindre procès-verbal qu’elle ne détenait d’ailleurs même point, et ce en contradiction avec son mandat légal, une telle bourde se serait rapidement retournée contre elle. Avec pour conséquence immédiate : la traduction devant la justice des autorités ecclésiastiques pour détention illégale des procès-verbaux. Ce qui veut dire : les princes de l’Église se seraient discrédités à jamais. Déjà sous la gouverne de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya et Mgr Fridolin Ambongo Besungu, cet organisme catholique devenu lobbyiste politique de la plateforme électorale Lamuka voire même un parti politique à part entière a toujours eu une pâle réputation.

Partant de cette considération, la vérité des urnes, sans nul doute réclamée par MAFA, relève de la pure et simple distraction. Un vrai divertissement politique. Cette revendication est plutôt une opération sournoise. Celle-ci est plutôt destinée à provoquer brutalement une guerre civile de type intercommunautaire ou interconfessionnelle en vue de faire intervenir de puissants intérêts anti-patrie pour changer radicalement le cours du destin politique de la République démocratique du Congo[xii].

Telle est la mission confiée à MAFA et à la plateforme politique et électorale LAMUKA dont les principaux ténors ne manquent jamais une seule occasion pour menacer, d’ailleurs sans retenue et sans complexe, sans états d’âme et même sans âme d’État, le pays d’un conflit majeur susceptible d’emporter ses ressorts fondamentaux et institutionnels, de briser toute sa cohésion nationale[xiii].

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen.centerblog.net

www.joelasherlevycohen.over-blog.comwww.joelasherlevycohen1.wordpress.com


[i] Par le passé, Lambert Mende Omelanga a déjà fait la même observation. Il est arrivé à cette conclusion lapidaire que Martin Fayulu Madidi est, dans la vie, un véritable bluffeur sans finesse politique et sans intelligence humaine.

[ii] Étienne Tshisekedi avait solennellement demandé à tous ses partisans et sympathisants de ne pas siéger au sein des institutions politiques issues d’un hold-up électoral. Martin Fayulu Madidi qui se présentait sous le label ‘‘Alliés de l’UDPS’’ aux joutes législatives, n’avait point obtempéré. À cet effet, il avait prétexté que ‘‘sa base électorale qui n’existe d’ailleurs nullement, sauf dans sa caboche, puisque visiblement élu avec les voix massives de l’UDPS, lui avait interdit une telle posture politique’’.

[iii] Celui-ci dirige, à cette époque, le secrétariat national chargé des affaires internationales de l’UDPS.

[iv]Il est à l’image du célèbre footballeur allemand Pierre Litbarski du FC Cologne, son idole de jeunesse, capable de dribbler, selon la légende lui prêtée, une dizaine de joueurs, dans un espace aussi réduit qu’une cabine téléphonique.

[v] Cette personnalité est, en réalité, originaire de la même région que Martin Fayulu Madidi (MAFA). Il est effectivement un ‘‘Mpangi’’. C’est-à-dire : un ressortissant de l’ancienne province du Bandundu, du secteur Kwilu-Kwango.

[vi] Ancien Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) et haut dirigeant de la Mission d’observation de l’ONU au Congo (MONUC) de 2007 à 2010.

[vii] Les grosses pointures politiques de LAMUKA : Moïse Katumbi Chapwe du Katanga, Jean-Pierre Bemba Gombo de l’Oubangui, Adolphe Muzito Fumutshi du Bandundu, Antipas Mbusa Nyamwisi du Kivu, Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir du Bandundu, etc.

[viii] L’appel à la journée ville morte pas suivi à Kinshasa (voaafrique.com)

[ix] Lors des scrutins présidentiel et législatif du dimanche 30 décembre 2018, MAFA concourait également pour la députation nationale dans la circonscription populeuse de la Tshangu, sise dans l’est dans la capitale Kinshasa. Celle-ci a la particularité et la singularité de regorger très majoritairement des ressortissants de la région de Bandundu dont est originaire cette personnalité politique. Étant donné que le vote est généralement un recensement tribalo-ethnique en Afrique, on ne pouvait que s’attendre à ce que MAFA cartonne dans ce district électoral. Que nenni ! Il est arrivé en quatrième position. Il a été battu à plat de couture par le journaliste Eliezer Tambwe, alias Mwana kolo lopango (le Fils de la Maison), qui lui, ironie du sort, est originaire du Kasaï comme Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI). Qu’est-ce qui explique vraiment cette déroute électorale pour un homme politique prétendument si populaire ? En effet, les ressortissants du Bandundu sont fort connus pour leur solidarité régionaliste et leur vote ethnique et tribal. Mystère ! Toujours mystère !

[x] Les images des campagnes électorales de MAFA diffusées sur la toile Internet en décembre 2018 ont été trafiquées pour donner l’illusion qu’il était extrêmement populaire auprès de ses compatriotes alors que la réalité était tout autre sur le terrain. Elles ont été superposées à celles des manifestations de masse s’étant déroulées à Beyrouth (Liban) et à la place Maidan en Ukraine. https://www.youtube.com/watch?v=eKoQiIg5P3U. Ces images ci-dessus diffusées sur YouTube témoignent de l’escroquerie politique tendant à faire accroire que MAFA était un candidat populaire en RDC. On y voit même des drapeaux qui n’ont aucun lien direct ou indirect avec la RDC ou les partis politiques du pays.

[xi] Ceci n’est point un hasard.

[xii] Dans le plan de match des ténors de Lamuka, la nécessité d’une double intervention militaire française et belge à laquelle s’adjoindraient des pays de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) est très largement souhaitée. En effet, celle-ci permettrait de plonger le pays dans une transition politique et maffieuse finalement couronnée par la tenue de scrutins présidentiel et législatif remportés par Moïse Katumbi Chapwe à la magistrature suprême et tous ses partisans dont le mandat se résume concrètement à la rétrocession des richesses minérales et naturelles autant que précieuses et stratégiques aux Transnationales occidentales.

[xiii] Les partisans de Moïse Katumbi Chapwe appellent ouvertement au démembrement du pays. Ceux de Martin Fayulu Madidi (MAFA) appellent très librement au renversement violent du régime (coup d’État ou soulèvement populaire) et même à l’assassinat brutal du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI).

Racisme et Ostracisme

Racisme et Ostracisme

Une image éloquente du Sud des États-Unis lors de la période de ségrégation. Le but réel du racisme, c’est de construire autant mentalement que physiquement des murs épais, gigantesques, entre les humains dans le but de mieux s’ignorer et vivre à jamais séparément.

‘‘Toute espèce de racisme conduit inévitablement à l’écrasement de l’Homme.’’ Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II (1978 – 2005).

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

S’il existe une pathologie lourde qui ronge, tout à fait, l’humanité sur le terrain de la morale, au point de la rendre évidemment grabataire et mourante, – s’il faut le dire ainsi – c’est bel et bien le ‘‘racisme’’. Cette maladie cancéreuse[i] et insidieuse témoigne, à n’en pas douter, de la déchéance lente de l’espèce humaine mais également progressive de l’être qui la définit, au point de reléguer systématiquement et automatiquement toute sa conscience, pourtant bien élevée dans l’ordre de la Création, au stade inférieur de l’animal. C’est la raison pour laquelle ce phénomène sociologique doit être, vraiment, pris au sérieux.

Le racisme détruit quotidiennement des vies, des familles et le vivre-ensemble collectif. Face aux maux et dégâts provoqués par ce phénomène pathologique, les humains de bonne volonté s’organisent, protestent et résistent en vue de protéger les libertés publiques et les droits humains fondamentaux.

En effet, ce mal qui fait, réellement, perdre à l’être humain, qu’il s’agisse, bien sûr, de la personne qui discrimine son prochain[ii] toute son humanité, ou de la personne discriminée[iii] toute sa dignité, conduit, irrémédiablement à de pires exactions ou des injustices de toutes sortes. Celles-ci vont aisément des agressions de nature verbale ou de nature physique à l’élimination pure et simple des individus ou communautés vivantes en passant par ‘‘l’exclusion interprétée comme conséquence positive de la politique de discrimination raciale’’. Pis, ce cancer véritablement insidieux conduit immédiatement au refus de reconnaître catégoriquement à un être humain, tout comme à un groupe d’individus, toute une série de droits fondamentaux ou de libertés inhérentes à l’humanité.

Martin Luther King Jr avait lutté de toutes ses forces pour l’avènement d’une société fraternelle et égalitaire.

Ce qui est sûr et certain, le racisme consiste à bâtir mentalement et physiquement des cases pour parquer des individus (assignations), les entasser selon leur statut subjectivement attribué aux fins de normalisation des rapports socioculturels. C’est-à-dire : en tenant compte de critères physiques ou caractéristiques objectives mais subjectivement interprétées pour des motifs discriminatoires, le racisme en tant que phénomène sociologique destructeur de l’humanité ambiante[iv] s’inscrit très volontiers, visiblement dans des rapports de domination de l’homme par l’homme. En tant que mal qui tue toute harmonie au sein de la société, toute relation pacifique, il s’inscrit, manifestement et définitivement, dans des rapports de ‘‘hiérarchisation’’ entre individus ou communautés humaines et vivantes.

La génuflexion comme symbole de lutte contre les discriminations raciales. Un geste fort pour reconnaître la suprématie du Créateur divin et toute son inspiration spirituelle dans le combat contre l’intolérance et l’asservissement de l’être humain. Martin Luther King Jr en pleine prière avant de mettre en branle le cortège des manifestants mobilisés pour les droits civiques et l’avènement d’une société libre et digne, fraternelle et solidaire.

Cette catégorisation des êtres humains sous-entend ou sous-tend mentalement le fait de coller à son prochain ou d’attribuer à son interlocuteur un statut dépréciatif. Ce qui implique logiquement et forcément un statut qui lui nie toute considération ou tout respect. En d’autres termes, le racisme qui est pratiquement la manifestation de l’arrogance intellectuelle et de la condescendance mentale est, à vrai dire, le fait d’établir une discrimination malveillante et assassine. C’est le fait de refuser délibérément de traiter la personne qui est en face de soi comme l’on voudrait normalement être traité dans son environnement immédiat et sociétal, dans la vie physique et journalière. C’est-à-dire : bénéficier d’un traitement juste et équitable, administré avec ‘‘égard’’ et ‘‘considération’’, avec ‘‘respect’’ et ‘‘bienveillance’’.

Le traitement inhumain et dégradant réservé au peuple héréro de Namibie par l’Allemagne en 1904.

Ce qui est clair, le racisme est, par essence, ‘‘une construction intellectuelle qui consiste à dénier à son prochain toute caractéristique humaine’’. C’est ‘‘une construction mentale qui consiste à dénier à son vis-à-vis tout droit légitime et toute liberté fondamentale en raison de la couleur de sa peau, de sa religion, de sa culture, de son handicap physique ou mental[v], de sa condition de morbidité, de son genre, de son orientation sexuelle’’, etc.

C’est, en vérité, ‘‘une théorie scientifique[vi] qui consiste à effacer d’un trait de plume l’humain de sa propre espèce et dont les caractéristiques physiques diffèrent très largement pour des raisons idéologiques et matérielles. Elle consiste à déshumaniser les êtres humains en vue de leur arracher brutalement, coûte que coûte, tous leurs biens, toutes leurs richesses matérielles et immatérielles’’. C’est, en réalité, ‘‘une doctrine qui consiste à dépouiller ces individus ou groupes sociaux de toute leur dignité humaine parce qu’ils sont simplement, totalement, différents. Ils le sont, bien entendu, par la culture, la tradition, la langue, les mœurs, la spiritualité, les croyances’’. Bref totalement différents au niveau du mode de vie.

Ceci revient à dire que le racisme n’est pas du tout un épiphénomène qui surgit pratiquement de nulle part. Il ne surgit pas du néant qui est, de ce fait unique, l’œuvre du hasard. C’est, à vrai dire, le fruit de la pensée humaine, le produit de la réflexion humaine qui tue l’autre pour s’approprier toutes ses ressources ou lui priver de toutes ressources[vii].

L’enterrement collectif des victimes du massacre de Shaperville perpétré le 21 mars 1960 par la police blanche en Afrique du Sud ségrégationniste.

Comme sa finalité est, bien entendu, la domination sous tous les aspects d’un être sur un autre, le racisme en tant que  ‘‘comportement’’, ‘‘motivation sociale’’ et même ‘‘regard’’ ou ‘‘idéologie’’ essentiellement fondée sur la notion de race débouche inéluctablement sur la hiérarchisation systématique et automatique des êtres humains. Grâce à cet esprit de domination résultant bien sûr de la catégorisation, s’établissent, ainsi, des rapports interhumains axés foncièrement sur la règle de supériorité raciale ou le principe d’infériorisation des races. Force est de relever que cette idée de hiérarchisation des êtres humains trouve toute sa légitimité, donc toute sa justification, dans les théories scientifiques aussi bien que dans les croyances religieuses.

La religion fut une des armes d’asservissement des peuples d’outre-mer au profit de la traite négrière, de la colonisation européenne et du capitalisme occidental.

En effet, la science et la religion qui gouvernent manifestement les esprits humains par la diffusion du savoir et de la connaissance, nourrissent abondamment l’imaginaire social. Ces deux domaines d’édification de la ‘‘pensée’’ et de construction du ‘‘mental’’ entretiennent voire même justifient des phantasmes au sein de la société humaine. Ils définissent, par conséquent, le comportement de l’être humain dans sa relation avec son environnement sociétal, dans sa compréhension profonde de la nature qui l’entoure journellement.

Aussi la science et la religion déterminent-elles l’attitude de l’être humain dans son façonnement de la culture qui le caractérise et, en même temps, l’identifie en tant qu’individu et membre d’une communauté vivante. Pour ainsi dire, celles-ci déterminent intrinsèquement et extrinsèquement les valeurs et les principes qui fondent substantiellement sa vie personnelle. Elles construisent, donc, résolument sa manière d’étoffer sa relation intime avec l’ensemble de ses pairs, a fortiori membres d’une collectivité, dans son environnement immédiat.

Auteur de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, l’ethnologue et anthropologue Joseph Arthur Gobineau est considéré comme le théoricien du racisme sur le plan scientifique, donc sur le terrain des sciences humaines et sociales. Pour étayer ses théories, il s’appuie sur l’Ancien Testament. Son analyse porte sur les trois races jaune, blanche et noire.

Chose sûre et certaine, la religion et la science alimentent, en termes d’imagerie et même d’idées, le mental individuel et le discours social. Aussi nourrissent-elles subtilement le subconscient de l’individu en termes de préjugés ou notions préconçues. À cet égard, force est de souligner que les systèmes religieux modernes, contemporains, y compris la science au sens générique du terme, ont évidemment servi de prétexte et de légitimation à la maltraitance des peuples de la Terre tout au long de l’histoire humaine[viii].

Si l’Église catholique a bel et bien servi de tremplin aux entreprises esclavagiste et colonialiste, négrière et capitaliste, il importe de mentionner que bien des prêtres intérieurement révoltés ont participé individuellement à la défense et la protection des êtres déshumanisés dans le monde. C’est l’exemple de l’Espagnol Pedro Claver (Pierre Claver) qui a dévoué sa vie aux esclaves africains en Colombie.

Cette justification a été rendue possible à cause du regard subjectif savamment construit par l’élite dominante en parfaite complicité avec les dignitaires religieux et les sommités intellectuelles[ix]. Il ne fait aucun doute que la science et la religion relayées par le politique ont pleinement servi de légitimation aux différentes théories basées sur l’infériorisation des êtres humains aux fins de leur exploitation éhontée ou de leur spoliation sauvage. Ce qui revient à affirmer pertinemment que ‘‘le racisme est, par définition, la résultante de la vision politique dominante[x], du discours religieux majoritaire[xi] et du regard intellectuel inspiré par de puissants intérêts sociaux voire même mâtiné de théories scientifiques’’.

Le philosophe allemand Emmanuel Kant a nié toute humanité aux êtres négro-africains.

Même la science qui prétend, d’ailleurs, s’écarter tout bonnement de la superstition résultant sans nul conteste de la peur et de la confusion, – et caractérisant généralement la religion –, en vue de s’approcher le plus près et le plus vite possible de la vérité, est tombée dans les mêmes travers. En effet, guidée par des esprits éclairés ou illuminés, la science a délibérément falsifié, en dehors de toute honnêteté intellectuelle, de toute probité morale, les origines et l’histoire de l’humanité. Pour des raisons d’hégémonie culturelle et même de suprématie idéologique, elle a, en fait, sciemment et consciemment attribué certains mérites à des peuples qui ne devraient, normalement, point en jouir en matière de découverte d’une kyrielle de principes et de théories censés gouverner l’univers et la nature environnante, régir les mondes physique et spirituel[xii].

S’inspirant profondément des théories évolutionnistes de la nature, la science a attribué à des êtres vivants des caractéristiques animales[xiii]. Orientée par un certain nombre de croyances et religions suspicieuses animées par des dirigeants pathologiquement atteints dans leur âme profonde, elle a construit voire renforcé certaines mythologies racistes[xiv]. Elle a, de ce fait, délibérément associé des caractères purement physiques à des caractères moraux[xv].

Lors de la traite négrière qui a duré plus de 400 ans, les esclaves négro-africains étaient vendus comme du bétail dans un marché. Il existait également une bourse de cotation des esclaves. Celle-ci disposait de ses traders, spéculateurs financiers et clients. Elle émettait aussi des actions pour capitaliser ce commerce florissant.

Il importe de mentionner qu’au-delà de toute sa dimension purement économique, l’exploitation de l’homme par l’homme qui s’appuie substantiellement sur le racisme en tant que phénomène de hiérarchisation des rapports humains, a été mise en branle par le ‘‘politique’’. Celui-ci a, certes, fourni à ce projet de domination sous forme de colonisation, fût-elle de peuplement ou d’exploitation, nombre de moyens aussi bien juridiques que militaires. Il s’agit, donc là, des moyens de contrainte physique et morale pour réussir brutalement une telle entreprise économique en écrasant les droits humains fondamentaux, en broyant les libertés des peuples d’outre-mer considérés sous cet angle unique de ‘‘races inférieures’’.

Les esclaves négro-africains étaient considérés comme des biens meubles. Une inspection des esclaves avant la vente au marché.

Parmi les acteurs du monde politique très connus pour être des défenseurs de la colonisation des peuples d’outre-mer en vue de la réalisation de la plus-value économique, il y a lieu de citer ‘‘Jules Ferry’’. Pour cet amoureux de la République[xvi] et, de surcroît, farouche opposant à la royauté et aux ordres ecclésiastiques qui contrôlent très étroitement les circuits académiques et réseaux scolaires,‘‘la France avait l’impérieux devoir de civiliser les races inférieures’’. Pour cet amoureux de la colonisation qui ne trouve, d’ailleurs, aucun scrupule à piller tous les territoires d’outre-mer ployant sous le faix de l’exploitation française, le racisme est, par voie de conséquence, une morale humaine qui offre aux peuples réputés supérieurs le privilège exclusif de spolier impunément des peuples soi-disant inférieurs[xvii]. Celui-ci n’exclut pas non plus le droit de brutaliser, de discriminer ces entités humaines somme toute déshumanisées pour les besoins de la cause à la fois capitaliste et colonialiste du XIXe siècle.

Le roi des Belges Léopold II

Parmi les autres ‘‘hérauts’’ invétérés de la colonisation occidentale en tant que phénomène de spoliation brutale des peuples d’outre-mer et d’exploitation éhontée des ressources économiques au détriment des autochtones, il y a également le tristement célèbre roi des Belges ‘‘Léopold II’’. Ce souverain ‘‘bâtisseur’’ est fort connu pour les exactions innommables qui entourent toute son entreprise de pillage en Afrique centrale[xviii]. Selon des experts et critiques de la colonisation, celle-ci a décimé au bas mot plus de dix millions d’individus en République démocratique du Congo[xix]. Ces victimes du capitalisme naissant furent malheureusement traitées, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, comme des esclaves – des moins que rien – dans le strict dessein de rentabiliser la production de l’hévéa, dont la demande était, certes, en très forte hausse à cette époque sauvage, pour la fabrication du caoutchouc et des pneumatiques par l’industrie automobile en plein essor.

Les atrocités de l’entreprise léopoldienne au Congo-Belge.

Il ne fait aucun doute que le racisme est, par essence, un ‘‘phénomène sociologique’’. Ce terme s’inscrit, d’abord et avant tout, dans des rapports de hiérarchisation des humains et d’écrasement des êtres. Ce qui sous-tend et sous-entend, logiquement et forcément, l’idée d’exclusion forcée et d’exactions brutales. Bref l’idée d’injustices violentes et inhumaines. Force est de noter, toutefois, que ce mot sans doute riche d’histoires de sauvagerie et pratiquement chargé de tragédies humaines est de plus en plus galvaudé aujourd’hui pour en tordre le véritable sens, le vider complètement de sa vraie substance. Cette opération intellectuelle qui relève de l’escroquerie est, bien entendu, et en principe, l’œuvre détournée des adeptes de la suprématie blanche ou sympathisants d’extrême-droite en Occident chrétien.

L’empereur français Napoléon Bonaparte qui est le premier ancêtre de l’Allemand Hitler et de l’Irakien Saddam Hussein pour avoir gazé 60 000 Haïtiens, a rétabli l’esclavage aux Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe) dans le but de contrecarrer l’influence britannique dans cette région vitale du monde.

Dans le but de discréditer coûte que coûte l’immigration des personnes originaires du Tiers-Monde ou des ex-colonies dont les relations administratives avec les institutions publiques et personnelles avec les Citoyens de la société majoritaire se sont fortement dégradées pour des motifs précisément liés à l’exclusion socioéconomique dont souffrent les populations d’origine étrangère, l’expression ‘‘racisme anti-Blancs[xx]’’ est inventée. Elle est artificiellement inventée pour diluer ou sous-estimer le phénomène de racisme qui prévaut naturellement voire survit dans des formes variées et subtiles dans les mentalités et les actions propres à la société d’accueil. Il convient de remarquer que ce nouveau concept exacerbe de manière flagrante les coutumes et traditions étrangères en opposition à la culture majoritaire. Il les fustige dans l’optique de semer réellement le doute et le rejet, la peur et l’inquiétude. Il les pointe du doigt dans l’intention manifeste de provoquer la panique sociale et l’angoisse au sein de la majorité blanche.

La guerre de civilisation préconisée par les extrémistes de droite sera un conflit de type intercommunautaire ou interconfessionnel. Le drame rwandais, tout comme le conflit qui oppose violemment Sunnites et Chiites au Proche-Orient, en est une des expérimentations à l’échelle macroscopique.

L’objectif manifestement visé par ce discours extrémiste préfabriqué est, en réalité, la fabrication d’une société anxiogène sous prétexte que les populations étrangères généralement ghettoïsées[xxi] ou visiblement marginalisées se conduisent en vrais conquérants dans les pays d’accueil en raison du laxisme politique et administratif qui caractérise les pouvoirs publics occidentaux. C’est en soi un discours politiquement construit pour provoquer une guerre civile de type intercommunautaire. Donc, c’est, en réalité, un discours de stigmatisation qui est littéralement destiné à déstabiliser toute la société en provoquant la violence physique et l’insécurité. Il importe de mentionner que pour renforcer ce sentiment d’insécurité qui engendre indéniablement l’angoisse auprès de la majorité, la rhétorique de la peur de l’étranger à qui on attribue évidemment tous les maux est, exploitée à fond la caisse[xxii].

Le discours extrémiste du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen (France) s’articule autour du fardeau économique et social de l’immigration, ainsi que du racisme anti-Blancs dans les banlieues de la République Française (RF).

Parallèlement à cette invention artificielle du concept ‘‘racisme anti-Blancs’’ qui est pratiquement hors du champ de sciences humaines et sociales, les extrémistes anti-étrangers nient violemment le concept du racisme systémique[xxiii]. Il sied de remarquer que ce phénomène plus subtil dans son application matérielle, donc en apparence difficilement perceptible[xxiv], est, pourtant, une vraie et méchante réalité que subissent très durement les membres de minorités visibles dans les sociétés occidentales[xxv].

Le mouvement néo-nazi en Allemagne.

Ce qui est clair, le ‘‘racisme anti-Blancs[xxvi]’’ relève beaucoup plus des phantasmes et des mythes que de la réalité sociale ou sociologique. C’est en fait une construction purement politique. Celle-ci est l’œuvre des idéologues d’extrême-droite.

Toutefois, ce n’est pas parce que le ‘‘racisme anti-Blancs’’ n’existe aucunement, en réalité, qu’il faille inférer qu’il n’existe nullement de problème de cohabitation pacifique entre les collectivités étrangères, par définition minoritaires, et la majorité blanche dans les sociétés d’accueil. En effet, il existe une foultitude de difficultés en matière de coexistence intercommunautaire. Celles-ci sont, en fait, le résultat des incompréhensions liées au choc frontal des civilisations et à la rencontre des traditions culturelles contradictoires et opposées.

S’appuyer sur l’éducation et l’instruction pour faire reculer le racisme et la xénophobie.

C’est, effectivement, à ce niveau que doit s’opérer, sans hésiter, un véritable travail de pédagogie et d’éducation de la part de tous les intervenants, fussent-ils politiques, sociaux ou culturels en vue de déconstruire certaines images caricaturales tout à fait dégradantes, extrêmement dégoûtantes, erronément ou arbitrairement attribuées à l’autre dans le but de le discréditer ou de le marginaliser. À titre d’exemple, ce n’est pas parce qu’une fille occidentale et blanche s’habille en mini-jupe qu’elle est forcément une pute ou un être de peu de vertu[xxvii]. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’une personne issue de minorité, de surcroît étrangère, est profondément religieuse ou spirituelle dans sa posture qu’elle constitue dans l’absolu, irréversiblement, un frein pour la liberté humaine au sein de la société ambiante et athéiste, qu’elle est logiquement et certainement une épine pour le vivre-ensemble collectif[xxviii].

Le vivre-ensemble collectif fondé sur le dialogue fraternel et la bonne entente, la paix et la sécurité, la solidarité interhumaine et l’harmonie universelle

À ce niveau, le dialogue interculturel et la tolérance intercommunautaire doivent nécessairement primer sur l’incompréhension et la bestialité. De toutes parts, les passions et les clichés négativistes doivent être mis de côté pour préserver la paix sociale, la sécurité. La bonne entente doit contribuer à asseoir l’harmonie universelle.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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Cet article se veut un hommage à toutes les victimes du racisme, quelles qu’elles soient. Il souligne, à cet effet, le 100e anniversaire du Massacre de Tulsa dans l’État conservateur de l’Oklahoma, aux États-Unis. Aussi souligne-t-il la reconnaissance officielle par l’Allemagne du génocide du peuple héréro en Namibie au début du XXe siècle. Celui-ci a été victime d’une répression féroce dirigée par le général Lothar von Trotha, auteur d’un ordre d’extermination à son encontre. Sans oublier le peuple Nama de Namibie qui a subi des atrocités innommables de la part du colonisateur allemand à la même période. Il est également une occasion de se remémorer l’horrible massacre de Shaperville perpétré le 21 mars 1960 par la police blanche sud-africaine.

Lors du massacre de Tulsa du 31 mai 1921, la communauté blanche aidée par la police locale et d’autres milices proches du Ku Klux Klan (KKK) a ravagé, en plus de perpétrer des meurtres de masse, les habitations et les commerces des populations africaines-américaines.

[i] En tant que pathologie, le racisme est la conséquence de la perturbation mentale de l’être humain. Sont porteuses de cette maladie pernicieuse, sournoise, des personnes qui souffrent d’un mental sérieusement altéré par la mythomanie consécutive au rejet systématique et automatique de l’autre.

[ii] La personne qui discrimine son prochain, agit exactement comme une ‘‘bête féroce sans conscience’’.

[iii] La personne discriminée est complètement réduite au statut dépréciatif d’une ‘‘chose sans conscience’’.

[iv] L’humanité est ici prise dans le strict sens d’élévation morale et spirituelle aussi bien que matérielle et intellectuelle de l’être humain dans son interaction sociale et quotidienne avec son prochain originaire de la même culture ou d’une culture différente.

[v] La pratique de l’eugénisme.

[vi] C’est, en fait, une œuvre conçue par l’élite sociale ou la société d’en-haut. C’est l’œuvre des penseurs et intellectuels qui exercent tous azimuts une influence décisive dans la société en vue de déterminer ou d’orienter le comportement social de leurs congénères ou contemporains, tout comme de leurs descendants en vue de garantir leurs privilèges et acquis brutalement auto-attribués.

[vii] Sous le racisme en tant que phénomène d’exclusion, se cache souvent l’esprit de convoitise et de conquête humaine.

[viii] Le christianisme et l’islamisme ont justifié, de façon outrancière, les persécutions et servitudes ignobles imposées aux peuples d’outre-mer au nom d’un dieu impitoyable et des croyances fondées sur des mythologies ‘‘racistes’’. À titre d’exemple, la malédiction de Cham, le père de Canaan, fils de Noah a réellement servi de légitimation morale ou de justification religieuse à la traite négrière tant par les Arabo-musulmans du fait de l’islamisation que les Occidentaux christianisés. Elle a naturellement servi à structurer ou organiser la société humaine autour de la thématique raciale, du discours raciste qui implique certes l’infériorisation des êtres discriminés ou la suprématie des êtres discriminants. Par ailleurs, les sciences humaines et sociales ont contribué par l’invention des concepts ou la fabrication des théories à renforcer les préjugés raciaux ou stéréotypes racistes. À titre d’exemple, les concepts ethnique et tribal exploités par l’ethnologie et l’anthropologie pour expliquer historiquement le degré d’évolution ou d’avancement des sociétés négro-africaines ont largement contribué à consolider les clichés racistes. Cela est d’autant plus vrai que celles-ci démontrent par la négation que toutes ces entités humaines sont toujours restées culturellement primitives. Elles tentent même de l’expliquer par la localisation géographique autour de l’équateur et des tropiques, y compris la climatologie largement influencée par le soleil. Pourtant, les sociétés négro-africaines ont réellement connu de grands empires qui ont fasciné le monde par leur parfaite maîtrise des sciences physiques et naturelles, de l’astronomie et de la connaissance de l’univers, de la cosmogonie et de l’eschatologie, etc.

[ix] Dans le but de coloniser les Amériques et l’Afrique, l’Occident chrétien a carrément mis, avec la complicité manifeste du Vatican et de diverses congrégations chrétiennes, l’accent sur ‘‘l’évangélisation des sauvages’’ (pour ce qui est du continent américain) ou ‘‘la conversion des païens’’ (pour ce qui est du continent africain). Toutefois, au 19e siècle directement influencé par le discours des Lumières du 18e siècle, l’accent est mis sur ‘‘l’exportation bénévole de la Civilisation aux barbares, aux personnes de race inférieure’’ et non plus sur ‘‘la conversion altruiste des païens’’.

[x] Une vision par nature conservatrice.

[xi] Ce discours religieux doit être ‘‘fondamentaliste’’ ou ‘‘intégriste’’. C’est-à-dire : réfractaire à toute évolution ou reposant rigoureusement sur une interprétation littérale.

[xii] Bon nombre de théorèmes attribués par des Occidentaux aux Grecs anciens (Pythagore, Thalès, Archimède, etc.) ont été énoncés bien avant l’avènement de la Grèce antique. Ceux-ci ont été, surtout, énoncés bien des millénaires avant par des savants de l’Égypte antique et pharaonique, d’essence négro-africaine. Dans le domaine architectural, la référence occidentale est le grec Phidias alors que dans l’ancienne antiquité, la figure de proue fut sensiblement le kemet Imhotep très relié à la construction de grandes pyramides de Gizah. Par ailleurs, le christianisme diffusé par l’Occident chrétien est, à vrai dire, un plagiat des mystères kemet essentiellement axés sur les dieux Osiris et Horus, la déesse Isis. Par contre, l’apôtre des Gentils et docteur des Nations Saint-Paul (le légionnaire romain Saul de Tarse) a réussi à incorporer au sein du christianisme les mystères d’Éleusis et d’Hermès (équivalent du dieu égyptien Thot) ou Hermès Trismégiste tardivement reçus par les Grecs et Romains.

[xiii] Des philosophes du siècle des Lumières (XVIIIe siècle), quoique n’ayant personnellement jamais mis leurs pieds en Afrique voire même rencontré dans leurs vies physiques des sujets négro-africains en chair et en os, ont conclu que ceux-ci étaient des animaux ou proches d’animaux voire même vivaient comme des animaux. Leurs écrits ou réflexions philosophiques (Emmanuel Kant, François-Marie Arouet, dit Voltaire, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu) ont effectivement servi de moule à la justification de toutes les théories primitivistes et autres pratiques esclavagistes ou négrières ayant eu cours dans leurs univers respectifs. Il en est également des scientifiques de renom du XIXe siècle (Joseph Arthur de Gobineau)

[xiv] Jamelle Bouie, « Les idées des Lumières ont façonné les questions de race et de suprématie blanche », Slate, 25 juin 2018. 

[xv] Une telle association entre caractéristiques physiques et caractéristiques morales ou mentales imprègne toute la vision philosophique d’Emmanuel Kant. Pour cet éminent philosophe allemand, les Africains sont non seulement noirs de la tête aux pieds mais aussi dans leur raisonnement. C’est-à-dire : ‘‘stupides’’.

[xvi] La République qui dérive du latin res publica (la chose publique), signifie, normalement, le progrès et la solidarité, la justice et l’équité, la démocratie et la liberté. Toutefois, la République de Ferry s’éloigne, en raison de son apologie de la colonisation, de la Liberté, de la Fraternité et de l’Égalité des Peuples. En cela, il est un pur produit du jacobinisme sommaire.

[xvii] Comme à l’époque des Conquistadores espagnols en Amérique latine et aux Caraïbes, le racisme sert à justifier au nom de la civilisation européenne ou de la morale occidentale tous les abus à l’encontre des peuples indigènes qui sont différents par leur phénotype, donc par les caractéristiques physiques.

[xviii] Les « mains coupées » du Congo, une horreur de la colonisation, Sarah Diffalah, Le Monde, 20 et 26 décembre 2018.

[xix] Adam Hochschild, King Leopold’s Ghost, 1998 (les fantômes du roi Léopold, un holocauste oublié, Paris Belfond, 1998).

[xx] Au regard des sciences purement humaines et sociales, le ‘‘racisme anti-blancs’’ est, par définition, un concept moins scientifique que politique. Celui-ci découle manifestement de la vision idéologique des partis d’extrême-droite. Cette expression met, certes, en avant les difficultés d’intégration des populations étrangères dans les pays d’accueil. Ce concept met en lumière les incompréhensions culturelles résultant des relations extrêmement tendues ou violentes entre sujets nationaux et communautés étrangères. Vis-à-vis des membres de la société majoritaire, ces collectivités en principe minoritaires sur le plan démographique adoptent consciemment ou inconsciemment des attitudes ou des comportements tout à fait contraires à la morale endogène et à la loi ambiante. Tous ces dérapages sont caractérisés ou présentés par les acteurs politiques issus de formations d’extrême-droite comme une volonté manifeste d’imposer une culture totalement étrangère dans le pays d’accueil. À ce propos, tous ces politiciens soulignent l’arrogance ou la condescendance des étrangers plus portés à faire respecter leurs coutumes par la violence physique au détriment de la sécurité publique ou du dialogue. Par ailleurs, ces mêmes forces politiques font remarquer, dans le but d’accréditer le concept ou de légitimer l’existence du ‘‘racisme anti-Blancs’’, la transformation sociale des banlieues ou zones urbaines périphériques où sont manifestement entassées les collectivités étrangères en zones de non-droit ou non-État. Dans ces zones toutefois devenues des îlots d’insécurité en raison de l’abandon manifeste des pouvoirs publics, ne peuvent pas intervenir physiquement les institutions policières et administratives du pays d’accueil. Ne peuvent pas non plus circuler très librement les citoyens de la société majoritaire. Cependant, force est d’admettre que ce concept n’obéit pratiquement point à la définition classique du racisme en tant que comportement social très largement inspiré par la religion, la science ou l’élite intellectuelle puis stratégiquement récupérée par le politique pour écraser les peuples d’outre-mer soit dans leurs pays d’origine soit dans le pays d’accueil. Cela est d’autant plus vrai que dans le phénomène du racisme, il y a effectivement volonté manifeste de réduire son prochain au stade de chose inanimée ou d’effacer dans sa vie et dans son regard tout degré d’humanité. Il y a pratiquement conscience de justifier les brimades imposées et administrées aux autres peuples catégorisés et racisés parce différents au nom de la couleur de la peau, au nom de la culture dominante.

[xxi] Les populations étrangères vivent très souvent dans la précarité socioéconomique. Dans ces communautés, le taux de chômage est très élevé. Le taux de scolarisation est très faible. En matière d’attribution des logements qui relève exclusivement des politiques établies par les sociétés d’accueil et non pas par la volonté manifeste de ces étrangers, les individus originaires de ces collectivités humaines sont entassés comme du bétail dans des banlieues malfamées et périphériques d’agglomérations, très souvent privées délibérément de toute commodité. Dans ces communautés de desperados, se développent très facilement, en raison de l’exclusion socioéconomique, le commerce de la drogue, la prostitution féminine ou infantile, une économie de bidonvilisation qui échappe certes à l’administration publique. On y assiste quotidiennement à de très fortes tensions entre la police et les habitants de ces quartiers qui sont évidemment victimes du profilage racial (le contrôle au faciès).

[xxii] Les médias servent, pratiquement, de porte-voix idéologique, de caisse de résonance pour la diffusion des idées racistes sous le couvert de l’immigration en tant que thématique politique. L’exemple le plus frappant est, bien entendu, le rôle joué par la chaîne de télévision française ‘‘CNEWS’’ dans la promotion subtile des thèses extrémistes et du Rassemblement national (RN) – un parti d’extrême-droite – de Marine Le Pen. On peut également souligner la mission journalistique de ‘‘FOX NEWS’’ aux USA. Ce canal de télévision prisé par le bas peuple a bel et bien servi d’instrument de propagande idéologique au discours des suprématistes blancs, d’ailleurs, courtisés par le controversé républicain Donald John Trump Sr.

[xxiii] Il s’agit, à vrai dire, de multiples discriminations sociales qui découlent systématiquement et automatiquement de l’interaction entre les membres des minorités visibles et les différentes institutions publiques. À titre d’exemple, le refus d’octroyer à une personne issue d’une minorité visible un avantage social ou le bénéfice d’un privilège public, le droit de voter, d’accéder à la fonction publique, à tout autre emploi ou aux logements sociaux est souvent lié à la disposition d’un casier judiciaire. Celui-ci résulte logiquement et forcément d’une condamnation prononcée par un juge assermenté ou un tribunal compétent. Cette décision de justice est consécutive à la commission d’une infraction criminelle le plus souvent bénigne et illégalement constatée lors d’une interpellation sujette à caution effectuée par une autorité de police toutefois animée de stéréotypes ou clichés raciaux. Dans le racisme systémique, on s’aperçoit que, pour éliminer des minorités de la fonction publique qui devient, par conséquent, une chasse-gardée des nationaux de souche, la justice de la société d’accueil tend facilement à condamner même pour des peccadilles tous ces individus afin de garnir leur casier judiciaire. Ce qui a pour effet de les empêcher de conquérir certains emplois ou de bénéficier de certains droits civils et politiques. Ce système est bien huilé aux États-Unis où les peines d’emprisonnement qui touchent directement les membres des minorités visibles sont prononcées à la pelle, sont trop élevées par rapport à la situation des individus appartenant à la société majoritaire dans l’intention de justifier la construction ininterrompue des centres d’enfermement pénitentiaire dont les contrats de construction, d’entretien et d’administration sont confiés à des entreprises clientes du gouvernement afin d’assurer la stabilité des emplois au sein de la communauté majoritaire et d’éviter tous azimuts la faillite économique des sociétés détenues par des individus issus de la majorité.

[xxiv] C’est-à-dire : ‘‘moins palpable’’ ou ‘‘moins visible’’.

[xxv] Le concept politique et idéologique de ‘‘racisme anti-Blancs’’ est aussi une réaction au concept social de ‘‘privilège blanc’’ développé par des activistes défenseurs de causes minoritaires pour expliquer la marginalisation délibérée des minorités ou personnes racisées dans les sociétés d’accueil. Pour balayer tout comme juxtaposer le racisme classique savamment pratiqué par les Blancs aux dépens des autres communautés étrangères, l’extrême-droite a tendance à mettre au même niveau les deux phénomènes sociologiques. Bien entendu, ceux-ci se différencient énormément pour l’un par la volonté de nier systématiquement à l’autre toute ‘‘dignité’’ et toute ‘‘humanité’’ pour des motifs idéologiques et pour l’autre par un simple sentiment de rejet. Ce mouvement de répulsion dont souffre manifestement la population majoritaire s’explique au niveau du subconscient par le refoulement des injustices coloniales. Aussi s’explique-t-elle par les difficultés reliées à la coexistence sociale, à la cohabitation pacifique entre communautés humaines et vivantes qu’à une vraie volonté intellectuellement alimentée par des théories suprématistes, mentalement nourrie par des thèses extrémistes ou racistes au profit de la domination hégémonique des collectivités humaines ou de la hiérarchisation des êtres humains.

[xxvi] Ce qui est décrit comme ‘‘racisme anti-Blancs’’, peut être définie comme une phobie qui est également une maladie. C’est un sentiment xénophobe à l’égard de la majorité blanche dans une société d’accueil occidentale. Il se traduit très généralement par des insultes manifestement dégoûtantes, extrêmement dégradantes. Ce comportement de la part des minorités n’est pas forcément dicté par un sentiment de supériorité raciale ou de suprématie culturelle. Dans bien des cas, il n’est pas forcément conditionné par un discours de type élitiste. Il n’est pas orienté par une vision politique, une démarche scientifique et une idéologie religieuse. Il est plutôt sustenté par des valeurs culturelles et morales. Il est plus souvent conditionné par le niveau mental, intellectuel, le caractère moral de l’individu.

[xxvii] La société occidentale moderne est façonnée par la haute couture qui met strictement l’emphase sur la libération ou l’exaltation du corps physique aussi bien masculin que féminin, sur la mise en valeur de la beauté plastique. Selon cette conception, le corps doit être montré, exhibé au même titre qu’un objet d’art qui suscite la curiosité, la fascination, l’émerveillement. Bref un plaisir immatériel. De ce point de vue, la haute couture contribue à alimenter le regard social d’un certain nombre de phantasmes, d’ailleurs, fortement liés au désir, au plaisir et au loisir qui sont souvent refoulés par des valeurs spirituelles ou religieuses.

[xxviii] Cette personne aura sûrement tendance à s’habiller de manière à se conformer à une tradition culturelle propre à sa collectivité ou une morale sociale qui l’identifie à une communauté vivante plutôt qu’à la déterminer par rapport à un individu d’une autre culture dans le but de le disqualifier systématiquement. À titre d’exemple, un Juif porte une kippa pour établir et affermir son lien privilégié avec l’Éternel (Adonaï). Il ne porte pas ce bout de tissu qui couvre son crâne dans le but de se définir par rapport à un goy (étranger) même si celui-ci le distingue physiquement de son vis-à-vis. Vissée sur la tête du Juif, la kippa établit en fait une relation de type vertical entre le Créateur et sa Création (Esprit de Dieu et Âme de l’individu). Elle est, pour lui, la manifestation de son amour indéfectible envers l’Éternel D.ieu et Créateur (Hashem) du fait d’avoir choisi le Juif en tant que dépositaire de la parole divine pour vulgariser les principes et valeurs contenus dans la Torah auprès des Nations. Cette relation est aussi de type horizontal dans la mesure où tous ceux qui portent la kippa lors d’un rassemblement, soit dans une synagogue, soit dans une réunion où l’on enseigne la Torah, forment ensemble un égrégore, une force. Certes, ceux-ci forment ensemble une collectivité humaine. Mais au-delà de cet aspect purement communautaire et visible, palpable, ils forment ensemble une énergie, une puissance spirituelle qui les rattache directement à l’Être divin.

La nationalité des dirigeants étatiques de la RD Congo

Le débat de fond soulevé par la proposition de loi ‘‘Tshiani’’

‘‘Si nationalité, c’est contentement, État, c’est contrainte.” Henri-Frédéric Amiel, écrivain suisse, Fragments d’un journal intime, (27 septembre 1821 – 11 mai 1881).

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Noël Tshiani Muadiamvita est un homme politique congolais. Il se singularise par ses prises de position tranchantes sur le développement économique de la République démocratique du Congo et le progrès social de sa population[i]. Aussi se particularise-t-il par ses réflexions pointues sur la Nation en tant que Collectivité et, surtout, moule identitaire décisif au façonnement de la Citoyenneté au sens politique du terme.

En effet, force est de souligner que Noël Tshiani Muadiamvita vient de provoquer une véritable onde de marée dans le microcosme national en pilotant une proposition de loi exclusive qui réduirait l’accès à des plus hauts postes politiques, administratifs et gouvernementaux du pays aux seuls Congolais d’origine[ii]. C’est-à-dire : des sujets de ‘‘père’’ et ‘‘mère’’ d’origine congolaise, dont les origines se rattachent spécifiquement aux ethnies et tribus de la République démocratique du Congo. Ce qui a, néanmoins, provoqué, un tollé assourdissant. Un sentiment de répulsion et de dégoût auprès des ressortissants congolais dont l’un des parents est forcément et logiquement d’origine ‘‘étrangère’’.

Pr Noël Tshiani Muadiamvita

Ce qui est clair, au-delà de la passion et de l’acrimonie générées par cette proposition de loi ‘‘Tshiani’’, il existe sans conteste une série de questions de fond soulevées par ce projet en pleine gestation. En effet, au-delà de la revendication politique qui touche la protection des institutions politiques et étatiques de toute infiltration étrangère et, par ricochet, la défense de l’indépendance nationale, le principal point manifestement soulevé par Noël Tshiani Muadiamvita est implicitement la ‘‘politique d’intégration’’. Relativement à la formulation de sa proposition de loi sur la nationalité précise des animateurs des plus hauts postes politiques, administratifs et institutionnels du pays, existe-t-il, en vérité, une politique d’intégration des collectivités étrangères digne de nom ? Dans son application pratique, celle-ci est censée fédérer les enfants issus de couples mixtes ou de familles étrangères ayant littéralement opté pour la Citoyenneté congolaise autour de l’idée d’appartenance à la Nation et de loyauté sans faille à l’État congolais. Mais, qu’en est-il réellement ?

Si elle existe certes, sur quoi cette politique intégrative se fonde-t-elle exactement ? Du point de vue de la morale civique, quels en sont véritablement les piliers ? Si elle n’existe point cependant, y a-t-il politiquement ou sociologiquement des raisons objectives ou subjectives qui justifieraient plutôt cette inexistence résolument criante et flagrante ? Si elle n’existe pas du tout, n’est-ce pas là aussi une occasion en or pour la peaufiner dans le dessein d’assurer l’adhésion collective et, par ricochet, la cohésion nationale ?

Toutes ces questions sont posées dans la mesure où les enfants directement issus de couples mixtes ou de familles étrangères sont quotidiennement accusés de traîtrise à la Nation et même de collaborationnisme avec de puissants intérêts anti-patrie. À ce propos, les exemples abondent sous la période effervescente de la décolonisation[iii]. Tout comme sous l’ère macabre de la tyrannie[iv].

Par ailleurs, la question de la présence effective des personnes d’origine étrangère au sein des institutions politiques et administratives de la République démocratique du Congo a été réglée par le protocole d’Accords de Lusaka des juillet et août 1999 et par le processus de négociations politiques intercongolaises en Afrique du Sud (Pretoria 2002) et Sun City (2003). À cet égard, ce règlement évidemment obtenu dans la douleur consécutive à une violence physique inouïe est-il en soi définitif ? Par voie de conséquence, qu’est ce qui pourrait alors justifier de nos jours son remaniement et même son rejet ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Noël Tshiani Muadiamvita est, en fait, un universitaire. En qualité d’ancien fonctionnaire international, il a bel et bien œuvré pour la Banque mondiale. Lors de son passage dans cette institution établie à Washington, il a, d’ailleurs, confectionné divers projets de développement pour sortir du coma des pays du Tiers-Monde dont les économies sont, par définition, étroites ou mal-en-point.

[ii] La proposition du Dr Noël Tshiani Muadiamvita vise à exclure systématiquement et automatiquement les Congolaises et Congolais dont l’un des parents présente réellement des origines étrangères à des postes dits de ‘‘souveraineté’’. Force est d’admettre que ceux-ci exigent, à n’en pas douter, à leur titulaire une loyauté sans faille envers l’État et la Nation. C’est-à-dire : la présidence de la République, la primature, la présidence du Sénat et de l’Assemblée nationale, la direction l’état-major des forces armées, y compris celle des services de renseignement.

[iii] Les personnes métisses et mulâtresses sont accusées de collusion politique avec le pouvoir colonial (Albert Delvaux, dit Mafuta Kizola, Mario Philippe Cardoso (Losembe Batwanyele) et José Nussbaumer du collège des commissaires généraux, Michel Collin, etc.).

[iv] Cette notion de trahison politique à la Nation a été fréquemment évoquée à l’encontre des personnalités métisses ou mulâtresses voire même étrangères. Occupant des postes stratégiques, celles-ci ont loyalement servi sous les présidences absolues de Mobutu Sese Seko du Zaïre (le Portugais Jean Seti Yalé, le Judéo-polonais Léon Lubitch ou Leibovitch, dit Kengo wa Dongo, le Rwandais Barthélémy Bisengemena Rwema), Mzee Laurent-Désiré Kabila (les Tutsis Banyamulenges Bizima Karaha et  Déogratias Bugera) ou Joseph Kabila Kabange (le Burundais Alexis Thambwe Mwamba etle Hutu rwando-burundais Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi), etc.

La vraie face cachée de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)

La vraie face cachée de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)

En qualité de chef de l’État et de commandant suprême des forces armées, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI), passe en revue les troupes d’élite des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Le ‘‘Soldat’’ du petit peuple

Un libéral-démocrate aux allures martiales de ‘‘Chef de guerre’’

‘‘La paix et la victoire sont les juges de la guerre’’ Proverbe français

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Depuis septembre 1996, la République démocratique du Congo, sise au cœur du continent africain et de la région des Grands Lacs, est littéralement en proie à une guerre de pillage de ses immenses ressources minérales et naturelles autant que précieuses et stratégiques. Contribuant pleinement à la liquéfaction de l’État, ce conflit armé dont la violence inouïe n’a d’égal que sa réelle propension à détruire le tissu national et à sacrifier l’unité politique du territoire, a vu naître une multitude de groupes armés[i]. Ces forces aussi bien néfastes pour la bonne marche du pays que nocives pour la paix sociale et la sécurité juridique des Citoyens ont naturellement pour mission la rétrocession des ressources nationales aux puissants intérêts des univers économique et industriel, financier et bancaire.

La rébellion hutue rwandaise, connue sous l’appellation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en pleine opération militaire dans l’Est de la République démocratique du Congo

C’est, donc, dans ce contexte de guerre interminable, de crépitement des armes sans fin pour les militaires et sans répit pour les masses que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo élu en 2019 par la grâce de la Cour constitutionnelle entame son règne quinquennal. Bien entendu un règne souventes fois assombri par des meurtres de masse, des liquidations physiques à répétition de populations sans défense dans l’Est du pays, et ce en dépit de la présence, quoi qu’imposante, du corps expéditionnaire des Nations unies plus enclin à la contrebande des matières premières qu’à la protection ‘‘formelle’’ des individus ou groupes d’individus. C’est, évidemment, dans cette atmosphère totalement empreinte de délitement national et de désarmement moral, de morosité et de défaitisme que le chef de l’État de la RDC décide finalement de ‘‘prendre le taureau par les cornes’’. C’est dans cette ambiance empreinte de pessimisme ou sinistrose délirante que celui-ci ‘‘se fait un point d’honneur’’ dans la réponse à apporter urgemment aux défis majeurs de l’insécurité permanente et de la violence armée quotidienne susceptibles d’emporter aussi bien la Nation que le territoire.

Rebelles congolais

Cette déstabilisation délibérément provoquée des parcelles orientales du territoire national pour les besoins de la spoliation sauvage des richesses minières et naturelles fait réellement découvrir un nouveau visage du président de la République démocratique du Congo (RDC). En effet, dans l’ensemble, les Congolaises et Congolais sont, plutôt, accoutumés à un chef de l’État à la posture diplomatique au niveau de la gestuelle, aux accents pédagogiques au niveau du langage politique et démocratique. Donc, cette guerre de l’Est qui fait, sans aucun doute, partie des préoccupations nationales, dévoile la dimension ‘‘chef de guerre’’ du magistrat suprême. Elle lui fait porter les habits de soldat ou lui fait endosser le treillis d’un militaire aguerri[ii].

Les rebelles congolais opérant dans l’Est de la RDC (Nord-Kivu).

Ce faisant, cette ambiance de conflit armé sans issue a nettement poussé Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à décréter, à la faveur de la nomination d’un nouveau gouvernement[iii], l’état de siège dans le dessein d’éradiquer les groupes armés qui font la terreur dans les régions de l’Est[iv]. Ce qui signifie en langage éminemment clair, que ‘‘le temps de négociation est complètement révolu’’. Et, Dieu seul sait combien ce chef d’État qui privilégie généralement dans sa démarche le dialogue en vue de trouver un compromis politique, avait largement ouvert cette fenêtre d’opportunité aux inciviques armés afin de revenir au bon sens, à des meilleurs sentiments. En effet, il avait nettement offert à toutes ces factions armées cette éventualité ou cette occasion en or afin de retourner dans le giron de la légalité républicaine pour ce qui est des groupes armés locaux ou de retourner dans leurs pays d’origine moyennant double protection internationale et africaine pour ce qui est des groupes armés étrangers.

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo entouré des autorités civiles et militaires de la RDC ayant en charge la défense nationale.

Ce virage à 3600 au niveau de l’attitude du chef de l’État congolais signifie réellement que le retour de la paix et de la sécurité dans les régions de l’Est se fera, sans concession et sans atermoiement, au prix des armes. Pourquoi pas au prix fort des larmes. Cette bifurcation au niveau du discours présidentiel signifie que les armes deviennent un des piliers de la politique intérieure dans le but de protéger l’intégrité du territoire national et, par voie de conséquence, garantir de manière ferme l’unité politique de la Nation. En d’autres termes, ‘‘le pragmatisme politique ou la realpolitik prend le dessus sur l’idéalisme qui lui colle fréquemment à la peau’’.

Le lieutenant-général Luboya Nkashama Johnny est nommé gouverneur de la province de l’Ituri (Nord-Est) pour appliquer le décret de l’état de siège.

Voilà brièvement la nouvelle philosophie du président de la République démocratique du Congo. Celle-ci rompt substantiellement avec son image bienveillante et douce – autant apaisante que rassurante – de fin ‘‘négociateur’’ et d’habile ‘‘diplomate’’. Une philosophie qui met, désormais, en avant l’image d’un chef de guerre qui sait absolument manier les armes. L’image d’un chef de guerre qui fait appel aux armes, donc à la violence physique et légitime, pour rétablir dans ses droits légitimes et dans ses frontières historiques, – donc internationalement reconnues – la République démocratique du Congo.

Conformément au décret présidentiel proclamant l’état de siège, le lieutenant-général Constant Ndima Kongba est nommé gouverneur de la province du Nord-Kivu.

À cet égard, il importe de souligner la signification du postnom ‘‘Tshilombo’’ officiellement attribué au chef de l’État de la République démocratique du Congo. Dans le contexte de l’état de siège qu’il vient de décréter, celui-ci met en lumière toute la charge symbolique de la personnalité qui est ou qui doit être la sienne en cas de très dure ou très lourde épreuve et, surtout, d’agression physique. En effet, ce postnom met naturellement en relief ce côté ‘‘bagarreur’’, à plus forte raison ‘‘lutteur’’, voire même ‘‘leader’’ qu’on se devrait de lui reconnaître dorénavant[v] lors de très grandes difficultés.

Jean Bamanisa Saïdi est le gouverneur élu de la Province de l’Ituri.

Ce qui est clair et, de surcroît, indéniable, la persistance de ce conflit armé autant dévastateur pour les ressources physiques que meurtrier pour les êtres humains dévoile une autre facette du premier des Congolais. Celui-ci est, dorénavant, capable de manier, et ce à la perfection, le langage militaire. Il est, certes, capable de s’imprégner des expressions et formules métaphoriques propres à l’univers des armes.

Carly Nzanzu Kasivita est le gouverneur élu de la province du Nord-Kivu.

À titre d’exemple, dans sa toute dernière adresse à la Nation, le chef de l’État, plus connu pour sa propension à user d’une terminologie relative à la lutte politique et démocratique, fait appel, dans le contexte approprié à l’état de siège, à des expressions telles que le ‘‘terrorisme[vi]’’ en vue de justifier la politique musclée du gouvernement en matière stratégique de défense nationale. Aussi évoque-t-il la nécessité d’une ‘‘riposte foudroyante’’ pour mettre fin à l’agression physique de différents pans territoriaux et à la violation somme toute criante des droits fondamentaux de citoyens congolais dans l’Est. Toutes ces expressions qui n’ont, visiblement, rien d’anodin témoignent, en réalité, de l’esprit belliciste qui anime en ce moment précis le dirigeant congolais littéralement transformé en soldat du petit peuple et prêt à en découdre avec les forces terroristes ou puissances négatives.

Depuis la prise de fonction présidentielle par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI), les FARDC ont très nettement retrouvé un moral d’acier et une détermination herculéenne pour mieux combattre les agresseurs de l’intégrité territoriale et les fossoyeurs de l’unité politique de la RDC. Leur ardeur physique et mentale couplée au soutien massif de la population est à la base de la reconquête de plusieurs pans du territoire qui, jusque-là, échappaient au contrôle exécutif de l’État central.

Par ailleurs, dans l’optique de prouver sa grande détermination et, surtout, manifester sa pleine et entière volonté de poursuivre une guerre sans merci contre toutes les forces négatives qualifiées sans détour de ‘‘puissances terroristes voire même islamistes’’, contre des groupuscules armés accusés à juste titre de ‘‘barbarie’’ à l’endroit des populations sans défense, le chef de l’État nomme à la tête des entités publiques territoriales très lourdement ravagées des autorités militaires[vii]. Assistées dans leur action ‘‘administrative’’ par des policiers à la fois expérimentés et de haut rang, celles-ci suppléent – momentanément[viii] – des autorités civiles[ix] mises ‘‘hors cadre’’ pour les besoins de l’état de siège[x].

Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo entouré de hauts représentants des FARDC et de la police nationale.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] La République démocratique du Congo est, en fait, devenue un lieu de rendez-vous nocturne de tous les charognards internationaux dont le véritable mobile est de dépecer des États indépendants et souverains pour en faire des coquilles vides, des États ratés ou manqués. Elle est également devenue un lieu de rendez-vous des requins maffieux qui reluquent des richesses naturelles et minérales afin d’engranger des plus-values exorbitantes aux dépens des populations locales.

[ii] L’uniforme d’un homme résolument déterminé, volontariste; la tenue d’un homme prêt à en découdre avec les diverses forces négatives qu’il qualifie sans ambages de terroristes; le casque d’un homme prêt à livrer bataille pour permettre à l’ensemble de ses Concitoyens meurtris de goûter, en vertu de sa promesse de campagne électorale, la paix et la sécurité, la liberté et la dignité, la justice et l’harmonie sociale, la démocratie et l’équité’’.

[iii] Le gouvernement dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge est qualifié de gouvernement de Warriers (guerriers ou batailleurs). En d’autres termes, il s’agit d’un gouvernement de guerre, dont les membres sont potentiellement des soldats.

[iv] L’objectif de l’état de siège est l’éradication de l’insécurité devenue une anomalie, une pathologie endémique.

[v] Parmi les surnoms du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de la RDC, il y a certes ‘‘Rangers’’ en référence à sa forte corpulence et masse corporelle qui n’est pas sans rappeler la musculature imposante des GI’s US. Il y a aussi ‘‘Béton’’ qui fait pratiquement référence à un ouvrage solide, à une structure qui ne se détériore pas malgré l’intensité des intempéries qui peuvent l’affecter ou nuire à son usage effectif. Il y a lieu de souligner que ‘‘Tshilombo’’ en langue luba signifie ‘‘guerrier intrépide, prêt à faire face à l’adversité’’.

[vi] Il y a manifestement glissement dans le discours des animateurs politiques et institutionnels, des acteurs administratifs et gouvernementaux de la République démocratique du Congo au premier rang desquels le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ceux-ci n’évoquent plus les inciviques et déstabilisateurs en termes de forces rebelles ou forces négatives. En lieu et place, ils évoquent plutôt le terme ‘‘terroriste’’. Celui-ci est naturellement suivi de l’épithète ‘‘islamiste’’. Ce qui, en vérité, en dit pratiquement long sur le type de guerre que mène sur le front de l’Est la République démocratique du Congo. Il s’agit, en fait, d’une guerre totale voire même sale. Par ailleurs, cette terminologie atteste, par sa gravité, le fait que cet État majestueux et richissime d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains est stratégiquement placé sous la coupe de l’OTAN.

[vii] Le Nord-Kivu et l’Ituri sont, en vérité, devenus des nids de groupes armés. Force est de souligner que l’ambassadeur italien accrédité auprès du chef de l’État congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le très regretté Luca Attanasio, a trouvé la mort dans la province du Nord-Kivu le 22 février 2021. Il a été tué par balles lors d’une attaque attribuée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les autorités gouvernementales de la République démocratique du Congo. Mais, cette rébellion armée farouchement opposée au gouvernement de Paul Kagame du Rwanda avait largement démenti sa participation directe ou indirecte à la froide exécution du diplomate italien.

[viii] L’état de siège débute le vendredi 6 mai 2021 et dure 30 jours. Il peut être renouvelé si les conditions sur le terrain du conflit armé l’exigent pertinemment. Cette évaluation est faite par le parlement chargé de décider de l’opportunité du renouvellement.

[ix] Jean Bamanisa Saïdi de l’Ituri et Carly Nzanzu Kasivita du Nord-Kivu.

[x] Des autorités militaires, a fortiori de très hauts gradés des FARDC, disposant de pleins pouvoirs, ont été nommés par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans le cadre de l’état de siège à la province de l’Ituri (le lieutenant général Luboya Nkashama Johnny, un ancien cadre militaire du RCD-Goma, secondé par le commissaire divisionnaire Alonga Boni Benjamin) et au Nord-Kivu (le lieutenant général Constant Ndima Kongba, un ancien cadre militaire du MLC, secondé par le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo).

Derek Chauvin reconnu ‘‘coupable’’ du meurtre de George Perry Floyd

Guilty

Après le prononcé du verdict de culpabilité par le jury, l’ex-constable de Minneapolis Derek Chauvin est sorti menotté dans le dos de la cour d’assises.

Derek Chauvin reconnu ‘‘coupable’’ du meurtre de George Perry Floyd

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Au terme d’un procès qui a mobilisé une couverture médiatique sans précédent et, surtout, tenu en haleine les États-Unis pendant trois semaines, l’ex-constable de police de Minneapolis Derek Chauvin a été finalement reconnu coupable de meurtre au second degré et d’homicide involontaire sur la personne de George Perry Floyd par le jury du comté de Hennepin.

Le constable Derek Chauvin maintient lourdement son genou sur le cou de George Perry Floyd lors de son intervention fatale.

À cet effet, l’ex-policier qui est sorti menotté de la cour d’assises, encourt 12 ½ ans de prison selon la législation moins contraignante de l’État du Minnesota.

Cette peine pourrait être aggravée si le Juge Peter Cahill de la Cour de Hennepin estime dans son pouvoir qu’il existe bel et bien des circonstances aggravantes à charge de l’ex-policier.

Toutefois, le prononcé de cette sentence par le magistrat interviendra dans les jours ou semaines à venir.

Dans ce procès où la dynamique raciale était, sans l’ombre d’un doute, partie prenante, le jury chargé de déterminer le sort peu enviable de l’ex-constable était composé de 6 Blancs caucasiens, 4 Africains-américains et deux personnes métissées[i].

Réparti de manière assez équilibrée dans les différentes tranches d’âge, le jury qui a, réellement, mis moins de 24 heures pour délibérer et arriver à un verdict unanime, a pratiquement suivi à la lettre le réquisitoire du ministère public (Steve Schleicher et Jerry Blackwell).

Au cours de ce procès manifestement émouvant où la très grande majorité des témoins appelés à la barre ne cessaient d’accabler Derek Chauvin, les procureurs ont naturellement estimé que ‘‘l’ex-constable dont le comportement professionnel a été, à maintes reprises, remis en cause dans diverses affaires de violence policière, avait largement outrepassé la loi’’. Aussi ont-ils estimé que l’accusé avait, surtout, enfreint de manière non seulement outrancière mais délibérée les règles en matière d’intervention et d’interpellation en situation de crise’’.

Jusqu’à son dernier souffle, George Perry Floyd n’avait cessé de dire au policier Derek Chauvin : <<je ne peux pas respirer>> [I Can’t Breathe].

Dans les circonstances ayant fatalement entraîné la mort de George Perry Floyd soupçonné d’avoir écoulé un faux billet de 20 $ dans une supérette, les magistrats de la poursuite ont jugé que ‘‘Derek Chauvin avait utilisé une force excessive voire même non nécessaire en vue de maîtriser la victime effondrée sous la pression de son genou lourdement exercée sur le cou de celle-ci, et l’empêchant ainsi de respirer convenablement’’.

Cela est d’autant plus vrai que George Perry Floyd très solidement maîtrisé à terre par deux autres constables, d’ailleurs licenciés par la Municipalité de Minnesota, – Alexander Kueng, Thomas Lane  – a bel et bien crié [27 fois] et d’une voix complètement étouffée : ‘‘ I Can’t Breathe’’[ii].

George Perry Floyd agonisant lors de son interpellation par les policiers de Minneapolis.

Le ‘‘procès pour complicité de meurtre’’de ces deux autres ex-policiers de carrière et équipiers de Derek Chauvin, y compris un troisième également impliqué – Thou Tao[iii] – dans ce meurtre sordide qui a révolté la majorité des Américains, interviendra, sans nul doute, en août prochain.

Ce qui est sûr et certain, malgré les nombreuses supplications de la victime en plein étouffement, et jusqu’à son agonie, à son tout dernier souffle, Derek Chauvin n’a jamais fait preuve de moindre compassion, ni de remords. Durant toute son intervention sujette à caution, il était resté glacial, de marbre.

Pendant neuf minutes, le policier a même continué, comme si de rien n’était, à presser son genou sur le cou de sa victime visiblement évanouie, sans véritablement se soucier de son état de santé physique.

Pourtant, en ce moment tragique, George Perry Floyd nécessitait un massage cardiaque au titre de réanimation. Chose que le constable en service a ‘‘pleinement’’ et ‘‘consciemment’’ refusé à accomplir avant, pendant et après l’arrivée des ambulanciers.

Cette attitude inexplicable de Derek Chauvin a été jugée par les procureurs du comté de Hennepin non seulement de négligence criminelle ayant entraîné la mort de la victime mais de déshonneur à l’endroit même de l’uniforme des policiers.

Dans ce procès qui consistait à séduire par des arguments choc les 12 jurés, Me Eric Nelson a tenté le tout pour le tout en vue de faire croire que George Perry Floyd aurait succombé non pas à la suite de l’intervention du policier Derek Chauvin mais plutôt à la suite de la consommation des drogues dures[iv] – auxquelles la victime était pratiquement accro – conjuguée à des défaillances cardiaques.

Cet avocat expérimenté a, à maintes reprises, insisté que son client, pourtant accablé par bien des témoignages émanant des spécialistes et collègues, avait eu un comportement irréprochable[v] dans ces circonstances tragiques.

Ce qui est clair, le verdict du jury au procès de l’ex-policier Derek Chauvin devrait avoir pour effet de dissuader énormément les forces constabulaires dans leurs interactions avec les Citoyens et, surtout, membres de minorités visibles.

En effet, il est de notoriété publique que les policiers aux États-Unis, généralement des constables blancs, abusent outrageusement de leurs pouvoirs face aux minorités. Ils tendent à les maltraiter, à les opprimer sauvagement parce qu’ils ont nettement l’assurance de ne pas être poursuivis ni condamnés devant la justice dès lors que leur responsabilité est sérieusement mise en cause.

Il y a lieu de mentionner qu’un tel verdict de culpabilité à l’encontre d’un policier blanc qui a, sans appel, brimé les droits d’un citoyen africain-américain, a été rendu possible dans un État plutôt réputé ultraprogressiste, à plus forte raison démocrate.

Cependant, qu’en sera-t-il vraiment des États ultraconservateurs et, de surcroît, postesclavagistes, républicains par nature, où la justice et la police en tant qu’institutions publiques sont fortement noyautées par des intérêts obscurs et forces d’extrême-droite ?

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] 7 femmes et cinq hommes.

[ii] Je ne peux pas respirer.

[iii] Il s’est limité à disperser les foules.

[iv] Le fentanyl, un opiacé, et la méthamphétamine, un stimulant.

[v] Il a effectivement utilisé plusieurs fois le terme ‘‘raisonnable’’ pour qualifier l’attitude professionnelle du policier face à cet événement tragique.