Un autre regard sur l'actualité. Une autre lecture des enjeux fondamentaux des évènements. Un éclairage sur des questionnements de la vie quotidienne..
Moïse Katumbi Chapwe, coordonnateur de la coalition politique LAMUKA
Moïse Katumbi
Chapwe arrive à Lubumbashi le lundi 20 mai 2019
L’ex-Gouverneur de
l’ex-Katanga se doit de ‘‘s’expliquer’’
sur cette date de retour en RDC
Choix inconscient ou choix symbolique ? Choix innocent ou choix stratégique ?
“ Sans vos gestes, j’ignorerais tout du secret lumineux de votre âme.”
José Ortega y Gasset (1883 –
1955), Philosophe, sociologue, essayiste, homme de presse et homme politique
espagnol
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Moïse Katumbi Chapwe a choisi la date du lundi 20 mai 2019 pour fouler le sol du territoire de la République démocratique du Congo
L’ancien gouverneur de l’ancienne province démantelée
du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, à la fois leader de la plateforme politique ‘‘Ensemble
pour le changement’’ et de la fameuse coalition politique et électorale
‘‘LAMUKA’’,
a littéralement programmé son retour tant attendu en République démocratique du
Congo via Lubumbashi, le lundi 20 mai 2019. Pour quelles raisons ?
Il y a, en effet, lieu de se rappeler que le 20 mai
est certes une date fort symbolique pour les partisans invétérés du Maréchal-prédateur
Joseph-Désiré
Mobutu Sese Seko du Zaïre.
Cette date mémorable et ancrée dans l’inconscient
collectif consacre la naissance du ‘‘Parti-État’’ et ‘‘parti
unique’’, d’aucuns diraient ‘‘inique’’, le Mouvement populaire de
la révolution (MPR) dont le certificat de décès a été dûment établi par la
pseudo-révolution de l’AFDL, le 17 mai 1997.
Entouré de Moïse Katumbi Chapwe pour mousser la campagne électorale de Martin Fayulu Madidi de la coalition LAMUKA lors de la présidentielle du 30 décembre 2018, Jean-Pierre Bemba Gombo incarne le grand espoir des forces tyranniques mobutistes
Ce qui est indéniable, le Peuple congolais se souvient
sans nul conteste de l’administration chaotique du pays par le tyran Mobutu
Sese Seko du Zaïre. Aussi se souvient-il de manière très claire et très nette de
la direction politique et gouvernementale, ainsi que de la gestion hasardeuse
de la Collectivité nationale par le fameux MPR.
Visiblement éprouvées, ces deux méthodes de direction
des affaires publiques et de gestion politique et administrative ont conduit tout
droit la République démocratique du Congo au fond du gouffre. Plutôt à un gouffre
sans fond. Qui dit mieux ?
Il ne fait aucun doute que Mobutu et le MPR ont naturellement
propulsé cet État d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains
au statut peu enviable de ‘‘non-État’’ et, surtout, peu
honorable de ‘‘Zone de non-droit’’. En d’autres termes, ils l’ont mené au
niveau de ‘‘pays manqué’’.
Par conséquent, en fixant son retour en grande pompe au pays pour la date du lundi 20 mai 2019, Moïse Katumbi Chapwe fait-il nécessairement des appels du pied à des partisans mobutistes ?
Moïse Katumbi Chapwe en compagnie de Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC
Le président du club de football Tout-Puissant Englebert
Mazembe fait-il vraiment appel à des forces mobutistes de sinistre mémoire dont
il est, d’ailleurs, incontestablement devenu proche par le truchement du tristement
célèbre postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo[i] du
Mouvement de libération du Congo (MLC) ?
L’ex-gouverneur du défunt Katanga fait-il visiblement des
clins d’yeux à des puissances tyranniques ?
Moïse Katumbi Chapwe doit clarifier la nature de ses liens avec les forces despotiques mobutistes
À Moïse Katumbi Chapwe d’éclairer rapidement, sans
tarder et sans tergiverser l’opinion publique tant internationale que nationale.
À lui de fixer immédiatement et opportunément l’ensemble de ses Concitoyennes
et Concitoyens.
En effet, nul n’est censé ignorer que le Mobutisme despotique
et prévaricateur a bel et bien été démantelé le 17 mai 1997 par le soudard postléniniste
et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré Kabila.
Il sied de noter que ce Seigneur de guerre d’humeur instable, profondément versatile, lunatique, était, à l’image de Moïse Katumbi Chapwe, originaire de la province du Katanga. Cette coïncidence est-elle vraiment fortuite ?
Le 17 mai 1997, l’ex-Zaïre
rebaptisé pour la circonstance République démocratique du Congo (RDC) comme
naguère en 1965 connaît, à la faveur d’une rébellion politico-militaire dont la
base arrière est, sans nul doute, le Rwanda voisin, la fin du pouvoir
monarchique du Maréchal-despote Mobutu Sese Seko, et ce après 32 ans de règne
sans partage. Considérée par bon nombre de médias comme l’un des événements les
plus marquants de l’histoire de l’Afrique contemporaine après le rapide
démantèlement de l’Apartheid en Afrique du Sud, cette chute non moins
programmée de la présidence zaïroise par le gratin de la communauté financière
internationale emporte malheureusement dans son sillage le régime politique et constitutionnel
directement issu de la Conférence nationale souveraine (CNS).
Initiée en 1991, cette assemblée
plénière des Délégués du Peuple et des Représentants légitimes de la Nation
avait, notamment, pour objectif d’insuffler au pays tout entier ainsi qu’au
système politique naissant un nouvel esprit civique et national. Aussi
avait-elle pour objectif primordial de lui doter de nouveaux outils
idéologiques [i]et, en
même temps, d’assurer une Transition démocratique, pacifique et transparente.
Néanmoins, ce qui est prématurément salué par nombre de
ses hérauts et thuriféraires comme une vraie libération nationale voire même une
révolution nationaliste, s’avère une chimère. Ce mirage idéologique généra, en
réalité, un pouvoir au visage autoritaire, aux allures dictatoriales. Il offrit
malheureusement le portrait sadique de violation des droits humains et du
népotisme. Au fil du temps et des événements, il devint un véritable cauchemar
pour le Peuple, pourtant, avide de liberté et de démocratie, de justice et de
dignité.
Vivant de la rente prébendière comme la plupart des
tyrannies sœurs du Continent, le nouveau régime politique et idéologique de
Kinshasa incarné par le chef de guerre postlumumbiste et postnationaliste Mzee Laurent-Désiré
Kabila s’illustra, littéralement, par l’incompétence et la gabegie[ii],
la médiocrité et l’inversion des valeurs. Ce nouveau pouvoir s’illustra surtout
au moyen de l’inversion de la pyramide des compétences. D’ailleurs, caractérisé
par la logique tous azimuts de l’improvisation, tout à fait, digne des
maquisards enfermés dans le romantisme révolutionnaire, il brilla tout
naturellement par la spoliation des biens de citoyens. Celui-ci brilla, surtout,
par le pillage généralisé des ressources étatiques et richesses nationales sur fond,
bien entendu, de violence armée et de paralysie du processus politique.
Le rebelle postlumumbiste et postnationaliste Mzee Laurent-Désiré Kabila du Katanga, du porte-parole de l’AFDL au président autoproclamé de la République démocratique du Congo
Kabila et la Révolution du non-sens
Un seigneur de guerre trafiquant à la tête d’un coffre-fort minier
La mort subite de la République démocratique du Congo
“L’AFDL était un conglomérat d’aventuriers et
d’opportunistes dont l’objectif premier était, en réalité, de piller toutes les
richesses du pays” Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila, chef rebelle de
l’AFDL et président autoproclamé de la République démocratique du Congo
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
En septembre 1996, une
rébellion militaire, d’ailleurs pour le moins inattendue, éclate subitement
dans l’Est du Zaïre au moment où la presse internationale annonce l’ablation du
cancer de la prostate subie par le tristement célèbre Maréchal-despote Mobutu
Sese Seko en Suisse. Occupant la Ville lacustre de Goma, celle-ci est appuyée
logistiquement par l’Armée patriotique rwandaise (APR). Après neuf mois de
guerre larvée où les Forces armées zaïroises (FAZ) sont plus enclines à la
reddition et au pillage des civils ainsi que la traversée d’un territoire à la
dimension de l’Union européenne, les troupes de l’Alliance des forces
démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) s’emparent sans coup
férir de la Ville de Kinshasa le 17 mai 1997. Fruit de diverses tractations
supervisées par bien des diplomates américains de haut rang dont l’énigmatique
ambassadeur Daniel Howard Simpson, cette entrée pacifique des mercenaires autant
que des rebelles dans la capitale intervient, effectivement, un jour après le
départ mouvementé et forcé en exil au Maroc via le Togo du chef de l’État déchu.
Celui-ci est, pour la circonstance, accompagné de sa famille pléthorique.
Dans la foulée de cette victoire militaire étriquée rendue d’ailleurs possible, notamment, par une coalition aussi bien hétéroclite que large de puissances régionales[iii], le seigneur de guerre Mzee Laurent-Désiré Kabila qui chapeaute cette révolution armée, n’hésite pas à s’autodésigner chef de l’État de la République démocratique du Congo. Par conséquent, exit définitivement le Zaïre[iv], pur fantasme et pur produit du néocolonialisme meurtrier et de l’impérialisme sauvage. Toutefois, le guérillero révolutionnaire qui prend, certes, les rênes politiques du pays[v], a réellement pour occupation et activité principale le trafic des matières premières et des espèces animales, en plus d’être tenancier des snack-bars et des maisons de tolérance dans la sous-région des Grands Lacs africains (Tanzanie).
Au cours de cette campagne
militaire qui le propulse finalement et sans conteste au faîte de l’État
congolais, cet ancien compagnon du mythique révolutionnaire argentin Ernesto Rafael
« Che » Guevara de la Serna, est en réalité au service exclusif du
pouvoir judéo-anglo-saxon. Force est de mentionner que ce mastodonte
tentaculaire s’appuyant sur de puissants lobbies dirige, en fait, en sous-main
la communauté financière internationale, plus particulièrement et plus
singulièrement les institutions monétaires directement issues des accords de
Bretton Woods de 1944[vi].
Pour camoufler les visées de
l’AFDL qui, en réalité, est une succursale de mercenaires à la solde exclusive de
l’impérialisme néolibéral et du capital monopolistique international, le fameux
rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila affirme
d’ailleurs sans détour ‘‘vouloir restaurer entièrement l’indépendance
nationale du Congo-Kinshasa dont l’incarnation idéologique est, à n’en point
douter, le leader doublement nationaliste et panafricaniste Patrice Emery
Lumumba’’. En d’autres termes, le vieux guérillero postlumumbiste et
postnationaliste prétend réhabiliter tous azimuts la souveraineté
internationale d’un pays totalement écrasée ou l’indépendance nationale d’un
État piétinée par un autre mercenaire local, le fameux Maréchal-pillard Mobutu
Sese Seko du Zaïre. Il importe de souligner que cette prétendue réhabilitation
de l’indépendance et de la souveraineté de l’État se fait paradoxalement au bénéfice
des forces capitalistes et intérêts impérialistes qui financent sa propre lutte
révolutionnaire pour la reconquête tutélaire du Congo[vii]
! Ce qui est, absolument, en soi un
non-sens. Ce qui est, à vrai dire, une équivocité. Car, peut-on émanciper un
esclave en l’enchaînant davantage, en entravant de nouveau sa marche victorieuse
vers la liberté ? That’s The Question !
De gauche à droite : Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda, Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo et Paul Kagame du Rwanda
La Révolution du 17 mai 1997
‘‘J’ai
conçu, planifié, préparé et fait exécuter le processus révolutionnaire qui
porte au pouvoir Laurent-Désiré Kabila en République démocratique du Congo’’
Général Paul Kagame, Conférence de Presse, Pretoria, décembre 1997.
La
Révolution armée du 17 mai 1997 qui exile, définitivement, le
Maréchal-prédateur Mobutu Sese Seko du Zaïre ainsi que ses proches, n’est pas
en soi un véritable acte de libération nationale contre un système
néocolonialiste. C’est, ni plus ni moins, un acte d’agression physique contre la
République démocratique du Congo. C’est, visiblement, un acte d’agression physique
contre la souveraineté de son Peuple et ses institutions politiques.
En effet,
lorsque l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre
(AFDL) prend réellement les armes au motif de renverser le pouvoir militaire de
Mobutu Sese Seko, le Zaïre est juridiquement sous le régime politique de la
Conférence nationale souveraine (CNS). Ce forum politique interzaïrois est,
d’ailleurs, organisé de 1991 à 1992 grâce à la persévérance et à la
détermination des forces de l’Opposition politique et démocratique, plus particulièrement
et plus singulièrement l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Cette
assemblée plénière des Délégués du Peuple[viii] et
des Représentants de la Nation[ix], avait
déjà accouché d’une Charte constitutionnelle. Aussi avait-elle réellement accouché
d’institutions politiques d’État que sont, bien entendu, la Présidence de la
République, la Primature (le Gouvernement), le Haut-Conseil de la République
(HCR) ou le Parlement de Transition (PT) et l’Organe judiciaire. Cette dernière
structure disposait, en fait, du pouvoir d’interprétation et de sanction de la Constitution.
Il sied de
relever que les dispositions de cette Charte fondamentale de 1992[x]
interdisent formellement, à moins de
sauvegarder l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale, y compris
les instruments de la démocratie, les droits humains fondamentaux ainsi que les
libertés fondamentales, à tout pan de la Collectivité publique de
prendre des armes, d’user de la violence dans le strict dessein de renverser
les institutions politiques de l’État. Poursuivant dans la même direction,
l’article 4 du projet constitutionnel de la IIIè République, élaboré
par la Commission constitutionnelle Lihau, appelle sans équivoque le Peuple à
la résistance politique et pacifique. En vue de restaurer la légalité et
surtout assurer la légitimité d’un régime politique directement issu de la
volonté du Peuple, cette disposition capitale oblige expressément le Citoyen à
défendre la Collectivité nationale, à protéger toutes les institutions républicaines
et la Constitution au regard desdits actes précités.
Il
convient de relever que la dictature du Parti-État mobutien incarnée par le
Mouvement populaire de la révolution (MPR) prend officiellement fin le 24 avril
1990. Il connaît un terme définitif même si le Maréchal-tyran zaïrois,
demeurant fidèle à sa nature ubuesque continue, à cette époque d’ébullition
démocratique, à courir après son pouvoir politique en multipliant, à n’en plus
finir, manœuvres dilatoires et embûches, divertissements et bourdes politiques
de toutes sortes, en brandissant contre vents et marées l’épouvantail de la
force physique (l’ordre militaire). C’est à cette date mémorable pour
l’affirmation de la justice et de la démocratie, de la liberté et de la dignité
que les organisations partisanes sont politiquement reconnues comme partie
intégrante du jeu politique et institutionnel. C’est également à cette date que
s’opère, en réalité, le grand virage démocratique de la vie nationale, malgré
la transposition de la violence armée sur le terrain du combat politique et
idéologique[xi],
les tentatives d’obstruction et de sabotage[xii]
amorcées par la fameuse mouvance présidentielle réunie autour du Front des
démocrates unis (FDU).
De
septembre 1991[xiii]
à avril 1997[xiv],
les Premiers ministres qui dirigent la République du Zaïre[xv],
viennent pratiquement tous du bassin de l’opposition politique antimobutiste. Qu’elle
soit modérée[xvi]
ou radicale[xvii],
farfelue ou réelle, cooptée par la population voire fabriquée par le régime aux
abois, adoubée par les puissances extérieures ou financée par les forces
exogènes, celle-ci a l’insigne honneur d’être aux commandes de l’État. Même si
le jeu politique est totalement vicié en raison de la corruption, il y a lieu
de reconnaître que la marge de manœuvre de Mobutu est institutionnellement
restreinte. Dans le cadre de la CNS, ce dirigeant tyrannique est
constitutionnellement dépouillé de tous ses attributs régaliens.
En effet,
le tristement célèbre Maréchal-despote zaïrois est, réellement, un chef d’État
qui règne mais qui ne gouverne pas. C’est-à-dire : ‘‘Il est un président
de la République qui ne prend point d’actes engageant la Collectivité publique’’.
Toutefois, s’il édicte une décision (décret) dans le cadre des attributions
politiques lui constitutionnellement reconnues par la Charte fondamentale de
Transition de 1992, celle-ci est forcément et logiquement, automatiquement et
systématiquement, revêtue d’un contreseing ministériel.
En
réalité, c’est le Premier ministre qui gouverne l’État, dirige les affaires de la
Nation. Ce vrai titulaire des prérogatives exécutives n’est pas directement désigné
par le président de la République. Cette personnalité politique de haut rang qui
vient naturellement compléter la dyarchie, est directement désignée par le HCR
voire même présentée par la famille politique autre que celle du chef de l’État[xviii].
À cette époque, le seul pouvoir dont bénéficie de facto le tyran Mobutu Sese
Seko du Zaïre, qu’il peut, d’ailleurs, manipuler à sa guise, sont les instruments de violence physique
et légitime de l’État[xix], quoi
que tous ces dispositifs de répression relèvent, légalement, du gouvernement.
Si elle est, en réalité, un
coup d’État contre les institutions et la démocratie naissante dans le cadre de
la CNS, la Révolution armée du 17 mai 1997 est, d’abord et avant tout, une
agression contre l’indépendance nationale du Congo. Ce putsch est orchestré par
des États limitrophes dans le dessein d’asseoir à Kinshasa un régime de
mercenaires aguerris à la flibuste et rebelles à la démocratie. Leur mission
primordiale consiste, naturellement, à assujettir l’indépendance nationale du
pays. Elle consiste, effectivement, à prostituer la souveraineté internationale
du Congo au profit des compagnies transnationales.
Représentées par l’America Mineral
Fields (AMF), toutes ces corporations agissant plus particulièrement et plus
singulièrement dans le très convoité secteur minier, tout comme dans le domaine
financier et bancaire nourrissent, en réalité, le rêve de faire main basse sur
l’immense patrimoine minier du pays. Ces firmes nourrissent, en fait,
l’ambition de transformer ce territoire géant de l’Afrique centrale et de la
région des Grands Lacs en véritable colonie d’exploitation de ses ressources
humaines, naturelles et minérales.
C’est à ce seul titre que ces
entités corporatives dont le siège administratif et social est sis dans le
Commonwealth britannique, financent totalement l’invasion de la République
démocratique du Congo. Cette agression physique est, d’ailleurs, opérée par l’entremise
des États voisins (Rwanda, Ouganda, Burundi) dont la préoccupation majeure est, à
ce moment précis, de démanteler les sanctuaires des forces négatives ayant pour
base arrière ce majestueux territoire. Donc, ces entreprises financent, en
1996-97, les forces rebelles de l’AFDL dont la mission primordiale consiste, à
vrai dire, à faire la police et à garantir en amont la sécurité frontalière de
ces trois pays limitrophes.
C’est également à ce titre unique
de spoliation des richesses matérielles de la République démocratique du Congo que
toutes ces compagnies reliées au Commonwealth allouent des moyens colossaux aux
rebelles anti-Kabila[xx]. En
fait, celles-ci mettent, dès 1998, à la disposition d’anciens parrains et
colistiers de Mzee Mutwale Kabila les mêmes moyens logistiques ayant auparavant
servi à la chute brutale du Maréchal Mobutu. Le guérillero postnationaliste et
postlumumbiste leur fournit pratiquement ce précieux alibi dans la mesure où il
avait déjà pactisé avec les forces négatives qui empoisonnaient littéralement l’ambiance
sécuritaire – [préalablement fébrile]
– prévalant dans la région des Grands Lacs africains.
Cela est d’autant plus vrai que
ce chef rebelle affairiste dont l’autoproclamation à la tête de la République démocratique
du Congo (RDC) avait, néanmoins, totalement surpris ses propres alliés régionaux
et tuteurs internationaux, n’avait aucunement respecté les termes des contrats
conclus. En effet, certains intérêts burundais, rwandais et ougandais
résolument coiffés par la fine fleur de la communauté internationale,
chérissaient sans l’ombre du doute, et dès le début de la rébellion armée anti-Mobutu
(1996), de nommer une fois à Kinshasa un gouvernement composé de girouettes
afin de mieux ponctionner via leurs territoires respectifs toutes les richesses
matérielles du Congo-Kinshasa. C’est à ce niveau que gît, malheureusement, la très
grande tragédie de ce vaste pays au cœur de l’Afrique qui le poursuit jusqu’à
nos jours avec la très sainte bénédiction des puissances anglo-saxonnes.
D’ailleurs, force est de
constater que pour sauver sa présidence violemment contestée par ses compagnons
d’arme et garantir la survie politique de son régime brutalement menacé,
Laurent-Désiré Kabila n’hésite pas à hypothéquer les ressources minières et
énergétiques du pays[xxi]. Ces
richesses matérielles sont automatiquement et systématiquement mises à la
disposition des seuls intérêts militaires alliés[xxii]. Ces
puissances armées régionales sont en fait venues à sa rescousse contre le
Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Cette stratégie opportuniste de monnayage, donc
de troc, a déjà été utilisée par celui-ci pour accaparer la tête de l’AFDL au
détriment du général-major nationaliste et lumumbiste André Kisase Ngandu
assassiné pendant l’épopée révolutionnaire non loin du Parc Virunga[xxiii].
Aussi importe-t-il de
mentionner que le condottiere postléniniste et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré
Kabila comptait, avant son assassinat, naturellement céder les immenses richesses
minérales du pays à des intérêts français[xxiv]. À ce
propos, il y a lieu de noter que la France a pourtant été, lors de la pseudo-révolution
armée [la guerre dite de libération nationale], très sévèrement boudée
voire tancée pour avoir soutenu envers et contre tout le système dictatorial du
Maréchal-pillard Mobutu Sese Seko du Zaïre. En échange de ce deal, ce caïd
affairiste pensait directement obtenir de Paris l’assurance d’entreprendre du
lobbying diplomatique auprès du Conseil de sécurité de l’ONU et, surtout, l’assurance
de faire pression sur les divers États agresseurs afin de quitter rapidement et
définitivement le territoire national du Congo.
Laurent-Désiré Kabila, chantre du nationalisme congolais hérité de Patrice Emery Lumumba et Pierre Mulele
Le retour aux ‘‘sources’’ profondes de l’indépendance nationale
Outre les diverses
motivations géopolitiques et géostratégiques qui sous-tendent, certes, la
Révolution armée du 17 mai 1997, l’entreprise politique kabiliste présente
plusieurs ambiguïtés idéologiques dont la résurrection du Mobutisme dictatorial
qu’elle prétend, pourtant, réellement émasculer. En effet, l’une des premières
contradictions du chef de guerre Laurent-Désiré Kabila est la résurgence de la
République démocratique du Congo (RDC). Cette dénomination officielle est naguère
portée par ce pays lors du coup d’État du lieutenant-général Joseph-Désiré
Mobutu le 24 novembre 1965[xxv].
Il importe
de constater que ce putsch militaire manifestement orchestré par des intérêts
financiers, bancaires et miniers avait pour objectif d’arrimer le Congo, en tant
que grenier des ressources précieuses, au camp de l’Occident. Ce
pronunciamiento avait pour but de placer ce richissime pays africain, plus
particulièrement et plus singulièrement, dans le giron de l’OTAN. Sur ce point,
la mission dévolue à la rébellion de Laurent-Désiré Kabila ne diffère guère de
celle de Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko dans la mesure où ce chef de guerre
brade le patrimoine national, offre en pâture le sanctuaire national aux
puissances extérieures. Comme en témoigne, d’ailleurs, la fameuse rencontre d’affaires organisée par l’America
Mineral Fields (AMF) à Lubumbashi, la capitale économique du pays, entre le
chef de l’AFDL Mzee Laurent-Désiré Kabila et le gotha minier et financier
international en mai 1997.
À cet
égard, force est d’admettre que, en tant que leader charismatique de l’Opposition
pacifique et non-violente, démocratique et légaliste, le juriste Étienne
Tshisekedi wa Mulumba, bien qu’il fût totalement ouvert à l’idée de partenariat
économique avec des intérêts extérieurs[xxvi], n’a
jamais été disposé à brader à n’importe quel prix les richesses nationales et
étatiques. Il adopta cette attitude dans l’optique de préserver à tout jamais la
souveraineté du pays et les droits sociaux de la population. Cette constance
dans sa ferme volonté de défendre l’ensemble de ses Concitoyens face aux
puissants intérêts, aux mastodontes économiques et financiers, lui vaudra
conséquemment la froideur de la Communauté internationale, le refus pur et
simple de son adoubement par des forces exogènes.
En
réalité, la République démocratique du Congo version Joseph-Désiré Mobutu Sese
Seko se caractérise, de 1965 à 1971, par la militarisation outrancière du
régime politique et institutionnel[xxvii]. Son
pouvoir militaire naturellement adoubé par de puissants intérêts occidentaux se
distingue concrètement par des exécutions politiques. Aussi se distingue-t-il
par des meurtres extrajudiciaires[xxviii],
des violations massives de libertés publiques fondamentales[xxix] et la
suspension tous azimuts de la vie politique et démocratique.
En effet,
les entreprises partisanes sont sans autre forme de procès abolies. Le
parlement qui est vraiment au cœur des institutions politiques de l’État, est
congédié sine die. Cette éviction des représentants de la Nation a pour
corollaire immédiat le gouvernement par voie décrétale. D’ailleurs, cette
pratique abusive[xxx]
qui est, en vérité, un contournement systématique de l’action législative, est très
couramment utilisée depuis l’avènement du fameux cabinet néocolonialiste et
pro-américain incarné par le Premier ministre Cyrille Adoula [1961-1964]. À ce
propos, l’arsenal répressif d’ailleurs en vigueur en République démocratique du
Congo date réellement de cette époque sombre voire s’en inspire très largement.
Ce qui est
clair, cette République démocratique du Congo version mobutiste dirigée par le
Haut-Commandement Militaire (HCM) ressemble à s’y méprendre à celle du rebelle postlumumbiste
et postnationaliste Laurent-Désiré Kabila dont le centre névralgique est l’AFDL
à titre de mouvement politico-militaire. À cet égard, il convient de souligner
que tous les États du monde caparaçonnés de l’épithète ‘‘démocratique’’, sont en réalité des ‘‘bourreaucraties’’. C’est-à-dire : des régimes ‘‘liberticides’’
et ‘‘démocraticides’’
animés par des bourreaux. Cette catégorie d’agents fonctionnarisés est réputée provoquer
la mort psychique ou mentale de l’individu tant par l’idéologie ou la
propagande d’État que le bâillonnement de ses droits constitutionnels et
libertés fondamentales.
Ainsi en
est-il incontestablement de l’Allemagne de l’Est sous la direction du camarade
Erich Honecker et de la Corée du Nord sous l’autorité du Grand Timonier Kim
Il-Sung. Il en va de même du Kampuchéa ou Cambodge qui, en réalité, a connu,
sous l’égide barbare de Khieu Samphan et Pol Pot, une dictature ‘‘meurtrière’’.
La RDC de Mzee Mutwale Kabila ka Makolo Taratibu, tout comme celle de ses
sinistres prédécesseur Mobutu et successeur Kanambe, n’échappe pas à cette
règle macabre ou cette logique meurtrière.
En
redonnant vie à l’hymne national et au drapeau originels de l’indépendance (datant
officiellement le 30 juin 1960), le président autodésigné de la RDC fait [idéo]
logiquement retourner l’ensemble de ses concitoyennes et concitoyens aux
sources primitives de l’indépendance nationale. Toutefois, ce retour aux
sources n’est que ‘‘théorique’’. Ce n’est que pure fantaisie. D’aucuns diraient
sans conteste ‘‘pure farce’’ et ‘‘pure parodie’’.
En vérité,
sous Kabila Sr, les Congolaises et Congolais ‘‘retournent’’
politiquement et institutionnellement au Mobutisme dictatorial avec le principe
angulaire du Parti-État ou parti unique (AFDL, CPP)[xxxi]. Ils
retournent indéniablement à l’époque sauvage du quadrillage révolutionnaire de
la population terrorisée (chembe-chembe)[xxxii] et du
culte de la personnalité. Pis encore, ceux-ci retournent du point répressif, immédiatement,
à la triste époque coloniale avec la culture du fouet[xxxiii], de
l’exil intérieur[xxxiv]
et du travail forcé[xxxv].
La République démocratique du Congo, un protectorat de l’Occident et un État pourvoyeur de matières premières précieuses et stratégiques pour les Transnationales
Le statut international de la République démocratique
du Congo
Comme
l’attestent, inexorablement, les propos du général rwandais Paul Kagame sur le
processus révolutionnaire de l’AFDL qui a définitivement raison du Maréchal
Mobutu et de la démocratie balbutiante au Congo, le chef de guerre
Laurent-Désiré Kabila est dans sa mission un ‘‘pantin’’ de puissances
régionales. Comme ces dernières sous-traitent la rapacité de la communauté
financière internationale, Kabila est également un instrument au service de
puissants intérêts extérieurs[xxxvi]. De
plus, son mentor patenté est, à cette époque trouble, le colonel belge ‘‘Willy
Mallants’’. Cet ancien haut cadre de l’ex-armée coloniale au Congo[xxxvii] qui
encadre la lutte de ce seigneur de guerre postmarxiste et postmaoïste a la
particularité d’avoir été un ex-conseiller du Maréchal Mobutu Sese Seko du
Zaïre.
Toutefois,
Mzee Laurent-Désiré Kabila revêt le manteau nationaliste malheureusement
abandonné sur le parcours de la rébellion armée afin de couvrir, d’étouffer les
véritables revendications du Peuple congolais, lorsqu’il est définitivement en
porte-à-faux avec tous ses tuteurs. Il redevient subitement lumumbiste lorsqu’il
divorce brutalement d’avec tous ses parrains, se met à dos ses propres alliés
et colistiers. À ce propos, il importe de noter que le chef rebelle de l’AFDL
a, dès la mise en orbite de son régime, nié catégoriquement la présence d’éléments
étrangers dans son gouvernement fantoche, en dépit de la forte pression
populaire et de la forte insistance de l’Opposition politique et démocratique.
Ces individus redeviendront, miraculeusement, des étrangers pour Kabila lorsque
son pouvoir politique est mis à rude épreuve le 2 août 1998. Ainsi, par un coup
de baguette magique, le grand maquisard de Hewa Bora réussit à mélanger le bon
grain de l’ivraie…
Dans la
confusion suivant le déclenchement des hostilités armées entre Kabila et
certains cadres influents de l’AFDL, ce chef de guerre lunatique nie ouvertement
l’appartenance des minorités tutsies rwandophones [Banyamulenge] à la Nation congolaise. Ce discours d’exclusion est relayé
au plus haut niveau par certains dignitaires et pies du kabilisme martial. Il a
naturellement pour conséquence immédiate le lynchage systématique d’une partie
de la population en fonction du phénotype racial ou de l’appartenance à un
groupe ethnique.
Comme la
Révolution armée du 17 mai 1997 est, sans conteste, un vrai pronunciamiento, la
guerre dite de libération nationale doit être, sans concession aucune, regardée
comme un acte de trahison. C’est en soi un acte de félonie à l’égard de toute
la Nation congolaise. En effet, par ses agissements intempestifs, le mercenaire
Mzee Laurent-Désiré Kabila a fait rentrer dans la ‘‘bergerie’’ nationale des
loups méchants. Il a fait rentrer des fauves féroces qui ont littéralement
déchiqueté le pays et toutes ses institutions politiques. Ainsi, le Congo
humilié est divisé, balkanisé. Démembré, il devient logiquement un État
factice, fantôme, sans réelle souveraineté sur ses portions territoriales et ses
énormes richesses. Tel est, malheureusement, l’héritage de Mzee à son Peuple !
Surtout pour un prétendu Soldat du Peuple, un soi-disant ‘‘nationaliste’’ !
Toutefois,
sous le régime politique et militaire du général-major tutsi rwando-tanzanien Joseph
Hyppolite Kanambe Kazembere M’Twale Christopher, autrement désigné Joseph
Kabila Kabange[xxxviii],
la République démocratique du Congo (RDC) perd, doublement, cette qualité fondamentale
de Collectivité publique et d’État indépendant. Ce territoire majestueux
redevient, comme sous l’empire de la présence belge avant 1960, un grenier de
matières naturelles et minérales, autant que précieuses et stratégiques, d’ailleurs
assujetti à l’exploitation coloniale, à la spoliation maffieuse. Sous la
direction de ce mercenaire transfuge de l’Armée patriotique rwandaise (APR),
l’arbitraire de l’État alimenté par la corruption et le népotisme est toujours
légion. Le tribalisme et le régionalisme toutefois rejetés à la CNS refont
brutalement surface. Ces phénomènes discriminatoires trucident, ainsi, l’esprit
communautaire et, surtout, écrabouillent l’héritage nationaliste du célèbre héros
Patrice Emery Lumumba.
En effet,
les affrontements interethniques, pratiquement disparus de l’environnement
national, émergent très violemment et gangrènent, à l’instar de la peste, la
vie politique et démocratique du pays. Comme sous la colonisation belge et le
pouvoir rebelle de Mzee Laurent-Désiré Kabila, les Congolais se définissent
désormais par rapport à leurs ethnies ou en fonction de leur appartenance
tribale. Ce qui est un fait sans précédent dans l’histoire politique postindépendante
de cet État ! D’autant plus que ces derniers avaient déjà pris l’habitude de se
déterminer par rapport à leurs lieux de naissance ou leurs lieux de résidence
et non plus en fonction de leurs liens affectifs (effectifs) à la terre
ancestrale ou au village de leurs parents et ancêtres immédiats…
C’est au moyen de la lutte armée que le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila a déboulonné le régime tyrannique du Maréchal-prédateur Mobutu Sese Seko du Zaïre
La République démocratique du Congo
Terre de violence armée et de convulsion, de génocide et d’oppression
Comme sous
le règne macabre du père adoptif de Joseph Hyppolite Kanambe[xxxix], cet
État géant de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains est
un vaste camp de concentration où les droits de la population sont strictement
bafoués par ses geôliers. Ces bourreaux certes patentés se distinguent par la
répression tous azimuts de l’élite politique prodémocratique. Ceux-ci se
différencient par l’oppression systématique et automatique des droits humains fondamentaux
et des libertés publiques reconnues à la classe journalistico-médiatique. Cette
situation permet, naturellement, d’inférer que le visage répressif du pouvoir
kabiliste sans doute prolongé par la tyrannie kanambiste n’a vraiment guère
changé de physionomie. Celui-ci n’a subi qu’une simple métamorphose cosmétique.
Cette liposuccion ou ce lifting lui permet de maquiller ses rides autoritaires.
C’est ce
système absolutiste essentiellement fondé sur la rente de l’État, les
prébendes, les passe-droits, le clientélisme et le gangstérisme d’État que
cherchait à démanteler à tout prix le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba au profit de la
liberté du Citoyen et de la démocratie politique. Tout ceci depuis l’ère
glaciaire du Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre. C’est bien à ce niveau que gît effectivement
le destin politique du Peuple congolais !
Maintenant, la balle est dans son camp pour assurer un véritable
changement politique et démocratique !
Sous la
conduite de Joseph Hyppolite Kanambe au même titre que sous la férule du
rebelle affairiste Mzee Mutwale Laurent-Désiré Kabila ka Makolo Taratibu, la
RDC n’a guère retrouvé la paix sociale et la concorde politique. La
réconciliation nationale et l’unification territoriale ne sont pas même pas une
vue de l’esprit. Elles sont plutôt une réalité extrêmement lointaine. La
sécurité politique et frontalière des pays voisins à la base de la
déstabilisation physique de ce colosse aux pieds d’argile relève indéfiniment
du chimérique.
Jouant
pratiquement le rôle du ver dans le fruit de la Transition politique et de la
vie démocratique à Kinshasa, ce jeune mercenaire tutsi rwando-tanzanien
parachuté à la tête du Congo par l’Angola et le Zimbabwe avec la complicité
manifeste des États membres de la communauté internationale[xl], plus
particulièrement et plus singulièrement ceux de l’Union européenne[xli],
bloque le processus de négociations politiques intercongolaises. Il renie même
ses propres engagements pris dans le cadre de ces pourparlers de paix en
Éthiopie, au Botswana et en Afrique du Sud. Y compris des engagements pris à
Kinshasa dans le cadre des pourparlers pilotés par la Conférence épiscopale
nationale du Congo (CENCO). À l’image de son père adoptif, ce chef de guerre
dont la carrière funeste est, à n’en pas douter, suspendue au couperet du
Destin et aux caprices des astres, brade sans vraiment se soucier du peuple
congolais le patrimoine national aux divers prédateurs locaux et charognards
étrangers. Tout ceci pour survivre indéfiniment dans un espace politique très étroit
où ses heures sont malheureusement de plus en plus comptées…
[iv] Zaïre
signifie ‘‘Zone Africaine et
Internationale aux Intérêts réservés aux Étrangers’’.
[v]Alors qu’il
n’est guère préparé aux hautes fonctions politiques, gouvernementales et
administratives de l’État.
[vi] Fonds
Monétaire International (FMI) et Banque Mondiale (BM).
[vii] La plupart de ces puissances
politiques, financières et militaires ont porté le colonel Joseph-Désiré Mobutu
au pouvoir à Kinshasa en 1960 et en 1965 contre la démocratie congolaise.
[viii] Société
civile et Forces vives de la Nation.
[xi] L’atmosphère politique est
perpétuellement assombrie par des attentats et assassinats politiques, des
intimidations et empoisonnements, des
menaces de mort et invectives, des rafles et la répression aveugle.
[xiii] Émeutes
alimentaires et pillages initiés par les militaires des FAZ.
[xiv] Chute
de la Ville de Kisangani au profit de l’AFDL.
[xv] Étienne
Tshisekedi wa Mulumba, Bernardin Mungul Diaka, Jean de Dieu Nguz Karl-I-Bond,
Faustin Birindwa, Joseph-Léon Kengo wa Dondo.
[xvi] Complice de la dictature macabre et
des intérêts néocolonialistes.
[xvii] Une opposition engagée
irréversiblement sur la voie de la démocratie.
[xviii] Le décret de nomination du Premier
ministre pris par le Chef de l’État sur le fondement de l’article 71 de l’Acte
portant dispositions constitutionnelles de Transition du 4 août 1992 n’est
qu’un acte de constatation du fait politique. Il vient lui donner une portée
juridique.
[xix] L’armée,
la police, la gendarmerie et les services de renseignement.
[xx] Le
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).
[xxiii] Selon une version assez répandue dans
les médias, ce chef de guerre nationaliste et lumumbiste est supposément
liquidé par le lieutenant-colonel Jacques Nziza, un haut cadre de l’Armée
patriotique rwandaise (APR) aujourd’hui muée en Forces de défense rwandaises
(FDR). Après son forfait, celui-ci est directement exfiltré au Rwanda.
[xxiv] Kabila
était solidement pétri dans sa logique de maquisard prêt à se lancer dans les
bras de n’importe quel protecteur financier.
[xxv] La République démocratique du Congo
(RDC) sous l’empire de la constitution de Luluabourg (août 1964 – novembre 1965)
est dans ses fondements idéologiques un véritable État démocratique. Cet État
est foncièrement dirigé contre le projet lumumbiste et nationaliste d’avoir au
cœur de l’Afrique un État unitaire et centralisé. Il consacre en fait le
triomphe du projet fédéraliste porté par la paire Moïse Kapenda Tshombe et
Albert Kalonji Ditunga.
[xxvi] Joint-ventures. Lire à ce propos le projet économique
et financier de l’UDPS tel que remanié par le président national Étienne
Tshisekedi en 1999.
[xxvii] L’assassinat
des partisans du Premier ministre Moïse Kapenda Tshombe, la condamnation à mort
des conjurés de la Pentecôte en 1966.
[xxviii] L’exécution
du nationaliste et lumumbiste Pierre Mulele au Camp militaire N’Kokolo en 1968.
[xxix] La
répression aveugle des institutions universitaires et des associations
étudiantes.
[xxxii] Les Chembe-chembe qui enrégimentent la population pour la
cause de Kabila sont en réalité l’équivalent du Corps des Volontaires de la
révolution mobutiste (CVR).
[xxxvi] La Belgique est le premier pays de la
communauté internationale à avoir reconnu le gouvernement rebelle de
Laurent-Désiré Kabila ayant renversé les institutions politiques issues de la
CNS.
Martin Fayulu Madidi, candidat malheureux à la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018
La plainte
judiciaire contre Martin Fayulu Madidi
De la question du tribalisme au handicap mental des Congolais
‘‘La connaissance conduit à l’unité comme l’ignorance mène à la diversité’’ Râmakrishna
Par Joël Asher
Lévy-Cohen *
Le dimanche 30 décembre 2018, la République démocratique du Congo tenait un double scrutin présidentiel et législatif. L’élection présidentielle a été remportée par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) de l’UDPS et de la coalition CACH[i]. Mais, cette victoire a été contestée par le candidat de la coalition Lamuka[ii], Martin Fayulu Madidi, devant le tribunal constitutionnel. Face à un dossier vide, mal ficelé par des avocats dont la compétence intrigue au plus haut point, et une requête comportant maintes entorses à la loi électorale tant sur le fond que sur la forme, le juge constitutionnel n’a pas du tout hésité à confirmer la victoire du plus haut représentant de l’UDPS et candidat populaire de CACH.
Martin Fayulu Madidi dans ses humeurs de harangueur de foule.
Force est de souligner que la proclamation des
résultats aussi bien par la CENI que par la cour constitutionnelle a donné lieu
à de très nombreuses scènes de violence physique. En effet, des partisans
incontrôlés se réclamant ouvertement de Martin Fayulu Madidi et de la coalition
électorale Lamuka ont visiblement attaqué et, surtout, attenté à la vie
physique des partisans de FATSHI. Tout comme, au nom de leurs revendications
politiques, ceux-ci ont sèchement supprimé la vie physique des membres de
l’ethnie dont fait culturellement et traditionnellement partie cette
personnalité politique.
En raison de leur gravité, ces actes ignobles de la
part des partisans de Lamuka et de Martin Fayulu Madidi mettant très
sérieusement en péril la cohésion nationale ont été qualifiés de génocide pour avoir visé un groupe humain
précis. À ce titre, ils ont royalement ouvert la voie au dépôt d’une plainte
judiciaire au pénal devant le Bureau du procureur général de la République
Flory Kabange Numbi. À cet égard, ce magistrat près la Cour de Cassation a jugé
bon d’ouvrir une ‘‘information’’ judiciaire en vue de récolter tous témoignages probants
et éclairants lui permettant de qualifier pénalement lesdits faits et
agissements sur le terrain du droit.
Martin Fayulu Madidi exhibe la constitution de la République démocratique du Congo devant un auditoire très largement acquis à sa cause politique
Par conséquent, la plainte judiciaire déposée contre
Martin Fayulu Madidi devant le Bureau du procureur général de la République soulève,
en vérité, une série de questions légitimes.
Pour avoir animé de très nombreuses manifestations
politiques au cours desquelles des partisans invétérés de Lamuka dont il est en
réalité un des leaders les plus en vue, scandent à tue-tête des slogans haineux
contre un groupe ethnique de la République démocratique du Congo, Martin Fayulu
Madidi est-il, à vrai dire, responsable des actes répréhensibles de ses aficionados
? Si elle doit être effectivement soulevée, où se situerait-elle exactement sa
responsabilité ? Est-ce sur les plans moral ou matériel ?
Une chose est sûre et certaine, dans la plupart des
rassemblements politiques de Lamuka, ce sont des propres lieutenants de Martin
Fayulu Madidi qui ont galvanisé la foule et touché les cordes sensibles des
militants incontrôlés. Ceux-ci ont incité les partisans de Lamuka à chanter haut
et fort des refrains appelant très ouvertement au meurtre du président de la
République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ce sont également ses gardes
rapprochées qui ont naturellement poussé les militants chauffés à blanc à
chanter des slogans appelant directement aux meurtres de masse visant explicitement
le groupe ethnique auquel Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo appartient.
Jusqu’à preuve du contraire, tous ces lieutenants indélicats continuent, comme
si de rien n’était, à œuvrer auprès de Martin Fayulu Madidi.
Qui ne dit mot consent, dit-on. Toutefois, qui ne prend pas des mesures de correction ou de rétorsion contre ses collaborateurs impertinents partage clairement leurs forfaits. Qui ne sanctionne point ses adjoints pour des actions accomplies dans le cadre de leurs activités communes partage forcément et logiquement, donc très largement, leurs méfaits !
Déjà marginalisé par ses pairs de Lamuka (Moïse Katumbi Chapwe de la plateforme politique Ensemble pour le changement, Jean-Pierre Bemba Gombo du Mouvement de libération du Congo) qui ne veulent plus lui laisser un moindre espace dans le landerneau politique national, Martin Fayulu Madidi risque , en effet, très gros s’il est véritablement reconnu par la justice congolaise comme comptable de crime de génocide et crime contre l’humanité visant spécifiquement les ressortissants de la communauté lubaphone de la République démocratique du Congo.
Par conséquent, l’opposant Martin Fayulu Madidi a-t-il
vraiment l’étoffe d’un homme d’État ? Dès lors qu’il accepte de travailler
ouvertement avec des individus prêts à mettre le pays sens dessus dessous, est-il
vraiment capable de veiller au destin de la Nation ? Dès lors qu’il s’acoquine avec
des individus prêts à disloquer l’État et ses Institutions politiques qui sont
par essence le parapluie du Peuple, est-il vraiment le soldat ou commandant du
Peuple ?
Il est un fait établi que la République démocratique
du Congo est un kaléidoscope culturel et traditionnel. Elle est, en réalité, un
patchwork ethnique dessiné par le colonisateur belge. Mais, celui-ci peine à
trouver un discours fédérateur permettant à sa population d’émerger dans une
culture de vivre ensemble où la notion de Nation est une garantie fondamentale,
indispensable et indéniable pour la sécurité de l’État et de ses sujets. Cela
est d’autant plus vrai que le comportement répréhensible des partisans de
Lamuka, a fortiori tifosi de Martin Fayulu Madidi, a très nettement démontré
que la fameuse Nation congolaise clamée haut et fort n’existe pas du tout et
qu’elle demeure en soi une simple vue de l’esprit. Sans contour et sans
précision. Sans contenu et sans consistance…
Par conséquent, en acceptant volontiers de participer
à des rassemblements politiques qui fragilisent davantage cette ‘‘Communauté
de destin’’ qu’est la République démocratique du Congo, comment Martin
Fayulu Madidi doit-il réellement être regardé ? Est-il un ennemi de la paix
sociale ? En s’affichant aux côtés de vrais liquidateurs du pays, est-il
certainement un geôlier de la justice et un tortionnaire de la sécurité
publique ?
En d’autres termes, Martin Fayulu Madidi poursuit-il certes
l’implosion et la déflagration de la République démocratique du Congo ? À la
lumière du comportement de ses partisans qui sont naturellement prêts à mettre
ce pays d’Afrique centrale et de la région des Grands lacs africains à feu et à
sang, à sacrifier certes son unité politique, Lamuka est-elle par définition une
coalition de forces centrifuges et génocidaires ? Que dire alors de tous ces
désœuvrés manipulés à souhait au nom d’une
chimérique vérité des urnes entretenue par les princes de l’Église catholique, la
presse et par de puissants intérêts économiques et financiers dans le but de
mettre complètement à genoux et en coupe réglée un pays déjà exsangue ?
En hommage à un grand « Défenseur » de l’Afrique indépendante
et unie, fidèle ami et frère de la République démocratique du Congo, fervent Avocat
des Opprimés, « Héraut » de la Justice et de la Liberté,
« Apôtre » de l’Humanisme et Poète de l’Universel.
Aimé Césaire
La littérature au service de l’engagement et de la liberté
Voix de la Négritude,
Esprit de l’Humanité et Conscience de l’Universel
»Je suis de la race de ceux qu’on opprime »
Aimé Césaire[i]
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Aimé Césaire au crépuscule de sa vie prolifique
L’Antillais Aimé Fernand
David Césaire est, en vérité, l’inventeur du terme « Négritude ».
Il est, en réalité, le concepteur de ce mot dont la « magie » a
nettement marqué l’éveil de conscience d’une Race. Par ses réflexions pointues
et ses envolées lyriques, il a contribué au rétablissement de la véritable
Histoire humaine.
Le Sénégalais Cheik Anta Diop a rétabli la vérité historique sur les origines négro-africaines de l’Égypte antique et l’antériorité des civilisations noires dans la vallée du Nil
En effet, la Négritude a, résolument, participé à l’enrichissement des Arts et des Lettres. Aussi a-t-elle participé à l’éclairage des Sciences. Grâce aux travaux de recherche du très prolifique Sénégalais Cheik Anta Diop et du Grand Surinamien Ivan Van Sertima, Elle a notamment contribué à l’enrichissement des Sciences physiques. Tout comme à l’éclairage des Sciences humaines et sociales. Donc, ce mouvement politique et littéraire qui a pris son envol au milieu des années trente dans bon nombre de pays et maints territoires coloniaux d’extraction aussi bien francophone et anglophone que lusophone et néerlandophone a littéralement participé à la meilleure compréhension et explication du Monde vivant.
Dr Ivan Van Sertima du Surinam a scientifiquement démontré que les Noirs d’Afrique ont été les premiers peuples à occuper les terres des Amériques précolombiennes
En tant
qu’inspirateur d’un discours politique et d’une philosophie de lutte de
libération humaine, le Martiniquais Aimé Césaire est incontestablement un des
trois piliers fondamentaux de la
Négritude au sein de la Francophonie. Par
ailleurs, avant d’être celui que connaît « parfaitement » l’initié ou
le profane, c’est-à-dire un Moraliste et un Polémiste, un Politique engagé et
un Défenseur des droits humains, un Écrivain et un Auteur, un Poète et un
Penseur libre, il est d’abord et avant tout une Voix qui professe la Vérité historique, qui rend
justice à l’Histoire. Il est ensuite un Cri qui interpelle la Conscience humaine. Il
est enfin un Chevalier de la
Justice.
S’il y a vraiment
un mot qui pourrait parfaitement résumer sa vie prolifique de Littéraire et
tout son parcours de Combattant permanent pour des causes nobles,
« l’engagement » en serait incontestablement un. Par voie de conséquence,
son patronyme « Césaire » qui respire effectivement la liberté et la
justice, qui transpire réellement les aspirations légitimes et fondamentales
des Peuples et Nations Nègres, peut être automatiquement substitué par « l’Engagé ». Ainsi, Aimé Césaire deviendrait-il Aimé « L’Engagé ».
N’empêche que
l’Indépendance d’esprit, la
Liberté de penser et d’écrire au service de la Vérité, la Justice, la Solidarité et la Fraternité conviennent
très parfaitement à sa très riche et forte personnalité politique et
littéraire. À ce titre, il importe de penser à son investissement personnel
dans la fondation de l’Édition « Présence africaine » en vue de publier, avec la collaboration de feu le Sénégalais
Alioune Diop, les auteurs négro-africains boycottés par les Maisons d’Édition
de l’époque.
L’inventeur du terme « Négritude »
Aimé Césaire, un poète engagé
Le très prolifique
Aimé Césaire est, d’abord et avant tout, une Voix qui vient directement du fond
des âges dans le but de rappeler avec force et modestie la véritable
trajectoire de l’Humanité vivante. C’est-à-dire une Humanité
continuellement en quête de survie et de liberté, de subsistance et de dignité.
Une Humanité qui a, naturellement, pris racine en terre africaine, conquis pas
à pas le monde physique, s’est progressivement répandue sur la planète Terre.
Une Humanité qui a vaillamment résisté aux tempêtes de l’Histoire et à toutes
les vicissitudes de la fortune pour perpétuer la vie et la civilisation.
Donc, Aimé Césaire
est en vérité cette Voix noble, puissante, qui enseigne que l’Afrique en tant
qu’espace culturel des Noirs est en principe le berceau de la civilisation
humaine. Il est cette Voix forte qui affirme sans détour que ce continent est
l’Alma Mater. D’où le sens mystique du mot « Négritude » qui veut
dire racine-mère de l’Humanité, qui signifie Mère de toutes les civilisations
et de toutes les cultures.
D’ailleurs, force
est de constater que ce terme savant « Négritude » est sorti tout
droit de ses méninges créatives, imaginatives et inventives. Aussi importe-t-il
de relever que, pour mieux définir cette démarche revendicative ou cette
philosophie de combat consistant à défendre tous azimuts la dignité
fondamentale de la race noire, le grammairien sénégalais Léopold Sédar Senghor,
en réalité un francophile vacciné et résolu, un amoureux aveugle et un partisan
invétéré de l’hellénisme, préféra plutôt le terme « Négrité ».
Pour ce ‘‘poète de
l’Universel et chantre du Métissage culturel’’, ce néologisme désignait mieux
que tout autre vocable les « valeurs
culturelles et spirituelles » du Monde négro-africain. Ce dernier a
particulièrement opté pour ce mot savant en référence à la francité (ensemble des valeurs propres à la
civilisation française) et aussi à l’hellénité (ensemble des valeurs propres à la civilisation hellène ou grecque).
Toutefois, le Grand
Martiniquais Aimé Fernand David Césaire rejeta, semble-t-il, pour des raisons
pragmatiques, le fameux concept de « Négrité ». Est-ce, en fait, par
mépris du mimétisme intellectuel et des singeries mentales ? Ce qui est fondamentalement
sûr et certain, il finit, réalistement, par imposer le terme
« Négritude » en tant que discours et surtout philosophie de combat
de libération aux autres piliers défenseurs francophones de l’Africanisme (le
Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor).
Il fit valoir ce terme dans la mesure où la civilisation négro-africaine
insufflée par le « génie créateur » de l’Égypte pharaonique a façonné,
moulé intellectuellement et mentalement, spirituellement et moralement,
techniquement et scientifiquement, la
Grèce antique.
D’ailleurs, qui
d’autre que l’illustrissime historien grec Hérodote est mieux placé pour en
témoigner abondamment dans ses écrits mémorables ? Qui d’autre bien sûr que
Hérodote pour corroborer la thèse du Martiniquais Aimé Césaire ? Il y a lieu de
souligner que ce pays méditerranéen est considéré à juste titre, de nos jours,
comme la véritable source culturelle, la lumière inspirante de l’Occident
chrétien, donc le berceau civilisateur de l’Europe.
Un des trois piliers fondateurs de la Négritude francophone
La Négritude francophone est naturellement dominée, largement supplantée par trois
figures de proue littéraires. Celles-ci ont su intelligemment utiliser la plume
dans le but de contester l’ordre colonial incarné par l’Occident en général et la France en particulier. Deux
font partie de la Diaspora
négro-africaine. Il s’agit du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon-Gontran
Damas. La troisième est, faut-il le souligner, originaire du Continent-mère,
l’Afrique. Il s’agit du Grand Sénégalais Léopold Sédar Senghor. En tant que
piliers fondateurs de la
Négritude, ces trois personnalités proposent trois démarches
épistémologiques, trois visions idéologiques, en vue de définir et d’insuffler
le combat des Peuples négro-africains.
Le Guyanais Léon-Gontran Damas
Pour le métis
guyanais Léon-Gontran Damas qui est, particulièrement, le condisciple de
Césaire au Lycée Victor Schœlcher, la Négritude en tant que démarche et philosophie de
libération humaine est « non
seulement le fait d’être Noir mais également l’acceptation de ce fait ».
Pour Damas, la Négritude
militante met évidemment en relief les notions d’identité et de fierté que
l’Occident tente de gommer automatiquement et systématiquement chez tous les
Peuples négro-africains pour mieux les asservir. En d’autres termes, ce Chantre
de la Négritude
militante étudie, en réalité, la psychologie de domination en tant que système
d’exploitation. Il démonte les mécanismes de ce régime oppresseur fondé essentiellement
sur le génocide mental.
Le Sénégalais Léopold Sédar Senghor
Pour le Sénégalais
Léopold Sédar Senghor, certainement épris de dosage et de mesure, la Négritude en tant que
Méthode de lutte est « un lieu de rencontre et de dialogue permanent
entre le Nègre opprimé et l’Occident oppresseur ». Ce dialogue postule
en vérité le Métissage culturel, lequel permet finalement à l’Être
Négro-africain « de prendre, pour assurer son épanouissement et
affermir son émancipation, tout ce qui est bon chez le Colonisateur et de
rejeter tout ce qui est mauvais (la fameuse théorie du handicap culturel) chez
le Colonisé ». C’est effectivement à travers ce choix judicieux et
éclairé que celui-ci s’inscrit définitivement dans l’ordre universel qui est,
par essence, « un espace de rendez-vous du donner et du recevoir ».
Par conséquent, le
Nègre opprimé réellement ouvert à toutes les Cultures de la planète et aux
autres Civilisations du monde devient un Être profondément libre. Conscient de
l’environnement terrestre qu’il entoure, il est totalement libéré des branches
mortes de l’ignorance et même du complexe d’infériorité culturelle. Maître de
la connaissance et du savoir, des arts et des lettres, celui-ci devient un Être
parfait. Un tel individu est mieux aguerri et mieux outillé pour faire face à
l’exploitation et au processus de domination.
Il résulte que
cette vision senghorienne insiste sur la nécessité absolue de combattre par tous
les moyens voire d’éradiquer à tout prix l’analphabétisme culturel par
l’érection des écoles pour assurer la formation intellectuelle. Elle insiste
sur la nécessité de combattre l’ignorance mentale et l’abrutissement
intellectuel par la magnificence de l’éducation et même par la revalorisation
des réseaux culturels. À ce niveau, ce grand Chantre de la Négritude, poète de
l’Universel et Apôtre de l’Humanisme rejoint un siècle plus tard la philosophie
révolutionnaire du « Vénézuélien » Simon Bolivar qui essaime,
aujourd’hui, dans toute l’Amérique latine, lorsque ce général libérateur
affirma sans ambages : « Sans savoir ni lire ni écrire, il n’y
a ni liberté, ni égalité, ni fraternité ».
Sis au confluent de
l’Occidentalisme judéo-greco-chrétien et de l’Africanisme primordial, le Nègre
acculturé est profondément un Être métissé. En fait, il est fondamentalement un
« Métis culturel ». Il est à vrai dire un « Être
hybride ». Ainsi, pour le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le
Nègre libéré, devenu de surcroît un Homme nouveau, est en réalité « le
produit » ou « le croisement » des influences culturelles
planétaires ». D’où le Métissage culturel rime avec liberté et dignité humaine
dans la mesure où le Métis, en tant qu’Être et Sujet porte dans ses veines et
exprime dans son imaginaire l’Humanité et l’Univers.
Aimé Césaire
Pour le Grand Martiniquais
Aimé Fernand David Césaire, la
Négritude est en réalité un combat farouche pour la liberté de
l’homme noir. C’est une lutte de tous les instants pour conquérir la dignité de
l’Être négro-africain mentalement ‘‘emprisonné’’ et culturellement ‘‘flagellé’’,
psychiquement ‘‘mutilé’’ voire ‘‘traumatisé’’ par l’Occident fortement influencé
par la chrétienté romaine dans le cadre de l’exploitation capitaliste et de l’hégémonisme
économique. C’est en vérité une lutte pour l’émancipation du Noir des jougs
colonialiste, néocolonialiste et impérialiste. C’est surtout une lutte de tous
les instants en vue de la libération effective du Nègre de l’esclavage mental
professé par les doctrines primitivistes et pratiqué violemment par les tenants
du négationnisme culturel (le génocide culturel).
Il ressort de ces
trois démarches épistémologiques et visions idéologiques que la lutte de
Léon-Gontran Damas met un accent particulier et singulier sur les aspects
mentaux et psychiques de la colonisation. Ce dernier fait la
psychanalyse du Négro-africain. Celle de Léopold Sédar Senghor met un
accent particulier sur le système culturel en tant qu’enjeu d’exploitation et
arme d’asservissement des Peuples, en tant que stratégie de domination des
Nations et races. Cependant, le combat d’émancipation mené par Aimé Césaire
vise plutôt les systèmes politique et économique en tant que socles du régime
d’exploitation coloniale et d’hégémonisme culturel.
À l’instar de ses
camarades de combat, le Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold
Sédar Senghor, la noble lutte menée par Aimé Césaire pour l’affranchissement de
l’Homme négro-africain s’inscrit profondément dans l’affirmation d’un
Peuple méprisé et asservi. Elle s’inscrit fondamentalement dans la
revalorisation d’une race opprimée par les tenants de l’hégémonisme occidental.
Aussi s’inscrit-elle dans la réhabilitation d’une culture totalement négligée
et d’une histoire délibérément ignorée par les négationnistes de la
civilisation noire.
Léon Gontran Damas
Il résulte de ces
trois courants précurseurs de la
Négritude francophone que le Guyanais Léon-Gontran Damas est ‘‘l’eau’’.
Il symbolise, par son écriture et par ses réflexions, l’eau bouillante du
geyser qui présente des vertus curatives, donc thérapeutiques. Il incarne la Mer parfois agitée par les
vagues saccadées de la vie, lesquelles échouent sur les rivages de la liberté,
dont la violence bouscule l’esprit, dont la puissance interpelle incessamment la
conscience et dont la majesté interroge sans cesse le « moi ». Tout
compte fait, il est, en réalité, ce fleuve tranquille qui transporte le Nègre,
l’Africain, pour un voyage intérieur, intime, dans le but de lui faire
découvrir ce qu’il est vraiment.
Léopold Sédar Senghor
Le Sénégalais
Léopold Sédar Senghor est plutôt l’air. Il est cette musique écrite et chantée
par le vent parfois sifflotant, parfois impétueux. Il est le tempo qui imprime
à la musique la beauté, donc la vérité. Somme toute, il est la musique qui
« adoucit » les mœurs, dont le son merveilleux rappelle
continuellement toute la virginité et l’innocence d’une Femme captivant à
l’infini, par la plasticité de son corps, l’éclat de ses charmes et la douceur
de son visage, le regard assoiffé de l’Homme définitivement conquis.
Enfin, le
Martiniquais Aimé Césaire est, en vérité, le tonnerre qui gronde puissamment et
violemment. Il est la lumière qui recouvre la vue et le feu qui consume la peur
et la haine, les injustices raciales et sociales ainsi que les faussetés
historiques. Il est ce volcan qui entre en éruption, qui se déchaîne pour
restituer la vérité. Il est ce volcan dont l’émission des cendres et des gaz
rappelle incessamment la majesté de la
Vie, donc la grandeur de l’Humanité vivante. Il est cette
coulée de lave jaillie du cratère pour fertiliser la Terre qui est la Mère nourricière.
Le Martiniquais
Aimé Césaire incarne la lave volcanique dont les trois couleurs sont : le
Jaune qui est la couleur de l’or, symbolise la victoire de l’Esprit en tant que
Lumière qui guide et montre la voie; le Rouge qui est la couleur du sang signifie
le sens du sacrifice et l’esprit de liberté, la quête de justice et de dignité;
le Noir est la couleur adoptée par la lave une fois éjectée du cratère. Il
enveloppe les deux premières – le Jaune et le Rouge – qui sont tout
à fait visibles lors de la projection de la lave. Le Noir en tant que premier
habitant de la Terre
symbolise, sans doute, le taux de mélanine qui a permis à l’homme de résister
farouchement aux dures épreuves du temps. Cette couleur magique représente la
capacité de l’homme à transmettre généreusement la vie et la civilisation à sa
progéniture. Cet être humain symbolise, surtout, l’esprit de résistance par le
travail pour la survie de l’humanité et la conquête de la liberté.
Si Damas incarne en
vérité l’eau, Senghor représente en réalité l’air et Césaire symbolise en fait le
feu, le Négro-africain est sans aucun doute le quatrième élément de la Nature, c’est-à-dire la Terre. Il la porte en
lui depuis les premiers balbutiements de la Vie et de la Civilisation humaine
en Afrique. Ainsi, il y a lieu de le façonner, de lui donner une forme, à la
manière d’un sculpteur voire d’un potier qui travaille la terre cuite.
La poétique de l’engagement
Lorsque l’on scrute sereinement la pensée et le discours, la démarche et la logique d’Aimé Césaire, il importe de constater que ce poète de la Négritude exprime son être profond qui est en vérité la résultante des mots qui sonnent puissamment comme des hurlements, des geignements ou des grondements. Celui-ci exprime en réalité des sons d’une extrême violence, d’une extrême dureté. Ce qui incline à penser que ce Chantre de la Négritude est véritablement en soi un cri avec un grand C. Ce qui atteste effectivement sa force et sa violence. Donc, le Martiniquais est en réalité un cri dont la puissance ne laisse personne indifférent.
Pour Aimé Césaire, la Négritude est d’avant tout une lutte de libération dirigée contre les préjugés discriminatoires et la négation pure et simple d’une race porteuse de la vie et garante de la survie de l’humanité
En effet, Aimé
Césaire est, intrinsèquement, un cri de révolte contre le viol de l’Âme qui
forge l’identité de l’individu. Il est en fait un cri de révolte contre le viol
de la Conscience
qui façonne la personnalité de l’Être humain. Par définition, il est en soi un
cri de colère contre le mépris, à vrai dire, inconsidéré des autres cultures,
races et Peuples du monde entier, lesquels sont complètement néantisés dans le
dessein de mieux les exploiter. En cela, Césaire doit être considéré comme un
Combattant de l’antiracisme voire un fervent avocat des opprimés. Il est
incontestablement la Voix
des Sans-Voix, c’est-à-dire le fidèle porte-parole des plus faibles. En cela,
le plus célèbre des Martiniquais est, à vrai dire, un cri de liberté et de
justice parce qu’il s’oppose farouchement au génocide culturel. Il est, surtout,
un cri de sagesse parce qu’il s’insurge énergiquement contre la destruction de
la personnalité animique d’un groupe social et le meurtre délibéré de l’identité
collective.
Aimé Césaire est
enfin un cri d’alarme. En vérité, il est cette Vestale qui veille toujours au
feu. Il est effectivement ce Gardien du Temple de la Sagesse et de la Morale qui veille jour et
nuit au grain et au trésor spirituel de l’Humanité. À cet égard, le Grand Martiniquais
est tout à fait prêt à sonner l’alarme dans le dessein de dénoncer tout
dérapage délibéré et préjudiciable à la Conscience humaniste et universelle, à
l’élévation morale de l’Homme. Comme cela a été récemment le cas avec la
volonté affichée par certains Occidentaux, bien intentionnés, tentés de
réécrire (réinterpréter) à dessein l’histoire du colonialisme (le phénomène du
révisionnisme) qui est par nature un crime contre l’Humanité.
En effet, dans le
cadre strictement néolibéral de la Mondialisation marchande ou globalisation
des marchés, les avocats les plus acharnés de la colonisation occidentale qui
est, à n’en pas douter, un processus de viol culturel et surtout une stratégie
de vol économique, donc de soustraction frauduleuse et de confiscation des
richesses appartenant aux races, Nations et Peuples du Tiers-Monde, tendent à
l’interpréter ou à la définir, de plus en plus, comme la mise en valeur d’un
territoire. Donc, de ce point de vue, le poète martiniquais est en réalité
cette Conscience chargée de rappeler à l’ordre les contrevenants à l’ordre
moral et universel de l’Humanité.
Toutefois, s’il est
par définition un véritable cri de révolte, de colère, d’alarme voire même
d’injustice, Aimé Césaire n’est pas, à vrai dire, un cri de guerre et de
vengeance. Il n’est pas du tout un cri de haine ou de rage. Car, celui-ci ne
sème aucunement dans son action et ses réflexions, dans ses discours et écrits
les graines de l’intolérance. Il ne promeut pas la vengeance. Il ne propage pas
la haine.
À ce propos, Aimé
Césaire affirme fort péremptoirement qu’il n’est pas anti-français mais
simplement « Martiniquais ».
À preuve, le sens de la mesure, d’ailleurs, inné chez Léopold Sédar Senghor,
qui est son camarade de combat, le pousse à accepter en 1946 la loi sur la
départementalisation conférant à son Île natale, la Martinique, le statut
de Département d’Outre-Mer (DOM). Cependant, pour les puristes et les
incrédules, cette attitude est en soi une « hérésie politique », une
« apostasie littéraire », donc un reniement de soi, pour n’avoir pas
conduit immédiatement ce territoire merveilleux à l’indépendance nationale et à
la souveraineté internationale.
Aimé Césaire : « Le
Nègre », « l’Africain »
ou « l’Antillais » ?
Aimé Césaire se
disait facilement « Martiniquais ». Sans aucun doute, il l’était dans
toute sa simplicité. Il le demeurait dans tout son cheminement. En effet, la Martinique était son pays
qui l’a vu réellement naître et grandir, émerger et prospérer. Cependant, ce
pays si proche de lui, tant émotionnellement et mentalement que culturellement
et moralement, le hantait sans interruption à telle enseigne qu’il lui permit
de se découvrir et même de se comprendre, donc de se définir. Aussi lui
permit-il de se trouver une vocation aux allures sacerdotales.
S’il est, à vrai
dire, « Martiniquais », Aimé Césaire l’était-il en tant que Nègre,
Africain ou Antillais ? Ce qui est clair, ce Chantre de la Négritude et Poète de
l’engagement universel, est un Nègre. Il est sans aucun doute un Nègre parce
qu’il refuse catégoriquement toute la logique de l’exploitation économique. Il
l’est parce qu’il rejette du revers de la main tout le système d’asservissement
culturel des Noirs. Son combat est en définitive celui de la liberté et de la
dignité des Noirs.
Le Martiniquais Aimé Césaire est, également, un Africain. En effet, ce dernier considère que l’Être Africain est, en réalité, dépositaire d’une riche culture. Il est, en fait, tributaire d’une très grande civilisation dont les valeurs intrinsèques et les principes fondamentaux ont toujours inspiré positivement l’Humanité ambiante, depuis les temps immémoriaux. Pour lui, l’Africain n’est pas, par essence, un sous-être. Il n’est pas un sous-homme ni un produit voire un sous-produit d’une sous-culture sise à la périphérie.
Pour Aimé Césaire
inspiré intellectuellement et philosophiquement par l’existentialisme de
Jean-Paul Sartre, l’Africain est d’abord et avant tout action et mouvement. Il
n’est pas du tout réaction. Celui-ci n’est pas figé dans le temps et dans
l’espace, comme l’affirment les théories primitivistes et le dépeignent les
tenants de la pensée négationniste. Il est en vérité un acteur essentiel (la théorie essentialiste du Martiniquais
Frantz Fanon) et non pas un spectateur inessentiel de l’histoire de
l’Humanité. En effet, de la matrice africaine ont réellement jailli toutes les
valeurs et tous les principes qui fondent l’humanité. C’est d’elle que sont
évidemment sorties les techniques et les sciences dont se targuent des peuples
récents ou complètement inexistants à l’aube de grandes civilisations.
Enfin, le
Martiniquais Aimé Césaire est un Antillais. C’est-à-dire : le colonisé ou
l’esclave qui a brisé toutes les chaînes de la servitude en vue de se
réapproprier son destin humain, pour accaparer définitivement son histoire
héroïque d’homme acteur de l’Humanité. Il est l’homme qui redécouvre la liberté
et la dignité. Il est cet être qui reconquiert son identité bafouée, enfouie
dans les ténèbres de l’histoire. En d’autres termes, l’Antillais représente totalement
pour lui le refus du génocide culturel car il est fier de sa race noire et de
sa culture, de ses origines nègres, de son identité africaine. Il représente
complètement pour lui le refus du génocide mental car il est prompt et résolu à
les défendre. D’où sa critique virulente à l’endroit du conformisme et du
confusionnisme culturel parfois dégagé et propagé par la Créolité en tant que
courant littéraire. D’après ce théoricien oh ! Combien engagé de la Négritude
libératrice, l’Antillais incarne somme toute le rejet de l’Apartheid économique
et social, le refus du ségrégationnisme racial.
En tout état de cause,
Aimé Césaire est et demeure somme toute martiniquais. De par sa naissance tout
comme de par sa culture. Le Martiniquais est par essence un être pluriel. Il a,
en réalité, une identité plurielle. ‘‘Coule’’ effectivement dans toutes ses
veines le sang africain, amérindien, asiatique et occidental. Il est, en
vérité, le fruit de plusieurs cultures et civilisations. Aussi est-il
fondamentalement la rencontre de plusieurs races, Peuples et Nations de la Terre.
Donc, le Martiniquais est, à n’en pas douter, le pur produit même de cette
cohabitation interraciale ou de cette coexistence interculturelle. À cet effet,
celui-ci symbolise intrinsèquement la tolérance et l’esprit de solidarité.
Donc, cet être
greffé sur l’univers de la Caraïbe symbolise éminemment l’esprit de partage et
de fraternité. Aussi symbolise-t-il en tant que creuset de cultures et de
civilisations du monde le ‘‘dialogue permanent’’, ‘‘les échanges perpétuels’’, dans
un cadre essentiellement fondé sur l’équité et la justice. En cela, il promeut
le principe d’égalité des races, Peuples et Nations, des cultures et
civilisations. En tant qu’individu, il exprime l’égalitarisme cher aux
Patriotes français. Prototype du dialogue interculturel, il exprime la devise
»Liberté, Égalité et Fraternité » qui forme le triptyque républicain.
Toutefois, dans la
conception césairienne de la
Négritude « libératrice », donc de la lutte « émancipatrice »
des Peuples noirs, le Martiniquais, quand bien même il dispose en fait d’une
identité propre et particulièrement multiple, reste fondamentalement Nègre.
Donc, il demeure intrinsèquement Noir et Africain par toute sa culture et par
l’héritage de tout son patrimoine d’ailleurs transmis de génération en
génération par les déportés. Pour lui, la Négritude constitue le tronc commun de son
identité multiple. Elle s’avère la colonne vertébrale de sa culture créole.
Elle est l’épine dorsale de la mosaïque culturelle antillaise, du patchwork
martiniquais.
Par ailleurs, le
Créolisme littéraire qui est réellement en vogue depuis les années
quatre-vingt-dix aux Antilles et en Métropole, refuse catégoriquement
d’endosser ce discours, cette démarche et cette vision négro-africaine de
l’Antillais répandue par Aimé Césaire. Force est d’admettre que ce courant ou
ce nouveau genre littéraire considère, en vérité, l’Antillais en général et le
Martiniquais en particulier, comme un Être qui s’est affranchi totalement et
définitivement de la culture négro-africaine pour concevoir et même vivre une
culture propre : ‘‘la Créolité’’.
Celle-ci est, par essence, la somme des cultures africaine, amérindienne,
asiatique et européenne.
De ce fait, le
Martiniquais n’a pas vraiment de race spécifique ni de couleur spécifique. Même
s’il vit dans un monde vraiment auréolé d’une variété de couleurs et de
parfums, il est en vérité un être « sans couleur ». À ce titre, il
ne peut pas du tout être catalogué. Il ne peut aucunement être défini. Il n’a
qu’une et une seule culture : la Créolité qui est en soi unique et spécifique.
Ainsi, ce dernier ne peut pas être défini du point de vue racial. Il ne peut
l’être que du point de vue culturel. Cette vision qui évacue a fortiori et a
priori la notion raciale, constitue manifestement une rupture épistémologique
avec la Négritude
défendue par Aimé Césaire. Celui-ci reconnaît la spécificité plurielle du
Martiniquais et, à plus forte raison, l’identité plurielle de l’Antillais. Il
reconnaît forcément et logiquement aux deux Sujets mêlés l’un à l’autre des racines
négro-africaines.
Le Réunionnais Danyèl Waro, la figure de proue de la culture musicale créole
Force est de constater que cette vision de la Créolité en tant que discours culturel est aussi véhiculé dans les autres Départements d’Outre-Mer français (DOM) par Danyèl Waro. Cet artiste-musicien de l’Île de la Réunion pratique le rythme musical Malowa perpétué par des descendants d’esclaves africains, notamment sur l’Île Maurice et ses environs. De race blanche et aussi de souche française, il refuse catégoriquement, au nom de « sa » culture créole, de s’exprimer dans la langue de Voltaire et de Molière. Donc, celui-ci refuse de faire la promotion de la Francophonie.
Raphaël Confiant, le porte-étendard de la littérature créole
À cet égard, il
convient de mentionner que le Mulâtre martiniquais Raphaël Confiant qui
est effectivement la référence littéraire, a fortiori la figure de proue de la
« Créolité » aux Antilles françaises[ii],
a écrit un de ses tout premiers ouvrages « le Nègre et l’Amiral »[iii]
en langue créole. Ce livre qui est pratiquement en soi une véritable peinture
vivante par ses multiples tableaux merveilleux, dévoile, en réalité,
l’« essence » spécifique de la Créolité en tant que culture et langage
esthétique propre à une communauté vivante qui incarne la symbiose et l’osmose.
Il pose sur le plan purement psychologique la problématique de l’identité culturelle
créole en tant que réponse à la crise identitaire de l’Antillais. Par cette
dimension et par son intérêt littéraire, cet ouvrage a été finalement traduit
en français.
Raphaël Confiant et Aimé Césaire en pleine discussion
Critique du
colonialisme barbare et du néocolonialisme oppresseur, grand pourfendeur de
l’impérialisme brutal et du capitalisme sauvage, Aimé Césaire est à vrai dire
un Hymne à la liberté et à la justice. Sa lutte pour l’émancipation des Peuples
négro-africains est une Ode à l’Humanisme et à l’Universalisme. En réalité, ce
poète de l’Universel et a fortiori chantre de la Négritude combattante restera,
à jamais, cette Voix intérieure – extériorisée
– qui interpelle incessamment la
Conscience humaine.
Ainsi, avec le trépas inopiné de ce grand chantre de la Négritude et poète de la liberté, l’Humanité vivante perd à jamais un Grand Esprit et un Grand Témoin de l’Histoire. Elle perd irréversiblement un Phare de la « Morale » internationale. C’est une grande voix du XXe siècle qui s’éteint. C’est un grand pan du XXe siècle qui est sans aucun doute tombé. Avec la plume d’auteur-écrivain comme arme à la main. Pour un ultime combat ? Peut-être ! Pour un ultime au revoir ? Sans aucun doute. De ce fait, le Très Grand Martiniquais Aimé Fernand David Césaire s’élève au rang des Immortels parmi les Immortels.
L’Histoire
retiendra que cet homme de combat avait décliné, sans autre forme de procès, le
Ministère des droits de l’Homme sous la présidence socialiste du florentin
François Marie Adrien Mitterrand dont il était, d’ailleurs, très proche. Par ce
geste dont la portée et l’écho seront sans nul doute appréciés par des
générations futures, il ne voulait surtout pas servir de caution morale ni de
couverture intellectuelle à la politique paternaliste de la France, entre autres en
Afrique noire. Force est d’admettre que celle-ci est très souvent qualifiée par
certaines voix autorisées de colonialiste et d’impérialiste.
Par l’ardeur et la
noblesse de son combat permanent en faveur de la libération complète de
l’Humanité de ses turpitudes, de ses phantasmes débiles, le Grand Martiniquais
Aimé Césaire fait déjà partie du Panthéon du cœur et de l’Intelligence. Par la
pertinence de sa lutte en faveur de l’émancipation de l’Homme négro-africain de
l’esclavage économique et de la colonisation mentale, il fait déjà éminemment partie
du Panthéon de la
Conscience humaniste. Enfin, par tout son discours
philosophique et par l’ensemble de son héritage (patrimoine) littéraire légué
généreusement à l’Humanité et aux générations futures, il fait déjà largement partie
du Panthéon de la Mémoire
universelle. Cela est d’autant plus vrai que ses très nombreux écrits et
réflexions sont encore et toujours d’actualité.
À cet effet, il y a
lieu de tourner rapidement le regard vers l’Afrique, l’Asie, les Amériques, les
Antilles (Caraïbes), l’Europe et l’Océanie. Par conséquent, le racisme et la
colonisation sont-ils définitivement vaincus et extirpés de la tête humaine ?
Leur lot de souffrances morales et leur cortège d’injustices sociales sont-ils
définitivement éradiqués de la
Terre ?
Paix à votre Âme, Aimé Césaire !
Que la
Terre des Ancêtres vous soit légère !
Quelques ouvrages conseillés d’Aimé Fernand
David Césaire : « Les arènes miraculeuses » (1946), « Soleil
cou coupé » (1947), « Corps perdu. Discours sur la Négritude » (1950),
« Toussaint Louverture » (1962), « La tragédie du Roi
Christophe », « Cahier d’un retour au pays natal » (1939),
« Discours sur le colonialisme » (1950), « La Révolution française et
le problème colonial » (1962), Une saison au Congo (1968).
Ont dit de lui :
André
Breton : « Aimé Césaire est un Noir qui est non seulement Noir;
mais également tout l’homme qui en exprime toutes les interrogations, toutes
les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s’imposera de
plus en plus à moi comme le prototype de la dignité ».
Joël Asher Lévy-Cohen
est journaliste indépendant. En qualité d’analyste politique et social, il est
auteur et signataire de plusieurs articles, dossiers et reportages sur des
thèmes variés. Parmi les nombreux sujets qu’il a eu à traiter dans le cadre de
sa profession et à aborder dans des conférences-débats, il convient de mentionner
les questions de société, la santé, la religion, la démocratie, les droits de
la personne humaine, la politique, la culture et les arts, la littérature, le
sport, l’environnement et l’histoire. Il prépare actuellement deux ouvrages
volumineux sous forme d’essais politiques sur la réalité sociopolitique de la République démocratique
du Congo (RDC).
[i] Aimé Fernand David Césaire est né en 1913. Il a fait ses études
universitaires à Paris où il devient normalien et agrégé. À son retour en
Martinique, il enseigne au Lycée Victor Schœlcher, baptisé en hommage à
l’inconnu abolitionniste français oeuvrant aux Antilles en 1848. Dans cette
école où il a également fait ses premières armes avec son compagnon littéraire
et camarade de combat pour la dignité de l’Homme noir, le Guyanais Léon-Gontran
Damas, Aimé Césaire a pour étudiant l’anticolonialiste « Frantz
Fanon » et l’écrivain « Édouard Glissant ». Inspiré
dans sa prolifique vie littéraire par le surréalisme et l’existentialisme, il a
rencontré nombre de sommités françaises tels André Breton et Jean-Paul
Sartre.
[ii] Ce brillant auteur-écrivain martiniquais aime répéter, à toute celle et
à tout celui qui veut bien l’entendre, qu’il a souffert réellement du racisme
en France, entre autres dans les Bouches-du-Rhône, à Marseille
(Aix-en-Provence), lorsqu’il était étudiant, plus en tant que Maghrébin que
Noir en raison de la couleur « basanée » de sa peau.
[iii] Allusion faite à Aimé Césaire le défenseur de la Négritude et de
l’identité martiniquaise ainsi qu’à l’Amiral Robert qui a mené en Martinique
pendant les années d’occupation une politique raciste et archi-répressive.
L’apologie de l’intolérance meurtrière et la certification de la violence sanguinaire
Elie Wiesel : ‘‘Nous devons toujours prendre parti : la neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime.’’ ‘‘En me battant contre la haine, je me bats contre l’indifférence.’’
L’Humanité en péril…
‘‘La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse.’’ Dr Martin Luther King, Apôtre de la paix (1964)
‘‘La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse.’’ Dr Martin Luther King, Apôtre de la paix (1964)
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Plus de soixante-dix ans après la seconde guerre mondiale
qui fut, indéniablement, une des pires tragédies pour notre espèce vivante, une
catastrophe incommensurable, sans commune mesure, pour l’Humanité ambiante, la Planète
Terre que nous habitons, revit, de nos jours, sous le régime odieux de
l’intolérance. Après ce grand cataclysme, notre univers revit pratiquement sous
le joug de la haine[i] destructrice,
d’ailleurs, dopée par la montée fulgurante des ‘‘extrémismes’’ et des ‘‘radicalisés’’
de tous bords. En réalité, celle-ci se nourrit – très souvent – de la peur
injustifiée de l’autre.
Nelson Mandela : ‘‘Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.’’
Cette haine dévastatrice pour l’être humain s’alimente en
fait de l’insécurité imaginaire. Force est d’admettre que celle-ci est artificiellement
fabriquée dans des laboratoires par les tenants de l’ordre politique et social
en vue de contrôler mentalement des individus dépossédés de toute leur
personnalité animique. Ces êtres déshumanisés évoluent dans une société visiblement
en perdition. Ceux-ci vivent dans un univers manifestement en manque total de
repère autant spirituel et moral que matériel et intellectuel.
Simone de Beauvoir : ‘‘Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, mais le refus de savoir.’’
S’ils vivent, évidemment, dans une société dont la référence morale et spirituelle est la religion, ces êtres déshumanisés ou dépersonnalisés ne pourraient être que manipulés. Si, d’aventure, ils évoluent dans un environnement étroitement contrôlé et organisé par des croyances et des traditions culturelles, ceux-ci ne pourraient être que possédés par un esprit ultra-puissant. Ce dernier aura, donc, réussi à nettement prendre le contrôle de leur mental. C’est-à-dire : il aura réussi à télécommander leurs façon de penser et manière d’agir.
Dr Martin Luther King : ‘‘Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.’’
En tant que tare qui relève, assurément, de la
psychiatrie et, surtout, maladie qui touche profondément l’âme, l’esprit
et la conscience de l’être humain, cette haine destructrice se nourrit pratiquement
du rejet arbitraire de son prochain. Fondée essentiellement sur la négation complète
de l’humanité – le déni d’humanité –, elle débouche de manière tout à fait
naturelle sur la violence aveugle. Donc, une violence à tous égards gratuite.
Celle-ci est déployée avec frénésie, avec délectation, sur l’autre. En tant que
pratique sociale ou finalité idéologique, tout comme geste ou acte,
comportement ou attitude, elle débouche directement, immédiatement, sur
l’exclusion ‘‘forcée’’ de l’individu ou la discrimination virulente des Communautés
vivantes ou groupes d’individus.
Dalai Lama : ‘‘C’est dans son cœur qu’il faut construire la paix.’’
Force est pourtant de souligner que, dépendamment des espaces linguistiques, culturels et géographiques, le genre humain est façonné par différents courants philosophiques et moraux, autant que spirituels et religieux, dont la substantifique moelle est, à vrai dire, ‘‘l’Amour’’. Dans les relations humaines, cet idéal comportemental peut, en réalité, se décliner de plusieurs manières. À savoir : la Fraternité, la Solidarité, la Paix, la Concorde oul’Harmonie, etc. D’où l’inéluctable question : ‘‘Pourquoi la Haine ?’’
En effet, pourquoi réellement tant de haine parmi le
genre humain ? Pourquoi en vérité tant d’intolérance dans la vie
quotidienne ? Pourquoi ce sentiment pourtant condamné, de surcroît déconseillé
moralement et spirituellement, prend-il de plus en plus le dessus sur l’Amour ?
À cet effet, il sied de relever que l’Amour en tant que sentiment et posture est bel et bien censé servir de phare lumineux dans nos relations. Il est censé servir de guide en vue de garantir la paix et l’harmonie, la bonne entente voire même l’entraide dans la société. Toutefois, qu’est-ce qui explique en vérité la montée fulgurante de cette gangrène qu’est certes la Haine ? Qu’est-ce qui explique la montée en flèche de ce phénomène alarmant, lequel embrase le cœur des humains, consume l’esprit et carbonise la conscience de l’humanité ?
Mahatma Ghandi : « La haine tue toujours, l’amour ne meurt jamais.«
Ce qui est sûr et certain, l’Humanité ambiante,
d’ailleurs visiblement envoûtée par la Haine ‘‘maladive’’, vit
actuellement une véritable crise ‘‘morale’’ et ‘‘spirituelle’’. L’espèce
humaine vit, à n’en point douter, une sérieuse crise de valeurs et de principes.
Par leur pertinence, ceux-ci sont, pourtant, censés guider quotidiennement ses
pas. Ils sont en réalité censés l’orienter dans sa quête [permanente] et [insatiable]
d’équité et de dignité, de liberté et de justice, d’harmonie et de concorde, de
paix et de sécurité, de bonheur et de confort.
Cette crise qui s’apparente indubitablement au ‘‘chaos’’,
est surtout aggravée par le fait que l’Humanité ambiante n’est plus du tout encadrée
par des Institutions somme toute respectables et dignes de ce nom. En fait, elle
n’est plus du tout encadrée par des leaders dont la noble mission consiste à
élever la Conscience morale et spirituelle de l’individu. Elle n’est plus du
tout guidée par une race de meneurs dont le véritable rôle social et culturel
consiste à garantir la santé mentale du groupe social.
À vrai dire, l’Humanité n’est plus du tout encadrée par des Institutions fiables dont le rôle majeur contribue au développement, à l’affermissement et à l’affirmation de la personnalité de l’individu en tant qu’être humain. Elle n’est plus du tout encadrée par des Institutions crédibles qui se préoccupent réellement du façonnement de son identité en tant que membre d’un groupe social. Par conséquent, l’être humain dont la cellule familiale est certes éclatée, dont la culture est dévitalisée, et même écrabouillée, dont la trajectoire scolaire est sérieusement dévalorisée, dont le circuit professionnel est déshumanisé, est pratiquement abandonné à lui-même.
Mère Teresa : ‘‘Le manque d’amour est la plus grande pauvreté.’’
En effet, il n’existe pratiquement plus, aujourd’hui, de ‘‘Conscience universelle’’.
C’est-à-dire : des ‘‘Voix fortes et puissantes’’. Des ‘‘Voix’’
capables de recadrer les êtres humains dans leurs errements et fourvoiements.
Ces fameux directeurs de conscience sont plutôt complètement étouffés. À cet
égard, ils sont naturellement remplacés par des voix sans aucune substance et
sans aucune portée réelle dans la vie de l’humanité ambiante. Ceux-ci sont plutôt
substitués par des lampes sans lumière et des phares sans éclairage. Ils sont
carrément substitués par des flambeaux ou torches dont le feu sacré ne
réverbère point, dont la flamme est éteinte à jamais, et ce depuis des lustres.
Ce qui est clair, la montée de la Haine et ses
corollaires, l’Intolérance et la Violence, est attribuable à l’incapacité de
l’être humain à percevoir la réalité dans sa globalité qui se profile ou se
cache certes derrière le concept d’Humanité. En effet, l’esprit humain est très
généralement accoutumé à voir et à interpréter la réalité qu’il perçoit ou
l’environne de façon compartimentée ou fractionnée, de manière parcellaire ou
morcelée. Celui-ci ne peut véritablement cerner les choses de manière globale.
Jean-Paul Sartre : “Agir, c’est modifier la figure du monde.”
Sa vision est, à ce point unique, fragmentée, éclatée.
D’où sa propension à interpréter le phénomène humain en termes de division et de
subdivision, de classes et de catégories, de particularité et de singularité.
En même temps, cette façon de voir et de percevoir la réalité lui permet
également de se définir en tant que particularité, en tant que morceau d’un
tout par définition éclaté et non point unifié. Il lui permet, par voie de conséquence,
de se particulariser, de se singulariser[ii].
C’est-à-dire : ‘‘se différencier d’un tout qui n’est pas
uniforme de son point de vue, tout comme à ses goûts, s’exclure sans autre
forme de procès d’un tout qui n’est véritablement pas homogène à l’œil nu’’.
Ainsi l’humain tend-il par sa définition en tant qu’être à discriminer ou à
exclure les autres.
Cet esprit de classification, de catégorisation et de
spécification des individus eu égard à leurs univers géographiques, leurs
caractères ou apparences physiques, leurs pratiques culturelles et coutumes
traditionnelles, leur appartenance sociale, a de tout temps mené l’humain à
ériger un immense ‘‘mur de protection’’ autour de son environnement social. Cette
réaction est dictée par la volonté de sauvegarder les particularismes qui
fondent sa personnalité et son identité. Et, dépendamment du type de relations
tissées avec les autres groupes sociaux directement issus de cet esprit de division
et de catégorisation, il s’ensuit fort logiquement la double notion opposée de
fraternisation ou de diabolisation, la double notion contradictoire d’acceptation
ou de rejet.
Jean-Paul II : ‘‘Toute espèce de racisme conduit inévitablement à l’écrasement de l’homme.’’ ‘‘La violence nourrit les guerres et affame les peuples.’’
Cette ‘‘opération’’ de division ou de séparation qui fonctionne mentalement comme un code, conduit naturellement l’humain à attribuer des statuts qui déterminent la condition heureuse ou malheureuse de son vis-à-vis. Pis, elle le conduit à hiérarchiser ses pairs[iii]. En réalité, le principe de la hiérarchisation des statuts individuels et des rapports sociaux vise à conduire les humains à se combattre fréquemment, à s’opposer perpétuellement. De ces luttes virulentes découle tout à fait logiquement la mort ou l’anéantissement des individus. Partant de là, la disparition pure et simple des Communautés vivantes.
En d’autres termes, d’un point de vue psychologique, la
haine est par essence le produit d’un esprit profondément malade. Elle est en
réalité le produit d’un esprit moribond qui ne se sent point en sécurité, qui a
constamment peur. Elle est, par conséquent, le produit d’un esprit humain qui
n’a point du tout dominé sa part d’animalité[iv].
Albert Camus : ‘‘Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout’’
Étouffant sa part d’humanité dont l’objectif primordial consiste en principe à propulser l’humain au stade suprême de divinité, la haine retient, toujours, sa conscience dans les profondeurs ténébreuses. Elle maintient à tout prix l’âme humaine prisonnière dans les bas-fonds de l’animalité. Ayant une conscience animale, l’humain ne peut vraiment s’élever.
Abbé Pierre : »Vivre, c’est apprendre à aimer ».
Ainsi, pour vaincre naturellement sa peur qui l’empêche de s’ascensionner, l’humain est obligé de nier à l’autre sa part précieuse d’humanité. Pourtant, pour sortir réellement de cette captivité maladive qui l’empêche malheureusement de libérer complètement son Âme, sa Conscience, son Esprit et son Intelligence, il lui suffit tout simplement d’ouvrir très largement son Cœur. À cet égard, il lui suffit tout simplement de laisser s’exprimer très librement et très sereinement l’Amour en tant que principe énergétique ou rayon de lumière.
[i] La haine est, par essence, un feu actif, dévorant qui brûle avec intensité dans le cœur de l’homme. C’est un brasier qui consume la conscience et l’esprit de l’homme avec plusieurs flammèches. C’est, donc, un sentiment destructeur de l’humain. En effet, la haine détruit, d’une part, celui qui la développe dans son cœur, dans son for intérieur, en faisant systématiquement et automatiquement de lui un diable malfaiteur. Force est de souligner que cette puissance maléfique finit toujours par se mordre la queue et descendre précipitamment aux enfers avec ses cornes. Et, d’autre part, la haine détruit celui vers qui les flèches empoisonnées conçues par un cœur tout à fait corrompu, malveillant et malfaisant sont visiblement destinées. C’est, à vrai dire, et surtout, un processus mental dans lequel un être humain qui a réellement perdu tous sentiments de bonté et de justice, de miséricorde et de pitié, se complaît à minimiser son pair et à le réduire au stade de néantisé. En tant que construction à la fois intellectuelle et émotive, la haine consiste à ôter définitivement toute parcelle d’humanité à son vis-à-vis ou son prochain pour mieux l’effacer de l’histoire ou le faire disparaître dans l’ordre humain. En effet, cette absence de bonté et de justice, de miséricorde et de pitié, pousse un être humain à détruire son pair en utilisant tous les artifices possibles et toutes les ressources possibles, à sa disposition, dans le dessein de se donner, et ce à titre justificatif, une bonne conscience ou se procurer une bonne raison de vivre ou d’exister, et ce au-delà de toute espérance.
[ii] La logique de fragmentation,
l’esprit ou le principe de division. ‘‘Diviser pour mieux régner’’, dit-on.
En latin, Divide ut regnes.
[iii] La finalité de la
fragmentation est l’opposition des individus entre eux ou la confrontation
entre les communautés.
[iv] ‘‘Homo
homini lupus’’, dixint Romani. Ce qui signifie : ‘‘L’homme
est un loup pour l’homme, disent les Romains’’. Pour le GrecAristote, l’homme est, par définition,
‘‘un
animal qui vit en société’’.
m
L’homologation de la violence et de la haine destructrices de l’Humanité
‘‘Nous ne sommes que les pions insignifiants d’un grand jeu de massacres que se livrent des politiciens et des industriels fous, sans scrupule, avides de pouvoir et d’argent…’’ Daniel Vranckx
Par
Joël Asher Lévy-Cohen *
La Shoah ou l’holocauste devrait normalement inciter l’humanité à se questionner sur le processus d’aveuglement engendré par la haine et la violence exterminatrices des communautés tout entières
Le vingtième siècle a été, de toute évidence, sans conteste, le siècle des génocides et des meurtres à large échelle.
Il suffit de penser, un seul
instant, à l’éradication des Tziganes par le IIIe Reich lors de la
deuxième guerre mondiale, à l’élimination physique des populations hereros de
la Namibie par le colonisateur allemand au début de ce siècle de folie
narcissique.
Il importe de penser au sort
cruel réservé aux Juifs d’Europe par les fanatiques nazis conditionnés par une
idéologie mortuaire et une secte sanguinaire lors de la IIe guerre
mondiale.
Il convient de se rappeler
le sort macabre des Arméniens par l’Empire Ottoman au début de ce siècle de
malheur pour la survie de l’Humain.
Aussi convient-il de se
remémorer les pires massacres génocidaires en Afrique et en Asie, entre autres
en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Cambodge, au Laos, au Sri
Lanka, en Indonésie, etc.
Au cours de ces meurtres de
masse et génocides, des populations tout entières ont été décimées pour des
raisons politiques et idéologiques, des motivations économiques et matérielles,
autant que sociales et culturelles.
Les millions de morts
provoqués par les Socialistes et Communistes en URSS ou en République populaire
de Chine disent-ils encore quelque chose de nos jours ?
Sans compter que
l’entreprise capitaliste promue par l’Occident chrétien continue à tuer en
douceur des masses immenses de populations d’outre-mer par nature sans défense.
Force est de souligner que cette élimination physique massive s’obtient aisément par le truchement des politiques publiques ou par le biais des stratégies de confiscation des terres et d’accaparement des richesses appartenant à des Nations… Qui en parle encore aujourd’hui ?
À ce propos, il convient de citer le génocide silencieux des peuples premiers (des Amérindiens dans les Amériques , des Pygmoïdes et des Bushmen en Afrique, des Mélanésiens en Asie et dans les terres australes) victimes de spoliation des terres et de captation des ressources précieuses et stratégiques.
Ce comportement est très souvent l’oeuvre épouvantable des gouvernements nationaux inféodés au Grand capital monopolistique international et des Transnationales obnubilées par la notion de profit économique.
Ces entreprises multinationales appliquent, en réalité, sur le terrain un modèle d’exploitation économique inhumain qui bouleverse brutalement l’écosystème dont les peuples premiers sont naturellement tributaires. Ce qui les rend ainsi vulnérables.
Pour avoir revendiqué leurs
droits les plus fondamentaux, des peuples ou des masses de citoyens ont été gratuitement
éliminés au Sénégal et au Cameroun par le pouvoir colonial, en Amérique latine
et en Indonésie par des régimes verrouillés en place, etc.
À ce niveau, il faut
mentionner le gazage mortel des populations kurdes par l’Irak de Saddam
Hussein.
D’autres peuples ont été, par contre, emportés lors de violents affrontements raciaux ou interethniques voire des conflits interconfessionnels.
Le mémorial du génocide au Rwanda
Toutefois, le 21e
siècle échappe-t-il effectivement à cette règle macabre d’élimination
systématique et automatique des peuples ou des masses de gens ?
Le 21e siècle qui
devrait être normalement guidé par le Flambeau de l’amour fraternel et universel,
déroge-t-il réellement au principe de persécution télécommandée des Communautés
humaines pour des motifs idéologiques et politiques, économiques, sociaux et
culturels ? Y compris raciaux ? Pas le moins du monde ! D’ailleurs, il s’en
inspire même très largement.
C’est malheureusement le cas
des peuples yazidis d’Irak persécutés et massacrés par les fameux défenseurs de
l’État islamique d’Irak et du Levant (DAESH ou ISIS).
C’est aussi le sort scellé des
Cooptes d’Égypte et des Chrétiens d’Orient et du Moyen-Orient. Ceux-ci sont
persécutés voire même massacrés gratuitement à cause de leur appartenance
religieuse par des légions musulmanes.
C’est également le cas
fragile des Musulmans sauvagement persécutés et froidement massacrés par des
Hindous au Moyen-Orient et des Bouddhistes en Extrême-Orient.
Point n’est vraiment besoin de passer sous silence les carnages intercommunautaires et les violences interconfessionnelles entre Chrétiens et Musulmans mais également entre Sunnites et Chiites au pays du Levant. Y compris entre Sunnites et Chiites dans le golfe arabo-persique et dans le sous-continent indien.
Point n’est besoin de
rappeler que des peuples voisins se sont massacrés au Kenya pour des motifs
politiques et électoralistes.
D’autres s’entretuent dans le silence complice, autrement dit coupable, en République démocratique du Congo pour des questions d’ordre politique et foncier. D’autres sont pourchassés et gratuitement massacrés parce qu’ils appartiennent tout simplement à la même ethnie que le vainqueur déclaré de l’élection présidentielle par l’Institution organisatrice des scrutins.
Faudrait-il rappeler que le terrorisme armé ou aveugle est devenu l’expédient le plus facile en vue d’exécuter des meurtres de masse contre des communautés paisibles et même des citoyens sans défense. Notamment en Israël où les populations innocentes sont victimes de la folie meurtrière des bandes armées (Jihad Islamique, Hamas).
Force est de relever que ce terrorisme armé ou aveugle, d’ailleurs, motivé par des idéologies totalement sectaires et sanguinaires, par des convictions purement religieuses ou politiques, tue indistinctement et gratuitement en Europe et en Amérique.
Cette philosophie mortuaire a également occasionné le ravage du Nigeria (Boko Haram) et l’implosion de la Libye (les adeptes du Califat islamique). Aussi a-t-elle réussi à transformer en pétaudière la Somalie (Shabab) tout en plaçant dans la mire des plus extrémistes et dans l’œil du cyclone le Kenya limitrophe.
Finalement, où va-t-il réellement
l’être humain pourtant créé à l’image du Très-Haut ? Est-il vraiment malade au
point d’éliminer inconsciemment son propre semblable qui est, par essence, son
propre miroir ?
Alors, pourquoi l’être humain
qui est, par essence, le fruit même de l’Amour divin, a-t-il manifestement oublié
ou feint-il d’ignorer ce commandement suprême au cœur de la Vie, cette
prescription vitale au centre de l’Amour fraternel et universel : ‘‘Tu ne
tueras point’’.
En d’autres termes, pourquoi
cette ‘‘Créature divine’’ laisse-t-elle consciemment ou inconsciemment germer
la haine dévastatrice dans son cœur qui, pourtant, doit être exempt de toute
impureté ?
Naseem, prêtre de rite chaldéen associé au rite catholique romain, et sa femme Lusia.
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Les prêtres ‘‘Casanova’’
Quand l’art de la ‘‘séduction’’ entre dans l’Église
par la fenêtre
Le vœu de chasteté battu en brèche par les bergers de
Christ
Entre hypocrisie, déviationnisme sexuel et incartades
amoureuses
‘‘L’Évangile honore l’état de mariage et
impose la chasteté à l’homme comme à la femme ; mais il considère le célibat
comme un état supérieur, et il conseille de ne se point marier, pour se donner
à Dieu tout entier.’’ Victor Cherbuliez, La vocation du comte
Ghislain (1888)
Après le sommet sur la pédophilie, Vatican doit immédiatement se pencher sur les relations amoureuses entre les prêtres qui doivent normalement pratiquer la continence sexuelle et les femmes ‘‘mariées’’ ou ‘‘célibataires’’.
Force
est de mentionner que, de cette idylle amoureuse, naissent très souvent des
rejetons victimes de relations qui se situent en dehors de toute normalité.
À
vrai dire, ces liens charnels entre serviteurs patentés de Christ Rédempteur et
femmes très souvent en position de vulnérabilité sociale constituent, de nos
jours, une épidémie qui ne dit d’ailleurs pas son nom.
À
cet égard, un synode serait le bienvenu afin de clarifier la position
doctrinale de l’Église de Rome en la matière.
En vérité,
ce conclave regroupant l’ensemble des princes de l’Église catholique provenant de
différents archidiocèses et diocèses serait, surtout, le bienvenu en vue d’entamer
le plus vite possible la révision du statut des prêtres aux qualités ‘‘donjuanesques’’.
Ce
qui serait, bien entendu, une manière de rappeler à toutes et à tous, avec
clarté et fermeté que ‘‘le plus sûr moyen de conserver sa chasteté
est une grande dévotion à Marie immaculée, reine et protectrice des vierges[i]’’.
« Get
up, Stand up. Stand up for Your Rights » Robert Nesta Marley, dit Bob
Marley[i]
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Si le jeudi 30 juin 1960 a, assurément, permis à
la République démocratique du Congo d’être pratiquement inscrite en tant
qu’État souverain et indépendant sur la mappemonde, la date du 15 février 1982 a naturellement permis
à son Peuple d’être inscrit en lettres d’or et de feu sur la carte politique du
pays. En effet, depuis le coup d’État militaire du 24 novembre 1965 et, surtout,
l’institutionnalisation du Mouvement populaire de la révolution (MPR) en
qualité de parti unique en 1971, ainsi que sa transformation en Parti-État en
1974, le Peuple congolais n’existait en vérité plus. Seul existait le
président-fondateur du MPR sous le couvert de ce parti atypique et « inique ».
Donc, seul existait vraiment Mobutu Sese Seko du Zaïre. Lui seul avait en réalité la parole. C’est-à-dire : « le pouvoir de critiquer les Institutions et leurs animateurs ». Ce qui impliquait la faculté de les abolir et de les remanier selon ses phantasmes loufoques et son délire narcissique. Donc, le dictateur Mobutu détenait en réalité seul l’imperium. Ce qui signifiait le pouvoir de vie et de mort sur la société, et ce à l’image d’un pater familias, c’est-à-dire un patriarche. En d’autres termes, la personne Mobutu Sese Seko du Zaïre avait doublement qualité de pouvoir et d’Institution politique.
Cependant, la naissance de l’UDPS en date du 15
février 1982 marque, en réalité, la résurrection du Peuple congolais,
d’ailleurs, substitué par le Parti-État ou parti unique qu’est sans doute le
MPR sur le terrain national. En vérité, la fondation de cette formation marque
ipso facto la reconnaissance du Peuple en tant qu’entité politique viable
disposant effectivement des « droits fondamentaux » au premier
rang desquels la parole. C’est-à-dire : les libertés d’opinion et
d’expression. Donc, la création de cette organisation marque la reconnaissance
du Peuple en tant que groupe politique et, surtout, entité souveraine qui se
réapproprie définitivement son destin national par le libre choix. En d’autres
termes, cette date du 15 février 1982 veut dire politiquement et
idéologiquement « Souveraineté » et « Liberté »
du Peuple.
La naissance de l’UDPS a redéfini la place du citoyen dans le jeu politique et celle de la population dans le destin de la Nation.
Dans le contexte de naissance de l’UDPS, la Souveraineté signifie
que le pouvoir politique appartient au Peuple. Ainsi, ce dernier est le seul
titulaire du pouvoir dans la société. La liberté est la faculté lui reconnue de
désigner sans contrainte physique et morale ses propres dirigeants, sensés
incarner toutes ses aspirations légitimes, par le truchement de la compétition
électorale. C’est aussi la faculté lui reconnue de choisir sans entrave son
parti, sensé le représenter, par le biais de la concurrence politique et idéologique.
Toutefois, que signifie-t-elle exactement la naissance de l’UDPS dans le contexte de tyrannie politique et militaire issue du processus de Pretoria ? Que signifie-t-elle véritablement la fondation de cette organisation politique dans le contexte d’une dictature à la solde de puissances étrangères et d’intérêts maffieux ? Que signifie-t-elle réellement cette création dans le contexte d’un régime liberticide et démocraticide dont la seule et unique volonté est de prostituer la Souveraineté du Peuple et de détruire le fondement ou les fondations de l’Indépendance de la Nation ?
Étienne Tshisekedi wa Mulumba est la figure tutélaire de la résistance politique et pacifique contre la dictature
Face à un despotisme des plus cruel et, surtout,
destructeur de l’humain dans ses dimensions morales, spirituelles, matérielles,
intellectuelles, psychiques, mentales, face à un pouvoir sanguinaire et macabre
réputé réduire à néant l’humanité, l’UDPS incarne, par essence, la résistance
politique. À cet égard, résister veut dire en vérité réhabiliter l’Être humain
dans ses droits fondamentaux, donc ses droits les plus sacrés. Résister veut
dire restaurer la dignité humaine indubitablement niée par le système répressif
et arbitrairement emprisonnée par le mal oppresseur.
Dans un contexte tyrannique, résister signifie
restaurer tous azimuts la liberté, la démocratie et la justice. La liberté est,
par définition, l’Indépendance du Peuple. La démocratie s’avère le pouvoir
légitime de la Nation.
Quant à elle, la justice est l’assise de la paix et de la
sécurité, deux conditions essentielles pour promouvoir et amorcer le
développement économique et le progrès social de la Collectivité
publique. Tels sont les défis auxquels est confrontée l’UDPS dans sa marche
pour la conquête pacifique du pouvoir politique. Tels sont effectivement les
paris que cette formation politique doit en principe relever en vue de garantir
solidement l’avenir de la
République démocratique du Congo.
Face à un État déliquescent ou un pays manqué, la date
du 15 février 1982 veut dire le vrai changement. Et le vrai changement signifie
l’abandon de la culture de corruption, de concussion et de prévarication. C’est
l’éradication de l’immoralité ou de l’amoralité qui gangrène malheureusement la
moelle épinière de la Nation (le rejet des antivaleurs). En
d’autres termes, c’est l’instauration d’une nouvelle culture politique fondée
substantiellement sur la Vérité
et la Transparence,
donc la Bonne
gouvernance politique et administrative. C’est le respect scrupuleux de la
parole donnée et de la volonté d’engagement.
C’est l’instauration de la culture des textes pour sauvegarder les intérêts vitaux du sanctuaire national. Par conséquent, la fondation de l’UDPS postule en réalité la modernisation de l’idéologie de l’État et de l’appareil politique. Aussi postule-t-elle la modernisation tous azimuts des pratiques politiques et administratives, ainsi que la moralisation de la sphère publique.
La victoire de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, alias FATSHI, à la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018 permet au Peuple congolais d’entrevoir l’avenir avec optimisme
Face à une Collectivité publique culturellement et
économiquement déstructurée, en voie de démembrement et de disparition (balkanisation),
la date du 15 février 1982 inspire des réflexes patriotiques pour sauver la Nation. Face à un
Peuple en danger, au bord de l’explosion sociale, miné par des crises cycliques
et, surtout, plombé par des rivalités politiques fratricides, elle inspire
éminemment l’esprit de solidarité. Et la solidarité signifie intrinsèquement
l’esprit d’union et de concorde, l’harmonie collective. C’est cet esprit
d’unité qui fermente fortement la conscience nationale et forge le patriotisme.
Dans la perspective et l’optique de conquête du
pouvoir pour asseoir la liberté et la démocratie, la date du 15 février 1982
est matériellement la démonstration de l’existence physique du Peuple en tant
qu’entité politique. C’est, en réalité, la preuve de son refus de mourir
gratuitement ou naïvement. C’est la preuve de son refus d’être continuellement
écrasé par les forces rétrogrades ou réactionnaires. C’est le refus d’être
prisonnier et forçat de la tyrannie néocolonialiste. C’est le refus d’être
chiourme du système d’Apartheid économique international et esclave du
néolibéralisme négrier parrainé ou promis par l’ancienne puissance coloniale.
C’est la preuve vivante que le Peuple congolais a
manifestement conquis le droit à la parole. C’est aussi la preuve vivante qu’il
est totalement libre et complètement debout. De ce fait, celui-ci est seul
Maître du pouvoir politique en République démocratique du Congo.
À vrai dire, la date du 15 février 1982 signifie
pertinemment la conquête de la citoyenneté démocratique par le Peuple
totalement asservi par l’ordre dictatorial en tant que sous-produit du
colonialisme et phantasme de l’impérialisme. C’est effectivement le jour où
l’ensemble des Congolaises et Congolais sont devenus à part entière de
véritables Citoyens. Cela implique logiquement que ces derniers disposent
dorénavant des droits fondamentaux, qu’ils jouissent réellement des libertés
publiques reconnues et enchâssées dans la loi fondamentale. Au regard du combat
politique et démocratique, le 15 février 1982 signifie pertinemment la lutte
contre les inégalités sous toutes ses formes. Donc, c’est le combat pour la
justice sociale.
Par ailleurs, dans la perspective de conquête
pacifique du pouvoir politique dans cet État d’Afrique centrale et de la région
des Grands Lacs africains, cette date majeure signifie essentiellement « unité »
et « discipline ». En réalité, Unité veut dire Union
« étroite » avec le Peuple congolais. Celle-ci n’est
évidemment possible que lorsque l’on partage ses véritables aspirations
légitimes et fondamentales. Elle veut dire convergence de vues et d’actions dans
le cadre du changement politique et du combat démocratique.
La discipline signifie la rigueur dans la conquête du pouvoir. C’est la lucidité qui permet de garder littéralement le cap sur la lutte de libération nationale et de ne pas diverger sur les objectifs à atteindre. En d’autres termes, la discipline se veut le socle de l’unité sur laquelle s’enracine l’harmonie, se fonde la convergence et se fortifie la Conscience.
Jean-Marc Kabund wa Kabund assure à l’UDPS stabilité politique et cohérence idéologique, adhésion des membres et cohésion des militants, adhésion aux valeurs du combat permanent tracé par les pères fondateurs et pugnacité sur le terrain du débat et de la concurrence.
Par conséquent, il appartient à tous les cadres,
militants et sympathisants de l’UDPS de former ensemble un seul et même esprit,
un seul et même corps. Ainsi, il leur revient de se souder fermement autour du
Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et derrière le
Parti du Peuple pour former avec lui ce que les Adeptes de la sagesse arcane
désignent dans la tradition mystique et dans la connaissance transcendantale un
« Égrégore ». C’est-à-dire : incarner un même Esprit, une
même Âme ou une même Puissante Énergie. « L’Union fait la force ! », dit-on.
Vive
l’UDPS !
Vive
le Parti du Peuple !
Heureux anniversaire !
Cet éditorial est dédié plus particulièrement et plus
singulièrement aux nombreux Martyrs de l’indépendance et de la démocratie,
lesquels sont d’ailleurs courageusement tombés sur le champ d’honneur, afin que
leur sacrifice suprême ne soit nullement oublié. Aussi est-il dédié à toutes
les Combattantes et à tous les Combattants de la liberté et de la justice pour
leurs abnégation et sens de la Patrie.
Le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi est partisan de la responsabilité administrative et de l’efficacité gouvernementale.
Quel Gouvernement pour la République démocratique du Congo ?
‘‘Que chacun fasse connaître le genre de gouvernement qui commande son respect et ce sera le premier pas pour l’obtenir.’’ La désobéissance civile – Henry David Thoreau
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Un
Gouvernement est, par essence, une ‘‘Équipe’’ soudée. Celle-ci a la
réputation de travailler, efficacement, sous l’autorité d’un homme-orchestre,
sous la supervision d’un chef d’orchestre. Sa charge primordiale consiste, naturellement,
à ‘‘mettre
en musique’’, à ‘‘mettre en demeure’’ la politique de
la Nation. D’ailleurs, cette dernière justifie, à n’en point douter, sa mise en
place.
En
conséquence, cela signifie que sa mission primordiale se résume à ‘‘satisfaire
les aspirations populaires et légitimes sous forme de politiques publiques’’.
Celles-ci sont naturellement arrêtées en conseil des ministres et avalisées par
la Représentation nationale au sein de l’instance parlementaire. Tout comme
elles sont, bien entendu, l’œuvre patentée des Délégués du Peuple au sein de
cette Institution politique.
Relativement
à la Constitution de la République démocratique du Congo, d’ailleurs, promulguée
sous la période de Transition le 18 février 2006, cet homme-orchestre s’avère,
bien entendu, le Premier ministre. Ce personnage au plus haut sommet de l’État
est, en fait, le chef du Gouvernement. En plus d’être le chef de
l’Administration publique.
Dans la Constitution du 18 février 2006, le président de la République fixe le cadre politique des activités gouvernementales. Cependant, il appartient au premier ministre de canaliser les orientations nationales du chef de l’Etat à travers l’action politique et administrative du gouvernement.
En
réalité, qui dit ‘‘Gouvernement’’, dit forcément, fondamentalement ‘‘Équipe’’.
Qui dit ‘‘Équipe’’, dit intrinsèquement ‘‘Esprit’’. Donc, avant
d’être une ‘‘Institution’’ de la République ou un ‘‘Organe’’ structurel de
l’État, un Gouvernement est, par définition, un ‘‘Esprit’’. Celui-ci est caractérisé
par la ‘‘Cohésion’’ de ses membres. C’est-à-dire : l’Osmose ou la Symbiose
qui soude, fermente l’Équipe. Celle-ci est moralement, donc mentalement, favorisée
par la supervision et la coordination du chef d’orchestre qu’est le Premier
ministre.
Toutefois, pour qu’il y ait nécessairement Cohésion au sein du Gouvernement en tant qu’institution, il faut qu’il y ait, impérativement, en amont ‘‘Adhésion’’. Dans le contexte administratif d’un pays, ce mot signifie le fait de partager entièrement les objectifs fixés par le Premier ministre et de contribuer par ses actions sur le terrain à les atteindre pour le bien-être de l’État et de la Nation. À ce niveau, qui dit action, dit logiquement et forcément comportement ou attitude. Ce qui renvoie, ipso facto, à la fameuse notion ou au fameux ‘‘principe d’Éthique de travail’’.
En
d’autres termes, sans une véritable Adhésion en amont, il n’y a résolument pas
de Cohésion. Ce qui veut dire : la notion d’Esprit qui se profile en aval
et qui sous-tend, par conséquent, la constitution du Gouvernement, n’existe absolument
point. D’où le sens de la trilogie [Gouvernement
= ‘‘Équipe’’
+ ‘‘Esprit’’
+ ‘‘Éthique’’].
Étant
donné que la République démocratique du Congo est, certes, revenue à l’ordre
constitutionnel après une crise politique à la fois très longue et très aiguë,
laquelle a failli même emporter l’ensemble de ses fondamentaux, il va de soi
que cet État sis au cœur de l’Afrique transite par la mise en place d’un véritable
Gouvernement de salut public. Et, pourquoi pas, d’unité nationale ! Pour qu’il
y ait assurément, à cet égard, ‘‘Cohésion gouvernementale’’, il faut
qu’il y ait pratiquement adhésion sans faille des ministres à la vision politique
et administrative du Premier ministre. Cette réalité ne peut, moralement et
matériellement, se manifester sur le terrain qu’au moyen de la compréhension et
de l’interprétation que ces plus hautes autorités de la République ont, à vrai
dire, de leurs charges administratives et des objectifs politiques assignés par
ledit pacte politique à cette structure gouvernementale.
Dans
ce contexte on ne peut plus particulier et singulier, pour réussir une
meilleure et véritable cohésion, il va de soi que l’équipe gouvernementale soit
inéluctablement ‘‘restreinte’’. En effet, la réduction drastique de sa grosseur ou
surcharge pondérale entraînera qu’elle soit plus soudée et même plus solidaire.
Cet amincissement de sa taille entraînera surtout qu’elle soit plus efficace et
donc plus productive.
Pour
marquer une rupture nettement radicale avec l’éléphantiasis gouvernemental[i]
essentiellement fondé sur l’éclatement artificiel des structures de l’État,
l’explosion des organes ministériels[ii]
dans le dessein d’entretenir une élite politique ‘‘vorace’’ et ‘‘contreproductive’’,
cette Institution gouvernementale doit comporter tout au moins quinze ministères
ou tout au plus vingt départements ministériels. Pas plus. Pas moins. Cette
restriction se justifie surtout en cette période de rigueur administrative et
politique, en cette ère d’austérité gouvernementale, au cours de laquelle l’État
doit nécessairement faire montre d’absolue maîtrise de dépenses budgétaires.
À
cet égard, le Gouvernement directement issu du nouvel ordre politique et civil se
doit d’être un Gouvernement à la fois de Salut public et d’Union nationale parce
que sa mission primordiale consiste à extirper tous les dangers qui guettent de
manière permanente la République démocratique du Congo. Celle-ci doit commencer
par la méthode de gestion politique et administrative de la chose publique. Ce
qui est clair, le mode de gestion politique et administrative jusqu’à présent
pratiqué a réellement montré toutes ses limites, toutes ses failles sous les
régimes despotiques successifs.
Pour
ce faire, le slogan politique et administratif de cet organe chargé d’administrer
la Collectivité publique au strict nom du Peuple souverain et au service exclusif
de la Nation indépendante doit être en réalité : ‘‘Rigueur’’, ‘‘Austérité’
et ‘‘Responsabilité’’.
Sa doctrine gestionnaire ou son idéologie administrative doit reposer sur ce
maître mot ou pilier fondamental : ‘‘Efficacité’’ ou ‘‘Productivité’’.
Outre
la voie salutaire de la paix et de l’harmonie, de la réconciliation nationale
et de la concorde politique, de l’humanisme et de l’universalisme, de la
dignité et de la justice sociale, de la démocratie et de la liberté, du
développement économique de la Collectivité publique et du progrès social du
Citoyen, ce Gouvernement de Salut public ou d’Union nationale doit engager le
Peuple de la République démocratique du Congo à abolir immédiatement la ‘‘potence’’.
Une telle initiative est, à vrai dire, inéluctable. Ceci constituerait, à coup
sûr, un grand pas vers la modernité ambiante.
La morale politique, publique et administrative occupera une place très importante sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Tout
compte fait, de par son mandat gouvernemental, cette équipe ministérielle doit
être essentiellement composée de ‘‘politiques’’ et non point de
techniciens. En effet, le pays a recouvré l’ordre constitutionnel qui lui faisait
d’ailleurs cruellement défaut pour avoir été bâillonné par un système hautement
‘‘démocraticide’’
et ‘‘liberticide’’,
‘‘toxique’’
pour les droits humains fondamentaux. Comme il est clairement question d’ordre
politique et civil s’inscrivant directement dans la normalité républicaine, il
va de soi que l’ensemble des animateurs institutionnels de l’État soient plutôt
des personnages politiques aguerris.
En
effet, ces acteurs politiques auxquels il est fait référence, doivent être
d’abord et avant tout des ‘‘élus de la Nation’’. Ceci pour avoir
participé réellement, directement, au tout dernier scrutin législatif sur le
plan national. Ce qui démontre effectivement le niveau de leur audience
politique au sein de la Nation. Cette qualité essentielle est en fait un atout
pour le gouvernement parce qu’elle démontre à tout bout de champ que son
personnel est recruté au sein de la base populaire en tant que fondement de la
démocratie politique et participative, et surtout fondement du pouvoir de
l’État.
Ensuite,
l’ensemble de ces acteurs gouvernementaux doivent naturellement afficher une ‘‘probité’’
morale sans tâche et inattaquable, une ‘‘intégrité’’ morale à tout point de
vue irréprochable. Ce profil permet de répondre très correctement aux exigences
du discours politique essentiellement fondé sur l’inversion des valeurs morales
ou socioculturelles. Enfin, ces plus hautes autorités de la République
démocratique du Congo doivent certes afficher une ‘‘compétence’’ avérée dans
les domaines politique, administratif ou professionnel.
Quelques
exemples de ministères ou de regroupement de ministères de l’État avec
leurs nomenclatures respectives dont la primature peut s’inspirer dans le cadre
de la nouvelle législature, eu égard à leurs mandats publics et administratifs respectifs.
Cette liste tient également compte de la répartition équitable des tâches entre
l’État central et ses Collectivités publiques décentralisées, conformément à
l’esprit et la lettre de la Constitution du 18 février 2006.
Ministères d’État
Sécurité publique, Administration du Territoire & Décentralisation
FATSHI confirmé président élu par la grâce de la Cour Constitutionnelle
FATSHI confirmé président élu par la grâce de la Cour Constitutionnelle
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Par sa décision très attendue par l’opinion aussi bien nationale qu’internationale, la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo, saisie par voie de requête en annulation des résultats électoraux de la présidentielle du dimanche 30 décembre 2018, déboute le camp Lamuka dont les couleurs ont été portées et défendues par le tonitruant Martin Fayulu Madidi de l’ÉCIDÉ et de la Dynamique de l’Opposition (DO).
Dans ce contentieux qui a fait naturellement couler beaucoup de salive et beaucoup d’encre, et à quelques égards, du ‘‘sang’’ des sujets congolais, le candidat à l’élection présidentielle de Lamuka est soutenu, voire défendu bec et ongles, par bon nombre de gouvernements occidentaux. Entre autres de l’Union européenne (UE). La virulence de leur discours à l’endroit de Kinshasa qui a seul financé le processus électoral, ainsi que leur agressivité diplomatique dans ce dossier sur la scène internationale, démontre, à n’en point douter, leur volonté mesquine d’ignorer catégoriquement la souveraineté de la République démocratique du Congo en tant qu’État indépendant au cœur du Continent africain.
S’il déboute le porte-drapeau de Lamuka, d’ailleurs vanté par la presse internationale et coopté par les lobbies de grandes entreprises minières au niveau mondial, cet arrêt de la Cour constitutionnelle permet au candidat commun du Cap pour le changement (CACH), toutefois reconnu vainqueur, d’assumer la première alternance politique et démocratique en Afrique centrale et équatoriale manifestement dominée par les ex-colonies françaises. Il permet donc à Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, dit FATSHI, de se voir passer le témoin du pouvoir politique de manière pacifique et civilisée.
Cette décision judiciaire de la plus haute juridiction constitutionnelle du pays ouvre-t-elle ainsi une nouvelle ère en République démocratique du Congo (RDC). Comme le soutient et le veut le principal intéressé, il s’agit d’une véritable ère de Paix et de Sécurité pour la Nation, de Justice et de Dignité pour la Population, de Liberté et de Souveraineté politique et démocratique pour le Peuple meurtri, de Progrès social du Citoyen et de Développement économique de la Collectivité publique.
Par ailleurs, cet arrêt de la Cour Constitutionnelle a, certes, pour effet, vu les enjeux internationaux qui entourent les scrutins électoraux contestés, de réaffirmer haut et fort les limites infranchissables de la Souveraineté et de l’Indépendance du pays par des États tiers ou de tierces personnes. Aussi a-t-il pour effet de tempérer les ardeurs combinées de l’Union africaine (UA) et de la Communauté internationale très souvent portées à s’immiscer dans les affaires intérieures de la République démocratique du Congo.
Cette audience de la Cour constitutionnelle de la RDC a, néanmoins, permis de relever l’attitude discourtoise des conseils de Lamuka personnifié par Martin Fayulu Madidi. Ce candidat à la présidentielle de 2018 n’a pu, en dehors de tout doute raisonnable, apporter la moindre preuve du hold-up électoral qu’il clame à longueur de journée et démontrer les irrégularités flagrantes qu’il dénonce sur tous les toits du monde. Accusant une mine basse, ce collectif d’avocats a précipitamment quitté la salle avant le terme de la séance et la fin du prononcé de l’arrêt par le juge-président.
Vu la solennité de l’événement, un tel comportement, au demeurant incompréhensible et jusqu’à preuve du contraire inexplicable, démontre sans hésitation, de manière irréversible, un net manque de respect et de considération à la plus haute autorité judiciaire du pays. Force est de souligner que ce plus haut tribunal a balayé magistralement tous les arguments de la partie demanderesse, d’ailleurs jugés pour l’occasion trop faibles voire même trop fantaisistes sur le plan juridique.
Ces avocats qui, en réalité, [n’ont jamais été à la hauteur du dossier, donc de leur tâche], – et les faits l’ont bel et bien prouvé -, auraient dû, au moins, attendre la suspension de la séance ou la fin de l’audience publique pour s’éclipser en douceur, sans attirer la moindre attention. Et non pas se retirer en pleine séance et en pleine lecture de l’arrêt par le juge en chef du plus haut tribunal. En effet, le droit en tant qu’art repose intrinsèquement sur la noblesse des actes et des sentiments, des jugements et des valeurs, des principes et des règles.