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RCD-Goma : Une révolution armée sans suite ? Histoire d’une escroquerie politique…

RCD-Goma

Me Azarias Ruberwa Manywa, secrétaire général du RCD. Lors d’un point de presse, cette personnalité politique est accompagnée par le lieutenant-général Jean-Pierre Ondekane Inkale, un des ténors militaires de la rébellion antikabiliste de 1998. Le sous-lieutenant Ondekane représentait avec Sylvain Mbuki et Dieudonné Kayembe la figure de proue de la mutinerie mobutiste au sein du RCD.

Une révolution armée sans suite ?

Histoire d’une escroquerie politique…

‘‘On ne ment jamais assez avant les élections, pendant la guerre et après la chasse’’ Georges Clémenceau, Président du Conseil, République Française (1906 – 1909 et 1917 – 1920)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le 2 août 1998, le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila qui a, d’ailleurs, marginalisé bon nombre de ses anciens camarades et, surtout, compagnons d’armes de l’AFDL, est sérieusement en porte-à-faux avec une mutinerie militaire. Au cours de cette révolte armée,. le personnel en béret et kaki désire le renverser violemment. À cet égard, les combats à l’arme lourde font terriblement rage dans la capitale Kinshasa. Ces conflagrations armées, d’ailleurs, d’une virulence inouïe et d’une barbarie indicible opposent, en réalité, les forces armées congolaises (FAC), – demeurées très largement fidèles à Mzee Kabila –, aux mutins, pour la circonstance, soutenus techniquement et logistiquement par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

Le Sud-Africain Nelson Mandela présidant la rencontre entre le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre et le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila sur le bâtiment aéronaval sud-africain Outeniqua en mai 1997. De gauche à droite : Mobutu, Mandela, Kabila.

Afin de mobiliser toute la population à sa cause ‘‘délicate’’, le chef de l’État autoproclamé évoque, sans retenue, un coup d’État visiblement orchestré par trois pays limitrophes de la région des Grands Lacs africains. À savoir : le Rwanda de Pasteur Bizimungu – depuis lors défenestré par nul autre que le généralissime Paul Kagame –, le Burundi du major Pierre Buyoya et l’Ouganda du général Yoweri Kaguta Museveni. En fait, ce fameux putsch militaire est pratiquement manigancé par d’anciens parrains régionaux du guérillero postmarxiste et postmaoïste. En réalité, ce pronunciamiento est ourdi par des ex-alliés et, à plus forte raison, partenaires stratégiques dans le renversement du régime dictatorial du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre. Force est de souligner en effet que les relations politiques et diplomatiques, y compris les liens de bon voisinage, qui unissaient, toutefois, de manière intime le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila à ce cartel étatique, s’étaient rapidement et exécrablement détériorées.

Le général James Kabarebe (au milieu) des forces de défense rwandaises est l’homme de confiance du Rwandais Paul Kagame dans le sensible dossier congolais. Ce chef de guerre diplômé de l’Université Makerere en Ouganda a joué un rôle-clé dans le renversement brutal du régime politique du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre en 1997. À ce titre, il est élevé au poste de chef d’état-major interarmes des Forces armées congolaises (FAC) sous la présidence fort controversée du chef rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila. Conseiller spécial du président Paul Kagame pour les questions de sécurité, il fut de nombreuses années ministre de la défense du Rwanda. Poste qu’il quitta, d’ailleurs, en 2019.

Leurs rapports s’étaient tendus à un point tel que le recours à la violence armée était devenu pratiquement inévitable. Bien entendu, il était devenu irréversible en raison de multiples accusations de spoliation des ressources nationales directement lancées par le régime politique de Laurent-Désiré Kabila contre les États limitrophes et alliés. Ce chef de guerre ne supportait plus de se faire damer le pion par ses propres alliés et parrains dans l’exploitation et la vente des matières premières de la République démocratique du Congo.

Leurs liens étaient devenus tellement conflictuels que le recours à la force physique était inéluctable, pratiquement inévitable en raison de la révocation cavalière, peu élégante, de nombreux contrats d’exploitation d’immenses ressources précieuses et stratégiques par le gouvernement de Kinshasa, et ce au détriment de la fine fleur de la Communauté financière et minière internationale. Toutes ces richesses physiques – [tant naturelles et minérales que stratégiques et précieuses]– étaient, lors de la fameuse épopée révolutionnaire de 1996 – 1997, pourtant inconditionnellement garanties par le célèbre condottiere ‘‘congolais’’ aussi bien aux tuteurs internationaux qu’aux parrains régionaux. Il sied d’admettre que ces trois États limitrophes jouissant, manifestement, de la bénédiction de puissants intérêts économiques et financiers d’extraction anglo-saxonne furent, à titre de parrains et d’alliés régionaux, d’ailleurs, très fortement engagés dans le renversement militaire du Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre.

La prise de la capitale Kinshasa par les troupes rebelles de l’AFDL le 17 mai 1997. Une euphorie de courte durée.

Par contre, les forces armées rebelles, en l’occurrence le RCD-Goma, qui n’ont nullement la cote auprès de la population fortement exaspérée, évoquent, dans le but de justifier leur entreprise belliciste et leur agression militaire, un despotisme qui ne porte guère son nom. Celles-ci évoquent, pour la circonstance, l’assise d’une dictature féroce dont la philosophie est en fait l’intolérance politique. Elles fustigent très virulemment l’installation d’une tyrannie brutale, l’émergence d’un système arbitraire dont le discours idéologique véhicule, en réalité, le sectarisme, la discrimination d’un pan de la population nationale, pourtant, culturellement intégrée. Aussi allèguent-elles l’instauration d’un autre régime autoritaire et d’un autre pouvoir monocratique, lequel pouvoir a littéralement bâillonné, pris en otage, l’ensemble du pays aux lendemains de la chute violente d’un autre tyran de triste mémoire.

C’est dans ce contexte de reniement mutuel entre partenaires qui n’ont véritablement pas su se partager le gâteau du pouvoir politique que le Peuple congolais, naturellement coincé entre deux mâchoires redoutables de la violence armée, certes pris entre les brasiers féroces de deux forces belligérantes, découvre – comme dans un film d’horreur produit par Hollywood – le fameux groupe rebelle dénommé ‘‘Rassemblement congolais pour la démocratie’’ (RCD). Il fait la connaissance de ce mouvement politique et militaire à la suite d’une conférence de presse qui justifie, politiquement, la mutinerie armée contre le pouvoir visiblement décrié du mercenaire Mzee Laurent-Désiré Kabila. Celui-ci fait, en réalité, la connaissance de cette formation doublement politique et militaire dans un véritable contexte de chaos et d’anarchie.

L’objectif primordial de la rébellion militaire du RCD associée aux mutins mobutistes des FAZ était le renversement militaire du régime de Mzee Laurent-Désiré Kabila afin d’asseoir plutôt à Kinshasa un pouvoir politique à la fois faible et docile aux doléances des Transnationales occidentales, plus précisément d’extraction anglo-saxonne.

Cette situation, au demeurant, confuse ne permet nullement à toute la population de prendre immédiatement la véritable mesure de la crise politique et du conflit militaire. C’est-à-dire : ‘‘Une sale guerre d’occupation territoriale’’. Un Conflit armé dont la finalité est évidemment ‘‘le pillage meurtrier des richesses étatiques, le bradage sauvage des ressources nationales autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques, sur fond de balkanisation territoriale’’.

Il convient de relever que cette fameuse rébellion politico-militaire hétéroclite présente cette particularité et cette singularité de réunir les cadres politiques et chefs militaires de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL)[i]. Ce mouvement armé les associe aux résidus de factions militaires et politiques mobutistes qui ne supportent absolument guère le traitement leur réservé par le vrai-faux nouveau régime fort de Kinshasa[ii]. Aussi les associe-t-il directement aux divers débris de milices politiques et armées aussi bien lumumbistes que nationalistes[iii]. En vérité, toutes ces factions estiment avoir été ignoblement ‘‘trahies’’ par le dirigeant rebelle autoproclamé président de la République démocratique du Congo.

Il y a lieu de noter que, outre les Banyamulenges de l’AFDL, les Mobutistes et les acteurs politiques lumumbistes et nationalistes, cette rébellion politico-militaire a recruté parmi les proches compagnons de Mzee Laurent-Désiré Kabila[iv]. Ce mouvement armé proche de Kigali et de Kampala a, également, recruté parmi la crème intellectuelle[v]. Aussi a-t-il réussi à attirer d’anciens fonctionnaires internationaux[vi]. Tout comme il a réussi à attirer sans résistance des membres de l’Opposition légaliste, non armée et non-violente[vii].

Pour avoir refusé de rétrocéder les ressources minérales et naturelles autant que précieuses et stratégiques à la fine fleur de la communauté internationale, le pouvoir anglo-saxon impose une guerre meurtrière à la République démocratique du Congo dirigée politiquement par le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Force est mentionner que le RCD jouit, à cette époque effervescente, des mêmes soutiens logistiques et techniques que la défunte AFDL qui a subverti violemment le tristement célèbre pouvoir politique du Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre et, par ricochet, démantelé le régime politique et institutionnel de la Conférence nationale souveraine (CNS). En effet, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda qui agressent physiquement, une fois de plus, la souveraineté internationale et l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo, lui ont évidemment apporté leurs appuis stratégiques dans le but de renverser militairement le pouvoir contesté de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Aussi bénéficie-t-il largement des mêmes appuis financiers, politiques et diplomatiques que cet ancien mouvement politico-militaire sur le plan purement international. À cet égard, la Belgique – qui est, par essence, l’ancienne puissance coloniale –, la Grande-Bretagne, les États-Unis d’Amérique et, sans oublier, le très discret Canada ont été effectivement les meilleurs alliés de ladite faction rebelle.

Au début de la guerre civile, donc le 2 août 1998, cette rébellion antikabiliste établit le siège de son commandement politique et de son état-major militaire à Goma (Province du Nord-Kivu), qui est une ville interlacustre de l’Est du pays et frontalière du Rwanda. Toutefois, au début du IIIe millénaire, celui-ci est très rapidement transféré à Kisangani (Province Orientale), de surcroît, la troisième ville du pays. Volonté d’émancipation ou volonté de séduction du Peuple congolais ? Ce qui est sûr, ce transfert de siège politique et militaire est rapidement opéré dans le but de gommer toute filiation avec le Rwanda. Il se justifie dans la mesure où le Peuple congolais voit, plutôt, dans cette organisation politico-militaire un cheval de Troie du général-président Paul Kagame, qui plus est un bras armé de ce petit pays voisin dans le but de balkaniser littéralement le majestueux territoire national.

À compter du 2 août 1998, le RCD-Goma, en tant que mouvement politico-armé anti-Kabila, a réellement connu une trajectoire en dents de scie. En vérité, il a connu toute une série de fractures et même de défections politiques dans son cheminement révolutionnaire. Et non des moindres. En effet, cette organisation politique et militaire a bel et bien implosé, éclaté, en maintes factions armées autonomes, d’ailleurs d’importance fortement inégale.

Antipas Mbusa Nyamwisi

Cette rébellion armée a, effectivement, donné naissance au RCD/ML[viii] d’Antipas Mbusa Nyamwisi. Ce groupe est solidement implanté dans le Maniema frontalier de l’Ouganda. Il s’appuie exclusivement sur les ressortissants de l’ethnie nande. Cette faction politique et militaire particulièrement concentrée dans l’Est du pays finit par s’allier, on ne peut plus tard, au MLC[ix] de l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo. Aussi a-t-elle rapidement donné naissance au RCD/N[x] de Roger Lumbala Tshitenga.

le général-major Roger Lumbala Tshitenga

Ce mouvement politico-militaire dont l’affiliation rwandaise l’a énormément desservi, faut-il le rappeler, a en réalité vécu plusieurs départs de ses cadres les plus éminents. Il s’est vite départi des services du Pr Ernest Wamba dia Wamba pour n’avoir pas du tout réussi à séduire la province du Bas-Congo et à conquérir militairement l’Ouest du pays dont la capitale Kinshasa. Force est de souligner que cette région du pays a sérieusement souffert de multiples atrocités de cette rébellion armée au tout début de la guerre civile, d’ailleurs qualifiée par une kyrielle d’observateurs nationaux et d’experts internationaux avertis de guerre d’occupation et de pillage, en 1998.

Toutefois, dans le but d’exercer son emprise militaire sur l’Est du pays, ce mouvement politique et révolutionnaire fit directement appel à l’ancien fonctionnaire international auprès de l’UNESCO, Arthur Z’Ahidi Ngoma. Cette rébellion se départit définitivement de cet acteur de premier plan à la veille du fameux Dialogue intercongolais en République Sud-Africaine (RSA). Cette rupture fut, totalement, consommée lorsque ce personnage proche des intérêts français commença à critiquer très ouvertement la prépondérance ethnique des Nilotiques tutsis dans la branche politique et militaire de ladite rébellion indubitablement proche du Rwanda. Même pour séduire le grand et richissime Katanga et, par voie de conséquence, mettre immédiatement la main sur son pactole minier, cette entreprise révolutionnaire ‘‘anti-Kabila’’ fit, momentanément, appel au fameux Dr Émile Ilunga afin d’occuper la présidence de son plus haut comité politique et militaire.

Le fonctionnaire international près l’UNESCO, Arthur Z’Ahidi Ngoma, a présidé au destin du RCD – Goma. Il fit défection pour rejoindre les rangs du Mouvement de libération du Congo (MLC) dirigé par le postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo farouchement opposé au régime kabiliste.

Le RCD-Goma auquel il est, sans doute, attribué de nombreux crimes imprescriptibles – dont des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et le crime de génocide -, d’ailleurs couverts par de grandes puissances internationales, tels la Belgique, le Canada, les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ONU, est, faut-il le mentionner, signataire du protocole d’Accords de Lusaka des 10, 30 et 31 juillet, 30 et 31 août 1999. Cette organisation politique et militaire a été, en fait, partie prenante de toutes les négociations politiques intercongolaises successivement tenues à Addis-Abeba (Éthiopie) et à Gaborone (Botswana) dans l’optique de préparer et d’organiser les Assises politiques du Dialogue intercongolais (DIC). Cette rébellion armée anti-Kabila a, aussi, participé à toutes les étapes des pourparlers politiques et à toutes les commissions du DIC en Afrique du Sud en 2002 (Sun City) et 2003 (Pretoria).

Le RCD-Goma a également été, faut-il le préciser, partenaire et allié de l’UDPS au sein de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD) dans le seul et unique but de relancer les pourparlers politiques intercongolais devant nécessairement déboucher sur un accord global et inclusif (AGI). En réalité, ces négociations politiques ont été, brusquement, interrompues par la signature de l’accord pirate et sectaire de l’Hôtel des Cascades, susurré par de puissants intérêts belges et américains. En principe, ceux-ci voulaient coûte que coûte tuer dans l’œuf le DIC et, par conséquent, imposer, à la faveur dudit accord controversé et suicidaire, le général-major Joseph Kabila Kabange – [d’ailleurs secondé pour la circonstance par Jean-Pierre Bemba Gombo] – à la tête de la République démocratique du Congo[xi]. De ce fait, ils tenaient à matérialiser leur volonté mesquine de poursuivre incessamment l’entreprise de pillage léopoldien des ressources nationales et richesses étatiques.

Jean-Pierre bemba Gombo du MLC

Donc, cette fameuse entente marginalisait, à vrai dire, le RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il faut mentionner que cet accord clandestin impliquait directement les rebelles armés du Mouvement de libération du Congo (MLC) mené par l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo et la faction belligérante de Kinshasa dirigée par le général-major Joseph Kabila Kabange. Celui-ci avait certes pour effet de balkaniser le majestueux territoire national. Aussi avait-il assurément pour effet de démembrer et de désintégrer complètement la République démocratique du Congo au profit des belligérants. D’autant plus que l’Est d’ailleurs assujetti à un pillage des plus sauvage et meurtrier devait rester sous l’influence permanente du RCD-Goma, l’Ouest complètement endormi et placé sous le joug du pouvoir de Kinshasa et le Nord tenu au respect à coup de bâton et soumis à la merci du MLC.

Il ne fait aucun doute que le pacte de l’hôtel des Cascades a donné lieu à une corruption sans précédent touchant différents acteurs politiques. Aussi cette entente certes décriée fut-elle endossée par un certain nombre d’opérateurs nationaux émanant de la Société civile. Ceux-ci furent en réalité plus préoccupés et plus soucieux de se remplir les poches que de s’occuper consciencieusement de l’avenir politique oh ! Combien hypothéqué de la Nation et du Peuple.

C’est dans ce contexte pathétique qu’intervient rapidement la constitution de l’ASD dont les piliers fondamentaux sont l’UDPS sur le plan politique et le RCD-Goma sur le terrain militaire. Cette plateforme circonstancielle avait effectivement pour objectif primordial la relance des pourparlers politiques intercongolais et, surtout, la démocratisation du pays. Mais, en réalité, le véritable corollaire de cette plateforme stratégique a été indéniablement le maintien de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Donc, son principal crédit fut la matérialisation effective de la réunification de la Nation.

Si elle a réellement réussi à mener à terme la reprise des négociations politiques, d’ailleurs, soldées, par un accord, quoi que tout à fait controversé[xii], l’ASD n’a pas véritablement du tout réussi à concrétiser la démocratisation politique et même la libération nationale de la tyrannie sanguinaire. Alors que cela a été, en vérité, son objectif le plus fondamental. En effet, cette association circonstancielle entre l’UDPS et le RCD-Goma n’a pas survécu aux lendemains de la signature de l’AGI. Cette plateforme a été complètement liquidée dans la mesure où la formation politique chère à Étienne Tshisekedi wa Mulumba n’a pas participé, contrairement à son partenaire et allié stratégique de l’ASD, aux institutions politiques et citoyennes de la Transition couvrant, bien sûr, la période triennale de 2003 à 2006.

À titre de rappel, contrairement au fameux gentleman agreement négocié par toutes les parties protagonistes, accordant à l’UDPS et a fortiori Étienne Tshisekedi wa Mulumba, la vice-présidence chargée de la Commission sociale et culturelle de la Transition politique de 2003 à 2006, ce poste a complètement échappé au leader charismatique de l’Opposition politique et démocratique au profit d’Arthur Z’Ahidi Ngoma. Manigance politique voire même diplomatique oblige, celui-ci est attribué à un ancien belligérant qui a prêté allégeance politique au pouvoir de Kinshasa. Ceci bien entendu grâce à la complicité manifestement indiscutable de la Communauté internationale (Belgique et France) et la duplicité avérée du Médiateur sénégalais Moustapha Niasse qui a [délibérément] soumis la procédure de nomination à cette fonction à la votation[xiii].

Le général-major Joseph Kabila Kabange succède dans des conditions extrêmement confuses à son beau-père Mzee Laurent-Désiré Kabila lâchement assassiné, selon des sources à la fois actives, crédibles et autorisées, par un commando palestinien muni pour la circonstance de passeports libanais.

« Ce tripatouillage de l’ancien Premier ministre sénégalais aux allures de coup de force politique et diplomatique violait, ainsi, l’esprit et la lettre de l’AGI. En effet, ce pacte intercongolais prévoyait, certes, l’adoption et l’application de toutes décisions, ainsi que l’attribution de chaque poste, par voie consensuelle.« 

Par ailleurs, cette vice-présidence a échappé à l’UDPS et à Étienne Tshisekedi wa Mulumba grâce à la collusion indéniable du MLC de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bemba Gombo et du PPRD de Joseph Kabila Kabange. Aussi ce poste a-t-il échappé à cette formation et à son leader grâce à la collusion d’une frange importante de l’Opposition politique et de la Société civile, d’ailleurs, très largement fabriquées par de puissants intérêts extérieurs. C’est cette violation manifeste de l’Accord intercongolais de paix de Pretoria combinée avec la conjuration avérée des bailleurs de fonds internationaux qui incita littéralement l’UDPS, suite aux vives recommandations d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, à ne point participer à toutes les instances politiques et citoyennes de la Transition.

Signataire de l’AGI, le RCD-Goma participe, activement, à la fameuse Transition politique de 2003 à 2006. À ce titre, cette rébellion politico-militaire occupe, en vertu de ladite entente, la vice-présidence de la République chargée de la toute-puissante Commission ‘‘Politique, Défense et Sécurité’’. Elle occupe cette Institution hautement stratégique par l’entremise de Me Azarias Ruberwa Manywa. Aussi obtient-elle dans la foulée le poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Celui-ci est, d’ailleurs, occupé par le médecin Adolphe Onosumba Yembe, qui est de surcroît le président de ce parti politique et militaire. Au niveau gouvernemental, ce mouvement armé qui a, effectivement, du mal à trouver ses vraies marques dans la collectivité, se voit également gratifier de prestigieux ministères de la défense nationale et anciens combattants, ainsi que celui de l’éducation nationale.

Il est un fait établi qu’au cours de la Transition politique de 2003 à 2006, le RCD-Goma ne sait véritablement pas se renouveler. Cette formation ne sait pas du tout s’adapter au contexte socioculturel ambiant en tant que formation politique. Il ne sait même pas se moderniser. Il ne sait pas orienter son discours idéologique malgré sa transformation en parti politique.

Cette organisation militaire directement issue de la rébellion armée anti-Kabila ne sait pas non plus conquérir politiquement les autres espaces régionaux du pays. Elle ne sait pas s’ouvrir très largement aux autres bases ethniques en vue de recruter de meilleurs éléments lui permettant de porter haut son idéal et son discours. Elle se mue, plutôt, en porte-parole de la minorité tutsie. Cette attitude de repli sur soi est, surtout, perceptible lors de la mémorable crise de Minembwe, minuscule territoire disputé violemment par les ressortissants banyamulenges aux populations autochtones du Kivu. Pourtant, lors de sa mise en orbite le 2 août 1998, ce mouvement armé rebelle présentait visiblement un visage plutôt pluriel !

Les tergiversations politiques du RCD-Goma sur la prise militaire de Bukavu (chef-lieu de la province du Sud-Kivu) par un de ses hauts cadres militaires, le colonel Jules Mutebusi, aggravent incontestablement le fossé abyssal avec le reste du pays. Elles accentuent définitivement les suspicions qu’alimente, à profusion, à volonté, la majorité absolue de la population congolaise. Elles légitiment les appréhensions qu’entretient celle-ci sur ses velléités expansionnistes et ses ambitions ‘‘partitionnistes’’.

Le général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit Laurent Nkunda, du CNDP

Toutefois, le divorce politique du RCD-Goma d’avec l’ensemble du Peuple congolais est définitivement consommé lorsque son aile dirigeante banyamulenge prend réellement fait et cause en faveur de toutes revendications aussi bien identitaires que foncières du ‘‘Conseil national pour la défense du peuple (CNDP)’’. À la faveur du processus de paix Amani, ce bras armé finit par fondre dans les structures politiques et gouvernementales. Ce mouvement politico-militaire qui dérive en fait du RCD-Goma, est d’ailleurs dirigé par nul autre de ses anciens cadres que le général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’.

Ce chef de guerre tutsi banyamulenge réputé donner énormément du fil à retordre aux autorités politiques et gouvernementales au Nord-Kivu, est depuis cette période trouble l’objet d’un mandat d’arrêt national émis par le pouvoir de Kinshasa. Officiellement, ce seigneur de guerre est séquestré au Rwanda où il s’est, d’ailleurs, certes réfugié. Mais, officieusement, rapporte-t-on, son ombre longiligne a été vue, et ce à maintes reprises, à la base militaire de Kitona et aussi à Kimpese (une localité située à 150 Km de la capitale Kinshasa). À en croire certaines indiscrétions, celle-ci aurait même été aperçue, vue dans cette riche Province pétrolifère du Bas-Congo. Entre autres pendant les effervescentes périodes préélectorale, électorale et postélectorale (2011), signale-t-on.

Par ailleurs, le RCD-Goma jouant sensiblement la carte de l’ouverture démocratique et le jeu institutionnel de la Transition politique, a bel et bien participé à la présidentielle et surtout aux législatives de 2006. Aussi a-t-il largement, activement, participé aux sénatoriales et aux provinciales. Au cours de ces élections, il a malheureusement mordu la poussière. Il a réalisé ses pires scores politiques.

Me Azarias Ruberwa Manywa qui était manifestement son porte-étendard, qui défendait pourtant toutes ses couleurs au scrutin présidentiel, a réellement fait piètre figure. Cette formation politico-militaire n’a même pas fait élire un seul ressortissant tutsi nilotique, fût-il munyamulenge ou munyamasisi à la chambre des Représentants (chambre basse de l’Assemblée nationale). Toutefois, à la chambre haute (le Sénat), un de ses plus hauts cadres politiques et administratifs, en l’occurrence Me Moïse Nyarugabo Muhizi, a réussi à faire, heureusement, son entrée triomphale pour une mandature de six ans. Depuis lors, cet avocat n’a jamais remis son mandat en jeu…

Par ailleurs, les toutes dernières élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, lesquelles ont réellement fait couler beaucoup d’encre et de salive, voire beaucoup de sang, n’ont pratiquement pas enregistré la présence des candidats du RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il importe de reconnaître que cette organisation fut pourtant, à une certaine époque révolue, la force militaire la mieux équipée et la mieux entraînée du pays mais aussi une force politique redoutable, incontournable. Toute la question est de savoir les raisons profondes de cette réelle et soudaine ‘‘disparition’’ politique. S’agit-il, en réalité, d’une hibernation préméditée ? Est-ce en fait un repli stratégique délibéré ?

Le Mouvement du 23 mars, autrement désigné (M23), est l’héritier légitime de l’AFDL et du RCD – Goma. Il est coiffé par le commandant Sultani Makenga.

Par ailleurs, l’aphonie du RCD-Goma doit-elle être effectivement considérée comme un geste relevant pratiquement du hara-kiri politique ? S’agit-il manifestement d’un acte ou d’une opération s’apparentant plutôt à un solde de tout compte dans la vie nationale ? S’agit-il à vrai dire d’une simple reconversion ou réorientation politique ? À ce propos, est-il question d’une recomposition militaire dudit mouvement révolutionnaire ? S’agit-il par contre d’un vrai sabordage politique délibéré et d’une véritable refonte stratégique en d’autres structures politiques et militaires [tels le CNDP ou le fameux M23] ?

Par conséquent, le RCD-Goma, grand absent ou grand oublié des élections présidentielle et législatives de 2011 ? Quelle mission politique ou militaire s’assigne-t-il dorénavant ? Quel rôle compte-t-il réellement jouer dans les prochains jours, dans les semaines, mois et années à venir au sein de l’espace national ? L’avenir le dira très certainement.

Cependant, une chose est sûre et certaine, le RCD-Goma entame son démantèlement progressif aux lendemains de la signature du processus de paix Amani de 2008 à Goma (province du Nord-Kivu). Force est de constater que celui-ci devait sceller définitivement la paix et la concorde dans cette immense région instable qu’est effectivement devenu le grand Kivu. Il devait, donc, logiquement assurer l’intégrité territoriale…

Toujours est-il que ce mouvement politique et militaire est, de nos jours, définitivement sans âme. Toujours est-il que cette entreprise politique et révolutionnaire qui, au plus fort du conflit armé, s’assigne d’éradiquer l’intolérance en République démocratique du Congo, est à tout point de vue sans substance. Toujours est-il que cette formation qui se fixe de rompre à tout jamais la tyrannie sanguinaire ainsi que l’immobilisme despotique, est apparemment sans vie.

Toujours est-il que cette entreprise issue directement de la mouvance révolutionnaire de l’AFDL, dont le leitmotiv politique et idéologique consiste à émasculer l’autoritarisme d’un État anachronique et irresponsable, est à vrai dire pratiquement une coquille vide. Pour quelles raisons majeures ? Celle-ci renaîtrait-elle finalement de ses cendres ? De quelle manière cette opération se ferait-elle si jamais cette hypothèse se confirmait sur le terrain politique et même national ? Cette organisation politique et militaire [considérée comme le cheval de Troie du Rwanda] a-t-elle encore, concrètement et logiquement parlant, un certain avenir politique et même une certaine assise en République démocratique du Congo ? A-t-elle suffisamment de ressources pour reconquérir un espace national qui lui est définitivement hostile ?

Joseph Kabila Kabange avait, lors d’une visite à Washington, reçu de puissants intérêts de la communauté internationale le mandat d’attribuer un territoire autonome aux ressortissants rwandophones tutsis banyamulenges dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’est de cette mission périlleuse que provient effectivement la fameuse crise de Minembwe. Ce conflit foncier très nettement et très clairement encouragé par le gouvernement Matata Ponyo Mapon avec la création artificielle d’un territoire physique du même nom en 2013 a visiblement pollué l’atmosphère nationale dans cette portion névralgique du pays.

Le 20 décembre 2011, le mercenaire Joseph Kabila Kabange, un ancien de l’AFDL, prête serment devant un parterre d’invités de marque dont le président zimbabwéen Robert Gabriel Mugabe et l’Ambassadeur belge Johan Swinnen. Ce dernier personnage diplomatique est en fait l’artisan de la proclamation de faux résultats électoraux. Il est sans aucun doute la pierre angulaire de la mascarade ayant reporté Kabila au pouvoir en République démocratique du Congo.

Face à la réelle contestation de légitimité politique entre le général-major Joseph Kabila Kabange dont la réélection à la tête du pays est, à n’en pas douter, sujette à caution et le juriste Étienne Tshisekedi wa Mulumba dont la victoire électorale à la présidentielle du lundi 28 novembre 2011 a été certainement volée grâce à la complicité manifeste des États phares de la Communauté occidentale[xiv], qu’aurait-il pu entreprendre à ce niveau le RCD-Goma, d’ailleurs proche du Rwanda limitrophe ? Ce mouvement politico-militaire aurait-il pu réellement se pencher en faveur du changement politique et démocratique d’ailleurs prôné par le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS qui fut, à juste titre, son allié et partenaire au sein de l’ASD ? Aurait-il pu, par contre, se prononcer en faveur du général-major Joseph Kabila Kabange dont les origines plus que tutsies rwandaises voire même tanzaniennes sont, en réalité, un secret de polichinelle ?

Cette question s’impose sans doute dans la mesure où les chansons populaires exhortent sans équivoque, pendant la campagne électorale, le leader de l’UDPS à retourner Joseph Kabila Kabange au Rwanda pour avoir camouflé ses origines ethniques et tribales. Il sied de souligner que cet État limitrophe est, indubitablement, son pays de naissance et aussi celui de ses parents biologiques dont la réalité est complètement tue. D’autres slogans de campagne électorale poussent le chef de ce mouvement en faveur de la démocratie et de la liberté à extrader le jeune tyrannosaure à la Cour pénale internationale (CPI).

Le Rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Kaguta Museveni ont été les grands pourvoyeurs militaires du RCD et autres factions armées rebelles contre le régime de Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK).

Face aux enjeux internationaux et nationaux de la République démocratique du Congo, le RCD-Goma aurait-il réellement été, au fil de toute son évolution politique et militaire dans l’espace national, une escroquerie révolutionnaire ? Ce qui est franchement clair et net, cette opposition armée, une fois aménagée dans la capitale Kinshasa dans le cadre de la Transition politique (2003 – 2006), entame très graduellement son retrait de la vie politique. Au cours de cet interstice où les principales forces belligérantes se taillent, à n’en point douter, la part du lion, cette organisation entame sa disparition progressive des radars politiques et médiatiques.

À partir de cet instant, l’apathie manifestée par ce mouvement révolutionnaire dont la filiation avec l’AFDL ne laissait personne indifférent, donnait, en réalité, l’impression que toute son existence politique voire militaire n’avait plus objectivement de justification à faire valoir. En fait, sur le terrain, celle-ci n’avait plus de raison dès lors que le guérillero postléniniste et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré Kabila ne faisait manifestement plus partie de l’équation nationale. Donc, l’atonie du RCD donnait sans nul doute l’impression que toute son entreprise politique et militaire n’avait évidemment plus lieu d’être dès lors que le mobile principal de sa rébellion armée avait totalement disparu du paysage congolais et du décor politique national. À savoir : ‘‘la présence nettement remarquée et imposante de Laurent-Désiré Kabila au plus haut sommet de la République démocratique du Congo’’.Il faut comprendre par ce raisonnement son remplacement violent, dans des conditions sujettes à caution, par son beau-fils, – [a fortiori tutsi rwando-tanzanien] –, Joseph Kabila Kabange’’[xv].

Hormis quelques présences symboliques de Me Azarias Ruberwa Manywa dans maintes manifestations politiques et civiles, d’ailleurs ciblées, – tel le congrès de l’UDPS à Limete –, le RCD-Goma disparaît définitivement de l’espace national. Il disparaît avant même de matérialiser sa principale raison d’existence qu’est ‘‘la lutte armée contre la dictature et l’intolérance à la fois politique et idéologique’’. En vérité, cette entreprise révolutionnaire disparaît avant même d’atteindre son objectif cardinal, pourtant affiché et réaffirmé dans l’acte fondateur de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD). C’est-à-dire : ‘‘l’édification d’un environnement politique libre et juste, digne et tolérant, solidaire et fraternel ; la constitution d’un espace démocratique essentiellement fondé sur le respect scrupuleux des droits humains fondamentaux et des libertés républicaines’’. D’ailleurs, dans le document constitutif de l’ASD, ce parti politico-militaire s’est résolument engagé à concrétiser cet idéal noble et patriotique en République démocratique du Congo en utilisant tous les moyens, sans exception, jusqu’à la victoire finale.

Me Azarias Ruberwa Manywa du RCD rendant visite à Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS à Kinshasa.

Or, force est d’admettre que les germes d’une société politique complètement piétinée par une tyrannie macabre, totalement écrasée par un despotisme sanguinaire, subsistent toujours en République démocratique du Congo. Ceux-ci subsistent même pendant que ce mouvement politico-militaire est, effectivement, une des composantes essentielles de la Transition politique. Pourtant, les relents de la dictature féroce sont toujours présents au sein de la Nation depuis l’élection présidentielle fort controversée de 2006. Y compris celle sensiblement violente de 2011. Le régionalisme, le népotisme et l’intolérance sont toujours présents au sein de la Collectivité publique totalement bâillonnée, visiblement prise en otage par le général-major Joseph Kabila Kabange et sa meute d’artisans et de courtisans.

À ce portrait peu flatteur du régime Kabila s’ajoutent des massacres de masse, des viols de femmes, l’embrigadement de très jeunes enfants, la transformation littérale du pays en zone de non-droit. De nos jours, rien n’a vraiment changé. C’est absolument du pareil au même ! Alors, à quoi le RCD-Goma pro-Rwanda a-t-il réellement servi ? En d’autres termes, quel a vraiment été son principal objectif ?

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’UDPS se fait mitrailler et bâillonner, sans autre forme de procès, par le pouvoir politique et militaire incarné par le mercenaire Joseph Kabila Kabange dont l’illégalité et l’illégitimité sont, d’ailleurs, en réalité indiscutables, irréfutables, sur le plan démocratique. Dans cette partie déséquilibrée où les violations massives de droits humains fondamentaux et de principes démocratiques et républicains, couvertes par de puissants intérêts extérieurs, sont à n’en point douter monnaie courante, le RCD-Goma soutenu par le Rwanda choisit définitivement de se taire. Donc de ne pas agir. Pourquoi ? Qu’est-ce qui justifie vraiment son manque de réactivité politique dans ces circonstances certes exceptionnelles où l’unité politique de l’État et la cohésion sociale de la communauté nationale sont pratiquement en jeu ? Qu’est-ce qui explique un tant soit peu sa léthargie politique ?

Étienne Tshisekedi wa Mulumba et Mobutu Sese Seko du Zaïre à Roquebrune-Cap-Martin, sur la Côte d’Azur, en France. L’UDPS de Tshisekedi a été un partenaire stratégique du RCD en vue de relancer le dialogue intercongolais totalement au point mort en Afrique du Sud en 2002.

Or en 2006, cette organisation politique et militaire avait adopté le même comportement silencieux lorsque, en guise de contestation des résultats électoraux, les affrontements armés ont très violemment éclaté entre Jean-Pierre Bemba Gombo et Joseph Kabila Kabange. En 2011, cette formation armée directement issue de l’AFDL historique n’hésite pas à afficher clairement la même attitude. Par conséquent, cet abandon manifeste de l’UDPS par le RCD-Goma doit-il être interprété, en vérité, de neutralité politique ? Qui ne dit mot consent, dit-on ! À cet effet, le lourd silence de ce mouvement politique et militaire est-il indéniablement coupable ? Devrait-on l’accuser sans retenue de non-assistance à peuple en danger ? Cela est d’autant plus vrai que, lorsque les agressions physiques ou verbales visaient principalement, ciblaient directement les communautés rwandophones banyamulenge ou banyamasisi, cette formation n’hésitait pas à monter immédiatement au créneau pour les défendre politiquement.

Bizarrement, concernant le conflit meurtrier au Grand Kasaï, lequel oppose violemment les autorités politiques, administratives et gouvernementales à une partie certes importante des Citoyens, le RCD ne se manifeste point. Il importe de mentionner que dans ce conflit, le pouvoir politique incarné par Joseph Kabila Kabange et certains anciens membres de l’AFDL dont est directement issu le RCD-Goma, massacre sa propre population. Pourtant, ces accrochages très violents entre les deux camps auraient normalement dû l’interpeller au point même de le positionner en force médiatrice, en tant que principal défenseur des peuples opprimés, écrasés de la République démocratique du Congo (RDC). Ne serait-ce que pour [dé]montrer sa vision des enjeux nationaux ! Rien de tout cela.

Finalement, pour qui roule-t-il le RCD-Goma pro-Rwanda ? Pour Joseph Kabila Kabange qui est effectivement un sujet tutsi rwandais dont les origines ethniques et tribales ont, d’ailleurs, été dévoilées par cette formation chère au Me Azarias Ruberwa Manywa[xvi] ? Pour le fameux CNDP de Laurent Nkundabatware Mihigo sabordé en Mouvement du 23 mars (M-23) ? Pour l’UDPS ou le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba qui promeut littéralement la paix et la sécurité, la démocratie et la liberté de la Nation, la dignité et la justice, l’Union politique du territoire  national ? Pour le Peuple congolais pratiquement victime d’un pouvoir prédateur et sanguinaire ?

Me Alexis Thambwe Mwamba, un néomobutiste notoire au service de Léon Lobitsch Kengo wa Dongo,a été un farouche opposant au pouvoir de Mzee Laurent-Désiré Kabila lors de la rébellion armée de 1996 à 2003. Curieusement, cet avocat de renom est devenu un bras droit du régime politique de Joseph Kabila Kabange.

Ce qui est vraiment clair, et d’ailleurs très nettement irréfutable, d’anciens cadres politiques et administratifs du RCD-Goma pro-Rwanda entourent voire même supportent, de nos jours, le mercenaire Joseph Kabila Kabange. Il s’agit d’Alexis Thambwe Mwamba, Lambert Mende Omalanga, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.  Ceux-ci l’accompagnent dans sa macabre volonté d’extermination de la population congolaise et dans celle éhontée de dilapidation des biens publics. Hormis Azarias Ruberwa Manywa (membre d’un gouvernement illégitime) et Moïse Nyarugabo Muhizi (membre d’un sénat illégitime et illégal), les personnalités politiques ci-dessus citées ont, néanmoins, cette particularité et cette singularité d’avoir servi fidèlement un autre tyran de sinistre mémoire et à plus forte raison massacreur du même Peuple congolais. Il s’agit du Maréchal-despote ‘‘Mobutu Sese Seko du Zaïre’’.

Ce qui est absolument clair et net, les anciens supplétifs du RCD-Goma pro-Rwanda[xvii], ont réellement donné un coup de main décisif à Joseph Kabila Kabange pour être réélu. Tous ces mercenaires à la solde du Rwanda ont naturellement forcé les électeurs à voter en faveur du chef de l’État sortant lors de l’élection présidentielle de 2011. Il y a lieu de relever que ce scénario similaire de ‘‘prise en otage’’ des votants s’était déjà produit en 2006 au grand Kivu lorsque les différentes forces négatives qui pullulent, essaiment et sèment la violence physique et la terreur aveugle dans cette région martyre – [Maï-Maï, FDLR, CNDP] – ont complètement vicié, pollué, le scrutin présidentiel. En effet, celles-ci se sont improvisées– au vu et au su de tout le monde – superviseur de bureaux de vote dans l’Est du pays.

Cette supervision électorale, d’ailleurs décriée, s’est opérée sans pour autant que toutes ces sectes sanguinaires et terroristes bénéficient réellement du mandat ‘‘légal’’ et ‘‘officiel’’ dûment délivré par le pouvoir électoral organisateur[xviii]? Il n’en demeure pas moins vrai que la seule présence intimidante desdites forces négatives dans les centres de vote a en réalité contraint l’ensemble des électeurs de cette région à procurer sans détour leurs suffrages populaires à Joseph Kabila Kabange et ce aux dépens de l’affairiste Jean-Pierre Bemba Gombo. D’ailleurs, au cours d’une entrevue accordée en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), en septembre 2007, au journaliste indépendant américain Jackson Wilson, Joseph Kabila Kabange a évidemment confirmé toute cette information sur l’utilisation des groupes rebelles dans le processus électoral.

Ainsi, une telle information certes inquiétante a entamé l’appréciation de la crédibilité et de l’intégrité du processus démocratique dans la mesure où la liberté de voter, en tant qu’acte civique et responsable, a été visiblement bafouée. Par ailleurs, en vue de mettre en lumière son implication dans cette mascarade électorale de 2006 et, par voie de conséquence, déterminer sa responsabilité manifeste, ce chef de l’État dont l’élection présidentielle fut entachée de fraudes et d’irrégularités sans doute avérées, à une échelle déjà insoupçonnée à cette époque, n’hésita pas à renchérir, à déclarer du même souffle : ‘‘On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs’’. Ce qui dénota, en réalité, sa volonté malsaine de tricher et de saboter l’expression politique et démocratique du Souverain primaire.

Le général Bosco Ntaganda

Force est de reconnaître que dès 2006, le fameux seigneur de guerre ‘‘Bosco Ntaganda’’, alias Terminator, fut nettement placé sous le coup d’un mandat d’arrêt international[xix]. Celui-ci fut, d’ailleurs, délivré par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[xx]. Ce tribunal pénal international le suspectait d’avoir enrôlé de force des enfants soldats. Cependant, le gouvernement de Kinshasa refusa de le livrer à cette juridiction pénale internationale dans la mesure où ce soudard participait activement, aux côtés des forces onusiennes (MONUSCO), au démantèlement des poches de résistance et des bases arrière servant stratégiquement de zone de repli aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[xxi]. À vrai dire, toute la question est de savoir pourquoi et comment l’ONU tolérait une telle coopération armée, surtout, avec un individu, pourtant, officiellement recherché, traqué, par la justice internationale.

Le Sud-Coréen Ban Ki-moon

Par conséquent, il revient strictement au Secrétaire général de l’ONU de l’époque, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, d’y répondre. Il appartient, surtout, à son Envoyé spécial et, à plus forte raison, Représentant de la Mission d’observation des Nations unies pour la stabilité institutionnelle de la République démocratique du Congo (MONUSCO), l’Ambassadeur honoraire américain Roger Allen Meece, d’éclairer la lanterne de l’opinion publique aussi bien internationale que nationale. Il lui appartient de s’expliquer franchement. Aussi appartient-il plus particulièrement et plus singulièrement au Conseil de sécurité de l’ONU, spécifiquement aux cinq membres permanents, d’apporter sans tarder et, surtout, sans tergiversations des éclaircissements sur cet impair politique, sur cette supercherie diplomatique.

L’ambassadeur honoraire Roger Allen Meece des États-Unis (à droite).

Joël Asher Lévy- Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i]Le secrétaire général de l’AFDL Deogratias Bugera, le ministre des affaires étrangères Bizima Karaha, le chef d’état-major général de l’AFDL James Kabarebe, les avocats Azarias Ruberwa Manywa et Moïse Nyarugabo Muhizi.

[ii]Le Lieutenant Jean-Pierre Ondekane, le commandant Sylvain Mbuki, le commandant Dieudonné Kabengele, le ministre de l’information du Maréchal Mobutu, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, Alexis Thambwe Mwamba, Ashila Pashi Tshibwabwa.

[iii]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba, Lambert Mende Omalanga.

[iv]Le Dr Émile Ilunga.

[v]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba.

[vi]Arthur Z’Ahidi Ngoma.

[vii]Roger Lumbala Tshitenga, Kazadi Nashanla Babandoa.

[viii]Rassemblement congolais pour la démocratie/Mouvement de libération.

[ix]Mouvement de libération du Congo.

[x]Rassemblement congolais pour la démocratie/National.

[xi]Le Dialogue intercongolais prévu par l’Accord de cessez-le-feu Lusaka a été conçu dans le but de renverser politiquement le régime controversé de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Dès l’assassinat de ce chef de l’État autoproclamé de la République démocratique du Congo, la communauté occidentale s’est résolue à saboter coûte que coûte ce volet politique du protocole d’Accords de Lusaka dans la mesure où son pion agissant sournoisement dans le cœur du système, Joseph Kabila Kabange, l’a immédiatement succédé dans des conditions fort nébuleuses, et ce avec la triple complicité africaine (Angola, Zimbabwe et République Sud-Africaine).

[xii]Pour garantir toute son efficacité, la nouvelle entente résultant de la seconde phase des Assises politiques intercongolaises à Pretoria (2002) et à Sun City (2003) se devait forcément et logiquement d’intégrer toutes les forces belligérantes, toutes les organisations de l’Opposition politique et démocratique, ainsi que toutes les forces vives de la Nation et tous les acteurs de la Société civile.

[xiii] C’est à la suite d’un voyage évidemment effectué à Paris que cet ancien Premier ministre sénégalais change sans autre forme de procès les règles du jeu. Ce comportement cavalier incline à penser qu’il l’aurait agi ainsi sur injonction du gouvernement français qui n’a jamais porté dans son cœur l’UDPS de l’opposant Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

[xiv] La Belgique, l’Union européenne (UE) et les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle nocif dans cette joute électorale. Le peuple congolais paye, aujourd’hui, les effets de leur soutien au régime mercenaire de Joseph Kabila Kabange sous forme de violations criardes des droits fondamentaux de la personne humaine et de confiscation brutale de la démocratie.

[xv]Laurent-Désiré Kabila est décédé le 16 janvier 2011 des suites d’assassinat programmé par l’establishment occidental.

[xvi]Le vice-président du RCD-Goma pro-Rwanda, le commandant Jean-Pierre Ondekane, devenu entre-temps général-major des FARDC et ministre de la défense à la faveur de l’AGI, a confirmé dans la foulée du DIC les origines tutsies rwandaises de Joseph Kabila Kabange.

[xvii] Ce sont des soudards qui ont effectivement grossi les rangs du CNDP du général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’. L’on pourrait nommer ‘‘Bosco Ntaganda’’ de Force patriotique de libération du Congo (FPLC).

[xviii]En l’occurrence deux institutions politiques et citoyennes réellement corrompues : la Commission électorale indépendante [CEI] présidée par le très controversé Abbé Apollinaire Malu-Malu Muholongu en 2006 et la fameuse Commission électorale nationale indépendante [CENI] dirigée par le pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda en 2011). 

[xix] Ce chef de guerre tutsi rwandais fut, dans l’entretemps, élevé au rang de général au sein de l’armée nationale congolaise (FARDC), à la faveur du processus politique de paix ‘‘Amani’’,

[xx]Bosco Ntaganda, alias ‘‘Terminator’’, est aujourd’hui sous les verrous. Il est un justiciable de la CPI.

[xxi] Il s’agit de la branche armée de la rébellion hutue rwandaise accusée de génocide de 1994 au Rwanda.

FATSHI : L’architecte d’une nouvelle Nation africaine

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dit ‘‘Rangers’’ ou ‘‘Béton armé’’

25 ans après la disparition du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est en train de façonner un nouvel être congolais. Celui-ci est caractérisé par la maturité politique, le goût de l’entrepreunariat privé, la participation active au destin collectif et l’éthique de responsabilité.

L’architecte d’une nouvelle Nation au cœur de l’Afrique

‘‘L’architecte est celui qui a vocation par son art d’édifier quelque chose de nécessaire et de permanent’’ Paul Claudel, Feuilles de Saint, L’architecte, 1925

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le jeudi 24 janvier 2019, la République démocratique du Congo est complètement sortie de la parenthèse tyrannique. Force est de mentionner que celle-ci a été ouverte par le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre en date du 24 novembre 1965. Cette ère à la fois sombre, austère et lugubre est certes caractérisée par l’étranglement de la vie politique et démocratique[i].

Le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre

En effet, le jeudi 24 janvier 2019, la République démocratique du Congo, d’ailleurs, sise au cœur de l’Afrique ‘‘indépendante’’ depuis le jeudi 30 juin 1960, a en réalité connu pour la première fois de son histoire politique une alternance pacifique et civilisée. Cette passation de pouvoirs que d’aucuns pensaient irréalisable, s’est opérée entre le sortant Joseph Kabila Kabange et le nouveau Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il importe de souligner que ‘‘par son envergure, cet événement historique ouvre, à coup sûr, une nouvelle ère sur le plan aussi bien du discours politique que de la posture idéologique sustentant la pratique politique et le jeu institutionnel’’.

La passation de pouvoirs entre Joseph Kabila Kabange (JKK) et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) le jeudi 24 janvier 2019 au Palais de la Nation à Kinshasa.

En effet, depuis le jeudi 24 janvier 2019, un nouveau slogan est lancé par le nouveau régime qui prend les rênes du pays. Celui-ci résonne fort aux oreilles des Congolaises et Congolais plutôt accoutumés au bâillonnement sévère de leurs droits et libertés. Cette formule de propagande gouvernementale initiée par la nouvelle présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se résume assurément à trois mots percutants : ‘‘État de droit’’.

Plus qu’un slogan politique et mobilisateur des masses, cette devise mise en avant par le chef de l’État nouvellement élu en vue de caractériser sa mandature placée sous le double signe du Changement et de l’Action, se veut plutôt un ‘‘état d’esprit.’’ Celui-ci se doit inéluctablement de guider son pays certes fossilisé par le règne du despotisme le plus barbare. Et il se doit, par voie de conséquence, d’orienter l’ensemble de ses Compatriotes vers de nouvelles ‘‘valeurs fondamentales’’ et de nouveaux ‘‘principes directeurs’’ de la Conscience nationale.

Au-delà de toute considération politique et même de tout discours idéologique, cette formule percutante d’État de droit promue par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est, d’abord et avant tout, une interpellation du Citoyen sur sa véritable place dans la société. Ensuite, cette devise se veut un acte de responsabilisation de l’être congolais dans le système politique national. Enfin, ce slogan s’avère un acte de conscientisation du Sujet congolais dans le processus du développement économique. À vrai dire, c’est en soi un acte de sensibilisation sur sa participation réelle au phénomène de progrès social qui doit normalement fleurir sur l’ensemble du territoire national, germiner aux quatre coins du pays.

Pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’amour de la patrie inculqué au citoyen est un facteur-clé dans le développement économique et le progrès social

Par la formule d’État de droit, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo attire l’attention du Congolais sur le fait indéniable qu’il est, d’abord et avant, tout un être humain. Et, en tant qu’être humain digne de ce nom, il dispose, donc, des droits et des devoirs qui le lie solidement à la société dans laquelle il meut. Le premier de tous ces droits et devoirs est qu’il est incontestablement membre à part entière d’une société qu’il se doit de chérir et de servir loyalement à la mesure de ses moyens ou possibilités. Ce n’est que de cette seule et unique manière qu’il peut assurément prendre soin de son pays. Ce n’est que de cette seule et unique façon qu’il peut protéger son État envers et contre tous en tant que terre léguée par les aïeux aux générations futures.

En d’autres termes, ce chef de l’État imprime en douceur le nationalisme dans la tête et dans le cœur de ses Concitoyennes et Concitoyens. Donc, au travers de cette devise d’État de droit, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo mousse le ‘‘patriotisme’’. Il dope à petite dose homéopathique le patriotisme qui fait pratiquement défaut dans le chef de ses compatriotes. En effet, l’amour de la patrie a été, à vrai dire, une de ces valeurs fondamentales délibérément ‘‘délaissées’’ autant que foncièrement ‘‘piétinées’’ par la tyrannie macabre afin de mieux tenir en laisse, museler et quadriller l’ensemble de la population[ii].

Ce qu’il faut nécessairement comprendre, le patriotisme concourt, par définition, à l’union des esprits, à l’unité qui doit nécessairement prévaloir au sein de la patrie. Or, la tyrannie pour mieux fonctionner s’appuie littéralement sur la fragmentation des esprits au niveau de la conscience nationale. En fait, elle opère de cette manière pour ne pas en principe se heurter violemment à une opposition aussi bien organisée que structurée. Ce régime fonctionne vraiment ainsi pour éviter de se confronter à une résistance, d’ailleurs, capable de faire échec à toute son entreprise de démantèlement du groupe politique qu’est évidemment la Nation et de démolition du Citoyen en tant que sujet des droits et des libertés.

Pour endiguer le phénomène de violence urbaine, le gouvernement de la République démocratique du Congo fait participer les jeunes délinquants dans le cadre du service national (SN) à la lutte en faveur de la souveraineté alimentaire.

En d’autres termes, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo imprime dans la conscience citoyenne la notion de responsabilité. Celle-ci est indispensable à toute émancipation d’une tutelle, à toute émergence d’une collectivité publique et à tout épanouissement du Citoyen. En effet, la responsabilité signifie, bien sûr, ici la conscience d’appartenir à un groupe social déterminé, mais encore et surtout, la conscience d’être un acteur réel au sein de ce même groupe.

Être acteur au sein d’un groupe veut dire participer activement à la définition et à la consolidation du destin collectif. En démocratie politique, cela passe inéluctablement par le choix de ses dirigeants nationaux afin de mieux protéger ses intérêts légitimes en tant que Sujet de l’État et a fortiori Citoyen. Cela passe impérativement par la prise de conscience de sa qualité de souverain primaire qui détermine la quintessence du jeu politique et institutionnel par la définition de ses aspirations fondamentales que sont appelés à mettre en œuvre ses représentants légitimes.

Cependant, en tant qu’éthique qui doit coûte que coûte gouverner la société, qui doit à tout prix éclairer et encadrer le comportement des femmes et hommes qui vivent au sein d’une communauté, la responsabilité dont le chantre est assurément le chef de l’État de la République démocratique du Congo, s’appuie très substantiellement sur trois paramètres essentiels. À savoir : ‘‘D.ieu’’, la ‘‘Nation’’ et le ‘‘Développement’’. Ces trois piliers importants participent donc à sa résurrection.

En effet, pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo décidé à transformer entièrement le logiciel des Congolaises et Congolais hérité tout droit de la dictature prébendiaire et macabre, le Citoyen se doit de s’approprier la notion primordiale de D.ieu. Dans ce contexte fort spécifique, D.ieu signifie ici la capacité mentale du Peuple ou du Citoyen à rechercher, à pratiquer et à prôner autant le Bien que l’Amour dans la Cité. C’est la capacité ‘‘spirituelle’’ et ‘‘morale’’ à transformer sur le double plan socioéconomique et socioculturel la société tout entière pour le bonheur de ses pairs.

Donc, D.ieu symbolise, en vérité, la morale adossée à la spiritualité qui détermine et éclaire quotidiennement le comportement humain. C’est cette notion capitale qui fixe les limites de son action journalière. Celle-ci part évidemment de la considération du bien public au respect inconditionnel de son prochain.

L’inspection générale des finances (IGF) est le fer de lance de la présidence de FATSHI dans la lutte gouvernementale contre la corruption, la dilapidation des deniers publics et la gabegie financière.

Comme elle est, par définition, le rejet absolu du mal, la réalité divine pousse, donc, l’être humain à rejeter catégoriquement dans la vie publique et dans l’environnement communautaire la corruption qui tue la société. En effet, ce phénomène destructeur aiguise l’égoïsme et les appétits kleptomaniaques. En favorisant naturellement le vol ou la dilapidation des deniers publics, il attire à coup sûr comme un aimant toutes les autres pratiques immorales. À savoir : l’absentéisme professionnel, la prostitution, la pratique du bakchich, etc.

En d’autres termes, D.ieu signifie, à vrai dire, la réimpression des valeurs morales et spirituelles aussi bien que matérielles et intellectuelles dans l’âme congolaise. C’est le téléchargement du logiciel mental dans la conscience congolaise en vue de faire de ce sujet a fortiori africain un être tout à fait ‘‘digne’’ et ‘‘responsable’’, ‘‘consciencieux’’ et ‘‘respectable’’, manifestement respectueux de sa communauté, de son environnement sociétal, de ses institutions et de leurs règles.

Cette notion divine fortement imprimée dans la tête et dans le cœur du Congolais le pousse, estime réellement le président de la République démocratique du Congo, à être sage et intelligent dans la vie pratique et quotidienne. Elle le pousse, donc, à être résolument conscient de son rôle fondamental au sein de la Nation et de son éminente place dans le concert des États. À cet égard, être conscient signifie, à vrai dire, le fait d’être ‘‘Vigilant’’, ‘‘Judicieux’’ dans ses choix et ‘‘Perspicace’’ dans son entreprise ou son action.

La vigilance implique le fait de ne vraiment pas être distrait à tous égards. En effet, le Congolais façonné par le despotisme brutal est un sujet totalement distrait. Il est, en réalité, un être incapable de se concentrer sur l’essentiel. Il est très souvent phagocyté par les futilités de la vie physique et mondaine. Il se laisse fort aisément absorbé par des frivolités. Cette attitude entraîne qu’il sacrifie facilement les intérêts primordiaux du sanctuaire national.

En d’autres termes, la vigilance implique le fait de veiller à la sécurité publique. Pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la vigilance signifie le fait de veiller à la sécurité autant des biens que des individus. En réalité, ceux-ci constituent des ‘‘ressources’’ contribuant inéluctablement à la liberté et à la dignité du Citoyen, à la prospérité et à la puissance de la Collectivité publique. La vigilance, c’est la ‘‘prudence’’. C’est le fait de rester constamment éveillé, tel un gardien de nuit ou un agent de sécurité commis à des tâches de surveillance.

Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est animé par le grand souci de protéger la femme congolaise très souvent victime des traditions rétrogrades et, surtout, d’accroître sa participation au progrès de la nation et au développement de la collectivité publique.

Le deuxième paramètre sur lequel s’appuie l’éthique de responsabilité dont doit faire montre le Congolais sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est, bien entendu, la Nation. Pour ce chef de l’État, la République démocratique du Congo représente la ‘‘Famille’’ dans laquelle tous les membres ont indiscutablement le statut de frère et de sœur. Cette fraternité et cette sororité s’inspirent très largement de la chrétienté romaine. En vérité, elles s’inspirent du mouvement évangélique protestant auquel ce dirigeant politique et étatique est sans doute affilié. Ce qui exige, en termes d’attitude comportementale, la solidarité, l’entraide, le refus de l’égoïsme, le rejet de la félonie et de l’ignominie, le vivre-ensemble collectif, le sens de la communauté nationale, la disponibilité permanente vis-à-vis de la collectivité publique, etc.

Aussi cette double notion de fraternité et de sororité s’inspire-t-elle effectivement de la tradition culturelle africaine et congolaise. Force est de relever que celle-ci s’appuie naturellement sur la vertu du dialogue participatif et décisif à la cohésion nationale. Cette démarche vise à sceller manifestement la réconciliation politique et nationale entre les filles et les fils du pays. Elle vise, surtout, à trouver le compromis nécessaire à la paix et la sécurité, à l’harmonie et la concorde politique ou civile[iii].

Et, enfin, le troisième paramètre qui définit et consolide l’éthique de responsabilité magistralement prônée par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est sans conteste le ‘‘Développement’’. À ce niveau, le développement prend la connotation du travail bien exécuté pour l’intérêt de la Nation. C’est-à-dire : un travail générateur de prospérité et de sécurité à tout point de vue. Un travail générateur de richesses et d’emplois au profit des Congolaises et Congolais. Un travail sensé booster le progrès social dans les familles respectives et dans l’ensemble des communautés qui forment la Nation et la Collectivité publique.

Sous l’impulsion du président FATSHI, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge lance les travaux de modernisation de 145 territoires de la République démocratique du Congo (RDC).

C’est, à n’en point douter, dans cette optique que le gouvernement de la République démocratique du Congo a visiblement initié, sous l’impulsion présidentielle de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo,le fameux programme de 145 territoires pour placer cet État au cœur du continent africain dans l’orbite du développement économique et du progrès social. Donc, pour le chef de l’État congolais, avoir véritablement souci du développement de la République démocratique du Congo, c’est faire preuve d’amour patriotique dans la mesure où l’on met un accent particulier et singulier sur la dignité et la liberté, la justice et la sécurité des Congolaises et Congolais. C’est faire preuve de nationalisme dans la mesure où l’on mise strictement sur la puissance et la prospérité de la Nation.

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une telle attitude commandée par la bienveillance fraternelle ou sororale voire un tel réflexe guidé par la solidarité et illuminé par l’Amour universel ne peuvent être inspirés que si l’on est sincèrement animé par l’Esprit divin et céleste. En d’autres termes, l’éthique de responsabilité qui découle de l’Amour divin, est garante de paix et d’harmonie sociale, de stabilité et de sécurité, de justice et d’équité. À vrai dire, celle-ci est, surtout, garante de liberté citoyenne et de dignité nationale parce qu’elle s’appuie substantiellement sur trois paramètres majeurs ou principes fondamentaux. À savoir : D.ieu[iv], la Nation[v] et le Développement[vi].

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Cette période est manifestement marquée par l’extinction des droits humains fondamentaux et des libertés publiques totalement reconnues au Citoyen en tant que sujet d’un État responsable par des textes majeurs. Pis, celle-ci est sensiblement marquée par la complète destruction mentale du Congolais au point de le réduire systématiquement et automatiquement au stade inférieur de l’animal sauvage.

[ii] Sous la triple tyrannie mobutiste, kabiliste et joséphiste, la population n’a vraiment jamais eu droit au cours de civisme national et de morale citoyenne.

[iii] Les assises de Lubumbashi du mois d’avril 2022. Il s’agit d’une réunion sur la paix et la solidarité au Katanga en vue de favoriser la cohabitation intercommunautaire, l’entente fraternelle et le vivre-ensemble collectif entre Katangais et Kasaïens dont les frictions sont délibérément exacerbées par des politiciens haineux et véreux. Cette table ronde sur la ‘‘paix’’ et la ‘‘réconciliation’’ entre ces deux communautés avait très nettement pris la forme d’une conférence interprovinciale entre les forces vives des Provinces des Kasaï et du grand Katanga. À compter du vendredi 22 avril 2022, elle a, surtout, été présidée au plus haut niveau du gouvernement de la République démocratique du Congo par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge originaire du Katanga. En outre, celle-ci a été rehaussée, lors de la clôture des travaux, par la présence magistrale du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’espace Grand Kasaï, le samedi 30 avril 2022.

[iv] La Sagesse qui illumine l’Esprit et la Morale qui encadre le comportement collectif et individuel.

[v] L’extension de la Famille au sens politique du terme.

[vi] Le Travail.

Patrice Emery Lumumba et l’émancipation du Congo et de l’Afrique

Le  »Testament politique de Patrice Emery Lumumba » se veut un document explicatif de sa pensée politique et de son discours idéologique. Il témoigne de son rôle fondamental dans le combat en faveur de la liberté et de la dignité du peuple congolais.

Patrice Emery Lumumba, héros congolais du panafricanisme.

Aussi témoigne-t-il de sa place éminente dans la lutte politique des peuples africains en vue d’arracher leur indépendance inéluctable des puissances coloniales occidentales.

En tant que legs au peuple congolais, sa vision politique et idéologique du Congo souverain et de l’Afrique indépendante dans le concert des Nations est souventes fois interprétée par les dirigeants administratifs et gouvernementaux de cet État au cœur du continent en fonction de leurs intérêts  »immédiats » et des circonstances exceptionnelles qui les déterminent.

L’arrestation suivie de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba à Élisabethville (Lubumbashi) par les forces impérialistes et néocolonialistes aboutit à l’incarcération de l’indépendance du Congo et au bâillonnement de l’émancipation de l’Afrique.

Patrice Emery Lumumba :  »Mythe » ou  »Réalité » ?

Ce qui est clair, Patrice Emery Lumumba continue tant bien que mal d’inspirer des générations et des générations de Congolaises et de Congolais, tout comme d’Africaines et d’Africains.

Il continue effectivement d’inspirer des personnalités politiques ou publiques qui présentent, en réalité, cette particularité et cette singularité d’ignorer quasiment tout de sa trajectoire politique, de sa vie personnelle, ainsi que de sa fin tragique.

La Belgique et le Congo tournent la page douloureuse de l’indépendance

La Belgique et la République démocratique du Congo décident finalement de solder la crise de l’indépendance de l’ex-Congo-Belge.

Le Roi des Belges Baudouin 1er accueilli au tarmac de l’aéroport international de N’Djili par le président Joseph Kasa-Vubu (à gauche) et le premier ministre Patrice Emery Lumumba (au centre) lors de l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance le jeudi 30 juin 1960.

En effet, le gouvernement du Royaume de Belgique retourne symboliquement à la famille de Patrice Emery Lumumba, (« premier » Premier ministre du Congo), exécuté dans des circonstances troubles, le lendemain de l’indépendance acquise le jeudi 30 juin 1960, une dent lui ayant appartenu.

La dent ayant appartenu à Patrice Emery Lumumba

Un geste fortement apprécié dans les deux pays. Cela est d’autant plus vrai qu’il vient sceller une réconciliation voulue par le Roi Philippe et le gouvernement belge, ainsi que le président de la République démocratique du Congo (Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo) et les descendants de la famille de Patrice Emery Lumumba.

Le Roi des Belges Philippe entouré des enfants Lumumba (Juliana, François et Roland).

Force est en effet de constater que cette pièce dentaire bien conservée par un de ses bourreaux belges constitue une preuve macabre du lâche assassinat dont il fut l’objet le 17 janvier 1961 à Élisabethville, aujourd’hui Lubumbashi.

Les enfants Lumumba (François, Roland et Juliana) arrivent à la cérémonie de restitution par la Belgique de l’une des dents ayant appartenu à leur illustre père.

Par ailleurs, au cours d’une cérémonie empreinte d’émotions et de solennité, la Belgique, par la voix du Premier ministre Alexandre de Croo, a réitéré ses plus sincères excuses à la famille, au peuple et au gouvernement de la RDC.

Le Premier ministre de la Belgique Alexandre de Croo accueillant son homologue congolais Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge lors de la cérémonie de restitution de la dent de Patrice Emery Lumumba à sa famille.

De son côté, le gouvernement congolais représenté par le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a accepté le principe de tourner cette page douloureuse.

Pour ce faire, ce plus haut dignitaire a souligné la volonté du Congo de replacer les relations belgo-congolaises sous le signe du renouveau et de la paix, du réchauffement des liens économiques et commerciaux fondés sur un partenariat gagnant-gagnant.

Le commissaire de police Gérard Soete (à droite de l’image) a déclaré à la presse belge (VRT) avoir conservé une dent de Patrice Emery Lumumba après avoir dépecé son corps et l’avoir fondu dans l’acide.

Quant à elle, la famille de Patrice Emery Lumumba salue, par la voix de sa fille unique Juliana Lumumba, le retour de cette pièce dentaire ayant appartenu à l’illustre Congolais pour lui offrir une sépulture digne de ce nom et, ainsi, clôturer une période de deuil qui dure depuis 61 ans.

Les répercussions du conflit russo-ukrainien en Afrique

Le conflit russo-ukrainien

L’Ukraine tente de résister à l’agression russe en dépit de la supériorité militaire des forces ennemies.

Quelles répercussions en Afrique ?

‘‘Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui souffrent.’’

Jean-Paul Sartre

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

L’Ukraine est une ancienne république de l’union des républiques socialistes et soviétiques (URSS). Elle est devenue un État à part entière, donc une entité politique souveraine et indépendante, en 1991. Elle est, à ce titre, reconnue comme un membre siégeant à l’Organisation des Nations unies (ONU).

Depuis le jeudi 24 février 2022, la crise russo-ukrainienne dont les tensions exacerbées par les différentes parties protagonistes[i] ont véritablement atteint leur paroxysme et, surtout, un point de non-retour, a finalement emprunté la voie étroite de la conflagration armée. Sur le terrain des hostilités, bien entendu armées, cette confrontation militaire est très nettement marquée par l’invasion de l’Ukraine – un État pourtant souverain et indépendant sis au cœur du continent européen – par des troupes russes au motif – oh ! Combien noble – de démilitarisation des factions extrémistes et de dénazification des pans entiers structurels ou institutionnels de l’État ukrainien. Si le conflit russo-ukrainien produit, incontestablement, des effets nocifs en Europe avec la mise en péril du marché ‘‘gazier’’ et ‘‘pétrolier’’ et – aussi la volatilité du secteur économico-financier –, quelles répercussions pourrait-elle manifestement avoir par ricochet cette crise militaire sur le continent le moins nanti du monde entier qu’est, certes, l’Afrique[ii] ?

Force est de souligner que l’Ukraine est, par essence, un État européen directement issu de décombres de l’ancienne union des républiques socialistes et soviétiques (URSS). Cette entité étatique a, donc, vu le jour lors du démembrement de ce mastodonte communiste dont le certificat de décès est corroboré par le démantèlement du régime ‘‘verrouillé’’ des soviets par Mikhail Sergeyevich Gorbachev et la fin du collectivisme idéologique ou socialisme scientifique. Il sied de relever que ce jeune et nouvel État ukrainien qui émerge dans le sillage de la chute du mur de Berlin, ne diffère pratiquement point de la plupart des États du Tiers-Monde, entre autres des pays africains directement issus de la fameuse décolonisation des années soixante.

Une femme typique ukrainienne, en tenue traditionnelle.

En effet, l’Ukraine contemporaine est, par définition, un État ‘‘plurinational’’. Ce pays de l’Europe orientale, à plus forte raison slave, est, par nature, un État composite. C’est-à-dire : Un État composé d’éléments variés et différents. En l’occurrence des communautés humaines dont les cultures et les mentalités puisent leurs racines dans des traditions fort contrastées[iii]. Donc, l’Ukraine est, à vrai dire, ‘‘une entité publique qui renferme maintes composantes sociologiques’’. Celles-ci font réellement d’elle une mosaïque de cultures et de traditions, un kaléidoscope de Peuples et Nations.

En d’autres termes, l’Ukraine s’avère un patchwork national. Elle se veut un assemblage artificiel de Peuples qui vivent également dans des pays frontaliers. Parmi ces Peuples et Nations qui composent cet État convoité par des intérêts divergents, l’on distingue des Polonais concentrés à l’Ouest, des Hongrois magyars au Sud, des Ukrainiens, par essence autochtones du pays, au Centre, ainsi que des populations russophones ou russophiles au Nord-est, à l’Est et au Sud-Est.

Délimitations territoriales et existence des communautés transnationales

Cette répartition nationale de différents Peuples ukrainiens sur le sol territorial pose, en réalité, la problématique des frontières. Celle-ci peut aisément devenir une poudrière à la fois politique et sociale lorsque moult minorités vivant dans les périphéries revendiquent sans complexe et sans retenue leur appartenance culturelle au sein de pays limitrophes. C’est ce cas de figure qui est, visiblement, arrivé à l’Ukraine dès lors que les minorités russophones ou russophiles du Nord, du Sud et de l’Est se sont senties complètement rejetées par des politiques publiques tout à fait discriminatoires[iv], d’ailleurs, pratiquées sans états d’âme par le gouvernement de Kyïv[v].

Le fameux bataillon Azov qui revendique une idéologie extrémiste nazie, s’oppose farouchement à la présence des minorités russes et communautés russophones dans l’Est et le Sud de l’Ukraine.

Ce qui est clair, tous ces aspects ‘‘politiques’’ et ‘‘sociologiques’’ du conflit russo-ukrainien relatifs aux ‘‘bornes territoriales’’ et à la ‘‘présence physique’’ des minorités linguistiques et périphériques caractérisent bon nombre d’États africains. Ce qui entraîne logiquement que la très grande majorité de ces pays dont les limites ont été, d’ailleurs, définies par les puissances coloniales européennes, ne sont pratiquement pas à l’abri d’une crise de cette envergure ou d’un conflit militaire dicté par les mêmes motivations ou prétentions. Il ne fait aucun doute que bien des États d’Afrique dont les communautés ethniques et tribales vivent à cheval entre divers territoires voisins, suivent de très près la crise militaire russo-ukrainienne et ses différentes phases ou évolutions dans le temps.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Viktorovich Lavrov (à gauche) et le président russe Vladimir Vladimirovich Putin. Pour ces deux personnalités politiques, l’intervention militaire de Moscou en Ukraine s’inscrit dans le cadre du processus de dénazification de cette ancienne république soviétique, de démilitarisation des groupes extrémistes et haineux.

De l’issue de ce conflit armé meurtrier dépend forcément et logiquement le comportement d’une kyrielle de pays africains dont les appétits territoriaux – à la limite [gloutons] – ne sont pas du tout à négliger sur le Continent. De l’issue de cette intervention militaire russe dépend, naturellement, l’attitude de bien des États d’Afrique dont les communautés physiquement installées dans les diverses contrées voisines présentent des revendications identitaires foncièrement aiguës[vi]. Ces doléances pointues sont évidemment susceptibles de modifier substantiellement la cartographie du Continent et, par voie de conséquence, les bornes territoriales. Comme quoi le conflit russo-ukrainien peut assurément avoir de profondes répercussions pour l’Afrique dans la mesure où cette crise violente implique les frontières en tant que limites territoriales et également la présence matérielle de diverses communautés transnationales qui ont, en vérité, de sérieux différends politiques avec un État central.

En effet, l’existence des populations transnationales sur un territoire déterminé, d’ailleurs compromise par l’oppression musclée ou écrasée par des politiques d’exclusion arbitraire, peut générer de très fortes tensions entre deux pays limitrophes. Ces frictions dépendent généralement des liens affectifs et des discours nationalitaires entretenus par instinct de survie par ces différentes communautés avec un État tiers ou intéressé. Dans le cas très particulier et très singulier de l’Ukraine dont le pluralisme est culturel, c’est bel et bien ‘‘la politique discriminatoire d’ukrainisation tous azimuts des minorités culturelles et linguistiques, a fortiori russes, qui a mis le feu aux poudres’’.

Le Cameroun a été fortement secoué par des revendications identitaires des populations anglophones de l’Ouest.

À ce niveau, des parallélismes peuvent être évidemment établis avec le continent africain. Des similarités peuvent être dégagées, soulignées, avec des drames vécus par des groupes africains affectés négativement par des politiques d’exclusion ou d’assimilation forcée. En effet, la marginalisation politique, économique et sociale des communautés culturelles ou linguistiques installées dans un pays donné peut fort aisément dégénérer en guerre civile. C’est, certes, l’exemple du Cameroun qui a dernièrement connu de sérieuses frictions avec les populations anglophones de l’Ouest. En réalité, ces groupes ethnoculturels se sentent beaucoup plus proches du Nigeria : Un pays de surcroît limitrophe et puissant, qui lorgne cette partie du Cameroun en raison de ses ressources vitales, matérielles dont le pétrole.

Par ailleurs, la stigmatisation de certaines groupes ethniques ou tribaux peut facilement entraîner la détérioration des rapports de bon voisinage entre deux États. C’est, bien sûr, l’exemple de la République démocratique du Congo. Ce pays à la fois géant et richissime de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains a visiblement maille à partir avec les populations nilotiques – communément appelées ‘‘tutsies’’ ou ‘‘banyamulenge’’ –. Celles-ci sont, d’ailleurs, établies depuis de nombreuses années dans l’Est du territoire national.

Il convient de mentionner que l’exacerbation de cette crise politique, sociale et culturelle entre ressortissants autochtones et sujets allophones en République démocratique du Congo a provoqué à maintes reprises l’intervention militaire – ‘‘déguisée’’ ou ‘‘réelle’’ – du Rwanda limitrophe duquel sont pratiquement originaires ces communautés tutsies autrement désignées ‘‘Banyamulenge’’. Ce qui a plus que contribué à son aggravation sur le terrain ! Ce qui a plus que contribué à la pollution générale des relations politiques et diplomatiques entre des États de la région des Grands Lacs africains.

C’est pour dire que la crise russo-ukrainienne peut inspirer bon nombre de pays africains tentés de résoudre des conflits acerbes qui impliquent des communautés transnationales. Force est de constater que pour apaiser littéralement des tensions intercommunautaires en Ukraine, le conflit russo-ukrainien a préalablement fait l’objet de maintes négociations politiques et diplomatiques. Celles-ci ont, finalement, abouti à la conclusion de fameux accords de Minsk (Biélorussie)[vii], d’ailleurs, garantis par le Format de Normandie[viii].

Le format de Normandie est une réunion politique et diplomatique d’États européens. Cette rencontre a bel et bien facilité la conclusion des accords de Minsk afin de pacifier la région de l’Est d’Ukraine. De gauche à droite : Vladimir Putin de la Russie, Angela Merkel de l’Allemagne, François Hollande de la France et Petro Poroshenko de l’Ukraine

Il importe de noter que ces arrangements de Minsk, d’ailleurs, officiellement paraphés en 2014 et 2015 accordent une autonomie aux Oblasts ou provinces rebelles de Donetsk et de Lougansk. Ceci revient à dire que dans le cadre de ces ententes jamais appliquées à ce jour, ‘‘ces deux Républiques séparatistes de la région industrielle du Donbass font encore partie intégrante de l’Ukraine postsoviétique’’. Cela signifie que l’Ukraine conserve toute son intégrité physique. Elle conserve l’entièreté de son immense territoire.

Le président Volodymyr Oleksandrovytch Zelenski défend l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Il mobilise le soutien international autour de cette cause.

Cependant, dans le contexte très certainement aigu de la conflagration armée actuelle qui a résolument poussé la Fédération de Russie à ‘‘reconnaître formellement l’indépendance politique de ces deux entités séditieuses’’, cela signifie que ‘‘les deux Oblasts de Donetsk et de Lougansk ne font effectivement plus partie de l’Ukraine’’. Ce sont à part entière des Républiques indépendantes et souveraines. À cet effet, elles ne dépendent formellement plus de Kyïv. Dans cette manière d’interpréter bien sûr la réalité politique sur le terrain, l’Ukraine aurait, donc, subi fort littéralement un véritable ‘‘processus de démembrement de ses régions utiles et prospères. Elle aurait, donc, subi un ‘‘mécanisme de balkanisation territoriale[ix]’’.

Ce qui est, dans l’esprit africain, tout à fait contraire à la charte de l’Unité continentale adoptée en 1963 à Addis-Abeba, la capitale politique et administrative de l’Éthiopie. En effet, ‘‘ce texte de référence idéologique et doctrinale en matière de frontière ou de délimitation territoriale proclame, expressément, « l’intangibilité des frontières issues de la décolonisation » en vue de garantir pleinement la sécurité et la stabilité, l’harmonie et la paix sur l’ensemble du Continent’’.

Comme toute crise majeure qui met réellement aux prises deux entités étatiques ou deux collectivités nationales, le conflit militaire russo-ukrainien a rapidement généré à l’échelle du globe terrestre deux camps de partisans favorables aux belligérants. D’un côté, les pro-Ukrainiens. Ce bloc est piloté par l’Occident chrétien sur lequel viennent sans conteste se greffer bon nombre de pays asiatiques rompus au capitalisme économico-financier et convertis au libéralisme démocratique[x].

Et, de l’autre, les pro-Russes. Font généralement partie de cette famille d’anciens États ou des ex-membres du bloc de pays non-alignés. Ceux-ci sont réputés fortement opposés voire considérés totalement réfractaires aux intérêts occidentaux pour leur propension à écraser sans états d’âme les pays du Tiers-Monde. En d’autres termes, ce conflit militaire qui met, certes, en lumière le choix cornélien entre l’unilatéralisme et le multilatéralisme, a fait remonter à la surface la logique binaire de la guerre froide issue de l’ordre bipolaire de Yalta.

L’Afrique à l’épreuve du choix entre ‘‘Unilatéralisme’’ et ‘‘Multilatéralisme’’

Si l’Union africaine (UA) en tant qu’organisation régionale a bel et bien condamné l’agression russe, il n’en reste pas moins vrai que 17 pays africains se sont abstenus de condamner ouvertement l’intervention militaire de Moscou et 8 autres ont joué aux abonnés absents en ne votant pas physiquement lors de la session de l’Assemblée générale de l’ONU consacrée spécifiquement à ce conflit armé entre les deux pays européens.

Dans ce contexte idéologique d’opposition viscérale et guerrière entre ‘‘Unilatéralisme’’ et ‘‘Multilatéralisme’’, l’Afrique vraiment soucieuse de définir sa place dans le concert des Nations, est finalement obligée de déterminer les termes exacts de son ‘‘indépendance politique et économique’’ autant que sociale et culturelle. Ce qui implique forcément et logiquement le choix d’un camp[xi]. Et le simple fait de jeter son dévolu sur un bloc ou de prendre fait et cause pour un belligérant entraîne, par conséquent, son lot de sanctions contre l’Afrique. En réalité, celles-ci peuvent carrément prendre la forme de remontrances ou de pressions ‘‘politiques’’ et ‘‘diplomatiques’’[xii], tout comme de mesures de rétorsion, de représailles ou menaces de représailles[xiii].

En d’autres termes, le conflit militaire russo-ukrainien est utilisé par les pays occidentaux membres de l’OTAN et de l’Union européenne comme une opportunité à la fois politique et diplomatique d’appliquer des sanctions contraignantes contre des États qui s’écartent ouvertement de leur vision sur l’agression russe contre l’Ukraine. Cette crise est érigée en levier de sanctions économiques non point seulement contre la Russie en tant que pays agresseur de la souveraineté ukrainienne mais également contre des pays qui refusent de condamner le geste répréhensible de la Russie sur le terrain du droit international.

En d’autres termes, le conflit russo-ukrainien devient un instrument de sanction politique et diplomatique permettant aux pays membres de l’OTAN et de l’Union européenne de s’ingérer de manière scandaleuse dans les affaires intérieures d’un État indépendant et souverain. Cette attitude outrancière de l’Occident chrétien est idéologiquement dictée par le principe, d’ailleurs, biblique et, surtout, cher au républicain George Herbert Walker Bush Jr lors de l’invasion de l’Irak : ‘‘Qui n’est pas avec nous est contre nous[xiv].’’.

La diversification de nouveaux partenaires stratégiques

Faustin Archange Touadéra de la République Centrafricaine et Vladimir Putin de la Russie.

Depuis l’entrée au troisième millénaire, l’Afrique délaissée vers la fin de la guerre froide par tous ses partenaires traditionnels, qui plus est anciennes puissances coloniales, tente d’attirer de nouveaux partenaires stratégiques pour assurer son destin politique et l’avenir socioéconomique de ses habitants. À cet effet, ce continent ouvre très largement ses portes à la République populaire de Chine (RPC). Cette politique lui permet de bénéficier de la part de l’Empire du Milieu des crédits financiers mirobolants ou des prêts monétaires très attrayants en matière de développement économique.

Dans le cadre du BRICS (Brésil, Russie, Chine et Afrique du Sud), l’Afrique fait partie intégrante d’un vaste réseau de commercialisation et de transaction monétaire à l’échelle planétaire. De gauche à droite : Xi Jinping de la République populaire de Chine, Vladimir Putin de la Russie, Jair Messias Bolsonaro du Brésil, Narendra Modī de l’Inde et Matamela Cyril Ramaphosa de l’Afrique du Sud.

Dans ce cadre, et surtout en échange des prêts apparemment alléchants, l’Afrique obtient très rapidement de banques chinoises agréées par Beijing la construction de grandes infrastructures essentielles à son épanouissement. Toutefois, dans les termes prévus dans les différentes conventions avec la République populaire de Chine, de multiples États africains se font littéralement piéger voire arnaquer dans la mesure où ils hypothèquent ‘‘sans contrainte’’ et ‘‘sans précaution’’ des ressources vitales ou patrimoines économiques essentiels. À savoir : les Mines, les ressources naturelles, les terres[xv], les infrastructures portuaires ou aéroportuaires, etc.

Préoccupée par les dénonciations des organismes internationaux sur le hold-up chinois, l’Afrique est obligée de se réajuster pour obtenir la confiance des partenaires occidentaux. C’est dans ce contexte que ce continent abusé et désabusé ouvre très largement ses bras à d’autres investisseurs internationaux plus crédibles[xvi]. À savoir : ‘‘Israël’’, la ‘‘Turquie’’ et la ‘‘Russie’’.

Paul Biya du Cameroun

Dans ce nouveau partenariat stratégique, la Russie se positionne comme un allié sûr qui peut véritablement aider les États d’Afrique à éradiquer le terrorisme armé. Y compris les rébellions militaires factices. Ces mouvements politico-armés sont très souvent fabriqués artificiellement par de puissants intérêts occidentaux pour faire évidemment pression sur des gouvernements locaux dans l’intention manifeste d’obtenir des marchés prometteurs ou d’arracher des contrats juteux sans appels d’offres classiques. Il sied de souligner que tous ces groupes armés à la tête desquels règnent des chefs de guerre parrainés par de puissants intérêts économico-financiers autant que politico-gouvernementaux ont certes la fâcheuse réputation – donc la fâcheuse manie – de conquérir les ressources précieuses et stratégiques du pays en vue de les rétrocéder à des puissances maffieuses du Nord.

Face à l’échec ‘‘patent’’ des politiques antiterroristes longtemps proposées par l’Occident, les pays d’Afrique se tournent très littéralement vers la Russie de Vladimir Vladimirovitch Putin. Ils se tournent très vite vers Moscou dont le pragmatisme politique et militaire est très déterminant dans l’atteinte des objectifs de sécurité et de paix en matière sensible de terrorisme et de rébellion armée. Parmi tous ces États meurtris par des guerres sans fin et ‘‘animées’’ par des rébellions militaires qui bénéficient de largesses diplomatiques des capitales occidentales, il y a la République Centrafricaine, le Mali, le Cameroun, etc.

Le président Andry Rajoelina du Madagascar

Curieusement, Moscou a réussi, contre toute attente, un tour de passe magique en signant moult accords de coopération en matière de sécurité et de défense avec le Cameroun et le Madagascar en pleine période de crise diplomatique où la Russie est pratiquement mise au ban des Nations par la superpuissance américaine aussi bien que l’Union européenne (UE). Ceci, bien entendu, en raison de l’agression physique du territoire ukrainien[xvii]. Ce coup de Jarnac constitue, en réalité, ‘‘un pied de nez au fameux partenariat traditionnel entre l’Afrique et l’Occident[xviii]’’. En fin de compte, cette brillante réussite de la diplomatie russe pilotée par Sergei Viktorovich Lavrov constitue visiblement, indiscutablement, l’un des signes cliniques annonciateurs du déclin de la puissance occidentale en Afrique. C’est, en fait, l’un des symptômes avant-coureurs de la chute imminente de l’Occident dans ce continent.

La ‘‘dédollarisation’’ des économies africaines

Dans la plupart des pays africains, le dollar US sert de monnaie de transaction concurremment à la devise locale.

En vérité, la grande majorité des pays africains affichent localement des économies trop étroites. Cette situation s’explique par le fait qu’elles sont littéralement ‘‘enfermées’’ dans des structures de production traditionnelles. Celles-ci restent sustentées par des modèles de conception et de matérialisation totalement surannés. Par conséquent plombées, elles n’offrent guère de réelles perspectives de développement économique à leurs collectivités étatiques et de progrès social à leurs populations.

Outre le dollar US, l’euro sert de monnaie de transaction commerciale internationale pour les États africains.

Vu l’étroitesse du marché en termes de consommation et la fragilité des circuits à la fois de distribution et de production pour soutenir l’économie en termes d’échange des biens et de circulation de la monnaie locale, les pays africains préfèrent, dans l’unique optique de garantir les réserves monétaires, d’utiliser parallèlement les devises étrangères telles que le dollar US ou l’euro. À ce niveau, ils ont pleinement l’assurance de bénéficier, sans pour autant solliciter physiquement le marché des devises internationales, des liquidités tout à fait fraîches et directement issues de transactions locales. À cet égard, la circulation, d’ailleurs très librement encouragée, des devises étrangères par des autorités politiques et gouvernementales autant que publiques et administratives, permet certes de mesurer la vitalité économique du pays[xix] et, surtout, de garantir la stabilité socioéconomique des ménages[xx].

Avec les grands bouleversements sur les marchés monétaires, les États et gouvernements africains pourraient adopter le rouble russe comme monnaie de transaction commerciale internationale.

En raison de cette illusion économique de stabilisation des prix, alors que les salaires ou les revenus des ménages ne sont point ajustés en fonction de l’inflation galopante, et ce relativement à l’usage de la monnaie locale, la devise américaine s’est automatiquement imposée comme monnaie de transaction sur le marché intérieur de divers pays africains. Ce qui entraîne pour conséquence logique le développement de la profession de cambiste financier pour la spéculation du marché financier de devises, le développement de deux marchés économiques visiblement parallèles : l’un – forcément celui des riches familles – régi par le dollar US[xxi] et l’autre – logiquement celui des pauvres et miséreux – régi par la monnaie locale[xxii].

Toutefois, le conflit russo-ukrainien qui a déclenché une salve de sanctions sévères contre la Russie, a démontré les limites du dollar américain en tant que monnaie de transaction sur l’ensemble des marchés internationaux[xxiii]. En effet, la Russie qui est, par définition, un grand pourvoyeur de matières premières, exige désormais le paiement de toutes ses ressources naturelles ou minérales en devise locale[xxiv]. Cette décision a été prise par Moscou en raison de son expulsion immédiate du système de messagerie de transaction monétaire et interbancaire qu’est effectivement le SWIFT[xxv] par les États-Unis (USA) et l’Union européenne (UE). Ce qui a, certes, pour conséquence la paralysie ou la privation des transactions internationales. Ce qui a, naturellement, pour effet immédiat l’asphyxie économique et financière de Moscou.

Bon nombre de pays africains utilisent déjà le yuan chinois dans leurs transactions commerciales internationales.

Par conséquent, avec la possibilité entrouverte par la Russie de commercer avec le rouble comme monnaie de transaction, les pays africains seraient désormais tentés d’accumuler la devise russe dans leurs réserves monétaires et bancaires. Sans compter que certains États qui entretiennent, d’ailleurs, très ouvertement des relations à la fois économiques et commerciales privilégiées avec l’Empire du Milieu détiennent des masses monétaires chinoises. C’est le cas du Kenya, de la Zambie, de l’Angola, de l’Ile Maurice et de l’Afrique du Sud. D’autres pays du continent africain, tels le Kenya ou le Nigeria[xxvi], ont même proposé à une certaine époque de transiger sur le plan international avec le yuan chinois pour éviter sensiblement les inconvénients d’une monnaie américaine qui asphyxie le paiement de la dette libellée en dollar en raison de l’augmentation incessante du loyer de l’argent[xxvii].

L’Afrique vient de prendre le virage des cryptomonnaies ou monnaies virtuelles (électroniques).

Ce qui est sûr et même certain, le conflit militaire russo-ukrainien va accélérer en Afrique, tout comme dans la plupart des pays de la planète Terre, la stratégie de diversification des réserves monétaires en vue des transactions internationales. Cette crise qui préfigure déjà un affrontement de grande envergure – pas nécessairement létal – entre les différentes Nations ira même jusqu’à provoquer l’adoption rapide des cryptomonnaies ou monnaies digitales comme valeur refuge ou monnaie de transaction commerciale au même titre que l’or ou les principales devises (dollar US, euro, yen, yuan, livre sterling, etc.). En Afrique, des États s’y mettent déjà ou du moins encouragent leurs entreprises ou ressortissants de s’activer dans ce domaine jugé prometteur. C’est, en réalité, le cas du Ghana, du Nigeria et même de la République Centrafricaine (RCA). Cette accélération s’explique par le fait que le dollar US a perdu sa valeur de monnaie de référence dans les transactions commerciales internationales.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] État ukrainien appuyé diplomatiquement et techniquement par les États-Unis, l’OTAN et les États membres de l’Union européenne (UE) d’une part. Et, d’autre part, les séparatistes jusqu’au-boutistes de la région du Donbass soutenus logistiquement et techniquement par la Russie,

[ii] Cette crise russo-ukrainienne est, d’ailleurs, fabriquée de toutes pièces par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’Union européenne (UE) dans le dessein de punir sévèrement la Russie pour avoir comploté contre les pays occidentaux libres et démocratiques. Pour les États-Unis, il est plutôt question de mettre totalement à genoux Moscou pour avoir gravement porté atteinte à la démocratie électorale américaine. En effet, Washington accuse l’ours russe d’avoir manipulé les résultats de l’élection présidentielle de novembre 2016 ayant porté au pouvoir le républicain Donald John Trump Sr.

[iii] L’Ukraine s’inscrit normalement dans la sphère d’influence religieuse et spirituelle orthodoxe. En effet, plus de deux tiers d’Ukrainiens sont rattachés à l’une des branches de la famille orthodoxe (25 % de la population adhère plutôt au Patriarcat de Kyïv, 21,5 % se dit orthodoxe, 15 % revendique très ouvertement son affiliation au Patriarcat de Moscou et 1,8 % à l’Église autocéphale ukrainienne) [Source Wikipédia]. Mais, à l’intérieur de sa population, il y a des proportions non négligeables de catholiques. Ce qui rapproche manifestement ce pays d’Europe orientale du reste de l’Europe occidentale très nettement marquée par le catholicisme latin ou romain et le protestantisme luthérien ou calviniste.

[iv] L’Ukrainisation forcée des minorités russes ou russophones par le refus catégorique de parler la langue russe ou la langue maternelle.

[v] Outre l’adhésion politique et militaire à l’OTAN et le refus des candidats russophones ou russophiles à la magistrature suprême, c’est ce comportement ostracisant, faut-il préciser, dans le chef des autorités ukrainiennes à la fois politiques et gouvernementales qui est à la base des frictions politiques et militaires entre Kyïv et les séparatistes du Donbass – les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk – soutenus logistiquement et techniquement par la Russie.

[vi] La question casamançaise au cœur des relations tendues entre le Sénégal et la Gambie; la présence des minorités tutsies banyamulenge dans l’Est de la République démocratique du Congo et l’interventionnisme militaire du Rwanda; l’attachement des populations anglophones du Cameroun occidental au Nigeria.

[vii] Les accords de Minsk ont été signés en 2014 par l’Ukraine (le président Leonid Koutchma), la Russie (l’ambassadeur près l’Ukraine Mikhaïl Zourabov, les Oblasts de Donetsk (le premier ministre Alexandre Vladimirovitch Zakhartchenko) et de Lougansk (Igor Plotnitski), ainsi que le Représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Mme Heidi Tagliavini, l’envoyée spéciale suisse de l’OSCE. Ces ententes ficelées qui, normalement, prévoient dans leur mouture un cessez-le-feu, accordent, en principe, une autonomie provisoire aux provinces séparatistes. Tous ces arrangements ont été complétés ultérieurement par un autre protocole signé également à Minsk en 2015

[viii] Rencontre diplomatique qui encadre et accompagne les phases de pourparlers de paix devant aboutir à la signature et la consolidation des accords de Minsk. Ce format réunit le Français François Gérard Georges Hollande, l’Allemande Angela Dorothea Merkel Krasner, le Russe Vladimir Vladimirovitch Putin et l’Ukrainien Petro Oleksiyovych Poroshenko.

[ix] Force est d’admettre que ces deux républiques fantoches n’ont pas été formellement reconnues par la très grande majorité des États siégeant normalement à l’Organisation des Nations unies (ONU).

[x] Japon, Corée du Sud et Taiwan.

[xi] 28 pays africains ont ouvertement condamné l’invasion de la Russie en Ukraine, 17 se sont clairement abstenus et 8 n’ont même pas voté. Lire à cet effet Guerre Ukraine – Russie : les États-Unis critiquent la neutralité des pays africains, BBC News Africa, Internet, 18 mars 2022. https://www.bbc.com/afrique/monde-60791431.

[xii] Annalena Baerbock, la Ministre allemande des Affaires étrangères, a fait un déplacement à Bamako pour demander officiellement aux autorités politiques et gouvernementales du Mali de couper tout lien, fût-il militaire, avec la Russie. Cette attitude ‘‘brutale’’ de la diplomatie allemande constitue sans nul doute un exemple flagrant d’immixtion dans les affaires intérieures d’un État souverain et indépendant.

[xiii] Pressions ou menaces de représailles diplomatiques de l’Union européenne (UE) envers des pays africains qui ont un penchant avéré pour Moscou ou qui ont très nettement refusé de sanctionner politiquement la Fédération de Russie dans les cénacles internationaux. Pour Madame Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne, ‘‘le sabrage des aides en développement et la révision de l’assistance économique peuvent s’avérer une option intéressante et efficace, pourquoi pas payante pour l’Union européenne (UE)’’. Lire Ursula von der Leyen punit ces Africains qui « votent mal », Mondafrique, Internet, 23 mars 2022. https://mondafrique.com/ursula-von-der-leyen-punit-les-etats-africains-qui-votent-mal/

[xiv] Ce principe découlant directement du manichéisme à la fois hébraïque et chrétien divise le monde humain en deux camps diamétralement opposés et intrinsèquement irréconciliables : le ‘‘Bien’’ et le ‘‘Mal’’. Il est très souvent repris par le républicain George Herbert Walker Bush Jr lors de grandes crises internationales qui menacent très sérieusement la sécurité nationale des États-Unis. Il dérive en fait d’une phrase que les auteurs des Évangiles attribuent allégrement à Jésus le Christ. Luc 11 : 23; Matthieu 12 : 30; Marc 9 : 40.Ce principe directeur de la vie des Humains et des Nations signifie que « l’on ne peut pas servir deux maîtres à la fois : ‘‘Dieu’’ et ‘‘Mamon’’ » (Matthieu 6 : 24; Josué 5 : 13; 24 : 15; 2 Corinthiens 6 : 15 – 16; 1 Chroniques 12 : 17 – 18).

[xv] Le sol et le sous-sol.

[xvi] Selon des Africains, des partenaires plus respectueux des termes de convention et, surtout, moins gourmands en matière de jouissance de bénéfices financiers.

[xvii] Il importe de reconnaître que toutes ces ententes de coopération militaire interviennent au moment où l’Assemblée générale des Nations unies se réunit urgemment pour condamner l’agression armée russe contre l’Ukraine. Au cours de ce vote tant attendu, qui devait plutôt consacrer la très grande victoire de la diplomatie euraméricaine, le Cameroun a manifestement joué aux abonnés absents et le Madagascar s’est résolument abstenu. Dans les circonstances, les deux pays africains – pragmatisme oblige ! – ont alors adopté un comportement à la fois politique et diplomatique substantiellement dicté par leurs intérêts immédiats.

[xviii] Les nouveaux alliés russes de l’Afrique, https://www.dw.com/fr/les-allies-russes-en-afrique/a-61069668.

[xix] Ce qui est en soi un leurre. Dans les circonstances, le pays ne joue factuellement que le rôle mineur de collecteur de devises étrangères au lieu de miser primordialement sur la production, l’exportation et la consommation des produits intérieurs : trois principaux facteurs permettant de dynamiser l’économie locale.

[xx] Dans le contexte réel des économies étroites qui n’offrent pratiquement aucune perspective d’épanouissement ou d’investissement pour les ménages, l’usage de la monnaie locale symbolise, à vrai dire, l’inflation galopante et la perte drastique du pouvoir d’achat, tandis que le recours à la devise étrangère représente forcément la puissance financière et la stabilité monétaire.

[xxi] Très souvent, il est contrôlé par la mafia étrangère ou la mafia locale.

[xxii] Il bénéficie généralement du droit de regard de l’État central. Tout comme il peut définitivement échapper à l’autorité politique centrale dans la mesure où ‘‘tourner la planche à billet’’ ou ‘‘battre monnaie’’ devient sur le terrain un monopole partagé entre le pouvoir gouvernemental et la mafia alimentée par le même pouvoir kleptomaniaque.

[xxiii] Cette crise a permis à l’Occident de faire main basse sur tous les avoirs russes libellés en devises étrangères dont principalement le dollar US et l’euro. Ce qui représente, pour les experts, un hold-up financier estimé entre 300 et 600 milliards de dollars de réserve monétaire gisant tranquillement dans les banques internationales. Cette captation forcée a provoqué dans les heures qui suivaient l’annonce de cette décision d’étranglement financier l’effondrement quasi assuré de la devise russe, faisant craindre automatiquement la ‘‘banqueroute’’. En réaction à cette mesure drastique, le gouvernement russe a imposé à tous les pays hostiles le paiement de toutes ses ressources en rouble ou en or comme valeur refuge. Cette simple décision a permis à la devise russe de reprendre rapidement du poil de la bête et même d’afficher une santé robuste par rapport au dollar US et à l’euro devenus pour la circonstance des monnaies fluctuantes ou instables. Cette perspective russe de faire payer ou d’acheter dorénavant des produits en rouble ou en or a fait des émules sur la scène internationale. En effet, nombre des pays producteurs de pétrole ou de gaz comme la Russie – en l’occurrence l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) – sont très séduits par cette idée. Ceux-ci peuvent emboîter le pas en désindexant définitivement le dollar US par rapport au marché pétrolier et gazier. Sans compter que l’Inde et la République populaire de Chine (RPC) compte désormais transiger sur les marchés avec leurs propres devises monétaires (le yuan pour la Chine et la roupie pour l’Inde).

[xxiv] La dédollarisation de l’économie russe a, en fait, commencé bien avant l’invasion russe de l’Ukraine postsoviétique le jeudi 24 février 2022. La dédollarisation des économies, fin de l’ère de puissance des États-Unis ? | Ecole de Guerre Economique (ege.fr)

[xxv] Il s’agit d’un système de paiement transnational dont le siège est à Bruxelles (Royaume de Belgique). Il permet aux États-Unis et à l’Union européenne d’avoir un droit de regard sur toutes transactions internationales et de sanctionner facilement des États et entreprises récalcitrants.

[xxvi] Monnaie : le Nigeria fait le pari du yuan, Le Point Afrique, 7 août 2018. Monnaie : le Nigeria fait le pari du yuan – Le Point, Nigeria : Le Yuan s’impose comme devise – BBC News Afrique.

[xxvii] Cette perspective monétaire et commerciale et, surtout, de diversification des réserves monétaires, avait bel et bien irrité l’Occident qui n’avait pas hésité à brandir la menace des sanctions sévères.

Guerre et Paix

Guerre[i] et Paix[ii]

Le feu généré par la guerre symbolise l’extinction de la vie. Il est synonyme de mort.

L’Humanité vivante face à ses responsabilités

La guerre en tant que phénomène de violence physique n’apporte que dévastation et désolation, désespoir et angoisse, exactions et catastrophes de toutes sortes.

‘‘La violence n’apporte jamais de paix durable.’’

Dr Martin Luther King, Prix Nobel de la Paix 1964

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Il n’y a rien de plus grande catastrophe que la guerre. En effet, la première vocation de la guerre en tant que phénomène de violence physique qui repose, d’ailleurs, substantiellement sur la notion d’affrontement ou le principe de confrontation, est certes la destruction. Avec le phénomène de guerre destructrice, l’être humain est, donc, porté à détruire ‘‘systématiquement’’ et ‘‘automatiquement’’ tout ce qui l’entoure physiquement.

La bombe nucléaire peut, à elle seule, anéantir toute vie sur terre. Elle est susceptible de provoquer un hiver nucléaire. Ce phénomène météorologique est, généralement, accompagné de chute drastique de température en raison de la présence d’un épais nuage nucléaire dans l’atmosphère. Ce nuage extrêmement lourd et sombre est susceptible de bloquer tout rayonnement lumineux. Le soleil étant, par conséquent, invisible pendant de longs jours ou de longs mois voire des années.

En d’autres termes, la guerre est ce mal absolu qui pousse l’humain à dévaster son environnement. Elle le pousse à saccager sauvagement la Nature. Elle est, par voie de conséquence, ce feu dévorant qui consume totalement la vie.

Ce qui est véridique, la violence, quelle qu’elle soit, n’apporte absolument point la paix en tant que quiétude et sérénité au sein de la communauté, concorde et harmonie au sein de la société. En tant que confrontation et opposition physique, la guerre n’engendre forcément et logiquement que la violence physique sur le terrain. Elle enferme, donc, pratiquement l’être humain dans un cycle sans fin alternant aisément ‘‘violence’’ et ‘‘vengeance’’, ‘‘hostilité’’ et ‘‘revanche’’[iii].

La violence physique résulte du désordre mental qui affecte négativement un individu. Pour vaincre cette maladie, l’humain doit se soigner par des techniques de méditation et la prière. Cette démarche lui permet de dominer ses pulsions dévastatrices.

La violence physique maintes fois exercée voire exprimée par l’humain dans l’intention manifeste d’humilier ou de trucider son prochain, d’assujettir son semblable ou de détruire son ‘‘pair’’ est, en fait, le résultat d’un trouble mental. C’est, à proprement parler, le résultat d’un désordre psychique dont l’origine est, bien sûr, la destruction intérieure de l’individu privé de conscience et d’âme, de foi et d’esprit. Donc, la violence physique est la manifestation de l’absence de paix intérieure, du manque de sérénité, de tranquillité. Bref du manque de sécurité intérieure.

S’il veut se préserver des tourmentes de la vie, l’être humain doit rechercher constamment sa lumière diffusée par son âme intérieure.

Ce phénomène dévastateur est, très souvent, consécutif au manque d’harmonie interne. Il résulte, donc, de l’absence d’harmonie avec soi, de l’absence d’harmonie avec son être profond. Il résulte de la rupture de toute voie de communication avec sa propre conscience en tant que phare et voix directrice. Cette situation de privation harmonieuse occasionne le mépris du prochain. Elle donne libre cours à la haine viscérale de l’autre. Ce mépris du prochain ou cette haine de l’autre prend, en réalité, différentes formes. Il s’exprime, généralement, par la jalousie, l’arrogance, l’égoïsme, le complexe, par l’insulte et l’injure facile, la paranoïa consécutive à la schizophrénie, le sentiment de destruction de l’autre, etc.

L’humain doit cultiver la foi en tant que croyance s’appuyant sur la sagesse et démarche conduisant vers l’amour.

Ainsi, pour apporter efficacement, fermement, la paix[iv] dans son environnement, l’humain se doit de se soigner, d’abord et avant tout, ‘‘mentalement’’, ‘‘psychiquement’’, ‘‘psychologiquement’’. Sans cette vraie thérapie de choc, toute paix extérieure est absolument nulle. Elle est vraiment vaine. Elle est manifestement vouée à l’échec.

Donc, pour y arriver, l’être humain se doit coûte que coûte de rétablir intérieurement son équilibre personnel. Il se doit de rétablir tout canal de communication privilégié avec sa conscience intérieure. C’est-à-dire : ‘‘Cette voix interne qui lui parle sérieusement, qui le conseille franchement comme un véritable ami ou véritable compagnon[v] avant d’entreprendre une quelconque action ou entreprise’’.

Un être humain qui vibre à l’unisson avec les forces supérieures, est en vérité un vecteur d’amour et de paix, de fraternité et de solidarité.

L’être humain se doit, donc, de réhabiliter son Âme en tant que ‘‘Lumière et Son lui permettant de se fondre dans la plénitude de la Vie, de s’immerger dans l’immensité de l’Amour Miséricordieux et Universel’’. Il se doit de réhabiliter son Esprit en tant que ‘‘Force intérieure, Flamme et Puissance énergétique qui lui permet réellement de se focaliser sur ce trésor merveilleux de la vie qu’est sans doute le Bien’’. C’est-à-dire : ‘‘Tout ce qui génère résolument le Sourire, la Joie, le Bonheur dans la communauté’’. Bref ‘‘tout ce qui favorise la paix et entraîne l’harmonie au sein de la société’’. ‘‘Tout ce qui apporte la Vie en tant qu’atmosphère, condition et statut des humains’’.

Il est du devoir de chaque être humain de protéger consciencieusement la planète terrestre et de vivre en parfaite harmonie avec l’ensemble de ses contemporains.

C’est de cette façon unique que les êtres humains seront tous de véritables humains. Comme l’a, d’ailleurs, prévenu et enseigné si sagement Martin Luther King Jr d’heureuse et pieuse mémoire : ‘‘Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des Frères, sinon nous allons tous ensemble mourir comme des idiots.’’

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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Cet article est dédié à toutes les victimes de la guerre et de la folie humaine.


[i] État d’esprit d’une personne en lutte constante avec lui-même, ou en lutte permanente avec ses propres démons. Disposition mentale d’un individu dont la conscience intérieure est pratiquement sans vie et sans énergie. État d’esprit d’une personne fréquemment, continuellement animée par la peur, l’anxiété et le sentiment de disparaître brusquement et violemment voire habitée par la phobie d’éliminer physiquement son entourage.

[ii] Disposition mentale d’une personne apte à propager dans sa collectivité la Joie, le Bonheur et l’Harmonie. État d’esprit d’un individu apte à diffuser l’harmonie et la concorde dans son milieu naturel. État d’esprit d’une personne qui est résolument source de liberté et de dignité dans et pour sa communauté, de sécurité permanente pour les siens.

[iii] Elle forme, donc, une spirale, provoque un engrenage.

[iv] Toute condition matérielle et morale permettant à l’être humain vivre libre et digne, épanoui et prospère.

[v] La personne avec qui l’on chemine ensemble. Celle qui vous accompagne à chaque instant dans votre destinée.

Russie vs Ukraine : Guerre interorthodoxe et conflit interreligieux

Le conflit russo-ukrainien et l’influence du pouvoir religieux

L’implosion du Monde orthodoxe

Le Patriarche Kyrill (Cyrille) de Moscou et le Patriarche Bartholomée 1er de Constantinople lors d’une rencontre à İstanbul le 31 août de 2018 . Le primat de l’Église orthodoxe de Russie soutient la campagne militaire de Vladimir Vladimirovitch Putin en Ukraine. Cette agression physique d’un État orthodoxe est vivement dénoncée par son pair gréco-turc.

De la querelle de clocher à la guerre de religion

Les divinités martiales choisissent leur camp

Le conflit russo-ukrainien a permis officieusement aux grands courants religieux de la planète de se déterminer par rapport aux deux belligérants. Ce positionnement est, surtout, l’oeuvre des affinités développées par les adeptes vis-à-vis des protagonistes. Il se transpose, donc, aisément au niveau du comportement des fidèles.

‘‘Les religions fourniront toujours, à ceux qui les cherchent, les meilleurs prétextes à des guerres civiles.’’ Alexandre « Sacha » Guitry, Le 21 janvier 1793, p.283, in Pièces en un acte, Éd. Omnibus

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Depuis le 24 février 2022, la guerre russo-ukrainienne oppose violemment deux États au cœur de l’Europe. Cette conflagration armée, – qui plus est meurtrière –, oppose, surtout, deux Nations qui revendiquent culturellement des racines chrétiennes. En effet, la Russie et l’Ukraine sont pratiquement toutes deux de tradition orthodoxe. Bien entendu, celle-ci remonte au premier millénaire de l’ère commune.

Le Patriarche de Moscou Kyrill en compagnie du président de la Fédération de Russie Vladimir Vladimirovitch Putin.

Ce conflit armé dont les prétentions sont pourtant nationales, présente cette particularité et même cette singularité de se transformer ouvertement en conflit religieux. Il est un fait que le grand patriarcat orthodoxe de Kyïv était, jusqu’à tout récemment, subordonné à celui de Moscou. Force est de souligner que ce dernier est, d’ailleurs, étroitement inféodé au régime politique de Vladimir Vladimirovitch Putin[i].

Le Patriarche de l’Église prorusse d’Ukraine Onuphyr (Onuphre).

Toutefois, depuis 2018, un schisme s’est visiblement opéré au sein de l’Église orthodoxe ukrainienne[ii]. En effet, il existe réellement deux Églises orthodoxes en Ukraine[iii]. L’une est complètement ‘‘dépendante’’ du grand patriarcat de Moscou (Kyrill). Et l’autre est entièrement ‘‘autocéphale’’. C’est-à-dire : ‘‘indépendante’’.

Le Patriarche de Constantinople Bartholomée 1er et le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le Métropolite Épiphane, en compagnie du président Petro Poroshenko.

Du fait de l’agression militaire russe, l’Église orthodoxe ukrainienne directement reliée à Moscou a pris toutes ses distances de la Maison mère. Elle a adopté cette posture dans la mesure où le grand patriarcat de Moscou n’a vraiment jamais condamné ouvertement et de sa propre bouche l’agression physique dont souffre cruellement l’Ukraine de la part de son voisin nordique, d’une part. Et, d’autre part, cette plus haute autorité religieuse s’est faite le porte-parole de la cause russe en reprenant in texto toutes les récriminations de la Russie envers son plus proche voisin.

Le Patriarche de l’Église orthodoxe d’Ukraine (Église dissidente de Moscou), le Métropolite Épiphane (au milieu).

Par ailleurs, il sied de reconnaître que le fossé déjà abyssal entre les deux fameuses Églises s’est encore élargi lorsque des évêques orthodoxes ukrainiens ont demandé à leur prêtrise de ne plus mentionner dans les prières publiques le nom du Grand patriarche Kyrill[iv] de Moscou dont les accointances avec le Kremlin sont, à vrai dire, un secret de polichinelle. Cette scission religieuse aux accents purement politiques et non point dogmatiques a vite conduit Kyïv à se détacher complètement de la tutelle spirituelle de Moscou. Dans cet élan d’indépendance religieuse, l’Église ukrainienne a immédiatement fait ‘‘allégeance’ au grand patriarche orthodoxe de Constantinople, le Gréco-turc Dimítrios Arkhontónis, dont le nom apostolique est Bartholomée 1er[v].

Le patriarche Bartholomée 1er reconnaît le Métropolite Épiphane comme l’autorité suprême de l’Église orthodoxe d’Ukraine placée sous l’autorité de Constantinople.

S’il a évidemment eu pour effet de fragmenter officiellement le microcosme orthodoxe, il n’en reste pas moins vrai que les frictions militaires russo-ukrainiennes ont finalement divisé les obédiences religieuses de la planète terrestre au point de les réaligner derrière chaque belligérant. Il convient de mentionner que ce soutien n’est pas forcément formel voire même officiel. Il est, plutôt, implicite. Il n’est pas déclaré de manière explicite par leurs hautes instances religieuses qui, pour la plupart, observent une certaine neutralité[vi] vis-à-vis de ce conflit.

Le Pape François, premier évêque de Rome, et le Patriarche Bartholomée 1er de Constantinople. En Occident, les opinions publiques des États d’obédience catholique et protestante supportent quasi unanimement l’Ukraine. Ce camp est également renforcé par des États d’obédience orthodoxe. Ceux-ci ont la particularité et la singularité d’être non slave. La Serbie est, à ce titre, un exemple éloquent.

Ce qui est sûr et certain, il existe une ligne de fracture qui sépare de manière tranchée et nette l’axe judéo-chrétien[vii] qui s’aligne comme un seul homme, au niveau de l’opinion publique, derrière l’Ukraine envahie par la Russie et le monde arabo-musulman qui voit en Putin une solide garantie au Multilatéralisme[viii]. Ce sentiment, d’ailleurs, favorable au Maître du Kremlin et fortement affiché par les ‘‘adeptes de Muhammad’’ est lié au fait que la plus grande Mosquée construite en dehors de terres musulmanes se situe à Moscou, la capitale de la Russie[ix]. Il importe de noter que cet immense édifice a été inauguré par le président Vladimir Vladimirovitch Putin qui place – pragmatisme politique oblige – sur un pied d’égalité toutes les religions ayant pignon sur rue au sein de la Fédération de Russie[x].

La Kaaba au cœur de la Mecque, un lieu saint de l’Islam. L’opinion publique arabo-musulmane est majoritairement derrière la Russie.

Dans le sous-continent indien où coexistent, bien sûr, des religions antagoniques sur le terrain dogmatique, tels l’Islam, le Bouddhisme et l’Hindouisme, la préférence pour la Russie de Vladimir Vladimirovitch Putin ne fait point de doute. Celle-ci est réellement plus large. Dans cette région, il y a un fort rejet de la vision du monde, d’ailleurs, partagée par les États-Unis et leurs alliés membres de l’Union européenne qui sont, de surcroît, des sponsors du gouvernement ukrainien et du président Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky.

Le Patriarche de l’Église orthodoxe de Russie Kyrill est le bouclier religieux du pouvoir politique de Vladimir Vladimirovitch Putin. Il est chargé d’assurer la cohésion morale et spirituelle de la Nation vis-à-vis des mécréants occidentaux.

Cependant, en Extrême-Orient manifestement balayé par trois grands courants religieux que sont le ‘‘Taoïsme’’ chinois, le ‘‘Shintoïsme’’ japonais et le ‘‘Bouddhisme’’ tibétain, les ressortissants de l’Empire du Soleil[xi] levant sont, plutôt, nettement favorables à l’Ukraine. Cela s’explique par la promiscuité idéologique entre le Japon et l’Occident qui se déclare ‘‘libre’’ et ‘‘démocratique’’. Par contre, les sujets de l’Empire du Milieu appuient très largement le Maître du Kremlin. À cet égard, la propagande politique aidant, ils considèrent que la crise ukrainienne est plutôt à mettre au passif de l’OTAN et de l’Union européenne. Quant au peuple résilient de Taiwan (anciennement Île de Formose) qui, depuis fort longtemps, est dans le viseur de la République populaire de Chine et vit sans conteste dans la crainte permanente d’une invasion militaire de la part de cette puissance communiste, son appui envers le peuple meurtri de l’Ukraine est sans équivoque.

Le Patriarche Bartholomée 1er de Constantinople (au centre). Le conflit russo-ukrainien a eu pour effet de dynamiter le monde orthodoxe. Sur le plan spirituel, un conflit est plus qu’ouvert entre Moscou et Constantinople.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Le grand patriarche orthodoxe Kyrill de Moscou que d’aucuns déclarent être un agent du KGB, soutient ouvertement les opérations militaires de Moscou en Ukraine. Né à Leningrad en 1946 au nom de Vladimir Mikhaïlovitch Goundiaïev et doublement partisan invétéré de l’invasion militaire et de la Russie pure, celui-ci a fait bénir les armes utilisées par les forces russes en Ukraine. À cet égard, il a béni les militaires russes qui, pour lui, sont engagés dans une croisade de la liberté. D’après lui, la Russie de Poutine est investie dans une guerre sainte en vue de sauver le Monde de la décadence morale et spirituelle que représente l’Occident. Selon cette autorité religieuse, Russkii Mir (le Monde russe) dont la capitale spirituelle est Kyïv et dont la capitale politique est également Moscou, est le grand rempart contre cette déchéance manifestement programmée par l’homo occidentalis dont le poste avancé est l’Ukraine.

[ii] Lors du concile présidé par le président ukrainien Petro Oleksiovytch Poroshenko le samedi 15 décembre 2018, une Église orthodoxe ukrainienne indépendante de Moscou (dite Église orthodoxe d’Ukraine) voit le jour. Celle-ci est dirigée par le Métropolite Épiphane.

[iii] Église orthodoxe d’Ukraine (indépendante de Moscou) et Église orthodoxe ukrainienne (rattachée au patriarcat de Moscou).

[iv] Cyrille.

[v] Il sied de relever que ce personnage central du monde orthodoxe grec a fermement condamné l’invasion russe.

[vi] Toutefois, cet appui peut être simplement déduit du fait du comportement affiché par les ouailles de chaque religion vis-à-vis de ce conflit armé.

[vii] En majorité, les Juifs du Monde entier et d’Israël éprouvent réellement de la sympathie et de la compassion pour le peuple ukrainien. Par contre, au niveau de la chrétienté romaine, l’Amérique latine n’a pas du tout la même lecture du conflit russo-ukrainien que la vieille Europe. Au niveau de l’opinion publique, ce continent latin tend à appuyer ouvertement la Russie de Putin contre les thèses des États-Unis transformés en défenseurs acharnés de l’Ukraine. Par ailleurs, l’axe judéo-catholico-protestant en Occident chrétien est aussi renforcé par des Orthodoxes occidentaux. Quant aux Orthodoxes slaves, l’opinion publique serbe se range majoritairement derrière la Russie pour avoir été pointée du doigt lors de la guerre du Kosovo au début et au milieu des années quatre-vingt-dix. Dans les autres pays slaves, la peur d’invasion militaire provoquée par le Kremlin les incite à soutenir l’Ukraine et à se placer sous parapluie américain.

[viii] Cette perception est largement partagée autant chez les Chiites que les Sunnites.

[ix] Contrairement aux conventions internationales, les représentations diplomatiques ukrainiennes éparpillées dans le globe ont tenté d’enrôler des combattants de la légion étrangère dans certains pays, entre autres africains, à majorité musulmane. C’est l’exemple du Nigeria et du Sénégal.

[x] Il y a lieu de mentionner que les combattants tchétchènes de la région du Caucase et tartares de la presqu’Île de Crimée culturellement et traditionnellement islamisés participent directement à l’effort de guerre russe contre l’Ukraine. Cette coalition est renforcée sur le terrain par des combattants chiites de la Syrie très proches de Bachar el-Assad. Donc des alliés du Hezbollah chiite libanais et de l’Iran. Par contre, des ressortissants des pays catholiques et protestants, y compris des sujets juifs israéliens, ont grossi les rangs des légionnaires étrangers venus prêter main forte à l’Ukraine contre la Russie.

[xi] Les Japonais occupés par les forces américaines depuis la seconde guerre mondiale sont systématiquement alignés sur les visées des États-Unis en tant que soutien stratégique aux forces ukrainiennes. Tandis que les Chinois dont l’obsession gouvernementale est, à vrai dire, l’expulsion des États-Unis de l’Extrême-Orient soutiennent la Russie.

‘‘Paix’’ et ‘‘Harmonie’’

‘‘Paix’’ et ‘‘Harmonie’’

Bouddha est, par définition, un état d’esprit. Il symbolise très concrètement la victoire inéluctable de l’être humain sur le désordre mental qui l’affecte et qui est, sans conteste, la source de tout conflit ravageur de sa personne. Cette perturbation mentale est également à l’origine du chaos qui paralyse et détruit son environnement sur les plans aussi bien moral que matériel.

La voix de la Conscience intérieure en tant que phare de l’existence humaine

La fraternité et la solidarité sont les deux mamelles de la paix. Elles sont les piliers de la liberté et de la dignité humaine.

‘‘Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons tous ensemble mourir comme des idiots.’’ Martin Luther King

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le monde physique qui est, à n’en point douter, le siège de l’existence humaine[i], oscille toujours entre ‘‘Jour’’ et ‘‘Nuit’’, ‘‘Lumière’’ et ‘‘Ténèbres’’, ‘‘Mensonge’’ et ‘‘Vérité’’. Dans cette opposition, il est soumis aux diktats de la dualité, d’ailleurs, résumée sous forme d’éternelle ‘‘compétition’’ entre le ‘‘Bien’’ et le ‘‘Mal’’. Dans cette lutte manichéenne, la paix à laquelle aspire l’être humain représente, incontestablement, le ‘‘Bien’’ parce qu’elle garantit la ‘‘Sécurité’’ et le ‘‘Progrès’’ au sein de la société, parce qu’elle posture au-delà de la quiétude qu’elle apporte la ‘‘Justice’’, la ‘‘Concorde’’ et l’‘‘Harmonie’’[ii].

La violence dictée par la soif inextinguible du pouvoir et de l’hégémonie conduit très souvent l’humanité à sa propre perte. Celle-ci est généralement le fruit de l’incompréhension et de la cacophonie qui règnent dans les relations humaines.

Cependant, la violence, quelle que soit la forme qu’elle prend dans la vie existentielle[iii], représente le Mal absolu. En effet, la violence infligée à l’être humain s’accompagne toujours des souffrances qui broient l’existence physique. En tant qu’épreuves, celles-ci contaminent et polluent la vie. À cet effet, l’existence devient naturellement ‘‘irrespirable’’ parce qu’elle se réduit à la cruauté. En tant que blessures morales et physiques subies, les afflictions qui étouffent l’être humain, lui font, certes, perdre toute sa liberté et toute sa dignité. Cela est d’autant plus vrai que celui-ci demeure assujetti à la pesanteur des contraintes insupportables lui imposées par la violence.

Stopper la violence est en soi un signe de maturité et de sagesse. Cet acte noble fait éminemment appel aux vertus du dialogue pour affermir la paix et, ainsi, renforcer la concorde, garante de l’harmonie universelle et de l’entraide fraternelle.

La violence, ainsi que l’oppression qui la caractérise, s’accompagne toujours de l’amertume. Celle-ci fait perdre à l’être humain sa quiétude et son équilibre aussi bien moral que psychique. Elle lui fait, bien sûr, perdre le sens du bonheur et de la joie. Elle lui fait, donc, perdre mentalement la santé qui participe activement à son rayonnement, à son éclat. Elle lui fait perdre physiquement la paix qui rythme quotidiennement sa vie matérielle autant que mentale. À ce titre, elle hypothèque inexorablement sa liberté. Bref toute sa vie, toute son existence.

Le langage de l’Amour universel et de la paix fraternelle permet de dissiper la violence en tant qu’expression des ténèbres, voix de l’obscurité.

Par conséquent, pour neutraliser la violence qui déshumanise autant l’oppresseur que l’opprimé, l’être humain doit s’abreuver aux sources intarissables de l’Amour Miséricordieux. Pour recouvrer la paix en tant que socle de la liberté et de la dignité, l’être humain se doit de s’ouvrir les portes de la Conscience. Il se doit d’engager un dialogue franc et sincère avec son véritable ‘‘Moi intérieur’’. À ce titre, celui-ci devient inéluctablement son guide, son repère et sa force. Pour la circonstance, il devient son phare chargé de l’orienter, de le diriger en tout temps, de l’amarrer au quai de la vie, de l’accoster au quai du bonheur, de la paix et de l’harmonie.

La paix est la musique de l’âme. C’est le langage ou le son du cœur.

Ainsi, en renouant complètement avec son ‘‘Moi intérieur’’, l’être humain accède au stade de l’humanité, ultime étape à la divinité. De ce fait, il se nourrit aux sources intarissables de l’Amour Saint et Miséricordieux. Il devient, définitivement, un humain avec cette fois-ci un grand H.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] Dans l’univers physique, le genre humain côtoie également d’autres formes d’existence.

[ii] La violence tue la fraternité et la solidarité, prémices de toute existence humaine. En tuant la liberté et la dignité, elle tue, en réalité, l’humanité dans tout ce qu’elle a de plus précieux. C’est-à-dire : la ‘‘Vie’’.

[iii] Qu’il s’agisse de la violence ‘‘armée’’ ou ‘‘non-armée’’, ‘‘physique’’ ou ‘‘morale’’, voire même ‘‘mentale’’.

L’humanité vivante est-elle vraiment loufoque ?

L’humanité est-elle vraiment loufoque ?

Les cancers ‘‘incurables’’ de l’Homo sapiens

‘‘Les progrès de l’Humanité se mesurent aux concessions que la folie des sages fait à la sagesse des fous.’’ Jean Jaurès

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Les Masai sont un peuple guerrier de la Tanzanie. Ils ont conservé un mode de vie manifestement traditionnel dont les origines se perdent naturellement dans les brumes du passé.

L’humanité ambiante est totalement dominée par une seule espèce humaine. Celle-ci est [qualifiée] d’Homo sapiens pour sa capacité à comprendre et à maîtriser son environnement qui lui est trop souvent hostile, par sa faculté à imaginer, à penser et à inventer des solutions lui permettant de vivre dans le confort, le mieux-être et la sécurité.

L’espèce moderne de l’Homo sapiens.

‘‘Homo sapiens’’ est, en fait, une expression émanant du latin, langue aujourd’hui morte, anciennement pratiquée par les Romains[i].  Pour décrire l’espèce humaine, celle-ci signifie ‘‘Homme sage’’. Ici Sagesse doit être comprise dans le sens étroit de ‘‘Conscience’’, d’‘‘intelligence illuminée par la Conscience’’. Toutefois, cette espèce humaine qui se gargarise d’être éminemment intelligente par rapport aux autres règnes de la Nature, – à savoir le ‘‘minéral’’, le ‘‘végétal’’ et l’‘‘animal’’ –, est-elle vraiment consciente au sens le plus élevé du terme ?

La conquête de la lune par l’Homo sapiens ou la découverte des mondes inconnus et des univers inaccessibles. Mission Apollo 11.

Il est un fait indéniable que la plus grande caractéristique de l’Homo sapiens est la ‘‘curiosité’’. Il s’agit, véritablement, d’un être qui aime découvrir des choses. Pour ce faire, il n’hésite pas à sortir de son espace vital pour découvrir et conquérir des mondes qui lui sont, par définition, lointains et inaccessibles. Pour ainsi dire, il est animé d’un esprit de découverte et, au-delà, de conquête.

L’Homo sapiens invente des technologies et des machines pour répondre à ses besoins de confort, de bien-être et de sécurité, de fabrication et de production.

L’Homo sapiens est également un être qui aime inventer des choses pour améliorer sa condition, par essence, vulnérable. Pour ce faire, celui-ci utilise les ressources de son esprit pour transformer la matière. C’est-à-dire : ‘‘la Nature qui l’environne et lui fournit les moyens de sa subsistance, qui est, sans contredit, constamment l’objet de son observation et de son exploitation outrancière’’.

L’Homo sapiens construit des voies de transport et de communication en vue de faciliter des échanges commerciaux, intercommunautaires et internationaux.

Comme il aime vraiment se déplacer, et surtout aller plus loin dans son aventure, il convient de relever que l’Homo sapiens  est naturellement obsédé par une réalité spatiale. En effet, l’espace l’intrigue en permanence. L’horizon fixé par aussi bien le lever que le coucher du soleil le fascine et l’attire comme un aimant. De ce fait, il doit en percer à tout prix tous les secrets et tous les mystères. Il doit en maîtriser définitivement tous les contours.

L’être humain construit des immeubles pour abriter sa famille des intempéries et, surtout, abriter ses activités et les produits et services qui y en découlent.

Cependant, dans sa marche pour la conquête du monde connu ou inconnu, l’Homo sapiens est habité par un sentiment de destruction inouï. En raison de sa voracité, de sa rapacité, il détruit tout sur son passage dès lors que l’insécurité l’anime ou l’habite. Comme la destruction fait partie de son ADN, il n’hésite pas à détruire son environnement pour les besoins d’exploitation, donc de transformation tous azimuts de la matière. Il n’hésite pas non plus à détruire violemment son prochain pour monopoliser les ressources vitales de son environnement. Ce qui révulse naturellement l’esprit, il peut le faire par simple plaisir et non pas par simple acte de vengeance[ii].

Les armes servent à mener la guerre, à détruire les ennemis, à défendre le territoire et à protéger le business (intérêts privés) qui engendre des richesses dans la collectivité publique.

Pour arriver littéralement à cette fin, l’Homo sapiens invente, bien sûr, des armes[iii]. En réalité, celles-ci lui servent à mettre au pas tout son environnement mais aussi protéger efficacement les débouchés des matières premières exploitables. Vis-à-vis de ses voisins, l’usage des armes létales pour se défendre et protéger tous ses biens l’incite à délimiter l’étendue de son territoire que nul ne peut résolument franchir sans son accord et sous aucun prétexte, au risque bien entendu de déclencher des hostilités violentes.

Dans la préhistoire la plus reculée, l’Homo sapiens a, d’abord, utilisé la pierre taillée (le silex) pour chasser le gibier servant à nourrir la famille et la communauté de petite taille. Il utilisa, ensuite, le bois pour la même fonction alimentaire. Enfin, il découvrit le fer qui lui permit de fabriquer des arcs et des flèches afin de se protéger et de se livrer aux activités de chasse et de pêche.

Dès lors qu’il est manifestement en position de force par rapport à tous ses voisins, l’Homo sapiens n’hésite cependant point à franchir le Rubicon pour imposer sa loi injuste ou sa volonté criminelle[iv]. Celui-ci n’hésite point à les réduire totalement en cendres[v]. Aussi n’hésite-t-il point à ravir l’ensemble de leurs ressources vitales dans l’intention malveillante de renforcer son hégémonie destructrice[vi].

Le cancer du racisme et de la ségrégation raciale.

Toute cette violence mortelle ou destructrice exercée par l’Homo sapiens est dictée par trois principes fondamentaux. À savoir : le ‘‘Racisme’’, le ‘‘Matérialisme’’ et le ‘‘Militantisme’’. Ces trois ‘‘maux’’ qui animent, mentalement, psychiquement, l’espèce humaine, constituent, en réalité, des cancers inévitables, mais pas au point d’être forcément incurables. Ces pathologies suicidaires peuvent inéluctablement conduire à long, moyen et court terme à sa propre perte. Et pourquoi pas à sa totale disparition…

La lutte pour la demande de justice et réparations pour les méfaits de l’esclavage et de la traite négrière qui sont, de nos jours, reconnus comme un crime contre l’humanité.

En effet, le ‘‘Matérialisme’’ est la manie humaine de s’identifier à des choses. C’est-à-dire : des biens matériels. Elle est, réellement, cette fâcheuse tendance à se définir strictement par rapport à la [détention] des richesses matérielles. Dans le monde moderne, le ‘‘Capitalisme’’ – théorie fondée sur la détention du capital – qui conditionne, en vérité, le destin de la planète tout entière, a rapidement poussé l’être humain à se définir par rapport au travail qu’il exerce, aux différents revenus qui découlent fort logiquement de ses multiples activités[vii].

L’argent est le nerf de la guerre. Il détermine la puissance matérielle des Nations et le statut social des personnes privées.

Par conséquent, cette notion de possession de la matière a évidemment provoqué, en raison de la rareté ou de l’absence des ressources matérielles, ‘‘l’esprit de vol et de conquête des biens d’autrui par la manipulation[viii] ou la violence physique[ix]’’. Elle a fini par développer chez l’être humain épris de folie l’esprit de privation ou de captation des richesses matérielles. Ce sentiment d’accaparement des biens, de spoliation violente des ressources physiques, est bel et bien perceptible au niveau des collectivités humaines.

Les interprétations fallacieuses du Christianisme occidental ont très largement participé à l’esclavage et à la traite négrière, et surtout très activement contribué à la colonisation des peuples d’outre-mer et aux pogroms des juifs dans le monde.

Afin de justifier cet esprit de conquête ou de domination, de légitimer cet esprit de vol, cet élan de spoliation des ressources matérielles, de captation certes indue des biens d’autrui, l’être humain invente de toutes pièces le ‘‘Racisme[x]’’. À vrai dire, celui-ci repose [fondamentalement] sur la condescendance morale, l’arrogance intellectuelle et la manipulation mentale. Il s’agit, en réalité, de toutes les théories malsaines qui font inévitablement appel aux bas instincts de l’humanité. Celles-ci trouvent leur justification ou leur légitimation dans la ‘‘Religion’’ ou la ‘‘Science’’.

Les sciences sociales et humaines ont joué un rôle capital dans la diffusion et la promotion des idées racistes aux 18e et 19e siècles

Dans les faits, le Racisme consiste à diaboliser l’autre, à l’inférioriser, à l’humilier. Dans cette logique de dépréciation outrancière, il consiste à détruire son prochain dans le but de prendre possession de toutes ses richesses. Il consiste à l’empêcher de s’épanouir, de vivre décemment comme un être humain[xi]. Il consiste à lui nier catégoriquement sa ‘‘dignité’’, sa ‘‘liberté’’. Bref toute aptitude à la vie. En vérité, ce phénomène destructeur consiste à le dépouiller de toutes ses ressources dans le but d’accroître la domination criminelle de l’agresseur visiblement intouchable, de maintenir ad vitam aeternam son statut hégémonique[xii].

Le Nazisme hitlérien fut, à n’en point douter, une des plus grandes catastrophes humaines. Il a provoqué la déportation, la séquestration, le dépouillement et l’élimination physique des millions de Juifs en Europe. Le mémorial d’Auschwitz, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d’Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand) en Pologne, est l’un des symboles marquants et palpables de cette barbarie épouvantable.

Par ailleurs, pour maintenir coûte que coûte le statu quo dans une collectivité où la violence physique sert visiblement d’effet de répulsion à tout changement, l’être humain se résout à promouvoir le ‘‘Militantisme’’. Ce phénomène peut se définir comme la doctrine ou les enseignements qui maintiennent l’humain complètement prisonnier de ses convictions loufoques ou esclave de ses lubies. Par nature, celles-ci conditionnent mentalement sur le terrain son comportement. Elles dictent ses actes, ses gestes. Bref ses attitudes pathologiques.

Les exactions de l’exploitation capitaliste en République démocratique du Congo. Les conséquences atroces de la culture de l’hévéa d’ailleurs en très forte demande par l’industrie automobile à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Les mutilations infligées par la colonisation belge aux autochtones congolais.

Comme il oriente véritablement sa vision, canalise son mental, ce ‘‘Militantisme’’ se manifeste pratiquement sous forme d’activisme. En fait, il s’exprime sous forme de posture sociale. Il se traduit sous forme de ‘‘faits’’ et ‘‘gestes’’ qui corroborent sur le terrain la cohérence des convictions nourries par l’humain, la totale adhésion aux principes lui enseignés[xiii] par des esprits loufoques.

La plus grande faiblesse des plus vieilles démocraties est la tolérance aveugle des idées extrémistes et des groupes néonazis.

Dans l’optique de réhabiliter l’Homo sapiens dans sa vocation naturelle à vivre sur cette planète terrestre, en totale communion avec ses pairs, en complète harmonie avec son environnement, il y a lieu de l’éduquer. Éduquer signifie ici l’informer des dangers de son comportement destructeur. Dans ce contexte salutaire, cela signifie changer radicalement sa perception criminelle de l’autre, sa conception suicidaire de l’environnement[xiv].

La fraternité et la solidarité au cœur des relations humaines et internationales.

Éduquer signifie, en réalité, l’abandon du matérialisme le plus abject au profit de l’essentialisme ‘‘constructeur’’, ‘‘promoteur’’ de l’harmonie et de la concorde, de la fraternité et de la solidarité, de la justice et de la dignité humaine. Il signifie l’acceptation du prochain – gage majeur de sa survie sur cette planète – comme son propre ‘‘reflet’’, comme le ‘‘miroir parfait de sa liberté, donc de sa vie, de sa plénitude’’. Il signifie en tout et pour tout l’appropriation inconditionnelle de la notion d’Amour universel.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Antiquité.

[ii] Ce qui suppose forcément et logiquement à la base la réaction – [fût-elle disproportionnée] – à une action provocatrice.

[iii] Les armes servent non seulement à le défendre mais également à protéger ses ressources jugées vitales.

[iv] Le Nazisme hitlérien lors de la seconde guerre mondiale.

[v] Le génocide, l’esclavage, la traite négrière.

[vi] L’Apartheid sud-africain, le ségrégationnisme sur le continent des Amériques, en Australie et en Mélanésie, les guerres funestes de l’OTAN dans le monde arabo-musulman (Libye, Syrie, Afghanistan, etc.).

[vii] Dans le matérialisme, l’humain se détermine par rapport à l’avoir et non point par rapport à l’être. De ce fait, il se renie lui-même en tant qu’âme qui le rattache aux autres humains. Il ne dispose plus d’âme qui le rattache aux sources intarissables de l’Amour Miséricordieux et Universel. Ainsi devient-il un objet sans âme, sans esprit, sans conscience et sans miséricorde.

[viii] La ruse, la fourberie, la roublardise.

[ix] Les ‘‘stratégies de guerre’’ menées pour contrecarrer le terrorisme islamiste au Sahel procèdent, en réalité, d’une volonté manifestement délibérée de détourner subtilement, subrepticement, les ressources matérielles appartenant, d’ailleurs, aux peuples africains.

[x] Le sentiment de haine pour justifier l’injustice, tous les dérapages dus ou reliés à l’arbitraire, l’idéologie de la haine pour légitimer les abus criminels et épouvantables faits à l’autre.

[xi] Les pogroms des juifs en Europe obéissent à cette logique de spoliation.

[xii] Le Ku Klux Klan aux USA pour opprimer les Africains-américains, l’institution des polices administratives pour traquer les populations ‘‘arabes’’ et ‘‘noires’’ en Europe.

[xiii] Les attentats ou manifestations racistes. Les activités terroristes obéissent elles aussi à la même logique de destruction massive.

[xiv] Éduquer signifie respecter la Nature physique et la Nature humaine. C’est se départir définitivement de l’égoïsme, se débarrasser tous azimuts de l’esprit de convoitise. Celui-ci provoque inutilement, violemment, frictions et exactions, injustices et ressentiments dans les relations humaines.

La crise ukrainienne

Guerre en Ukraine

Avec l’assistance logistique et technique de l’OTAN, les forces armées ukrainiennes se préparent à affronter les troupes russes.

Partie de Poker menteur entre l’Aigle américain et l’Ours russe

‘‘Qui prêche la guerre est le chapelain du diable.’’ Proverbe anglais 

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Depuis 2014, l’Ukraine qui est, par essence, le berceau de la culture russe, est sans aucun doute au centre de l’actualité mondiale. Ce pays fort connu pour ses riches terres agricoles – [le tchernoziom] –  est, certes, au cœur de l’attention internationale. Plus particulièrement et plus singulièrement de l’Union européenne (UE) totalement adossée à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

L’Ukraine dirigée par des non-Russophones veut devenir un membre à part entière de l’Union européenne et de l’OTAN

En effet, la Fédération de Russie, de surcroît son puissant voisin du Nord, d’ailleurs dirigé par Vladimir Vladimirovitch Putin, un ancien agent du KGB, à plus forte raison nostalgique de l’ère soviétique, a concentré le long des frontières avec ledit État, y compris au Belarus limitrophe, maintes troupes d’élite. Cette tension manifestement palpable au double niveau ‘‘diplomatique’’ et ‘‘stratégique’’ fait réellement craindre l’imminence d’une conflagration ‘‘armée’’ [majeure] – (un conflit à très forte probabilité nucléaire, chimique, biologique ou bactériologique) – depuis la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Face à cette crise dont les principaux protagonistes sont, à vrai dire, Américains et Russes, la propagande idéologique s’est effectivement auto-invitée au point de rendre illisible la lecture d’un conflit militaire aux multiples enjeux géostratégiques.

Le président russe Vladimir Vladimirovitch Putin

Ce qui est clair, la crise ukrainienne, telle qu’elle se présente véritablement de nos jours, est une guerre virtuelle, un conflit imaginaire. En fait, elle relève plus de l’hystérie occidentale véhiculée par les médias mainstream. C’est en vérité un conflit provoqué artificiellement par les États-Unis dans le but de réactiver stratégiquement l’OTAN en tant qu’alliance militaire en Europe. Ce continent a, d’ailleurs, été confronté, à un certain moment, au désintéressement voire même au désengagement américain initié par la présidence républicaine de Donald John Trump Sr. Cette situation inconfortable a fait craindre un éventuel retrait de l’Oncle Sam de cette partie névralgique de la planète.

Après la présidence controversée de Donald John Trump Sr plus accommodante envers le Kremlin, le président des États-Unis Joe Biden recourt à la bonne vieille politique d’endiguement « The Containment » de la Russie comme à l’époque de la guerre froide.

Face au vide normalement créé par les USA, certains leaders nationalistes européens qui, pourtant, sont soutenus par de puissants intérêts américains, ont engagé – en catimini tout comme au grand jour – des pourparlers politiques avec Moscou. Par contre, d’autres leaders politiques visiblement logés à l’enseigne de l’extrême-droite, ont entamé la promotion d’une Europe civilisatrice qui s’étend physiquement de l’Atlantique à l’Oural. Or une telle Europe serait automatiquement et systématiquement arrimée – [géographiquement] – au continent asiatique. En d’autres termes, ce serait la matérialisation de l’Eurasie rêvée par la République populaire de Chine et dont le lien emblématique sont, bien entendu, les fameuses ‘‘Nouvelles Routes de la soie’’.

Le président chinois Xi jinping rêve de matérialiser la fameuse  »Route de la soie ». Celle-ci reliera les rives de la mer de Chine et de l’océan Pacifique à celles de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique.

Donc, c’est pour effectivement casser cette dynamique alléchante, attirante, d’allégeance européenne vis-à-vis de la puissance russe que les États-Unis fabriquent artificiellement le conflit militaire ukrainien dont l’inévitable point d’orgue serait, d’ailleurs, l’invasion armée de la [méchante] Russie. Cela dit, il ne faut point oublier que l’Ukraine est, déjà, en proie au démembrement de son immense territoire ‘‘qualifié par les experts d’utile à l’économie capitaliste et libérale’’. Celui-ci est visiblement convoité aussi bien par les Européens que les Russes. Il regorge d’immenses ressources naturelles et minérales autant que stratégiques et précieuses.

Le Pont de Crimée – Krimsky Most en Russe ou Krimsky Mist en Ukrainien – symbolise l’annexion de la presqu’île du même nom par la Russie.

Force est de constater que l’Ukraine qui n’a jamais eu dans son histoire politique et nationale, au même titre que sa voisine de l’Ouest, la Pologne, des frontières stables et intangibles, est déjà pratiquement amputée de son territoire utile. En effet, sa portion orientale comprenant naturellement et physiquement les régions de ‘‘Donbass’’ et ‘‘Lougansk’’ fait théoriquement partie de la Fédération de Russie. À la suite des violences armées, celles-ci ont été arrachées au gouvernement de Kiev par les séparatistes russophones proches de Moscou. Cependant, sa portion méridionale comprenant la Presqu’île de Crimée fait déjà partie intégrante de la Russie à la suite d’un référendum d’adjonction au territoire russe décidé par ses habitants majoritairement pro-Moscou et linguistiquement et culturellement russophones.

Un navire de guerre russe patrouillant aux larges de Sébastopol en Crimée.

Ce qui est sûr et certain, depuis les conflits armés ayant violemment sévi aussi bien dans le Donbass que Lougansk en 2014, lesquels se sont militairement soldés par la victoire écrasante des séparatistes prorusses, et surtout depuis l’annexion référendaire de la Crimée par Moscou, l’Ukraine affaiblie sur tous les plans vit des situations amères, extrêmement dures. À la limite exécrables, insupportables, donc intolérables. Bien entendu, celles-ci se traduisent sur le terrain par la montée vertigineuse de l’inflation, la baisse drastique de la devise nationale (hryvnia). L’économie tourne manifestement au ralenti. Par conséquent, le pays, autrefois dynamique et prospère, est aujourd’hui incapable d’assurer des services publics à l’ensemble de sa population. Il ne vit plus que des aides internationales provenant essentiellement de l’Occident[i]. Celles-ci accroissent de façon exponentielle la dette extérieure qui a déjà atteint des pics vertigineux.

La devise nationale ukrainienne (hryvnia) ne cesse de se déprécier sur les marchés boursiers et monétaires. Ce qui témoigne de la fragilité économique et sociale de l’Ukraine.

Un tel sombre tableau ne peut que conduire inéluctablement à une déclaration de faillite. À vrai dire, ce portrait met irréversiblement cet État, déjà en agonie, en situation de cessation de paiement. Avec pour corollaire immédiat le ‘‘non-paiement des fonctionnaires d’État et des agents publics et administratifs ’’, le ‘‘bradage des actifs de l’État’’, la ‘‘privatisation du patrimoine des collectivités publiques’’.

Qui dit ‘‘crise économique’’, dit logiquement et forcément ‘‘crise sociale’’. Avec son cortège de difficultés qui accablent très violemment la population. Celle-ci se traduit, en effet, sur le terrain par l’émigration de la population. De plus en plus la jeunesse est tentée par le mirage de l’exil parce que confrontée à un État ‘‘faillitaire’’ dont les horizons sont, à moyen et long terme, complètement bouchés.

La présence des troupes russes le long des frontières communes avec l’Ukraine est, pour l’instant, dissuasive. Elle est moins dirigée vers l’Ukraine déjà asphyxiée et exsangue que les forces militaires de l’OTAN et des États-Unis qui se déploient ouvertement dans les pays limitrophes. Mais, tout indique sur le terrain que les soldats russes pourraient assiéger et occuper ce voisin devenu encombrant.

Pour ainsi dire, la situation est absolument catastrophique en Ukraine. Par conséquent, la Russie n’a vraiment pas besoin d’un conflit armé, et même d’une guerre éclair, pour envahir un tel pays. Tout ce qu’elle peut faire, c’est d’attendre patiemment son effondrement complet et inéluctable. Si pas d’ailleurs imminent…

Mais, pourquoi le géant américain dont l’hyperpuissance économique et militaire ne cesse réellement de ‘‘décroître’’ sur le terrain international, cherche-t-il dans les faits à entraîner, à empêtrer, pratiquement la Fédération de Russie dirigée d’une poigne de fer par Vladimir Vladimirovitch Putin dans un conflit armé impitoyable, sans merci, long et coûteux, avec son voisin méridional, l’Ukraine ?

Les raisons d’une telle stratégie s’apprécient à la lumière de la recomposition du monde de l’après-guerre de 1940 – 1945. En effet, cet univers a vu émerger une kyrielle de puissances moyennes dont les exigences et l’appétit vorace ont nettement fait reculer les prétentions des dessinateurs de l’ordre bipolaire de Yalta. Celui-ci a vu, surtout, surgir, de nulle part, la République populaire de Chine. Cet État extrême-oriental qui promeut idéologiquement le collectivisme et le socialisme de marché, s’est développé à vive allure ces trente dernières années au point de rivaliser et même de surpasser la toute-puissance économique des États-Unis.

La perspective d’une République populaire de Chine leader du monde et première puissance planétaire inquiète énormément les États-Unis et leurs alliés occidentaux.

D’ailleurs, contrairement au ‘‘discours ambiant véhiculé par la presse occidentale’’, ce pays dynamique d’Asie a de manière incontestable et même indiscutable prouvé qu’un État peut sûrement se développer matériellement sans nécessairement être assujetti aux caprices des lois du marché libéral. Contrairement à la ‘‘propagande idéologique en vigueur’’, ce dernier bastion du communisme international[ii], a fait la démonstration qu’un pays monolithique pouvait se développer sans pour autant se convertir nécessairement à la démocratie libérale présentée comme la seule et unique panacée universelle au développement économique et matériel d’un État. Il s’est imposé comme une hyperpuissance économique et militaire sans pour autant être politiquement parrainé par l’Occident et a fortiori par le pays de l’Oncle Sam. À cet effet, il constitue sans l’ombre d’un doute un danger permanent et indiscutable pour le capitalisme occidental ou le libéralisme de marché dont le [héraut messianique] ou le [chantre idéologique] sont les États-Unis.

Le rôle de l’OTAN dans les prochaines années serait d’aider les États-Unis à endiguer la puissance chinoise à travers le monde.

Chose sûre et certaine, en instrumentalisant l’Ukraine en vue de parrainer son intégration politique et militaire au sein des forces de l’OTAN, les États-Unis obtiennent du même coup l’assujettissement des pays européens de l’Est, du Centre, du Nord et de l’Ouest foncièrement hostiles à la Russie, d’une part. Et, d’autre part, en agitant, certes, l’épouvantail du transfert de l’Ukraine dans l’escarcelle de l’Alliance Atlantique, Washington irrite diplomatiquement le Kremlin. En effet, Moscou se sent visiblement floué par l’engagement américain de ne pas élargir les tentacules militaires de l’OTAN vers l’Europe de l’Est[iii]. Cette provocation oblige stratégiquement la Russie à mobiliser, à titre dissuasif, 100, 000 militaires en vue d’encercler ce voisin méridional dont les États-Unis, l’Europe et l’OTAN veulent, sans conteste, se servir plutôt de marchepied que d’allié.

À la faveur du conflit ukrainien, la réactivation politique et militaire de l’OTAN en Europe signe le grand retour des États-Unis dans cette partie du monde. Cette opération intervient après la léthargie du président Donald John Trump Sr jugé plus accommodant envers Vladimir Vladimirovitch Putin.

Chose sûre et certaine, en miroitant la guerre en Ukraine, les États-Unis veulent entraîner la Russie sur un terrain somme toute glissant. Ils veulent, en effet, entraîner le va-t-en-guerre et maître du Kremlin Vladimir Vladimirovitch Putin dans un bourbier sans fin. Ils cherchent à l’engouffrer dans un sable mouvant, à l’y empêtrer définitivement.

Le Maître du Kremlin franchira-t-il finalement le Rubicon au risque de mettre en péril la paix internationale ?

Le tout doit en fait se dérouler selon le fameux modèle afghan[iv] qui a littéralement contribué à la dépréciation militaire de l’hyperpuissance russe dans les années quatre-vingts[v]. Ce qui permettrait, dans l’entre-temps, à Washington complètement débarrassé de la pression à la fois politique et diplomatique de la Fédération de Russie de se concentrer exclusivement sur la République populaire de Chine privée pour la circonstance d’un allié stratégique sûr. Ce qui lui permettrait d’activer sans gêne et sans contrainte le processus de démantèlement – tous azimuts – sous toutes ses coutures de l’Empire du Milieu à partir des provinces rebelles de Xinjiang et du Tibet.

L’Empire du Milieu est dans le viseur des États-Unis et de leurs alliés occidentaux. La crise ukrainienne n’est qu’un fallacieux prétexte stratégique pour détourner l’attention des Russes sur l’évolution du contexte international en mer de Chine.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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[i] Union européenne, États-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, etc.

[ii] La volonté politique et idéologique de la République populaire de Chine d’obédience communiste s’inscrit, à n’en point douter, dans le renversement plutôt pacifique du capitalisme occidental considéré comme la seule et unique source des malheurs imposés aux peuples du monde entier.

[iii] En échange de la réunification de la République fédérale allemande (Ouest) et de la République démocratique et populaire allemande (Est), Washington s’était engagé auprès de Moscou à ne pas intégrer au sein de l’OTAN les pays de l’ex-Bloc soviétique et de l’ex-Pacte de Varsovie (Europe centrale et Europe orientale).

[iv] Techniques de guérilla et utilisation du matériel militaire américain (missile sol – air FIM 92 – Stinger).

[v] Ce serait une guerre de type terroriste comme en Irak, en Afghanistan et en Syrie où le chaos et l’anarchie rendent pratiquement incontrôlable la maîtrise du territoire par la puissance occupante sur les plans militaire et institutionnel.