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Les populations tutsies et hutues rwandophones établies dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont-elles congolaises ?

Les populations tutsies et hutues rwandophones établies dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont-elles congolaises ?

Maître Azarias Ruberwa Manywa, Ministre de la Décentralisation et des Réformes institutionnelles de la RDC, est un Tutsi munyamulenge.

Que dit-elle expressément la législation sur la nationalité congolaise ?

La Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 définit la qualité d’être  »Congolais ». Aussi définit-elle les conditions formelles d’appartenance à la nation au travers de la procédure d’acquisition de la nationalité.

De l’intoxication mentale à la propagande mensongère et haineuse

 ‘‘Si le fanatisme nous révolte, ce n’est pas seulement parce qu’il révolte la raison, c’est parce qu’il offense Dieu en lui prêtant les plus viles passions des hommes : La haine et la vengeance.’’ Constance de Théis in Les pensées diverses, 1835.

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Depuis un certain moment, a librement cours sur les réseaux sociaux un débat très malsain. Celui-ci concerne principalement et touche directement la place qu’occupent réellement les Banyamulenges dans la Nation congolaise. Ceux-ci sont, en vérité, des populations ‘‘tutsies’’ rwandophones. Force est de mentionner que ce débat dont l’acuité n’a véritablement d’égal que les viles passions qu’il soulève, d’ailleurs ardemment, est sournoisement téléguidé par les fossoyeurs de la République démocratique du Congo. Dans quel but ?

Maître Azarias Ruberwa Manywa

Les Tutsis banyamulenges en provenance du Rwanda limitrophe vivent pratiquement, et ce depuis la troisième décennie du XXe siècle, dans l’Est de la République démocratique du Congo, plus précisément dans les régions montagneuses du Kivu. En effet, cette population tutsie rwandophone y a été casée par une décision politique et administrative de l’autorité coloniale belge en vue d’échapper à la famine qui avait très durement frappé la région des Grands Lacs africains. À cette époque, celle-ci n’a pas pu complètement épargner le Rwanda lourdement ravagé par une sécheresse implacable. Et, cette catastrophe naturelle décimait, littéralement, tout le bétail dont vivent ordinairement et pratiquement les Tutsis.

Les déplacés tutsis banyamulenges victimes d’affrontements intercommunautaires entre Autochtones du Kivu et populations allogènes.

C’est de cette relocalisation montagneuse que les populations tutsies vivant en République démocratique du Congo tirent, sans contredit, leur appellation de ‘‘Banyamulenge’’. Donc, cette résidence montagneuse constitue sociologiquement, en plus d’être physiquement leur domiciliation, leur identité ethnique ou leur personnalité. À titre de rappel historique, ce nom par lequel sont désignées ces populations tutsies rwandophones, signifie en fait voire même se traduit de la manière suivante : ‘‘des gens habitant le mont Mulenge ou des peuples originaires de la montagne Mulenge’’. Donc, le mont Mulenge est, par définition, leur port d’attache en République démocratique du Congo[i].

Maître Moïse Nyarugabo Muhizi Mugeyo, sénateur de la République démocratique du Congo et cadre du RCD, est un Tutsi munyamulenge.

Cependant, toutes ces populations tutsies rwandophones ont migré par vagues successives avant ou après l’indépendance vers la République démocratique du Congo. Il y a lieu de noter que ces différents mouvements migratoires en direction de ce pays d’Afrique centrale ont eu pour corollaire immédiat le net accroissement physique de leur démographie. Mais avec la fin de la colonisation belge et l’effondrement systématique et automatique de l’État postcolonial et de son administration publique sous le régime mobutiste, les réfugiés tutsis en provenance directe du Rwanda limitrophe ont pu bénéficier sans trop de difficultés de la nationalité congolaise. Cette démarche a été rendue possible par la politique d’assimilation obligatoire des masses tribalo-ethniques locales et des communautés étrangères pratiquée tant bien que mal par le pouvoir despotique du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre.

Cette cartographie de l’Est de la RDC met en relief les zones de provenance et d’installation des populations tutsies d’expression rwandaise.

Il ne fait pratiquement aucun doute que le milieu naturel des Hutus et des Tutsis est soit le Rwanda soit le Burundi. Comme l’affirment précisément des sources historiques, c’est dans ces deux pays limitrophes de la République démocratique du Congo qu’ont été clairement identifiés et tout à fait répertoriés ces deux groupes humains, d’ailleurs aux morphologies contrastées. Leurs activités sociales les différencient totalement, en plus de les opposer.

En effet, les Tutsis sont reconnus présenter des traits physiques fins. Ils sont longilignes. Au niveau social, ils s’astreignent à des activités pastorales. Quant à eux, les Hutus présentent, normalement, des traits physiques prononcés. En tant qu’êtres humains, ils se caractérisent par leur taille moyenne et s’adonnent à des travaux agricoles. Comme quoi les pasteurs et les agriculteurs ne font pas toujours bon ménage…

Toutefois, pourquoi émerge-t-elle aujourd’hui, si subitement et si brutalement pourrait-on dire, la dénégation de la qualité nationale aux populations tutsies rwandophones par des Congolais de souche dont les ethnies et tribus sont répertoriées dès le début de l’entreprise léopoldienne dans cet espace géographique dénommé État indépendant du Congo (EIC) ?

En septembre 1996, éclate soudainement, dans l’Est de la RDC, la guerre dite d’agression physique de la souveraineté internationale et de démembrement du pays. Piloté par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi limitrophes, ce conflit armé des plus meurtrier dont le double objectif consiste à solder les vestiges de la guerre froide et à défenestrer le régime ubuesque du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre, porte au pouvoir le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK). Le 2 août 1998, éclate la guerre dite d’occupation et de pillage des ressources minérales et naturelles de la RDC. Celle-ci est l’oeuvre du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).Cette rébellion politico-militaire est soutenue logistiquement et techniquement par le Rwanda et l’Ouganda. Ces deux États voisins attaquent violemment leur ancien allié sous-régional, Mzee Laurent-Désiré Kabila, pour avoir brutalement divorcé d’avec ses parrains régionaux et tuteurs internationaux.

La goutte qui a littéralement fait déborder le vase, est assurément le conflit foncier. Celui-ci oppose brutalement les Autochtones aux Allophones, d’une part. Et, d’autre part, la guerre de prédation meurtrière qui sévit virulemment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Celle-ci a déjà fauché au bas mot plus de 12 millions d’individus. Ce qui est en soi pratiquement l’équivalent de la taille de la population haïtienne ou belge. Ces deux conflits meurtriers, dont l’un de type civil et l’autre de nature armée, ont rapidement fait remonter en surface tout sentiment latent de répulsion étrangère.

Au nom de ce rejet, les Congolaises et Congolais, indubitablement excédés par les dégâts humains et les désastres naturels, visiblement provoqués par ces deux types de ‘‘conflits’’ meurtriers, ne reconnaissent pratiquement plus aux populations tutsies rwandophones la qualité d’appartenance à la très grande famille congolaise. Il y a lieu de rappeler que cette reconnaissance est, par nature et par excellence, formelle. Celle-ci dérive tout droit de la loi de l’État en matière de naturalisation réservée aux ressortissants étrangers.

Ordonnance-loi No 71 – 020 du 26 mars 1971 relative à l’acquisition de la nationalité congolaise par les personnes originaires du Ruanda-Urundi établies au Congo au 30 juin 1960. (Voir et Lire sources infra).

À ce propos, il convient de citer ‘‘l’ordonnance-loi N0 71 – 020 du 26 mars 1971 relative à l’acquisition de la nationalité par les personnes originaires du Ruanda-Urundi établies au Congo au 30 juin 1960’’. Ce décret signé par le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre, dont l’enjeu primordial est l’attribution de la nationalité à des groupes ou masses d’individus, est en réalité l’un des tout premiers textes de loi qui citent nommément les populations tutsies rwandophones comme des membres à part entière de la communauté nationale congolaise.

Cependant, la fameuse constitution de Luluabourg du 1er août 1964 demeure le tout premier texte qui fait une mention implicite de toutes ces personnes originaires du Ruanda-Urundi. Cette charte fondamentale ne les cite pas nommément mais les exclue automatiquement de la nation congolaise en déterminant les conditions de jouissance de celle-ci. Dans son article 6 alinéa 2, cette deuxième constitution de la Ie république déclare sans ambages que ‘‘la nationalité congolaise est reconnue à toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu ou d’une partie de tribu officiellement établie sur le sol du territoire de la République démocratique du Congo avant le 18 octobre 1908[ii]’’.

Un deuxième texte de loi qui fixe les contours de la nationalité congolaise et détermine les conditions de son obtention est le décret-loi du 18 septembre 1965[iii] signé par le président de la République Joseph Kasa-Vubu. Pris conformément à la constitution de Luluabourg du 1er août 1964, celui-ci est contresigné par le premier ministre Moïse Kapenda Tshombe et le ministre de la justice Victor Nendaka Bika. En outre, l’enjeu majeur de cette disposition est bien entendu la définition de la nationalité congolaise par rapport au lien sanguin (jus sanguinis) et non à la territorialité (jus solis ou le droit du sol).

En raison de ses nombreuses restrictions, ce dispositif légal contribue fort aisément à la discrimination négative entre les Congolaises et Congolais de souche selon qu’ils sont ou pas mariés à une personne étrangère au regard de la loi nationale. De plus, il exclue facilement les enfants nés à l’intérieur tout comme à l’extérieur du Congo d’un des parents étrangers. Quoi que d’essence discriminatoire, cette disposition en matière de nationalité ne fait point explicitement ou implicitement mention de ou allusion à toutes personnes d’expression rwandaise et originaires du Ruanda-Urundi. Elle les ignore carrément. Ce qui intéresse ce décret-loi, est concrètement le lien de sang (Jus sanguinis) afin de prétendre réellement appartenir à la nation congolaise. Point barre[iv]. Par ailleurs, le mode privilégié d’acquisition de la nationalité est, sans pour autant le mentionner de manière expresse, la démarche individuelle.

Copie partielle loi No 72 – 005 du 05 janvier 1972 (Voir infra et Lire l’intégralité de cette disposition législative dans les sources ci-dessous annexées).

S’agissant de la vie de l’ordonnance-loi N0 71 – 020 du 26 mars 1971 relative à l’acquisition de la nationalité par les personnes originaires du Ruanda-Urundi établies au Congo au 30 juin 1960, ce texte est aboli neuf mois plus tard. Dans la foulée, il est remplacé par un autre dispositif légal. À son tour, celui-ci réglemente la procédure de naturalisation des personnes étrangères. Il s’agit de la loi N0 72 – 005 du 05 janvier 1972 qui détermine certainement les conditions d’obtention et de révocation de la nationalité congolaise. Toutefois, [en son article 15], cette nouvelle disposition législative maintient, de manière claire et nette, limpide et expresse, le mode d’octroi collectif de la nationalité.

Dans sa formulation, cet article précise de la manière la plus limpide et la plus nette que ‘‘la nationalité zaïroise est reconnue à des personnes originaires du Ruanda-Urundi établies dans la province du Kivu avant le 1er janvier 1950 et qui ont continué à y vivre jusqu’à l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi du 5 janvier 1972. Tous ces individus sont, par voie de conséquence, réputés congolais à la date d’obtention de l’indépendance de la République démocratique du Congo. C’est-à-dire : le 30 juin 1960’’.

Cette loi sur la nationalité congolaise adoptée et promulguée en 1972 pose, en réalité, deux conditions nécessaires et suffisantes (il s’agit en fait des conditions sine qua non). Celles-ci sont applicables aux ressortissants rwandais et burundais pour qu’ils puissent revendiquer le statut de Congolais (Zaïrois). Toutes ces personnes doivent être réellement établies en République démocratique du Congo avant le 1er janvier 1950, d’une part. Et, d’autre part, tous ces individus doivent avoir continuellement vécu dans ce pays jusqu’à l’entrée en vigueur de cette loi. C’est-à-dire : 1972.

Dès que les deux conditions relatives à la date d’établissement (avant le 1er janvier 1950) et à la permanence ou la durée d’établissement sur le sol du territoire congolais (le 5 janvier 1972) sont dûment remplies, ces individus doivent être définitivement regardés comme des nationaux. La loi précise, dans ce cas unique, que ‘‘toutes ces personnes sont des nationaux congolais à compter du jeudi 30 juin 1960’’.

À ce niveau, il faut bien souligner que l’abolition d’une disposition législative n’emporte pas nécessairement, logiquement et forcément l’ensemble de ses effets, notamment en matière d’attribution des droits et de jouissance des droits acquis. Encore faut-il qu’elle le spécifie de manière très claire et très nette. En effet, bon nombre de Congolais, d’ailleurs bien intentionnés, laissent accroire que la loi du 5 janvier 1972, puisqu’elle déclare noir sur blanc en son article 47 que ‘‘le fameux décret-loi du 26 mars 1971 qui pose le principe d’attribution collective de la nationalité congolaise est nul et non avenu’’, emporte la totalité de ses effets juridiques, y compris les droits acquis dont bénéficient exclusivement les Tutsis.

L’aile extrémiste de LAMUKA incarnée par la paire composée d’Adolphe Muzito Fumutshi (à gauche) et de Martin Fayulu Madidi (à droite) dénie systématiquement et automatiquement aux Tutsis banyamulenges la nationalité congolaise. Elle les considère strictement comme des citoyens rwandais.

Pourtant, la lecture du libellé de ce dispositif ne le dit point expressément. Elle ne le laisse pas non plus entendre de manière tout à fait implicite. C’est précisément à ce niveau que gît la plus grande supercherie. À vrai dire, il s’agit là d’un acte d’escroquerie intellectuelle. En effet, ‘‘celles et ceux qui soutiennent mordicus cette thèse selon laquelle les populations tutsies rwandophones ne sont point des sujets nationaux de la République démocratique du Congo, versent purement et simplement dans la désinformation mensongère. Elles versent carrément dans la démagogie pour la simple et bonne raison que la loi du 5 janvier 1972 ne l’a jamais dit ni spécifié de quelque manière que ce soit’’.

Les partisans de feu le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre et de l’ex-Parti unique et Parti-État, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), prônent l’exclusion et l’expulsion manu militari des Tutsis banyamulenges de la RDC. Ils soutiennent mordicus l’option d’un retour forcé de populations tutsies rwandophones au Rwanda.

Le maquillage ‘‘forcé’’ de la vérité sur l’appartenance nationale des Tutsis banyamulenges dont sont réellement passés maîtres les tenants de la dénégation, ne s’arrête nullement à la loi précitée. Cette technique de camouflage et d’obstruction (de torsion) de la vérité somme toute délibérée qui prend, toute honte bue, les allures d’arnaque intellectuelle, s’applique aussi à l’évocation, à titre d’argumentaire de poids, de la loi N0 1981 – 002 du 29 juin 1981 sur l’acquisition de la nationalité zaïroise d’ailleurs promulguée par le Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre.

L’enjeu primordial de ce dispositif légal est la suppression du mode d’acquisition collective de la nationalité zaïroise qui prévalait certes à cette époque. Ainsi, à compter de cette date fatidique (le 29 juin 1981), la loi congolaise ne reconnaît plus que la démarche individuelle en matière de procédure d’acquisition (Section III, paragraphe I, article 9, alinéa 2). Donc, cette norme législative évacue, désormais, l’attribution collective (Exposé des motifs). Sauf dans le cas particulier et singulier d’annexion ou d’adjonction territoriale, le principe d’octroi collectif demeure éminemment concevable voire applicable. Par ailleurs, cette disposition législative prend, tout à fait, soin de rejeter de manière explicite (article 11) le principe de la binationalité ou la règle de la plurinationalité.

Le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre.

Quid alors de la situation juridique des Tutsis banyamulenges après la lecture de cette loi N0 1981 – 002 du 29 juin 1981 ?

À sa lecture, il est un fait établi que cette disposition légale fixe de manière globale un cadre de référence pour l’appréciation administrative en matière d’octroi de la nationalité. À cet égard, elle précise toutes les conditions de jouissance de cette nationalité tout en détaillant la procédure d’acquisition. Cependant, si elle rejette expressément le principe d’attribution collective, celle-ci reste fort muette sur la situation des populations tutsies rwandophones. Force est d’admettre que celles-ci ont été reconnues congolaises par deux textes de loi quoi que abolis (ordonnance-loi N0 1971 – 020 du 26 mars 1971 signée par le président de la République Mobutu et loi N0 1972 – 002 du 5 janvier 1972 adoptée par le parlement du MPR ou parti unique, promulguée par le chef de l’État et publiée dans la gazette officielle).

Il convient de remarquer que ces deux dispositifs légaux abolis évoquent de façon explicite cette ‘‘communauté’’ en qualité de partie intégrante de la Nation congolaise. À cet égard, les deux textes de loi parlent très clairement et très nettement de ce groupe humain en termes de ‘‘populations originaires du Ruanda-Urundi’’. Ce qui n’est pratiquement voire forcément pas le cas de la fameuse loi de 1981. Ce texte sur la nationalité demeure fort silencieux voire même flou sur cette question épineuse des Tutsis vivant dans l’Est du pays. Il n’y répond pas. En son article 9, il se contente simplement d’affirmer une règle : ‘‘le principe d’acquisition individuelle’’. Et, en son article 54, il déclare ‘‘nulles et de nul effet les dispositions contraires à cette loi’’ qui abroge définitivement la loi N0 1972 – 002 du 5 janvier 1972.

L’une des principales causes de la guerre du Zaïre en 1996 est, du moins en apparence, l’exclusion des Tutsis banyamulenges de la communauté nationale. Pour cette raison que d’aucuns ne s’expliquent vraiment, ceux-ci se résolvent à prendre les armes pour renverser le régime du Maréchal Mobutu Sese Seko. Pour arriver à cette fin, ils sont assistés par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi qui instrumentalisent le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila. Sur cette photo, la rencontre entre Mobutu et Kabila présidée par le Sud-africain Nelson Mandela sur le bâtiment aéronaval sud-africain Outeniqua, aux larges de Pointe-Noire (Congo-Brazzaville).

En effet, cette disposition législative ne fait pratiquement aucune mention expresse de ce groupe ou de cette communauté. Elle ne fait pratiquement aucune référence voire aucune allusion directe à ces populations du Ruanda-Urundi reçues sur le sol du territoire congolais. Par contre, l’interprétation de l’article 4 incite à penser que cette disposition législative de 1981 vise et cible directement cette communauté dès lors qu’elle fixe comme condition d’appartenance à la nation zaïroise la preuve de lien objectif avec un individu étant ou ayant été membre d’une des tribus établies dans l’ex-Zaïre dans ses limites du 1er août 1885.

En d’autres termes, ce texte légal met particulièrement et singulièrement l’accent sur la territorialité. Celle-ci doit nécessairement remonter aux sources profondes de l’édification de l’État indépendant du Congo (EIC) pour prétendre appartenir à la nation congolaise. Sans cette condition sine qua non, un individu ne pourrait ou ne saurait être regardé comme un sujet congolais à part entière. Or, à cette époque, convient-il de rappeler, les Tutsis sont identifiés et répertoriés au Rwanda et au Burundi qui sont des possessions coloniales allemandes. Ils ne vivent pas encore en République démocratique du Congo. Ils ne s’y sont pas encore établis comme une entité tribale ou ethnique voire étrangère placée sous la coupe de la Belgique.

Le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre

À cet égard, l’article 4 de la loi N0 1981 – 002 du 29 juin 1981 dispose : ‘‘Est zaïrois aux termes de l’article 11 de la Constitution, à la date du 30 juin 1960, toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire de la République du Zaïre dans ses limites du 1er août 1885, telles que modifiées par les conventions subséquentes’’. C’est, en principe, le libellé de cette disposition législative qui a fait conclure précipitamment que les Tutsis établis dans l’ex-Zaïre devenu République démocratique du Congolais et jouissant de la nationalité congolaise n’étaient pratiquement plus des Congolais. Cette interprétation est également renforcée par l’énoncé de l’article 54 qui déclare : ‘‘Toute disposition antérieure contraire à l’article 9 de la présente loi est nulle et de nul effet’’.

Dans l’hypothèse où ces personnes d’ascendance ou d’origine rwandaise n’étaient plus des Congolais, comment expliquer que leurs notables politiques continuaient à siéger dans les instances décisionnelles du MPR en tant que Parti-État ou parti unique mobutiste ? Comment expliquer que la plupart de ces individus détenaient toujours le passeport zaïrois ? Comment expliquer que la plupart de ces personnes travaillaient toujours en tant que fonctionnaires publics de l’État zaïrois ou membres des forces armées ?

Il est un fait indéniable que dans son esprit ou dans sa démarche, le conflit foncier opposant les Autochtones du Kivu aux Allogènes rwandophones a servi de catalyseur ou de détonateur à la confection de cette loi N0 1981 – 002 du 29 juin 1981. Toutefois, en dépit de son silence, d’ailleurs fort lourd, sur la situation évidente des populations tutsies rwandophones, doit-on inférer ou interpréter [par défaut] que ce dispositif légal retire sans autre forme de procès à toutes ces personnes la nationalité congolaise[v] ?

L’esprit d’intolérance et la volonté d’exclusion nationale contribuent à exacerber des tensions intercommunautaires entre Autochtones du Kivu et Allogènes d’expression rwandaise.

En vérité, il y a un pas qu’un esprit sain ne peut franchir sur cette question fondamentale et épineuse. Car, au regard du droit en tant que science et pratique, puisque par essence, le droit répond résolument à la double notion de justice et d’équité, le bon sens commande le strict respect du principe et de la notion angulaire de ‘‘droits acquis’’. En effet, la nationalité congolaise a été formellement reconnue aux populations tutsies rwandophones par l’État, et ce à deux reprises. S’il y avait indiscutablement volonté de leur ôter cette nationalité, l’État congolais se devait plutôt de l’exprimer expressément tout en prenant bien soin d’exposer objectivement les motifs dans le but d’éviter qu’une décision d’une telle portée juridique soit attaquable devant les juridictions internationales compétentes.

Cet exercice juridique s’est littéralement révélé le cadet des soucis exprimés par le régime despotique mobutiste. Ce pouvoir évidemment obscurantiste a complètement abandonné sa propre population dans la nébulosité. Visiblement embarquée dans le tourbillon des conflits fonciers entre Autochtones et Allophones au Grand Kivu, celle-ci a conclu péremptoirement, de manière totalement ‘‘fantaisiste’’ et ‘‘erronée’’, pourquoi pas ‘‘délibérée’’ et ‘‘arbitraire’’, que la fameuse loi du 29 juin 1981 abolissant le principe d’octroi collectif ôtait du même souffle à toutes personnes tutsies rwandophones la nationalité congolaise. Quelle aberration ! Quel impair ! Quelle impéritie ! Quel sacrilège !

Le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre a contribué au démantèlement du tissu national par ses errements politiques.

En effet, une loi en tant que norme de droit qui régit une société donnée, obéit à un certain nombre de principes dont la règle cardinale de non-rétroactivité. C’est-à-dire : Une loi ne régit que les faits qui surviennent après son édiction effective. Par contre, il est des cas où, consciemment ou inconsciemment, une loi décide de régenter quelques situations qui se sont produites avant sa réelle mise en vigueur. Alors, dans cette hypothèse unique, le droit distingue deux régimes d’application de la loi pour éviter le désordre provoqué par la loi dans la mesure où la loi est censée apporter dans l’environnement où elle sévit, ordre et sécurité, paix et harmonie. Il s’agit de l’application générale de la loi qui revient sur toutes les circonstances de temps et de lieu ou de l’application restreinte de la loi qui revient sur une circonstance ponctuelle ou partielle.

Or, à la lecture de la fameuse loi N0 002 du 29 juin 1981, il y a un point fondamental qui prouve en dehors de tout doute raisonnable que la volonté du législateur zaïrois n’était pas de retirer la nationalité à toute la communauté tutsie du Zaïre. C’est la formule légale ou juridique utilisée à l’article article 55 concernant les effets de cette loi pour lui donner force et vigueur.

Section X, article 55 : La présente loi abroge la loi N0 1972 – 002 du 5 janvier 1972 et sort ses effets à la date de sa promulgation. Celle-ci est signée par Mobutu le 19 juin 1981 et publiée au Moniteur (journal officiel) le 29 juin 1981.

Au sein de la plateforme politique et électorale LAMUKA qui est, incontestablement, devenue l’ombre d’elle-même, Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC (à gauche) et Moïse Katumbi Chapwe d’Ensemble pour le changement (à droite) adoptent une approche plus nuancée, donc plus modérée, concernant la place réelle et effective des Tutsis au sein de la Nation. En effet, ces deux personnalités politiques de premier plan s’opposent virulemment à la vision discriminatoire défendue par la paire Adolphe Muzito Fumutshi et Martin Fayulu Madidi. Force est souligner que ces deux leaders politiques préconisent à l’extrême le renvoi manu militari des sujets tutsis qu’ils considèrent comme des infiltrés rwandais au sein de la société et sources de toutes les difficultés pour les Congolais. Aussi préconisent-ils une agression physique du Rwanda suivie de son annexion pure et simple en tant que province de la RDC. Ce qui a rapidement provoqué des tollés et une vive réprobation, à l’encontre de Muzito et Fayulu, de la part des Congolais qui veulent définitivement tourner la page sombre du conflit armé.

Cela signifie concrètement que cette loi régit les situations à venir. Pour ce qui est des Tutsis qui ont naturellement bénéficié de l’acquisition collective avant cette date de promulgation, il y a présomption et prévalence du principe général de droits acquis. Par conséquent, celles et ceux de cette communauté rwandaise qui atterrissent sur le sol du territoire zaïrois après cette date, ne pourraient nullement s’en prévaloir.

Et, jusqu’à preuve du contraire, l’État congolais sous la présidence de feu Mobutu Sese Seko du Zaïre n’a jamais officiellement sommé les Tutsis de retourner au Rwanda ou de quitter le territoire de la République démocratique du Congo. Son pouvoir tyrannique n’a jamais non plus organisé une vaste politique de chasse aux sorcières ciblant plus spécifiquement cette communauté ethniquement apparentée au Rwanda. Qu’il y ait eu des conflits fonciers, il n’y a aucun doute là-dessus. D’ailleurs, de tels cas pouvaient bien trouver un règlement pacifique devant les tribunaux zaïrois. Au moins, les décisions judiciaires qui auraient pu y émaner directement, aurait normalement servi de phare lumineux ou d’éclairage jurisprudentiel sur lequel l’opinion publique interne généralement guidée par des passions et des émotions à fleur de peau, y compris les autorités publiques légalement établies, pouvait s’appuyer. Que Nenni.

Cependant, conclure péremptoirement que le régime zaïrois animé par Mobutu Sese Seko a délibérément privé de nationalité zaïroise les Tutsis originaires du Rwanda voisin à cause de conflits fonciers les impliquant directement relève, sans contredit, purement et simplement d’une véritable machination. Une supercherie de mauvais goût. Il s’agit véritablement d’un pur phantasme. C’est, certes, une légende moins juridique que populaire.

Archipolitisé, l’épiscopat congolais, sous la direction de Mgr Fridolin Ambongo Besungu (avant-plan) et Mgr Laurent Monsengwo Pasinya (arrière-plan), tient un discours alambiqué sur la réalité et la place des Tutsis banyamulenges en RDC.

Par ailleurs, les partisans de la thèse de privation ou les tenants de la thèse de dénégation brandissent publiquement comme argument qu’il n’existe nulle part ailleurs dans le monde le principe ou la pratique d’octroi collectif de la nationalité. À celles et ceux qui nourrissent de telles supputations ou qui versent dans telles élucubrations, il faudrait leur rappeler cette fois-ci avec force que la procédure de naturalisation ou l’attribution de la nationalité peut être collective. Elle n’est toujours pas qu’un fait individuel.

À titre d’exemple, la France qui est aussi la patrie des droits de l’Homme, a déjà conféré la nationalité française à une communauté humaine vivant par extension ou prolongement de son territoire naturel qu’est l’Hexagone. En effet, sous la IIIe République française, le décret d’Adolphe Crémieux du 24 octobre 1870 reconnaît formellement l’appartenance à la nation aux Juifs d’Afrique du Nord, en l’occurrence les Juifs établis en Algérie française, qualifiés pour la circonstance de ‘‘populations israélites indigènes’’.

Les Congolais anti-Tutsis, quoi que archiminoritaires au sein de la diaspora, qualifient la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de prolongement du régime d’occupation et de balkanisation de la RDC piloté depuis Kigali par le Rwandais Paul Kagame.

Par conséquent, une telle conception d’octroi de la nationalité uniquement valable sur le plan individuel est vraiment une pure et simple invention des Congolaises et des Congolais. Elle traduit forcément et logiquement leur état d’esprit. Dans le fond, elle traduit le sentiment de ‘‘rejet’’ et de ‘‘haine’’ nourri viscéralement à l’égard de la communauté tutsie rwandaise.

Pour clore ce chapitre malheureux qui ne cesse de déployer passions et émotions, haine et violence de toutes sortes, de provoquer frustrations et reniements, il convient de déclarer la vérité rien que la vérité à l’ensemble des Congolaises et Congolais. Que cela leur plaise ou non ! Ce peuple d’Afrique centrale, certes enraciné dans la région des Grands Lacs africains, doit comprendre que ‘‘les Tutsis banyamulenges sont des Congolais à part entière’’. Il doit se rendre compte à l’évidence de cette vérité leur cachée depuis des lustres par leurs propres dirigeants gouvernementaux et leurs propres leaders politiques.

Le ministre des affaires étrangères Abdoulaye Yerodia Ndombasi Ntumba Nvuemba a signé, pour le compte du gouvernement de Kinshasa, le protocole d’accords de cessez-le- feu de Lusaka des 10, 30, 31 juillet et 31 août 1999

En effet, la guerre de pillage et d’occupation déclenchée par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a donné lieu à la signature du protocole d’accords de cessez-le- feu de Lusaka des 10, 30, 31 juillet et 31 août 1999. Cette convention entre factions belligérantes ou parties protagonistes présentait un enjeu multiple. À savoir : l’évacuation de tout motif de nature extérieure ou de toute prétention à caractère international dans ce conflit violent et meurtrier; la réduction étroite de ce conflit armé à des causes purement et simplement endogènes ou des considérations strictement internes : ce qui en fait systématiquement et automatiquement une guerre civile interne entre différentes factions armées congolaises; la reconnaissance formelle des Tutsis banyamulenges comme une composante intégrante de la nation congolaise; la partition territoriale de la République démocratique du Congo entre trois entités bien distinctes (le Nord au Mouvement de libération du Congo [MLC], l’Est au Rassemblement congolais pour la démocratie [RCD], l’Ouest aux mains du gouvernement de Kinshasa); et, enfin, la mise en place d’un cadre de négociations politiques intercongolaises en vue d’aboutir à la réunification territoriale du pays et des institutions gouvernementales, administratives et politiques.

Azarias Ruberwa Manywa a signé, pour le compte du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le protocole d’accords de cessez-le- feu de Lusaka des 10, 30, 31 juillet et 31 août 1999

Le protocole d’accords de cessez-le feu de Lusaka de 1999 a été signé non seulement par les Congolais mais également par de différents pays directement impliqués dans ce conflit armé et plus que meurtrier. À savoir : le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe et la République démocratique du Congo. Y compris la Zambie à titre de témoin. Initié par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la défunte Organisation de l’Union africaine (OUA), ce protocole déclare que la ‘‘nationalité congolaise est reconnue à toute communauté établie sur le sol territorial de la République démocratique du Congo au moment de la proclamation de son indépendance par la Belgique le jeudi 30 juin 1960’’.

Olivier Kamitatu Etsou a signé, pour le compte du Mouvement de libération du Congo (MLC), le protocole d’accords de cessez-le- feu de Lusaka des 10, 30, 31 juillet et 31 août 1999

À ce propos, l’article III relatif aux principes de l’accord susmentionné dispose au point 16 : ‘‘Les Parties réaffirment que tous les groupes ethniques ou nationalités dont les personnes et les territoires constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République démocratique du Congo [RDC]) à l’indépendance doivent bénéficier de l’égalité des droits et de la protection que la loi garantit aux Citoyens’’.

L’actuelle Constitution de la RDC du 18 février 2006 a été promulguée par l’ancien président Joseph Kabila Kabange. Sur cette photo (de gauche à droite), à l’avant-plan (Salva Kiir Mayardit du Sud-Soudan, Joseph Kabila Kabange de la RDC, Jakaya Kikwete de la Tanzanie, Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda et Paul Kagame du Rwanda (extrême-droite)

Force est de constater que l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 pose réellement le principe d’acquisition individuelle. Toutefois, cette charte fondamentale conserve l’esprit et la lettre qui découlent directement du protocole d’accords de cessez-le-feu de Lusaka de 1999. Aussi intègre-t-elle dans son fondement les préoccupations des pourparlers politiques intercongolais de Sun City et de Pretoria (Afrique du Sud) de 2002 – 2003.

À cet effet, son alinéa 2 dispose : ‘‘Est congolais d’origine toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République démocratique du Congo) à l’indépendance’’.

Le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) est le garant de la Constitution, de la paix et de la sécurité, de l’harmonie et de la concorde nationale. Il assure le bon fonctionnement des institutions politiques, administratives et gouvernementales.

Les choses étant on ne peut plus claires dorénavant, il appartient plus particulièrement et plus singulièrement au Peuple congolais de digérer coûte que coûte cette réalité considérée de son strict point de vue comme offensante ou vexatoire. D’ailleurs, un proverbe africain dit dans ce genre de circonstances ou pour ce genre d’occasions : ‘‘Quand le vin est tiré, il faut le boire’’ ! Mais, faut-il nécessairement le consommer à n’importe quel prix ? Y compris celui de sacrifier son destin, la paix et la sécurité de sa collectivité publique ?

Sun City et Pretoria (le processus de négociations politiques intercongolaises en Afrique du Sud) ont fourni, à cet égard, toutes les réponses possibles et inimaginables, à la limite idoines puisque adaptées aux circonstances du moment…

À bon entendeur salut !

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen-over-blog.com

Sources :

  1. http://citizenshiprightsafrica.org/wp-content/uploads/2016/07/DRC-Decret-loi-18-sept-1965-loi-organique-nationalite-congolaise.pdf
  2. https://irb-cisr.gc.ca/fr/renseignements-pays/rdi/Pages/index.aspx?doc=449820
  3. https://www.droitcongolais.info/files/1.04.-Constitution-du-1er-aout-1964.pdf
  4. https://www.refworld.org/docid/3ae6b5b4c.html
  5. https://www.leganet.cd/Legislation/JO/2011/JOS.05.02.2011.pdf
  6. https://www.refworld.org/docid/3ae6b4e022.html

[i] Le terme ‘‘Banyamulenge au pluriel’’ ou ‘‘Munyamulenge au singulier’’ désigne restrictivement parlant des Tutsis du Rwanda et du Burundi vivant en République démocratique du Congo dans le secteur montagneux de Mulenge situé au Sud-Kivu. Toutefois, dans le langage populaire ou langage commun, il est facilement étendu à toute personne d’ascendance ou d’origine tutsie vivant dans l’Est du pays, notamment dans le grand Kivu (Sud-Kivu, Nord-Kivu et dans une moindre mesure Maniema). Ce terme ne s’applique pas objectivement aux Hemas de la province de l’Ituri. Cette population tutsie rwandophone conserve, en réalité, une personnalité ou une identité propre en raison de sa situation on ne peut plus particulière et on ne peut plus singulière. Les Bahema sont des réfugiés tutsis qui vivaient dans des tentes offertes par les Nations unies. D’où l’appellation de Hema qui signifie en jargon local (langue swahili) ‘‘tente’’. C’est-à-dire : ‘‘des gens qui vivent sous des tentes’’. Ils sont, ainsi, définis par opposition aux familles ou aux individus de cette région de la forêt équatoriale, lesquels vivent dans des ‘‘cases’’, ont un toit ou une maison fabriquée en dur ou faite en terre cuite. Au Nord-Kivu, les Tutsis sont communément appelés ‘‘Banyamasisi’’. Ceux-ci sont concentrés à Goma, Masisi et Rutshuru. Au sud-Kivu, les Tutsis sont désignés Banyamulenge. Ils vivent généralement dans les zones de Kalehe, Baraka et Uvira. Il existe également une communauté tutsie qui vit dans la province du Tanganyika, notamment autour de la ville de Moba. D’autres communautés tutsies vivent dans le grand Katanga, entre autres à Likasi. Pour la plupart, elles y sont installées à la faveur de l’exploitation minière après la 2e guerre mondiale (1940 – 1945) par l’autorité coloniale. Les Tutsis du Katanga n’ont pas d’identité particulière comme le sont réellement ceux du grand Kivu et de l’Ituri. Ils sont généralement désignés par les autochtones par le terme générique de ‘‘Banyaruanda’’. Ce qui atteste, du point de vue linguistique, de leur origine ethnique ou de leur provenance géographique. Par ailleurs, les textes officiels de la RDC parlent légalement de la population tutsie établie sur le sol de son territoire en termes de ‘‘Tutsis congolais d’expression rwandophone’’. À vrai dire, cette terminologie remonte juridiquement à Sun City, station balnéaire sud-africaine qui a été certes l’hôte des pourparlers politiques intercongolais en 2002 – 2003.

[ii] La référence est ici le passage politique et administratif de l’État indépendant du Congo au Congo-Belge. À cette époque précise, les Tutsis sont plutôt réputés résider au Ruanda-Urundi qui est encore une possession allemande. Le Ruanda-Urundi deviendra une possession belge à la suite du traité de Versailles du 18 juin 1919. Cette convention dépossède l’Allemagne de toutes ses colonies en Afrique comme conséquence de sa défaite lors de la première guerre mondiale de 1914 à 1918. C’est ainsi que le Togo et le Cameroun passent aux mains de la France, la Tanzanie aux mains de la Grande-Bretagne. C’est à partir de l’année 1923 que les premiers peuples pasteurs tutsis du Ruanda sont  transférés en République démocratique du Congo par l’autorité coloniale belge à la suite d’une hécatombe humanitaire consécutive à une virulente sécheresse.

[iii] Ce décret-loi a été inspiré par le ministre de la justice Victor Nendaka Bika.

[iv] Ce décret-loi visait-il, sans pour autant les nommer objectivement ou les cibler directement, les enfants mulâtres et métis issus immédiatement de mariages mixtes ? Visait-il réellement des sujets nationaux portés à épouser des conjoints étrangers, dont principalement les femmes occidentales ? En effet, dans le contexte houleux et dramatique de l’indépendance proclamée par le roi des Belges Baudoin 1er le jeudi 30 juin 1961, les mulâtres et les métis étaient perçus par les négroïdes comme des relais de l’entreprise coloniale…

[v] Selon la règle de l’équité et le principe de justice, la loi N0 1981 – 002 du 29 juin 1981, pour manifester sa pleine et entière volonté de déposséder de la nationalité zaïroise les personnes des communautés tutsies, se devait de citer nommément ces originaires du Ruanda-Urundi comme l’ont manifestement accompli le décret-loi N0 1971 – 020 du 26 mars 1971 et la loi N0 1972 – 002 du 5 janvier 1972. Ces deux textes de loi n’ont pas été littéralement ambigus ou flous dans leur énoncé ou l’affirmation de leur volonté de reconnaître la nationalité congolaise aux individus précités. Donc, en demeurant évidemment silencieux et visiblement flou, pratiquement ambigu, cela signifie clairement et nettement que le législateur zaïrois n’avait pas du tout la volonté d’ôter cette nationalité aux Tutsis. Cela veut dire tout simplement qu’il n’avait pas surtout et à ce point précis la volonté manifeste de s’engager ouvertement sur cette question brûlante ou de répondre aux desiderata des populations autochtones. En refusant de s’engager clairement, ouvertement, ou en laissant à l’opinion publique interne mal outillée en droit le soin d’interpréter cette disposition législative, craignait-il déjà le spectre d’une guerre civile atroce dans cette région de l’Est ?

Le Destin de Martin Luther King et de Patrice Emery Lumumba

Dr Martin Luther King jr

Le Destin de Martin Luther King jr et de Patrice Emery Lumumba

Patrice Emery Lumumba

La grande marche pour la Liberté et la Dignité des Peuples opprimés

‘‘La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu’on a entrevu dans la lumière.’’Gustave Thibon, philosophe (1903 – 2001)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Quel rapport existe-t-il vraiment entre l’Africain-américain Martin Luther King et l’Africain-congolais Patrice Emery Lumumba ?

Dr Martin Luther King jr prêchait la dignité et la liberté de l’être humain

De prime abord, et même sans trop les connaître, bien des personnes ne verraient aucun lien apparent ou objectif entre ces deux monuments immenses de l’histoire négro-africaine. Celles-ci insisteraient peut-être, directement, sur la couleur de leur peau noire comme point de ralliement ou de ressemblance ! Par contre, d’autres pourraient laisser entendre que ces deux personnages historiques sont bel et bien morts la tête bien haute pour avoir plutôt défendu énergiquement une cause noble et universelle fondée sur l’humanisme : ‘‘la lutte pour les droits des peuples et la dignité en faveur des opprimés’’. Il importe de mentionner que leurs vies respectives faites de sévères épreuves se déroulent dans un univers confronté aux dures épreuves que connaissent le temps et la civilisation humaine.

Patrice Emery Lumumba prêchait la dignité et la liberté des peuples opprimés

Les épreuves du temps

Le pasteur Martin Luther King et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba sont tous deux congénères des illustres combattants pour la liberté et l’égalité des Peuples que sont Malcom X, leader antiségrégationniste des Black Muslims aux États-Unis d’Amérique, Amilcar Cabral, génie de la liberté et aussi penseur de la révolution anticolonialiste et anti-portugaise en Guinée-Bissau, ainsi que Nelson Mandela, chef historique du mouvement anti-Apartheid, le Congrès national africain (ANC), prix Nobel de la paix et ancien président de la République Sud-Africaine (RSA) post-ségrégationniste.

Le Pasteur Martin Luther King Jr luttait contre le régime ségrégationniste aux USA en utilisant la non-violence très chère à l’Indien Mahatma Gandhi

Issu d’une famille très croyante et très pratiquante de Géorgie, le Dr King est né le 15 janvier 1929 à Atlanta. Il voit le jour dans une Amérique durement laminée par la crise économique et surtout meurtrie par la fameuse ségrégation raciale, l’exclusion politique, économique, sociale et culturelle dont pâtissent cruellement les Noirs ainsi que les autres minorités ethniques. Après des études de sociologie et de théologie, celui-ci embrasse immédiatement la vocation pastorale à l’instar de ses humbles parents. Cette voie du Seigneur lui ouvre très rapidement le cœur et l’esprit pour être sans cesse à l’écoute de l’Autre, de découvrir et de partager la misère de son Prochain. Dans ce contexte de partage des souffrances aussi bien physiques que morales d’autrui, de quête des moyens de satisfaction des conditions matérielles et humaines, gît indubitablement le messianisme de cet éminent Apôtre de la paix du 20e siècle.

Le Congolais Patrice Emery Lumumba combattait le régime colonialiste belge, en tant que prolongement et instrument de l’impérialisme occidental meurtrier en Afrique centrale (République démocratique du Congo). Il utilisait, à cet égard, des moyens purement politiques et un discours essentiellement idéologique.

Le leader panafricain et congolais Lumumba vient d’une famille modeste. Celui-ci est né le 2 juillet 1926 à Onalua, dans le territoire atetela de Katako-Kombe, au Kasaï Oriental. Après des études accomplies dans des écoles catholiques où il s’est fait très rapidement virer, puis protestantes où il décroche finalement un certificat sanctionnant la fin du circuit primaire, Patrice Emery Lumumba devient successivement commis des postes à Stanleyville (Kisangani), chef-lieu de la Province Orientale (Nord-est), et directeur commercial d’une importante brasserie à Léopoldville (Kinshasa).

Pour éliminer Patrice Emery Lumumba, les puissances impérialistes et colonialistes occidentales l’ont livré aux mains des forces réactionnaires locales dont l’incarnation fut le rebelle et colonel-major de l’ANC Joseph-Désiré Mobutu (à gauche de Lumumba).

Cette personnalité voit le jour et vit effectivement dans une ère où la colonisation sévit cruellement en Afrique. Au cours de cette période extrêmement difficile où l’idéologie négationniste visant à n’en pas douter une grande partie de l’humanité règne d’ailleurs à outrance, l’Africain se voit dénier par l’oppresseur les droits les plus élémentaires reconnus pourtant à l’être humain. Celui-ci n’est pas complètement libéré d’entraves de l’exploitation économique et de chaînes de l’aliénation mentale. Ces carcans sont, sans contredit, le fait exclusif des puissances étatiques et gouvernementales européennes.

Patrice Emery Lumumba luttait contre les injustices inhumaines imposées par le capital monopolistique international dans le Tiers-Monde.

Par conséquent, totalement révolté contre les injustices et brimades coloniales, enragé contre l’écrasement systémique de l’homme congolais, Patrice Emery Lumumba sacrifie toutes ses responsabilités professionnelles et familiales pour s’occuper exclusivement du Mouvement national congolais en sigle MNC. Outre la souveraineté internationale et l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo devenues effectives le jeudi 30 juin 1960, cette formation politique prône, en fait, la libération de l’Afrique tout entière de l’hégémonisme socioculturel et de l’impérialisme politico-économique de l’Occident chrétien.

Le temps des épreuves

Face à une Amérique des plus frileuse, recroquevillée, consolidée dans ses convictions esclavagistes et confortée, à travers ses normes légales, dans ses préjugés raciaux, la lutte pour les droits civiques engagée par l’illustre pasteur King oppose une vision éclectique. Celle-ci puise son inspiration dans le Tanakh juif, la Bible chrétienne, la philosophie de Mahatma Gandhi et la Révolution américaine de la fin du XVIIIe siècle. Dans sa logique, elle propose le dépassement des antagonismes violents et suicidaires pour la société humaniste et universelle entre Blancs et Noirs. Dans sa démarche plus que moralisatrice fondée sur l’Amour, elle propose le dépassement d’une simple réconciliation de ces deux Communautés raciales, d’ailleurs, en constante opposition, en contradiction permanente en vue de lui substituer la conciliation de grands idéaux de liberté et de démocratie, de justice et d’équité, de dignité et de solidarité entre tous les êtres humains, et ce sans distinction aucune.

En d’autres termes, cette vision idéologique prônée par Martin Luther King propose de revenir aux sources profondément inspirantes de la Constitution américaine dont le principal architecte est, à vrai dire, le juriste Thomas Jefferson. Elle propose, donc, de revenir substantiellement à l’esprit prévalant – en principe – à Philadelphie (État de Pennsylvanie) [Révolution philosophique et politique ayant donné naissance aux États-Unis d’Amérique] en 1776. C’est dans cette direction que cet Apôtre de la non-violence canalise très fermement tout son combat en faveur de la promotion des droits civiques. Ceci dans le but d’accoucher d’un monde meilleur où le langage dominant est celui de la paix civile et de l’harmonie sociale, de la tolérance du prochain et de la dignité humaine axée sur la justice et la liberté.

Dr Martin Luther King prônait inlassablement la fraternité et la solidarité en tant que socles des relations humaines en vue de propulser une société libre et juste, harmonieuse et digne sur les plans aussi bien moral et spirituel que matériel et intellectuel

Par conséquent, devenu immédiatement chantre de l’égalité, messager de la solidarité et de la fraternité entre les peuples, races et cultures, Martin Luther King opère en réalité une véritable révolution mentale et psychique. Bénéficiant à cet effet de la médiatisation de son combat, celui-ci bouscule en fait les forteresses psychologiques de l’environnement américain qui découvre de l’intérieur ses propres horreurs. À ce titre, il se résout à arpenter l’immense territoire national que sont géographiquement les États-Unis d’Amérique en vue d’apporter, tel un Apôtre illuminé par le Saint-Esprit, le grand message de Paix, d’Espoir, de Vérité et d’Amour en tant que Miroir, Reflet identique de la Force Divine dans toute l’existence humaine.

Le messianisme lumumbiste dont la pierre angulaire est en vérité idéologiquement et politiquement le nationalisme congolais, puise en réalité ses racines profondes dans la pensée humaniste et universelle. Ce discours est fondé sur la nécessaire réhabilitation de l’espèce humaine brimée par le totalitarisme colonial dont le suppôt est, à n’en pas douter, le capitalisme sauvage ou le libéralisme esclavagiste ou négrier. Ce qui atteste bien évidemment que Patrice Emery Lumumba prône dans sa démarche une humanité mature et responsable. Celle-ci acquiert toutes ses lettres de noblesse par la liberté et la dignité. La Liberté est ici comprise comme un Don de Dieu que l’on ne peut ni troquer ni négocier sous quelle que forme que ce soit. Cette dernière signifie irréversiblement le rejet de l’exploitation économique et sociale, le refus de l’aliénation mentale ou culturelle de l’être humain.

Si cet univers que rêve réellement Patrice Emery Lumumba se conjugue éminemment avec la justice et la liberté, il y a lieu d’affirmer que cet environnement social et humain rime surtout avec l’égalité. C’est-à-dire : le refus catégorique de l’infériorisation et de la déshumanisation de l’individu. C’est le rejet des théories ‘‘suprématistes’’ [doctrine fondée sur la suprématie raciale].

Patrice Emery Lumumba en visite à Bruxelles, la capitale du Royaume de Belgique

Cette vision lumumbiste met, donc, en relief la fraternité entre les races et les cultures. Celle-ci met en perspective la solidarité entre les différents Peuples opprimés en vue de recouvrer entièrement la liberté. À cet égard, le leader congolais et panafricaniste exprime ouvertement son soutien indéfectible à la lutte pour l’indépendance nationale de différents territoires placés sous le joug colonial (Algérie, Angola, Cameroun, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Mozambique, etc.) ou violemment opprimés par le carcan ségrégationniste [Apartheid] (Afrique du Sud, Namibie, Rhodésie du Sud, aujourd’hui Zimbabwe) lors de la Conférence sur le rassemblement des Peuples africains à Accra (Ghana) en 1958.

Force est d’admettre que le lumumbisme historique s’inscrit en principe manifestement dans l’idéal du Panafricanisme. Ce mouvement libérateur des Peuples opprimés et des Nations assujetties est très cher à l’Égyptien Gamal Abdel Nasser et à l’Éthiopien Haïlé Mariam Selassié 1er (le Négus Ras Tafari Makonnen). Aussi est-il partagé avec engouement et conviction par le Ghanéen Osayegyefo Kwame Nkrumah, le Guinéen Ahmed Sékou Touré, le Tanzanien ‘‘Mwalimu’’ Julius Nyerere, l’Algérien Ahmed Ben Bella et le Tunisien Habib Bourguiba.

Le président Joseph Kasa-Vubu (à gauche) et le premier ministre Patrice Emery Lumumba (au milieu) accueillent le souverain belge, le roi Baudoin 1er (à droite), lors de festivités consacrées à l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté internationale le jeudi 30 juin 1960.

Par ailleurs, le combat mené farouchement et tambour battant par ces deux personnages historiques se heurte virulemment aux murs de l’incompréhension, de l’intolérance et de l’inimitié. Ainsi, pour avoir surtout tenté de conscientiser le monde dans lequel ils vivent journellement, ils s’attirent les foudres du système ségrégationniste pour le premier (Martin Luther King jr) et de l’entreprise coloniale pour le second (Patrice Emery Lumumba). À tour de rôle, ces deux figures de proue de la lutte pour les droits humains subissent durement le régime de privation de liberté (l’incarcération), les corvées et les humiliations de toutes sortes. Aussi connaissent-ils une  »fin tragique » !

Patrice Emery Lumumba aux mains des soldats de l’armée nationale congolaise (ANC).

Ces deux leaders négro-africains, de surcroît Combattants de la liberté et Apôtres de la justice, sont lâchement assassinés dans des conditions dont la transparence et l’ignominie n’ont vraiment d’égal que le cynisme et le silence funèbre des commanditaires. En effet, Patrice Emery Lumumba décède dans la tourmente de l’indépendance du Congo (il meurt exécuté le 17 janvier 1961). D’ailleurs, celle-ci est compromise par la double sécession de la Province minière du Katanga et de la Province autonome du Sud-Kasaï.

Martin Luther King mis en bière

Cependant, le Dr Martin Luther King meurt violemment à Memphis, dans l’État de Tennessee le 4 avril 1968, dans la tourmente de la guerre injuste et meurtrière du Vietnam, dans le tourbillon des affrontements interraciaux et dans le tumulte des mouvements sociaux qui revendiquent pleinement la dignité humaine.

Ces deux contemporains étaient-ils liés par le même Destin ?

Il convient de mentionner que le leader congolais et panafricaniste est pratiquement mort à deux jours d’intervalle de l’anniversaire de naissance de l’Apôtre de la non-violence. En effet, Dr Martin Luther King est né le 15 janvier 1929 à Atlanta (Géorgie) tandis que Patrice Emery Lumumba a été assassiné le 17 janvier 1961 à Élisabethville (Lubumbashi). Comme si, par le jeu et le cycle de la naissance et de la mort, les deux se passaient le témoin pour continuer le combat universel pour la liberté, la paix et l’harmonie entre les êtres humains…

S’il était vivant, le Premier ministre panafricaniste et nationaliste congolais Patrice Emery Lumumba aurait eu, aujourd’hui, le 2 juillet 2017, 91 ans. Martin Luther King aurait soufflé, dans son cas, 88 bougies.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant 

joelasherlevy@aol.com

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L’Église catholique romaine et l’esclavage des êtres négro-africains

La traite négrière

La traite négrière a été reconnue comme un crime contre l’humanité. Jusqu’à présent, elle n’a nullement donné droit à indemnisation à l’Afrique vidée de sa substance humaine et aux communautés négro-africaines de la diaspora vivant dans des pays ou territoires qui ont réellement pratiqué l’esclavage des êtres négro-africains.

Une page sombre de la chrétienté romaine

Pape Nicolas V

Quand l’Église catholique [reniait] brutalement ‘‘Christ’’ et, par voie de conséquence, rejetait toute sa doctrine fondée sur l’amour et la justice, la fraternité et la solidarité…

 ‘‘Le méchant désire les ténèbres, mais les ténèbres font de lui un aveugle.’’ Proverbe malgache; Le guide de la sagesse africaine (1999)

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Le 8 janvier 1454, Tommaso Parentucelli (1398 – 1455), élevé par ses pairs cardinaux à la dignité de souverain pontifie et au rang de pape Nicolas V, publie une bulle pontificale.

Celle-ci est intitulée ‘‘Romanus Pontifex’’. Bien entendu, en référence à son statut d’Évêque de Rome et, de surcroît, à la toute-puissance papale : ‘‘Un pouvoir Urbi et Orbi’’.

Copie de la Bulle papale  »Romanus Pontifex » de Nicolas V, texte qui légitime la traite négrière. Cette bulle est conservée à l’Institut des Archives nationales de Torre do Tombo à Lisbonne (Portugal) sous le code de référence PT/TT/BUL/0007/29 et l’intégralité de la bulle est réproduite en français dans l’ouvrage « le Péché du pape contre l’Afrique » (éd. Al qalam, Paris, 2002) de Assani Fassassi de la page 10 à 21.

Ce texte papal qui a manifestement valeur d’ordonnance divine et de principe juridique, a pour effet de changer systématiquement et automatiquement la face du monde.

En raison de la bulle papale  »Romanus Pontifex », des millions d’Africains ont été brutalement arrachés de leur continent par de nombreuses puissances chrétiennes de l’Occident.

Aussi cette bulle pontificale a-t-elle pour effet de modifier en profondeur les relations entre les différents Peuples et Nations de la terre. Entre autres ceux d’Europe placée sous le joug étroit de la Chrétienté romaine nourrie par la violence et l’intolérance et d’Afrique animiste en proie à des conquêtes musulmanes.

L’esclavage est toujours accompagné de la déshumanisation des êtres humains. Ceux-ci sont réduits au rang de chose (processus de réification ou chosification) ou de bien meuble (marchandisation de l’être humain).

En effet, intervenant moins d’une année après la chute de Constantinople aux mains des Turcs et du Sultan ottoman Mehmet II, soit le 29 mai 1453, ce qui consacre indubitablement la fin inéluctable de l’empire romain d’orient (Byzance), cette bulle papale concède en réalité au roi Alfonso V du Portugal et au prince Henrique toutes les conquêtes en Afrique.

L’idée d’une réparation de la traite négrière fait lentement mais sûrement son chemin, notamment au sein du conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

En effet, ce décret papal leur confère, ainsi qu’à tous leurs successeurs, le droit et le privilège de réduire en servitude perpétuelle toutes les personnes considérées comme infidèles et ennemies du Christ. Aussi leur donne-t-il la possibilité de s’approprier de tous leurs biens, y compris leurs territoires.

Dans une démarche de repentance et de réhabilitation de l’Eglise catholique romaine aux yeux et dans le cœur des Africains, le pape Jean-Paul II a présenté à l’Afrique tout entière les excuses de Vatican pour la traite négrière reconnue de ce fait comme une faute morale. Dans cette foulée, il a vivement imploré le pardon des Africains pour la participation active de l’ Église dans le trafic d’esclaves négro-africains

À vrai dire, cette bulle papale signée de la main propre de Nicolas V contribue à éloigner davantage le très catholique royaume du Portugal de ce que, toutefois, recommande et même ordonne la Sainte Bible en tant que livre de référence spirituelle et inspiration divine. À savoir : ‘‘le respect scrupuleux des dix commandements’’.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen.over-blog.com

Le Ballon d’or ou l’arbre qui cache la forêt de grandes ambitions économiques et batailles commerciales

Le Ballon d’or

Le Sénégalais Sadio Mané a connu une saison footballistique époustouflante tant au niveau de la Premier league anglaise que de la ligue européenne des champions. Il a mené le Sénégal à la finale de la très disputée Coupe d’Afrique des Nations 2019 au Caire, en Égypte. C’est ce qui fait de lui un sérieux prétendant au sacre du ballon d’or 2019

L’arbre qui cache la forêt de grandes ambitions économiques et batailles commerciales

Par Joël Asher Lévy-Cohen

Le Ballon d’Or est, de nos jours, un véritable outil de marketing au service exclusif de la promotion du football européen présenté comme l’épicentre du football mondial. 

Derrière chaque prétendant au prestigieux prix du Ballon d'or de football décerné par la FIFA se profilent en fait de véritables grands enjeux commerciaux et économiques. 

Il est plutôt question de rudes batailles économiques et financières. 

Il est en fait question de consolider tout comme de contrôler de vastes parts de marché à l'échelle planétaire.
Lionel Messie, le célèbre percussionniste de l’équipe de Barcelone de football et de l’Albiceleste (la sélection nationale argentine)

À preuve, la très grande majorité des nominés sportifs – peu importe leurs origines ou nationalités – proviennent de cet espace footballistique, tout comme évoluent dans de grands clubs affiliés aux grands championnats de football du continent européen. 

Le Portugais Cristiano Ronaldo exhibe les cinq ballons d’or remportés au cours de sa prestigieuse et prolifique carrière de football.

En réalité, au moment de déterminer le choix des gagnants substantiellement réduits au rang de mannequin pour promouvoir des articles de sport, c’est [curieusement] la parole des équipementiers sportifs qui prime. 

L’Égyptien Mohamed Salah est le meneur de jeu des Pharaons d’Égypte et de la mythique équipe anglaise de Liverpool. Il mérite d’être sacré Ballon d’Or 2019 pour avoir pesé de tout son poids dans la conquête de la Ligue européenne des champions par Liverpool.

Ce sont ces commanditaires sportifs qui décident réellement de l’attribution des prix. Et non point des experts et journalistes ou amateurs et supporters. 

Ce privilège de choix revient de plein droit aux équipementiers de renom en tant que partenaires de grandes instances sportives européennes et mondiales.

Celui-ci leur est tout simplement accordé en vue de doper les ventes commerciales à l’échelle planétaire.

Virgil Van Dijk, le défenseur central des Pays-Bas et de Liverpool, mérite très largement d’être couronné Ballon d’or 2019. Au cours de l’exercice 2018 – 2019, la sélection batave et Liverpool ont encaissé peu de buts grâce à son apport combatif et sa lecture du jeu de l’adversaire. En outre, dans les duels individuels, aucun attaquant n’a réussi à le dribbler tout comme à lui ravir la balle au pied. Donc, il est un rempart sûr pour sa défense tout en ne commettant pratiquement pas d’erreurs.

Donc, l’attribution de ce prix du ballon d’or qui tombe pratiquement la même période de rabais alléchants ou de soldes attrayants que  »Black Friday » est pour l’ensemble de ces commanditaires sportifs – qui se sont, d’ailleurs, partagé la planète en différentes zones d’influence économique – une occasion de se livrer ouvertement une très rude bataille commerciale et, par voie de conséquence, d’engranger d’énormes plus-values financières.

Le défenseur central Virgil Van Dijk de Liverpool et des Pays-Bas sait marquer des buts. Il constitue un atout offensif pour son équipe lors de coups de pied de coin.

D’ailleurs, peut-on remarquer, derrière chaque prétendant au prix du Ballon d’Or se cache, à vrai dire, un équipementier sportif de grande renommée internationale… 

Cristiano Ronaldo fait la promotion des produits Nike

Par ailleurs, le vote des journalistes, des joueurs, des entraîneurs sportifs et même du grand public n’est point destiné à rendre le processus de choix du vainqueur du ballon d’or plus démocratique voire même plus équitable. Donc plus transparent. Que nenni.

L’Argentin Lionel Messi est commandité par Adidas

Cette procédure est, en réalité, un immense écran de fumée chargé de camoufler les véritables grands enjeux commerciaux entourant l’attribution dudit prix ou le choix des gagnants qui sont, en réalité, et de leur strict point de vue, moins des joueurs de football que des mannequins sportifs.

Lionel Messi tenant dans sa main gauche une chaussure éponyme de marque Adidas

Parmi ces grands enjeux fondamentaux, il faut mettre en exergue le contrôle étroit du vaste marché d’articles de sport dans le monde que sont évidemment les Amériques, l’Europe et l’Asie (Extrême-Orient).

Le défenseur néerlandais Virgil Van Dijk promeut des articles de sport fabriqués et commercialisés par l’américain Nike

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

La traite négrière des Citoyens

Le droit de vote est la pierre angulaire de la démocratie. Dans un État digne et respectable, c’est le droit de vote qui traduit le mieux la démocratie au sens de libre choix des gouvernants.

Banqueroute de la Démocratie et strangulation de la Liberté

La démocratie signifie le droit de manifester en faveur de ses opinions les plus légitimes, de défendre pacifiquement ses intérêts primordiaux.

La traite esclavagiste des ‘‘Citoyens’’

‘‘La démocratie, c’est la liberté de dire qu’on en manque’’

Grégoire Lacroix, Écrivain, journaliste, poète et parolier français, Le Penseur malgré lui, 2012

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

La démocratie en tant que phénomène sociopolitique a fait son apparition au même moment que l’État. Cet autre phénomène sociopolitique se définit comme une entité publique. Celle-ci peut être dirigée par un individu que ses pairs choisissent préalablement pour conduire les affaires de la Cité. Dans cette perspective unique, ses Concitoyens décident de lui déléguer le souverain pouvoir de les sécuriser. Donc, à la base de la démocratie, s’imprime le choix du gouvernant bénéficiant de la confiance de ses égaux dans la société. En d’autres termes, il s’agit d’un être humain jouissant de l’onction populaire via le fameux phénomène électoral du suffrage universel.

Ce choix s’opère, en fait, librement. C’est-à-dire : ‘‘sans contrainte morale’’ et ‘‘sans entrave matérielle ou physique’’. En d’autres termes, la démocratie postule en vérité un choix exercé sans pression aucune. Donc un choix indubitablement éclairé. Somme toute judicieux. Après une réflexion mûrement approfondie. Comme l’exige, d’ailleurs, le principe fondamental de cette opération électorale et démocratique, eu égard à la notion de compétition idéologique ou de concurrence politique.

Un dessin de Donald John Trump Sr, 45e président des États-Unis

Il sied de relever que la démocratie repose substantiellement sur la notion de marchandage. Donc, à la base de ce phénomène sociopolitique, il y a la règle ‘‘mercantile’’ de négoce ou de deal commercial entre le pouvoir sensé assurer tous azimuts la sécurité à l’ensemble de la population et le Citoyen transformé en sujet des droits humains fondamentaux et libertés publiques. En échange de sécurité en termes de services publics octroyés aux sujets de l’État, celui-ci participe activement à la défense et au rayonnement de l’État en tant que Collectivité publique. Il participe, donc, à sa prospérité et à sa grandeur (splendeur) en tant que Maison commune. Pour ce faire, celui-ci acquitte des charges lui juridiquement dévolues en termes d’imposition fiscale et parafiscale.

Un dessin d’Hillary Rodham Clinton, candidate à l’investiture démocrate lors de l’élection présidentielle de 2008 et de 2016.

Le choix du Citoyen porté sur le gouvernant s’opère à travers un mécanisme démocratique qualifié de votation. Pour jeter son dévolu sur un candidat précis, une liste de concurrents lui est présentée dans le cadre de la compétition électorale. Son rôle primordial consiste donc à départager les concurrents en tant qu’arbitre. Cet exercice démocratique fait éminemment de lui le juge de la compétition électorale. Ici, il est question de la concurrence et non point du contentieux qui relève du seul juge. C’est-à-dire : un magistrat qui siège solennellement dans une cour appartenant à un ordre juridique et institutionnel, manifestement doté d’un pouvoir de coercition et de sanction légale.

Deux grandes familles politiques historiques dominent de loin la vie démocratique des États-Unis. Il s’agit du parti de l’éléphant ou GOP (Grand Old Party) qui regroupe les Républicains, d’une part. Et, d’autre part, du parti de l’âne qui réunit les Démocrates.

Pour arbitrer ce combat électoral opposant plusieurs formations politiques par le biais de leurs représentants, le Citoyen se pose, normalement, la question de savoir lequel des partis visiblement engagés dans la lutte électorale est à même de défendre réellement ses intérêts primordiaux. C’est-à-dire : ‘‘ses droits légitimes en qualité d’individu ou d’être humain mais également en tant que membre d’une corporation ou d’une communauté’’. Ce dernier a-t-il vraiment toujours des réponses claires à cette question ?

En démocratie, les médias constituent un outil majeur dans la communication ou la diffusion des idées. Ils interviennent en qualité de véhicule du discours partisan et de l’idéologie politique.

Dans le contexte de la pratique politique manifestement fondée sur la confusion idéologique et la pollution médiatique savamment entretenue par les détenteurs du pouvoir, quel qu’il soit, il n’est pas du tout garanti que le Citoyen devenu arbitre dispose de tous les atouts pour mieux déchiffrer les discours partisans et décrypter leur représentation idéologique. Et, par voie de conséquence, il n’est véritablement point acquis que celui-ci maîtrise parfaitement tous les enjeux fondamentaux d’une campagne électorale.

Le démocrate Barack Hussein Obama répondant aux questions d’un auditoire conquis d’avance. Une élection est la rencontre entre un homme d’État et son peuple. Pour la remporter, elle donne coûte que coûte lieu à la chasse aux voix populaires.

Cela est d’autant plus vrai que toutes les entreprises partisanes activement engagées dans la course électorale tiennent, en vue d’engranger des voix et, ainsi, satisfaire un vaste électorat, bon nombre de promesses politiques qu’elles n’honorent malheureusement pas une fois aux manettes de l’État. Cela est d’autant plus vrai que, depuis le démantèlement du communisme dont la traduction factuelle est la démolition du mur de Berlin, il n’existe pratiquement plus de fracture idéologique ou de fossé politique béant entre les différentes formations partisanes. Cet abattage ou cette chute du mur de la honte a eu pour corollaire immédiat la transformation de la politique en un vaste marché de dupe où la totalité des vendeurs patentés proposent pratiquement, et comme par miracle d’ailleurs, le même produit. Mais sous des appellations différentes…

Une fresque murale représentant l’Américain Ronald Wilson Reagan et le Soviétique Mikhail Sergeyevich Gorbachev.

Avant l’avènement du mur de Berlin, il y avait déjà deux tendances idéologiques aux points de vue somme toute irréconciliables. Celles-ci s’affrontaient violemment. Elles guerroyaient au péril même de leurs adhérents ou militants. D’un côté, la droite s’appuyant sur la religion, la famille et le travail en tant que moteur de la société. Et, de l’autre, la gauche progressiste dont le discours reposait substantiellement sur la solidarité des travailleurs, la fraternité universelle des peuples, le partage équitable des richesses au sein de la société, ainsi que l’octroi des droits sociaux aux plus démunis ou plus défavorisés. Force est d’admettre que ce pan constitue à lui tout seul la très vaste majorité de la population.

Après la fameuse ‘‘chute du mur de Berlin’’, la gauche en tant que tendance idéologique et discours politique a complètement disparu des radars politiques. Elle a, donc, complètement disparu de l’espace national. Il y a lieu de reconnaître que cette idéologie d’antan portée aux nues par des masses laborieuses ne fait pratiquement plus recette dans l’univers public et étatique. Ce courant, pourtant dominant à une certaine époque, ne laisse plus place de nos jours qu’à la droite. Toutefois, cette tendance idéologique qui s’accapare, gloutonnement, à elle seule le marché politique, connaît également à son tour un phénomène d’émiettement.

Le Républicain George Walker Bush Jr et le Pape Benoît XVI

En effet, la droite classique connaît un éclatement entre deux tendances. D’une part, la droite néolibérale qui défend énergiquement les détenteurs des moyens de production considérés urbi et orbi comme les seuls et uniques garants de la puissance et de la sécurité de la Nation. D’autre part, l’extrême-droite dont le discours idéologique est certes la défense de la Nation. Celle-ci est sustentée par l’exaltation de la pureté raciale au sens phénotypique du terme et la promotion de la pureté civilisatrice qui doit irrémédiablement entacher la culture en tant que tradition et morale dans la société.

Marine Le Pen du Rassemblement national (RN – France), un mouvement d’extrême-droite farouchement opposé à l’immigration.

En d’autres termes, le fonds de commerce de ce courant à la fois politique et idéologique est l’immigration. Ce phénomène de déplacement massif d’individus ou de populations en quête de liberté ou d’abri à l’échelle du globe terrestre est, d’ailleurs, présenté à l’opinion publique comme une invasion de la Nation. Cet envahissement préjudiciable s’opère par le truchement des hordes d’étrangers qu’il faut pratiquement exclure, et au besoin même éradiquer, sous peine de disparaître complètement en tant que groupe social, culturel et humain.

Le déplacement massif de peuples et communautés étrangères venant des contrées plus lointaines et victimes de guerres de nettoyage, de sécheresse, d’épidémies mortelles et autres catastrophes humanitaires, ainsi que de politiques néolibérales de captation des ressources vitales et stratégiques des pays fragiles, engendre des frictions dans les sociétés européennes et américaines.

Dans cette chasse au migrant dépeint comme la source de tous les problèmes voire dysfonctionnements de la société, dans cette farouche volonté de gommer l’immigration, il y a, certes, l’idée de ne pas corrompre tous azimuts la ‘‘race’’ et de ne pas bouleverser ou tuer la ‘‘culture’’.

L’immigration étrangère est au cœur des débats politiques et économiques aussi bien que culturels et sociaux dans les pays d’Europe occidentale et orientale, ainsi que ceux des Amériques.

Remplaçant les communistes et les socialistes dans leur mission de défense des travailleurs opprimés par l’élite économique soutenue par la classe dirigeante, l’extrême-droite dénonce virulemment les politiques néolibérales. Celles-ci ont pour effet d’enrichir scandaleusement les riches entrepreneurs, et ce au détriment de la Collectivité publique. Aussi ont-elles pour effet d’appauvrir outrageusement les masses populaires et nationales. Elles ont, en effet, pour corollaire immédiat de réduire les sans-dents au niveau de laissés pour compte par un système économique dont l’injustice n’a vraiment d’égale que sa propension à produire de façon criante et épouvantable la ‘‘pauvreté’’, la ‘‘misère’’ infrahumaine ou les ‘‘inégalités’’ sociales.

Le président des États-Unis Donald John Trump dépeint en Roi Soleil ou Louis XIV. Il symbolise le monarque absolu qui décide de tout dans la société américaine sans tenir compte des choix légitimes de ses Concitoyens.

En effet, dans le nouveau régime néolibéral où le patron est le véritable roi, et tandis que le titulaire du pouvoir de l’État, quoi que élu par ses pairs citoyens, est son écuyer, on assiste rien de moins qu’au recul permanent de l’État qui, pourtant, garantit l’intérêt général. Cette démission s’opère au profit exclusif du grand patronat. On assiste au démantèlement de divers programmes sociaux qui favorisent, cependant, la resocialisation des plus démunis et des plus défavorisés. On assiste, surtout, au démantèlement des services publics au nom de l’orthodoxie fondée substantiellement sur la rentabilité économique. Au nom de ce principe de profitabilité économique, leur gestion jugée certes déficitaire par les tenants du pouvoir est carrément confiée à des entreprises privées dont la seule et unique préoccupation est le gain économique, dont le seul et unique souci est l’accroissement du pouvoir financier.

Le parquet boursier de New York, communément connu sous l’appellation de Wall Street, symbolise la puissance financière des entreprises privées qui affaissent l’autorité publique des États et cooptent des régimes politiques.

Le propre du néolibéralisme est, n’en point douter, l’affaiblissement, puis le démantèlement tous azimuts, de l’État et de la démocratie. Ces deux phénomènes sociopolitiques sont en fait interprétés et, surtout, jugés comme de sérieux et graves obstacles à son expansion autant internationalement que localement. En effet, le régime néolibéral doit normalement, en vue d’asseoir sa suprématie dans la société, ôter impérativement à la démocratie sa dimension de justice sociale et économique. Ce système dont la perversité n’a d’égale que sa toxicité doit immanquablement, dans le but d’affirmer sa toute-puissance, ôter à l’État sa dimension d’intérêt général. Sinon, il ne peut ni s’imposer aisément ni crier très largement victoire.

George Washington, héros de la guerre d’indépendance américaine

En effet, la démocratie a été instaurée dans le but de faire de l’être humain le seul acteur de sa destinée. De ce point de vue, il est plutôt question d’un individu responsable puisque doté de jugement et, par voie de conséquence, doté de raison éclairée. Il s’agit, donc, d’un individu qui pose des actes par conviction. Donc un individu qui marche d’un pas évidemment décidé. Il ne s’agit point d’un individu qui a un comportement dicté par le brouillard de la confusion.

Ce phénomène sociopolitique procède normalement de ce principe cardinal que l’Homme est un être majeur. Il dérive de cette idée fondamentale qu’un individu définit son destin en fonction de ses intérêts légitimes. Toutefois, cet idéal progressiste a été totalement détourné de ce fondement et de cette vision, dès la mise en orbite de grandes révolutions politiques et sociales de la fin du 18è siècle.

La Révolution française de 1789 met en relief les idéaux républicains ou progressistes de liberté, d’égalité et de fraternité. Ce mouvement qui bouleverse les piliers de la société française, fut largement influencé par le siècle des Lumières qui proclament la souveraineté de l’Homme, la suprématie de la Science et le primat de la Raison.

Dans leur marche, tous ces grands mouvements historiques ont, en effet, reconnu que l’être humain ne pouvait totalement s’autogouverner. Pour ce faire, celui-ci avait nécessairement besoin, tel un pupille, d’un tuteur politique dont la mission consisterait certes à prendre des décisions à sa place, à arrêter des choix pour lui. À l’image d’un parent voire même de toute personne adulte qui agirait exactement pour sa propre progéniture ou des individus placés sous son autorité immédiate. Ce régime confiscatoire des libertés publiques et des droits fondamentaux s’appelle  de façon politiquement correcte la ‘‘Représentation nationale’’.

Le bâtiment du Congrès abrite le Parlement des États-Unis. Il fait office de siège du Sénat qui représente les collectivités fédérées et de la Chambre des Représentants dont les commettants sont les citoyens.

En effet, le propre de la fameuse Représentation nationale est de décider d’autorité de tout ce qui affecte le Citoyen, de tout ce qui participe visiblement de son épanouissement. Celle-ci décide de tout ce que les individus mangent à table ou dans un restaurant, boivent dans un bar ou bistrot, portent sur leurs corps, lisent à l’école et au cours de leurs hobbies, regardent à la télévision ou voient au cinéma. Comble, elle décide même de la manière dont le commun des mortels doit se marier, faire l’amour et élever des enfants… Bref, elle décide des valeurs autant morales et spirituelles que matérielles et intellectuelles auxquelles doivent croire les citoyens et des principes qui doivent normalement les guider dans la vie quotidienne.

Sur le plan international, la démocratie est un vœu pieu et la liberté une véritable chimère. Bien évidemment, censée promouvoir éminemment la liberté qui occasionne le bonheur de l’individu voire même l’épanouissement des communautés, elle se veut plutôt un discours foncièrement creux. À ce niveau, cette thématique quoi que associée au discours civilisateur est pourtant l’arbre qui cache à vrai dire la forêt de mauvaises intentions de la part de leurs initiateurs ou promoteurs. En effet, celle-ci est plutôt usée en vue de placer strictement sous tutelle économique et politique des territoires entiers.

La démocratie en tant que régime politique et, surtout, système fondé sur la justice et l'égalité des citoyens est profondément en crise. Elle ne parvient plus, - d'où son échec patent -, à assurer l'intérêt général. Elle ne parvient non plus à faire des gouvernants des serviteurs du Peuple. Ceux-ci sont définitivement transformés par le jeu des pouvoirs institutionnels en fidèles protecteurs des intérêts économiques et financiers. Sous ce régime qui était, pourtant, censé promouvoir la liberté des citoyens, on assiste de plus en plus à la réduction de l'espace démocratique au détriment du citoyen et au profit des corporations économiques et financières. Le seul statut reconnu au Citoyen payeur des taxes et des impôts exorbitants, est le renoncement aux droits sociaux et la consommation des biens de production pour dynamiser l'économie. Cela est d'autant plus vrai que ce ne sont plus les citoyens qui élisent leurs dirigeants politiques et gouvernementaux par le truchement du droit de vote auréolé de suffrage universel mais l'oligarchie économique et financière qui impose subtilement ses choix à la population.
L’extraction du coltan, – minerai hautement stratégique recherché par les industries informatique, aéronautique et spatiale, dans l’Est de la République démocratique du Congo -, se fait avec l’oeil bienveillant des milices armées au service exclusif des seigneurs de guerre dont la logistique est fournie par des multinationales étrangères.

Sous prétexte de promouvoir le pluralisme politique et idéologique, entre autres dans des pays du Tiers-Monde, la démocratie libérale ne favorise rien de moins que l’avènement des régimes politiques par essence faibles et corrompus, éloignés de préoccupations populaires. Ces pouvoirs souventes fois illégitimes sur le terrain national transforment généralement les territoires qu’ils dirigent en comptoirs marchands ou en concessions d’exploitation minière ou naturelle  pour les Transnationales. Bien entendu sans aucune garantie de développement économique ou de progrès social. L’exemple-type de cette vision suicidaire qui relève à n’en point douter, substantiellement, de la supercherie est sans aucun doute l’Afrique, l’Amérique latine ou l’Asie.

Miss Liberty symbolise l’asile accordé à celles et ceux qui fuient la tyrannie, l’oppression sous toutes ses formes ou les catastrophes humanitaires. Elle symbolise, par voie de conséquence, l’espoir d’un monde meilleur, d’un univers auréolé de paix et d’harmonie, d’équité et de sécurité, de justice et de dignité humaine, de fraternité et de solidarité.

Comme quoi l’homme est un loup pour l’homme. Tout ce qui l’intéresse, c’est la domination de l’autre, son prochain, qu’il réduit au rang inférieur d’animal afin de se donner largement une bonne conscience de grandeur et de puissance. Tout ceci à quel prix ?

Ce qui est clair, la citoyenneté démocratique qui fait que l’individu soit un véritable sujet des droits humains fondamentaux et des libertés publiques, se réduit davantage. Dans l’univers politique, ce phénomène se déroule au même moment que l’espace démocratique disparaît peu à peu comme une peau de chagrin. Cette citoyenneté démocratique est de plus en plus remplacée par la citoyenneté économique. D’ailleurs, celle-ci réduit systématiquement et automatiquement l’individu à qui l’on fait peser de lourdes charges fiscales et parafiscales au niveau de simple consommateur afin de faire fonctionner l’économie, de doper à tout prix la consommation.

Cela est d’autant plus vrai que les réels citoyens en démocratie sont, de nos jours, les banques et les entreprises. Ces corporations économiques et financières qui bénéficient des largesses fiscales disposent, en effet, de tous les droits. Y compris celui de faire faillite et de se faire renflouer très rapidement par des États et gouvernements. Sans compter qu’elles ont le droit de se comporter en assisté social par le jeu des subventions décrétées pour elles par les régimes en place et tirées de revenus résultant d’augmentation des impositions fiscales infligées aux personnes privées.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen.over-blog.com

https://wordpress.com/posts/joelasherlevycohen1.wordpress.com

FATSHI ou l’art de gouverner autrement

Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (FATSHI)

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI), Président de la République démocratique du Congo (RDC)

Le président VRP de la République démocratique du Congo

L’Autre façon de gouverner

Le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo accorde une audience à Bill Gates, président du Comité exécutif de Microsoft et de la Fondation Bill Gates

Une nouvelle conception du pouvoir politique et de la gestion de la chose publique

De l’art de ‘‘faire ressusciter’’ un État paria

‘‘On ne gouverne pas par arbitraire, il faut gouverner avec équité.’’ Samuel Ferdinand-Lop, journaliste, écrivain, Les nouvelles pensées et maximes (1970)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

En janvier 2019, la République démocratique du Congo, d’ailleurs très nettement marquée par la fossilisation des esprits et l’immobilisme à tous points de vue, a bel et bien connu sa première alternance politique et démocratique de l’histoire. Cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains, mis au ban des Nations pour des raisons somme toute évidentes de violation [flagrante] des droits humains fondamentaux, a connu une passation de pouvoirs qui s’est révélée, au grand étonnement de plus d’un, pacifique et civilisée. En réalité, celle-ci a immédiatement occasionné sur le terrain la mise en place d’un gouvernement de coalition ‘‘inédite’’.

La passation des pouvoirs entre l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange (JKK) et le nouveau président élu Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)

Inédite par sa forme : un effectif d’ailleurs pléthorique et fort d’une soixantaine de membres. Inédite par sa configuration à la fois politique et idéologique : Les bourreaux d’hier s’allient avec leurs victimes expiatoires pour la gestion d’un pays immensément riche en ressources naturelles et minérales autant que précieuses et stratégiques. Force est de mentionner que cette contrée indépendante depuis le jeudi 30 juin 1960 peinait véritablement à décoller en raison de l’inversion délibérée des valeurs aussi bien morales et spirituelles que matérielles et intellectuelles.

Le président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (FATSHI) est déterminé à faire de la République démocratique du Congo (RDC) un État émergent.

À la tête de cette coalition politique et gouvernementale, trône magistralement le président démocratiquement, d’ailleurs, élu par la population Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (FATSHI). Son obsession est de faire à tout prix de la République démocratique du Congo un pays émergent à l’orée 2029 – 2030. Pour atteindre cet objectif d’ailleurs fort louable à tous points de vue, le nouveau chef de l’État rompt avec toutes les habitudes du passé. À cet effet, il institue une nouvelle présidence substantiellement fondée sur le productivisme administratif et le dynamisme économique.

Il sied de souligner que de Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre à Joseph Kabila Kabange de sinistre mémoire, la République démocratique du Congo n’a connu que des présidents qui se comportaient quotidiennement, comme si de rien n’était, en gendarmes et en geôliers de la population autant marginalisée que défavorisée par des choix politiques hasardeux. Issus d’un univers verrouillé qu’est certainement le monde des armes, ceux-ci avaient pour seule et unique conception du pouvoir le quadrillage militaire de l’État. Ils avaient pour seule et unique motivation en matière d’administration et de gouvernement, de gestion de la chose publique la surveillance policière de la population et l’embastillement des Citoyens. Comme quoi aucune autre préoccupation politique majeure ne venait, à vrai dire, hanter leur esprit d’élite, troubler leur conscience de dirigeant.

Le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre est le premier liquidateur de la République démocratique du Congo

Cela est d’autant plus vrai que tous ces magistrats suprêmes à la poigne de fer étaient plutôt réputés entretenir des résidences prisons sur l’ensemble du territoire national. Il convient de relever que ceux-ci étaient imités dans cette tâche épouvantable par leurs collaborateurs immédiats. C’est-à-dire : les plus naturellement en vue en matière de sécurité publique et étatique ou de police politique[i]. Aussi étaient-ils imités par une kyrielle de membres de leurs familles respectives gravitant directement autour de l’appareil répressif ou appareil de contrainte[ii].

Le rebelle autoproclamé président de la République démocratique du Congo (RDC) Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK) a complètement freiné le développement économique et le progrès socio-humain de ce pays d’Afrique centrale et de la région des Grands lacs africains (RGL) par sa gestion aventureuse des ressources de l’État et des finances publiques.

Il y a lieu de noter que, sous leurs régimes verrouillés, tous les instruments sécuritaires de l’État sont visiblement érigés en miradors. Cette transformation s’explique effectivement par la nature ubuesque de leurs systèmes policiers qui exigent, sans hésiter, l’établissement d’une surveillance étroite de leurs ressortissants. En effet, sous les tyrans Mobutu Sese Seko du Zaïre, Kabila I et II, les Citoyens vivent journellement pressés, opprimés dans un pays dont la vocation est, à n’en point douter, une prison à ciel ouvert.

Toutefois, sous le régime démocratique politiquement incarné par Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, la réalité loin d’être rose ou paradisiaque se passe très différemment. En effet, les geôles arbitraires dénommées [cachots], entretenues ou gérées par la police politique ou les services de renseignement, ont été carrément fermées voire même démantelées. Celles et ceux qui avaient réellement le statut de prisonnier d’opinion ou prisonnier politique ont été graciés ou amnistiés, et dépendamment des cas relaxés ou libérés. Ce qui incline à penser que la logique du pouvoir politique de FATSHI ne repose point sur la notion fondamentale de [contrainte] ou [répression].

Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est déterminé à faire respecter la Constitution qui régit la République démocratique du Congo.

En d’autres termes, la Liberté est, à vrai dire, le principe primordial qui pilote ou oriente le régime de FATSHI. Elle sustente, en fait, la logique de son pouvoir politique. Cela veut dire très concrètement que les droits humains fondamentaux constituent la pierre angulaire de la présidence de cet avocat du Peuple. À ce niveau, FATSHI s’avère une très grande rupture épistémologique. Ce chef de l’État qui a pour maxime le peuple d’abord, se veut une césure idéologique avec ses trois prédécesseurs de triste mémoire essentiellement portés à bafouer les droits et libertés de la population, d’ailleurs, réduite à sa plus simple expression.

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au Japon pour mousser l’Entreprise étatique Congo Corporation

Fort de son expérience en tant que patron d’une entreprise de restauration rapide et surtout de livraison de mets, FATSHI s’est, dans son nouveau rôle de gouvernant, métamorphosé en agent commercial ou VRP d’un pays très prometteur en raison de sa position géostratégique ou géopolitique. Cette nouvelle caractéristique de la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) fournit indéniablement à l’État congolais une dimension hors pair. Un statut qu’il n’a d’ailleurs jamais revêtu depuis sa fabrication artificielle par le fameux acte de Berlin de 1885 consacrant matériellement le partage colonial de l’Afrique entre les diverses puissances européennes. Une dimension qui ne lui a, surtout, jamais été conférée depuis sa fameuse reconnaissance internationale en tant que pays nationalement indépendant et internationalement souverain le jeudi 30 juin 1960.

Le premier japonais Shinzo Abe et le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de la RDC

En effet, pour FATSHI littéralement préoccupé par le développement économique de l’entité publique étatique et le progrès social du Citoyen, la République démocratique du Congo n’est pas qu’un État au sens juridique du terme. Ce qui implique, forcément et logiquement, un pouvoir, d’ailleurs, internationalement reconnu, administrant une population vivant sur un territoire national. Ce pays est également une Entreprise. Celle-ci est, de ce fait, sensée produire des biens et services entièrement mis à la disposition de sa clientèle à la fois intérieure et extérieure pour sa propre prospérité et sa propre sécurité en tant qu’entité nationale ou puissance publique, ainsi que l’épanouissement de ses habitants.

Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI), organisme bailleur de fonds qui entend participer à la relance économique de la RDC, reçoit le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à Washington.

Cette vision présidentielle qui met assurément un accent fort particulier et fort singulier sur la production nationale, constitue manifestement une innovation de taille en ce qui concerne l’interprétation du phénomène étatique que [représente] très concrètement la République démocratique du Congo. En effet, ce pays majestueux et immensément riche, sis au cœur de l’Afrique, a connu maintes interprétations ou diverses étiquettes selon qu’il est regardé de l’intérieur ou scruté de l’extérieur. Dépendamment de points de vue d’ailleurs nourris par de puissants intérêts, cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains a connu au cours de son histoire tumultueuse les statuts de grenier de matières premières au profit des Nations occidentales, de protectorat au profit de l’OTAN ou des États africains, de comptoir marchand au bénéfice des Transnationales, de no man’s land ou de caverne d’Ali Baba au profit de la mafia internationale, de propriété privée du Roi des Belges Léopold II, de colonie autochtone au service exclusif des tyrannies prébendières (mobutiste, kabiliste), etc.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo reçoit officiellement au Département d’État (Washington) le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de la RDC. Les USA, en tant que partenaire stratégique et privilégié, sont prêts à s’engager positivement et activement dans le développement de cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains..

Conséquence logique de cette interprétation présidentielle qui colle intimement au nouveau statut de la République démocratique du Congo, ce sont les déplacements promotionnels du chef de l’État à l’étranger. Le magistrat suprême devient, par voie de conséquence, le premier publicitaire ou coordonnateur des relations publiques du pays. Au même titre qu’un vendeur ambulant ou un agent commercial qui propose certes ses produits ou ses services aux clients potentiels ou réels, ce président de la République naturellement préoccupé par la puissance économique de la Nation et le bien-être de tous ses compatriotes adopte rien de moins qu’une diplomatie à caractère économique et commercial. Dans son action, FATSHI adopte donc une diplomatie présentant des objectifs économiques et commerciaux.

Rompant radicalement avec la tradition archaïque d'un pouvoir gendarme ou d'un État geôlier observée par ses trois prédécesseurs, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) a instauré un nouveau de style de gouvernement. Ce modèle d'administration de la collectivité publique publique et de gestion politique de l'État s'appuie essentiellement sur les choix économiques de la Nation. Ce dirigeant rompu à l'art diplomatique a réussi, à cet égard, à faire de l'institution présidentielle un sorte de VRP ou un modèle d'agent commercial chargé de promouvoir la RDC et, surtout, de vendre ses produits et services à l'étranger. FATSHI devient ainsi le premier agent publicitaire ou coordinnateur de Relations publiques de Congo Corporation
le président de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigerian Akinwumi Adesina reçu par le chef de l’État de la République démocratique du Congo (RDC) Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo

Essentiellement guidés par des prétentions de développement économique de la Collectivité publique, ses déplacements à l’extérieur du territoire national se transforment littéralement en mission économique et commerciale. D’où sa propension à être entouré d’une armée de conseillers économiques et commerciaux. D’où sa propension à être entouré d’une pléthore de chefs d’entreprise congolais. En effet, FATSHI s’est attribué la mission fondamentale de promouvoir l’Entreprise commerciale ‘‘Congo Incorporated’’. Celui-ci s’est en réalité adjugé le rôle majeur de trouver des débouchés économiques et commerciaux pour la République démocratique du Congo. Il s’est surtout attribué le rôle primordial d’attirer de nombreux investissements économiques et financiers étrangers dans le dessein de créer moult emplois profitables à ses compatriotes et moult richesses garantissant la stabilité économique et sociale au pays.

Le président FATSHI entend appuyer la création d’entreprises par des jeunes au moyen d’une politique de micro-crédit dont l’objectif primordial est de combattre socialement et économiquement la pauvreté endémique et la misère.

Sur le plan purement interne, le discours de FATSHI est sans équivoque. Il est même directif. Pour assurer toute sa grandeur et son indépendance et, par voie de conséquence, sécuriser sa population, la République démocratique du Congo se doit, selon ce chef de l’État, d’inciter à la diversification de l’économie. Pour assurer le bien-être de la population et surtout mieux lutter contre la misère sociale ou la pauvreté endémique, ce moderniste met en avant non seulement les emplois des jeunes mais également la création et la prolifération des unités de production économique entièrement pilotées par des jeunes. Toutes ces entités corporatives dont la mission primordiale consiste à lutter contre le chômage et la désespérance sociale doivent à ce seul et unique titre bénéficier d’une vraie politique de micro-crédit générateur de stabilité sociale.

Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dispose d’un programme ambitieux pour le respect des droits fondamentaux de la femme congolaise et son épanouissement en tant qu’être humain. Il vise également à faire de la Congolaise un vecteur du développement économique de la collectivité publique et une actrice clé du progrès social de la Nation.

C’est ce grand bouleversement dans la mission du chef de l’État que le Peuple congolais doit apprendre, dès à présent, à digérer, à comprendre et à maîtriser parfaitement. En effet, la République démocratique du Congo est naturellement passée, au niveau conceptuel, depuis le début de cette année 2019, du statut sécuritaire d’État geôlier ou État gendarme – lequel conduit directement et malheureusement au niveau catastrophique du sous-développement et du sous-progrès socio-humain – à celui honorable de force économique et privilégié de puissance commerciale.

Aux Congolaises et Congolais d’en maîtriser tous les rouages et d’en tirer toute la substantifique moelle pour faire du Congo, – et comme le recommande d’ailleurs fermement un refrain de l’hymne national –, [un Pays plus beau qu’avant] !

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant


[i] Le patron des services de renseignement Jean Seti Yale, le gouverneur Jean Foster Manzikala, les généraux d’armée Louis de Gonzague Bobozo, Bangala et Bolozi ont entretenu à l’époque de Mobutu Sese Seko du Zaïre une résidence prison où ils pouvaient séquestrer des individus. Des informations rapportent que Kalev Mutond disposait d’une série de résidences privées servant de prison pour interner des individus tout à fait indélicats aux yeux du régime brutal de Joseph Kabila Kabange.

[ii] Manda Mobutu et Kungulu Mobutu entretenaient, selon des témoignages certifiés, des résidences prisons sous la présidence macabre de leur géniteur Mobutu Sese Seko du Zaïre. À en croire bon nombre de témoignages populaires, sous la direction gouvernementale de Joseph Kabila Kabange, Jeannette (Janet Éléonore) Kabila Kyungu (la tante), Zoé Kabila (le frère cadet) et Olive Lembe di Sita (l’épouse) entretenaient à l’image de la fameuse fratrie mobutienne une résidence prison pour coffrer des citoyens en porte-à-faux avec leurs puissants intérêts.

FATSHI le vrai et grand Démocrate

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, alias FATSHI

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)

Un vrai ‘‘démocrate’’ respectueux des libertés inhérentes aux Citoyens et des pouvoirs institutionnels de l’État

‘‘Le président de la République veille au respect de la Constitution.’’, Article 69 alinéa 2, Constitution du 18 février 2006, République démocratique du Congo

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Faussement orientés par certains instructeurs de la multitude, les Congolaises et Congolais de la RDC doivent arrêter de penser que dans un régime démocratique, le rôle fondamental d’un chef de l’État se résume à arrêter tous les criminels et fauteurs de trouble du pays. C’est faux et archi-faux !

Ce raisonnement est malheureusement propre aux adeptes du Mobutisme despotique et aux partisans d’un régime éteignoir des libertés publiques fondamentales.

FATSHI tient entre ses mains la Constitution de la RDC le jour de son assermentation

En effet, sur le plan purement constitutionnel, la mission du président de la République consiste à assurer le strict respect de la loi fondamentale et à garantir le bon fonctionnement des institutions de l’État.

FATSHI, le Démocrate, en vérité est le fils de son père, icône de la démocratie nationale et, surtout, grand défenseur des droits humains fondamentaux et libertés publiques en Afrique.

Suivant la trace de son géniteur biologique, ce chef de l'Etat de la RDC proche de ses Concitoyennes et Concitoyens ne peut en aucun cas devenir le tristement célèbre Mobutu Sese Seko du Zaïre.

En effet, ce tyran de sinistre mémoire avait la sombre réputation d'arrêter ses opposants ou tous citoyens et de les coffrer dans sa résidence-prison située au Camp colonel Tshatshi ou au Palais de Marbre.
FATSHI se prépare à recevoir en audience ses invités de marque.

Pour ce qui est de la poursuite des infractions criminelles, il y a au sein de l’État un organe habilité à jouer strictement ce rôle primordial. C’est bel et bien la [Justice].

À ce niveau, le chef de l’État s’assure que le juge, véritable pilier du système démocratique, dispose en réalité de toutes les ressources autant matérielles et humaines que morales et intellectuelles en vue d’une bonne et saine administration de la Justice.

Les juges de la cour constitutionnelle de la RDC

Aussi le chef de l’État s’assure-t-il que le magistrat certes chargé d’appliquer la loi et, par voie de conséquence, de dire le droit, [et rien que le droit], bénéficie tout à fait de l’indépendance.

Le conseil supérieur de la magistrature sous la présidence de Joseph Kabila Kanage de

Cet atout constitue, indéniablement, pour le juge un vrai bouclier en vue de mieux protéger les droits fondamentaux et les libertés publiques au sein de la Collectivité étatique, de mieux défendre toutes personnes ainsi que leurs biens dans la Communauté.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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La Sapologie : Religion, Philosophie, Art de vivre ou de se vêtir…

La Sape est un mouvement philosophique qui incite le commun des mortels à prendre soin de son corps, à mieux se vêtir. C’est aussi une religion avec ses dogmes et principes, ses évêques et archevêques, ses prêtres et ses ouailles. Celle-ci est coiffée par un Pape qui vit à Paris, la capitale mondiale de la mode vestimentaire. Il s’apelle Norbat de Paris, alias  »Zarathoustra » ou  »Nimrod ». Artiste-musicien confirmé, il bénéficie d’une très forte visibilité auprès des médias et d’une très forte audience auprès du grand public.

La sapologie

La religion vestimentaire des ‘‘Dandys’’ négro-africains

La Sape est devenue une institution qui influence la manière de vivre en Afrique.

De l’esthétique du corps physique à la culture de l’élégance

‘‘L’habit ne fait pas le moine, mais les belles plumes font les beaux oiseaux’ Proverbe

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

L’Afrique, en tant qu’espace et culture, est par définition une terre de prédilection pour la prolifération des religions. Dieu seul sait combien il y en a effectivement au total dans cette sphère. Ce qui est sûr et certain, il existe, de nos jours, dans ce Continent-mère une nouvelle religion. En réalité, celle-ci fait autant d’adeptes que des groupes se réclamant ouvertement du courant évangélique et charismatique qui dérive directement du protestantisme. Cette nouvelle croyance est, bien sûr, la ‘‘Sape’’.

La sape se veut la belle vie et la joie de vivre en société. C’est le fait de procurer la joie et l’harmonie, de partager le bonheur dans son environnement.

Ce mot n’est pas à confondre avec le substantif ou l’action du verbe saper qui signifie en fait détruire, ruiner, miner. Dans le contexte de cette nouvelle religion, il est, plutôt, l’acronyme de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes : [SAPE].

Le terme ‘‘Ambianceurs’’ dont la racine est ‘‘ambiance’’, – c’est-à-dire : atmosphère joyeuse ou gaieté –, est ici pris dans le sens étroit de celles et ceux qui aiment indubitablement la belle vie[i]. Il renvoie réellement à l’idée de celles et ceux qui adorent faire la fête. Bref celles et ceux qui adorent s’éclater dans le sens plein du terme.

La Sape rime avec l’élégance vestimentaire. Démonstration avec Papa Wemba, le grand gourou de la Sape.

Reliée à l’ambiance, la SAPE est par définition un mouvement relié à la mode vestimentaire. Celui-ci fait l’apologie du vêtement en tant que tissu servant d’habit au corps humain. Il fait la promotion de l’industrie de la haute couture. Donc, il fait la promotion de la création qui est certes à la base de la parure qui sert pratiquement à couvrir le corps humain, à orner le temple charnel.

Les sapeurs africains sont d’excellents comédiens de rue. Ils font la promotion de la haute couture occidentale.

En vérité, il n’est pas toujours aisé d’établir dans le temps avec la précision d’un horloger – a fortiori suisse – la date d’apparition de cette nouvelle religion substantiellement fondée sur le port du costume en tant qu’ornement du temple de chair humaine. Toujours est-il que ce mouvement fondamentalement axé sur l’exaltation du vêtement ‘‘made in Occident’’ est bel et bien né sous la colonisation. Européenne de surcroît. C’est bel et bien au cours de cette période que les sujets négro-africains, d’ailleurs entièrement dominés par l’Occidentalisme, apprennent à mimer le Blanc, à singer l’Occidental. Ils apprennent à maîtriser les rudiments de la culture occidentale dont la fabrication et le port du costume.

Les sapeurs en pleine exhibition en Afrique

En d’autres termes, dès la fin du 19e et le début du 20e siècle, la SAPE constitue, en réalité, une des étapes fondamentales de l’acculturation du Négro-africain. Cette phase capitale lui permet, par conséquent, de s’approprier la culture occidentale. Elle lui permet, surtout, de s’imbiber de cette culture étrangère dans l’optique d’en faire une culture propre à l’Afrique. C’est-à-dire : ‘‘Une culture fondée sur le beau, axée sur la beauté plastique ou l’esthétique du corps’’. ‘‘Une culture qui s’appuie inéluctablement sur l’élégance physique en tant que valeur de promotion sociale’’.

Ce qui est sûr et certain, la SAPE, en tant que mouvement qui exalte la création occidentale de la haute couture, a pris ses racines en République du Congo-Brazzaville. D’ailleurs, bon nombre d’experts en art vestimentaire expliquent cette situation par le fait que Brazzaville fut, en réalité, au temps de l’occupation allemande la capitale de la France libre. C’est à cette période mouvementée de l’histoire de l’humanité que les Africains entrent directement en contact avec les fonctionnaires blancs, de surcroît français. C’est à ce moment précis qu’ils découvrent le bon chic bon genre (BCBG).

Les sapeurs de la République du Congo-Brazzaville

Les Africains du Congo-Brazzaville étaient, à vrai dire, subjugués par les Français de France ayant débarqué dans leur pays tropical. Ils admiraient ces cols blancs qui se distinguaient toujours par leurs apparences soignées et leurs manières excentriques. D’où l’extravagance souvent affichée par les adeptes de la Sape dans leur façon de parler et de marcher. Bref de se comporter. Ce qui est en soi une manière relativement déformée d’imiter ou de parodier l’ex-colonisateur jusque dans ses moindres excès.

Les sapeurs de la nouvelle génération

En effet, l’on ne doit pas perdre de vue que dans sa posture, un sapeur en tant qu’adepte de la religion vestimentaire est, d’abord et avant tout, un artiste qui donne réellement vie à un tissu. En portant avec soin et amour un costume conçu et cousu par un créateur de la mode, il procède, ainsi, à la sacralisation du vêtement. Ce phénomène passe nécessairement par le soin qu’il apporte quotidiennement au costume. Aussi passe-t-il par la propreté manifestée dans l’entretien journalier de son enveloppe charnelle.

Dans son acception première, la Sape en tant que mouvement vestimentaire des dandys fait inéluctablement référence à une atmosphère festive où la beauté côtoie la joie, l’esthétique déclenche l’émerveillement du public. Pour être évidemment festive, l’ambiance escomptée ne peut véritablement faire abstraction de l’art musical. D’où ‘‘Sape’’ rime logiquement et forcément avec ‘‘Musique’’.

Papa Wemba a été le plus grand artiste-musicien africain qui a popularisé le culte de la Sape.

Pour sa diffusion à l’intérieur du Continent africain et dans le monde, la Sape s’appuie sur la musique congolaise dont l’épicentre artistique est ‘‘Kinshasa’’, la capitale administrative et politique de l’ancien Congo-Belge entre-temps devenu République démocratique du Congo. Le premier trajet suivi par la Sape est la traversée du majestueux fleuve Congo. De l’autre côté de la rive où existait déjà une version locale de la Sape mise en valeur par les immortels  »Dambleurs » ou  »Damblers » dont fait largement partie intégrante la diaspora estudiantine de Belgique (les fameux Belgicains), cette religion est plutôt promue par les artistes-musiciens. Contrairement à Brazzaville où cette pratique vestimentaire est généralement observée par des clients de couturiers locaux qui habillent les familles moyennes et les cadres de la fonction publique[ii].

En matière de sapologie, le Congolais de Brazzaville est plus classique dans ses choix vestimentaires.

Le deuxième trajet suivi par la Sape est Paris, la capitale mondiale de la haute couture. Et ce sont des musiciens de la République démocratique du Congo qui se chargent de l’exporter hors de frontières africaines. Parmi ces artistes amoureux de la Sape, il y a ‘‘Papa Wemba’’, ‘‘King Kester Emeneya’’, ‘‘Pepe de Guimaraes Bipoli’’ et ‘‘Koffi Olomide’’. Tous sont issus du moule de l’Orchestre Viva la Musica.

L’artiste-musicien Antoine Christophe Agbepa Mumba, dit Koffi Olomide, de la République démocratique du Congo

Ces musiciens héritent, en fait, ce mouvement d’un autre artiste fort connu pour la richesse de sa garde-robe. Celui-ci avait déjà élu domicile à Paris à la fin des années soixante-dix. Il s’agit d’Adrien Ngantshié Mombélé, alias ‘‘Stervos Niarcos’’. Un surnom certainement pris en hommage au richissime armateur grec Stavros Niarchos, second époux de Jacqueline Bouvier Kennedy.

King Kester Emeneya a été le plus grand héraut de la Sape en Europe et en Asie.

Dans les années quatre-vingts, au moment de son exportation directe vers l’Europe, la Sape était promue par la musique congolaise sous forme d’un combat imaginaire. Dans le virtuel, cette lutte métaphorique opposait le sapeur identifié à un toréador à un ennemi imaginaire. Pour la circonstance, cet adversaire est qualifié rien de moins qu’un taureau en raison de la monotonie de sa robe noire. Ce combat se veut une sorte de tauromachie, de corrida imaginaire dans laquelle le taureau piqué plusieurs fois avec la puya par le picador pousse de gros souffles avant de littéralement foncer vers le matador. Ce soufflement du taureau fait partie, faut-il le rappeler, du rituel observé par le sapeur matador lorsqu’il déambule dans les rues urbaines.

Le pape de la Sape Norbat de Paris en plein Shopping à Paris

Force est, en effet, de souligner que lorsqu’il combat naturellement les taureaux dans une arène où le public est largement convié pour l’acclamer, le torero est toujours tiré à quatre épingles. Pour la mise à mort de sa victime, il présente toujours une apparence très soignée. Il arbore, à cet égard, des motifs colorés ou extrêmement vifs. Ces coloris demeurent, à n’en point douter, la marque déposée des sapeurs. D’où cette maxime, d’ailleurs, fort prisée des adeptes de la sape : ‘‘Savez-vous comment attaquer un taureau à domicile ? Tu débarques là. Tu te présentes là, bien coiffé, bien  rasé, bien parfumé.’’

L’artiste-musicien Norbat de Paris

Dans cette opposition mortelle dont la finalité consiste à convertir le profane en guenille en adepte de la sapologie, le sapeur incarnant le rôle du matador symbolise par son costume aux motifs colorés la majesté, la puissance, la grandeur ou la grandiloquence. Tandis que le taureau dont le pelage ou le manteau se décline en noir symbolise la laideur, l’impuissance qu’il se doit de corriger à tout prix sur le plan social. Ce correctif lui permet bien entendu d’échapper à la mise à mort quotidienne prenant la forme de quolibet, de défi, de challenge, de provocation et d’exclusion sociale.

Le talentueux chanteur belge Stromae a rendu hommage aux Sapeurs de la République du Congo-Brazzaville.

Dans cette forme de jeu virtuel où le visuel prend à vrai dire une place prépondérante, cette compétition imaginaire où il est question de terrasser un adversaire invisible voire même un ennemi non identifié physiquement, le sapeur matador incarne le beau. Pour lui, la beauté, c’est la victoire de la vie. C’est la victoire de l’harmonie sur la monotonie. La vie, ce sont indéniablement les couleurs qui créent la joie dans son entourage immédiat, émerveillent le public, le propulsent dans un bonheur instantané et éphémère.

Le chanteur belge Stromae s’initie à la marche des sapeurs à Brazzaville

Ce qui est clair, cette approche dépréciative de l’entourage immédiat par la Sape n’est plus de mise de nos jours. Dans les années 2000, la Sape se veut un mouvement obéissant à un strict code de conduite sur le plan purement moral. De ce fait, cette religion vestimentaire est devenue un mouvement moins agressif et provocateur que ludique et théâtral.

Dans la théâtralisation de la Sape, les rues urbaines sont transformées en vastes scènes ou podiums géants sur lesquels défilent des Sapeurs dont les mimiques et les gestuelles à la limite du guignolesque font d’eux moins des mannequins que des comédiens de rue.

Dans les rues sans doute, généralement, transformées en cirque ou en feria taurine, les spectacles des sapeurs ressemblent à s’y méprendre à des lâchers de taureaux. Ces bêtes humaines entraînées viennent se mesurer au public. Elles viennent affronter le regard des spectateurs et la perception des masses. Ces spectacles attirent comme des mouches de nombreux curieux.

La prestation clownesque de ces adeptes de la religion vestimentaire (Kitendi) qui, pour la très grande majorité et dans la vie courante, fournissent d’efforts herculéens, consentent de lourds et énormes sacrifices financiers, monétaires, en vue de constituer leur splendide garde-robe, s’apparente à un défilé de mode grandeur nature. D’ailleurs, un défilé de mode où le public auto-invité n’est vraiment pas trié sur le volet, où tout le monde est certes spectateur. De plus, un défilé de mode à ciel ouvert et assurément gratuit où le rire se mêle avec l’étonnement, la subjugation ou la fascination.

Les sapeurs de la République démocratique du Congo sont réputés pour leur extravagance.

En effet, les sapeurs, quelles que soient leurs occupations professionnelles, sont plutôt des comédiens de rue dont l’objectif primordial consiste à apporter la joie de vivre, le bonheur, l’harmonie et la paix dans leurs communautés respectives. Ils ne se recrutent pratiquement plus dans les milieux malfamés, peu scolarisés, où le port des vêtements chics et dispendieux constitue en réalité un ascenseur social. Autant ils proviennent manifestement de différentes couches sociales, autant ils se recrutent dans tous les âges voire chez tous les sexes.

L’écrivain Alain Mabanckou est un grand admirateur des Sapeurs. Il apprécie en eux l’audace, la créativité, l’élégance et le sens de solidarité panafricaniste qu’ils distillent dans leur discours

Ainsi trouve-t-on aujourd’hui dans l’univers bariolé de sapeurs, des sportifs de haut niveau, des artistes, des policiers, des cuisiniers, des écrivains, des maçons, des plombiers, des instituteurs d’école, des avocats, des éboueurs, des commerçants, des fonctionnaires publics, des administrateurs de société privée ou publique, des intellectuels, des savants, des ministres d’État ou membres du gouvernement, des présidents de la République, etc. Sans compter que le public féminin a également emboîté le pas.

Les dames sapeuses

Par ailleurs, la Sapologie n’est pas qu’un simple mouvement au service de la promotion de la haute couture occidentale. Elle se veut également, sur le terrain de la politique, une tribune en faveur de la promotion du panafricanisme unificateur des États du Continent. Ainsi, elle rejoint le grand mouvement littéraire que fut d’antan la Négritude en tant que rendez-vous du donner et du recevoir (la rencontre culturelle entre l’Afrique et l’Occident) ouvertement prôné par le Grand Sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Norbat de Paris est un grand défenseur du panafricanisme unificateur des États de l’Afrique noire.

En effet, cette conception de la réalité continentale est très largement partagée et promue par l’actuel pape de la Sape Norbat de Paris. Le point de départ de cette unification ou solidarité panafricaine doit être, selon ses dires, insufflé par les deux Congo. Il doit avoir pour ancrage les villes de Kinshasa et de Brazzaville dont les habitants autochtones sont les deux peuples fondateurs : les Téké et les Humbu.

Le footballeur ivoirien Didier Drogba est toujours BCBG
Le footballeur camerounais Samuel Eto’o Fils est toujours à l’avant-garde de la mode vestimentaire
Le président Denis Sassou N’Guesso de la République du Congo-Brazzaville est considéré par les spécialistes de la mode comme l’un des chefs de l’État les mieux habillés de la planète.
Le chanteur belge Stromae reçu par la confrérie des Sapeurs en République du Congo-Brazzaville

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

www.joelasherlevycohen.over-blog.com


[i] Les Sapeurs peuvent être identifiés comme des épicuriens de l’ère moderne. Dans leurs schèmes de perception, il faut profiter entièrement de la vie étant donné que l’on vit une seule fois sur terre dans la même peau. Par conséquent, il y a lieu de l’habiller convenablement avec des vêtements chics et chers, des fringues capables de lui procurer des lettres de noblesse.

[ii] Les Sapeurs du Congo-Brazzaville sont toujours très classiques dans le choix de leurs vêtements, dans leur façon de s’habiller parce qu’ils sont nettement influencés par le modèle du fonctionnariat public. Ils sont effectivement inspirés par un code vestimentaire qui n’est pas sans rappeler la rigueur et le conservatisme de l’administration publique à la française. Cependant, les Sapeurs de la République démocratique du Congo sont plus extravagants dans leur manière de s’afficher et de s’habiller parce qu’ils ont été largement influencés, façonnés et moulés par l’univers artistique et musical fondé sur la liberté en matière de goût et d’appréhension de la vie.

Anarchie et confusion au sein de la coalition politique et électorale  »Lamuka »

L’art de la confusion en République démocratique du Congo (RDC)

Une marque de commerce de l’Opposition politique congolaise

‘‘Le chaos est le nom que l’on donne à tout ce qui produit la confusion dans notre esprit’’ George Santayama, écrivain et philosophe, 1863 – 1952

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Les acteurs politiques de la République démocratique du Congo (RDC) doivent, nécessairement, comprendre qu’il y a effectivement un temps pour toutes choses terrestres et matérielles.

Il y a, d’abord, un temps pour s’exercer, réellement, à la politique en tant qu’art de trouver des solutions fiables et viables pour la Collectivité publique.

Ce principe s’applique littéralement aussi bien à celles et ceux qui sont évidemment aux manettes de l’État que dans cette position délicate de tenir la balance du pouvoir (Opposition politique).

Moïse Katumbi Chapwe de l’Ensemble pour le changement, coordonateur en chef de Lamuka, prend un bain de foule

C’est, d’ailleurs, au cours de cette période cruciale de la vie d’une Nation – [la période éminemment active des joutes politiques] – que l’animateur ou opérateur politique doit inexorablement démontrer toute son intelligence, toutes ses qualités ou toutes ses capacités de meneur de troupes. Bref toute l’étendue de son leadership.

Cette pratique se mesure, en réalité, à l’aune de propositions concrètes avancées sur la scène politique en vue de sortir le pays de la misère infrahumaine et de la pauvreté la plus criante et surtout la plus exécrable, de booster le développement économique de la Collectivité étatique et de propulser le Citoyen dans l’orbite du progrès social.

Jean-Pierre Bemba Gombo adore communiquer avec les masses populaires et les citoyens

Il y a, ensuite, le temps précieux de l’élection. C’est-à-dire :  »le temps de séduire la population, de courtiser les suffrages des Citoyens membres de la Collectivité étatique ».

Contrairement à la politique, il s’agit d’un concours de popularité. Il s’agit de prouver que l’on a des assises politiques, que sa vision est véritablement enracinée dans le subconscient collectif de la Nation.

Contrairement au temps alloué à la politique, ce temps de l’élection est relativement trop court à l’échelle physique et dans l’espace matériel. Celui-ci donne nécessairement lieu à des stratégies pour convaincre avec une célérité vertigineuse la multitude.

Par définition, l’élection est l’art de répondre aux demandes politiques des Citoyens.

C’est, pour le leader politique, l’art de démontrer que l’on est littéralement capable de concrétiser les aspirations légitimes de la Collectivité publique, de matérialiser les demandes fondamentales des Citoyens.

Cet exercice passe, inexorablement, par l’élaboration d’un  »programme électoral » ou  »projet politique ».

Circonstance oblige, et dans l’unique but d’éblouir les masses, celui-ci est souventes fois présenté sous forme de recettes miracles destinées à enrayer les difficultés qui assaillent le Citoyen ou de solutions magiques chargées d’endiguer les problèmes cruciaux qui affectent la bonne marche de la Communauté nationale.

Cette radioscopie instantanée suffit normalement à elle seule pour dire que la politique a bel et bien repris ses droits de cité dans ce pays d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains. Nenni.

Lamuka, une coalition divisée par des intérêts égoïstes
Martin Fayulu Madidi adore énormément participer à des grands-messes populaires

Or, cela fait, pour être on ne peut plus exact, sept mois, – [au jour pour jour] -, que la République démocratique du Congo n’est plus du tout sous l’empire de la dynamique électorale.

Pourtant, sur le terrain national, c’est visiblement une toute autre image qui règne. Une toute autre radiographie qui est projetée. C’est une toute autre photographie qui est cyniquement balancée à la face de l’opinion publique nationale et internationale par la classe politique.

La majorité de cette élite politique, le plus souvent  »compradorisée » et  »arriviste », vivant exclusivement de la rente  »prébendière », est toujours restée dans la logique de l’élection.

Ces pontifes de la vie politique, d’ailleurs indignes de leur rang, a fortiori marchands d’illusion hors pair, adoptent plutôt cette posture électoraliste dans le dessein de prouver leur audience nationale que dans l’optique judicieuse d’avancer des solutions concrètes en faveur du pays et de sa population.

C’est ainsi que l’on voit quotidiennement cette élite politique – entre autres celle issue tout droit de la coalition électorale  »Lamuka » parrainée par des Transnationales et de puissants intérêts anti-patrie et anti-peuple (France et Belgique) – s’adonner à des randonnées ou villégiatures politiques sous couvert de rencontres avec des masses populaires. D’où la cacophonie politique !

Cette classe politique en mal de positionnement sur l’échiquier national écume, en effet, tout le territoire national à la recherche d’une popularité manifestement perdue…

 »Force est de constater que chacun des leaders de la plateforme Lamuka joue manifestement en solo ses propres partitions. Ceci en pleine contradiction avec le discours des autres chefs et au détriment global de la cohésion politique ».

À cet égard, l’on ne doit pas perdre de vue que rester ad vitam æternam dans la simple logique électorale dans l’intention malicieuse d’appâter plus particulièrement et plus singulièrement une population de chômeurs, dans l’unique optique de drainer une foule de badauds, relève non seulement de la démagogie pure mais du cynisme politique.

Par conséquent, ‘‘fini la récréation’’.

Retour effectif et rapide à la véritable  »Politique » en vue de prouver naturellement son leadership et son intelligence.

Retour à la vraie Politique en vue de faire avancer le pays par des thématiques qui ont réellement un sens et, surtout, une incidence positive sur les besoins existentiels de la population et dans la vie quotidienne.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

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L’extinction de l’espèce humaine en voie de s’accomplir sous nos yeux…

L’Humain est, aujourd’hui, complètement dépouillé de sa dignité par ses propres semblables prisonniers de richesses matérielles

La faillite de l’Humanité

Pourquoi et comment l’Humain a-t-il perdu son Humanité ?

La violence militaire est, dorénavant, érigée en mode de gestion des affaires humaines.

Quand l’espèce humaine est véritablement son propre et pire ennemi…

‘‘Homo homini lupus est’’ locution latine[i]

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

C’est absolument une évidence qui n’échappe à quiconque : .  »L’Humanité vivante est bel et bien malade » . En témoigne, sans nul doute, son comportement irrévérencieux et irréfléchi face au processus de la Création. En témoigne, effectivement, son attitude criminelle face à la vie en général. En témoigne, réellement, son obsession pathologique de tout détruire sans conscience, d’anéantir sans états d’âme tout ce qui l’entoure, l’environne.

Sans se voiler littéralement la face, l’Humanité vivante est bel et bien en crise. Une crise à coup sûr sérieuse, dont tout le monde connaît certes les tenants et les aboutissants. Si, de la part de l’Humain, il n’y a, à vrai dire, aucune réaction urgente et réfléchie, celle-ci pourrait à terme définitivement l’emporter. Donc déboucher sur son extinction pure et simple…

De nos jours, l’Humanité affiche l’image d’un environnement totalement désorienté. Elle projette ou renvoie l’image d’une société globale complètement déstructurée, dont la boussole est sérieusement endommagée – d’aucuns diraient sabotée – voire irréparable. Donc irréversible. Un seul terme, d’ailleurs le plus fort, le résume ou le définit substantiellement : le ‘‘Chaos permanent’’. En dépit de moult avertissements et signaux éminemment clairs pourtant lui adressés par la Mère-Nature, pourquoi et comment l’Humain est-il véritablement arrivé à échouer à cette pire destination ?

Les guerres apportent à l’Humanité leur lot de privations et de contraintes physiques et morales. À savoir : l’insécurité, l’injustice, l’impunité, les violences sexuelles faites aux femmes, la séparation des familles, la traite humaine, la maltraitance des enfants, la malnutrition, la sous-alimentation, les épidémies de toutes sortes, etc.

Ce qui est clair, l’Humanité présente, de nos jours, cette image hideuse de conflits violents artificiellement provoqués par l’Humain pour détruire systématiquement et automatiquement son semblable et, par voie de conséquence, prendre possession de tous ses biens. L’exemple-type, ce sont effectivement toutes ces guerres à haute ou basse intensité actuellement en cours en Libye, en Syrie, en Irak ou en République démocratique du Congo. Sans oublier la situation tragique du Mali dans le Sahel et du Nigeria au carrefour de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ces deux États charnières subissent dramatiquement une guerre civile fabriquée de toutes pièces afin de permettre aux firmes transnationales de s’adjuger des richesses minières en très forte demande industrielle ou de capter des hydrocarbures.

L’arme nucléaire a pour effet d’éteindre définitivement toute vie.

Sans compter qu’en matière d’affrontements militaires, les Humains ont conçu des armes ultra-sophistiquées, capables d’anéantir en un clin d’œil tout le processus de la vie.

Aujourd’hui, l’assurance de la vie est suspendue à l’usage d’un seul bouton. C’est ce que les stratèges qualifient de  »dissuasion nucléaire ».

 »Rien qu’en poussant un seul doigt sur un seul bouton, les Humains sont, de nos jours, capables d’éliminer en une fraction de seconde toute vie sur terre ».

Le moustique sert d’agent pathogène lors de la transmission et de l’expansion du virus de Chikungunya dans les régions à forte saveur tropicale.

Aussi l’Humanité présente-t-elle cette image d’un monde littéralement ravagé par la famine et bien des épidémies aux origines contrôlées et manipulées dans le dessein de décimer sans états d’âme des populations entières. Le virus d’Ébola qui provoque des fièvres hémorragiques, entre à n’en point douter dans cette catégorie nocive et mortelle. Tout comme l’explosion endémique du virus de Chikungunya dont l’agent propagateur est un moustique, notamment dans certaines régions tropicales, n’est vraiment pas innocente.

L’exploitation des enfants par des adultes est une réalité qu’il faut combattre avec la dernière énergie

L’Humanité affiche, surtout, ce visage pitoyable d’un univers très largement écrasé par une pauvreté indicible, broyé par une misère effroyable et répugnante. Celle-ci touche de plein fouet les personnes vulnérables. À savoir : les enfants surexploités par une société de handicapés mentaux et les femmes réduites à l’esclavage sexuel pour le plaisir pathologique de l’homme. Aussi affiche-t-elle le visage d’un univers en proie à la pollution de l’environnement en tous genres, à l’extinction de toutes espèces vivantes et animées, végétales ou animales. Les forêts non seulement disparaissent à vue d’œil mais surtout se vident avec une célérité vertigineuse de tous leurs habitants. Sans exception. Quel sombre tableau !

Une des conséquences de la gloutonnerie économique est la menace sérieuse que fait peser la pollution industrielle sur la santé des individus et la survie de la planète terrestre.

Pendant ce temps, l’Humain organise voire même improvise, comme à l’accoutumée, des colloques. Bien entendu avec les frais des Contribuables. À travers la planète, il tient des sommets qui réunissent des sommités scientifiques dans la ferme intention d’expliquer l’inexplicable. Toutes ces initiatives alléchantes sont souvent prises pour n’entretenir rien de moins que la confusion. Chose qui ne dit vraiment pas non nom, celles-ci sont-ci très souvent arrêtées par les dépositaires de l’autorité politique, gouvernementale et administrative, les titulaires du pouvoir économique, social et culturel en vue d’endormir davantage une opinion publique déjà démissionnaire de son rôle éminent de gardien des intérêts collectifs et plutôt encline à la distraction.

La femme est, d’abord et avant tout, un être humain doté d’âme et d’esprit, d’intelligence et de conscience. Elle n’est point un objet de plaisir destiné à étancher la soif pathologique, à assouvir les besoins sexuels et pressants de l’homme.

Ce qui est absolument vrai, l’Humanité affiche, aujourd’hui, le portrait d’un univers pratiquement quadrillé par le sexe. Bien entendu à tous les niveaux. Cette invasion de l’appareil autant féminin que masculin dans l’intimité des familles et des individus s’opère à travers les médias électroniques. Ces moyens de communication ont, en effet, réussi à faire de l’Humain un simple esclave au service de la société de consommation.

Cet esclavage moderne – d’ailleurs plus connu pour sa subtilité – s’illustre couramment à travers la mode vestimentaire. Celle-ci tend à déshabiller au nom du libertinage, entre-temps devenu la norme fondamentale ou le principe réglementaire, autant la femme que l’homme. Aussi cet esclavage new look se traduit-il par la consommation exponentielle de boissons et d’aliments, de stupéfiants ainsi que de produits pharmaceutiques au nom de la très sacro-sainte et très religieuse rentabilité ou profitabilité économique.

Ce qui est clair, l’Humanité est très largement guidée et dominée par une Civilisation profondément axée sur le ‘‘Matérialisme’’. Une Civilisation qui a réellement réussi, et ce en un tour de main, à faire de l’argent le seul et unique moteur de la société. Elle a réussi à faire de l’argent le seul dieu vivant devant qui l’Humain doit journellement se prosterner. Un dieu à qui celui-ci se doit de rendre culte par obligation et de façon permanente. Elle a visiblement réussi cet exploit au détriment des idéaux nobles en tant que ‘‘rêves’’ permettant sans doute à l’Humain d’émerger, de vivre somme toute dans la liberté et l’équité, la dignité et la sécurité, la justice et la paix, le progrès et le bonheur, la fraternité et la solidarité, la concorde et l’harmonie.

L’Humanité signifie, également, la protection de la Nature physique et de l’environnement.

Ce qui est clair, l’Humanité est très largement guidée et dominée par une Civilisation dont l’expression véritable est la rapacité ou la prédation, l’hégémonisme ou l’esprit de conquête. Afin de paraphraser l’auteur-écrivain français Éric-Emmanuel Schmitt, l’Humanité est polluée par une Civilisation dans laquelle ‘‘la vie se réduit strictement à une concurrence stomacale et gastrique[JAL1] ’’. Elle est polluée par un univers social où l’existence s’avère une compétition d’estomacs’’. Pour mieux vivre et même survivre dans cette jungle qu’est bien sûr l’existence, il faut impérativement manger l’autre. En d’autres termes, un acte d’anthropophagie à l’échelle industrielle. C’est-à-dire : ‘‘éliminer coûte que coute son prochain’’. ‘‘Bouffe les petits bien avant que les grands ne te bouffent’’, dit-on !

L’Humanité n’a de sens que lorsque la lutte contre l’exclusion et la désespérance sociale deviennent véritablement une priorité.

Voilà si bien résumé notre existence, notre réalité humaine. Voilà en quelques mots le condensé du vécu humain où les riches écrasent impitoyablement les pauvres, les Peuples et Nations de la planète terrestre s’entredéchirent sans trop se soucier de leur propre sort et s’entretuent sans trop se préoccuper de leur fragile condition. Voilà si bien résumé le vécu quotidien où l’autre n’est vraiment point un semblable mais un véritable étranger, un être oh ! Combien [étrange], [différent]. Plutôt un différend ! D’où l’indifférence certes polie de l’Humain. D’où l’hypocrisie et l’amnésie de sa part.

Les migrants vendus comme esclaves en Libye
L’Humanité, c’est aussi le combat contre les discriminations sous toutes leurs formes.

Ce comportement, d’ailleurs fatal, est dicté par le fait que l’Humain est strictement dépendant de cinq poisons mentales. Il est, donc, prisonnier des substances morales dont la toxicité le pousse consciemment ou inconsciemment à participer réellement à l’écrasement ou l’élimination pure et simple de son semblable pourtant créé à son image et à la destruction brutale de la Nature qui l’environne. Il s’agit, à vrai dire, de ‘‘l’égoïsme, de la cupidité, de l’avarice, de la luxure et de l’attachement servile aux choses physiques ou richesses matérielles’’.

Au nom du dogme de rentabilité économique, l’industrie minière participe impunément à la destruction de la planète et de l’individu

Il n’en reste pas moins vrai que l’addiction à ces cinq principes suicidaires conduise bien souvent l’Humain à une double mort. Celle-ci est autant physique que spirituelle. Toutefois, c’est par le nettoyage en profondeur de ces poisons mentales que l’Humain revit et renaît de ses cendres. C’est par leur maîtrise qu’il se sauve lui-même, épargne l’existence de son semblable et sauvegarde à tout jamais la vie de la planète et par-delà l’avenir de l’Univers tout entier.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

joelasherlevy@aol.com

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[i] L’homme est un loup pour l’homme.


 [JAL1]