Un autre regard sur l'actualité. Une autre lecture des enjeux fondamentaux des évènements. Un éclairage sur des questionnements de la vie quotidienne..
Le Parti populaire du Canada (PPC) dans les starting-blocks
Maxime Bernier, leader du Parti populaire du Canada (PPC), prenant la parole au Parlement du Canada à Ottawa (la capitale fédérale)
Maxime Bernier porte-étendard des idées conservatrices ?
‘‘Les vrais conservateurs s’occupent des gens (Citoyennes et Citoyens ndlr). Ils ne servent pas des lobbies (…).’’ Maxime Bernier, député fédéral de Beauce
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Le Canada, pays à vieille tradition démocratique, se prépare sereinement à plonger dans le tourbillon électoral. Pour l’instant, cette sérénité tranche avec la douceur exceptionnelle du début de la période estivale. Un commencement d’été dont le mercure tutoie littéralement des températures bien en deçà des moyennes saisonnières. Mais pour combien temps ?
Ce qui est sûr et certain, – météorologie politique oblige ! –, cette campagne électorale sera, à tous points de vue, chaude et virile. Elle sera, sans conteste, à l’image des étés canadiens, d’ailleurs, fort connus pour leur chaleur, à quelques égards, torride et ‘‘piquante’’. Vu la configuration du champ politique national, elle donnera, sans nul doute, lieu à des luttes épiques et serrées. Rendez-vous le lundi 21 octobre 2019 à 22 heures (heure de l’Est canadien bien entendu) lors du compte-rendu des résultats électoraux.
En attendant que les machines partisanes se mettent réellement en marche, et ce à l’image des vrombissements de moteurs de Formule 1, bon nombre de formations politiques ayant pignon sur rue affinent leurs stratégies et affûtent leurs armes. Préparant leurs équipes de campagne selon cet adage séculaire ‘‘qui veut aller plus loin ménage sa monture’’, toutes ces familles politiques sollicitent des fonds auprès des Citoyennes et Citoyens. Celles-ci recrutent aussi de nouveaux adhérents. Dans la foulée, elles organisent même des primaires afin de désigner des candidates et candidats capables de défendre leurs couleurs partisanes et, au finish, de remporter un siège électoral.
Pour ainsi dire, les élections législatives arrivent à grands pas au Canada. Tenus le lundi 21 octobre 2019, ces scrutins seront, tout compte fait, des plus excitants voire même des plus prometteurs de l’histoire politique de ce pays d’Amérique du Nord. En effet, ces joutes électorales verront participer pour la première fois une nouvelle force politique. Et non des moindres. Celle-ci affiche très clairement de grandes ambitions pour le pays. Son leader est, certes, et surtout, un grand habitué de grands rendez-vous politiques. Il s’agit, en réalité, du Parti populaire du Canada dont la vocation très ouvertement déclarée est de ‘‘gouverner le Canada autrement’’.Donc, sa saine vocation est‘‘d’administrer différemment ce pays chéri par des millions d’êtres humains’’.
Maxime Bernier a occupé d’importants postes ministériels au sein du gouvernement fédéral dirigé par le premier ministre conservateur Stephen Harper.
Le chef de cette nouvelle formation n’est nul autre que Maxime Bernier, député fédéral de Beauce. Celui-ci fut à plusieurs reprises ministre sous le régime conservateur de l’Albertain Stephen Harper. Pour ainsi dire, cette personnalité politique originaire du Québec est issue tout droit du ‘‘moule’’ conservateur du Canada.
En effet, au cours du deuxième semestre de l’année 2018 (au mois d’août et septembre), Maxime Bernier qui a naturellement flairé le bon coup, a certes pris, après mûre réflexion, la très lourde décision de quitter la barque du Parti progressiste-conservateur du Canada (PCC) en vue de fonder le Parti populaire du Canada (PPC). Cette nouvelle formation politique est bel et bien née le 17 février 2019. Elle est, surtout, enregistrée en vertu de la législation sur les partis auprès d’Élections Canada. Ce qui lui offre, bien entendu, la possibilité de participer directement à des scrutins électoraux organisés par cette autorité administrative à l’échelle fédérale. Y compris la possibilité de participer sans entrave aucune à bon nombre de débats politiques et électoraux organisés cette fois-ci par des médias de masse ou des consortiums de médias.
Maxime Bernier présente des candidates et candidats à la députation fédérale pour le compte du Parti populaire du Canada à Montréal.
En si peu de temps, – [ce qui est en soi une performance fort louable] – le Parti populaire du Canada (PPC) qui est à, vrai dire, parti de très loin, a essaimé très rapidement dans tout le Canada. Bien entendu comme des champignons en pleine saison estivale. À ce titre, cette formation politique s’est littéralement affirmée comme pancanadienne et non point comme un parti cloisonné ou cantonné à une région ou adossé à une clientèle précise. Avec 40 mille membres à son actif dont 22 % enracinés au Québec – [la population québécoise représente en fait 23 % de la population canadienne] – et 16 % concentrés en Alberta – [la population globale de cette province ultraconservatrice des Prairies représente en réalité 12 % de la population nationale] -, cette entreprise politique chère à Maxime Bernier se veut, à l’heure actuelle, un parti de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens.
Le Parti populaire du Canada rassemble toutes les Canadiennes et tous les Canadiens.
‘‘Quadrillant un territoire national immense’’, le Parti populaire du Canada (PPC), que d’aucuns accusent de fractionner le vote conservateur afin de favoriser la reconduite aux affaires gouvernementales du Parti libéral de Justin Trudeau, s’est déjà installé dans plus de 90 % des comtés électoraux disséminés sur la vaste étendue du pays. Sous la gouvernance de Maxime Bernier, cette formation politique pancanadienne a réussi à constituer 323 associations de comté – régulièrement approuvées par Élections Canada – sur les 338 comtés (circonscriptions électorales) véritablement existants pour diffuser son message politique et électoral. Aussi a-t-elle réussi à recruter – [du moins pour l’instant] – pas moins de 217 candidats sur l’ensemble du territoire en vue de la bataille électorale décisive du lundi 21 octobre 2019. Selon les prévisions les plus optimistes émises par les stratèges du parti, le quadrillage le plus complet du Canada, soit 338 candidats à la députation fédérale, pourrait être réalisé avant la fin du mois de juin. Tout au plus début juillet 2019.
Cette progression fulgurante enregistrée en pas moins de 7 mois d’existence sur le champ politique porte à penser que le Parti populaire du Canada (PPC) s’affirme très nettement et très clairement sur l’échiquier national comme un parti a fortiori ‘‘dominant’’. Vu l’accélération et l’engouement au niveau de l’adhésion populaire, il se positionne, en réalité, comme un parti de gouvernement. À ce titre, il n’entend point faire de la simple figuration. Donc, il n’entend point jouer les seconds violons (ndlr).
En d’autres termes, le Parti populaire du Canada (PPC) est une formation politique avec et sur laquelle il faut impérativement compter pour la conquête du pouvoir et surtout la grande transformation du Canada, laquelle s’inscrit au IIIe millénaire. Toutefois, cette embellie enregistrée au niveau de l’adhésion populaire doit se traduire lors des échéances électorales en bulletin de vote ou lors des sondages d’opinion en fermes et réelles intentions de vote. Ce qui constitue, bien sûr, une autre paire de manche. Ce qui est sûr et certain, les stratèges de ce nouveau mouvement politique y travaillent d’arrache-pied.
Cette décision de Maxime Bernier de porter dans les fonts baptismaux le Parti populaire du Canada (PPC) a été, sans aucun doute, arrêtée dans le dessein d’offrir à l’ensemble des Canadiennes et Canadiens de nouvelles perspectives d’avenir. Perspectives, d’ailleurs, centrées sur la personne même du Citoyen au sens générique du terme. Citoyen sur qui pèse, en fait, de nos jours maints fardeaux parmi lesquels la fiscalité, la précarité du marché de l’emploi, les charges sociales, les emprunts personnels, l’endettement des ménages, l’échec de l’intégration des immigrants et l’insécurité sous toutes ses formes, etc.
Maxime Bernier est toujours à l’écoute des Citoyennes et Citoyens.
Devant un tel tableau socioéconomique qui invite, en réalité, les Canadiennes et Canadiens à serrer davantage la ceinture jusqu’au cran, le Parti populaire du Canada (PPC) placé sous la férule de Maxime Bernier propose de revenir à des recettes conservatrices éprouvées. Toutes ces solutions s’appuient sur une éthique quadruple. À savoir : la ‘‘Liberté’’, la ‘‘Responsabilité’’, ‘‘l’Équité’’ et le ‘‘Respect’’.
S’agissant de la liberté, Maxime Bernier récuse, en bon conservateur, l’interventionnisme de l’État dans le domaine économique. À ce niveau, le député de Beauce rejette la culture de l’assistanat économique. Selon son diagnostic pointu, cette tradition a littéralement transformé les entreprises pourtant fondées sur la notion de profitabilité économique en assisté social. Celles-ci bénéficient, par ce biais, à coup de gracieuses subventions, de la manne financière provenant directement de l’État.
Maxime Bernier s’adresse aux membres et sympathisants du Parti populaire du Canada (PPC) dans la circonscription électorale de Beauce.
Pour le leader du Parti populaire du Canada (PPC), cette culture d’assistanat économique des corporations est tout à fait préjudiciable à la communauté nationale, à double niveau. D’une part, celle-ci ne permet pas du tout à la Collectivité publique d’éradiquer le cancer du chômage pour la simple et bonne raison qu’une fois servies, la très grande majorité des entreprises tendent à mettre la clé sous le paillasson. Et, d’autre part, les financements alloués à ces corporations économiques proviennent littéralement de l’augmentation des coûts (taxes et impôts. CQFD) imposés par le gouvernement aux Citoyennes et Citoyens.
Sur le terrain de la responsabilité économique, Maxime Bernier prône le productivisme. Cette vision permet à l’administration de l’État de produire des richesses et des revenus. À cet égard, il promeut la réduction de la taille de l’État, d’ailleurs sustentée par l’informatisation voire même l’automatisation des tâches normalement exécutées par l’être humain. Ce régime minceur permet à l’État de faire d’énormes et réelles économies. Aussi lui permet-il de les réaffecter à des besoins plus importants de la collectivité publique.
Maxime Bernier prône la réduction des impôts pour les personnes physiques et morales.
En outre, sur ce même terrain de responsabilité économique, le Parti populaire du Canada (PPC) prône – ce qui sous-tend à coup sûr le principe d’équité et de justice – la réduction des impôts qui pèsent lourdement aussi bien sur les personnes physiques que sur les personnes morales. À ce propos, la grande préoccupation de Maxime Bernier est, – pourrait-on supposer –, la relance tous azimuts de la consommation au niveau des ménages. Aussi est-elle indéniablement la modernisation de l’outillage industriel et économique au profit des entreprises privées en tant qu’entités sociales participant directement au développement économique afin de soutenir l’activité ou la productivité économique.
En termes de responsabilité politique et administrative, l’État, eu égard à sa noble mission de pouvoir politique et de gestionnaire public, se doit d’équilibrer les comptes publics par la maximisation des recettes financières et le contrôle effectif et strict des dépenses publiques. À ce propos, la plus grande préoccupation politique du Parti populaire du Canada (PPC) s’avère, en fait, la réduction des déficits publics qui ne cessent pratiquement plus de se creuser. Ceux-ci sont souventes fois engendrés par une multitude de projets jugés inutiles ou une surabondance de programmes publics catalogués contreproductifs.
À cet effet, Maxime Bernier épingle l’aide internationale en direction du Tiers-Monde. Celle-ci est, sans nul doute, en pratique inefficace. Aussi le député de Beauce indexe-t-il la lutte contre les changements climatiques. Force est de relever que tous ces bouleversements climatologiques qui ne cessent pratiquement pas de diviser la communauté des experts ès qualité, relèvent plus de l’hypothétique que du chimérique.
Par ailleurs, il sied de souligner que les déficits publics sont également alimentés par l’augmentation effrénée des coûts sociaux et la cherté des services publics mis à la disposition des Citoyennes et Citoyens.
Le Parti populaire du Canada connaît, sous le leadership de Maxime Bernier, une progression louable au sein de l’opinion publique nationale et au niveau de l’adhésion populaire. Le membership connaît une hausse significative.
En termes de responsabilité sociale et culturelle, Maxime Bernier que certaines voix autorisées dépeignent comme le »Donald Trump du Nord’‘, n’entend nullement rouvrir le débat qui heurte de plein fouet le droit à l’avortement. À cet effet, il n’entend point orienter ou influencer de quelque manière que ce soit le Parti populaire du Canada (PPC) sur cette question fondamentale d’ailleurs au cœur de la régénération des sociétés occidentales. Advenant un tel débat, – si débat il y aura effectivement -, et puisqu’il s’agit pratiquement d’une question de société qui dépasse de loin les clivages politiques traversant la société, il entend laisser à chaque député de son mouvement politique – en tant que représentant légitime du peuple canadien – la liberté de voter selon sa foi, sa conscience et ses convictions les plus intimes.
S’agissant de l’épineuse question de l’immigration, Maxime Bernier s’oppose farouchement à la régularisation des réfugiés dits »économiques ». Ce qui laisse à penser que le Canada pourrait, théoriquement, respecter tous ses engagements internationaux en matière ultrasensible de réfugiés politiques. Toutefois, cette personnalité politique privilégie, à propos de l’immigration des personnes ou communautés étrangères, rien de moins que l’accueil des migrants investisseurs. Ce qui est clair, cette catégorie d’individus exclusivement ciblée par le Parti populaire du Canada (PPC) est plutôt supposée apporter des capitaux et des compétences techniques participant au développement et au progrès du pays.
Par ailleurs, sur la question du nombre d’immigrants à recevoir annuellement sur le sol du territoire canadien, le député de Beauce estime qu’il y a lieu de plafonner cet accueil à hauteur de 250 mille individus. D’après sa vision, ce seuil migratoire répond plutôt à des impératifs d’ordre socioéconomique et socioculturel. Ceci en raison de l’enjeu intégrateur des personnes ou communautés qui immigrent au Canada. En effet, l’arrivée des étrangers ne doit pas, estime Maxime Bernier , se faire au détriment de la cohésion culturelle et de la stabilité socioéconomique du pays. À ce propos, ce seuil – raisonnable selon le député fédéral de Beauce – de 250 mille immigrants au profil majoritairement investisseur était celui normalement arrêté par le gouvernement conservateur au sein duquel il a – [loyalement] – servi pendant des années sous la férule de l’Albertain Stephen Harper.
Sous la direction de Maxime Bernier, le Parti populaire du Canada (PPC) se définit comme l’avocat des Citoyennes et Citoyens écrasés par la lourdeur administrative de l’État et asphyxiés par les charges fiscales.
En termes d’équité, le Parti populaire du Canada (PPC) prône sans hésiter la justice sociale. En fait, cette formation politique prône le principe d’égalité de toutes et tous devant la loi, le logement, l’accès de toutes et tous aux soins de santé, à l’éducation et au progrès technologique. Pour ce qui est du respect, cette famille de pensée politique prône le respect des Citoyennes et Citoyens en tant qu’acteurs politiques et économiques, sociaux et culturels. Aussi prône-t-elle le respect de ses engagements vis-à-vis de la population, engagements d’ailleurs pris dans le cadre politique et démocratique (électoral).
Colonialisme
sauvage, Mobutisme tyrannique et terrorisme sanguinaire
Le cas des meurtres judiciaires et assassinats politiques en République démocratique du Congo depuis la proclamation de l’indépendance (le jeudi 30 juin 1960) jusqu’à la chute brutale du régime despotique du Maréchal-pillard Mobutu Sese Seko du Zaïre (le samedi 17 mai 1997)
Le juriste Étienne Tshisekedi et le lieutenant-général Joseph-Désiré Mobutu
Rôle politique et responsabilité pénale d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba
Pour la postérité et la vérité politique de l’histoire nationale de la République démocratique du Congo
‘‘Le mensonge pour être cru doit se déguiser en vérité, c’est là sa limite’’. Robert Sabatier, Le livre de la déraison souriante (1991)
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
La République démocratique du Congo, certes endeuillée par des meurtres de masse et fragilisée par la présence musclée des forces négatives dans la portion orientale de son territoire national, se prépare à vivre une fin de semaine des plus agitée de toute son histoire politique. Cet État martyr depuis sa mise en orbite le jeudi 30 juin 1960 se prépare à connaître une fin de semaine des plus mouvementée, d’ailleurs marquée par le retour fracassant de la dépouille mortelle du ‘‘Très regretté’’ Étienne Tshisekedi wa Mulumba et, subséquemment, son inhumation dans la périphérie de la Capitale Kinshasa[i].
Exposition au public de la dépouille mortelle d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba à Heysel (Bruxelles) au mois de février 2017
Force
est de relever que lors des funérailles nationales prévues à cet égard,
l’illustre disparu sera élevé rien de moins que au rang de ‘‘Héros national’’. Désormais, il fera
donc partie intégrante du panthéon des Hommes et Femmes ayant marqué de leur
empreinte indélébile la vie nationale de ce vaste État sis au cœur de l’Afrique
et de la région de Grands Lacs. Il convient de souligner que cette très haute
distinction en principe réservée aux dignes Filles et Fils du pays pour services
exemplaires rendus à la Nation lui sera d’ailleurs conférée par le gouvernement.
Force est de reconnaître que cette plus haute institution politique et
administrative est en vérité présidée par nul autre que son ‘‘rejeton
présidentiel’’ Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, dit ‘‘FATSHI’’.
Cette
perspective d’élévation de l’illustre disparu a très rapidement pourvu des
ailes à bon nombre d’opposants de salon informatique ou contradicteurs de café
internet. Imbus de leurs propres personnes et pleins de mauvaise foi, ceux-ci
distillent sur la toile des faussetés et des contrevérités historiques. En
effet, leur objectif immédiat, d’ailleurs indubitablement avoué, est d’écorner sans
autre forme de procès la saine réputation – pourtant
sans tâche – du fameux ‘‘Père de la démocratie congolaise’’.
Le résistant et leader charismatique de l’UDPS Étienne Tshisekedi wa Mulumba. L’homme qui a littéralement transformé l’espace politique congolais pour en faire une arène ouverte à la concurrence idéologique.
Pour
descendre irrévocablement de son piédestal Étienne Tshisekedi wa Mulumba, cette
armée d’antitshisekedistes dont la très grande majorité émergent du double sérail
‘‘mobutiste’’
et ‘‘kabiliste’’
– ce
qui n’est pratiquement guère étonnant – lui reprochent violemment, ce derrière
des arguments on ne peut plus fallacieux d’avoir pactisé avec de puissants
intérêts anticongolais dans l’intention malsaine de réduire en charpie la
souveraineté internationale et l’indépendance nationale du pays. À cet effet, ceux-ci
lui attribuent toute honte bue, au moyen des raccourcis intellectuels oh !
Combien fantaisistes et des insinuations mensongères, manifestement teintées de
perfidie, la paternité de l’assassinat physique de Patrice Emery Lumumba. Aussi
lui attribuent-ils gratuitement le meurtre judiciaire des conjurés de la Pentecôte[ii]
que sont, en réalité, le Premier ministre Évariste Kimba[iii],
les ministres Jérôme Anany[iv]
et Alexandre Mahamba[v],
ainsi que le sénateur Emmanuel Bamba[vi].
Le premier ministre congolais Évariste Kimba
Tous
ces dignitaires d’infortune de la première république, évidemment renversée par
les armes par le Maréchal-tyran Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre, ont
été pendus le 1er juin 1966. C’est sur le même site d’exécution[vii]
où ces personnalités politiques précitées ont sans aucun doute connu une fin
atroce que seront d’ailleurs célébrées ce samedi 1er juin 2019 les
obsèques nationales de l’icône congolaise de la démocratie[viii].
De quoi raviver les vieux démons de l’intolérance politique qui hantent et
polluent toute la vie nationale en République démocratique du Congo depuis son
accession à l’indépendance, le jeudi 30 juin 1960.
Emmanuel Bamba, un des conjurés de la Pentecôte
S’agissant
toutefois de la mise à mort programmée de Patrice Emery Lumumba qui est moins
héros que martyr de l’indépendance du pays, il y a lieu de mentionner que c’est
une décision qui doit être replacée dans le contexte particulier et singulier
de la guerre froide entre les États membres de l’OTAN, d’une part et le Pacte
de Varsovie et la République populaire de Chine, d’autre part. Cette décision a
été arrêtée par l’Occident capitaliste non pas à cause du discours vitriolique improvisé
par ce tribun de la plèbe en réponse à l’allocution apologétique du roi des
belges Baudouin 1er sur le colonialisme belge au Congo mais à cause
de sa vision politique et économique exposée par écrit le 21 juillet 1960.
De gauche à droite : Maurice Mpolo, Joseph Okito et Patrice Emery Lumumba dont les bras sont entravés par des cordes. Prisonniers de puissants intérêts colonialistes et capitalistes, ils sont entourés par des soldats de l’armée nationale congolaise (ANC) dont le commandant en chef est le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu.
C’est
plus précisément à cette date que Patrice Emery Lumumba, répondant à une
question du sénateur Joseph Iléo Songo Amba de Léopoldville, d’ailleurs, fort connu
pour fustiger constamment sa gestion calamiteuse du pays confronté à
l’insécurité croissante et au chômage galopant, avait signé de sa propre main
son arrêt de mort. En effet, en réponse au représentant sénatorial de la
capitale Léopoldville, ce héros du panafricanisme affirme sa ferme volonté de
nationaliser l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) – [un fleuron de l’économie belge] – en vue d’offrir à la République
démocratique du Congo la souveraineté économique[ix].
Il
importe de noter que l’UMHK était réellement, à cette époque trouble, au niveau
statutaire, une succursale de la Société générale de Belgique (SGB). Cette
institution bancaire de renommée internationale était, par définition, un
holding financier qui garantissait le portefeuille économique du Capital
monopolistique international en République démocratique du Congo et en Afrique.
Par conséquent, la perspective de sa nationalisation pure et simple par le
gouvernement Lumumba déjà en porte-à-faux avec la Belgique[x]
ne pouvait que logiquement et forcément irriter tous ces puissants intérêts
occidentaux. Par conséquent, pour ne point perdre leur influence économique et
financière dans cette partie vitale et névralgique de la planète, ceux-ci
n’avaient pas d’autre choix que d’écarter très brutalement, très violemment, de
leur chemin le ‘‘Panafricaniste’’ et ‘‘Nationaliste’’ Patrice Emery
Lumumba.
La Belgique, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont joué un rôle majeur dans l’éviction de Patrice Emery Lumumba de la scène politique congolaise
Ce faisant, un prétexte interne devrait être coûte que coûte trouvé. Au besoin même fabriquer de toutes pièces un contexte interne en vue d’éliminer politiquement et physiquement Patrice Emery Lumumba et, par conséquent, racheter l’indépendance de la République démocratique du Congo. Cela est d’autant plus vrai que le statut de ‘‘Dominium’’ s’inspirant très profondément du modèle en vigueur au sein du Commonwealth britannique a été préalablement proposé à Lumumba, et ce avant toutes négociations politiques et diplomatiques sur l’émancipation nationale des Congolaises et Congolais. Il y a lieu de mentionner que cette figure emblématique du panafricanisme est pratiquement restée de marbre.
Dans
ce schéma qui sous-tend, évidemment, la domination coloniale, la République
démocratique du Congo aurait [réellement] pour chef de l’État le roi des Belges.
Elle serait, par conséquent, placée sous la coupe de l’ancienne puissance
coloniale. Force est de constater que cette perspective de relier le cordon
ombilical avec la Belgique a été, complètement, rejetée du revers de la main
par cette figure de proue de la ‘‘révolution’’ nationaliste et du
mouvement panafricaniste.
Mobutu, la grande taupe chargée d’infiltrer la vie de Lumumba et de surveiller ses activités politiques
Comme
les forces coloniales et leurs relais internes ne tarissent point d’idées pour
mettre définitivement hors d’état de nuire Lumumba et ses affidés
anticapitalistes et antioccidentaux, les massacres génocidaires de Bakwanga,
aujourd’hui M’Buji-Mayi, la capitale du diamant, leur fournissent cette
occasion en or. Donc une occasion tant rêvée. Une opportunité tant attendue[xi].
Comme
par enchantement, ces crimes odieux que la communauté internationale s’empresse
de condamner avec la dernière énergie, sont perpétrés par nul autre que le
poulain de la puissance coloniale et le chouchou de l’Occident chrétien, le
colonel-major Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre. Cet officier militaire
incivique a, ainsi, agi en usurpant littéralement les prérogatives du chef
d’état-major général de l’armée nationale congolaise (ANC), le général Victor
Lundula[xii].
Dans
le but de commettre ces meurtres de masse épouvantables contre les Lubas du
Sud-Kasaï dirigé en ce moment précis par le ‘‘Mulopwe’’ Albert Kalonji Ditunga[xiii],
le mercenaire local Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre s’appuie sur le
terrain, d’après bien des sources
concordantes et certifiées, sur le lieutenant-colonel Joseph Damien Tshatshi
et le général Jean-Pierre Somao Gbodo Mbele. Ces deux militaires de l’ANC sont placés
sous ses ordres exclusifs. Forcé de retourner au pays[xiv]
à la suite de toutes ces bavures mortelles attribuées aux éléments armés incontrôlés
de l’ANC, le Premier ministre Patrice Emery Lumumba qui porte aussi la double
casquette de ministre de la défense, convoque immédiatement le colonel-major Mobutu
dans son bureau.
Se
sentant trahi, le héros nationaliste prend cette initiative pour poser directement
à ce militaire incivique des questions sur les raisons de ses agissements
déplacés[xv].
En bon félin, cet agent certifié des services secrets belges lui répond qu’il a
ainsi agi conformément au plan du gouvernement qui souhaitait à tout prix
récupérer dans le giron national le Sud-Kasaï. À la question savoir pourquoi il
a donné l’assaut sans l’aval du général Victor Lundula, son supérieur
hiérarchique, il répond qu’il était pratiquement dans l’impossibilité de
joindre le commandant en chef de l’ANC dans la mesure où celui-ci n’était point
à Léopoldville.
Il
sied de souligner que dès l’exécution des massacres génocidaires de Bakwanga,
le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre s’enorgueillissait de tous
ces exploits macabres auprès de ses mentors belges et dans des milieux
expatriés. C’est précisément le journaliste belge Pierre Davister dont il fut
naturellement très proche qui se chargea d’ailleurs de le dissuader de ce
comportement irresponsable. En effet, une telle attitude aurait pu lui être
reprochée un jour et, par conséquent, lui barrer très certainement la voie
pavée de la présidence de la République au moment opportun.
Ainsi,
dans l’optique d’occulter cette sauvagerie digne du Mobutisme sanguinaire et terroriste
et, surtout, camoufler cette portion ténébreuse de l’histoire macabre de ce fameux
garçon de course de l’Occident, lequel devint cinq ans plus tard chef de l’État
du Congo après un putsch militaire ‘‘sans
effusion de sang’’, fut prise par ses tuteurs belges et parrains
internationaux la décision de lui confectionner une saga héroïque. La décision
fut prise de lui peaufiner une légende hollywoodienne selon laquelle ce
militaire dont les qualités d’invincibilité et d’intrépidité sont mises en
avant, serait plutôt le sauveur ‘‘incontesté’’ et ‘‘incontestable’’
du grand peuple luba. Ainsi, dans l’histoire nationale, le mercenaire génocidaire
Mobutu Sese Seko du Zaïre passa sans contredit du statut peu reluisant de bourreau
à celui fantasmé de sauveur des Lubas.
Pour
ainsi dire, les évènements malheureux de Bakwanga, d’ailleurs attribuables à
l’incivisme et l’opportunisme [sans
borne] du colonel-major Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre accélérèrent
la chute programmée de Patrice Emery Lumumba. Saisissant au bond ce dossier ‘‘sulfureux’’ et ‘‘explosif’’, le président Joseph Kasa-Vubu furieux et entouré à
cette période d’une armée de conseillers occidentaux[xvi]
révoque, sans l’avoir même entendu au préalable, le Premier ministre congolais.
Et, surtout sans même avoir sollicité un débat parlementaire à ce propos. De
son côté, le héros Patrice Emery Lumumba dont l’impulsivité maladive est, par
définition, une pathologie incurable, saisit à quelques minutes d’intervalle le
même microphone usé par le président de la république Kasa-Vubu pour le
démettre politiquement, pour révoquer à son tour ce chef de l’État. À l’appui
de sa démarche, il l’accuse d’être de mèche avec les forces colonialistes qui
refusent à tout prix l’émancipation nationale.
Le président de la République Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba accueillent le Souverain des Belges, le Roi Baudouin 1er, lors de la proclamation de l’indépendance le jeudi 30 juin 1960
Ainsi,
par ce jeu de révocations mutuelles, la République démocratique du Congo est
complètement décapitée. Situation, d’ailleurs, inédite dans le monde. Plus de
chef de l’État au sommet des plus hautes Institutions politiques. Plus de
gouvernement en vue de vraiment s’occuper des affaires publiques, donc
administratives et étatiques.
Dès
cet instant, la République démocratique du Congo devenue forcément acéphale
amorce bien entendu une crise de légitimité politique qui s’étire sur plus d’un
demi-siècle. En dépit de la vigoureuse contestation, d’ailleurs, programmée du
‘‘perdant’’
Martin Fayulu Madidi (MAFA) par de puissants intérêts anticongolais, entre
autre belges, français et helvétiques (suisses), ce conflit politique trouve
définitivement son issue heureuse lors du sacre présidentiel de Félix-Antoine
Tshilombo Tshisekedi (FATSHI)[xvii]
le dimanche 30 décembre 2018.
En avant-plan : Joseph Kasa-Vubu et le Roi des Belges Baudouin 1er. En arrière-plan : Joseph Iléo Songo Amba (à gauche) derrière Kasa-Vubu, Patrice Emery Lumumba (au milieu) et Justin-Marie Bomboko Lokumba (à droite) derrière le Souverain des Belges
Révoqué
peu élégamment par le président de la République Joseph Kasa-Vubu, lui-même
démis de ses fonctions par le premier ministre, Patrice Emery Lumumba est
remplacé par son plus grand pourfendeur politique au sénat. À savoir : le
patriarche Joseph Iléo Songo Amba. Cette
désignation est actée à Léopoldville le 5 septembre 1960[xviii].
Ce
qui est indéniable, – [et les faits historiques ne démentent point] – Patrice
Emery Lumumba a été arrêté lors de sa fuite d’ailleurs inespérée vers
Stanleyville sous le régime du Collège des commissaires généraux mis en place
par le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu le 15 septembre 1960 à la suite d’un
putsch militaire lui permettant de neutraliser la classe politique. Il sied de
souligner que le Très regretté Étienne Tshisekedi wa Mulumba fit réellement
partie de ce cabinet gouvernemental et administratif en qualité d’adjoint au
commissaire général à la justice Marcel Lihau Ebua.
Le 6 septembre 1960, le nouveau Premier ministre désigné Joseph Iléo Songo Amba qui cumule, d’ailleurs, les ministères de la justice et de la défense, signe un décret ministériel aux fins d’arrestation de son prédécesseur Patrice Emery Lumumba pour dévastation, atteinte à la paix, atteinte à la sûreté nationale et usurpation des fonctions étatiques. L’exécution de cet acte gouvernemental est immédiatement confiée au procureur belge René Rom (procureur général de la République près la cour d’appel de Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa). C’est effectivement sur la base de ce texte édicté et signé par Iléo lui-même en qualité de ‘‘ministre de la justice’’ que Patrice Emery Lumumba en fuite vers Stanleyville (Kisangani Boyoma Singa Mwambe) est appréhendé à Lodi dans le Sankuru (Province du Nord-Kasaï) par l’inspecteur de police antinationaliste Gilbert Mpongo[xix] le 2 décembre 1960 et transféré à Mweka pour son acheminement à Léopoldville.
De gauche à droite : Lumumba, Kasa-Vubu et Justin-Marie Bomboko Lokumba
Cependant, le collège des commissaires généraux dirigé par Justin-Marie Bomboko Lokumba, dont la mission primordiale consistait à assurer le bon fonctionnement technique et administratif de l’État, disposait en réalité d’un mandat qui courait du 15 septembre au 31 décembre 1960. Ce qui eut théoriquement pour corollaire immédiat le retour aux affaires du Premier ministre Joseph Iléo Songo Amba à compter du 1er janvier 1961. Or, l’assassinat de Patrice Emery Lumumba a eu lieu au Katanga le 17 janvier 1961. Ce qui signifie très logiquement et très clairement que l’assassinat de Patrice Emery Lumumba à Élisabethville (Lubumbashi) est en vérité intervenu lorsque Joseph Iléo Songo Amba a déjà pris officiellement les rênes du gouvernement et surtout en mains les affaires de l’État. En effet, cette personnalité politique a repris officiellement son poste à la tête du gouvernement congolais le 6 janvier 1961.
Cela
dit, trois personnalités congolaises, et non des moindres, ont néanmoins joué
un rôle dans le transfèrement de Patrice Emery Lumumba à Élisabethville. D’abord,
Joseph Kasa-Vubu en qualité de président de la République. Il a d’abord
contacté par télégramme le leader des Lubas du Sud-Kasaï en vue de faire payer
à Patrice Emery Lumumba les massacres génocidaires de Bakwanga. Ce chef de
l’État s’est heurté à une fin de non-recevoir de la part du Mulopwe qui voulait
éviter une guerre civile déclarée avec ses voisins tetela du Nord-Kasaï.
À la
suite du refus poli mais ferme de Kalonji d’accueillir le ‘‘colis[xx]’’,
ce président de la république, d’ailleurs, manipulé à dessein par de puissants
intérêts occidentaux se tourne ensuite vers les sécessionnistes purs et durs du
Katanga. Ce chef de l’État le fit non sans reprocher ouvertement à Kalonji
d’avoir refusé son offre de règlement de comptes à Lumumba. Comme le rapporte,
d’ailleurs, le leader des Lubas dans une entrevue lui accordée par la presse
(source internet)[xxi].
En
effet, Patrice Emery Lumumba était, en réalité, l’ennemi juré des autorités de
la province uranifère du Katanga contrôlée et gérée par l’UMHK. Il ne
bénéficiait guère de sympathies et de Moïse Kapenda Tschombe, le grand leader
local, et de Godefroid Mwenda Munongo Shombeka[xxii].
Ces deux dignitaires katangais s’étaient réellement juré de lui faire subir le
sort exclusivement réservé aux traîtres.
Victor Nendaka Bika, le convoyeur des trois prisonniers (Lumumba, Mpolo, Okito) à Élisabethville
Outre
le président Kasa-Vubu encadré par les Occidentaux dans l’éviction du héros
congolais, le chef des services de renseignement Victor Nendaka Bika, alias ‘‘Oufkir’’, a également joué un rôle
prépondérant dans l’exécution sommaire de Patrice Emery Lumumba. Cet indic au
service de l’ancienne puissance coloniale belge fut chargé de convoyer le
fameux colis auprès de ses bourreaux au Katanga. À Savoir : Tschombe et
Munongo. Force est relever que c’est bel et bien Victor Nendaka Bika qui, après
avoir livré et fait assassiner Lumumba à Élisabethville, fut le ‘‘premier
révisionniste de l’histoire de la République démocratique du Congo à propager
sans états d’âme
la
version selon laquelle ce sont des Lubas du Sud-Kasaï qui ont tué Lumumba’’[xxiii].
C’est dès son retour du Katanga qu’il entama cette propagande anti-Luba.
Toutefois, dans le dessein d’abattre politiquement l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), d’ailleurs cataloguée pour la circonstance de parti des Lubas du Kasaï et, surtout, salir de manière exécrable la saine renommée d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba, réputé pour sa mythomanie et son côté fantasque, est, de nos jours, le deuxième révisionniste ‘‘patenté’’ de l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC). Ce personnage manipulateur hors pair est chargé de la maquiller en exploitant ad nauseam les antennes et réseaux médiatiques et électroniques de l’Alliance des patriotes pour la refondation du Congo (APARECO). Il est, en réalité, chargé d’induire sciemment en erreur l’ensemble de ses compatriotes en leur faisant accroire que Tshisekedi est vraiment l’assassin de Patrice Emery Lumumba sans pour autant apporter des preuves historiques fiables. Pour ce faire, il s’appuie sur de fausses pistes ou de fausses preuves fabriquées par des services secrets à la solde exclusive de la tyrannie mobutiste. Il sied de relever que Nendaka et Ngbanda ont tous les deux été des chefs de services de renseignement sous l’égide de Mobutu Sese Seko.
Hormis le chef de l’État Joseph Kasa-Vubu et l’indicateur pro-belge Victor Nendaka Bika, le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu est, en réalité, le troisième individu à avoir les mains trempées directement dans l’assassinat. Il est le mercenaire local. Ce militaire incivique et rebelle à la démocratie est en fait le barbouze du colonialisme. Il est chargé de basses besognes. Il les exécute à la manière d’un félin. Il les exécute à la manière de son totem favori, à plus forte raison animal emblématique de la forêt, le léopard de la jungle. Il est réputé tuer ses victimes sans laisser la moindre trace.
Mobutu, un indicateur des services de renseignement belges transféré à la CIA en 1958
Assisté logistiquement et techniquement par la CIA et aussi par le Département d’État US, le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu est chargé de mettre fin à la cavale de Patrice Emery Lumumba en fuite vers Stanleyville. En contact constant avec les représentations diplomatiques et consulaires de la Belgique, de la France, des États-Unis d’Amérique et de la Grande-Bretagne, celui-ci bénéficie, pour cette opération d’envergure, des hélicoptères de combat et même du personnel réquisitionné. Un de ces hélicoptères va servir au transport de l’illustre prisonnier lors de son arrestation par le flic Gilbert Mpongo. Dans les circonstances, cet inspecteur de police répondait exclusivement aux ordres de Joseph-Désiré Mobutu et de Victor Nendaka Bika.
Concernant
les Conjurés de la Pentecôte, il importe de remarquer que cette affaire
nauséabonde qui alimente tous les phantasmes et pollue la vie nationale,
impliquait strictement la haute hiérarchie militaire de l’armée nationale
congolaise (ANC). Par conséquent, celle-ci échappait totalement, de bout en
bout, à l’ordre politique et civil en termes de conception et de
matérialisation. Ce qui infère que lesdits conjurés de la Pentecôte ont été
piégés. Cynisme oblige, les militaires se sont servis d’eux en vue d’écarter
pour de bon les civils au pouvoir, aux manettes de l’État. Ces pendus de la
Pentecôte ont, à vrai dire, fait les frais d’un régime militaire, donc
tyrannique, dont l’objectif primordial était d’asseoir brutalement, violemment
son autorité davantage contestée par l’ordre politique et civil.
Le colonel Pierre Efomi Akomi
Parmi
les acteurs issus de l’ordre militaire qui ont joué un rôle de premier plan
dans cette histoire macabre, il y a effectivement le lieutenant-colonel Pierre Efomi Akomi qui était chargé
d’attirer les politiciens civils dans le piège tendu par les hommes en armes et
en treillis militaire. C’est bel et bien cet officier militaire qui a approché
ces personnalités politiques pour les entraîner dans ce traquenard qui s’est
vite refermé sur eux. C’est bel et bien lui qui a vendu à ces quatre conjurés infortunés
le projet de coup d’État contre la personne de Joseph-Désiré Mobutu dans le but
de l’éliminer politiquement et physiquement.
Chargé d’appâter tous ces politiciens naïfs, le lieutenant-colonel Pierre Efomi Akomi recevait, dans le cadre de ce plan machiavélique, toutes ses instructions directement de Mobutu Sese Seko qui le coachait à distance. C’est encore cet officier militaire qui a acheminé les quatre conjurés de la Pentecôte dans la résidence officielle du colonel Alphonse Bangala. Celle-ci a certes servi de cadre non seulement aux préparatifs mensongers du coup d’État[xxiv] mais également à leur arrestation effective.
À ce titre, le colonel Alphonse Bangala a été incontestablement sur le terrain le véritable chef d’orchestre qui menait les opérations. C’est lui qui était chargé de duper les conjurés de la Pentecôte. Il fut le militaire à qui Mobutu avait confié la mission de les arrêter et de les conduire immédiatement à l’échafaud. À preuve, ces deux hauts cadres de l’armée nationale congolaise (ANC) n’ont jamais été jugés ni interpellés ni remerciés de l’institution militaire dans le cadre de cette affaire malheureuse et nauséabonde. Bref ils n’ont vraiment jamais été inquiétés. Ils ont tout au plus reçu des promotions. Ils ont continué à bénéficier des largesses de la part de Mobutu.
Parmi les autres militaires de haut rang qui ont joué un rôle majeur dans l’exécution des Conjurés de la Pentecôte, il convient de nommer les colonels-juges qui ont eu à présider le tribunal militaire ayant conduit à l’échafaud ces politiciens infortunés. Il y a les colonels Pierre Ingila Grima, Ferdinand Malila Ma Kende et Honoré N’Kulufa. Ces trois cadres de l’ANC ont symbolisé dans cette affaire mesquine ce qui est qualifié par des experts de justice non seulement punitive mais également expéditive. En effet, leur délibération, si délibération il y avait vraiment dans ce procès, n’avait duré en tout pour tout que l’espace de maigres trois minutes.
Force est de relever que ce tribunal militaire violant substantiellement toute règle de droit a été mis en place sur la base d’un décret présidentiel du 30 mai 1966. Signé par Mobutu lui-même, ce texte disposait que la décision émise par cette juridiction on ne peut plus spéciale était définitive et ne pouvait, à ce seul et unique titre, être l’objet de tout recours suspensif[xxv]. Sans compter qu’avant même le déroulé complet du procès, le ministre de l’information Jean-Jacques Kande Djambulate était passé sur les ondes de la radio et de la télévision nationales (le Canal Congo Vox) pour avertir l’ensemble de la population que les quatre Conjurés de la Pentecôte se verraient infliger la peine la plus sévère – c’est-à-dire : ‘‘la peine capitale’’ – et que celle-ci serait exécutée sur la place publique[xxvi].
Si le lieutenant-général Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko est le principal instigateur de cet auto-coup d’État et également le principal réalisateur de ce film d’horreur, il n’en reste pas moins vrai que le metteur en scène est le colonel Alphonse Bangala de sinistre mémoire. Parmi les acteurs principaux, d’ailleurs, recrutés pour cette mise en scène de mauvais goût, il y a bien sûr le colonel Pierre Efomi Akomi. Force est de constater que les Conjurés de la Pentecôte qui ont malheureusement payé de leur vie, ne sont par essence que des acteurs de soutien d’une comédie macabre qui a mal tourné, des comédiens d’une pièce de théâtre qui a tourné à leur désavantage.
Par
conséquent, où se situe-t-elle véritablement la responsabilité politique et
pénale d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba dans l’assassinat sans nul doute préprogrammé
de Patrice Emery Lumumba par de puissants intérêts internationaux ?
À
celles et ceux qui prétendent détenir la vérité historique, qui prétendent la
main sur le cœur que Tshisekedi serait véritablement l’assassin de Lumumba,
peuvent-ils dire avec sincérité, sans trahir les faits historiques, avec quelle
arme il aurait abattu mortellement ce héros panafricaniste ou mis abruptement fin
aux jours de ce martyr de l’indépendance nationale ? Peuvent-ils expliquer
pourquoi le nom de Tshisekedi n’est jamais apparu dans les archives congolaises
ou belges parmi les principaux acteurs ayant participé directement ou
indirectement au lâche assassinat de
Patrice Emery Lumumba ?
Gerard Soete (à droite), officier de police belge à Élisabethville (Lubumbashi). Il déclara avoir découpé les cadavres de Patrice Emery Lumumba et de ses compagnons d’infortune Maurice Mpolo et Joseph Okito en plusieurs morceaux pour les faire fondre dans de l’acide.
À ce propos, un ancien officier de police belge, Gerard Soete, détaché à Élisabethville et affilié à la force publique coloniale, a publiquement reconnu avoir découpé les corps de Patrice Emery Lumumba et de ses compagnons d’infortune Maurice Mpolo et Joseph Okito. Encadré par un officier belge qui a assisté à leur exécution et aidé de son frère, celui-ci les a fondus dans de l’acide. Avant la fonte de ces trois cadavres dans de l’acide, ce policier affirme avoir arraché deux dents de Lumumba qu’il a d’abord conservées jalousement en guise de trophée et de souvenir pendant des années et puis finalement jetées à la mer. Dans sa version des faits, il n’a jamais cité Tshisekedi comme un des protagonistes de l’affaire Lumumba. Que disent-ils véritablement à ce propos les pourfendeurs et accusateurs de Tshisekedi ?
Ces
fameux procureurs qui s’acharnent avec une violence inouïe sur la personnalité
d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, peuvent-ils expliquer pourquoi ce personnage
politique n’a jamais été invité voire même cité à la Commission belge sur
l’assassinat de Lumumba au début des années 2000 ? Pourtant, cette Commission belge était un
cadre qui a permis aux différents individus de fournir leur version des faits sur
cette histoire fâcheuse qui compromet à vrai dire la réconciliation nationale
et partant de là l’unité nationale ? Il importe, en effet, de souligner que les
principaux dignitaires de la 1e république encore vivants à cette
période (Victor Nendaka Bika,
Justin-Marie Bomboko Lokumba et Antoine Gizenga Fundji, etc.) y ont tous
défilé…
Peuvent-ils dire pourquoi Tshisekedi wa Mulumba a été littéralement absous dans l’affaire assassinat Lumumba, tout comme dans tous les autres crimes ayant marqué les premières années de la présidence autoritaire et le début du régime sanguinaire de Joseph-Désiré Mobutu par la véritable conférence nationale souveraine (CNS) de 1992 ? Cette absolution lui a ainsi royalement pavé la voie à la primature. Puisqu’ils sont détenteurs patentés de la vérité politique de l’histoire nationale de la République démocratique du Congo, peuvent-ils dire pourquoi Étienne Tshisekedi wa Mulumba a été surnommé ‘‘Zéro Faute’’ lors de la période de la CNS ?
Le président Kasa-Vubu et le Roi des Belges Baudouin 1er
Aux
révisionnistes mal intentionnés qui se proposent de modifier unilatéralement le
cours de l’histoire politique de la République démocratique du Congo selon leur
foi mesquine et leur volonté abjecte, leurs phantasmes débiles et leur vision
erronée et manifestement ‘‘orientée’’, peuvent-ils dire
pourquoi ils ont expurgé délibérément, intentionnellement, volontairement les
deux faits historiques ci-dessus relatés de leurs acteurs principaux et réels ?
À savoir dans le cas ténébreux de Patrice Emery Lumumba : Kasa-Vubu, Nendaka, Mobutu, Mpongo,
Tschombe, Munongo, etc. Ceux-ci portent à n’en point douter une lourde
responsabilité. Et dans le cas des conjurés et pendus de la Pentecôte : Mobutu,Bangala, Efomi, Ingila Grima, Malila et Nkulufa. Dans cette
affaire, ces acteurs ont une responsabilité indéniable.
Le leader du Katanga Moïse Kapenda Tschombe fut l’homme politique congolais le plus courtisé par les milieux occidentaux de l’industrie et de la haute finance
Pourquoi
alors, dans ces deux histoires macabres, avoir véritablement attribué, et ce de
manière fort gratuite, à Étienne Tshisekedi wa Mulumba une place qu’il ne
mérite point du tout, un rôle qu’il n’a jamais accompli et, surtout, une
mission déshonorable qu’il n’a jamais assumée de loin ou de près[xxvii]
?
Cet acharnement sur Étienne Tshisekedi wa Mulumba, de son vivant tout comme depuis son trépas à Bruxelles le 1er février 2017, dénote, à vrai dire, une mauvaise foi. Celle-ci découle en principe d’une mentalité et d’une tradition qui consistent à salir tout ce qui relève et se réclame de l’excellence, qui met en avant l’intégrité morale, l’honorabilité et la dignité humaine. Cette pratique éhontée prouve au moins à suffisance que ‘‘l’homme congolais est, pour paraphraser le grand fabuliste français du XVIIe siècle, Jean de La Fontaine, de glace aux vérités; il est de feu pour les mensonges’’[xxviii].
Ordonnance du 5 septembre 1960 révoquant le Premier ministre Lumumba et certains membres du gouvernement de la République du Congo
Nous, Joseph Kasa-Vubu, chef de l’État, vu la Loi fondamentale du 19 mai 1960, spécialement en son article 22, ordonnons :
Article 1er : Monsieur Lumumba Patrice, membre de la chambre des représentants, est révoqué de ses fonctions de Premier ministre et de toutes ses fonctions ministérielles (ministre de la défense).
Article 2 : Messieurs Mwamba Rémy, Gbenye Christophe, Kashamura Anicet, Bolamba Antoine, Gizenga Antoine et Lumbala Jacques, sont révoqués de leurs fonctions respectivement de Ministre de la Justice, Ministre de l’Intérieur, Ministre de l’Information, Secrétaire d’État à l’Information, Vice-Premier ministre et Secrétaire d’État à la Présidence du conseil des ministres.
Article 3 : Monsieur Iléo Joseph, sénateur, est nommé Premier ministre, Ministre de la défense et Ministre de la Justice.
Article 4 : Notre Premier ministre, Monsieur Iléo Joseph, est chargé de l’application de la présente ordonnance qui entre en vigueur immédiatement.
Donné à Léopoldville, le lundi 5 septembre 1960.
Joseph Kasa-Vubu
Par le chef de l’État,
Le Ministre des Affaires étrangères
Justin-Marie Bomboko
Le Ministre résident
Albert Delvaux
Injonction du Premier ministre, Ministre de la Défense et de la Justice Joseph Iléo au procureur général de la république près la cour d’appel de Léopoldville (le belge René Rom) afin de procéder à l’arrestation de Patrice-Emery Lumumba.
Léopoldville, le 6 septembre 1960
Monsieur le Procureur général près la Cour d’appel de et à Léopoldville.
Monsieur le Procureur général,
J’ai l’honneur, par la présente, de vous donner l’ordre de procéder à l’arrestation immédiate de M. Lumumba Patrice, membre de la chambre des représentants sur base de la prévention suivante :
Après avoir été démis de ses fonctions de Premier ministre le 5 septembre 1960 par arrêté du chef de l’État contresigné par les ministres Delvaux Albert et Bomboko Justin, avoir le même jour, de 21 heures jusqu’à 22 heures, prononcé à la Radiodiffusion Nationale Congolaise des discours publics et violents, incitant la population à renverser les pouvoirs établis et le régime légal instauré par la Loi fondamentale du 19 mai 1960.
Le Premier ministre et Ministre de la Justice
Joseph Iléo
Acte d’inculpation de Patrice Emery Lumumba par la justice congolaise
En vertu du mandat d’amener, datant du mois de septembre 1960 et délivré par le procureur général de la république, le belge René Rom, près la cour d’appel de Léopoldville (Kinshasa), Patrice-Emery Lumumba est inculpé et écroué pour les motifs suivants :
usurpation de fonctions publiques (article 123 du code pénal)
attentats à la liberté individuelle avec tortures corporelles (article 67 du code pénal)
atteintes à la sûreté de l’État (article 186 du code pénal)
organisation de bandes hostiles dans le but de porter la dévastation, le massacre ou le pillage (articles 193 à 197 du code pénal)
incitation de militaires à commettre des infractions (article 202 du code pénal)
Source de deux documents gouvernementaux susmentionnés de la République démocratique du Congo et de l’acte d’inculpation judiciaire de Patrice Emery Lumumba ci-haut cité et publié : »Dossiers » sur l’indépendance de la République du Congo-Léopoldville, Centre des relations internationales et des sciences politiques (CRISP), Bruxelles, 1966.
[i] Un mausolée a été érigé,
à cet effet, dans le but de recevoir la
dépouille mortelle de l’illustre disparu dans sa concession familiale et privée
à N’Sele.
[ii] Hormis le premier ministre congolais Évariste Kimba, tous les autres ministres pendus de la Pentecôte (Jérôme Anany, Emmanuel Bamba et Alexandre Mahamba) ont littéralement fait partie du gouvernement du syndicaliste proaméricain Cyrille Adoula. D’où la question de savoir pourquoi le lieutenant-général Mobutu a-t-il uniquement ciblé les membres de cette administration ?
[iii] Évariste Kimba fut nommé Premier ministre par le président Joseph Kasa-Vubu en octobre 1965 aux dépens de Moïse Kapenda Tschombe du Katanga et de la confédération nationale du Congo (CONACO), pourtant, grand vainqueur des scrutins législatifs d’octobre 1965. Ce qui eut naturellement pour corollaire de déclencher une crise politique artificiellement fabriquée. Ce conflit politique aigu finit par porter le putschiste Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre au pouvoir de 1965 à 1997.
[iv]
Ministre de la
défense dans le gouvernement du syndicaliste proaméricain Cyrille Adoula.
[v] Ministre des affaires
foncières dans le gouvernement Adoula (1961 – 1964).
[vi] Emmanuel Bamba occupa
aussi le poste de ministre des finances sous la 1ère république
(gouvernement de Cyrille Adoula).
[vii] Le Stade omnisports de
Kamanyola construit, sous la dictature du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre, a
été érigé à l’emplacement de l’échafaud ayant servi à l’exécution sommaire des
conjurés de la Pentecôte le 1er juin 1966 (Place Pont Cabus). Ce
temple du football a été baptisé Stade des Martyrs de la Pentecôte par le
régime despotique de Mzee Laurent-Désiré Kabila.
[viii] Les conjurés de la pentecôte ont été pendus le 1er juin 1966 après que leurs yeux aient été crevés et les os de leurs bras et d’avant-bras aient été brisés par leurs bourreaux militaires. Cette pendaison a été supervisée par le général-major Jean-Louis de Gonzague Bobozo.
[ix] La sécession du Katanga,
suivie plus tard de la revendication d’autonomie du Sud-Kasaï, avait pour
objectif primordial de couper des vivres financiers au gouvernement central de
Kinshasa. Ce qui paralysa le fonctionnement tous azimuts du cabinet dirigé par
Lumumba incapable de subvenir aux besoins vitaux du pays et de répondre aux
préoccupations majeures de ses compatriotes.
[x] La Belgique agissait en
République démocratique du Congo à titre de fondé de pouvoir du grand capital
monopolistique international. Dans le contexte de la décolonisation, il ne faut
jamais perdre ce point de vue que cet État au cœur de l’Europe est obligé, sous
prétexte d’émanciper les Nègres de la colonie africaine, de céder littéralement
ce pays immense et richissime sur les plans naturel et minéral aux puissants
intérêts économiques américains en vue d’échapper à la dette de guerre. En
effet, la Belgique a été libérée du joug nazi par les États-Unis en 1945.
[xi] Les massacres de
Bakwanga, qualifiés de génocide par l’ONU, ont été pratiquement perpétrés
durant deux semaines par les forces armées mobutistes, du 26 août au 5
septembre 1960. Ces meurtres de masse qui se sont déroulés au Sud-Kasaï ont
provoqué sur le terrain des dizaines de milliers de morts dont la plus grande
concentration a été répertoriée à la Cathédrale Saint-Jean Baptiste de Bonzola
ou la plus grande comptabilité a été donc relevée à Bakwanga, aujourd’hui
M’Buji-Mayi.
[xii] Ce commandant en chef de
l’armée nationale congolaise (ANC) dont dépendait le colonel-major Mobutu, n’était
pas, d’après des sources autorisées et dignes de bonne foi, dans la capitale
Léopoldville (Kinshasa). Il était plutôt, selon leurs versions des faits, en
déplacement au Maniema dont il est en réalité originaire.
[xiii]
Joseph-Désiré
Mobutu Sese Seko du Zaïre n’avait jamais porté Albert Kalonji Ditunga dans son
cœur dans la mesure où cette grande personnalité politique du Sud-Kasaï ne
cessait point d’attirer l’attention de Patrice Emery Lumumba sur le double jeu,
les traitrises et les accointances suspicieuses de ce militaire incivique et
rebelle à la démocratie. Lumumba faisait totalement confiance à Mobutu dans la
mesure où il était réputé en tant que garçon de course lui rendre bien des
services… même les plus mondains, à en croire certains des témoignages de
l’époque.
[xiv] Patrice Emery Lumumba
s’était déplacé au siège du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations
unies (ONU) à New York pour participer au débat sur la sécession du Katanga.
[xv] Usurpation des attributions
dévolues au chef d’état-major de l’ANC Victor Lundula et atteinte à la paix et
à la sûreté de l’État.
[xvi] Ces personnages flanqués aux côtés du chef de l’État congolais étaient de nationalité belge, américaine et française. Tous sans exception émargeaient au budget stratégique de la CIA et du Département d’État US.
[xvii]
Félix-Antoine
Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) est, selon le Département d’État US, le meilleur
président élu démocratiquement par la population en Afrique centrale au travers
des élections justes et saines, dignes et crédibles.
[xviii] Toutefois, le nouveau Premier ministre désigné et imposé par de puissants intérêts belges représentant le capital monopolistique international au Congo peine à s’imposer dans le marigot politique. Il se dispute à n’en plus finir la légitimité politique avec Patrice Emery Lumumba d’ailleurs très majoritaire au Parlement. Le 13 septembre 1960, le Parlement renouvelle toute sa confiance à Lumumba et lui confie la gestion politique et administrative du pays à travers un vote historique et solennel et après débat tout à fait contradictoire. Le 14 septembre 1960, Kasa-Vubu, courroucé par l’attitude irréconciliable des représentants de la Nation, fait fermer les portes des assemblées parlementaires et fait renvoyer sine die les députés. Le 15 septembre 1960, Mobutu profite du chaos politique pour faire son coup d’État qu’il qualifie sans ambages et non sans morgue de ‘‘coup de force’’. Ce pronunciamiento lui permet de neutraliser toutes les institutions politiques en commençant par le pouvoir exécutif (le chef de l’État et le Premier ministre). À cet effet, il nomme le collège des commissaires généraux présidé par Justin-Marie Bomboko Lokumba. Le 29 septembre 1960, le collège des commissaires généraux réactive la présidence de Joseph Kasa-Vubu mise en veilleuse par le colonel-major Mobutu. À travers un acte solennel, il reconnaît en lui la qualité de chef de l’État de la République démocratique du Congo. Il peut en être déduit que face à cette situation inédite d’un pays décapité de ses animateurs légitimes issus des urnes, et ce à la suite d’un putsch militaire, c’est bel et bien Bomboko Lokumba qui fait, au cours de cette parenthèse, office de président de la République. Mais, cette présidence n’est pas formellement reconnue sur les plans interne et externe. Cela est d’autant plus vrai que l’initiateur, et a fortiori le réalisateur de ce coup d’État, en l’occurrence le colonel-major Joseph-Désiré Mobutu, ne s’est point explicitement voire implicitement autoproclamé chef de l’État.
[xix] Le père de
l’artiste-musicienne, aujourd’hui, décédée Mpongo Love.
[xx] C’est le nom de code
attribué à Patrice Emery Lumumba pour son transfèrement au lieu d’exécution.
[xxi] Témoignage de la mort de
Lumumba, audiovisuel Oncle Mbukus (YouTube); Les mystères cachés de
l’assassinat Lumumba : papa Kalonji, chef de l’opposition de la 1ère
république (YouTube).
[xxii]
Ministre de
l’intérieur du Katanga, le Yeke Godefroid Mwenda Munongo Shombeka cultivait une
haine implacable, viscérale envers le héros nationaliste Lumumba. Dans le
contexte de répression et tensions politiques postindépendantes, le seul nom de
Patrice Emery Lumumba suffisait à lui provoquer l’insomnie, à lui donner de
l’urticaire. Bref le tournis.
[xxiii]
Dans l’avion qui
accompagnait le fameux ‘‘Colis’’, nom de code attribué au
prisonnier Lumumba, il y avait effectivement deux Lubas sud-kasaïens. À
savoir : Ferdinand Kazadi, commissaire général à la défense, et Jonas
Mukamba Kadiata Nzemba, adjoint au commissaire général à l’intérieur (José
Nussbaumer). Jonas Mukamba a toujours clamé s’être retrouvé par un pur hasard
dans cet avion à Moanda à l’invitation de Ferdinand Kazadi. Cet officiel lui
aurait, selon Mukamba, fait accroire qu’il y avait une correspondance pour lui
en direction de Bakwanga. C’est à sa grande surprise qu’il aurait remarqué un
avion DC 4 en provenance de Thysville (Mbanza-Ngungu) atterrir à l’aérodrome de
Moanda avec à son bord Victor Nendaka Bika et Damien Kandolo. Ces deux
personnages se sont retirés en aparté pendant quelques minutes avant de lui
adresser la parole. Après leur descente, il est surpris de voir débarquer dudit
avion trois prisonniers dont les yeux sont bandés. À savoir : Patrice
Emery Lumumba et ses deux compagnons d’infortune Maurice Mpolo et Joseph Okito.
(Témoignage
de Jonas Mukamba dans l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, Le Phare, le 17
juillet 2013, Source Internet).
[xxiv]
Toutes les
réunions pour destituer le chef de l’État, le lieutenant-général Joseph-Désiré
Mobutu, et son Premier ministre, le colonel Léonard Mulumba, s’y sont tenues.
[xxv] Ce qui sous-entend, par
extrapolation, l’exclusion de tout recours juridique sollicitant une mesure de
grâce présidentielle en leur faveur.
[xxvi] À travers cette publicité très médiatisée par une très haute personnalité de l’État et du gouvernement, un très haut dignitaire du régime, on voit déjà que le sort des conjurés de la Pentecôte était déjà définitivement scellé.
[xxvii]
Justice belge : ‘‘Qui
a tué l’ancien Premier ministre congolais, Patrice Emery Lumumba ?’’,
Christophe Boisbouvier, 31 décembre 2012
[xxviii]
‘‘L’homme
est de glace aux vérités ; il est de feu pour les mensonges.’’ Jean de
la Fontaine; Le statuaire et la statue de Jupiter (1678).
Moïse Katumbi Chapwe, coordonnateur de la coalition politique LAMUKA
Moïse Katumbi
Chapwe arrive à Lubumbashi le lundi 20 mai 2019
L’ex-Gouverneur de
l’ex-Katanga se doit de ‘‘s’expliquer’’
sur cette date de retour en RDC
Choix inconscient ou choix symbolique ? Choix innocent ou choix stratégique ?
“ Sans vos gestes, j’ignorerais tout du secret lumineux de votre âme.”
José Ortega y Gasset (1883 –
1955), Philosophe, sociologue, essayiste, homme de presse et homme politique
espagnol
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Moïse Katumbi Chapwe a choisi la date du lundi 20 mai 2019 pour fouler le sol du territoire de la République démocratique du Congo
L’ancien gouverneur de l’ancienne province démantelée
du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, à la fois leader de la plateforme politique ‘‘Ensemble
pour le changement’’ et de la fameuse coalition politique et électorale
‘‘LAMUKA’’,
a littéralement programmé son retour tant attendu en République démocratique du
Congo via Lubumbashi, le lundi 20 mai 2019. Pour quelles raisons ?
Il y a, en effet, lieu de se rappeler que le 20 mai
est certes une date fort symbolique pour les partisans invétérés du Maréchal-prédateur
Joseph-Désiré
Mobutu Sese Seko du Zaïre.
Cette date mémorable et ancrée dans l’inconscient
collectif consacre la naissance du ‘‘Parti-État’’ et ‘‘parti
unique’’, d’aucuns diraient ‘‘inique’’, le Mouvement populaire de
la révolution (MPR) dont le certificat de décès a été dûment établi par la
pseudo-révolution de l’AFDL, le 17 mai 1997.
Entouré de Moïse Katumbi Chapwe pour mousser la campagne électorale de Martin Fayulu Madidi de la coalition LAMUKA lors de la présidentielle du 30 décembre 2018, Jean-Pierre Bemba Gombo incarne le grand espoir des forces tyranniques mobutistes
Ce qui est indéniable, le Peuple congolais se souvient
sans nul conteste de l’administration chaotique du pays par le tyran Mobutu
Sese Seko du Zaïre. Aussi se souvient-il de manière très claire et très nette de
la direction politique et gouvernementale, ainsi que de la gestion hasardeuse
de la Collectivité nationale par le fameux MPR.
Visiblement éprouvées, ces deux méthodes de direction
des affaires publiques et de gestion politique et administrative ont conduit tout
droit la République démocratique du Congo au fond du gouffre. Plutôt à un gouffre
sans fond. Qui dit mieux ?
Il ne fait aucun doute que Mobutu et le MPR ont naturellement
propulsé cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains
au statut peu enviable de ‘‘non-État’’ et, surtout, peu
honorable de ‘‘Zone de non-droit’’. En d’autres termes, ils l’ont mené au
niveau de ‘‘pays manqué’’.
Par conséquent, en fixant son retour en grande pompe au pays pour la date du lundi 20 mai 2019, Moïse Katumbi Chapwe fait-il nécessairement des appels du pied à des partisans mobutistes ?
Moïse Katumbi Chapwe en compagnie de Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC
Le président du club de football Tout-Puissant Englebert
Mazembe fait-il vraiment appel à des forces mobutistes de sinistre mémoire dont
il est, d’ailleurs, incontestablement devenu proche par le truchement du tristement
célèbre postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo[i] du
Mouvement de libération du Congo (MLC) ?
L’ex-gouverneur du défunt Katanga fait-il visiblement des
clins d’yeux à des puissances tyranniques ?
Moïse Katumbi Chapwe doit clarifier la nature de ses liens avec les forces despotiques mobutistes
À Moïse Katumbi Chapwe d’éclairer rapidement, sans
tarder et sans tergiverser l’opinion publique tant internationale que nationale.
À lui de fixer immédiatement et opportunément l’ensemble de ses Concitoyennes
et Concitoyens.
En effet, nul n’est censé ignorer que le Mobutisme despotique
et prévaricateur a bel et bien été démantelé le 17 mai 1997 par le soudard postléniniste
et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré Kabila.
Il sied de noter que ce Seigneur de guerre d’humeur instable, profondément versatile, lunatique, était, à l’image de Moïse Katumbi Chapwe, originaire de la province du Katanga. Cette coïncidence est-elle vraiment fortuite ?
Le 17 mai 1997, l’ex-Zaïre
rebaptisé pour la circonstance République démocratique du Congo (RDC) comme
naguère en 1965 connaît, à la faveur d’une rébellion politico-militaire dont la
base arrière est, sans nul doute, le Rwanda voisin, la fin du pouvoir
monarchique du Maréchal-despote Mobutu Sese Seko, et ce après 32 ans de règne
sans partage. Considérée par bon nombre de médias comme l’un des événements les
plus marquants de l’histoire de l’Afrique contemporaine après le rapide
démantèlement de l’Apartheid en Afrique du Sud, cette chute non moins
programmée de la présidence zaïroise par le gratin de la communauté financière
internationale emporte malheureusement dans son sillage le régime politique et constitutionnel
directement issu de la Conférence nationale souveraine (CNS).
Initiée en 1991, cette assemblée
plénière des Délégués du Peuple et des Représentants légitimes de la Nation
avait, notamment, pour objectif d’insuffler au pays tout entier ainsi qu’au
système politique naissant un nouvel esprit civique et national. Aussi
avait-elle pour objectif primordial de lui doter de nouveaux outils
idéologiques [i]et, en
même temps, d’assurer une Transition démocratique, pacifique et transparente.
Néanmoins, ce qui est prématurément salué par nombre de
ses hérauts et thuriféraires comme une vraie libération nationale voire même une
révolution nationaliste, s’avère une chimère. Ce mirage idéologique généra, en
réalité, un pouvoir au visage autoritaire, aux allures dictatoriales. Il offrit
malheureusement le portrait sadique de violation des droits humains et du
népotisme. Au fil du temps et des événements, il devint un véritable cauchemar
pour le Peuple, pourtant, avide de liberté et de démocratie, de justice et de
dignité.
Vivant de la rente prébendière comme la plupart des
tyrannies sœurs du Continent, le nouveau régime politique et idéologique de
Kinshasa incarné par le chef de guerre postlumumbiste et postnationaliste Mzee Laurent-Désiré
Kabila s’illustra, littéralement, par l’incompétence et la gabegie[ii],
la médiocrité et l’inversion des valeurs. Ce nouveau pouvoir s’illustra surtout
au moyen de l’inversion de la pyramide des compétences. D’ailleurs, caractérisé
par la logique tous azimuts de l’improvisation, tout à fait, digne des
maquisards enfermés dans le romantisme révolutionnaire, il brilla tout
naturellement par la spoliation des biens de citoyens. Celui-ci brilla, surtout,
par le pillage généralisé des ressources étatiques et richesses nationales sur fond,
bien entendu, de violence armée et de paralysie du processus politique.
Le rebelle postlumumbiste et postnationaliste Mzee Laurent-Désiré Kabila du Katanga, du porte-parole de l’AFDL au président autoproclamé de la République démocratique du Congo
Kabila et la Révolution du non-sens
Un seigneur de guerre trafiquant à la tête d’un coffre-fort minier
La mort subite de la République démocratique du Congo
“L’AFDL était un conglomérat d’aventuriers et
d’opportunistes dont l’objectif premier était, en réalité, de piller toutes les
richesses du pays” Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila, chef rebelle de
l’AFDL et président autoproclamé de la République démocratique du Congo
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
En septembre 1996, une
rébellion militaire, d’ailleurs pour le moins inattendue, éclate subitement
dans l’Est du Zaïre au moment où la presse internationale annonce l’ablation du
cancer de la prostate subie par le tristement célèbre Maréchal-despote Mobutu
Sese Seko en Suisse. Occupant la Ville lacustre de Goma, celle-ci est appuyée
logistiquement par l’Armée patriotique rwandaise (APR). Après neuf mois de
guerre larvée où les Forces armées zaïroises (FAZ) sont plus enclines à la
reddition et au pillage des civils ainsi que la traversée d’un territoire à la
dimension de l’Union européenne, les troupes de l’Alliance des forces
démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) s’emparent sans coup
férir de la Ville de Kinshasa le 17 mai 1997. Fruit de diverses tractations
supervisées par bien des diplomates américains de haut rang dont l’énigmatique
ambassadeur Daniel Howard Simpson, cette entrée pacifique des mercenaires autant
que des rebelles dans la capitale intervient, effectivement, un jour après le
départ mouvementé et forcé en exil au Maroc via le Togo du chef de l’État déchu.
Celui-ci est, pour la circonstance, accompagné de sa famille pléthorique.
Dans la foulée de cette victoire militaire étriquée rendue d’ailleurs possible, notamment, par une coalition aussi bien hétéroclite que large de puissances régionales[iii], le seigneur de guerre Mzee Laurent-Désiré Kabila qui chapeaute cette révolution armée, n’hésite pas à s’autodésigner chef de l’État de la République démocratique du Congo. Par conséquent, exit définitivement le Zaïre[iv], pur fantasme et pur produit du néocolonialisme meurtrier et de l’impérialisme sauvage. Toutefois, le guérillero révolutionnaire qui prend, certes, les rênes politiques du pays[v], a réellement pour occupation et activité principale le trafic des matières premières et des espèces animales, en plus d’être tenancier des snack-bars et des maisons de tolérance dans la sous-région des Grands Lacs africains (Tanzanie).
Au cours de cette campagne
militaire qui le propulse finalement et sans conteste au faîte de l’État
congolais, cet ancien compagnon du mythique révolutionnaire argentin Ernesto Rafael
« Che » Guevara de la Serna, est en réalité au service exclusif du
pouvoir judéo-anglo-saxon. Force est de mentionner que ce mastodonte
tentaculaire s’appuyant sur de puissants lobbies dirige, en fait, en sous-main
la communauté financière internationale, plus particulièrement et plus
singulièrement les institutions monétaires directement issues des accords de
Bretton Woods de 1944[vi].
Pour camoufler les visées de
l’AFDL qui, en réalité, est une succursale de mercenaires à la solde exclusive de
l’impérialisme néolibéral et du capital monopolistique international, le fameux
rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila affirme
d’ailleurs sans détour ‘‘vouloir restaurer entièrement l’indépendance
nationale du Congo-Kinshasa dont l’incarnation idéologique est, à n’en point
douter, le leader doublement nationaliste et panafricaniste Patrice Emery
Lumumba’’. En d’autres termes, le vieux guérillero postlumumbiste et
postnationaliste prétend réhabiliter tous azimuts la souveraineté
internationale d’un pays totalement écrasée ou l’indépendance nationale d’un
État piétinée par un autre mercenaire local, le fameux Maréchal-pillard Mobutu
Sese Seko du Zaïre. Il importe de souligner que cette prétendue réhabilitation
de l’indépendance et de la souveraineté de l’État se fait paradoxalement au bénéfice
des forces capitalistes et intérêts impérialistes qui financent sa propre lutte
révolutionnaire pour la reconquête tutélaire du Congo[vii]
! Ce qui est, absolument, en soi un
non-sens. Ce qui est, à vrai dire, une équivocité. Car, peut-on émanciper un
esclave en l’enchaînant davantage, en entravant de nouveau sa marche victorieuse
vers la liberté ? That’s The Question !
De gauche à droite : Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda, Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo et Paul Kagame du Rwanda
La Révolution du 17 mai 1997
‘‘J’ai
conçu, planifié, préparé et fait exécuter le processus révolutionnaire qui
porte au pouvoir Laurent-Désiré Kabila en République démocratique du Congo’’
Général Paul Kagame, Conférence de Presse, Pretoria, décembre 1997.
La
Révolution armée du 17 mai 1997 qui exile, définitivement, le
Maréchal-prédateur Mobutu Sese Seko du Zaïre ainsi que ses proches, n’est pas
en soi un véritable acte de libération nationale contre un système
néocolonialiste. C’est, ni plus ni moins, un acte d’agression physique contre la
République démocratique du Congo. C’est, visiblement, un acte d’agression physique
contre la souveraineté de son Peuple et ses institutions politiques.
En effet,
lorsque l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre
(AFDL) prend réellement les armes au motif de renverser le pouvoir militaire de
Mobutu Sese Seko, le Zaïre est juridiquement sous le régime politique de la
Conférence nationale souveraine (CNS). Ce forum politique interzaïrois est,
d’ailleurs, organisé de 1991 à 1992 grâce à la persévérance et à la
détermination des forces de l’Opposition politique et démocratique, plus particulièrement
et plus singulièrement l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Cette
assemblée plénière des Délégués du Peuple[viii] et
des Représentants de la Nation[ix], avait
déjà accouché d’une Charte constitutionnelle. Aussi avait-elle réellement accouché
d’institutions politiques d’État que sont, bien entendu, la Présidence de la
République, la Primature (le Gouvernement), le Haut-Conseil de la République
(HCR) ou le Parlement de Transition (PT) et l’Organe judiciaire. Cette dernière
structure disposait, en fait, du pouvoir d’interprétation et de sanction de la Constitution.
Il sied de
relever que les dispositions de cette Charte fondamentale de 1992[x]
interdisent formellement, à moins de
sauvegarder l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale, y compris
les instruments de la démocratie, les droits humains fondamentaux ainsi que les
libertés fondamentales, à tout pan de la Collectivité publique de
prendre des armes, d’user de la violence dans le strict dessein de renverser
les institutions politiques de l’État. Poursuivant dans la même direction,
l’article 4 du projet constitutionnel de la IIIè République, élaboré
par la Commission constitutionnelle Lihau, appelle sans équivoque le Peuple à
la résistance politique et pacifique. En vue de restaurer la légalité et
surtout assurer la légitimité d’un régime politique directement issu de la
volonté du Peuple, cette disposition capitale oblige expressément le Citoyen à
défendre la Collectivité nationale, à protéger toutes les institutions républicaines
et la Constitution au regard desdits actes précités.
Il
convient de relever que la dictature du Parti-État mobutien incarnée par le
Mouvement populaire de la révolution (MPR) prend officiellement fin le 24 avril
1990. Il connaît un terme définitif même si le Maréchal-tyran zaïrois,
demeurant fidèle à sa nature ubuesque continue, à cette époque d’ébullition
démocratique, à courir après son pouvoir politique en multipliant, à n’en plus
finir, manœuvres dilatoires et embûches, divertissements et bourdes politiques
de toutes sortes, en brandissant contre vents et marées l’épouvantail de la
force physique (l’ordre militaire). C’est à cette date mémorable pour
l’affirmation de la justice et de la démocratie, de la liberté et de la dignité
que les organisations partisanes sont politiquement reconnues comme partie
intégrante du jeu politique et institutionnel. C’est également à cette date que
s’opère, en réalité, le grand virage démocratique de la vie nationale, malgré
la transposition de la violence armée sur le terrain du combat politique et
idéologique[xi],
les tentatives d’obstruction et de sabotage[xii]
amorcées par la fameuse mouvance présidentielle réunie autour du Front des
démocrates unis (FDU).
De
septembre 1991[xiii]
à avril 1997[xiv],
les Premiers ministres qui dirigent la République du Zaïre[xv],
viennent pratiquement tous du bassin de l’opposition politique antimobutiste. Qu’elle
soit modérée[xvi]
ou radicale[xvii],
farfelue ou réelle, cooptée par la population voire fabriquée par le régime aux
abois, adoubée par les puissances extérieures ou financée par les forces
exogènes, celle-ci a l’insigne honneur d’être aux commandes de l’État. Même si
le jeu politique est totalement vicié en raison de la corruption, il y a lieu
de reconnaître que la marge de manœuvre de Mobutu est institutionnellement
restreinte. Dans le cadre de la CNS, ce dirigeant tyrannique est
constitutionnellement dépouillé de tous ses attributs régaliens.
En effet,
le tristement célèbre Maréchal-despote zaïrois est, réellement, un chef d’État
qui règne mais qui ne gouverne pas. C’est-à-dire : ‘‘Il est un président
de la République qui ne prend point d’actes engageant la Collectivité publique’’.
Toutefois, s’il édicte une décision (décret) dans le cadre des attributions
politiques lui constitutionnellement reconnues par la Charte fondamentale de
Transition de 1992, celle-ci est forcément et logiquement, automatiquement et
systématiquement, revêtue d’un contreseing ministériel.
En
réalité, c’est le Premier ministre qui gouverne l’État, dirige les affaires de la
Nation. Ce vrai titulaire des prérogatives exécutives n’est pas directement désigné
par le président de la République. Cette personnalité politique de haut rang qui
vient naturellement compléter la dyarchie, est directement désignée par le HCR
voire même présentée par la famille politique autre que celle du chef de l’État[xviii].
À cette époque, le seul pouvoir dont bénéficie de facto le tyran Mobutu Sese
Seko du Zaïre, qu’il peut, d’ailleurs, manipuler à sa guise, sont les instruments de violence physique
et légitime de l’État[xix], quoi
que tous ces dispositifs de répression relèvent, légalement, du gouvernement.
Si elle est, en réalité, un
coup d’État contre les institutions et la démocratie naissante dans le cadre de
la CNS, la Révolution armée du 17 mai 1997 est, d’abord et avant tout, une
agression contre l’indépendance nationale du Congo. Ce putsch est orchestré par
des États limitrophes dans le dessein d’asseoir à Kinshasa un régime de
mercenaires aguerris à la flibuste et rebelles à la démocratie. Leur mission
primordiale consiste, naturellement, à assujettir l’indépendance nationale du
pays. Elle consiste, effectivement, à prostituer la souveraineté internationale
du Congo au profit des compagnies transnationales.
Représentées par l’America Mineral
Fields (AMF), toutes ces corporations agissant plus particulièrement et plus
singulièrement dans le très convoité secteur minier, tout comme dans le domaine
financier et bancaire nourrissent, en réalité, le rêve de faire main basse sur
l’immense patrimoine minier du pays. Ces firmes nourrissent, en fait,
l’ambition de transformer ce territoire géant de l’Afrique centrale et de la
région des Grands Lacs en véritable colonie d’exploitation de ses ressources
humaines, naturelles et minérales.
C’est à ce seul titre que ces
entités corporatives dont le siège administratif et social est sis dans le
Commonwealth britannique, financent totalement l’invasion de la République
démocratique du Congo. Cette agression physique est, d’ailleurs, opérée par l’entremise
des États voisins (Rwanda, Ouganda, Burundi) dont la préoccupation majeure est, à
ce moment précis, de démanteler les sanctuaires des forces négatives ayant pour
base arrière ce majestueux territoire. Donc, ces entreprises financent, en
1996-97, les forces rebelles de l’AFDL dont la mission primordiale consiste, à
vrai dire, à faire la police et à garantir en amont la sécurité frontalière de
ces trois pays limitrophes.
C’est également à ce titre unique
de spoliation des richesses matérielles de la République démocratique du Congo que
toutes ces compagnies reliées au Commonwealth allouent des moyens colossaux aux
rebelles anti-Kabila[xx]. En
fait, celles-ci mettent, dès 1998, à la disposition d’anciens parrains et
colistiers de Mzee Mutwale Kabila les mêmes moyens logistiques ayant auparavant
servi à la chute brutale du Maréchal Mobutu. Le guérillero postnationaliste et
postlumumbiste leur fournit pratiquement ce précieux alibi dans la mesure où il
avait déjà pactisé avec les forces négatives qui empoisonnaient littéralement l’ambiance
sécuritaire – [préalablement fébrile]
– prévalant dans la région des Grands Lacs africains.
Cela est d’autant plus vrai que
ce chef rebelle affairiste dont l’autoproclamation à la tête de la République démocratique
du Congo (RDC) avait, néanmoins, totalement surpris ses propres alliés régionaux
et tuteurs internationaux, n’avait aucunement respecté les termes des contrats
conclus. En effet, certains intérêts burundais, rwandais et ougandais
résolument coiffés par la fine fleur de la communauté internationale,
chérissaient sans l’ombre du doute, et dès le début de la rébellion armée anti-Mobutu
(1996), de nommer une fois à Kinshasa un gouvernement composé de girouettes
afin de mieux ponctionner via leurs territoires respectifs toutes les richesses
matérielles du Congo-Kinshasa. C’est à ce niveau que gît, malheureusement, la très
grande tragédie de ce vaste pays au cœur de l’Afrique qui le poursuit jusqu’à
nos jours avec la très sainte bénédiction des puissances anglo-saxonnes.
D’ailleurs, force est de
constater que pour sauver sa présidence violemment contestée par ses compagnons
d’arme et garantir la survie politique de son régime brutalement menacé,
Laurent-Désiré Kabila n’hésite pas à hypothéquer les ressources minières et
énergétiques du pays[xxi]. Ces
richesses matérielles sont automatiquement et systématiquement mises à la
disposition des seuls intérêts militaires alliés[xxii]. Ces
puissances armées régionales sont en fait venues à sa rescousse contre le
Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Cette stratégie opportuniste de monnayage, donc
de troc, a déjà été utilisée par celui-ci pour accaparer la tête de l’AFDL au
détriment du général-major nationaliste et lumumbiste André Kisase Ngandu
assassiné pendant l’épopée révolutionnaire non loin du Parc Virunga[xxiii].
Aussi importe-t-il de
mentionner que le condottiere postléniniste et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré
Kabila comptait, avant son assassinat, naturellement céder les immenses richesses
minérales du pays à des intérêts français[xxiv]. À ce
propos, il y a lieu de noter que la France a pourtant été, lors de la pseudo-révolution
armée [la guerre dite de libération nationale], très sévèrement boudée
voire tancée pour avoir soutenu envers et contre tout le système dictatorial du
Maréchal-pillard Mobutu Sese Seko du Zaïre. En échange de ce deal, ce caïd
affairiste pensait directement obtenir de Paris l’assurance d’entreprendre du
lobbying diplomatique auprès du Conseil de sécurité de l’ONU et, surtout, l’assurance
de faire pression sur les divers États agresseurs afin de quitter rapidement et
définitivement le territoire national du Congo.
Laurent-Désiré Kabila, chantre du nationalisme congolais hérité de Patrice Emery Lumumba et Pierre Mulele
Le retour aux ‘‘sources’’ profondes de l’indépendance nationale
Outre les diverses
motivations géopolitiques et géostratégiques qui sous-tendent, certes, la
Révolution armée du 17 mai 1997, l’entreprise politique kabiliste présente
plusieurs ambiguïtés idéologiques dont la résurrection du Mobutisme dictatorial
qu’elle prétend, pourtant, réellement émasculer. En effet, l’une des premières
contradictions du chef de guerre Laurent-Désiré Kabila est la résurgence de la
République démocratique du Congo (RDC). Cette dénomination officielle est naguère
portée par ce pays lors du coup d’État du lieutenant-général Joseph-Désiré
Mobutu le 24 novembre 1965[xxv].
Il importe
de constater que ce putsch militaire manifestement orchestré par des intérêts
financiers, bancaires et miniers avait pour objectif d’arrimer le Congo, en tant
que grenier des ressources précieuses, au camp de l’Occident. Ce
pronunciamiento avait pour but de placer ce richissime pays africain, plus
particulièrement et plus singulièrement, dans le giron de l’OTAN. Sur ce point,
la mission dévolue à la rébellion de Laurent-Désiré Kabila ne diffère guère de
celle de Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko dans la mesure où ce chef de guerre
brade le patrimoine national, offre en pâture le sanctuaire national aux
puissances extérieures. Comme en témoigne, d’ailleurs, la fameuse rencontre d’affaires organisée par l’America
Mineral Fields (AMF) à Lubumbashi, la capitale économique du pays, entre le
chef de l’AFDL Mzee Laurent-Désiré Kabila et le gotha minier et financier
international en mai 1997.
À cet
égard, force est d’admettre que, en tant que leader charismatique de l’Opposition
pacifique et non-violente, démocratique et légaliste, le juriste Étienne
Tshisekedi wa Mulumba, bien qu’il fût totalement ouvert à l’idée de partenariat
économique avec des intérêts extérieurs[xxvi], n’a
jamais été disposé à brader à n’importe quel prix les richesses nationales et
étatiques. Il adopta cette attitude dans l’optique de préserver à tout jamais la
souveraineté du pays et les droits sociaux de la population. Cette constance
dans sa ferme volonté de défendre l’ensemble de ses Concitoyens face aux
puissants intérêts, aux mastodontes économiques et financiers, lui vaudra
conséquemment la froideur de la Communauté internationale, le refus pur et
simple de son adoubement par des forces exogènes.
En
réalité, la République démocratique du Congo version Joseph-Désiré Mobutu Sese
Seko se caractérise, de 1965 à 1971, par la militarisation outrancière du
régime politique et institutionnel[xxvii]. Son
pouvoir militaire naturellement adoubé par de puissants intérêts occidentaux se
distingue concrètement par des exécutions politiques. Aussi se distingue-t-il
par des meurtres extrajudiciaires[xxviii],
des violations massives de libertés publiques fondamentales[xxix] et la
suspension tous azimuts de la vie politique et démocratique.
En effet,
les entreprises partisanes sont sans autre forme de procès abolies. Le
parlement qui est vraiment au cœur des institutions politiques de l’État, est
congédié sine die. Cette éviction des représentants de la Nation a pour
corollaire immédiat le gouvernement par voie décrétale. D’ailleurs, cette
pratique abusive[xxx]
qui est, en vérité, un contournement systématique de l’action législative, est très
couramment utilisée depuis l’avènement du fameux cabinet néocolonialiste et
pro-américain incarné par le Premier ministre Cyrille Adoula [1961-1964]. À ce
propos, l’arsenal répressif d’ailleurs en vigueur en République démocratique du
Congo date réellement de cette époque sombre voire s’en inspire très largement.
Ce qui est
clair, cette République démocratique du Congo version mobutiste dirigée par le
Haut-Commandement Militaire (HCM) ressemble à s’y méprendre à celle du rebelle postlumumbiste
et postnationaliste Laurent-Désiré Kabila dont le centre névralgique est l’AFDL
à titre de mouvement politico-militaire. À cet égard, il convient de souligner
que tous les États du monde caparaçonnés de l’épithète ‘‘démocratique’’, sont en réalité des ‘‘bourreaucraties’’. C’est-à-dire : des régimes ‘‘liberticides’’
et ‘‘démocraticides’’
animés par des bourreaux. Cette catégorie d’agents fonctionnarisés est réputée provoquer
la mort psychique ou mentale de l’individu tant par l’idéologie ou la
propagande d’État que le bâillonnement de ses droits constitutionnels et
libertés fondamentales.
Ainsi en
est-il incontestablement de l’Allemagne de l’Est sous la direction du camarade
Erich Honecker et de la Corée du Nord sous l’autorité du Grand Timonier Kim
Il-Sung. Il en va de même du Kampuchéa ou Cambodge qui, en réalité, a connu,
sous l’égide barbare de Khieu Samphan et Pol Pot, une dictature ‘‘meurtrière’’.
La RDC de Mzee Mutwale Kabila ka Makolo Taratibu, tout comme celle de ses
sinistres prédécesseur Mobutu et successeur Kanambe, n’échappe pas à cette
règle macabre ou cette logique meurtrière.
En
redonnant vie à l’hymne national et au drapeau originels de l’indépendance (datant
officiellement le 30 juin 1960), le président autodésigné de la RDC fait [idéo]
logiquement retourner l’ensemble de ses concitoyennes et concitoyens aux
sources primitives de l’indépendance nationale. Toutefois, ce retour aux
sources n’est que ‘‘théorique’’. Ce n’est que pure fantaisie. D’aucuns diraient
sans conteste ‘‘pure farce’’ et ‘‘pure parodie’’.
En vérité,
sous Kabila Sr, les Congolaises et Congolais ‘‘retournent’’
politiquement et institutionnellement au Mobutisme dictatorial avec le principe
angulaire du Parti-État ou parti unique (AFDL, CPP)[xxxi]. Ils
retournent indéniablement à l’époque sauvage du quadrillage révolutionnaire de
la population terrorisée (chembe-chembe)[xxxii] et du
culte de la personnalité. Pis encore, ceux-ci retournent du point répressif, immédiatement,
à la triste époque coloniale avec la culture du fouet[xxxiii], de
l’exil intérieur[xxxiv]
et du travail forcé[xxxv].
La République démocratique du Congo, un protectorat de l’Occident et un État pourvoyeur de matières premières précieuses et stratégiques pour les Transnationales
Le statut international de la République démocratique
du Congo
Comme
l’attestent, inexorablement, les propos du général rwandais Paul Kagame sur le
processus révolutionnaire de l’AFDL qui a définitivement raison du Maréchal
Mobutu et de la démocratie balbutiante au Congo, le chef de guerre
Laurent-Désiré Kabila est dans sa mission un ‘‘pantin’’ de puissances
régionales. Comme ces dernières sous-traitent la rapacité de la communauté
financière internationale, Kabila est également un instrument au service de
puissants intérêts extérieurs[xxxvi]. De
plus, son mentor patenté est, à cette époque trouble, le colonel belge ‘‘Willy
Mallants’’. Cet ancien haut cadre de l’ex-armée coloniale au Congo[xxxvii] qui
encadre la lutte de ce seigneur de guerre postmarxiste et postmaoïste a la
particularité d’avoir été un ex-conseiller du Maréchal Mobutu Sese Seko du
Zaïre.
Toutefois,
Mzee Laurent-Désiré Kabila revêt le manteau nationaliste malheureusement
abandonné sur le parcours de la rébellion armée afin de couvrir, d’étouffer les
véritables revendications du Peuple congolais, lorsqu’il est définitivement en
porte-à-faux avec tous ses tuteurs. Il redevient subitement lumumbiste lorsqu’il
divorce brutalement d’avec tous ses parrains, se met à dos ses propres alliés
et colistiers. À ce propos, il importe de noter que le chef rebelle de l’AFDL
a, dès la mise en orbite de son régime, nié catégoriquement la présence d’éléments
étrangers dans son gouvernement fantoche, en dépit de la forte pression
populaire et de la forte insistance de l’Opposition politique et démocratique.
Ces individus redeviendront, miraculeusement, des étrangers pour Kabila lorsque
son pouvoir politique est mis à rude épreuve le 2 août 1998. Ainsi, par un coup
de baguette magique, le grand maquisard de Hewa Bora réussit à mélanger le bon
grain de l’ivraie…
Dans la
confusion suivant le déclenchement des hostilités armées entre Kabila et
certains cadres influents de l’AFDL, ce chef de guerre lunatique nie ouvertement
l’appartenance des minorités tutsies rwandophones [Banyamulenge] à la Nation congolaise. Ce discours d’exclusion est relayé
au plus haut niveau par certains dignitaires et pies du kabilisme martial. Il a
naturellement pour conséquence immédiate le lynchage systématique d’une partie
de la population en fonction du phénotype racial ou de l’appartenance à un
groupe ethnique.
Comme la
Révolution armée du 17 mai 1997 est, sans conteste, un vrai pronunciamiento, la
guerre dite de libération nationale doit être, sans concession aucune, regardée
comme un acte de trahison. C’est en soi un acte de félonie à l’égard de toute
la Nation congolaise. En effet, par ses agissements intempestifs, le mercenaire
Mzee Laurent-Désiré Kabila a fait rentrer dans la ‘‘bergerie’’ nationale des
loups méchants. Il a fait rentrer des fauves féroces qui ont littéralement
déchiqueté le pays et toutes ses institutions politiques. Ainsi, le Congo
humilié est divisé, balkanisé. Démembré, il devient logiquement un État
factice, fantôme, sans réelle souveraineté sur ses portions territoriales et ses
énormes richesses. Tel est, malheureusement, l’héritage de Mzee à son Peuple !
Surtout pour un prétendu Soldat du Peuple, un soi-disant ‘‘nationaliste’’ !
Toutefois,
sous le régime politique et militaire du général-major tutsi rwando-tanzanien Joseph
Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, autrement désigné Joseph
Kabila Kabange[xxxviii],
la République démocratique du Congo (RDC) perd, doublement, cette qualité fondamentale
de Collectivité publique et d’État indépendant. Ce territoire majestueux
redevient, comme sous l’empire de la présence belge avant 1960, un grenier de
matières naturelles et minérales, autant que précieuses et stratégiques, d’ailleurs
assujetti à l’exploitation coloniale, à la spoliation maffieuse. Sous la
direction de ce mercenaire transfuge de l’Armée patriotique rwandaise (APR),
l’arbitraire de l’État alimenté par la corruption et le népotisme est toujours
légion. Le tribalisme et le régionalisme toutefois rejetés à la CNS refont
brutalement surface. Ces phénomènes discriminatoires trucident, ainsi, l’esprit
communautaire et, surtout, écrabouillent l’héritage nationaliste du célèbre héros
Patrice Emery Lumumba.
En effet,
les affrontements interethniques, pratiquement disparus de l’environnement
national, émergent très violemment et gangrènent, à l’instar de la peste, la
vie politique et démocratique du pays. Comme sous la colonisation belge et le
pouvoir rebelle de Mzee Laurent-Désiré Kabila, les Congolais se définissent
désormais par rapport à leurs ethnies ou en fonction de leur appartenance
tribale. Ce qui est un fait sans précédent dans l’histoire politique postindépendante
de cet État ! D’autant plus que ces derniers avaient déjà pris l’habitude de se
déterminer par rapport à leurs lieux de naissance ou leurs lieux de résidence
et non plus en fonction de leurs liens affectifs (effectifs) à la terre
ancestrale ou au village de leurs parents et ancêtres immédiats…
C’est au moyen de la lutte armée que le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila a déboulonné le régime tyrannique du Maréchal-prédateur Mobutu Sese Seko du Zaïre
La République démocratique du Congo
Terre de violence armée et de convulsion, de génocide et d’oppression
Comme sous
le règne macabre du père adoptif de Joseph Hyppolite Kanambe[xxxix], cet
État géant de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains est
un vaste camp de concentration où les droits de la population sont strictement
bafoués par ses geôliers. Ces bourreaux certes patentés se distinguent par la
répression tous azimuts de l’élite politique prodémocratique. Ceux-ci se
différencient par l’oppression systématique et automatique des droits humains fondamentaux
et des libertés publiques reconnues à la classe journalistico-médiatique. Cette
situation permet, naturellement, d’inférer que le visage répressif du pouvoir
kabiliste sans doute prolongé par la tyrannie kanambiste n’a vraiment guère
changé de physionomie. Celui-ci n’a subi qu’une simple métamorphose cosmétique.
Cette liposuccion ou ce lifting lui permet de maquiller ses rides autoritaires.
C’est ce
système absolutiste essentiellement fondé sur la rente de l’État, les
prébendes, les passe-droits, le clientélisme et le gangstérisme d’État que
cherchait à démanteler à tout prix le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba au profit de la
liberté du Citoyen et de la démocratie politique. Tout ceci depuis l’ère
glaciaire du Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre. C’est bien à ce niveau que gît effectivement
le destin politique du Peuple congolais !
Maintenant, la balle est dans son camp pour assurer un véritable
changement politique et démocratique !
Sous la
conduite de Joseph Hyppolite Kanambe au même titre que sous la férule du
rebelle affairiste Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila ka Makolo Taratibu, la
RDC n’a guère retrouvé la paix sociale et la concorde politique. La
réconciliation nationale et l’unification territoriale ne sont pas même pas une
vue de l’esprit. Elles sont plutôt une réalité extrêmement lointaine. La
sécurité politique et frontalière des pays voisins à la base de la
déstabilisation physique de ce colosse aux pieds d’argile relève indéfiniment
du chimérique.
Jouant
pratiquement le rôle du ver dans le fruit de la Transition politique et de la
vie démocratique à Kinshasa, ce jeune mercenaire tutsi rwando-tanzanien
parachuté à la tête du Congo par l’Angola et le Zimbabwe avec la complicité
manifeste des États membres de la communauté internationale[xl], plus
particulièrement et plus singulièrement ceux de l’Union européenne[xli],
bloque le processus de négociations politiques intercongolaises. Il renie même
ses propres engagements pris dans le cadre de ces pourparlers de paix en
Éthiopie, au Botswana et en Afrique du Sud. Y compris des engagements pris à
Kinshasa dans le cadre des pourparlers pilotés par la Conférence épiscopale
nationale du Congo (CENCO). À l’image de son père adoptif, ce chef de guerre
dont la carrière funeste est, à n’en pas douter, suspendue au couperet du
Destin et aux caprices des astres, brade sans vraiment se soucier du peuple
congolais le patrimoine national aux divers prédateurs locaux et charognards
étrangers. Tout ceci pour survivre indéfiniment dans un espace politique très étroit
où ses heures sont malheureusement de plus en plus comptées…
[iv] Zaïre
signifie ‘‘Zone Africaine et
Internationale aux Intérêts réservés aux Étrangers’’.
[v]Alors qu’il
n’est guère préparé aux hautes fonctions politiques, gouvernementales et
administratives de l’État.
[vi] Fonds
Monétaire International (FMI) et Banque Mondiale (BM).
[vii] La plupart de ces puissances
politiques, financières et militaires ont porté le colonel Joseph-Désiré Mobutu
au pouvoir à Kinshasa en 1960 et en 1965 contre la démocratie congolaise.
[viii] Société
civile et Forces vives de la Nation.
[xi] L’atmosphère politique est
perpétuellement assombrie par des attentats et assassinats politiques, des
intimidations et empoisonnements, des
menaces de mort et invectives, des rafles et la répression aveugle.
[xiii] Émeutes
alimentaires et pillages initiés par les militaires des FAZ.
[xiv] Chute
de la Ville de Kisangani au profit de l’AFDL.
[xv] Étienne
Tshisekedi wa Mulumba, Bernardin Mungul Diaka, Jean de Dieu Nguz Karl-I-Bond,
Faustin Birindwa, Joseph-Léon Kengo wa Dondo.
[xvi] Complice de la dictature macabre et
des intérêts néocolonialistes.
[xvii] Une opposition engagée
irréversiblement sur la voie de la démocratie.
[xviii] Le décret de nomination du Premier
ministre pris par le Chef de l’État sur le fondement de l’article 71 de l’Acte
portant dispositions constitutionnelles de Transition du 4 août 1992 n’est
qu’un acte de constatation du fait politique. Il vient lui donner une portée
juridique.
[xix] L’armée,
la police, la gendarmerie et les services de renseignement.
[xx] Le
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).
[xxiii] Selon une version assez répandue dans
les médias, ce chef de guerre nationaliste et lumumbiste est supposément
liquidé par le lieutenant-colonel Jacques Nziza, un haut cadre de l’Armée
patriotique rwandaise (APR) aujourd’hui muée en Forces de défense rwandaises
(FDR). Après son forfait, celui-ci est directement exfiltré au Rwanda.
[xxiv] Kabila
était solidement pétri dans sa logique de maquisard prêt à se lancer dans les
bras de n’importe quel protecteur financier.
[xxv] La République démocratique du Congo
(RDC) sous l’empire de la constitution de Luluabourg (août 1964 – novembre 1965)
est dans ses fondements idéologiques un véritable État démocratique. Cet État
est foncièrement dirigé contre le projet lumumbiste et nationaliste d’avoir au
cœur de l’Afrique un État unitaire et centralisé. Il consacre en fait le
triomphe du projet fédéraliste porté par la paire Moïse Kapenda Tshombe et
Albert Kalonji Ditunga.
[xxvi] Joint-ventures. Lire à ce propos le projet économique
et financier de l’UDPS tel que remanié par le président national Étienne
Tshisekedi en 1999.
[xxvii] L’assassinat
des partisans du Premier ministre Moïse Kapenda Tshombe, la condamnation à mort
des conjurés de la Pentecôte en 1966.
[xxviii] L’exécution
du nationaliste et lumumbiste Pierre Mulele au Camp militaire N’Kokolo en 1968.
[xxix] La
répression aveugle des institutions universitaires et des associations
étudiantes.
[xxxii] Les Chembe-chembe qui enrégimentent la population pour la
cause de Kabila sont en réalité l’équivalent du Corps des Volontaires de la
révolution mobutiste (CVR).
[xxxvi] La Belgique est le premier pays de la
communauté internationale à avoir reconnu le gouvernement rebelle de
Laurent-Désiré Kabila ayant renversé les institutions politiques issues de la
CNS.
Martin Fayulu Madidi, candidat malheureux à la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018
La plainte
judiciaire contre Martin Fayulu Madidi
De la question du tribalisme au handicap mental des Congolais
‘‘La connaissance conduit à l’unité comme l’ignorance mène à la diversité’’ Râmakrishna
Par Joël Asher
Lévy-Cohen *
Le dimanche 30 décembre 2018, la République démocratique du Congo tenait un double scrutin présidentiel et législatif. L’élection présidentielle a été remportée par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de l’UDPS et de la coalition CACH[i]. Mais, cette victoire a été contestée par le candidat de la coalition Lamuka[ii], Martin Fayulu Madidi, devant le tribunal constitutionnel. Face à un dossier vide, mal ficelé par des avocats dont la compétence intrigue au plus haut point, et une requête comportant maintes entorses à la loi électorale tant sur le fond que sur la forme, le juge constitutionnel n’a pas du tout hésité à confirmer la victoire du plus haut représentant de l’UDPS et candidat populaire de CACH.
Martin Fayulu Madidi dans ses humeurs de harangueur de foule.
Force est de souligner que la proclamation des
résultats aussi bien par la CENI que par la cour constitutionnelle a donné lieu
à de très nombreuses scènes de violence physique. En effet, des partisans
incontrôlés se réclamant ouvertement de Martin Fayulu Madidi et de la coalition
électorale Lamuka ont visiblement attaqué et, surtout, attenté à la vie
physique des partisans de FATSHI. Tout comme, au nom de leurs revendications
politiques, ceux-ci ont sèchement supprimé la vie physique des membres de
l’ethnie dont fait culturellement et traditionnellement partie cette
personnalité politique.
En raison de leur gravité, ces actes ignobles de la
part des partisans de Lamuka et de Martin Fayulu Madidi mettant très
sérieusement en péril la cohésion nationale ont été qualifiés de génocide pour avoir visé un groupe humain
précis. À ce titre, ils ont royalement ouvert la voie au dépôt d’une plainte
judiciaire au pénal devant le Bureau du procureur général de la République
Flory Kabange Numbi. À cet égard, ce magistrat près la Cour de Cassation a jugé
bon d’ouvrir une ‘‘information’’ judiciaire en vue de récolter tous témoignages probants
et éclairants lui permettant de qualifier pénalement lesdits faits et
agissements sur le terrain du droit.
Martin Fayulu Madidi exhibe la constitution de la République démocratique du Congo devant un auditoire très largement acquis à sa cause politique
Par conséquent, la plainte judiciaire déposée contre
Martin Fayulu Madidi devant le Bureau du procureur général de la République soulève,
en vérité, une série de questions légitimes.
Pour avoir animé de très nombreuses manifestations
politiques au cours desquelles des partisans invétérés de Lamuka dont il est en
réalité un des leaders les plus en vue, scandent à tue-tête des slogans haineux
contre un groupe ethnique de la République démocratique du Congo, Martin Fayulu
Madidi est-il, à vrai dire, responsable des actes répréhensibles de ses aficionados
? Si elle doit être effectivement soulevée, où se situerait-elle exactement sa
responsabilité ? Est-ce sur les plans moral ou matériel ?
Une chose est sûre et certaine, dans la plupart des
rassemblements politiques de Lamuka, ce sont des propres lieutenants de Martin
Fayulu Madidi qui ont galvanisé la foule et touché les cordes sensibles des
militants incontrôlés. Ceux-ci ont incité les partisans de Lamuka à chanter haut
et fort des refrains appelant très ouvertement au meurtre du président de la
République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ce sont également ses gardes
rapprochées qui ont naturellement poussé les militants chauffés à blanc à
chanter des slogans appelant directement aux meurtres de masse visant explicitement
le groupe ethnique auquel Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo appartient.
Jusqu’à preuve du contraire, tous ces lieutenants indélicats continuent, comme
si de rien n’était, à œuvrer auprès de Martin Fayulu Madidi.
Qui ne dit mot consent, dit-on. Toutefois, qui ne prend pas des mesures de correction ou de rétorsion contre ses collaborateurs impertinents partage clairement leurs forfaits. Qui ne sanctionne point ses adjoints pour des actions accomplies dans le cadre de leurs activités communes partage forcément et logiquement, donc très largement, leurs méfaits !
Déjà marginalisé par ses pairs de Lamuka (Moïse Katumbi Chapwe de la plateforme politique Ensemble pour le changement, Jean-Pierre Bemba Gombo du Mouvement de libération du Congo) qui ne veulent plus lui laisser un moindre espace dans le landerneau politique national, Martin Fayulu Madidi risque , en effet, très gros s’il est véritablement reconnu par la justice congolaise comme comptable de crime de génocide et crime contre l’humanité visant spécifiquement les ressortissants de la communauté lubaphone de la République démocratique du Congo.
Par conséquent, l’opposant Martin Fayulu Madidi a-t-il
vraiment l’étoffe d’un homme d’État ? Dès lors qu’il accepte de travailler
ouvertement avec des individus prêts à mettre le pays sens dessus dessous, est-il
vraiment capable de veiller au destin de la Nation ? Dès lors qu’il s’acoquine avec
des individus prêts à disloquer l’État et ses Institutions politiques qui sont
par essence le parapluie du Peuple, est-il vraiment le soldat ou commandant du
Peuple ?
Il est un fait établi que la République démocratique
du Congo est un kaléidoscope culturel et traditionnel. Elle est, en réalité, un
patchwork ethnique dessiné par le colonisateur belge. Mais, celui-ci peine à
trouver un discours fédérateur permettant à sa population d’émerger dans une
culture de vivre ensemble où la notion de Nation est une garantie fondamentale,
indispensable et indéniable pour la sécurité de l’État et de ses sujets. Cela
est d’autant plus vrai que le comportement répréhensible des partisans de
Lamuka, a fortiori tifosi de Martin Fayulu Madidi, a très nettement démontré
que la fameuse Nation congolaise clamée haut et fort n’existe pas du tout et
qu’elle demeure en soi une simple vue de l’esprit. Sans contour et sans
précision. Sans contenu et sans consistance…
Par conséquent, en acceptant volontiers de participer
à des rassemblements politiques qui fragilisent davantage cette ‘‘Communauté
de destin’’ qu’est la République démocratique du Congo, comment Martin
Fayulu Madidi doit-il réellement être regardé ? Est-il un ennemi de la paix
sociale ? En s’affichant aux côtés de vrais liquidateurs du pays, est-il
certainement un geôlier de la justice et un tortionnaire de la sécurité
publique ?
En d’autres termes, Martin Fayulu Madidi poursuit-il certes
l’implosion et la déflagration de la République démocratique du Congo ? À la
lumière du comportement de ses partisans qui sont naturellement prêts à mettre
ce pays d’Afrique centrale et de la région des Grands lacs africains à feu et à
sang, à sacrifier certes son unité politique, Lamuka est-elle par définition une
coalition de forces centrifuges et génocidaires ? Que dire alors de tous ces
désœuvrés manipulés à souhait au nom d’une
chimérique vérité des urnes entretenue par les princes de l’Église catholique, la
presse et par de puissants intérêts économiques et financiers dans le but de
mettre complètement à genoux et en coupe réglée un pays déjà exsangue ?
En hommage à un grand « Défenseur » de l’Afrique indépendante
et unie, fidèle ami et frère de la République démocratique du Congo, fervent Avocat
des Opprimés, « Héraut » de la Justice et de la Liberté,
« Apôtre » de l’Humanisme et Poète de l’Universel.
Aimé Césaire
La littérature au service de l’engagement et de la liberté
Voix de la Négritude,
Esprit de l’Humanité et Conscience de l’Universel
»Je suis de la race de ceux qu’on opprime »
Aimé Césaire[i]
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Aimé Césaire au crépuscule de sa vie prolifique
L’Antillais Aimé Fernand
David Césaire est, en vérité, l’inventeur du terme « Négritude ».
Il est, en réalité, le concepteur de ce mot dont la « magie » a
nettement marqué l’éveil de conscience d’une Race. Par ses réflexions pointues
et ses envolées lyriques, il a contribué au rétablissement de la véritable
Histoire humaine.
Le Sénégalais Cheik Anta Diop a rétabli la vérité historique sur les origines négro-africaines de l’Égypte antique et l’antériorité des civilisations noires dans la vallée du Nil
En effet, la Négritude a, résolument, participé à l’enrichissement des Arts et des Lettres. Aussi a-t-elle participé à l’éclairage des Sciences. Grâce aux travaux de recherche du très prolifique Sénégalais Cheik Anta Diop et du Grand Surinamien Ivan Van Sertima, Elle a notamment contribué à l’enrichissement des Sciences physiques. Tout comme à l’éclairage des Sciences humaines et sociales. Donc, ce mouvement politique et littéraire qui a pris son envol au milieu des années trente dans bon nombre de pays et maints territoires coloniaux d’extraction aussi bien francophone et anglophone que lusophone et néerlandophone a littéralement participé à la meilleure compréhension et explication du Monde vivant.
Dr Ivan Van Sertima du Surinam a scientifiquement démontré que les Noirs d’Afrique ont été les premiers peuples à occuper les terres des Amériques précolombiennes
En tant
qu’inspirateur d’un discours politique et d’une philosophie de lutte de
libération humaine, le Martiniquais Aimé Césaire est incontestablement un des
trois piliers fondamentaux de la
Négritude au sein de la Francophonie. Par
ailleurs, avant d’être celui que connaît « parfaitement » l’initié ou
le profane, c’est-à-dire un Moraliste et un Polémiste, un Politique engagé et
un Défenseur des droits humains, un Écrivain et un Auteur, un Poète et un
Penseur libre, il est d’abord et avant tout une Voix qui professe la Vérité historique, qui rend
justice à l’Histoire. Il est ensuite un Cri qui interpelle la Conscience humaine. Il
est enfin un Chevalier de la
Justice.
S’il y a vraiment
un mot qui pourrait parfaitement résumer sa vie prolifique de Littéraire et
tout son parcours de Combattant permanent pour des causes nobles,
« l’engagement » en serait incontestablement un. Par voie de conséquence,
son patronyme « Césaire » qui respire effectivement la liberté et la
justice, qui transpire réellement les aspirations légitimes et fondamentales
des Peuples et Nations Nègres, peut être automatiquement substitué par « l’Engagé ». Ainsi, Aimé Césaire deviendrait-il Aimé « L’Engagé ».
N’empêche que
l’Indépendance d’esprit, la
Liberté de penser et d’écrire au service de la Vérité, la Justice, la Solidarité et la Fraternité conviennent
très parfaitement à sa très riche et forte personnalité politique et
littéraire. À ce titre, il importe de penser à son investissement personnel
dans la fondation de l’Édition « Présence africaine » en vue de publier, avec la collaboration de feu le Sénégalais
Alioune Diop, les auteurs négro-africains boycottés par les Maisons d’Édition
de l’époque.
L’inventeur du terme « Négritude »
Aimé Césaire, un poète engagé
Le très prolifique
Aimé Césaire est, d’abord et avant tout, une Voix qui vient directement du fond
des âges dans le but de rappeler avec force et modestie la véritable
trajectoire de l’Humanité vivante. C’est-à-dire une Humanité
continuellement en quête de survie et de liberté, de subsistance et de dignité.
Une Humanité qui a, naturellement, pris racine en terre africaine, conquis pas
à pas le monde physique, s’est progressivement répandue sur la planète Terre.
Une Humanité qui a vaillamment résisté aux tempêtes de l’Histoire et à toutes
les vicissitudes de la fortune pour perpétuer la vie et la civilisation.
Donc, Aimé Césaire
est en vérité cette Voix noble, puissante, qui enseigne que l’Afrique en tant
qu’espace culturel des Noirs est en principe le berceau de la civilisation
humaine. Il est cette Voix forte qui affirme sans détour que ce continent est
l’Alma Mater. D’où le sens mystique du mot « Négritude » qui veut
dire racine-mère de l’Humanité, qui signifie Mère de toutes les civilisations
et de toutes les cultures.
D’ailleurs, force
est de constater que ce terme savant « Négritude » est sorti tout
droit de ses méninges créatives, imaginatives et inventives. Aussi importe-t-il
de relever que, pour mieux définir cette démarche revendicative ou cette
philosophie de combat consistant à défendre tous azimuts la dignité
fondamentale de la race noire, le grammairien sénégalais Léopold Sédar Senghor,
en réalité un francophile vacciné et résolu, un amoureux aveugle et un partisan
invétéré de l’hellénisme, préféra plutôt le terme « Négrité ».
Pour ce ‘‘poète de
l’Universel et chantre du Métissage culturel’’, ce néologisme désignait mieux
que tout autre vocable les « valeurs
culturelles et spirituelles » du Monde négro-africain. Ce dernier a
particulièrement opté pour ce mot savant en référence à la francité (ensemble des valeurs propres à la
civilisation française) et aussi à l’hellénité (ensemble des valeurs propres à la civilisation hellène ou grecque).
Toutefois, le Grand
Martiniquais Aimé Fernand David Césaire rejeta, semble-t-il, pour des raisons
pragmatiques, le fameux concept de « Négrité ». Est-ce, en fait, par
mépris du mimétisme intellectuel et des singeries mentales ? Ce qui est fondamentalement
sûr et certain, il finit, réalistement, par imposer le terme
« Négritude » en tant que discours et surtout philosophie de combat
de libération aux autres piliers défenseurs francophones de l’Africanisme (le
Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor).
Il fit valoir ce terme dans la mesure où la civilisation négro-africaine
insufflée par le « génie créateur » de l’Égypte pharaonique a façonné,
moulé intellectuellement et mentalement, spirituellement et moralement,
techniquement et scientifiquement, la
Grèce antique.
D’ailleurs, qui
d’autre que l’illustrissime historien grec Hérodote est mieux placé pour en
témoigner abondamment dans ses écrits mémorables ? Qui d’autre bien sûr que
Hérodote pour corroborer la thèse du Martiniquais Aimé Césaire ? Il y a lieu de
souligner que ce pays méditerranéen est considéré à juste titre, de nos jours,
comme la véritable source culturelle, la lumière inspirante de l’Occident
chrétien, donc le berceau civilisateur de l’Europe.
Un des trois piliers fondateurs de la Négritude francophone
La Négritude francophone est naturellement dominée, largement supplantée par trois
figures de proue littéraires. Celles-ci ont su intelligemment utiliser la plume
dans le but de contester l’ordre colonial incarné par l’Occident en général et la France en particulier. Deux
font partie de la Diaspora
négro-africaine. Il s’agit du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon-Gontran
Damas. La troisième est, faut-il le souligner, originaire du Continent-mère,
l’Afrique. Il s’agit du Grand Sénégalais Léopold Sédar Senghor. En tant que
piliers fondateurs de la
Négritude, ces trois personnalités proposent trois démarches
épistémologiques, trois visions idéologiques, en vue de définir et d’insuffler
le combat des Peuples négro-africains.
Le Guyanais Léon-Gontran Damas
Pour le métis
guyanais Léon-Gontran Damas qui est, particulièrement, le condisciple de
Césaire au Lycée Victor Schœlcher, la Négritude en tant que démarche et philosophie de
libération humaine est « non
seulement le fait d’être Noir mais également l’acceptation de ce fait ».
Pour Damas, la Négritude
militante met évidemment en relief les notions d’identité et de fierté que
l’Occident tente de gommer automatiquement et systématiquement chez tous les
Peuples négro-africains pour mieux les asservir. En d’autres termes, ce Chantre
de la Négritude
militante étudie, en réalité, la psychologie de domination en tant que système
d’exploitation. Il démonte les mécanismes de ce régime oppresseur fondé essentiellement
sur le génocide mental.
Le Sénégalais Léopold Sédar Senghor
Pour le Sénégalais
Léopold Sédar Senghor, certainement épris de dosage et de mesure, la Négritude en tant que
Méthode de lutte est « un lieu de rencontre et de dialogue permanent
entre le Nègre opprimé et l’Occident oppresseur ». Ce dialogue postule
en vérité le Métissage culturel, lequel permet finalement à l’Être
Négro-africain « de prendre, pour assurer son épanouissement et
affermir son émancipation, tout ce qui est bon chez le Colonisateur et de
rejeter tout ce qui est mauvais (la fameuse théorie du handicap culturel) chez
le Colonisé ». C’est effectivement à travers ce choix judicieux et
éclairé que celui-ci s’inscrit définitivement dans l’ordre universel qui est,
par essence, « un espace de rendez-vous du donner et du recevoir ».
Par conséquent, le
Nègre opprimé réellement ouvert à toutes les Cultures de la planète et aux
autres Civilisations du monde devient un Être profondément libre. Conscient de
l’environnement terrestre qu’il entoure, il est totalement libéré des branches
mortes de l’ignorance et même du complexe d’infériorité culturelle. Maître de
la connaissance et du savoir, des arts et des lettres, celui-ci devient un Être
parfait. Un tel individu est mieux aguerri et mieux outillé pour faire face à
l’exploitation et au processus de domination.
Il résulte que
cette vision senghorienne insiste sur la nécessité absolue de combattre par tous
les moyens voire d’éradiquer à tout prix l’analphabétisme culturel par
l’érection des écoles pour assurer la formation intellectuelle. Elle insiste
sur la nécessité de combattre l’ignorance mentale et l’abrutissement
intellectuel par la magnificence de l’éducation et même par la revalorisation
des réseaux culturels. À ce niveau, ce grand Chantre de la Négritude, poète de
l’Universel et Apôtre de l’Humanisme rejoint un siècle plus tard la philosophie
révolutionnaire du « Vénézuélien » Simon Bolivar qui essaime,
aujourd’hui, dans toute l’Amérique latine, lorsque ce général libérateur
affirma sans ambages : « Sans savoir ni lire ni écrire, il n’y
a ni liberté, ni égalité, ni fraternité ».
Sis au confluent de
l’Occidentalisme judéo-greco-chrétien et de l’Africanisme primordial, le Nègre
acculturé est profondément un Être métissé. En fait, il est fondamentalement un
« Métis culturel ». Il est à vrai dire un « Être
hybride ». Ainsi, pour le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le
Nègre libéré, devenu de surcroît un Homme nouveau, est en réalité « le
produit » ou « le croisement » des influences culturelles
planétaires ». D’où le Métissage culturel rime avec liberté et dignité humaine
dans la mesure où le Métis, en tant qu’Être et Sujet porte dans ses veines et
exprime dans son imaginaire l’Humanité et l’Univers.
Aimé Césaire
Pour le Grand Martiniquais
Aimé Fernand David Césaire, la
Négritude est en réalité un combat farouche pour la liberté de
l’homme noir. C’est une lutte de tous les instants pour conquérir la dignité de
l’Être négro-africain mentalement ‘‘emprisonné’’ et culturellement ‘‘flagellé’’,
psychiquement ‘‘mutilé’’ voire ‘‘traumatisé’’ par l’Occident fortement influencé
par la chrétienté romaine dans le cadre de l’exploitation capitaliste et de l’hégémonisme
économique. C’est en vérité une lutte pour l’émancipation du Noir des jougs
colonialiste, néocolonialiste et impérialiste. C’est surtout une lutte de tous
les instants en vue de la libération effective du Nègre de l’esclavage mental
professé par les doctrines primitivistes et pratiqué violemment par les tenants
du négationnisme culturel (le génocide culturel).
Il ressort de ces
trois démarches épistémologiques et visions idéologiques que la lutte de
Léon-Gontran Damas met un accent particulier et singulier sur les aspects
mentaux et psychiques de la colonisation. Ce dernier fait la
psychanalyse du Négro-africain. Celle de Léopold Sédar Senghor met un
accent particulier sur le système culturel en tant qu’enjeu d’exploitation et
arme d’asservissement des Peuples, en tant que stratégie de domination des
Nations et races. Cependant, le combat d’émancipation mené par Aimé Césaire
vise plutôt les systèmes politique et économique en tant que socles du régime
d’exploitation coloniale et d’hégémonisme culturel.
À l’instar de ses
camarades de combat, le Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold
Sédar Senghor, la noble lutte menée par Aimé Césaire pour l’affranchissement de
l’Homme négro-africain s’inscrit profondément dans l’affirmation d’un
Peuple méprisé et asservi. Elle s’inscrit fondamentalement dans la
revalorisation d’une race opprimée par les tenants de l’hégémonisme occidental.
Aussi s’inscrit-elle dans la réhabilitation d’une culture totalement négligée
et d’une histoire délibérément ignorée par les négationnistes de la
civilisation noire.
Léon Gontran Damas
Il résulte de ces
trois courants précurseurs de la
Négritude francophone que le Guyanais Léon-Gontran Damas est ‘‘l’eau’’.
Il symbolise, par son écriture et par ses réflexions, l’eau bouillante du
geyser qui présente des vertus curatives, donc thérapeutiques. Il incarne la Mer parfois agitée par les
vagues saccadées de la vie, lesquelles échouent sur les rivages de la liberté,
dont la violence bouscule l’esprit, dont la puissance interpelle incessamment la
conscience et dont la majesté interroge sans cesse le « moi ». Tout
compte fait, il est, en réalité, ce fleuve tranquille qui transporte le Nègre,
l’Africain, pour un voyage intérieur, intime, dans le but de lui faire
découvrir ce qu’il est vraiment.
Léopold Sédar Senghor
Le Sénégalais
Léopold Sédar Senghor est plutôt l’air. Il est cette musique écrite et chantée
par le vent parfois sifflotant, parfois impétueux. Il est le tempo qui imprime
à la musique la beauté, donc la vérité. Somme toute, il est la musique qui
« adoucit » les mœurs, dont le son merveilleux rappelle
continuellement toute la virginité et l’innocence d’une Femme captivant à
l’infini, par la plasticité de son corps, l’éclat de ses charmes et la douceur
de son visage, le regard assoiffé de l’Homme définitivement conquis.
Enfin, le
Martiniquais Aimé Césaire est, en vérité, le tonnerre qui gronde puissamment et
violemment. Il est la lumière qui recouvre la vue et le feu qui consume la peur
et la haine, les injustices raciales et sociales ainsi que les faussetés
historiques. Il est ce volcan qui entre en éruption, qui se déchaîne pour
restituer la vérité. Il est ce volcan dont l’émission des cendres et des gaz
rappelle incessamment la majesté de la
Vie, donc la grandeur de l’Humanité vivante. Il est cette
coulée de lave jaillie du cratère pour fertiliser la Terre qui est la Mère nourricière.
Le Martiniquais
Aimé Césaire incarne la lave volcanique dont les trois couleurs sont : le
Jaune qui est la couleur de l’or, symbolise la victoire de l’Esprit en tant que
Lumière qui guide et montre la voie; le Rouge qui est la couleur du sang signifie
le sens du sacrifice et l’esprit de liberté, la quête de justice et de dignité;
le Noir est la couleur adoptée par la lave une fois éjectée du cratère. Il
enveloppe les deux premières – le Jaune et le Rouge – qui sont tout
à fait visibles lors de la projection de la lave. Le Noir en tant que premier
habitant de la Terre
symbolise, sans doute, le taux de mélanine qui a permis à l’homme de résister
farouchement aux dures épreuves du temps. Cette couleur magique représente la
capacité de l’homme à transmettre généreusement la vie et la civilisation à sa
progéniture. Cet être humain symbolise, surtout, l’esprit de résistance par le
travail pour la survie de l’humanité et la conquête de la liberté.
Si Damas incarne en
vérité l’eau, Senghor représente en réalité l’air et Césaire symbolise en fait le
feu, le Négro-africain est sans aucun doute le quatrième élément de la Nature, c’est-à-dire la Terre. Il la porte en
lui depuis les premiers balbutiements de la Vie et de la Civilisation humaine
en Afrique. Ainsi, il y a lieu de le façonner, de lui donner une forme, à la
manière d’un sculpteur voire d’un potier qui travaille la terre cuite.
La poétique de l’engagement
Lorsque l’on scrute sereinement la pensée et le discours, la démarche et la logique d’Aimé Césaire, il importe de constater que ce poète de la Négritude exprime son être profond qui est en vérité la résultante des mots qui sonnent puissamment comme des hurlements, des geignements ou des grondements. Celui-ci exprime en réalité des sons d’une extrême violence, d’une extrême dureté. Ce qui incline à penser que ce Chantre de la Négritude est véritablement en soi un cri avec un grand C. Ce qui atteste effectivement sa force et sa violence. Donc, le Martiniquais est en réalité un cri dont la puissance ne laisse personne indifférent.
Pour Aimé Césaire, la Négritude est d’avant tout une lutte de libération dirigée contre les préjugés discriminatoires et la négation pure et simple d’une race porteuse de la vie et garante de la survie de l’humanité
En effet, Aimé
Césaire est, intrinsèquement, un cri de révolte contre le viol de l’Âme qui
forge l’identité de l’individu. Il est en fait un cri de révolte contre le viol
de la Conscience
qui façonne la personnalité de l’Être humain. Par définition, il est en soi un
cri de colère contre le mépris, à vrai dire, inconsidéré des autres cultures,
races et Peuples du monde entier, lesquels sont complètement néantisés dans le
dessein de mieux les exploiter. En cela, Césaire doit être considéré comme un
Combattant de l’antiracisme voire un fervent avocat des opprimés. Il est
incontestablement la Voix
des Sans-Voix, c’est-à-dire le fidèle porte-parole des plus faibles. En cela,
le plus célèbre des Martiniquais est, à vrai dire, un cri de liberté et de
justice parce qu’il s’oppose farouchement au génocide culturel. Il est, surtout,
un cri de sagesse parce qu’il s’insurge énergiquement contre la destruction de
la personnalité animique d’un groupe social et le meurtre délibéré de l’identité
collective.
Aimé Césaire est
enfin un cri d’alarme. En vérité, il est cette Vestale qui veille toujours au
feu. Il est effectivement ce Gardien du Temple de la Sagesse et de la Morale qui veille jour et
nuit au grain et au trésor spirituel de l’Humanité. À cet égard, le Grand Martiniquais
est tout à fait prêt à sonner l’alarme dans le dessein de dénoncer tout
dérapage délibéré et préjudiciable à la Conscience humaniste et universelle, à
l’élévation morale de l’Homme. Comme cela a été récemment le cas avec la
volonté affichée par certains Occidentaux, bien intentionnés, tentés de
réécrire (réinterpréter) à dessein l’histoire du colonialisme (le phénomène du
révisionnisme) qui est par nature un crime contre l’Humanité.
En effet, dans le
cadre strictement néolibéral de la Mondialisation marchande ou globalisation
des marchés, les avocats les plus acharnés de la colonisation occidentale qui
est, à n’en pas douter, un processus de viol culturel et surtout une stratégie
de vol économique, donc de soustraction frauduleuse et de confiscation des
richesses appartenant aux races, Nations et Peuples du Tiers-Monde, tendent à
l’interpréter ou à la définir, de plus en plus, comme la mise en valeur d’un
territoire. Donc, de ce point de vue, le poète martiniquais est en réalité
cette Conscience chargée de rappeler à l’ordre les contrevenants à l’ordre
moral et universel de l’Humanité.
Toutefois, s’il est
par définition un véritable cri de révolte, de colère, d’alarme voire même
d’injustice, Aimé Césaire n’est pas, à vrai dire, un cri de guerre et de
vengeance. Il n’est pas du tout un cri de haine ou de rage. Car, celui-ci ne
sème aucunement dans son action et ses réflexions, dans ses discours et écrits
les graines de l’intolérance. Il ne promeut pas la vengeance. Il ne propage pas
la haine.
À ce propos, Aimé
Césaire affirme fort péremptoirement qu’il n’est pas anti-français mais
simplement « Martiniquais ».
À preuve, le sens de la mesure, d’ailleurs, inné chez Léopold Sédar Senghor,
qui est son camarade de combat, le pousse à accepter en 1946 la loi sur la
départementalisation conférant à son Île natale, la Martinique, le statut
de Département d’Outre-Mer (DOM). Cependant, pour les puristes et les
incrédules, cette attitude est en soi une « hérésie politique », une
« apostasie littéraire », donc un reniement de soi, pour n’avoir pas
conduit immédiatement ce territoire merveilleux à l’indépendance nationale et à
la souveraineté internationale.
Aimé Césaire : « Le
Nègre », « l’Africain »
ou « l’Antillais » ?
Aimé Césaire se
disait facilement « Martiniquais ». Sans aucun doute, il l’était dans
toute sa simplicité. Il le demeurait dans tout son cheminement. En effet, la Martinique était son pays
qui l’a vu réellement naître et grandir, émerger et prospérer. Cependant, ce
pays si proche de lui, tant émotionnellement et mentalement que culturellement
et moralement, le hantait sans interruption à telle enseigne qu’il lui permit
de se découvrir et même de se comprendre, donc de se définir. Aussi lui
permit-il de se trouver une vocation aux allures sacerdotales.
S’il est, à vrai
dire, « Martiniquais », Aimé Césaire l’était-il en tant que Nègre,
Africain ou Antillais ? Ce qui est clair, ce Chantre de la Négritude et Poète de
l’engagement universel, est un Nègre. Il est sans aucun doute un Nègre parce
qu’il refuse catégoriquement toute la logique de l’exploitation économique. Il
l’est parce qu’il rejette du revers de la main tout le système d’asservissement
culturel des Noirs. Son combat est en définitive celui de la liberté et de la
dignité des Noirs.
Le Martiniquais Aimé Césaire est, également, un Africain. En effet, ce dernier considère que l’Être Africain est, en réalité, dépositaire d’une riche culture. Il est, en fait, tributaire d’une très grande civilisation dont les valeurs intrinsèques et les principes fondamentaux ont toujours inspiré positivement l’Humanité ambiante, depuis les temps immémoriaux. Pour lui, l’Africain n’est pas, par essence, un sous-être. Il n’est pas un sous-homme ni un produit voire un sous-produit d’une sous-culture sise à la périphérie.
Pour Aimé Césaire
inspiré intellectuellement et philosophiquement par l’existentialisme de
Jean-Paul Sartre, l’Africain est d’abord et avant tout action et mouvement. Il
n’est pas du tout réaction. Celui-ci n’est pas figé dans le temps et dans
l’espace, comme l’affirment les théories primitivistes et le dépeignent les
tenants de la pensée négationniste. Il est en vérité un acteur essentiel (la théorie essentialiste du Martiniquais
Frantz Fanon) et non pas un spectateur inessentiel de l’histoire de
l’Humanité. En effet, de la matrice africaine ont réellement jailli toutes les
valeurs et tous les principes qui fondent l’humanité. C’est d’elle que sont
évidemment sorties les techniques et les sciences dont se targuent des peuples
récents ou complètement inexistants à l’aube de grandes civilisations.
Enfin, le
Martiniquais Aimé Césaire est un Antillais. C’est-à-dire : le colonisé ou
l’esclave qui a brisé toutes les chaînes de la servitude en vue de se
réapproprier son destin humain, pour accaparer définitivement son histoire
héroïque d’homme acteur de l’Humanité. Il est l’homme qui redécouvre la liberté
et la dignité. Il est cet être qui reconquiert son identité bafouée, enfouie
dans les ténèbres de l’histoire. En d’autres termes, l’Antillais représente totalement
pour lui le refus du génocide culturel car il est fier de sa race noire et de
sa culture, de ses origines nègres, de son identité africaine. Il représente
complètement pour lui le refus du génocide mental car il est prompt et résolu à
les défendre. D’où sa critique virulente à l’endroit du conformisme et du
confusionnisme culturel parfois dégagé et propagé par la Créolité en tant que
courant littéraire. D’après ce théoricien oh ! Combien engagé de la Négritude
libératrice, l’Antillais incarne somme toute le rejet de l’Apartheid économique
et social, le refus du ségrégationnisme racial.
En tout état de cause,
Aimé Césaire est et demeure somme toute martiniquais. De par sa naissance tout
comme de par sa culture. Le Martiniquais est par essence un être pluriel. Il a,
en réalité, une identité plurielle. ‘‘Coule’’ effectivement dans toutes ses
veines le sang africain, amérindien, asiatique et occidental. Il est, en
vérité, le fruit de plusieurs cultures et civilisations. Aussi est-il
fondamentalement la rencontre de plusieurs races, Peuples et Nations de la Terre.
Donc, le Martiniquais est, à n’en pas douter, le pur produit même de cette
cohabitation interraciale ou de cette coexistence interculturelle. À cet effet,
celui-ci symbolise intrinsèquement la tolérance et l’esprit de solidarité.
Donc, cet être
greffé sur l’univers de la Caraïbe symbolise éminemment l’esprit de partage et
de fraternité. Aussi symbolise-t-il en tant que creuset de cultures et de
civilisations du monde le ‘‘dialogue permanent’’, ‘‘les échanges perpétuels’’, dans
un cadre essentiellement fondé sur l’équité et la justice. En cela, il promeut
le principe d’égalité des races, Peuples et Nations, des cultures et
civilisations. En tant qu’individu, il exprime l’égalitarisme cher aux
Patriotes français. Prototype du dialogue interculturel, il exprime la devise
»Liberté, Égalité et Fraternité » qui forme le triptyque républicain.
Toutefois, dans la
conception césairienne de la
Négritude « libératrice », donc de la lutte « émancipatrice »
des Peuples noirs, le Martiniquais, quand bien même il dispose en fait d’une
identité propre et particulièrement multiple, reste fondamentalement Nègre.
Donc, il demeure intrinsèquement Noir et Africain par toute sa culture et par
l’héritage de tout son patrimoine d’ailleurs transmis de génération en
génération par les déportés. Pour lui, la Négritude constitue le tronc commun de son
identité multiple. Elle s’avère la colonne vertébrale de sa culture créole.
Elle est l’épine dorsale de la mosaïque culturelle antillaise, du patchwork
martiniquais.
Par ailleurs, le
Créolisme littéraire qui est réellement en vogue depuis les années
quatre-vingt-dix aux Antilles et en Métropole, refuse catégoriquement
d’endosser ce discours, cette démarche et cette vision négro-africaine de
l’Antillais répandue par Aimé Césaire. Force est d’admettre que ce courant ou
ce nouveau genre littéraire considère, en vérité, l’Antillais en général et le
Martiniquais en particulier, comme un Être qui s’est affranchi totalement et
définitivement de la culture négro-africaine pour concevoir et même vivre une
culture propre : ‘‘la Créolité’’.
Celle-ci est, par essence, la somme des cultures africaine, amérindienne,
asiatique et européenne.
De ce fait, le
Martiniquais n’a pas vraiment de race spécifique ni de couleur spécifique. Même
s’il vit dans un monde vraiment auréolé d’une variété de couleurs et de
parfums, il est en vérité un être « sans couleur ». À ce titre, il
ne peut pas du tout être catalogué. Il ne peut aucunement être défini. Il n’a
qu’une et une seule culture : la Créolité qui est en soi unique et spécifique.
Ainsi, ce dernier ne peut pas être défini du point de vue racial. Il ne peut
l’être que du point de vue culturel. Cette vision qui évacue a fortiori et a
priori la notion raciale, constitue manifestement une rupture épistémologique
avec la Négritude
défendue par Aimé Césaire. Celui-ci reconnaît la spécificité plurielle du
Martiniquais et, à plus forte raison, l’identité plurielle de l’Antillais. Il
reconnaît forcément et logiquement aux deux Sujets mêlés l’un à l’autre des racines
négro-africaines.
Le Réunionnais Danyèl Waro, la figure de proue de la culture musicale créole
Force est de constater que cette vision de la Créolité en tant que discours culturel est aussi véhiculé dans les autres Départements d’Outre-Mer français (DOM) par Danyèl Waro. Cet artiste-musicien de l’Île de la Réunion pratique le rythme musical Malowa perpétué par des descendants d’esclaves africains, notamment sur l’Île Maurice et ses environs. De race blanche et aussi de souche française, il refuse catégoriquement, au nom de « sa » culture créole, de s’exprimer dans la langue de Voltaire et de Molière. Donc, celui-ci refuse de faire la promotion de la Francophonie.
Raphaël Confiant, le porte-étendard de la littérature créole
À cet égard, il
convient de mentionner que le Mulâtre martiniquais Raphaël Confiant qui
est effectivement la référence littéraire, a fortiori la figure de proue de la
« Créolité » aux Antilles françaises[ii],
a écrit un de ses tout premiers ouvrages « le Nègre et l’Amiral »[iii]
en langue créole. Ce livre qui est pratiquement en soi une véritable peinture
vivante par ses multiples tableaux merveilleux, dévoile, en réalité,
l’« essence » spécifique de la Créolité en tant que culture et langage
esthétique propre à une communauté vivante qui incarne la symbiose et l’osmose.
Il pose sur le plan purement psychologique la problématique de l’identité culturelle
créole en tant que réponse à la crise identitaire de l’Antillais. Par cette
dimension et par son intérêt littéraire, cet ouvrage a été finalement traduit
en français.
Raphaël Confiant et Aimé Césaire en pleine discussion
Critique du
colonialisme barbare et du néocolonialisme oppresseur, grand pourfendeur de
l’impérialisme brutal et du capitalisme sauvage, Aimé Césaire est à vrai dire
un Hymne à la liberté et à la justice. Sa lutte pour l’émancipation des Peuples
négro-africains est une Ode à l’Humanisme et à l’Universalisme. En réalité, ce
poète de l’Universel et a fortiori chantre de la Négritude combattante restera,
à jamais, cette Voix intérieure – extériorisée
– qui interpelle incessamment la
Conscience humaine.
Ainsi, avec le trépas inopiné de ce grand chantre de la Négritude et poète de la liberté, l’Humanité vivante perd à jamais un Grand Esprit et un Grand Témoin de l’Histoire. Elle perd irréversiblement un Phare de la « Morale » internationale. C’est une grande voix du XXe siècle qui s’éteint. C’est un grand pan du XXe siècle qui est sans aucun doute tombé. Avec la plume d’auteur-écrivain comme arme à la main. Pour un ultime combat ? Peut-être ! Pour un ultime au revoir ? Sans aucun doute. De ce fait, le Très Grand Martiniquais Aimé Fernand David Césaire s’élève au rang des Immortels parmi les Immortels.
L’Histoire
retiendra que cet homme de combat avait décliné, sans autre forme de procès, le
Ministère des droits de l’Homme sous la présidence socialiste du florentin
François Marie Adrien Mitterrand dont il était, d’ailleurs, très proche. Par ce
geste dont la portée et l’écho seront sans nul doute appréciés par des
générations futures, il ne voulait surtout pas servir de caution morale ni de
couverture intellectuelle à la politique paternaliste de la France, entre autres en
Afrique noire. Force est d’admettre que celle-ci est très souvent qualifiée par
certaines voix autorisées de colonialiste et d’impérialiste.
Par l’ardeur et la
noblesse de son combat permanent en faveur de la libération complète de
l’Humanité de ses turpitudes, de ses phantasmes débiles, le Grand Martiniquais
Aimé Césaire fait déjà partie du Panthéon du cœur et de l’Intelligence. Par la
pertinence de sa lutte en faveur de l’émancipation de l’Homme négro-africain de
l’esclavage économique et de la colonisation mentale, il fait déjà éminemment partie
du Panthéon de la
Conscience humaniste. Enfin, par tout son discours
philosophique et par l’ensemble de son héritage (patrimoine) littéraire légué
généreusement à l’Humanité et aux générations futures, il fait déjà largement partie
du Panthéon de la Mémoire
universelle. Cela est d’autant plus vrai que ses très nombreux écrits et
réflexions sont encore et toujours d’actualité.
À cet effet, il y a
lieu de tourner rapidement le regard vers l’Afrique, l’Asie, les Amériques, les
Antilles (Caraïbes), l’Europe et l’Océanie. Par conséquent, le racisme et la
colonisation sont-ils définitivement vaincus et extirpés de la tête humaine ?
Leur lot de souffrances morales et leur cortège d’injustices sociales sont-ils
définitivement éradiqués de la
Terre ?
Paix à votre Âme, Aimé Césaire !
Que la
Terre des Ancêtres vous soit légère !
Quelques ouvrages conseillés d’Aimé Fernand
David Césaire : « Les arènes miraculeuses » (1946), « Soleil
cou coupé » (1947), « Corps perdu. Discours sur la Négritude » (1950),
« Toussaint Louverture » (1962), « La tragédie du Roi
Christophe », « Cahier d’un retour au pays natal » (1939),
« Discours sur le colonialisme » (1950), « La Révolution française et
le problème colonial » (1962), Une saison au Congo (1968).
Ont dit de lui :
André
Breton : « Aimé Césaire est un Noir qui est non seulement Noir;
mais également tout l’homme qui en exprime toutes les interrogations, toutes
les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s’imposera de
plus en plus à moi comme le prototype de la dignité ».
Joël Asher Lévy-Cohen
est journaliste indépendant. En qualité d’analyste politique et social, il est
auteur et signataire de plusieurs articles, dossiers et reportages sur des
thèmes variés. Parmi les nombreux sujets qu’il a eu à traiter dans le cadre de
sa profession et à aborder dans des conférences-débats, il convient de mentionner
les questions de société, la santé, la religion, la démocratie, les droits de
la personne humaine, la politique, la culture et les arts, la littérature, le
sport, l’environnement et l’histoire. Il prépare actuellement deux ouvrages
volumineux sous forme d’essais politiques sur la réalité sociopolitique de la République démocratique
du Congo (RDC).
[i] Aimé Fernand David Césaire est né en 1913. Il a fait ses études
universitaires à Paris où il devient normalien et agrégé. À son retour en
Martinique, il enseigne au Lycée Victor Schœlcher, baptisé en hommage à
l’inconnu abolitionniste français oeuvrant aux Antilles en 1848. Dans cette
école où il a également fait ses premières armes avec son compagnon littéraire
et camarade de combat pour la dignité de l’Homme noir, le Guyanais Léon-Gontran
Damas, Aimé Césaire a pour étudiant l’anticolonialiste « Frantz
Fanon » et l’écrivain « Édouard Glissant ». Inspiré
dans sa prolifique vie littéraire par le surréalisme et l’existentialisme, il a
rencontré nombre de sommités françaises tels André Breton et Jean-Paul
Sartre.
[ii] Ce brillant auteur-écrivain martiniquais aime répéter, à toute celle et
à tout celui qui veut bien l’entendre, qu’il a souffert réellement du racisme
en France, entre autres dans les Bouches-du-Rhône, à Marseille
(Aix-en-Provence), lorsqu’il était étudiant, plus en tant que Maghrébin que
Noir en raison de la couleur « basanée » de sa peau.
[iii] Allusion faite à Aimé Césaire le défenseur de la Négritude et de
l’identité martiniquaise ainsi qu’à l’Amiral Robert qui a mené en Martinique
pendant les années d’occupation une politique raciste et archi-répressive.
L’apologie de l’intolérance meurtrière et la certification de la violence sanguinaire
Elie Wiesel : ‘‘Nous devons toujours prendre parti : la neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime.’’ ‘‘En me battant contre la haine, je me bats contre l’indifférence.’’
L’Humanité en péril…
‘‘La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse.’’ Dr Martin Luther King, Apôtre de la paix (1964)
‘‘La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse.’’ Dr Martin Luther King, Apôtre de la paix (1964)
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Plus de soixante-dix ans après la seconde guerre mondiale
qui fut, indéniablement, une des pires tragédies pour notre espèce vivante, une
catastrophe incommensurable, sans commune mesure, pour l’Humanité ambiante, la Planète
Terre que nous habitons, revit, de nos jours, sous le régime odieux de
l’intolérance. Après ce grand cataclysme, notre univers revit pratiquement sous
le joug de la haine[i] destructrice,
d’ailleurs, dopée par la montée fulgurante des ‘‘extrémismes’’ et des ‘‘radicalisés’’
de tous bords. En réalité, celle-ci se nourrit – très souvent – de la peur
injustifiée de l’autre.
Nelson Mandela : ‘‘Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.’’
Cette haine dévastatrice pour l’être humain s’alimente en
fait de l’insécurité imaginaire. Force est d’admettre que celle-ci est artificiellement
fabriquée dans des laboratoires par les tenants de l’ordre politique et social
en vue de contrôler mentalement des individus dépossédés de toute leur
personnalité animique. Ces êtres déshumanisés évoluent dans une société visiblement
en perdition. Ceux-ci vivent dans un univers manifestement en manque total de
repère autant spirituel et moral que matériel et intellectuel.
Simone de Beauvoir : ‘‘Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, mais le refus de savoir.’’
S’ils vivent, évidemment, dans une société dont la référence morale et spirituelle est la religion, ces êtres déshumanisés ou dépersonnalisés ne pourraient être que manipulés. Si, d’aventure, ils évoluent dans un environnement étroitement contrôlé et organisé par des croyances et des traditions culturelles, ceux-ci ne pourraient être que possédés par un esprit ultra-puissant. Ce dernier aura, donc, réussi à nettement prendre le contrôle de leur mental. C’est-à-dire : il aura réussi à télécommander leurs façon de penser et manière d’agir.
Dr Martin Luther King : ‘‘Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.’’
En tant que tare qui relève, assurément, de la
psychiatrie et, surtout, maladie qui touche profondément l’âme, l’esprit
et la conscience de l’être humain, cette haine destructrice se nourrit pratiquement
du rejet arbitraire de son prochain. Fondée essentiellement sur la négation complète
de l’humanité – le déni d’humanité –, elle débouche de manière tout à fait
naturelle sur la violence aveugle. Donc, une violence à tous égards gratuite.
Celle-ci est déployée avec frénésie, avec délectation, sur l’autre. En tant que
pratique sociale ou finalité idéologique, tout comme geste ou acte,
comportement ou attitude, elle débouche directement, immédiatement, sur
l’exclusion ‘‘forcée’’ de l’individu ou la discrimination virulente des Communautés
vivantes ou groupes d’individus.
Dalai Lama : ‘‘C’est dans son cœur qu’il faut construire la paix.’’
Force est pourtant de souligner que, dépendamment des espaces linguistiques, culturels et géographiques, le genre humain est façonné par différents courants philosophiques et moraux, autant que spirituels et religieux, dont la substantifique moelle est, à vrai dire, ‘‘l’Amour’’. Dans les relations humaines, cet idéal comportemental peut, en réalité, se décliner de plusieurs manières. À savoir : la Fraternité, la Solidarité, la Paix, la Concorde oul’Harmonie, etc. D’où l’inéluctable question : ‘‘Pourquoi la Haine ?’’
En effet, pourquoi réellement tant de haine parmi le
genre humain ? Pourquoi en vérité tant d’intolérance dans la vie
quotidienne ? Pourquoi ce sentiment pourtant condamné, de surcroît déconseillé
moralement et spirituellement, prend-il de plus en plus le dessus sur l’Amour ?
À cet effet, il sied de relever que l’Amour en tant que sentiment et posture est bel et bien censé servir de phare lumineux dans nos relations. Il est censé servir de guide en vue de garantir la paix et l’harmonie, la bonne entente voire même l’entraide dans la société. Toutefois, qu’est-ce qui explique en vérité la montée fulgurante de cette gangrène qu’est certes la Haine ? Qu’est-ce qui explique la montée en flèche de ce phénomène alarmant, lequel embrase le cœur des humains, consume l’esprit et carbonise la conscience de l’humanité ?
Mahatma Ghandi : « La haine tue toujours, l’amour ne meurt jamais.«
Ce qui est sûr et certain, l’Humanité ambiante,
d’ailleurs visiblement envoûtée par la Haine ‘‘maladive’’, vit
actuellement une véritable crise ‘‘morale’’ et ‘‘spirituelle’’. L’espèce
humaine vit, à n’en point douter, une sérieuse crise de valeurs et de principes.
Par leur pertinence, ceux-ci sont, pourtant, censés guider quotidiennement ses
pas. Ils sont en réalité censés l’orienter dans sa quête [permanente] et [insatiable]
d’équité et de dignité, de liberté et de justice, d’harmonie et de concorde, de
paix et de sécurité, de bonheur et de confort.
Cette crise qui s’apparente indubitablement au ‘‘chaos’’,
est surtout aggravée par le fait que l’Humanité ambiante n’est plus du tout encadrée
par des Institutions somme toute respectables et dignes de ce nom. En fait, elle
n’est plus du tout encadrée par des leaders dont la noble mission consiste à
élever la Conscience morale et spirituelle de l’individu. Elle n’est plus du
tout guidée par une race de meneurs dont le véritable rôle social et culturel
consiste à garantir la santé mentale du groupe social.
À vrai dire, l’Humanité n’est plus du tout encadrée par des Institutions fiables dont le rôle majeur contribue au développement, à l’affermissement et à l’affirmation de la personnalité de l’individu en tant qu’être humain. Elle n’est plus du tout encadrée par des Institutions crédibles qui se préoccupent réellement du façonnement de son identité en tant que membre d’un groupe social. Par conséquent, l’être humain dont la cellule familiale est certes éclatée, dont la culture est dévitalisée, et même écrabouillée, dont la trajectoire scolaire est sérieusement dévalorisée, dont le circuit professionnel est déshumanisé, est pratiquement abandonné à lui-même.
Mère Teresa : ‘‘Le manque d’amour est la plus grande pauvreté.’’
En effet, il n’existe pratiquement plus, aujourd’hui, de ‘‘Conscience universelle’’.
C’est-à-dire : des ‘‘Voix fortes et puissantes’’. Des ‘‘Voix’’
capables de recadrer les êtres humains dans leurs errements et fourvoiements.
Ces fameux directeurs de conscience sont plutôt complètement étouffés. À cet
égard, ils sont naturellement remplacés par des voix sans aucune substance et
sans aucune portée réelle dans la vie de l’humanité ambiante. Ceux-ci sont plutôt
substitués par des lampes sans lumière et des phares sans éclairage. Ils sont
carrément substitués par des flambeaux ou torches dont le feu sacré ne
réverbère point, dont la flamme est éteinte à jamais, et ce depuis des lustres.
Ce qui est clair, la montée de la Haine et ses
corollaires, l’Intolérance et la Violence, est attribuable à l’incapacité de
l’être humain à percevoir la réalité dans sa globalité qui se profile ou se
cache certes derrière le concept d’Humanité. En effet, l’esprit humain est très
généralement accoutumé à voir et à interpréter la réalité qu’il perçoit ou
l’environne de façon compartimentée ou fractionnée, de manière parcellaire ou
morcelée. Celui-ci ne peut véritablement cerner les choses de manière globale.
Jean-Paul Sartre : “Agir, c’est modifier la figure du monde.”
Sa vision est, à ce point unique, fragmentée, éclatée.
D’où sa propension à interpréter le phénomène humain en termes de division et de
subdivision, de classes et de catégories, de particularité et de singularité.
En même temps, cette façon de voir et de percevoir la réalité lui permet
également de se définir en tant que particularité, en tant que morceau d’un
tout par définition éclaté et non point unifié. Il lui permet, par voie de conséquence,
de se particulariser, de se singulariser[ii].
C’est-à-dire : ‘‘se différencier d’un tout qui n’est pas
uniforme de son point de vue, tout comme à ses goûts, s’exclure sans autre
forme de procès d’un tout qui n’est véritablement pas homogène à l’œil nu’’.
Ainsi l’humain tend-il par sa définition en tant qu’être à discriminer ou à
exclure les autres.
Cet esprit de classification, de catégorisation et de
spécification des individus eu égard à leurs univers géographiques, leurs
caractères ou apparences physiques, leurs pratiques culturelles et coutumes
traditionnelles, leur appartenance sociale, a de tout temps mené l’humain à
ériger un immense ‘‘mur de protection’’ autour de son environnement social. Cette
réaction est dictée par la volonté de sauvegarder les particularismes qui
fondent sa personnalité et son identité. Et, dépendamment du type de relations
tissées avec les autres groupes sociaux directement issus de cet esprit de division
et de catégorisation, il s’ensuit fort logiquement la double notion opposée de
fraternisation ou de diabolisation, la double notion contradictoire d’acceptation
ou de rejet.
Jean-Paul II : ‘‘Toute espèce de racisme conduit inévitablement à l’écrasement de l’homme.’’ ‘‘La violence nourrit les guerres et affame les peuples.’’
Cette ‘‘opération’’ de division ou de séparation qui fonctionne mentalement comme un code, conduit naturellement l’humain à attribuer des statuts qui déterminent la condition heureuse ou malheureuse de son vis-à-vis. Pis, elle le conduit à hiérarchiser ses pairs[iii]. En réalité, le principe de la hiérarchisation des statuts individuels et des rapports sociaux vise à conduire les humains à se combattre fréquemment, à s’opposer perpétuellement. De ces luttes virulentes découle tout à fait logiquement la mort ou l’anéantissement des individus. Partant de là, la disparition pure et simple des Communautés vivantes.
En d’autres termes, d’un point de vue psychologique, la
haine est par essence le produit d’un esprit profondément malade. Elle est en
réalité le produit d’un esprit moribond qui ne se sent point en sécurité, qui a
constamment peur. Elle est, par conséquent, le produit d’un esprit humain qui
n’a point du tout dominé sa part d’animalité[iv].
Albert Camus : ‘‘Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout’’
Étouffant sa part d’humanité dont l’objectif primordial consiste en principe à propulser l’humain au stade suprême de divinité, la haine retient, toujours, sa conscience dans les profondeurs ténébreuses. Elle maintient à tout prix l’âme humaine prisonnière dans les bas-fonds de l’animalité. Ayant une conscience animale, l’humain ne peut vraiment s’élever.
Abbé Pierre : »Vivre, c’est apprendre à aimer ».
Ainsi, pour vaincre naturellement sa peur qui l’empêche de s’ascensionner, l’humain est obligé de nier à l’autre sa part précieuse d’humanité. Pourtant, pour sortir réellement de cette captivité maladive qui l’empêche malheureusement de libérer complètement son Âme, sa Conscience, son Esprit et son Intelligence, il lui suffit tout simplement d’ouvrir très largement son Cœur. À cet égard, il lui suffit tout simplement de laisser s’exprimer très librement et très sereinement l’Amour en tant que principe énergétique ou rayon de lumière.
[i] La haine est, par essence, un feu actif, dévorant qui brûle avec intensité dans le cœur de l’homme. C’est un brasier qui consume la conscience et l’esprit de l’homme avec plusieurs flammèches. C’est, donc, un sentiment destructeur de l’humain. En effet, la haine détruit, d’une part, celui qui la développe dans son cœur, dans son for intérieur, en faisant systématiquement et automatiquement de lui un diable malfaiteur. Force est de souligner que cette puissance maléfique finit toujours par se mordre la queue et descendre précipitamment aux enfers avec ses cornes. Et, d’autre part, la haine détruit celui vers qui les flèches empoisonnées conçues par un cœur tout à fait corrompu, malveillant et malfaisant sont visiblement destinées. C’est, à vrai dire, et surtout, un processus mental dans lequel un être humain qui a réellement perdu tous sentiments de bonté et de justice, de miséricorde et de pitié, se complaît à minimiser son pair et à le réduire au stade de néantisé. En tant que construction à la fois intellectuelle et émotive, la haine consiste à ôter définitivement toute parcelle d’humanité à son vis-à-vis ou son prochain pour mieux l’effacer de l’histoire ou le faire disparaître dans l’ordre humain. En effet, cette absence de bonté et de justice, de miséricorde et de pitié, pousse un être humain à détruire son pair en utilisant tous les artifices possibles et toutes les ressources possibles, à sa disposition, dans le dessein de se donner, et ce à titre justificatif, une bonne conscience ou se procurer une bonne raison de vivre ou d’exister, et ce au-delà de toute espérance.
[ii] La logique de fragmentation,
l’esprit ou le principe de division. ‘‘Diviser pour mieux régner’’, dit-on.
En latin, Divide ut regnes.
[iii] La finalité de la
fragmentation est l’opposition des individus entre eux ou la confrontation
entre les communautés.
[iv] ‘‘Homo
homini lupus’’, dixint Romani. Ce qui signifie : ‘‘L’homme
est un loup pour l’homme, disent les Romains’’. Pour le GrecAristote, l’homme est, par définition,
‘‘un
animal qui vit en société’’.
m
L’homologation de la violence et de la haine destructrices de l’Humanité
‘‘Nous ne sommes que les pions insignifiants d’un grand jeu de massacres que se livrent des politiciens et des industriels fous, sans scrupule, avides de pouvoir et d’argent…’’ Daniel Vranckx
Par
Joël Asher Lévy-Cohen *
La Shoah ou l’holocauste devrait normalement inciter l’humanité à se questionner sur le processus d’aveuglement engendré par la haine et la violence exterminatrices des communautés tout entières
Le vingtième siècle a été, de toute évidence, sans conteste, le siècle des génocides et des meurtres à large échelle.
Il suffit de penser, un seul
instant, à l’éradication des Tziganes par le IIIe Reich lors de la
deuxième guerre mondiale, à l’élimination physique des populations hereros de
la Namibie par le colonisateur allemand au début de ce siècle de folie
narcissique.
Il importe de penser au sort
cruel réservé aux Juifs d’Europe par les fanatiques nazis conditionnés par une
idéologie mortuaire et une secte sanguinaire lors de la IIe guerre
mondiale.
Il convient de se rappeler
le sort macabre des Arméniens par l’Empire Ottoman au début de ce siècle de
malheur pour la survie de l’Humain.
Aussi convient-il de se
remémorer les pires massacres génocidaires en Afrique et en Asie, entre autres
en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Cambodge, au Laos, au Sri
Lanka, en Indonésie, etc.
Au cours de ces meurtres de
masse et génocides, des populations tout entières ont été décimées pour des
raisons politiques et idéologiques, des motivations économiques et matérielles,
autant que sociales et culturelles.
Les millions de morts
provoqués par les Socialistes et Communistes en URSS ou en République populaire
de Chine disent-ils encore quelque chose de nos jours ?
Sans compter que
l’entreprise capitaliste promue par l’Occident chrétien continue à tuer en
douceur des masses immenses de populations d’outre-mer par nature sans défense.
Force est de souligner que cette élimination physique massive s’obtient aisément par le truchement des politiques publiques ou par le biais des stratégies de confiscation des terres et d’accaparement des richesses appartenant à des Nations… Qui en parle encore aujourd’hui ?
À ce propos, il convient de citer le génocide silencieux des peuples premiers (des Amérindiens dans les Amériques , des Pygmoïdes et des Bushmen en Afrique, des Mélanésiens en Asie et dans les terres australes) victimes de spoliation des terres et de captation des ressources précieuses et stratégiques.
Ce comportement est très souvent l’oeuvre épouvantable des gouvernements nationaux inféodés au Grand capital monopolistique international et des Transnationales obnubilées par la notion de profit économique.
Ces entreprises multinationales appliquent, en réalité, sur le terrain un modèle d’exploitation économique inhumain qui bouleverse brutalement l’écosystème dont les peuples premiers sont naturellement tributaires. Ce qui les rend ainsi vulnérables.
Pour avoir revendiqué leurs
droits les plus fondamentaux, des peuples ou des masses de citoyens ont été gratuitement
éliminés au Sénégal et au Cameroun par le pouvoir colonial, en Amérique latine
et en Indonésie par des régimes verrouillés en place, etc.
À ce niveau, il faut
mentionner le gazage mortel des populations kurdes par l’Irak de Saddam
Hussein.
D’autres peuples ont été, par contre, emportés lors de violents affrontements raciaux ou interethniques voire des conflits interconfessionnels.
Le mémorial du génocide au Rwanda
Toutefois, le 21e
siècle échappe-t-il effectivement à cette règle macabre d’élimination
systématique et automatique des peuples ou des masses de gens ?
Le 21e siècle qui
devrait être normalement guidé par le Flambeau de l’amour fraternel et universel,
déroge-t-il réellement au principe de persécution télécommandée des Communautés
humaines pour des motifs idéologiques et politiques, économiques, sociaux et
culturels ? Y compris raciaux ? Pas le moins du monde ! D’ailleurs, il s’en
inspire même très largement.
C’est malheureusement le cas
des peuples yazidis d’Irak persécutés et massacrés par les fameux défenseurs de
l’État islamique d’Irak et du Levant (DAESH ou ISIS).
C’est aussi le sort scellé des
Cooptes d’Égypte et des Chrétiens d’Orient et du Moyen-Orient. Ceux-ci sont
persécutés voire même massacrés gratuitement à cause de leur appartenance
religieuse par des légions musulmanes.
C’est également le cas
fragile des Musulmans sauvagement persécutés et froidement massacrés par des
Hindous au Moyen-Orient et des Bouddhistes en Extrême-Orient.
Point n’est vraiment besoin de passer sous silence les carnages intercommunautaires et les violences interconfessionnelles entre Chrétiens et Musulmans mais également entre Sunnites et Chiites au pays du Levant. Y compris entre Sunnites et Chiites dans le golfe arabo-persique et dans le sous-continent indien.
Point n’est besoin de
rappeler que des peuples voisins se sont massacrés au Kenya pour des motifs
politiques et électoralistes.
D’autres s’entretuent dans le silence complice, autrement dit coupable, en République démocratique du Congo pour des questions d’ordre politique et foncier. D’autres sont pourchassés et gratuitement massacrés parce qu’ils appartiennent tout simplement à la même ethnie que le vainqueur déclaré de l’élection présidentielle par l’Institution organisatrice des scrutins.
Faudrait-il rappeler que le terrorisme armé ou aveugle est devenu l’expédient le plus facile en vue d’exécuter des meurtres de masse contre des communautés paisibles et même des citoyens sans défense. Notamment en Israël où les populations innocentes sont victimes de la folie meurtrière des bandes armées (Jihad Islamique, Hamas).
Force est de relever que ce terrorisme armé ou aveugle, d’ailleurs, motivé par des idéologies totalement sectaires et sanguinaires, par des convictions purement religieuses ou politiques, tue indistinctement et gratuitement en Europe et en Amérique.
Cette philosophie mortuaire a également occasionné le ravage du Nigeria (Boko Haram) et l’implosion de la Libye (les adeptes du Califat islamique). Aussi a-t-elle réussi à transformer en pétaudière la Somalie (Shabab) tout en plaçant dans la mire des plus extrémistes et dans l’œil du cyclone le Kenya limitrophe.
Finalement, où va-t-il réellement
l’être humain pourtant créé à l’image du Très-Haut ? Est-il vraiment malade au
point d’éliminer inconsciemment son propre semblable qui est, par essence, son
propre miroir ?
Alors, pourquoi l’être humain
qui est, par essence, le fruit même de l’Amour divin, a-t-il manifestement oublié
ou feint-il d’ignorer ce commandement suprême au cœur de la Vie, cette
prescription vitale au centre de l’Amour fraternel et universel : ‘‘Tu ne
tueras point’’.
En d’autres termes, pourquoi
cette ‘‘Créature divine’’ laisse-t-elle consciemment ou inconsciemment germer
la haine dévastatrice dans son cœur qui, pourtant, doit être exempt de toute
impureté ?
Naseem, prêtre de rite chaldéen associé au rite catholique romain, et sa femme Lusia.
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Les prêtres ‘‘Casanova’’
Quand l’art de la ‘‘séduction’’ entre dans l’Église
par la fenêtre
Le vœu de chasteté battu en brèche par les bergers de
Christ
Entre hypocrisie, déviationnisme sexuel et incartades
amoureuses
‘‘L’Évangile honore l’état de mariage et
impose la chasteté à l’homme comme à la femme ; mais il considère le célibat
comme un état supérieur, et il conseille de ne se point marier, pour se donner
à Dieu tout entier.’’ Victor Cherbuliez, La vocation du comte
Ghislain (1888)
Après le sommet sur la pédophilie, Vatican doit immédiatement se pencher sur les relations amoureuses entre les prêtres qui doivent normalement pratiquer la continence sexuelle et les femmes ‘‘mariées’’ ou ‘‘célibataires’’.
Force
est de mentionner que, de cette idylle amoureuse, naissent très souvent des
rejetons victimes de relations qui se situent en dehors de toute normalité.
À
vrai dire, ces liens charnels entre serviteurs patentés de Christ Rédempteur et
femmes très souvent en position de vulnérabilité sociale constituent, de nos
jours, une épidémie qui ne dit d’ailleurs pas son nom.
À
cet égard, un synode serait le bienvenu afin de clarifier la position
doctrinale de l’Église de Rome en la matière.
En vérité,
ce conclave regroupant l’ensemble des princes de l’Église catholique provenant de
différents archidiocèses et diocèses serait, surtout, le bienvenu en vue d’entamer
le plus vite possible la révision du statut des prêtres aux qualités ‘‘donjuanesques’’.
Ce
qui serait, bien entendu, une manière de rappeler à toutes et à tous, avec
clarté et fermeté que ‘‘le plus sûr moyen de conserver sa chasteté
est une grande dévotion à Marie immaculée, reine et protectrice des vierges[i]’’.
« Get
up, Stand up. Stand up for Your Rights » Robert Nesta Marley, dit Bob
Marley[i]
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Si le jeudi 30 juin 1960 a, assurément, permis à
la République démocratique du Congo d’être pratiquement inscrite en tant
qu’État souverain et indépendant sur la mappemonde, la date du 15 février 1982 a naturellement permis
à son Peuple d’être inscrit en lettres d’or et de feu sur la carte politique du
pays. En effet, depuis le coup d’État militaire du 24 novembre 1965 et, surtout,
l’institutionnalisation du Mouvement populaire de la révolution (MPR) en
qualité de parti unique en 1971, ainsi que sa transformation en Parti-État en
1974, le Peuple congolais n’existait en vérité plus. Seul existait le
président-fondateur du MPR sous le couvert de ce parti atypique et « inique ».
Donc, seul existait vraiment Mobutu Sese Seko du Zaïre. Lui seul avait en réalité la parole. C’est-à-dire : « le pouvoir de critiquer les Institutions et leurs animateurs ». Ce qui impliquait la faculté de les abolir et de les remanier selon ses phantasmes loufoques et son délire narcissique. Donc, le dictateur Mobutu détenait en réalité seul l’imperium. Ce qui signifiait le pouvoir de vie et de mort sur la société, et ce à l’image d’un pater familias, c’est-à-dire un patriarche. En d’autres termes, la personne Mobutu Sese Seko du Zaïre avait doublement qualité de pouvoir et d’Institution politique.
Cependant, la naissance de l’UDPS en date du 15
février 1982 marque, en réalité, la résurrection du Peuple congolais,
d’ailleurs, substitué par le Parti-État ou parti unique qu’est sans doute le
MPR sur le terrain national. En vérité, la fondation de cette formation marque
ipso facto la reconnaissance du Peuple en tant qu’entité politique viable
disposant effectivement des « droits fondamentaux » au premier
rang desquels la parole. C’est-à-dire : les libertés d’opinion et
d’expression. Donc, la création de cette organisation marque la reconnaissance
du Peuple en tant que groupe politique et, surtout, entité souveraine qui se
réapproprie définitivement son destin national par le libre choix. En d’autres
termes, cette date du 15 février 1982 veut dire politiquement et
idéologiquement « Souveraineté » et « Liberté »
du Peuple.
La naissance de l’UDPS a redéfini la place du citoyen dans le jeu politique et celle de la population dans le destin de la Nation.
Dans le contexte de naissance de l’UDPS, la Souveraineté signifie
que le pouvoir politique appartient au Peuple. Ainsi, ce dernier est le seul
titulaire du pouvoir dans la société. La liberté est la faculté lui reconnue de
désigner sans contrainte physique et morale ses propres dirigeants, sensés
incarner toutes ses aspirations légitimes, par le truchement de la compétition
électorale. C’est aussi la faculté lui reconnue de choisir sans entrave son
parti, sensé le représenter, par le biais de la concurrence politique et idéologique.
Toutefois, que signifie-t-elle exactement la naissance de l’UDPS dans le contexte de tyrannie politique et militaire issue du processus de Pretoria ? Que signifie-t-elle véritablement la fondation de cette organisation politique dans le contexte d’une dictature à la solde de puissances étrangères et d’intérêts maffieux ? Que signifie-t-elle réellement cette création dans le contexte d’un régime liberticide et démocraticide dont la seule et unique volonté est de prostituer la Souveraineté du Peuple et de détruire le fondement ou les fondations de l’Indépendance de la Nation ?
Étienne Tshisekedi wa Mulumba est la figure tutélaire de la résistance politique et pacifique contre la dictature
Face à un despotisme des plus cruel et, surtout,
destructeur de l’humain dans ses dimensions morales, spirituelles, matérielles,
intellectuelles, psychiques, mentales, face à un pouvoir sanguinaire et macabre
réputé réduire à néant l’humanité, l’UDPS incarne, par essence, la résistance
politique. À cet égard, résister veut dire en vérité réhabiliter l’Être humain
dans ses droits fondamentaux, donc ses droits les plus sacrés. Résister veut
dire restaurer la dignité humaine indubitablement niée par le système répressif
et arbitrairement emprisonnée par le mal oppresseur.
Dans un contexte tyrannique, résister signifie
restaurer tous azimuts la liberté, la démocratie et la justice. La liberté est,
par définition, l’Indépendance du Peuple. La démocratie s’avère le pouvoir
légitime de la Nation.
Quant à elle, la justice est l’assise de la paix et de la
sécurité, deux conditions essentielles pour promouvoir et amorcer le
développement économique et le progrès social de la Collectivité
publique. Tels sont les défis auxquels est confrontée l’UDPS dans sa marche
pour la conquête pacifique du pouvoir politique. Tels sont effectivement les
paris que cette formation politique doit en principe relever en vue de garantir
solidement l’avenir de la
République démocratique du Congo.
Face à un État déliquescent ou un pays manqué, la date
du 15 février 1982 veut dire le vrai changement. Et le vrai changement signifie
l’abandon de la culture de corruption, de concussion et de prévarication. C’est
l’éradication de l’immoralité ou de l’amoralité qui gangrène malheureusement la
moelle épinière de la Nation (le rejet des antivaleurs). En
d’autres termes, c’est l’instauration d’une nouvelle culture politique fondée
substantiellement sur la Vérité
et la Transparence,
donc la Bonne
gouvernance politique et administrative. C’est le respect scrupuleux de la
parole donnée et de la volonté d’engagement.
C’est l’instauration de la culture des textes pour sauvegarder les intérêts vitaux du sanctuaire national. Par conséquent, la fondation de l’UDPS postule en réalité la modernisation de l’idéologie de l’État et de l’appareil politique. Aussi postule-t-elle la modernisation tous azimuts des pratiques politiques et administratives, ainsi que la moralisation de la sphère publique.
La victoire de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, alias FATSHI, à la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018 permet au Peuple congolais d’entrevoir l’avenir avec optimisme
Face à une Collectivité publique culturellement et
économiquement déstructurée, en voie de démembrement et de disparition (balkanisation),
la date du 15 février 1982 inspire des réflexes patriotiques pour sauver la Nation. Face à un
Peuple en danger, au bord de l’explosion sociale, miné par des crises cycliques
et, surtout, plombé par des rivalités politiques fratricides, elle inspire
éminemment l’esprit de solidarité. Et la solidarité signifie intrinsèquement
l’esprit d’union et de concorde, l’harmonie collective. C’est cet esprit
d’unité qui fermente fortement la conscience nationale et forge le patriotisme.
Dans la perspective et l’optique de conquête du
pouvoir pour asseoir la liberté et la démocratie, la date du 15 février 1982
est matériellement la démonstration de l’existence physique du Peuple en tant
qu’entité politique. C’est, en réalité, la preuve de son refus de mourir
gratuitement ou naïvement. C’est la preuve de son refus d’être continuellement
écrasé par les forces rétrogrades ou réactionnaires. C’est le refus d’être
prisonnier et forçat de la tyrannie néocolonialiste. C’est le refus d’être
chiourme du système d’Apartheid économique international et esclave du
néolibéralisme négrier parrainé ou promis par l’ancienne puissance coloniale.
C’est la preuve vivante que le Peuple congolais a
manifestement conquis le droit à la parole. C’est aussi la preuve vivante qu’il
est totalement libre et complètement debout. De ce fait, celui-ci est seul
Maître du pouvoir politique en République démocratique du Congo.
À vrai dire, la date du 15 février 1982 signifie
pertinemment la conquête de la citoyenneté démocratique par le Peuple
totalement asservi par l’ordre dictatorial en tant que sous-produit du
colonialisme et phantasme de l’impérialisme. C’est effectivement le jour où
l’ensemble des Congolaises et Congolais sont devenus à part entière de
véritables Citoyens. Cela implique logiquement que ces derniers disposent
dorénavant des droits fondamentaux, qu’ils jouissent réellement des libertés
publiques reconnues et enchâssées dans la loi fondamentale. Au regard du combat
politique et démocratique, le 15 février 1982 signifie pertinemment la lutte
contre les inégalités sous toutes ses formes. Donc, c’est le combat pour la
justice sociale.
Par ailleurs, dans la perspective de conquête
pacifique du pouvoir politique dans cet État d’Afrique centrale et de la région
des Grands Lacs africains, cette date majeure signifie essentiellement « unité »
et « discipline ». En réalité, Unité veut dire Union
« étroite » avec le Peuple congolais. Celle-ci n’est
évidemment possible que lorsque l’on partage ses véritables aspirations
légitimes et fondamentales. Elle veut dire convergence de vues et d’actions dans
le cadre du changement politique et du combat démocratique.
La discipline signifie la rigueur dans la conquête du pouvoir. C’est la lucidité qui permet de garder littéralement le cap sur la lutte de libération nationale et de ne pas diverger sur les objectifs à atteindre. En d’autres termes, la discipline se veut le socle de l’unité sur laquelle s’enracine l’harmonie, se fonde la convergence et se fortifie la Conscience.
Jean-Marc Kabund wa Kabund assure à l’UDPS stabilité politique et cohérence idéologique, adhésion des membres et cohésion des militants, adhésion aux valeurs du combat permanent tracé par les pères fondateurs et pugnacité sur le terrain du débat et de la concurrence.
Par conséquent, il appartient à tous les cadres,
militants et sympathisants de l’UDPS de former ensemble un seul et même esprit,
un seul et même corps. Ainsi, il leur revient de se souder fermement autour du
Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et derrière le
Parti du Peuple pour former avec lui ce que les Adeptes de la sagesse arcane
désignent dans la tradition mystique et dans la connaissance transcendantale un
« Égrégore ». C’est-à-dire : incarner un même Esprit, une
même Âme ou une même Puissante Énergie. « L’Union fait la force ! », dit-on.
Vive
l’UDPS !
Vive
le Parti du Peuple !
Heureux anniversaire !
Cet éditorial est dédié plus particulièrement et plus
singulièrement aux nombreux Martyrs de l’indépendance et de la démocratie,
lesquels sont d’ailleurs courageusement tombés sur le champ d’honneur, afin que
leur sacrifice suprême ne soit nullement oublié. Aussi est-il dédié à toutes
les Combattantes et à tous les Combattants de la liberté et de la justice pour
leurs abnégation et sens de la Patrie.